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Soleil Grand Air (516)

Bercé par la mer et baigné une lagune peuplée d’huitres, de cabres et de langoustes, la commune de Somone doit beaucoup au tourisme et à la générosité de la nature. Les premières vagues des touristes ont fondé le quartier Torino. Au fil des années, d’autres européens n’ont pas pu se passer de la beauté idyllique de cette localité aux rues ayant une allure de galerie d’art. On peut aussi se balader au bord des canoës sur la lame d’eau ou s’évader dans le sentier écologique de la réserve d’intérêt communautaire.

Le village de Somone ne tangue plus entre le conservatisme et l’ouverture ; du moins au plan architectural. A part les rues sableuses et sinueuses serpentant entre les concessions et les maisons juchées sur des dunes côtières, des villas aux lignes importées poussent dans tous les coins. Les quartiers traditionnels tels que Ndioufène ou Mboyène sont dans l’œil du vent du changement. Le village est pourtant revenu de loin. Il a été ravagé par la peste dans les années 20. « Somone a été décimé par la peste en 1920, il a été rasé avant d’être reconstruit », nous confie Arona Lô, âgé de 86 ans.

Somone 2A Somone, les terres appartenaient à des « Lamanes ». C’est après les réformes que beaucoup d’habitants ont perdu leurs terres à cause de l’expropriation. Actuellement, la course vers l’accumulation de richesse a entraîné, selon ce sage, la vente effrénée de champs et des potagers. « Je ne vais pas seulement parler de Somone. La spéculation foncière touche également Saly et Ngaparou. Il sera très rare de voir des autochtones qui ont plus de 500 mètres carrés », avance Pa Arona Lô, considéré comme l’un des plus âgés du village de Somone qui fut fondé par Mame Baye Yam, venu du Dioloff. A l’origine, la pêche et l’agriculture étaient les activités principales. Mais la première incursion d’un touriste entre 1940 et 1951 va précipiter l’émergence d’une nouvelle vocation. Somone devient la nouvelle destination entre 1958 et 1959. « Le premier blanc qui était venu s’est installé au bord du fleuve, après il y a eu 7 et 8 autres. Au fil des années, le nombre n’a cessé d’augmenter », se souvient Pa Arona Lô. Après c’est par vagues que les touristes blancs déposent leurs valises au bord de la lagune et de la mer. Certains y construiront de belles villas. « Ce sont des sénégalos, ces derniers viennent chaque année. D’autres se sont installés et ils ont épousé des Sénégalaises ou, pour être plus juste, ils ont des copines sénégalaises », fait savoir un artiste peintre. Leur présence et leur contribution à l’économie nationale relativisent la notion d’étranger aux yeux d’une responsable de l’agence immobilière Ambre. « Pour moi, je ne peux pas considérer ces toubabs qui vivent au Sénégal depuis une trentaine d’années comme des étrangers. Non ! », objecte Penda Guèye. C’est à juste raison. C’est le tourisme qui a changé le visage de Somone et l’a sorti de l’anonymat.

Torino, un quartier huppé au bord de la mer
A Torino, à l’angle de la rue de Café des Arts, trois petites voitures sont immobilisées devant une villa. Des taximen sont à l’ombre des arbres. Ils conversent. Leurs conservations s’interrompent dès que des touristes sortent des hôtels. « Vous avez besoin d’un taxi », lancent-ils sans insistance. Certains déclinent. Ils préfèrent la marche pour les petites courses. Les minutes passent.

