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Soleil Grand Air (478)

Le chapeau est bien en vogue. Il est devenu presque indispensable pour se protéger de la chaleur qui sévit en cet été. Il domine la mode et orne le décor dans les grands magasins de vente d’habillement.

Le chapeau, ce couvre-chef devenu accessoire de mode fascine ses usagers. Ainsi, en cette période de canicule, il marque la tendance. Il existe en plusieurs formes et différentes couleurs. Il y a le chapeau en paille ou panama qui est le plus prisé en cet été car il est assez léger. Il donne un style soigné et permet de se protéger contre les rayons de soleil. Et quel que soit votre style, le port de ce chapeau vous apportera forcément une touche d’originalité. Ainsi, chez les hommes comme chez les femmes, son port peut révéler un statut particulier. Il dévoile votre personnalité. Il y a aussi le chapeau en daim qui s’adapte plus à la fraîcheur. Celui-ci est plus usité pendant l’hiver du fait qu’il est un peu lourd. Il n’est pas assez indiqué pour l’été.

Au marché Sandaga, les vendeurs de chapeau affirment qu’en cette période, leurs affaires marchent bien. Le commerce est plus rentable car la demande est plus forte. La vente marche bien surtout en ce qui concerne les capuches en paille. Elles sont utilisées pour se protéger contre des rayons du soleil.

Les femmes dominent la clientèle. Rencontrée dans un grand magasin de vente de vêtements au marché Sandaga, Fatou, une adepte du chapeau explique l’utilité de cet accessoire. « Je le porte pour me protéger de la chaleur. Il est très pratique et rime avec la mode. En plus, le port du chapeau rehausse la personnalité », nous dit-elle, tout en continuant de marchander pour en acheter un. Finalement, elle se désiste et décide d’aller s’en procurer chez les marchands ambulants. La raison : le prix y est moins cher.

Selon les commerçants parmi les clientes, les Ivoiriennes, les Camerounaises et autres étrangères sont plus tentées par cet accessoire. Quant aux Sénégalaises, elles ne portent le chapeau que quand elles vont à la plage. Alors que les autres le mettent couramment pour se promener ou se protéger du soleil. « Actuellement, la vente des chapeaux marche bien. La clientèle est dominée par les femmes. Les hommes achètent rarement. Et même s’ils viennent s’en procurer, c’est pour les offrir aux femmes. C’est pourquoi, je ne vends que des chapeaux de femmes ». Dixit Daouda Ndiaye, vendeur ambulant de chapeau au marché Sandaga. Il précise également que les prix ne sont pas fixes, ils dépendent du profil de la cliente. Cependant, le chapeau en daim est toujours plus cher que celui en paille.

Le chapeau est un couvre-chef devenu un objet de mode conservant toute son utilité. C’est aussi un accessoire permettant d’afficher sa stature sociale. Ceci, parce qu’il était souvent porté par des gens appartenant à des classes sociales plus ou moins aisées. Le chapeau se distingue également des autres couvre-chefs par la matière qui le compose : le feutre. Il est ainsi composé de deux parties : le bord et la forme. En cette saison hivernale, le chapeau permet de se protéger contre les intempéries.

Les chapeaux en paille ne sont pas seulement en mode pour les femmes qui vont à la plage ou à la promenade. Les paysans aussi l’utilisent pour se protéger du soleil dans les champs, en cette période de canicule.

Par Abba BA (stagiaire)

L’été rime avec chaleur, légèreté. Place aux couleurs douces, sans oublier les incontournables comme les lunettes de soleil. Zoom sur cet accessoire qui, en plus d’être indispensable pour se protéger du soleil, souligne un style au gré de la saison.

Les grandes vacances sont, pour certains, synonyme de grand ciel bleu, des sorties à la plage, mais aussi de nouvelles tendances vestimentaires. Le maître-mot, c’est plus de fun, plus de légèreté sur les tenues. Le tout, accessoirisé par les incontournables lunettes de soleil. Avec une touche glamour, ces dernières occupent une place de choix dans la mode en cette période particulièrement chaude. Elles sont prisées pour le double rôle qu’elles jouent. En plus d’être un instrument nécessaire pour se protéger contre les rayons de soleil, elles donnent un style de mode unique. Les lunettes de soleil existent en plusieurs formes, et celles rondes aux contours dorés sont actuellement les plus prisées dans le marché. Selon les nombreux usagers, cette forme de lunettes qu’on appelle communément « Ray-Ban » est très pratique car elles sont efficaces contre les rayons solaires, le vent mais aussi constitue un accessoire de beauté. Il y a aussi les lunettes à effet de miroir qui contribuent à réduire l’éblouissement tout en donnant un style unique à toutes les tenues, et également les lunettes miroir à montures roses de forme ovale. La particularité de ces deux types de lunettes réside dans le fait qu’elles sont à la fois utiles et esthétiques. Elles s’adaptent à tous les ports vestimentaires. Elles vont aussi bien avec les tenues traditionnelles comme les grands boubous qu’avec celles modernes comme les mini-jupes, les petites robes et autres.

Au marché Sandaga, les vendeurs de lunettes sont aux anges. Les produits s’écoulent très vite. La demande est très forte. La gente féminine, principale adepte de ce look, domine la clientèle. Rencontré dans les rues de Sandaga, un vendeur ambulant liste les lunettes en mode et donne les prix. « Ce sont les « Ray-Ban » de couleur dorée qui sont en vogue pour cet été. Ce sont elles que les jeunes filles portent. Les prix varient entre 1.000 et 2.000 FCfa », lance-t-il, avant d’être aussitôt interrompu par une cliente qui réclame les mêmes formes de lunettes. Elle se nomme Kiné. Vêtue d’une petite robe rose, une perruque de greffage sur la tête, Kiné, son éventail de plumes à la main, achète ses « Ray-Ban » après un bref marchandage avec le vendeur. « Elles sont jolies et sont pratiques pour se protéger du soleil », nous dit-elle avant de se précipiter pour entrer dans le bus qui vient juste de s’arrêter.

Du côté des grands magasins spécialisés dans ce domaine, c’est la même ambiance qui règne. Les clients sont au rendez-vous. Ablaye Ndiaye tient sa boutique de lunetterie dans ce marché depuis 2007. Calme, le visage serein et bien accueillant, il pense que même si l’été est une saison où la vente des lunettes marche bien, il n’en est pas moins pour les autres saisons. Il suffit juste d’adapter les articles selon les périodes. Car il y a pour chaque saison des modèles qui conviennent. C’est pourquoi, dans sa boutique, il essaie d’adapter ses offres suivant les saisons et les types de clients. Chaque saison, il y a des modèles adaptés.

Mais ici, les prix sont plus élevés par rapport à ceux des marchands ambulants. Pour ainsi se procurer des lunettes dans ces magasins, il faut débourser entre 5.000 et 15.000 FCfa. Effet de mode ou utilité, les lunettes de soleil sont bien en vogue !

Par Abba BA (stagiaire)

Lire, lire, lire et rien de plus ! C’est le quotidien d’Issa Garba Amadou, un passionné de la lecture qui n’hésite pas à mettre la main dans la poche pour se faire plaisir.

Elle nourrit son esprit et lui procure du plaisir. La lecture occupe une place importante dans la vie d’Issa Garba Amadou. « Il passe toute la nuit à lire. Il aime lire », témoigne une de ses amis du département de Philosophie à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Dans l’étroite chambre qu’il loue à la Gueule Tapée, non loin de la Cité Aline Sitoé Diatta ex Claudel, de nombreux livres sont superposés à même le sol. Ce sont ceux qu’il lit quotidiennement : une vingtaine. Les autres ouvrages sont entassés dans des valises, et ses habits suspendus dessus. Un non habitué des lieux trouverait bizarre la manière dont sa chambre est rangée, mais lui, s’y sent à l’aise. Dans son univers, le livre prime sur tout.

A la bibliothèque universitaire, il dévore les ouvrages. La ration quotidienne est de cinq à dix livres. Le quinquagénaire nigérien à la silhouette frêle ne pratique pas n’importe quel type de lecture. Pour lui, c’est la lecture professionnelle. La gestuelle pondérée, Garba dépose ses lunettes et avance lentement devant le tas d’ouvrages tout autour du lit. Il cherche un ouvrage parmi ses livres de chevet. Celui qui lui a permis de connaître tous les « secrets » de la lecture et de l’écriture. C’est le livre du Pr Djibril Samb intitulé « Manuel de Méthodologie et de rédaction bibliographique ». « Il y a deux types de lecture. Celle que pratiquent les amateurs et celle professionnelle. Par exemple, quand je lis mon journal, chaque matin pendant 30 à 40 minutes, cela me donne du plaisir et en même temps, je m’informe. Mais j’ai dépassé ce type de lecture. Maintenant, je pratique la lecture professionnelle parce qu’elle est celle académique, celle de la recherche. C’est également la lecture utilitaire. Donc différente de celle en amateur qui n’est pas méthodique », explique Garba, avec passion. Un type de lecture qu’il affectionne par-dessus tout, car, dit-il, « cela me permet de progresser dans mes études et dans la vie de tous les jours. Elle conduit également à des écrits ».

