Quelles sont les relations diplomatiques entre les deux pays d’Afrique de l’Ouest ? Peu ou pas d’échanges.

Caché derrière le stand d’une ruelle commerçante de Freetown, le consulat du Sénégal est à peine visible. Il faut quelques indications de passants avant de tomber sur le drapeau et les coordonnées. Tout cela peint à même le mur. A l’intérieur, même difficulté. Arriver jusqu’au bureau du Consul ressemble à une course d’orientation. Il faut monter des escaliers, passer entre les casseroles des Sierra-Leonaises qui cuisinent, car le consulat se trouve dans un immeuble d’habitation. A l’arrivée, même drapeau et coordonnées peints à même le mur.

Hamidou Dia, le Consul honoraire, nous reçoit dans son bureau. Seule la présence au mur de deux portraits officiels de Macky Sall nous rappellent que nous sommes, a priori, dans un bâtiment officiel de l’Etat sénégalais. Et encore. « C’est nous qui payons le loyer », assure Hamidou Dia.

Les relations diplomatiques entre la Sierra Leone et le Sénégal sont-elles à l’image du consulat : très modestes ?

L’un est anglophone, l’autre francophone. Ils siègent tout deux à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ainsi qu’à l’Union africaine.

Néanmoins, la présence diplomatique de la Sierra Leone au Sénégal est récente : son ambassade à Dakar a ouvert en 2011, là où le consulat sénégalais à Freetown a été initié par Léopold Sédar Senghor. Une implantation tardive de la Sierra Leone qui s’explique probablement par la guerre civile que le pays a connue de 1991 à 2002.

Un avertissement pour les élections de 2019
En août dernier, à la suite des inondations meurtrières dans la capitale sierra-leonaise, le gouvernement du Sénégal avait envoyé une délégation à Freetown. Dans les valises de cette délégation, il y avait une aide financière de 60 millions de FCFA. Mais mis à part ces périodes de crise, les échanges entre les deux pays semblent très restreints. En tout cas, au consulat, les seuls contacts avec les autorités sénégalaises sont du fait d’Hamidou Dia. « On les appelle pour les alerter sur notre manque de moyens pour mener à bien notre mission. Mais même avoir un timbre des autorités sénégalaises est impossible ! », assure-t-il. Ce sentiment d’abandon, les ressortissants sénégalais de la Sierra Leone le partagent aussi.

« Nous sommes les oubliés de la diaspora ! », assène Amadou Charm, bijoutier de 65 ans. « Heureusement que le consulat nous aide, ça nous rappelle d’où nous venons… », ajoute John Batch, couturier de 35 ans. Un consulat lassé dans cette situation de dénuement. « En 2019, on votera ici aussi. Que Macky Sall ne l’oublie pas… », prévient Hamidou Dia. Comme un avertissement envoyé à environ 730 kilomètres de là.

Correspondance particulière de Maïla MENDY

La rue de Fouray Bay, dans le centre de Freetown, rassemble la plupart des commerces sénégalais. Nombre d’entre eux n’hésiteraient pas à retourner au Sénégal. Rencontre.

Sur la devanture de leurs magasins alignés, sur la rue de Fouray Bay, rien n’indique que nous avons un fort taux de présence sénégalaise au métre carré. Aucun drapeau ni une éventuelle musique. Même l’écriture des prénoms se fond dans la culture sierra-leonaise : « Abubakarr » plutôt qu’ « Aboubacar ». Dans cette rue grouillante du centre de Freetown, leurs commerces ressemblent à tous ceux de la capitale.

En fait, le seul signe distinctif de leurs racines sénégalaises est dans la langue employée : le wolof. Et encore, ils le parlent seulement entre eux. Avec leurs clients, ils s’expriment en krio, le dialecte local, semblable au pidgin nigérian. Et ce, parfaitement. « How is the body ? », crie Khal Sow à un client, venu se procurer du gel douche. Des Sénégalais qui ne le sont plus. Ou presque plus.

« Faire du business au Sénégal ? Je ne sais pas si je le pourrais car je suis habitué à faire du business ici », explique Khal Sow. Dans sa boutique de cosmétiques, ce commerçant de 63 ans, né à Podor, fait figure de pilier dans la communauté sénégalaise de Freetown. Il est arrivé dans le pays en 1978. « Durant la guerre, j’ai fait face aux rebelles. Je n’ai pas fui », se remémore-t-il.