Peu de clients viennent demander les services des taximen. Après cette séquence, un couple d’un certain âge se pointe. « Nous voulons aller à Ngasobil », s’exprime l’homme. Deux conducteurs bondissent de leur banc et se proposent de les transporter. Mais l’un des taximen se désiste. Son camarade se charge de leurs incursions pour 30.000 francs Cfa. « La journée est bonne pour lui », confie un des taximen. Depuis quelques années, ce n’est pas tous les jours qu’un taximen rentre avec 30.000 francs depuis la crise d’Ebola. Le secteur du tourisme traîne cette crise comme une séquelle après une intervention chirurgicale. Durant les années 2005, 2006 et 2007 qui sont pour ce conducteur l’âge d’or du tourisme dans la zone, le secteur faisait vivre Somone et d’autres villages. « Lors des excursions dans des villages, les touristes se rendent compte de l’état des besoins des villageois. Une fois en Europe, ils collectent des dons de médicaments et de matériels médicaux et parfois construisent des salles de classe », raconte ce conducteur. Un peu avant, se trouve un autre petit garage non loin d’autres complexes hôteliers. Babacara Dop, originaire de Kaolack, est arrivé à Somone en 1995. Il était attiré par le tourisme florissant. C’est un homme au cœur lourd qui s’est prêté à un jeu de comparaison. « Je vous dis que les périodes où le tourisme faisait vivre ceux qui ne sont pas du secteur est derrière nous. Les touristes ne sortent plus actuellement, parce qu’on a entretenu ce climat d’insécurité. Dans les hôtels, on leur dit de ne pas sortir. La conséquence, les touristes ne dépensent presque pas en dehors des hôtels ou des résidences. Seuls les anciens continuent à faire des excursions », démontre Babacar Diop. Moustapha Diouf, interrogé au restaurant Brise de la Mer, garde en mémoire les années de tourisme de masse en 2004, 2005 et 2006. « A mon avis, le nombre de touristes qui arrivent a beaucoup diminué au cours de ces dernières années. Somone vivait bien de cette activité », a laissé entendre Moustapha Diouf.

Par Oumar Ba et Idrissa SANE ( Textes) et Assane SOW (Photos)

Bug phallique

22 Fév 2018
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La réussite sociale est un chemin pavé d'écueils pour les femmes. Les femmes cadres le savent bien, elles qui peinent le plus souvent à trouver chaussures à leurs pieds tant les préjugés sont tenaces et les hommes… craintifs.  Paradoxe. Une jeune femme belle et aisée doit normalement attirer une foule de charmeurs. On sait, cependant, depuis la publication du livre de Jean Cornut (Pourquoi les hommes ont peur des femmes, Paris, PUF, 2001) que le sexe dit fort entretient des relations ambiguës avec les femmes. Tout fonctionne chez nous comme s'il y avait une sorte de pouvoir misogyne qui incline les hommes à se priver de ces femmes d'un autre standing. Comme si elles étaient des fruits défendus. Une « gynophobia » qui laisse perplexe. Est-ce que parce qu’elles font perdre leur assurance aux hommes ? Ont-ils peur de se retrouver avec une femme chef d’entreprise qui confond le foyer et le bureau ? Ont-ils peur de perdre leur autorité ? Des foules de questions qui n’appellent qu’une suggestion : il faut être ouvert à l’évolution du monde pour franchir le pas. Les femmes seront de plus en plus éduquées puisque les filles sont aujourd’hui meilleures à l’école, elles occuperont plus de responsabilités dans l’espace public et dans l’entreprise. Il faudra faire avec. Et, au rythme où va le monde, c’est le contraire qui sera, dans un avenir très proche, fort difficile : trouver une servante, aimante et très peu spirituelle comme épouse pour perpétuer l’ordre masculin en voie de déshérence sociale. Il faut, certainement, mettre à jour le logiciel sentimental des hommes pour surmonter le grand bug phallique qui s’annonce.

Par Sidy DIOP

Dans le petit royaume des stars montantes, deux jeunes chanteuses tiennent actuellement le haut du pavé. Chacun de leurs albums entraîne un succès colossal, leurs clips sont toujours très attendus et leur vie privée parfois scrutée à la loupe. Si toutes les deux s’adonnent au métier d’artiste depuis longtemps, elles ne présentent pas pour autant la même trajectoire. Adiouza a grandi dans l’ombre protecteur de son père artiste Ouza Diallo. Elle a donc très tôt été vaccinée au virus musical. En plus de cette aptitude, la jeune artiste est partie se renforcer, après son baccalauréat, à travers des études supérieures spécialisées en Musique. C’est également pareil pour Aïda Samb, Gawlo de naissance, elle a grandit sous l’ombre de son grand-père Samba Diabaré Samb. Autre avantage, Aïda a très tôt intégré le mythique groupe de Youssou Ndour, roi du Mbalax qu’est le Super Etoile. D’ailleurs, toutes les deux font preuve de maturité dans leur composition musicale.