Sa passion pour la lecture commence dès l’école primaire dans les années 1960, quand il a eu l’opportunité d’accéder à la bibliothèque du Centre culturel franco-nigérien avec une carte de lecture à 100 francs le mois. C’est de là qu’est né son goût pour la lecture.

Quand il s’agit d’acquérir des livres, Issa Garba Amadou ne lésine pas sur les moyens. « Depuis mon arrivée au Sénégal, j’ai dépensé plus d’un million de FCfa pour l’achat de livres. Pour moi, cela n’a pas de prix, le savoir non plus », poursuit-il, l’air fier. A chaque fois qu’il a de l’argent, la première des choses à faire, c’est d’aller à la librairie. Il s’intéresse également aux livres d’occasion car « en général, on y trouve des ouvrages rares et qu’on a même parfois du mal à trouver dans les librairies », dit-il. C’est ainsi qu’il s’est constitué sa bibliothèque.

Un « vieux » étudiant
Son autre passion : la philosophie. Et c’est ce qui l’a amené au Sénégal. Après une maîtrise dans ce domaine, il désirait se rendre en Belgique poursuivre ses études. Mais faute de moyens, il choisit le pays de la Téranga. Un choix qu’il ne regrette pas, car il s’est beaucoup amélioré et s’apprête à s’inscrire pour la thèse de doctorat au département de Philosophie à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. D’ailleurs, il dispense des cours de philosophie au groupe scolaire la Maïeutique des Parcelles assainies. Au Niger, après l’obtention de son diplôme du Bfem, il se lance dans l’enseignement pendant des années abandonnant ses études avant de décrocher le Bac en étant candidat libre. C’est ce qui explique le fait qu’il soit aujourd’hui un « vieux » étudiant.

Deux livres l’ont particulièrement marqué : « Le Discours de la méthode » de René Descartes et « La République » de Platon. Pour le premier, au-delà de la dimension rationnelle, Descartes a essayé de montrer que sans méthode, on ne peut rien faire. Pour le second, parce que c’est un ouvrage qui a été écrit depuis longtemps mais qui est toujours d’actualité. Il pose un problème de justice qui, d'ailleurs, est un thème qu’on ne peut jamais épuiser.

A présent, il lit surtout des ouvrages philosophiques mais pas que, puisqu’il y a des ouvrages littéraires qui ont des liens avec la philosophie. « L’Aventure ambigüe », par exemple de Cheikh Hamidou Kane dont certains pensent que c’est un ouvrage uniquement littéraire, a une dimension philosophique. Il y a également les ouvrages d’Amadou Hampâté Bâ », précise Garba.

Par Alioune Badara Diatta (stagiaire)

Modou Fall est un jeune tailleur qui a terminé sa formation il y a juste un an. Son quotidien se résume à courir d’atelier en atelier pour travailler comme journalier. Il fait du « khar matte » (travail supplémentaire) et en cette période de préparation pour la Tabaski, il n’a plus le temps de se reposer.

Calme, le visage serein, malgré son jeune âge (20ans), Modou Fall inspire responsabilité. Vêtu d’un pantalon noir, tee-shirt bleu, un long collier blanc autour du cou, il est derrière sa machine à coudre, entouré des coupons de tissus de toutes sortes. Depuis son arrivée à 10h, il a les pieds sur les pédales de sa machine sans arrêt. Sur la table, un ensemble wax, une paire de ciseaux à côté, sa main droite sur la machine et sa gauche tient le tissu. Il coud une tenue « taille-basse » wax garnie à la dentelle pour une cliente. Toute la journée, il se met la pression pour travailler très vite et avec efficacité. La raison : terminer très vite dans cet atelier pour aller guetter ailleurs. Il veut aussi gagner la confiance de ses différents employeurs pour trouver facilement du travail après les fêtes.

Dans ce petit atelier qu’il partage avec un autre tailleur, le désordre est total. Les morceaux de tissus jonchent le sol. La chaleur est étouffante. Malgré tout cela, la concentration est au bon point. En cette période de préparation pour la Tabaski, Modou ne dort plus. Il saisit toutes les occasions pour gagner davantage d’argent et mieux prouver qu’il est talentueux. « Je suis jeune et ambitieux. Je suis nouveau dans ce métier. Avant, j’étais simple apprenti, mais maintenant que je travaille, je dois prouver que je suis talentueux », explique-t-il, les yeux rivés sur sa machine.

N’ayant pas les moyens pour ouvrir son propre atelier de couture, le jeune Fall fait des va et vient chez les couturières pour travailler comme journalier. Dans cet atelier à Dieuppeul, il est payé 3.500 FCfa la journée. Après sa descente à 19h, il continue chez d’autres couturiers du quartier pour travailler jusque tard dans la nuit avant de rentrer chez lui à Yoff aéroport. « Je n’ai pas d’heures de repos, je fais du « khar matte ». Je saisis toutes les occasions. C’est maintenant que je dois préparer mon avenir », affirme-t-il, l’air sérieux.

Ils sont nombreux à l’image de Modou à terminer leur formation sans avoir les moyens d’ouvrir leur propre atelier. Pour ne pas rester au chômage, ces jeunes tailleurs font ce qu’ils appellent le « khar matte ». C’est-à-dire il court d’atelier en atelier pour travailler soit comme journalier soit comme employé. Ils font ainsi l’affaire des dames et autres promoteurs de mode qui investissent dans ce secteur sans maîtriser le métier.

En le regardant faire son travail, on remarque aussitôt sa passion pour la couture. Avec une énergie débordante, le jeune Modou travaille avec vivacité. Il ne participe point à la discussion qui s’anime autour de lui. Malgré la chaleur étouffante à l’intérieur de leur étroit atelier, il reste bien concentré. « Je ne veux pas me tromper. Quand on me confie un travail, je le fais bien. En plus, je ne veux pas faire des erreurs. Cela peut occasionner des problèmes avec la patronne », avance-t-il.

N’ayant pas eu l’occasion de faire des études, le natif de Gade Ndiaye (un village du département de Tivaouane) a choisi Touba pour apprendre la couture. Après avoir bien maîtrisé les techniques, il décide de venir à Dakar pour chercher du travail. Avant d’atterrir à Dieuppeul, il était au marché Hlm où il exerçait le même métier pour les couturières. Mais, ne trouvant pas assez rentables leurs rémunérations, il décide de faire l’expérience dans d’autres quartiers où le salaire est plus conséquent et les patronnes plus sérieuses. Modou veut profiter de la rentabilité de son métier en cette période de fête pour gagner le maximum d’argent et célébrer la cérémonie traditionnelle de son mariage. En effet, ce-dernier a déjà été scellé à la mosquée. Il ne reste que cette étape pour que son épouse le rejoigne dans son domicile. C’est pourquoi il court d’atelier en atelier et consacre toutes ses heures libres au travail.

Cependant, les ambitions de Modou vont au-delà de trouver un emploi garanti à Dakar. Son objectif est d’y ouvrir son propre atelier. Faute d’électrification, il ne peut pas exercer son métier dans son village, Gade Ndiaye.

Par Abba BA (stagiaire)

À Lalane, village situé à quelques encablures de Thiès, la vannerie occupe une bonne partie de la population. Elle contribue fortement à l’essor de la localité. Cette technique artisanale, une tradition transmise de génération en génération, constitue un passage obligé pour de nombreux jeunes. Philippe Wade s’est très tôt frayé un chemin dans la vannerie. Depuis 1986, il exerce cet art et vit grâce à l’agilité de ses doigts. Aujourd’hui, il s’emploie à perpétuer le riche legs artisanal et à le vulgariser.

Difficile de rencontrer à Lalane un adulte qui n’est pas passé par la vannerie. Dans ce village où le rônier constitue une richesse pour les riverains, cet art ancestral qui demande savoir-faire, patience et imagination constitue un repère identitaire. Beaucoup de familles tirent leurs revenus de cette activité qui mobilise femmes, hommes et jeunes de tout âge.

Depuis des années, Lalane est devenu un centre important de production de vannerie. Un tour sur les lieux donne un aperçu de la richesse de ce secteur. Les produits de ce terroir ont gagné une réputation qui a traversé les frontières de la région de Thiès. Et malgré l’absence de politique de promotion, Lalane reçoit parfois des touristes qui viennent admirer le savoir-faire des artisans locaux et achètent quelques produits.

La vannerie, Philippe Wade l’exerce depuis plus de trente ans. L’école ne lui ayant pas trop réussi, il a trouvé une alternative dans cet art traditionnel. « Je suis là-dedans depuis 1986 et je n’ai fait que ça dans ma vie », se rappelle-t-il. Le virus, il l’a attrapé en travaillant avec son père et divers artisans qui perpétuaient ce savoir-faire avec la même passion. Puis, il s’est amélioré au contact d’autres artisans très doués qui lui ont, petit à petit, transmis beaucoup de connaissances.

Pour Philippe Wade, la vannerie est une tradition bien gardée et savamment entretenue dans cette localité. « Lalane est célèbre pour ses paniers. La qualité est aussi à Lalane », précise-t-il.

Les longues années d’apprentissage lui ont permis d’acquérir une solide expérience lui permettant de s’adapter à chaque demande. Le tissage demande des heures de travail assidu. Mais Philippe est maintenant bien rodé. « Je me suis spécialisé dans le tissage de paniers et de corbeilles de fruits. Chaque jour, je travaille de 9 à 17 heures et mes activités se déroulent toujours de la même façon », explique Philippe qui s’épanouit dans son métier et s’active quotidiennement dans son atelier sis dans sa maison.