Mohamed Bah, lui, a payé plus durement les ravages des onze ans de guerre civile. « Les rebelles m’ont tout volé, ils ont détruit mon business. Après la guerre, j’ai dû repartir à zéro ! », raconte ce commerçant, lui aussi en cosmétiques. Cela fait 27 ans qu’il tient boutique dans la capitale sierra léonaise. Il est arrivé jeune, avec son père, qui a lancé ce business. A la mort de ce dernier, il a repris le commerce. « Je ne sais pas comment faire du business au Sénégal. J’ai tout appris dans ce pays. Du coup, je préfère travailler sur place », assure-t-il. Avant la guerre, c’était pourtant au Sénégal qu’il achetait sa marchandise, avant de la revendre dans sa boutique. « Mais je n’ai plus les moyens de le faire. J’achète tout maintenant en Sierra Leone », précise-t-il.

Le Sénégal en ligne de mire
Abubakarr Dia se démarque de Mohamed et Khal. « Si je devais choisir, je retournerai au Sénégal pour faire mon business là-bas », tranche ce commerçant de 37 ans, qui vend lui aussi des crèmes, shampoings et autres savons. Il est arrivé en 2001, un an avant la fin de la guerre. N’ayant pas la même expérience du conflit mais comme ses confrères, il a souffert du ralentissement des affaires durant l’épidémie d’Ebola, entre 2014 et 2016. S’il veut quitter la Sierra Leone, c’est pour des raisons précises. « La vie est devenue chère ! Je paie plus de 2 millions de FCFA par an pour louer mon magasin », détaille-t-il, en balayant du regard les 12 m2 de sa boutique. « En plus, toute ma famille est au Sénégal ! », ajoute le jeune homme. Ces attaches familiales jouent pour beaucoup dans une envie unanime : retourner au Sénégal. « Toute ma famille est au Sénégal, sauf ma femme et moi. Nos enfants sont là-bas car louer un appartement ici, c’est cher », justifie Mohamed, père de quatre enfants. «Si j’ai donc l’opportunité de retourner au Sénégal, je vais y aller! », affirme-t-il. Pareil pour Khal Sow, polygame et père de 12 enfants. « La plupart de mes enfants vivent au Sénégal. Il n’y en a que 3 qui sont ici avec moi », précise-t-il. D’ailleurs, la plupart de ces commerçants font l’aller-retour dès qu’ils le peuvent. « J’y vais tous les 5 mois », confie Mohamed Bah. « Moi, c’est plutôt tous les 2,3 ans », raconte Abubakarr Dia. « Pour ma part, ça varie : il peut se passer quelques mois d’intervalle entre les voyages comme il peut se passer deux ans », explique Khal Sow. Tous attendent ce jour où ils auront suffisamment de garanties pour retourner dans leur pays d’origine. Et revenir, peut-être, en Sierra Leone, leur pays d’adoption. Cette fois-ci, en simples touristes.

Correspondance particulière de Maïla MENDY

Hamidou Dia, Consul honoraire du Sénégal en Sierra Leone depuis 2010, mais présent depuis bien plus longtemps dans le pays, déplore le peu de moyens affectés à sa mission.

Depuis quand des Sénégalais se sont installés en Sierra Leone ?
Ça fait très longtemps que les Sénégalais se sont implantés ici. Mais au départ, comme nous n’avions pas beaucoup de relations avec la Sierra Leone, nous étions englobés dans la représentation diplomatique de la Gambie. Cela remonte à la fin des années 70. Quand la communauté grossissait, nous avons, par la suite, ouvert notre propre représentation.

Que représente la diaspora sénégalaise en Sierra Leone ?
Elle représente environ 1500 personnes, aussi bien à Freetown que dans les provinces. Il y a deux types de groupes dans la communauté : ceux qui s’installent ici et ceux qui viennent uniquement pour travailler, notamment pour des entreprises sénégalaises comme la Compagnie Sahélienne d’entreprises (Cse). Le nombre de Sénégalais présents ici aurait pu être encore plus important s’il n’y avait pas eu de nombreux départs durant la guerre civile.