Elles mettent en avant une approche très mature qui s’est imposée en l'espace de quelques années. Elles se sont toutes les deux taillées une place de choix dans l'industrie musicale sénégalaise. En fait, elles sont tout simplement devenues incontournables.

Tout le monde connaît la voix incroyable de celle que l'on surnomme Aïda. Mais Adiouza porte également l’une des plus grandes timbres vocales de sa génération. Véritables superstars, les deux femmes font le « buzz » à chaque fois qu’elles mettent un produit sur le marché. Entre Adji et Aïda, il y a toujours eu une certaine course au titre.

Bien que les deux chanteuses ne se soient jamais déclarées la guerre, très diplomatiques, elles se livrent au quotidien à des batailles musicales, à coups de tubes et de clips évènements. Une concurrence vraiment saine !

Oumar BA

Ousmane Dia, artiste plasticien, excelle dans l’art de façonner les métaux. Il aime les assembler en de compositions qui défient les lois de l’équilibre. Son motif de prédilection demeure la chaise : « Le siège du pouvoir et de l’autorité, mais aussi le symbole de l’hospitalité ».

Ousmane n’a pas l’accoutrement d’un artiste. Il porte un costume gris assorti d’une chemise orange. Une sérénité ponctuée d’un sourire éternellement accroché aux lèvres se dégage de son visage. L’homme est avenant ; en atteste sa chaleureuse poignée de main. Point de dreadlocks ; il a la tête rasée. Ousmane Dia dit Odia est plasticien. Ce Sénégalais âgé de 46 ans et natif de Tambacounda vit entre Genève et le Sénégal depuis vingt ans. Formé à l’Ecole nationale des Beaux Arts de Dakar, c’est après l’obtention de son diplôme qu’il se rend en Suisse, à l'École Supérieure des Arts Visuels de Genève pour, dit-il, y passer « un diplôme post-grade » obtenu en 2001. Ousmane capitalise une trentaine d’années dans le monde de l’art. Tout jeune, il ressentait déjà une sorte de manie le poussant à s’exprimer à travers des dessins. Les représentations picturales ont de tout temps constitué une attirance pour lui. C’est d’ailleurs ce qui faisait qu’à l’école, il était souvent désigné dès lors qu’il s’agissait de produire des représentations au tableau. Il se targuait alors du statut de dessinateur « accrédité », pour ainsi dire. La tâche de décoration lui revenait exclusivement en charge. Toutefois, le véritable déclic provient de Jacob Yakouba, un artiste de talent très connu, originaire de Tamba. Le jeune garçon aimait reproduire les œuvres de ce grand artiste. De passage à Tambacounda, il est parti le voir afin de lui montrer les œuvres qu’il avait faites de lui. Ce dernier loue son talent et lui recommande d’aller à l’Ecole des Beaux Arts de Dakar afin d’y subir une formation. « C’est Jacob qui m’a véritablement encouragé à emprunter une voie d’artiste. Il m’a même proposé son appui financier », se souvient-il, très reconnaissant. La formation est générale à Dakar ; lui, très ambitieux, veut se spécialiser dans la sculpture et consent à des études très poussées dans ce domaine. « Or, au Sénégal, la possibilité de passer un diplôme post-grade était inexistante », affirme-t-il. Très passionné, le jeune homme s’oriente vers les écoles d’autres pays. C’est ainsi qu’il postule à différents établissements en France, au Pays-Bas et en Suisse. Il est accepté dans ces trois pays mais décide de se rendre en Suisse, sur les conseils de Joseph Yakouba, informe-t-il. Aujourd’hui, en plus d’être artiste, Ousmane est professeur d’art visuel. S’il n’est pas à l’école pour enseigner, le professeur se renferme dans son atelier imprégné dans son « univers de création ».