Comme beaucoup d’artisans vanniers de la contrée, Philippe vit de ses mains. Agiles, précises et adroites, elles constituent sa principale richesse et lui permettent de réaliser de jolis paniers de divers formats, façonnés avec passion et l’amour du travail bien fait. Avec beaucoup de créativité, il fait naître entre ses doigts agiles de sublimes gammes de paniers et corbeilles que s’arrachent les femmes qui se font un plaisir de les revendre. Et au gré des tendances, cet homme ne rechigne jamais à s’adapter aux goûts de sa clientèle locale ou de passage.

« Des fois, il m’arrive d’innover et de proposer de nouveaux produits parce que les choses évoluent et les gens ont besoin de nouveautés. Dans le tissage, les possibilités de création sont illimitées, donc il faut toujours créer pour espérer avoir des clients. Ce métier exige beaucoup de créativité. On est donc obligé de suivre la tendance », note-t-il. Le nombre de paniers qu’il fabrique quotidiennement varie d’un jour à l’autre. « Ici, on travaille de manière très informelle. On ne se fixe pas d’objectif, mais ce métier est très exigeant et pour que ce soit rentable, il faut produire beaucoup et vite », assure-t-il.

Ses produits, Philippe les vend aux femmes de la localité. Mais de temps en temps, il reçoit beaucoup de commandes venues d’ailleurs. « Il arrive des périodes où on est très sollicité. Donc, j’essaie tant bien que mal de répondre à la demande et aux goûts de mes clients qui sont à Dakar, Mbour, Kaolack et aussi à Thiès. Et ils sont toujours satisfaits de mon travail », fait savoir Philippe.

Maître dans l’art du tissage
Cette activité, Philippe la juge très rentable puisque, dit-il, il parvient à tirer son épingle du jeu. Pendant les périodes fastes du tourisme, se rappelle-t-il, il lui arrivait d’aller à la station balnéaire de Saly et quelques zones touristiques de la Petite Côte pour monter des cases, ou faire de la décoration dans certains hôtels et restaurants. Mais avec la crise qui plombe le secteur depuis plus d’une décennie, Philippe n’a plus gagné de marché. Il s’est confiné dans son village où il se consacre exclusivement au tissage de paniers.

Pendant le mois béni du Ramadan, nous dit-il, la vannerie a connu une période très faste. « On a confectionné beaucoup de corbeilles qui se sont vendues comme de petits pains. Il y avait un rush ici. Les gens venaient de partout pour en acheter. C’était extraordinaire », se rappelle-t-il.

Devenu maître dans l’art du tissage de paniers et corbeilles, Philippe n’hésite pas à ouvrir les portes de son atelier aux novices qui s’intéressent à ce métier pour leur livrer les secrets de son savoir-faire. « J’ai un enfant qui est en classe de sixième, mais pendant les vacances scolaires, il vient m’aider. La vannerie, c’est un métier qui s’acquiert avec de la patience, de l’observation et de la volonté. J’essaie de lui inculquer tout cela ». Ainsi, Philippe qui pense déjà à la relève transmet à son fils les notions indispensables pour avoir le doigté et le coup de main nécessaires qui pourraient lui servir plus tard. Toujours dans la transmission de son savoir, Philippe a aussi participé à la formation d’artisans venus de la région de Tambacounda. Tout comme à celle de l’École américaine de Dakar, dont les élèves étaient venus à Lalane pour un apprentissage.

Par S. O. F.

Historien, écrivain, chanteur, batteur et spécialiste en contes et légendes, El Hadji Alé Niang est une vraie bibliothèque ambulante, une mémoire vivante. Ce descendant d’une famille de griots à Gossas, qui a fait 37 ans de carrière dans l’administration sénégalaise, est bien connu des générations du Baol. À 75 ans révolus, ce communicateur traditionnel émérite désigné comme trésor humain de la région de Diourbel suscite respect et admiration à Bambey.

L’homme a des particularités. C’est un serviteur doué, un communicateur hors pair. Un acteur culturel et fonctionnaire à la retraite. Rien ne présageait pourtant une destinée aussi limpide. L’enseignement, l’ingénierie ou une autre corporation pouvait recevoir l’homme. Mais El Hadji Alé Niang a choisi une autre trajectoire. Commis de l’État au sens transversal du terme, Alé Niang a fait 37 ans de carrière dans l’administration sénégalaise avec plusieurs postes de chefs de bureaux, dont celui de gestionnaire à la préfecture de Bambey. Les gouverneurs et préfets qui ont sillonné les régions de Diourbel, de Bambey et arrondissements de l’époque le connaissent bien. 

Descendant d’une famille de griots à Gossas, cet homme de teint noir est né à Sokone, dans les années 1942. Il obtient son premier diplôme de certificat d’études élémentaire à l’école coloniale en 1956. Bien que résident de Bambey, Alé Niang est bien connu des générations du Baol.

Alé Niang, « Pa Alé Niang » pour certains et « Doyen Alé Niang » pour d’autres, a un viatique : celui de servir et de donner le meilleur de lui-même en toute humilité. Alé Niang est un homme multidimensionnel qui suscite respect et admiration. Un historien qui sait lire et écrire. Il surfe aussi bien à l’aise sur les annales orales et monographiques de nos contrées et héros. Cet homme a plusieurs cordes à son arc et reste une bibliothèque ambulante, mieux, un patrimoine humain.

De son verbe, Alé Niang incarne l’intellectuel décomplexé qui manie correctement la langue de Molière. Généreux et courtois, le « sage » se rappelle les épopées historiques où la première brigade de gendarmerie de Bambey était une simple et unique case transportée par sept gaillards de Ngoye (localité située à 11 km) à Bambey. Ou encore des périodes où le Cnra (Centre national de recherches agronomiques) de Bambey était un camp de redressement d’enfants délinquants dans les années 1910, avant de devenir un aérodrome puis une ferme pilote.
L’homme écrit beaucoup. Il est d’un commerce facile, témoin de plusieurs cérémonies et de faits qu’il transmet avec intérêt, tact, et une gestuelle dont lui seul maîtrise les contours.

Toujours en boubou traditionnel, Alé Niang est auteur-compositeur, puisqu’il est l’auteur de « Yéri Niamane », protégé au Bureau sénégalais des droits d’auteur (Bsda), et savamment reprise par Youssou Ndour « Massamba Dièye guedj mamboulane ». « C’est en chantant « Massamba Dièye » à travers les ondes de la Rts, que Youssou Ndour a récupéré la bande et en a fait un arrangement musical. Il a eu l’honnêteté de dire que le chant était composé par Alé Niang de Bambey. Il savait que mes œuvres étaient protégées par le Bsda. J’ai connu la gloire grâce à cette chanson, mais aussi à Nder. J’ai perçu des droits. Par la suite, j’ai rencontré Youssou Ndour qui m’a amené chez lui. J’étais trop fier », raconte-t-il.

« Massamba Dièye » était un conte narré par sa mère. Et cette légende, il l’a adaptée à un contexte bien particulier. « En tant que créateur, je l’ai refait pour galvaniser les gens. J’ai même fait de cette histoire un livre », note-t-il.

Élégant dans sa mise, accrocheur de public et bel orateur, l’acteur culturel est aussi bien à l’aise en chants, théâtre, contes et récits historiques. Les histoires des périodes fastes des provinces de Lambaye, de Thiakar, de Ngoye, des marigots de Sass, du Thiappy, des premiers maires de Bambey nommés par les colonialistes (Dr Babacar Diop, Mahanta Birima Fall, président du tribunal coutumier et deuxième maire de Bambey, Pierre Senghor, etc.) sont racontées par celui qui a failli devenir enseignant.

Les festivals nationaux et régionaux connaissent cet illustre défenseur des arts. Les planches ont feutré ses empreintes d’homme de culture. D’ailleurs, se souvient-il, en 1967, il a conduit la troupe de Bambey pour représenter la région de Diourbel aux phases nationales. Alé Niang est décoré au grade de Chevalier de l’Ordre national du mérite, Chevalier de l’Ordre national des Arts et Lettres, mémoire du trésor humain de la région de Diourbel, spécialiste en contes et légendes, comédien dans le film « Guélewar » de Ousmane Sembène avec comme rôle principal, Ndofféne Ciss. Ses principes : la loyauté, la magnanimité, le courage et l’abnégation. Et il suffit de l’approcher pour constater que ce polygame a le sens des relations humaines.

Un artiste complet
Percussionniste, ce batteur de tam-tam est aussi à l’aise dans son manteau de metteur en scène. « Pa Alé Niang » vient de publier un « Si Yeli Ndiamane était encore là » sous la supervision de l’écrivain Fama Diagne Sène, et un autre sur « la bataille de Diarndem » est en chantier.

Alé Niang est aussi un homme de médias. Il est animateur de radio, relais d’information et producteur à la Radio nationale sénégalaise (Rts) de Diourbel. Parmi les émissions qu’il anime en collaboration avec Samba Awa Ndiaye et Bara Ngom, ses amis et intimes, nous notons « Guew bi », « Kham sa diwan » et « Contes et légendes ». Ces productions sont bien suivies sur la bande FM de Rts Diourbel et dans les profondeurs des régions de Diourbel et Fatick.