Y a-t-il des échanges entre le Sénégal et la Sierra Leone ?
Pas à ma connaissance. Les autorités sénégalaises ne prêtent pas vraiment attention à la Sierra Leone. Ni à sa diaspora. Les autorités sénégalaises ont toujours pensé que tous leurs ressortissants avaient quitté le pays durant la guerre. En revanche, nos échanges ici avec les autorités sierra-léonaises sont assez réguliers.

Cette absence d’échanges est-elle une situation que vous regrettez ?
Oui, je le regrette. Si notre pays d’origine ne se préoccupe pas de la Sierra Leone, cela veut dire qu’il ne se préoccupe pas de nous, non plus, les Sénégalais qui vivent dans ce pays. D’ailleurs, lors des inondations meurtrières en août 2018, une délégation est venue du Sénégal mais aucun de ses membres n’est venu nous rendre visite, prendre des nouvelles des Sénégalais de la Sierra Leone.

Quel impact cela a sur votre mission ?
On ne nous donne pas les moyens de travailler ! Par exemple, mon adjoint et moi ne recevons aucun salaire. Nous travaillons bénévolement. Et pourtant, nous faisons tout pour le bien-être de la diaspora. Dès que quelqu’un a un problème, qu’il y a des tâches administratives pour des mariages ou des enterrements, nous répondons présents.

C’est une situation préoccupante…
Oui ! Heureusement que le gouvernement sierra-leonais nous aide sinon, nous n’aurions rien dans ce pays ! Nous attendons du Sénégal qu’il nous supporte davantage. Par exemple, nous avons besoin de véhicules pour aller à la rencontre de la communauté dans les provinces. Nous envoyons beaucoup de lettres pour exprimer nos besoins mais elles restent sans réponse. Avoir si peu de moyens pour un consulat donne une mauvaise image du Sénégal à l’extérieur.

Correspondance particulière de Maïla MENDY

Ismael Bah est médecin. Ce Sénégalais exerce, avec passion, son métier en Sierra Leone, dans des conditions précaires.

« Faites-vite, les patients m’attendent ! », nous presse Ismael Bah. Effectivement, ils sont nombreux ce jour à patienter dans la salle d’attente de la clinique, où la chaleur reste écrasante, malgré la climatisation. Et pas question, pour Ismael, de délaisser ses patients trop longtemps. « Quand j’ai dû quitter le pays durant l’épidémie d’Ebola, ça a été un crève-cœur ! », regrette-t-il.

Ismael Bah exerce dans la clinique islamique Alisod, dans le centre de Freetown, depuis 2005 date de son ouverture. Entouré d’infirmières et d’un pharmacien, il est l’unique médecin généraliste. Les consultations sont gratuites et les médicaments à un prix accessible. En moyenne, il peut voir jusqu’à 11 patients par jour.

A l’entrée, une petite fontaine avec un seau disposé en dessous permet de se laver les mains, en entrant et en sortant. « Les moyens, aussi bien humains que matériels, manquent », explique le natif de la Casamance. Rien d’anormal dans un pays classé dans les dernières places mondiales du domaine médical. « S’il y a des pathologies compliquées, on les envoie dans les hôpitaux », précise-t-il, en touchant son stéthoscope, posé sur le bureau. « Parfois, on les envoie même au Sénégal, quand aucun médecin ne peut les soigner en Sierra Leone », poursuit-il.

Un pont médical entre le Sénégal et la Sierra Leone ?
Il a quitté le Sénégal en 1990 pour exercer ailleurs. Pas immédiatement en Sierra Leone. « J’ai travaillé pendant 17 ans en Guinée », raconte-t-il. Puis il est venu s’intaller en Sierra Leone après la guerre. Rester au Sénégal, où il a collaboré avec la Croix-Rouge ? Inenvisageable ! « Moi je suis Africain, je suis passe-partout ! », s’exclame le médecin de 42 ans.
Désormais, il est pourtant bien établi en Sierra Leone.

Le médecin sénégalais est revenu dans ce pays aussitôt après l’épidémie d’Ebola.


