Portrait de la Quinzaine

Portrait de la Quinzaine (1)

Unir les Sénégalais de l’extérieur pour plus d’influence à l’intérieur, c’est désormais le combat quotidien d’Absatou Kane Diop, une Sénégalaise vivant aux Etats-Unis depuis 15 ans. Patron de presse, entrepreneuse agricole et bientôt promotrice immobilière, cette Saint-Louisienne d’origine veut une diaspora autrement.

Lundi 6 juin. 11h et quelques minutes devant la salle des princes de l’hôtel Terrou-bi. Des experts et hommes d’affaires nationaux et de la diaspora en réunion à Dakar sont en pause pour permettre au Premier ministre, venu présider la cérémonie officielle d’ouverture de cette rencontre, de se retirer.

En attendant la reprise des travaux, certains participants font les cent pas pour profiter de la brise marine et d’autres partagent un instant café et discutent d’affaires. Au milieu de ce désordre, une dame attire notre attention à cause de sa carrure. « Taille américaine », tasse de jus de fruit à la main et mine décontractée, la Junon est en pleine discussion.

Un moment d’hésitation et on passe à l’offensive. Plus de peur que de mal. Elle est d’un abord facile. « Je m’appelle Absatou Kane Diop. Je vis à Washington. Je suis la première femme émigrée à créer un groupe de presse qui a un site internet et un magazine. Il s’appelle « Sunu Diaspora », présente-t-elle. Absatou est donc femme de médias qui a certainement l’habitude de côtoyer des gens.

C’est peut-être pourquoi elle n’est pas de ces émigrés qui marchent sur les nuages. En participant à cette rencontre, elle vient répondre à l’invitation des autorités sénégalaises à la diaspora de contribuer au Pse et au Pudc. Même si elle se dit mauvaise en français, cette femme d’affaires se débrouille bien dans la langue de Molière. Toutefois, elle est plus à l’aise en wolof et en anglais.

C’est en 2002 qu’elle a quitté le Sénégal pour aller rejoindre son mari au pays de l’oncle Sam. Quelques années plus tard, son époux termine sa mission et rentre au bercail. Mais Absatou, elle, reste avec ses enfants pour se battre comme tous les émigrés afin de se faire une place au soleil. Néanmoins, elle garde un œil sur tout ce qui passe au Sénégal. « Nous qui sommes dehors, nous entendons souvent à la radio ou lisons sur le net des choses qui ne nous plaisent pas.

A l’époque, les médias n’étaient encore aussi développés que maintenant. Nous avions besoin d’une tribune pour nous exprimer sur la situation de notre pays. Un jour, j’ai fait une contribution sur Seneweb.com et j’ai vu que beaucoup de personnes se sont intéressées à mon article. Je ne savais pas que j’avais une telle aura.

J’ai réécrit un autre article sur léral.net et il a encore suscité beaucoup d’intérêt chez les internautes. C’est là que m’est venu l’idée de créer un site internet avant de lancer le magazine en 2009 à Washington », explique-t-elle fièrement. Mais comme Absatou n’était pas préparée pour devenir une femme de médias, elle est allée, par la suite, se former aux métiers de la communication pour mieux comprendre les enjeux. Ainsi, après deux ans de formation, elle obtient un diplôme en Communication et un autre en Infographie.

Aujourd’hui, elle emploie des gens pour lui gérer ce business parce qu’elle n’a pas que ça à faire. La plupart des personnes avec qui elle travaille résident au Sénégal. Il y a aussi ceux qui sont basés en Belgique, en France et aux Etats-Unis. Le magazine est bilingue. Il est édité en français et en anglais.

Aujourd’hui, le rêve le plus ardent d’Absatou est d’unir la diaspora. C’est pourquoi elle voyage beaucoup pour rencontrer ses compatriotes qui sont dans les autres continents comme l’Europe et l’Afrique. D’ailleurs, au mois de juillet prochain, elle organise, en Espagne, un forum sur l’habitat. « Je serai la première femme promotrice à lancer une telle initiative », souligne-t-elle.

L’objectif de ce forum est de faciliter aux émigrés l’accès au logement. Selon Absatou, le Sénégalais de l’extérieur ne doit plus être vu comme un « envoyeur d’argent » simplement. Il doit être aidé afin qu’il puisse faire un investissement productif dans le pays. « Le président de la République est en train de faire beaucoup d’efforts. Mais je pense que si nous prenons les choses en main, ça ira mieux. Il faut que les émigrés soient solidaires. Nous voulons la diaspora autrement. Les politiciens nous ont toujours bernés.

Ils viennent souvent prendre nos projets, mais il n’y a jamais eu d’aboutissement », déplore-t-elle. A l’en croire, si les autorités donnent à la diaspora la place qui lui revienne, elle pourra injecter jusqu’à 2.000 milliards de FCfa par an dans le pays. Absatou est une touche-à-tout. En dehors des médias et de l’habitat, elle s’active aussi dans l’agriculture et dans l’aviculture où elle emploie beaucoup des jeunes. Si les moyens sont réunis, elle envisage également de se lancer dans l’élevage en faisant des opérations Tabaski. « Quand tu es formé au Etats-Unis, tu n’a pas l’habitude de rester oisif », précise-t-elle.

Ndiol Maka SECK

Last modified on jeudi, 30 juin 2016 14:03


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