Grand paradoxe, Alé Niang est un griot qui galvanise, qui chante des louanges, mais qui ne demande pas et ne quémande pas non plus. Il est trop fier de sa personne pour se rabaisser en tendant la main. À la sueur de son front, il compte sur lui-même, sur son talent et son mérite pour répondre à l’appel de l’honneur.

Son génie de touche-à-tout fait de lui un communicateur émérite. Il rappelle, avec beaucoup d’émotion, le jour où il a distribué son salaire aux artistes après des prestations, acteurs qui lui donnaient tant de soumission et d’écoute, pour rentrer les mains vides chez lui. Il prétexte alors à son épouse avec des pièces de monnaie qu’on lui aurait volé son argent, un geste de solidarité et de générosité qui le caractérise.

Aujourd’hui, soutient Alé Niang, les communicateurs traditionnels sont en train de dénaturer leur fonction. « Un communicateur doit être un acteur de développement, il doit accompagner la communauté autour de l’essentiel, mais aussi être un bon vecteur de développement et vulgariser toutes les bonnes actions des autorités de ce pays », estime-t-il en invitant ses collègues à plus de retenue. « Parler, c’est facile, mais bien parler n’est pas donné à tout le monde », indique-t-il

Un monument parmi les grands mohicans de la culture sénégalaise. Humble et serviable, Alé Niang aime son pays et continue de le servir sans tambour ni trompette.

Par Mamadou Aicha NDIAYE

Quand Michel Sarr prenait les rênes de Pointe Sarène, Ponto selon le nom sérère, en 1984, le village ne comptait que 800 âmes. Plus de trente ans après, ce chiffre est passé à 10.000 âmes. Ce boom démographique est notamment lié aux potentialités halieutiques, agricoles et touristiques de cette localité où vivent en parfaite harmonie, Sérères, Peuls, Mandingues et Wolofs. Ici, les habitants attendent, avec espoir, la construction annoncée de stations balnéaires par la Société d’aménagement de le Petite Côte (Sapco).

Pointe Sarène, à 20 mn de véhicule de Mbour. En ce début de la journée, le village semble encore plongé dans la torpeur matinale. On dirait que les habitants se réveillent à peine. C’est un calme plat qui contraste avec le tohubohu ambiant à Mbour dès les premières lueurs de l’aube. De loin, on entend les vagues paisibles de la mer ; tandis que la brise marine enveloppe le corps. Quelques gazouillements d’oiseaux impertinents viennent perturber, de manière sporadique, le silence qui prévaut à la vaste place du village. Pourtant, les activités vont bon train. C’est qu’ici, l’essentiel du travail est exécuté à l’extérieur et les habitants se lèvent de très bonne heure pour se rendre sur le terrain. Si certains sont partis en mer en quête de poissons, d’autres sont dans les bassins de rétention d’eau, trois au total, qui ont été aménagés pour les besoins de l’agriculture et du maraîchage. A Pointe Sarène, l’agriculture et la pêche sont les principales activités des populations.

Le chef du village, Michel Sarr, indique la voie à suivre ; lui qui se lève chaque jour à 5 h du matin pour aller s’occuper de ses barrages agricoles. C’est un homme qui croit aux vertus de l’agriculture. Il est encore bien sur ses jambes, malgré la soixantaine. Il a une mine de quadragénaire et un physique toujours athlétique. C’est en 1984, à 28 ans seulement, que le fils de Ngor Sarr a pris les rênes de la localité en tant que chef du village. Au vu de sa jeunesse et de son inexpérience d’alors, Michel Sarr a logiquement hésité avant de se résoudre à occuper le poste aux termes de conciliabules avec ses proches. Et puis, il s’est dit qu’avec la formation en pêche qu’il venait d’acquérir, il pouvait mettre ses connaissances au profit des habitants. Et quoi de plus noble que de se mettre au service de ses proches !

Boom démographique
Michel Sarr chef village Pointe SarèneDepuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. A commencer par la taille démographique du village passée de 800 habitants en 1984 à 10.000 âmes actuellement. Pointe Sarène a grandi très vite. Ses nombreuses potentialités agricoles et halieutiques semblent expliquer ce boom démographique qui fait qu’aujourd’hui le village a la taille d’une commune. Aussi incongru que cela puisse paraître, Pointe Sarène, située derrière Mbour, Warang et Nianing fait partie de la commune de Malicounda. Pour l’heure, la communalisation de Pointe n’est pas une préoccupation majeure des habitants. Michel Sarr reste toutefois convaincu que l’érection de ce gros village en mairie est irréversible.

Parallèlement au boom démographique, la qualité de vie des populations s’est beaucoup améliorée. Grâce à l’entregent du chef du village, Pointe Sarène dispose, d’une école, d’un poste de santé et d’une maternité. Michel Sarr se veut un visionnaire, qui anticipe et prend les devants. « J’ai été le premier à aménager, grâce à des partenaires, un barrage pour investir dans l’agriculture et le maraîchage. Aujourd’hui, nous en avons trois et tout le village y travaille actuellement », dit-il avec fierté. Il pense que l’agriculture, vu les nombreux emplois qu’elle peut générer, est fondamentale dans la prise en charge correcte des besoins alimentaires des populations et le développement de la localité de manière générale.

Surenchère dans l’acquisition du foncier
S’agissant des perspectives, il scrute, avec beaucoup d’espoir, l’avenir de Pointe Sarène. En attendant la mise en œuvre, dans le village, des projets de la Société d’aménagement de la Petite Côte (Sapco) relatifs aux stations balnéaires, Michel Sarr dit avoir déjà anticipé en se lançant dans des projets touristiques. Avec ses belles plages, son sable fin et mouvant et ses eaux poissonneuses, Pointe Sarène regorge incontestablement de nombreuses potentialités touristiques. D’après lui, les populations attendent avec impatience et espoir la construction annoncée des sites balnéaires par la Sapco.

Sous un autre rapport, l’annonce de la promotion de stations balnéaires dans la localité a créé une surenchère dans l’acquisition des titres fonciers. « Ici, les terrains coûtent de plus en plus cher. Certains achètent des terrains non pas pour habiter mais juste pour les revendre à des prix record », nous dit le fils du chef du village. Et cette tendance à la hausse devrait aller crescendo !
Comme toutes les localités côtières, Pointe Sarène n’est pas épargnée par le phénomène de l’érosion. Ici aussi, la montée du niveau de la mer est une réalité. Autre inquiétude qui gagne les habitants, les poissons se raréfient. « Vers les années 80, il y avait toutes les espèces de poissons dans nos eaux. Il suffisait d’attendre que la mer se retire de son lit pour ramasser les poissons. Avec peu d’efforts, on pouvait avoir une marmite de poissons », se rappelle, un brin nostalgique, le chef du village. Il ajoute qu’après la décrue, les langoustes étaient un peu partout sur la plage. Aujourd’hui, cela n’est plus qu’un vieux souvenir. A Pointe Sarène, à l’origine un village de pêcheurs, les ressources halieutiques deviennent de plus en plus rares et les pêcheurs sont obligés de parcourir plusieurs kilomètres en haute mer pour réaliser des prises. « A notre époque, la pêche était saisonnière, il y avait beaucoup de poissons. Pendant l’hivernage, personne n’allait en mer pour pêcher. Toute cette période était consacrée à l’agriculture seulement », se souvient le vieux Raymond Dione.

Pointe Sarène SénégalMichel Sarr estime que le déficit de poissons ainsi que la disparition de certaines espèces sont liés, en grande partie, à la pêche illicite et à la surpêche. Il plaide pour l’effectivité des mesures relatives au repos biologique. Cela devrait, à son avis, permettre aux espèces de se reposer, se démultiplier et à terme de développer, à nouveau, la pêche. Entre autres préoccupations des habitants, le bitumage de la route latéritique jusqu’au goudron qui mène vers Nianing et Mbour.

Fondé par Mbode Sarr, l’ancêtre de l’actuel chef de village, Pointe Sarène ou Ponto, selon le nom sérère, accueille actuellement plusieurs ethnies. Outre les Sérères, le peuple autochtone, des Mandingues, des Peuls et des Wolofs y vivent dans une belle harmonie. Selon Michel Sarr, le nom du village serait lié à une déformation en forme de pointe causée par l’avancée de la mer. La défiguration est visible depuis sa vaste villa en bordure de mer. Village traditionnel à l’origine, Pointe Sarène a vu, aujourd’hui, ses us et coutumes profondément remises en cause par la modernisation, l’urbanisation mais aussi la religion musulmane qui y est pratiquée par 95% des habitants. Le vieux Raymond Dione se rappelle avoir passé un mois dans la case des hommes pour les besoins de son éducation de base, son apprentissage de la vie, à travers devinettes et autres supplices corporels. De même, il souligne que jadis, des cérémonies de divination étaient organisées régulièrement dans le village. « Aujourd’hui, tout cela a disparu », constate-t-il. Avec Somone, Mbour, Saly, Nianing etc ; Ponto fait partie des localités où le mariage mixte est devenu un véritable phénomène social.