« J’ai décidé de revenir car je me suis habitué au pays et les gens se sont habitués à moi », sourit-il. « J’aime mon métier et j’aime la Sierra Leone », affirme-t-il. Pour autant, il n’oublie pas son Sénégal natal. Toute sa famille vit là-bas et son pays lui manque. « J’y vais de temps à autre, car je suis très pris par mon travail  », explique-t-il.

Et pourquoi ne pas envisager un pont entre ses deux pays ? « J’aimerais oui, qu’il y ait plus de collaborations médicales entre le Sénégal et la Sierra Leone », rêve-t-il, à haute voix. « En tant qu’africains, nous devons nous entraider ! », plaide-t-il. Africain un jour, africain toujours, est sa devise.

Correspondance particulière de Maïla MENDY

Un patriote, quasi jusqu’à la mort. Hamidou Dia a failli mourir durant la guerre civile. Pourquoi ? Pour défendre la présence de son pays en Sierra Leone. Lorsque les rebelles arrivent à Freetown en 1999, soit huit ans après le début de la guerre, mettant la capitale à feu et à sang, ils ne comptaient évidemment pas épargner le consulat. « Ils voulaient le brûler ! », se souvient celui qui n’était pas encore consul honoraire, mais juste un proche de son prédécesseur. « J’ai négocié avec eux, aidé par un Sierra-Leonais. Ils m’ont finalement laissé la vie sauve mais ils ont tué le Sierra-Leonais », regrette-t-il. Ils n’ont finalement pas non plus réduit en cendres le bâtiment. A l’époque, Abdou Diouf, alors président du Sénégal, a également organisé le rapatriement de Sénégalais, via les airs, en envoyant des hélicoptères dans le pays. Une action qui contribue à diminuer la diaspora sénégalaise en Sierra Leone et qui en a limité le nombre encore aujourd’hui.

Le Sénégal en grand soutien militaire
En tant que membre de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), le Sénégal s’est aussi impliqué sur le terrain militaire. En 1990, alors que la guerre civile ravageait le Libéria, pays frontalier de la Sierra Leone, les membres de la Cedeao avaient décidé de créer l’Economic Community of West African States Cease-fire monitoring group (Ecomog).

Cette brigade est principalement chargée de faire respecter les cessez-le-feu lors des conflits armés. En plus du Libéria, elle est intervenue dans la guerre civile en Guinée-Bissau et donc en Sierra Leone. Le Sénégal est l’un des principaux pourvoyeurs de soldats à l’Ecomog, qui est désormais appelée la Force en attente (Fac).

En 2017, la Fac s’est déployée en Gambie, à la suite de la crise suivant l’élection présidentielle, lors de laquelle le président sortant, Yahya Jammeh, a refusé de quitter le pouvoir, après avoir perdu l’élection de décembre 2016.

Correspondance particulière de Maïla MENDY

Pour la deuxième fois consécutive, le Pavillon des Lettres a été le grand rendez-vous des lettres africaines.

Du 16 au 19 mars 2018, le Pavillon des Lettres d'Afrique a accueilli officiels, auteurs en dédicace, éditeurs, conteurs, et aussi public venu en masse rencontrer les acteurs du livre et de la lecture.

Avec comme thème le livre passerelle des arts, l'édition 2018 a ceci de particulier par rapport à celle de 2017, elle a étendu sa programmation non plus aux écrivains, mais à une quantité d'autres acteurs culturels.

En veillant à placer le livre au cœur des débats, le Pavillon des Lettres d'Afrique a tenu également à célébrer et à promouvoir les différentes industries culturelles et créatives telles que le cinéma et l'audiovisuel, les arts visuels, les arts de la scène, la gastronomie ou encore la mode, dont les représentants, ont pu, lors de tables rondes savamment menées par des modérateurs de talent, valoriser le lien avec le livre et la richesse artistique de l’Afrique.

J'ai trouvé très judicieux de voir des blogueurs, des "influenceurs" de la toile, des musiciens, des journalistes partager les espaces de discussions et échanger sur les différentes thématiques.