Dans ses représentations, Ousmane évoque beaucoup la politique et l’actualité internationale. Quand Nicolas Sarkozy, ancien président de la République Française, avait tenu son discours à Dakar, affirmant que le « noir n’était pas suffisamment entré dans l’histoire», il s’est senti «choqué » et a décidé de faire une performance dans ce sens. Il choisit la Sorbonne à Paris pour la riposte. « J’ai représenté le malheureux discours de Sarkozy sur une immense toile posée par terre. Il y avait beaucoup d’Ambassadeurs à la rencontre. Une fois la toile par terre, j’ai demandé à l’assistance de marcher dessus pour marquer son désaccord. Tout le monde s’est exécuté, en signe de protestations », se remémore-t-il. Il venait ainsi de prendre sa revanche.

La chaise, son objet de prédilection
Un objet de prédilection revient toujours dans les représentations d’Ousmane : il s’agit de la chaise. « C’est un symbole de pouvoir, mais aussi d’hospitalité. Hospitalité, dans le sens où quand on reçoit quelqu’un, la première chose à faire, c’est de lui proposer de s’asseoir. C’est aussi une source de pouvoir dans la mesure où la chaise peut marquer le statut social de la personne. Par exemple, dans un gouvernement, la chaise du président de la République diffère de celle du Premier ministre, laquelle n’est pas identique à celle des ministres, vice-versa, jusqu’à la plus petite échelle », affirme-t-il. La chaise marque le statut social, il y a en même temps l’idée du trône. Il travaille aussi sur la multiplication des objets. Dans cette perspective, il fait souvent appel au fer à béton. Une manière de montrer la solidité qui doit caractériser un pouvoir soutenu par le peuple, évoque-t-il sourire aux lèvres.

Ousmane ne se cantonne pas exclusivement à ses représentations. En moyenne, il revient tous les trois mois au Sénégal. Dans l’idée de réunir les peuples artistiques, il a créée une association qui regroupe des artistes suisses et sénégalais. L’objectif est de construire un pont entre des créateurs issus de ces deux pays. « C’est également une manière de permettre aux artistes de Tamba de pouvoir éclore ». Il est courant qu’il amène dans ce sens des artistes suisses au Sénégal et même parfois des artistes sénégalais en Suisse. « L’association se veut d’être un coup de pousse pour les jeunes tournés aux arts plastiques et visuels ». Il en appelle à une politique plus encadrée afin de faire rayonner l’art visuel au Sénégal. Présentement, Ousmane Dia réalise sa première exposition au Sénégal à la Galerie nationale de Dakar. Le vernissage a eu lieu le 30 janvier dernier. L’exposition s’est poursuivie jusqu’au 17 février. Pour cette exposition, il a décidé de travailler sur l’Article 10 de la Constitution du Sénégal.

« Sur le plan démocratique, le Sénégal, un des rares pays à n’avoir jamais connu de coup d’Etat, figure parmi les exemples », se targue-t-il. Suffisant, à ses yeux, pour chanter fièrement la démocratie sénégalaise. « Il est assez déplorable de constater que depuis quelque temps les gens croient foncièrement devoir s’adonner à la  casse pour se faire entendre, dans le cadre d’une marche par exemple », déplore l’artiste. Ces biens appartiennent en réalité au peuple et non au pouvoir en place.

Et pourtant l’Article 10 de la Constitution du Sénégal encadre tout cela : « Chacun a le droit de s’exprimer, de diffuser librement ses idées, par la parole, par la plume, par l’image, par la marche pacifique, pourvue que l’exercice de ces droits ne porte atteinte ni à l’honneur, ni à la considération d’autrui et ni à l’ordre public ». Plusieurs Sénégalais ignorent le contenu de cet article 10, au regret d’Ousmane. C’est une manière de montrer aux compatriotes qu’ils ont un texte sur lequel ils peuvent s’appuyer pour exprimer leurs désaccords de manière pacifique et légale, rappelle l’artiste.