A l’image de beaucoup de villages sérères, Pointe Sarène est une localité de lutteurs. L’un des plus célèbres parmi la jeune génération reste Moussa Ponto qui fut un grand ambassadeur de cette bourgade.

Par Babacar DIONE et Djegane SARR (textes) et Abib DIOUM (photos)

Last modified on vendredi, 07 juillet 2017 16:23

La glycémie, le contrôle du niveau de sucre dans le sang est une tâche pénible et répétitive pour les personnes souffrant de diabète. E-Mosquito, un wearable actuellement en développement vise à leur simplifier le quotidien.

e-Mosquito vous pompe le sang
Le moustique électronique (E-Mosquito) en français. Tel est le nom choisi par l’université de Calgary au Canada pour un nouveau wearable qui envisage de révolutionner la façon dont les diabétiques contrôleront leur glycémie (le taux de sucre dans le sang). Pour eux, il s’agit d’une obligation. Hypoglycémie (pas assez de sucre) ou hyperglycémie (trop de sucre) peuvent avoir de sérieuses conséquences sur leur santé à court terme mais aussi à long terme.

Ils doivent donc se piquer avec de petites aiguilles plusieurs fois par jour. E-Mosquito prend la forme d’un wearable, comme une montre connectée permettant de contrôler, à n’importe quel moment, le taux de sucre de façon moins invasive.

On peut regretter le choix du nom, après tout on associe rarement le moustique à quelque chose de positif. Mais il semble pourtant terriblement bien adapté. Son concept est simple. L’appareil peut prendre sur simple demande un échantillon de sang et l’analyser. Le résultat est ensuite envoyé sur un smartphone. E-Mosquito peut aussi être programmé pour faire des tests à des heures précises. L’aiguille du test se change avec une petite recharge. Pour l’instant, ce projet est encore loin d’être commercialisable mais alors qu’ils travaillent dessus depuis plus de 10 ans, les progrès réalisés sont significatifs. L’objectif est aussi d’avoir un usage au-delà du diabète, pour la détection du cancer ou de problèmes génétiques. Une ambition qui s’inscrit clairement dans la tendance actuelle de détection de maladies grâce aux objets connectés.

Le diabète, un marché potentiellement très lucratif
En apparence, on pourrait penser qu’il s’agit d’une véritable niche commerciale. Mais dans les faits, le marché est immense et les projets se multiplient ces derniers mois. Avec 415 millions de personnes victimes de diabète à travers le monde, les entreprises ont conscience du potentiel. Comme nous vous l’expliquions il y a quelques semaines, les objets connectés peuvent leur venir en aide de multiples manières. Faciliter les piqûres, éviter les risques d’amputations ou encore anticiper son apparition sont autant de solutions sur lesquelles travaillent actuellement les entreprises et scientifiques. Ils sont, en cela, appuyés par des malades très impliqués et surtout très connectés. Selon les projections, le nombre de diabétiques devrait exploser dans les prochaines années donc le phénomène devrait aller en s’amplifiant.

Topsanté

Quelle importance accordons-nous au sourire ?
Cette information n’est plus forcément d’actualité, mais les Français ont un temps figuré parmi les plus gros consommateurs mondiaux d’antidépresseurs. Même si ce n’est plus le cas, cela ne signifie pas que la consommation actuelle n’est pas problématique. Le fait est, que le sourire n’est pas forcément la chose la plus courante en France ! Une erreur fondamentale.

De belles dents pour avoir confiance en soi
Ce n’est pas pour rien si de nombreux parents font appel à des professionnels, comme ici, pour corriger le positionnement des dents de leurs enfants. A l’âge adulte, le sourire est une arme de séduction massive. Les stars de cinéma ont ouvert la voie : avec leur bouche parfaite, Brad Pitt et Tom Cruise en ont fait tomber plus d’une.

De manière générale, une bonne présentation pèse considérablement sur l’estime personnelle. Faire de l’effet en souriant est aujourd’hui aussi important qu’être bien habillé, entretenir son corps et soigner sa chevelure. En étant confiant dans leur apparence, les hommes comme les femmes gagnent en assurance, osent agir davantage, et sont au final plus heureux. Ils sont aussi plus convaincants et leurs interlocuteurs ont tendance à les trouver plus charismatiques.

Trop souvent fragilisée par les angoisses et le stress quotidien, la santé psychologique ne peut pas se passer du moindre coup de pouce. Gagner en confiance par ce biais serait donc en partie la solution à de nombreux problèmes personnels.

Le phénomène des bars à sourire
On y pratique tout simplement un blanchiment des dents, sans avoir à passer par un rendez-vous chez le dentiste. Le processus dure une quinzaine de minutes et coûte généralement autour de 80€. Il passe par trois étapes :
• Lavage des dents
• Application d’un gel composé de peroxyde d’hydrogène
• Exposition de la mâchoire à des rayons UV

Une seule séance n’est bien sûr pas suffisante. Il faut répéter la manœuvre à intervalles réguliers, environ une fois par trimestre. Cette prestation semble donc facile d’accès et peu contraignante.

Mais l’Ordre national des chirurgiens dentistes met en garde les clients potentiels contre les risques d’une telle pratique. Des soucis dentaires tels que des caries ou une salive plus acide que la moyenne peuvent provoquer des dommages irréversibles et peu esthétiques.

L’impact positif sur la santé
Le blanchiment est une technique médicale qui réclame un diagnostic professionnel (comme on peut le voir sur ce site). Or, le personnel de ces bars atypiques n’est pas qualifié pour procéder à une telle analyse. Se faire blanchir la dentition pour se sentir mieux est une chose, risquer l’effet inverse et plomber sa confiance en soi en est une autre. Mais l’estime personnelle n’est pas la seule à être influencée lorsque vous souriez. Ce mouvement des lèvres et des zygomatiques si simple à réaliser libérerait des endorphines. Ces neurotransmetteurs procurent une sensation de bien-être et d’optimisme qui contribue à améliorer l’équilibre psychologique. On pourrait donc dire que le sourire n’est pas une conséquence du bonheur, mais en est à l’origine !

Mais ce ne sont pas les seuls bienfaits dont vous profitez lorsque vous souriez. En effet, cela permet également de stimuler votre système immunitaire, tout en améliorant l’oxygénation des cellules. D’autre part, la tension artérielle bénéficie elle aussi de ce simple geste, puisqu’il contribue à la faire diminuer.

En faisant travailler les muscles de votre visage, il aide également à dissiper les rides. De fait, plus vous souriez, plus vous paraissez jeune. Vous n’aurez donc pas besoin de vous faire injecter du botox sous l’épiderme, et ne serez pas concerné par la chirurgie esthétique et ses nombreux travers.

Topsanté

Last modified on vendredi, 07 juillet 2017 16:32

Gestionnaire de fortune, Nicolas Pyrgos veille sur plus de 300 millions d’euros confiés par des clients à 80 % africains.

Nicolas Pyrgos aime le risque. Pas pour ses clients, mais pour lui. Passé par les plus grandes banques helvètes, il pourrait y être encore aujourd’hui, à contempler la progression des chiffres sur les marchés africains dont il avait la charge au sein de ces vénérables institutions. Sauf que ce financier aux trois passeports – français et suisse par sa mère, chypriote par son père – n’a de cesse de vouloir repousser les frontières. En 2012, il part donc du Crédit suisse pour lancer sa propre société de gestion de fortune, une activité financière qui, à de très rares exceptions près, ne se trouve qu’en Suisse. « Notre mandat se limite au conseil et à la gestion des biens de nos clients. Nous ne sommes pas une banque. L’argent de nos clients est déposé en sécurité dans des établissements de premier ordre. Nous agissons en multi-family office », explique Nicolas Pyrgos, qui estime « qu’un quart des actifs privés placés en Suisse est géré par ce système ». La formule rencontre, en effet, un succès certain auprès d’une clientèle internationale avide de faire les meilleurs placements tout en s’émancipant des banques.

Reconnu et redouté
Un peu plus de quatre ans après sa création, Emeraude Suisse Capital gère plus de 300 millions d’euros, à travers les portefeuilles de 115 clients privés, « à 80 % d’origine africaine ». Le continent, Nicolas Pyrgos le découvre à la fin des années 1990, lorsque Sgs, l’ancienne Société générale de surveillance, l’un des leaders mondiaux de la certification, l’envoie en poste en Mauritanie. Il y reste deux ans, avant de rentrer à Genève retrouver le monde financier, qu’il avait déjà côtoyé quelques années après avoir été diplômé par l’Institut des hautes études internationales, « le Sciences-Po suisse ».

Profiter de l’émergence d’une classe moyenne
À 47 ans, le diplomate dans l’âme, devenu un financier reconnu autant que redouté, s’appuie sur son parcours et sur une expertise qu’il a peaufinée tout au long de la dernière décennie pour être aujourd’hui l’un des meilleurs spécialistes de l’Afrique sur la place financière genevoise. Au bon moment. « Il y a encore beaucoup de choses à faire à travers le continent en matière d’organisation des richesses et de gestion des fortunes », assure le patron d’Emeraude Suisse Capital, alléché par les perspectives que laissent présager l’explosion démographique à venir et l’accroissement de la classe moyenne africaine.