L’Afrique du Sud était l’invité d’honneur de l’édition 2018, ce qui me conforte dans l'idée que les gestionnaires du Pavillon sont dans une quête permanente d'amélioration et surtout d'élargissement, car la littérature africaine n'est pas seulement nichée dans l'espace francophone, mais s'étend aussi dans l'espace anglophone. À en juger par les pépites qui émergent chaque année du Nigeria, du Kenya, pour ne citer que ces pays ...

La Côte d'Ivoire, partenaire stratégique du Pavillon, était bien représentée, encore une fois. En plus de son ministre de la Culture, l'écrivain Maurice Bandaman, la délégation comptait Isabelle Fofana, promotrice du Prix Ivoire d'expression francophone et Directrice générale des Éditions Fraternité Matin, les écrivains Venance Konan, Macaire Etty et Essie Kelly. Ce fut une réelle joie pour moi de voir ces hommes et femmes de lettres dont j'admire et suis régulièrement le travail sur la littérature ivoirienne via les réseaux sociaux.

La parution de mon nouvel ouvrage, «Vous avez dit féministe ?» J'ai participé à deux tables - rondes. La première eut lieu le samedi 17 mars et au lieu d'un trio, nous fûmes finalement deux, car la personne avec qui je devais partager la table - ronde n'a malheureusement pas eu son visa.

Avec Ramcy Kabuya, doctorant et spécialiste de la littérature africaine, nous avons débattu de «Vous avez dit féministe ?», de l'écriture d'un tel livre, si l'on considère que le terme féminisme n'est pas le plus fédérateur qui puisse exister en ce XXIe siècle. Sous le tir nourri des questions de Ramcy, j'ai pu revenir en long et en large sur ce petit livre qui soit dit en passant, était un livre pas du tout attendu, mais il s'est avéré nécessaire en ces temps où les questions liées au féminisme sont au devant de la scène...

Le dimanche 18, durant l'après - midi, j'ai également participé à une autre table - ronde autour de la question du cheveu naturel afro. En compagnie de trois autres femmes activistes mais aussi écrivaines, la journaliste Nadine Kouamouo qui modérait la rencontre est partie du cheveu naturel pour évoquer le « nappysme » (l'art de porter ses cheveux naturels sans défrisage), avant d’étendre la discussion sur des questions d'actualité telles que l'afropéanisme, l'afrodescendance, le féminisme...

Ce fut une occasion de plus pour parler de « Vous avez dit féminisme ? » et de citer les quatre femmes dont les travaux m’ont inspiré sur le féminisme. Elles ont pour nom Simone De Beauvoir, Chimamanda Adichie, Awa Thiam et Mariama Bâ. Une lecture croisée de leurs écrits me permet de mieux appréhender ce sujet ô combien passionnant qu'est le féminisme. La discussion se révéla passionnante et quelques copies de « Vous avez dit féministe ? » furent achetés par le public.

Le Pavillon des Lettres d'Afrique a, encore une fois, montré qu'il est LE rendez - vous littéraire à ne pas rater.

Par NDÈYE FATOU KANE, AUTEURE

AMINATA SOW FALL, LA SÉNÉGALITÉ EN BANDOULIÈRE
A Sow Fall ParisLa délégation sénégalaise ne fut pas en reste lors de cette édition du Salon du Livre de Paris. Avec les minis stands dédiés à plusieurs pays, le Sénégal, par Abdou Latif Coulibaly, ministre de la Culture, était bien représenté. Outre le ministre, étaient présents les écrivains Mamadou Samb, Andrée Marie Diagne, Rahmatou Seck Samb, Soxna Benga, Thierno Niang et Aminata Sow Fall.

Cette dernière fut l'attraction, cette année. Tout le monde voulait la voir, lui parler, se faire dédicacer son nouvel ouvrage, L'Empire du mensonge.

Douze ans après les festins de la détresse, elle revient avec L'Empire du mensonge. D'abord publié aux Éditions Khoudia, la maison d'édition qu'elle a fondée, L'Empire du mensonge vient de paraître en France chez Le serpent à plumes.

L'entendre en parler, évoquer sa longue et florissante carrière littéraire, lors de tables - rondes suivies de dédicaces me conforte dans le fait que seuls le travail et l'abnégation paient ...