Oumar BA

Une Afrique de propositions
« On est surpris de constater combien les Peulhs étaient capables même dans la pratique moderne de la chirurgie esthétique. Les Peulhs se faisaient percer les oreilles pour y porter des anneaux. Le poids de l’anneau déchirait parfois le lobe de l’oreille. Il y avait quinze procédés connus pour réparer ces accidents. C’est une erreur de penser que la greffe de peau date du XXe siècle ». Ce rappel historique sort de la bouche de quelqu’un qui a suivi un cursus universitaire classique en médecine, le docteur Erick Gbodossou. Ce Sénégalais d’origine béninoise est de ces âmes qui vont à la rencontre de l’autre sans nourrir le complexe de dévoiler ce qui fonde leur identité. Il est la figure d’une Afrique porteuse d’une dynamique fructueuse et palpitante, d’un continent qui ouvre des voies de salut à l’humanité. Il se bat depuis des années pour faire prendre conscience aux Africains que les sciences endogènes ne doivent pas être cette camelote bonne à parquer dans la remise à dissimuler. Il est un pont, parce qu’il est aussi un scientifique, entre une Afrique porteuse de propositions et la médecine conventionnelle. Il n’a pas choisi la voie de la facilité. Il a décidé, dans un élan altruiste, de se battre pour les siens.

L’homme comme totalité
Cet expert de l’Organisation mondiale de la santé nourrit une réflexion utile et très simple. Quatre-vingt-quinze pour cent (85%) de la population africaine s’adressent à la médecine traditionnelle « aussi vieille que la douleur » pour ainsi parler comme lui. Devons-nous toujours continuer à l’ignorer alors que celle-là conventionnelle a fini de montrer ses limites objectives ? Il n’est pas dans le négativisme ou dans le révolutionnarisme passé de mode. Il n’agit pas par bravade. Il est dans une sorte de médiation, de conciliation de deux sphères de principe. Et l’homme, en tant que totalité, devrait en être la centralité. Le patrimoine matériel et immatériel occupe une place importante dans le raisonnement du président de l’Ong « Promotion des médecines traditionnelles », une institution de recherche culturelle et de diffusion scientifique. L’homme est au-delà de la « bulle » biologique. Il y a quelque chose qui transcende la « chair ».

Pour être en bonne santé, « on a besoin de rire, de pleurer, de manger, de jeûner. La santé est un équilibre. La santé, c’est la plante, les cultes et les cultures », disait-il, un jour, avec force. Les prouesses qu’il a réalisées et reconnues par des instituts américains montrent qu’on est loin, ici, des spéculations d’un illuminé ou des « trouvailles » de la coterie envahissante de charlatans en quête de pitance.

Ethique et humanité
Erick Gbodossou est l’auteur du livre « Ethique, sciences et développement ». L’éthique est au cœur de son action utile. La valorisation de la médecine traditionnelle, son cheval de bataille, n’est pas destinée à afficher ses exploits par pure gloriole. L’humanité anime son geste. Il faut remettre l’humain, doté de spiritualité et être d’émotions, au centre de la médecine face aux échecs des traitements symptomatiques. Le Centre expérimental des médecines traditionnelles (Cemetra) de Fatick plus connu sous le nom de Malango dont il est le fondateur est la matérialisation d’une généreuse idée porteuse d’espoirs pour des âmes désemparées ramassées dans « la poubelle du psychique et du psychosomatique » de la médecine conventionnelle, pour ainsi le reprendre. On y apporte confort intérieur aux malades au-delà de ce que les plantes réalisent comme prouesses.

Le docteur Gbodossou, bien que produit de l’école moderne, ne rejette pas avec dédain le « Ndeup », une ethnopsychiatrie de groupe, ni le vaudou marqueur d’une spiritualité africaine. Il les intègre dans ses solutions face à l’étroitesse de celles-là prônées par le système cartésien. L’Afrique doit inspirer le monde par sa capacité à explorer ses possibilités. C’est ce à quoi s’emploie cette âme d’une touchante persévérance et de convictions inébranlables.