Jeune Afrique

Last modified on vendredi, 07 juillet 2017 16:32

Au sobriquet « une ville, deux gares ferroviaires » collé à Thiès, il faut désormais ajouter « la ville du théâtre ». Le succès connu par les troupes Janxène et Soleil levant a entrainé une ruée vers les troupes théâtrales. Des groupes se forment dans les quartiers, surtout dans le nord. La ville totalise une vingtaine de groupes. Tous veulent tirer leur épingle du jeu et bousculer la « hiérarchie », à l’image de Royoukaay.

Royoukaay, la troupe montante du théâtre national, cartonne en ce moment dans une télévision de la place grâce à son célèbre sketch « Keur gui ak koor gui ». Dans son antre thiessois, le groupe a transformé la vaste demeure du réalisateur Bachir Kane en une salle de spectacle. L’ambition de Diop Fall et sa bande est de suivre les traces de Soleil Levant, voire de porter plus loin le théâtre thiessois.

Le mois de Ramadan rime avec sketchs à la télévision. C’est un moment privilégié pour les groupes de théâtre qui rivalisent de créativité pour mieux vendre leur art mais aussi aider les téléspectateurs qui jeûnent toute la journée à tromper leur faim. Ils peuvent compter sur nos chaines de télévision qui, en cette période, leur offrent la visibilité tant recherchée. Né en 2005, le groupe Royoukaay de Thiès a actuellement le vent en poupe. En cette mi-journée de vendredi, ses membres font une répétition générale, à l’ombre d’un arbre, dans la cour de la maison du jeune réalisateur, Diop Fall et ses camarades jouent deux à trois pièces dans une ambiance empreinte de chaleur. « A Thiès, les infrastructures de théâtre font grand défaut », déplore Ousmane Sy, un des membres du groupe. La première pièce de théâtre démarre avec une causerie familiale somme toute banale, comme c’est le cas souvent dans toutes les familles. Elle implique un couple, un complice du couple et le neveu de la famille, manifestement impertinent et marginalisé. La discussion débute bien avec des plaisanteries jusqu’au moment où la belle Sokhna Ndoumbé fait son apparition subite dans la maison. Si le neveu, Diop Fall et la femme répondent aux salutations d’usage de Sokhna Ndoumbé, le chef de famille, lui, préfère se cacher pour ne pas être vu par l’intruse. Mais, c’était sans compter avec la détermination du neveu décidé à dire toute la vérité. Malgré les mises en garde de l’ami Diop Fall et de l’oncle fornicateur, le paria de la famille finit par cracher le morceau. Il apprend à sa tante que son oncle entretient une liaison amoureuse avec Sokhna Ndoumbé et qu’il l’a envoyé chez celle-ci à plusieurs reprises. Surprise, la tante se lève aussitôt et regagne sa chambre, non sans menacer de représailles son mari. La scène se termine par une bagarre entre Diop Fall et le neveu impertinent, avant que le réalisateur et le caméraman ne demandent à reprendre la pièce pour une nouvelle séquence, au grand bonheur de la petite foule qui a pris d’assaut la maison pour assister au spectacle. La deuxième pièce a eu pour cadre la devanture de la maison et met en scène, cette fois, Diop Fall et son ex-femme, sous le regard d’enfants, pour la plupart, et des passants. Alors qu’il est plongé dans un sommeil profond, le vieux Diop Fall est brusquement réveillé par une dame qui se trouve être son ex-femme. Lui qui n’attendait certainement pas cette visite improbable, n’en revient pas. Et il met du temps à réaliser que celle qui est debout devant lui est belle et bien son ex-conjointe. Celle-ci qui semble avoir assouvi sa vengeance lui tend un talisman. « Tu dois mettre ça dans un seau d’eau et, pendant 7 jours, tu devras te laver avec cette eau bénite », lui dit la dame avec une assurance qui en dit long sur sa certitude. En fait, Diop Fall a été marabouté par sa femme revancharde et cette eau est censée le délivrer de ses maux. D’où le ouf de soulagement que Diop a poussé et qui met un terme au spectacle. Le groupe Royoukaay termine cette journée par une troisième pièce où Diop Fall - encore lui - est l’acteur principal dans son rôle de lutteur à ses heures perdues. Ce dynamisme en dit long sur l’ambition de cette troupe qui ne cesse de monter en puissance. Aujourd’hui, après Soleil Levant de Sanekh et Janxène de Ndiamé Sène, Royoukaay est la troupe la plus célèbre de Thiès. Pour Ousmane Sy, un des cadres du groupe, l’ambition de la troupe est d’aller plus loin que Soleil Levant. « Soleil Levant est notre référence. Ce groupe a hissé très haut le flambeau de Thiès et nous sommes fiers de ce qu’il a accompli. Maintenant, c’est à nous de suivre ses traces et d’amener encore plus loin le théâtre thiessois », se convainc le jeune comédien, par ailleurs transfuge de la troupe Soleil Levant. Selon lui, avec le talent dont dispose le groupe et la passion qui anime ses acteurs, le potentiel est bien là pour espérer devenir, d’ici quelques années, l’une des plus grandes troupes théâtrales de Thiès et du Sénégal.

Absence de salles de spectacle et manque de moyens
Thies Theatre 2Toutefois, Ousmane Sy liste certaines contraintes qui freinent le développement du théâtre dans la capitale du Rail. « L’absence de salles de spectacle est un vrai obstacle pour la promotion du théâtre thiessois. Avec des infrastructures de ce genre, on pourrait produire régulièrement des sketchs et promouvoir », explique le jeune pensionnaire de Royoukaay. Ce dernier déplore également le manque de moyens, ajoutant que « les subventions ne tombent pas régulièrement ».

Face à cette situation guère reluisante, le groupe a eu l’idée d’organiser, au-delà des spots, des sketchs et du soutien de quelques mécènes, son premier anniversaire l’année dernière. Selon Ousmane Sy, l’objectif de « cette initiative, qui fut un grand succès », est de pallier un peu l’absence de moyens à laquelle est confrontée la troupe. Il indique que la troupe compte pérenniser la tenue de cet évènement.

Le réalisateur du groupe estime, lui, que les acteurs du milieu ont besoin d’être soutenus davantage. « La production coûte excessivement cher. Il faut un peu plus de soutiens pour les acteurs du théâtre, d’autant plus que ce qu’ils font n’est qu’un reflet de la vie quotidienne sénégalaise. Par ailleurs, à travers leur œuvre, ils divertissent et éduquent les téléspectateurs », poursuit Bachir Kane. Il explique également que l’ambition de la troupe théâtrale Royoukaay est de produire des téléfilms, voire d’aller à la conquête du marché international. « Notre ambition ne se limite pas au niveau national. Nous voulons produire des téléfilms qui pourront même être repris par les grandes chaines, telles que Canal Plus. L’ambition est là, de même que la capacité et le talent », soutient encore Bachir Kane. Passionné de théâtre, il a rejoint la troupe Royoukaay il y a quatre ans, à l’occasion d’un spectacle que celle-ci avait présenté. Depuis, il est le réalisateur de « Keur gui ak koor gui », un sketch à succès qui passe toujours à la télévision. Royoukaay a aussi à son actif la réalisation des téléfilms Baaye teuf, Meless et Jixi Jaxa. Comme beaucoup, Bachir Kane estime que Thiès regorge de talents dans le milieu théâtral.

« Au Sénégal, quand on parle de théâtre, tous les regards se tournent vers Thiès. Il faut dire qu’en matière de talents dans ce milieu, nous sommes vraiment bien représentés. Nous en rendons grâce à Dieu », constate-t-il avec satisfaction.

Une vingtaine de troupes à l’assaut du public
A Thiès, principalement dans le nord, les troupes théâtrales foisonnent. Nombreux sont les jeunes qui conjuguent leur avenir avec le théâtre. Du coup, la ville compte une vingtaine de troupes.

D’autres groupes, composés d’amateurs, sont enregistrés dans les quartiers.

Ce foisonnement est né du succès que les principales troupes de la cité du rail ont connu sur le plan national. « La réussite a influé les autres. Au départ, c’était Janxène. Ensuite, nos frères de Soleil levant sont venus. Maintenant, ce sont les jeunes de Royoukaay qui sont en train de nous bousculer, mais il y a d’autres », souligne Jules Dramé, artiste comédien. « Il y a des troupes un peu partout. Il y a une vingtaine de troupes dans la commune de Thiès. Il y a de jeunes talents qui sont là », ajoute notre interlocuteur qui est membre de la troupe Janxène de Thiès.

Ces jeunes peuvent-ils trouver le salut dans ce métier ? Après les succès de Sanekh, Serigne Ngagne et les autres comédiens célèbres de Thiès, d’autres jeunes de la cité du Rail sont sortis du lot. Il s’agit de Meless, Magnoukh, Combé. Ils ont été formés par la troupe Royoukaay, créée le 5 janvier 2005 par Aliou Aïdara, artiste comédien. « Depuis plus de 12 ans, nous travaillons dans l’ombre », explique M. Aïdara. Les jeunes de cette troupe sont sortis de l’ombre avec succès puisque leurs productions sont diffusées par les chaines de télévision. Pour M. Aïdara, la production théâtrale est une niche pour créer des emplois. « Les gens ne voient les artistes que dans les téléfilms, mais ceux qui travaillent dans le métier sont très nombreux. Beaucoup pensent que le théâtre, c’est ce qu’on voit à la télé, alors que la scène est le pilier du théâtre. Des gens sont formés pour ça », explique-t-il.