Âgée de 77 ans, je trouve admirable que cette femme qui a porté haut le flambeau de la littérature sénégalaise et africaine, continue de produire des ouvrages. Armée de sa sénégalité en bandoulière, son mouchoir de tête coloré la rendait reconnaissable entre mille.

L’empire du mensonge … Rien que le titre intrigue et donne envie d’en savoir plus.

« Jadis honni, vomi, dégradant, considéré comme la mère puante de toutes les formes de décadence morale, le mensonge, doucement, longuement, sûrement, s’est insidieusement ancré dans les habitudes (page 125) ».

Le mensonge fait tellement partie de nos mœurs qu’un ambassadeur, au soir de sa mission dans notre pays, remercie tous ceux qui ont concouru au bon déroulement de sa mission et regrette de devoir partir. Il loue le pays qui l’a accueilli durant toutes ces années, et magnifie la beauté de ses femmes, mais surtout des femmes … authentiques.

Comme si celles – ci vivent dans un perpétuel mensonge en s’inventant une beauté dont elles sont loin, pénalisant les femmes qui ont conservé leurs attributs authentiques.

L'entendre évoquer ces valeurs qui jadis faisaient le ciment de notre société et qui sont peu à peu passées de mode au profit d'une modernité galopante nous donne un aperçu de ce qu'est cette magnifique œuvre.

Merci au Pavillon des Lettres d'Afrique d'avoir fait venir cette grande dame si charismatique et qui est, à n'en pas douter, une source d'inspiration pour la nouvelle génération d'auteurs (es) !

Le Sénégal et la France ont signé plusieurs accords bilatéraux dont les bénéfices sont partagés par les deux pays. Toutefois, il y a une exception de taille qui concerne les questions sociales.

Dans le langage diplomatique, chaque mot est judicieusement choisi. Bassirou Sène, ambassadeur du Sénégal à Paris, évoque la question avec une prudence de Sioux : « La seule limite à cette embellie (sur les accords bilatéraux signés avec la France, Ndlr) est la négociation laborieuse en cours sur les prestations familiales, les branches vieillesse et maladie, la question de l’unité du foyer fiscal et la carte résident pour retraité ». Pour chacun des cas cités par le diplomate sénégalais, le retard à la signature de nouvelles conventions avec la France conduit à des situations dramatiques.

En 2015, le cas de Boubou Konaté avait ému l’opinion publique sénégalaise. A 64 ans à l’époque, le retraité avait été bloqué à Orly, malgré une carte de résidence de 10 ans en France, pour une expulsion vers le Sénégal. La justice française lui reprochait d’avoir passé trois ans de suite au Sénégal. Arrivé en France le 10 février 1971, Boubou Konaté travaillait dans les restaurants en faisant de la plonge, entre autres services, jusqu’au diagnostic d’une infirmité liée à la station debout. Licencié, puis reconnu invalide lors d’un reclassement, il est pris en charge par la sécurité sociale jusqu’à ses 60 ans où il bascule dans le régime de retraite pour invalide.

En dehors des cas similaires où les réformes de la carte résident pour retraité sont attendues, il y a les transfèrements, vers le Sénégal, des prestations familiales, les branches vieillesse et retraite et surtout la sensible question de l’unité du foyer fiscal. La diaspora sénégalaise attend des résultats concrets. « Nous pensons qu’avant la fin de l’année en cours l’accord, qui avance bien, sera signé », s’enthousiaste l’ambassadeur Bassirou Sène.

Moussa DIOP

Le prix du loyer continue  de grimper presque partout aux Etats-Unis d’Amérique. Selon une étude de Trulia, une plateforme de location d’appartements et de maisons, la hausse moyenne du prix du loyer était déjà  de 3,1 % en 2017. Mais, il a triplé dans certaines localités du pays.

De 2012 à 2017, le prix de la location a connu une hausse considérable de 19,6 %  aux Etats-Unis. Même si aucun Etat n’est épargné, la Côte enregistre l’une des plus grosses augmentations surtout dans l’Etat de la Californie. San Jose, San Francisco et Sacramento sont, en effet, dans le classement des 10 villes les plus chères en termes de loyer. Alors qu’il faut débourser plus d’argent pour se loger dans les grandes métropoles des Etats-Unis, les petites villes connaissent une hausse plus ou moins négligeable selon leur attraction.