Alassane Aliou MBAYE

Poupées de luxe 2.0

22 Fév 2018
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La bataille de la notoriété fait rage sur les réseaux sociaux où de jeunes filles déjantées rivalisent de hardiesse pour gonfler leur nombre de « followers ».

Les sœurs Sora ne sont pas les seules « jet-setteuses » à occuper le terrain des réseaux sociaux. Au Mali, la fratrie se frotte à la concurrence de Dédé Poulo. D’une extrême beauté, la demoiselle compte bien prendre la place de la « Queen » Sora qui a été primée il n’y a guère longtemps comme étant la personnalité la plus suivie du Mali sur les réseaux sociaux. Très portée sur les boubous traditionnels, la belle Dédé sait mettre en valeur ses atouts physiques, pour le grand bonheur des internautes qui suivent avec attention ses moindres faits et gestes. Elle est appréciée pour ses beaux habits et son physique, certes aguicheur, mais plus proche de la normale et mois artificielle que Diaba Sora. Assez pour que beaucoup se tourne vers cette dernière au moment de faire un choix entre les deux.

Mais celle qui fait véritablement de l’ombre aux sœurs Sora s’appelle Biscuit de Mer, Coco Emilia de son (vrai ?) nom, originaire du Cameroun. Leurs « followers » respectifs se délectent allègrement de leurs nombreuses prises de bec (qui tournent parfois à l’insulte via des réseaux sociaux interposés). Biscuit de Mer, qui se dit influente, compte 210 000 abonnés sur Instagram et 38 000 sur sa page Facebook publique. Coco Emilia est l'une des plus influentes personnalités sur les réseaux sociaux de son pays. Suivie par des centaines de milliers de personnes, la jeune femme aux formes généreuses, à la beauté physique certaine, s'est érigée en véritable décideuse pour de nombreuses jeunes femmes qui rêvent de réussite, de succès, de glamour 2.0... Tout ce champ lexical venu avec l'avènement des réseaux sociaux. A Coco Emilia on ne connaît pratiquement pas d'interview, pas de longues interventions vidéos, pas de passages télé et pourtant la jeune femme fait régulièrement parler d'elle dans le monde people – pour des raisons bonnes ou mauvaises – où elle possède de nombreuses connaissances. En RD Congo, c’est Sonya, 16 ans, l’une des benjamines de la fameuse famille Pembe, aussi appelée « les Kardashian congolais », qui attire l’attention avec 30 000 abonnés sur Instagram. Sa grande sœur, Mareva Pembe, 27 ans, blogueuse mode de son état, compte plus de 11 000 abonnés sur Facebook.

Sidy Diop

Les box braids, la tendance

19 Fév 2018
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Ces nattes graphiques et glamour permettent aux cheveux crépus d’aborder toutes les coiffures de leur choix. En effet, les « box braids » sont des tresses à trois brins classiques, confectionnées à l’aide d’extensions capillaires nouées à la base du crâne. Elles peuvent être fines ou épaisses, selon l’effet recherché.  Il existe de petits bijoux capillaires spécialement conçus pour être fixés sur les tresses. Ils leur apportent une petite touche ethnique, parfaite pour un look fun. Les filles les subliment facilement en attachant également un foulard ou un bandeau autour de leur tête, ou encore de jolies pinces à cheveux que l’on peut utiliser pour apporter un peu de fantaisie à leur coiffure. Ramenées en queue-de-cheval basse ou haute, en chignon serré ou plus flou, ou encore en demi-queue, les box braids peuvent être coiffées de plusieurs façons différentes. Pour aller au boulot, on peut les porter détachées pour qu’elles tombent librement sur les épaules. Il existe d’ailleurs une variété de textures, ce qui permet d’adapter les box braids à la qualité des cheveux. Et pour look plus flashy, les filles adoptent différentes teintes, ce qui permet de mettre des couleurs et de jouer à leur gré.

