Sénégal / Sierra Leone : Une relation à construire

02 Avr 2018
1378 times

Quelles sont les relations diplomatiques entre les deux pays d’Afrique de l’Ouest ? Peu ou pas d’échanges.

Caché derrière le stand d’une ruelle commerçante de Freetown, le consulat du Sénégal est à peine visible. Il faut quelques indications de passants avant de tomber sur le drapeau et les coordonnées. Tout cela peint à même le mur. A l’intérieur, même difficulté. Arriver jusqu’au bureau du Consul ressemble à une course d’orientation. Il faut monter des escaliers, passer entre les casseroles des Sierra-Leonaises qui cuisinent, car le consulat se trouve dans un immeuble d’habitation. A l’arrivée, même drapeau et coordonnées peints à même le mur.

Hamidou Dia, le Consul honoraire, nous reçoit dans son bureau. Seule la présence au mur de deux portraits officiels de Macky Sall nous rappellent que nous sommes, a priori, dans un bâtiment officiel de l’Etat sénégalais. Et encore. « C’est nous qui payons le loyer », assure Hamidou Dia.

Les relations diplomatiques entre la Sierra Leone et le Sénégal sont-elles à l’image du consulat : très modestes ?

L’un est anglophone, l’autre francophone. Ils siègent tout deux à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ainsi qu’à l’Union africaine.

Néanmoins, la présence diplomatique de la Sierra Leone au Sénégal est récente : son ambassade à Dakar a ouvert en 2011, là où le consulat sénégalais à Freetown a été initié par Léopold Sédar Senghor. Une implantation tardive de la Sierra Leone qui s’explique probablement par la guerre civile que le pays a connue de 1991 à 2002.

Un avertissement pour les élections de 2019
En août dernier, à la suite des inondations meurtrières dans la capitale sierra-leonaise, le gouvernement du Sénégal avait envoyé une délégation à Freetown. Dans les valises de cette délégation, il y avait une aide financière de 60 millions de FCFA. Mais mis à part ces périodes de crise, les échanges entre les deux pays semblent très restreints. En tout cas, au consulat, les seuls contacts avec les autorités sénégalaises sont du fait d’Hamidou Dia. « On les appelle pour les alerter sur notre manque de moyens pour mener à bien notre mission. Mais même avoir un timbre des autorités sénégalaises est impossible ! », assure-t-il. Ce sentiment d’abandon, les ressortissants sénégalais de la Sierra Leone le partagent aussi.

« Nous sommes les oubliés de la diaspora ! », assène Amadou Charm, bijoutier de 65 ans. « Heureusement que le consulat nous aide, ça nous rappelle d’où nous venons… », ajoute John Batch, couturier de 35 ans. Un consulat lassé dans cette situation de dénuement. « En 2019, on votera ici aussi. Que Macky Sall ne l’oublie pas… », prévient Hamidou Dia. Comme un avertissement envoyé à environ 730 kilomètres de là.

Correspondance particulière de Maïla MENDY

Rate this item
(0 votes)


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.