« J’ai quitté New-York, il y a presque 10 ans, pour venir m’installer à Charlotte. Mes trois boulots ne me suffisaient plus pour vivre décemment et loger ma famille dans un bon environnement où elle pourrait s’épanouir pleinement »,  confie Abdoul Khadre Samb, un Sénégalais vivant au pays de l’Oncle Sam depuis plus de deux décennies. Selon notre interlocuteur, « la grande ville attirent les nouveaux immigrants parce qu’ils offrent plus d’opportunités et ont de meilleures propositions salariales. Toutefois, une bonne partie de ces revenus sont dépensés dans le loyer ».  Et pire encore, dans la plupart des cas, « on ne peut pas s’offrir le luxe d’habiter dans des endroits convenables parce qu’hors de portée à cause des prix du loyer », a martelé le quinquagénaire sénégalais qui a désormais un deuxième travail lui permettant de s’occuper décemment de sa famille.

A l’instar de M. Samb, son compatriote Cheikh Diankha qui vit à plusieurs heures de Charlotte,  précisément à  Dallas, dans l’Etat du Texas, est coutumier dans le jonglage des boulots. Il a quitté  New York il y a environ cinq ans. « C’est une ville avec une communauté sénégalaise et gambienne  grandissante. On s’entraide beaucoup là-bas dans les regroupements et les associations »,  affirme ce Sénégalais qui évolue dans le milieu médical. Il ajoute avoir  « subi et souffert de la hausse continue du loyer ».  Depuis l’année dernière, il a fait un prêt bancaire pour acheter une maison dont l’avantage principal est de ne plus se soucier de la fluctuation du prix de la location. « Les paiements mensuels de ma maison sont désormais fixes et, à terme, je serai propriétaire », se réjouit-il.

Mamadou Lèye, un autre Sénégalais vivant dans la métropole d’Atlanta, a vécu une situation similaire. « Ici, il faut faire un choix. Soit vivre dans un endroit dangereux et exposer sa famille à la criminalité, aux gangs, à la drogue et payer un loyer très bas, soit dépenser plus chaque mois  et vivre dans un quartier sécurisé et propre », fait-il savoir. Mamadou a choisit de vivre épanoui et en sécurité avec ses deux enfants et sa femme loin des quartiers d’Atlanta à fort taux de criminalité.  « A l’image des autres villes des Etats-Unis, Atlanta n’échappe pas à la règle. Chaque année, les propriétaires augmentent les prix du loyer, prétextant qu’ils vont réaménager les appartements sans réellement ajouter beaucoup de luxe », regrette-t-il. Selon le Bureau américain de la statistique, plus de la moitié de la population américaine loue un appartement ou une maison. Une étude annuelle du rapport national sur le logement, piloté par le Centre des études du logement de l’Université de Harvard, rapporte que « 11 millions d’Américains dépensent la moitié de leurs revenus dans la location de logement ».

Moustapha BIAGUI
Correspondant aux Etats-Unis

« Il y a des problèmes importants que nos compatriotes rencontrent au quotidien », regrette Abdou Karim Basse, consul du Sénégal en Côte d’Ivoire. « On peut citer, par exemple, les problèmes liés au transfert des corps en cas de décès, au financement des études de nos enfants après le bac et la prise en charges de nos ressortissants en cas de maladie. Et pour les résoudre de façon immédiate et efficace, il faut fédérer nos forces. C’est pourquoi nous nous engageons dans cette dynamique », souligne-t-il. Autant de griefs qui font que les Sénégalais résidents en Côte d’Ivoire ont désormais décidé de se définir une nouvelle orientation politique et socio-économique plus adaptée, en mettant en place une structure dénommée la Grande fédération des Sénégalais de Côte d’Ivoire (Gfsci). Il s’agit, à en croire les « pères fondateurs de cette nouvelle organisation » dont l’ambassadeur Abdou Lahad Sourang, le consul général, et le vice-consul Yacoub Negri, d’un système communautaire intégré, harmonisé et efficace pour la promotion et la protection de tous les ressortissants sénégalais. Après plusieurs semaines de travaux pour la mise en place des éléments constitutifs de cette nouvelle organisation, les membres du comité ad hoc ont récemment donné le signal des grandes actions à travers la signature d’une convention d’assurance avec la compagnie « La Sénégalaise de l’Assurance ».