Moussa Diao : Monsieur pétrole

19 Fév 2018
54 times

Moussa Diao est Ingénieur physicien formé à la prestigieuse école polytechnique fédérale de Lausanne (Epfl) puis à l’institut français du pétrole. Il est «tombé » dans le secteur des hydrocarbures dès l’enfance, avec un père Abdoulaye Diao, négociant de pétrole. Mais contrairement à ce dernier, il a choisi de faire carrière au sein d’une grande société. Séduit par la possibilité de travailler sur le continent, Moussa Diao est envoyé sur des métiers de management à peine un an après avoir été recruté et formé à son poste de trader à Genève : de 2000 à 2002, on lui confie la responsabilité de développer les activités commerciales à Cotonou, où la compagnie vient d’implanter un nouveau terminal pétrolier dédié au gaz GPL, un nouveau produit au Bénin. Puis, il passe sept années à Abidjan, en charge du développement du négoce dans la sous-région. Eminence africaine du milieu du trading sur les bords du lac Léman,  cet ingénieur physicien réputé pour sa mémoire phénoménale des chiffres gère annuellement un portefeuille de plus de 2 millions de tonnes de produits pétroliers (soit un chiffre d’affaires de plus de 1 milliard de dollars) et dirige une équipe d’une dizaine de traders. Il travaille actuellement pour: Addax Energy SA, International Trading Oil and Commodities (Suisse) SA. Une entité qui évolue dans le négoce international, notamment achat, importation, exportation, transformation, stockage, transfert, financement, vente et distribution de matières premières dans le domaine de l'énergie, principalement de pétrole brut, de produits pétroliers, de gaz et de ses dérivés, ainsi que distribution, raffinage et transport de ces matières à l'étranger.

 

Belles, riches et célèbres, ces trois jeunes femmes divertissent les Maliens en racontant leur train de vie dispendieux sur les réseaux sociaux. Leur notoriété dépasse désormais les frontières du pays.

Les sœurs Sora sont au cœur des discussions à Bamako : Diaba, 35 ans, Moussou, 32 ans, et Koudeidja, 22 ans. L’exposition permanente de leur train de vie opulent sur les réseaux sociaux leur vaut le surnom de sœurs Kardashian du Mali, et cela, bien au-delà des frontières de leur pays natal. En moins de trois ans, ces jet-setteuses, portées sur le faste et le voyeurisme tous azimuts, se sont ainsi constitué une large communauté de spectateurs virtuels à l’affût de leurs moindres faits et gestes, pour peu qu’ils aient un smartphone connecté à internet. Moussou est une adepte des escarpins Giuseppe Zanotti, manucurée à point et arborant toujours un tissage impeccable, affiche un style qu’elle décrit comme « chic ». Ajoutez à cela un rouge à lèvres violet électrique, des lunettes de soleil Fendi, une peau décapée, une veste tailleur, des leggins trop serrés, et, bien entendu, une poitrine plantureuse qu’elle laisse volontiers apparaître… « Sexy, c’est ce que je suis », lance-t-elle.

Sa petite sœur, Koudeidja, tranche avec son côté introverti. Tout comme les clichés qui défilent sur son compte Instagram, suivi par plus de 100.000 personnes. Régulièrement en vacances à Miami ou à Los Angeles, la benjamine affectionne les clichés dans de grosses cylindrées. À Bamako, elle est connue pour être la compagne de l’homme d’affaires fortuné Mama Lah, petit-fils du célèbre vendeur de bazin feu Gagny Lah. La vedette du clan est Diaba Sora, suivie par 146.000 personnes sur Instagram. Depuis deux ans environ, elle y affiche ses courbes, ses tenues affriolantes, ses dernières emplettes (chaussures, sacs et autres accessoires griffés Dior, Louboutin, Chanel ou Versace), ses séances de maquillage et la Range Rover dans laquelle elle circule dans la capitale malienne. Les trois sœurs ont dans l’idée de monter une agence d’événementiel et, surtout, une application mobile consacrée au lifestyle et à la mode. Une pluralité d’entreprises à l’image, justement, de leurs idoles, les sœurs Kardashian, dont l’empire doit beaucoup à la téléréalité et… aux réseaux sociaux. Mais quand on les interroge sur la source de leurs revenus, elles bottent en touche.