Aliou Aïdara pense qu’avec un bon encadrement il est possible d’aider les jeunes qui veulent exceller dans ce métier. « L’avenir est prometteur. Les gens continuent à être formés. Pour pratiquer le métier, il faut toujours être dans la formation. Les gens sont conscients de la cela », a-t-il dit. M. Aïdara insiste aussi sur les messages. « Le message doit être fort. Pour faire du théâtre, il faut avoir un texte. Si tu n’as pas un texte, tu ne peux pas faire du théâtre », dit-il. Le président de Royoukaay estime aussi que les artistes doivent s’organiser pour mieux vivre de leur art. « Les gens doivent s’organiser davantage. Si on se réunit, personne ne peut nous exploiter. Il arrive qu’une agence propose à un artiste un cachet pour une publicité, si ce dernier n’est pas d’accord, il peut se retourner vers un autre qui peut accepter un cachet inférieur », déplore-t-il.

Les artistes doivent également être accompagnés. « Vu comment le théâtre a émergé à Thiès, je pense que notre ville mérite d’avoir un Grand théâtre. Cela permettrait aux artistes comédiens de vivre de leur art. Il faut équiper le centre culturel d’un théâtre de verdure, mais aussi en son et en lumière », plaide Jules Dramé. « Les problèmes sont là, mais les gens continuent à se battre. Les autorités de la mairie de Thiès doivent penser à créer un centre culturel. Cela permettra aux artistes d’exceller », ajoute-t-il.

Par Babacar DIONE et Diégane SARR (textes),
Abib DIOUM (photos)

Artiste comédien, Jules Dramé fait partie des pionniers du théâtre à Thiès. Ayant bénéficié de la formation de ses aînés, il met, aujourd’hui, son expérience au service des jeunes talents qui émergent dans la cité du Rail. Son rêve, voir Thiès étrenner une salle de spectacle moderne pour permettre aux acteurs de mieux bénéficier du boom que le théâtre a connu dans la région.

A Thiès, les troupes théâtrales ont émergé et ont étendu leurs tentacules à Dakar et dans le reste du Sénégal. La plupart des téléfilms diffusés à la télévision sont produits par des troupes thiéssoises dont Soleil Levant, Janxène, Royoukaay... Si les artistes de la cité du Rail ont réussi cette percée, c’est grâce à un travail réalisé à la base pendant des années pour dénicher les talents. Parmi ceux qui ont écrit cette histoire, figure Jules Dramé, artiste comédien, membre de la troupe Janxène de Thiès.

Fringant avec ses 53 ans, Jules Dramé capitalise une trentaine d’années d’expérience dans le domaine du théâtre. « J’ai pratiqué ce métier très jeune. J’ai commencé dans mon quartier avec notre Association sportive et culturelle. Je venais regarder les répétitions parce que mon frère était président de la Commission culturelle de mon Asc. Dans l’après-midi, les gens allaient à l’école de Diakhao pour faire les répétitions, et j’y assistais », confie-t-il. Il ajoute : « Un jour, les encadreurs ont eu des absents, j’ai alors dit au metteur en scène que je pouvais interpréter le rôle. Quand ils m’ont donné ma chance, je l’ai saisie ».

L’apprentissage du métier dans son quartier natal va se poursuivre à l’école. « Quand je suis parti à l’école Coly Diop (ex-camp Faidherbe), j’ai crée une troupe », explique-t-il. Jules Dramé réussit à allier les études à son penchant. Il parvient, après ses études primaires, à décrocher un diplôme d’électricien.

Mais, la passion de la scène l’emporte sur l’envie d’exercer comme technicien. Il est visiblement influencé par son entourage. « J’ai des frères qui sont aussi des artistes », fait-il remarquer. Jules Dramé va gravir les échelons en côtoyant des grands. Il intègre Calome, une troupe créée par feu Sa Daro Mbaye. Il a interprété le rôle de Canasse dans le film « Le pari de l’ancien » de Sada Weïndé Ndiaye. C’était en 2003. Il a également joué dans « Ngol-Ngol », une pièce de Mbaye Gana Kébé diffusée par la Rts en 2003. L’artiste thiessois a également participé à la foire de Caen, en 2000, avec un groupe de sa ville jumelée depuis des décennies à la ville normande, en France. « Canasse le fou m’a beaucoup marqué. C’est une pièce d’actualité qui parle des Saltigués par rapport à la pluie », confie-t-il.

Le comédien révélera ensuite ses talents d’artiste grâce à Janxène. Depuis plus d’une décennie, il est dans les productions de cette troupe qui regroupe de ténors de la comédie au Sénégal, à savoir Ndiamé Sène, Serigne Ngagne, etc.

Jules Dramé a pu jouer ces différents rôles grâce aux nombreuses sessions de formation auxquelles il a participé. « Nous avons été formés par de grands metteurs en scène du Sénégal dont Seyba Traoré et Mamadou Diop », explique-t-il. Aujourd’hui, il tente d’inculquer l’expérience acquise à la jeune génération. « Pendant plusieurs années, il y a eu un encadrement. Il y a une jeune génération qui a démarré en faisant du théâtre scolaire. Actuellement, ce sont ces gens qui sont venus encadrer les plus jeunes. Nous organisons beaucoup de sessions de formation », dit-il. « La formation porte sur plusieurs volets dont l’écriture et la mise en scène. Plusieurs paramètres sont pris en compte. Cela permet aux comédiens d’engranger de l’expérience pour être compétitifs », souligne-t-il. Jules Dramé estime que la formation est la clé du succès. « Nous avons commencé par nous former au niveau des Asc. Nous avons renforcé nos formations dans les écoles. Nous avons beaucoup travaillé avec les Asc. Nous avons longtemps été dans l’ombre pour travailler sur le théâtre populaire. C’est cette expérience que vous voyez actuellement sur le plan national. Les comédiens de Thiès ont eu à recevoir plusieurs formations tant au niveau de Thiès qu’ailleurs », fait-t-il remarquer.

« Dans les années 80, nous avions les journées du parrain dans les écoles. A cette époque, les gens formaient des troupes théâtrales dans les collèges d’enseignement. Pendant la même période, chaque Asc devait produire une troupe théâtrale. Et chaque nuit, nous nous retrouvionst pour faire des compétitions », ajoute-t-il. Selon M. Dramé, des journées pédagogiques artistiques étaient également organisées. « Chaque dimanche, de 9 heures à 17 h, les comédiens venaient pour participer à la formation durant laquelle des talents étaient dénichés. Pendant les spectacles, nous arrivions à détecter certains talents », souligne-t-il.

Les jeunes artistes comme Meless, Magnoukh et Combé ont été détectés grâce à ces Jpa. « Ce sont des jeunes qui ont fréquenté les Jpa. Ils sont actuellement dans la troupe Royoukaay où ils cartonnent », indique-t-il. C’est pourquoi Jules Dramé est d’avis que si Thiès réussit à jouer les premiers rôles dans le théâtre au Sénégal, c’est parce qu’il y a eu des formations. « Les premières troupes qui ont pu tirer leur épingle du jeu ont été formées. Avec leur succès, il y a eu un foisonnement de troupes théâtrales. C’est le boom du théâtre à Thiès », se réjouit-il.

Après plus d’une trentaine d’années d’expérience, Jules Dramé ne cache pas sa fierté de voir la cité du Rail émerger dans le domaine du théâtre. Cette fierté le pousse à se concentrer uniquement dans le développement de son métier. Depuis trois ans, il a tourné le dos à 30 ans de carrière d’arbitre fédéral de football. Actuellement, son quotidien est rythmé par le théâtre. « Je me suis marié par le biais du théâtre. J’ai fondé une famille par le biais du théâtre, j’entretiens ma famille par le biais du théâtre. Ce n’est pas le grand financement, mais on s’est sort bien », indique-t-il. Vice-président de l’Association des artistes et comédiens du Sénégal (Arcos) et initiateur du Festival de théâtre du rail (Fesrail), il pense que sa satisfaction sera plus grande lorsque Thiès étrennera des infrastructures modernes permettant aux artistes de pratiquer pleinement leur art.

Par Babacar Dione et Diégane Sarr

Du pacte matrimonial

03 Juil 2017
959 times

Nous partageons, ici, cette convention collective sur le mariage conclue entre des habitants de Rufisque, parue dans l’édition du 05 janvier 1957 du premier quotidien sénégalais « Paris-Dakar » (n°6376). Elle est ainsi titrée : « Le pacte matrimonial : nouveaux tarifs à Rufisque ».