Outre cette signature de convention, la rencontre a été meublée par une séance d’explication du processus de mise en place de cette fédération, la remise des statuts et du règlement intérieur aux responsables de 42 associations et groupements qui y ont déjà adhéré, les conditions d’éligibilité des instances dirigeantes de la Gfsci et l’annonce de la date de l’assemblée générale élective (Age), prévue le 11 mars 2018. Selon le vice-consul Yacoub Negri, c’est un nouveau jour qui se lève sur le quotidien des communautés sénégalaises vivant en Côte d’Ivoire. « Il s’agit, soutient-il, d’un grand ensemble d’associations, d’amicales et de groupements qui va permettre de travailler à améliorer davantage les conditions de vie des Sénégalais vivant en Côte d’Ivoire. Ce, à travers des actions concrètes et des projets viables ». Lui emboîtant le pas, le consul Abdou Karim Basse a indiqué que « la création de cette faitière va fédérer les énergies de toutes les associations, mutuelles et autres organisations des communautés sénégalaises ».

Abou ADAMS

Près de 120 Sénégalais résident actuellement à Djibouti. Nos compatriotes sont la plupart dans l’artisanat, notamment la bijouterie, l’enseignement et la vente de médicaments dans les pharmacies, selon le consul honoraire, rencontré récemment à Addis-Abeba où il était venu prendre part, comme à chaque année, au Sommet de l’Union africaine et participer à la rencontre du chef de l’Etat avec la communauté sénégalaise vivant en Ethiopie. D’après Alioune Seck, nommé, depuis 2002, consul honoraire du Sénégal à Djibouti, un poste bénévole, les Sénégalais ont une bonne image dans ce pays où ils travaillent dans la bijouterie, l’enseignement et dans la vente des médicaments. « Nous avons, jusqu’ici, recensé 120 Sénégalais inscrits régulièrement au consulat honoraire », a-t-il précisé. M. Seck a constaté que « les propriétaires de pharmacie préfèrent travailler avec nos compatriotes qu’on retrouve souvent devant les comptoirs pour la vente ». Il a ajouté que lors des contrôles de police, les Sénégalais ne sont jamais inquiétés. Sur les difficultés de nos compatriotes, le consul révèle que le renouvellement des passeports et des cartes nationales d’identité est l’un des problèmes souvent posés aux autorités. « Nous souhaiterions le passage annuel de la commission du ministère de l’Intérieur pour permettre aux Sénégalais de renouveler leurs passeports et ne plus faire le déplacement jusqu’à Dakar », a-t-il souligné. A en croire Alioune Seck, cela fait deux ans que les services du ministère de l’Intérieur ne sont pas venus à Djibouti. « Le service consulaire est obligé d’établir des sauf-conduits pour les compatriotes  dont les passeports ont expiré afin de leur permettre de voyager au Sénégal », a-t-il indiqué. Sur la coopération entre nos deux pays dont les deux chefs d’Etat se retrouvent en tête-à-tête à chaque grand Sommet de l’Ua, le consul honoraire se félicite des facilités offertes par le Sénégal aux Djiboutiens qui envoient leurs étudiants dans nos universités et instituts privés d’enseignement supérieur à Dakar.

Quid de l’intégration de nos compatriotes ? Alioune Seck souligne que, grâce au dahira formé sur place, les Sénégalais se retrouvent lors des Magal et nuit du Prophète régulièrement organisés à Djibouti. « Nous avons également un crédit revolving qui permet de s’entraider », a-t-il dit. Et M. Seck de se féliciter du travail remarquable de feu Badara Mbow qui avait ouvert les portes aux Sénégalais en 1977.

Grâce à ce dernier, une maison des Sénégalais de Djibouti a été créée. Nos ressortissants à Djibouti, ceux en Ethiopie et au Kenya ont grandement participé, en 2000, lors de la première alternance, à la délégation des Sénégalais de l’extérieur en étant représentés à une réunion fondatrice tenue à Dakar.


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