Une e-réputation transnationale
Cette surprenante notoriété leur vaut aussi quelques rumeurs rocambolesques : un ministre sénégalais aurait proposé à Diaba 1 million de FCfa afin de s’attirer ses faveurs, Moussou aurait été arrêtée à Dakar pour trafic de drogue… Mais le clan Sora fait fi des critiques et de ce qu’il assimile à des ragots, parfois relayés par des médias du pays.

Les sœurs Sora ne sont, cependant, pas les seules jet-setteuses à occuper le terrain des réseaux sociaux au Mali. La fratrie doit, en effet, se frotter à la concurrence de Dede Poulo. Aussi présente sur Snapchat, cette dernière comptabilise plus de 60.000 followers sur Instagram et près de 35.000 abonnés à son compte Facebook personnel.

 

Crédité sous le nom de Aziz Diop Mambéty, de son vrai nom Aziz Diop, guitariste du fabuleux West African Cosmos au milieu des années 70, rat de studio connu pour ses audacieuses collaborations (la bande son du film Hyènes, réalisé par Djibril Mambety Diop, un album avec la chanteuse Amina, entre autres aventures), Wasis l'élégant s'inscrit dans une grande tradition d'artistes voyageurs qui savent apporter à la fierté des sons du terroir d'origine la force du monde qui les nourrit. Certains le voudraient rock, d'autres l'affirment très world. Lui s'estime avoir le droit d'être un Lébou du Sénégal à la recherche d'une nouvelle tradition musicale urbaine... qui murmure l'universalité du monde. Il a plusieurs albums de styles différents, tirés de la synthèse des cultures africaines et autres. D'origine sénégalaise, la musique pour le cinéma et la télévision représente une grande partie de sa production. Il a écrit depuis 1992, la musique de plus d'une dizaine de films africains dont : « Hyènes », « TGV », « la Petite vendeuse de soleil », « Le prix du pardon », « Les couilles de l'éléphant »… « Dans cette vie, rien n'est statique... Le seul danger est de ne pas s'adapter, de ne pas voyager, de rester au même endroit, musicalement ou spirituellement. Notre réponse en tant que musiciens est d'aller de l'avant », se résume-t-il.

Brillant mélodiste
L'aura de Wasis Diop en fait un compositeur recherché jusqu'à Hollywood, depuis qu'en 1999, sa chanson Everything (is not quite enough), est venue habiter l'écran le temps d'une scène du remake de L'Affaire Thomas Crown, avec Pierce Brosnan. Film parfaitement dispensable, mais musique obsédante, capable de supplanter les images chez le spectateur. De fait, dans ce gros budget américain comme dans des œuvres plus intimes, les musiques de ce brillant mélodiste impriment leur marque, installant une atmosphère de quiétude, mais imprimant dans la mémoire autant de photographies sonores.

Musicien de la joie de vivre
Wasis Diop chante le plus souvent en wolof, une des langues du Sénégal. Il se réfère au principe du poète président Léopold Sédar Senghor : savoir d'où l'on vient et ce que l'on peut apporter au monde. Album après album, depuis « Hyènes », son chef-d'œuvre en 1992 qui accompagne le film de son frère Djibril Diop Mambéty et lui a permis de signer chez Universal Music, il transcende la beauté de cette langue, en fait ressortir l'intime profondeur de « sa voix primitive », selon l'expression d'un ami musicien. Avec le raffiné « No Sant », en 1995, puis avec « Toxu », et son « tube » multidiffusé « Samba le berger », sur les mésaventures d'un sans-papiers, en 1998, enfin avec « Judu bék », en 2008, resté injustement confidentiel alors que le titre, qui signifie « joie de vivre », tient largement sa promesse. En 2014, Wasis Diop a ajouté à cette collection un autre album aussi somptueux que passionnant : Séquences, première rétrospective de musiques de films jamais proposée par un Africain (chez Grounded Music).

 


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