« Las de parler sans résultats, les habitants du quartier Santhiaba de Rufisque viennent de prendre des décisions importantes concernant le pacte matrimonial. Sur l’insistance des femmes et jeunes filles, les notables et imams de Santhiaba se sont donc réunis, sous le patronage des chefs de quartiers Ndiobène et Thiarène, pour arrêter un pacte collectif de mariage signé de tous ces notables. Les tarifs appliqués seront les suivants :

Premier don - jeune fille : 3000 frs ; femme : 1500 frs. Droit des parents paternels - jeune fille : 250 frs ; femme : 150 frs. Droit des parents maternels - jeune fille : 250 frs ; femme : 150 frs. Argent dit colas de la maison - jeune fille : 150 frs ; femme : 100 frs. Argent des jeunes filles (mbakhal) - jeune fille : 250 frs ; femme : 150 frs. Argent des compères - jeune fille : 100 frs ; femme : 100 frs. Argent des camarades circoncis (mboke mbar) - jeune fille : 100 frs ; femme : 100 frs. Argent de la mosquée du village - jeune fille : 200 frs ; femme : 200 frs. Dot - jeune fille 2000 frs ; femme : 1000 frs. Chambre et lit –j-Jeune fille : 1500 frs ; femme : 600 frs. Repas de cavalerie (waral) - jeune fille : 600 frs ; femme : 300 frs. Levée nuptiale (m’beuranti) - jeune fille : 500 frs ; femme : 300 frs. Khokhanti - jeune fille : 300 frs ; femme : 200 frs. Suite réception demeure conjugale (la suite que forment les personnes qui accompagnent la fille ou la femme à la demeure conjugale ne dure qu’un seul jour chez le marié) - jeune fille : 300 frs ; femme : 150 frs. Total des taux appliqués - Jeune fille : 10.000 frs ; femme : 5.000 frs.

Pour veiller à l’application de ces décisions, un membre du quartier sera désigné. Il devra assister aux cérémonies. Il est désormais interdit de faire publier par voie de tam-tams ou de griots parcourant les rues le « labane » ou coucher nuptial. Et le mari est autorisé à emmener sa femme à son domicile dès que le mariage a été célébré selon la loi musulmane. Toute personne qui ne se conformerait pas à la convention serait passible d’une amende de 5.000 frs à payer séance tenante. En cas de refus de paiement, il est entendu que solidairement tout le quartier s’abstiendra de porter aide et assistance à ladite personne. C’est dans un accord complet et unanime que les habitants du quartier de Santhiaba ont discuté et rédigé la convention nouvelle. Et maintenant que les parents ont fait l’effort souhaitable, espérons que les jeunes célibataires sauront y répondre ».

Les législations non écrites en Afrique, au Sénégal particulièrement, renseignent sur l’existence d’une vraie organisation sociale. Leurs modalités d’application témoignent également de l’importance accordée aux vertus dont se paraît la société traditionnelle quoique la pertinence de certains codes, comme toute œuvre humaine, peut être soumise à un examen. Ce texte est plus que d’actualité. Seuls les montants ont évolué. Les convenances sociales continuent d’être accablantes pour la plupart d’entre nous. Et la parfaite intelligence observée entre autorités coutumières et religieuses montre que les pratiques endogènes et celles islamiques ne sont pas totalement antagonistes. Le syncrétisme religieux est, ici, davantage un vécu qu’une perspective aérienne de certains esprits « brillants ». Ceux qui se sont offusqués de l’appellation « islam noir » de certains auteurs ont certainement omis de prendre en considération le cheminement collectif qui nous distingue et prône à la fois cette tolérance dans la pratique et cette acceptation de l’autre.

Par Alassane Aliou Fèré MBAYE

C’est au professeur visionnaire agrégé en informatique médicale que l’on doit le développement de la consultation et du diagnostic à distance en Afrique et au-delà.

Mépris, dédain, ironie. Cheick Oumar Bagayoko, dans son élégant boubou marron et blanc, égrène, avec un sourire aux lèvres, les trois principales réactions auxquelles il a dû faire face quand il a voulu étudier l’informatique médicale. Fin des années 1990 au Mali, Internet se résume à un seul point d’accès dans toute la capitale. Mais, Bagayoko et une poignée de ses camarades étudiants à la Fac de médecine y voient un potentiel énorme. « Tout le monde faisait de la gynécologie ou de la médecine générale. Nous, ce que nous voulions, c’était changer le quotidien des médecins de brousse qui se plaignaient de désapprendre et d’être trop isolés. Internet nous semblait être le meilleur moyen », explique-t-il.

Vingt ans plus tard, le docteur Bagayoko est l’un des seuls professeurs agrégés en informatique médicale sur le continent africain. A 39 ans, il dispense des cours en France, en Suisse, mais aussi et surtout au Mali. De quoi susciter jalousie et incompréhension dans un pays où les enjeux de ses travaux restent abstraits pour beaucoup de professionnels comme pour les pouvoirs publics. Pourtant, Oumar Bagayoko a bien failli ne jamais devenir docteur. Faute de trouver un directeur de thèse – sur l’iconographie des lésions lépreuses dermatologiques – qui accepte de le tutorer. Jusqu’à sa rencontre avec Abdel Khader Traoré, docteur en médecine interne.

En 2002, Cheick Oumar Bagayoko est prêt à soutenir sa thèse. Toutefois, il se heurte à une difficulté de taille. Son codirecteur est en Suisse : il faut donc organiser une visioconférence. La première tentative échoue piteusement. La connexion ne sera jamais établie entre l’hôpital du Point G, élégant bâtiment rose dragée sur les hauteurs de Bamako, et Genève. Mais, en cette même année 2002, Amadou Toumani Touré devient président. Il développe depuis longtemps ses réseaux à l’étranger, notamment auprès du Grand-Duché qui a financé l’hôpital Mère-Enfant. Et cette prouesse technique ne peut être, pour lui, que synonyme de retombées positives. « ATT a appelé la compagnie des télécoms et leur a ordonné de détourner toute la bande passante de Bamako jusqu’à la connexion Internet de l’hôpital ! » se remémore-t-il. Sa thèse devient un événement national, retransmis à la télévision d’Etat et suivi par des centaines de personnes.

Cheick Oumar Bagayoko et son équipe sont partis du principe que la majorité des spécialistes se concentrent dans les capitales. Ils ont donc mis en place une plateforme sur laquelle les médecins de brousse peuvent interagir avec les spécialistes et demander de l’aide dans les domaines de la cardiologie, de la gynécologie, de l’ophtalmologie ou encore de la dermatologie. Aujourd’hui, ce réseau réunit plusieurs milliers de praticiens dans 19 pays sur le continent et fournit aussi des cours et des formations en ligne.

En 2016, ils ont décliné la version web en une application mobile. Leur plateforme et leur technologie, adaptées aux connexions bas débit, font des émules et viennent d’être reprises dans plusieurs pays d’Amérique centrale sur des projets similaires.

lemondeafrique

Un anneau pour les contrôler tous ? Loin de l’univers du Seigneur des anneaux, Token, un anneau imaginé par un couple new-yorkais, peut remplacer votre portefeuille, vos clés et même vos abonnements de transport. On vous en dit plus.

Et si bientôt vous n’aviez plus besoin d’emporter vos clés, votre portefeuille ou vos cartes de transport ? C’est la proposition de l’entreprise Tokenize avec son premier produit, le « Token ring ».

C’est une bague biométrique qui peut remplir une multitude de fonctions d’un paiement par puce Nfc à l’ouverture de portes.

Grâce à un capteur d’empreintes intégré, vous êtes la seule personne capable de pouvoir utiliser la bague. Quand vous la retirez, elle se verrouille automatiquement pour protéger vos données. Les différentes configurations disponibles sont très nombreuses. Vous pouvez les paramétrer vous-même selon vos usages en rentrant vos informations dans l’application iOS et Android. Des accords ont été passés avec Mastercard et Visa pour le paiement. Il pourrait aussi être utilisé pour débloquer un ordinateur plus rapidement grâce à un partenariat avec Microsoft. Enfin, grâce à des serrures pour la maison et la voiture, développées par l’entreprise, vous pourriez aussi vous passer de vos clés au quotidien.

Afin de pouvoir réellement en faire un objet de la vie quotidienne, l’anneau est waterproof jusqu’à 50 mètres de profondeur ; ce qui vous permet de le garder quand vous allez nager ou vous doucher. Son autonomie est quant à elle de deux semaines maximum. Pour la recharger, il suffit de l’installer sur une base sans fil.

La mode des anneaux connectés
Les anneaux connectés sont des accessoires discrets qui n’attirent pas l’attention et, à ce titre, intéressent fortement une certaine partie des consommateurs. Le concept a déjà été décliné dans plusieurs directions, mais la plupart sont destinés à la sécurité. Une bague connectée peut ainsi servir de « bouton d’alarme » lorsqu’une femme veut prévenir ses proches qu’elle se trouve dans une situation dangereuse par exemple. Le « dernier-né » de cette gamme est le Loop dont nous vous parlions il y a quelques mois. Il ne reste désormais plus qu’à voir si Token représente une véritable nouvelle tendance concernant les wearables. Il s’agit d’une alternative intéressante pour les personnes ne souhaitant pas se faire implanter une puce sous-cutanée.

Token est actuellement disponible en pré-commande sur le site de l’entreprise. Il vous coûtera 249 dollars pour l’avoir dans sa version de base. Si vous souhaitez l’acquérir en rhodium noir ou en or (rose 14k), ajoutez 50 dollars supplémentaires. Par ailleurs, les serrures spécifiques pour votre maison ou votre voiture sont vendues à 100 dollars l’unité. Les livraisons sont prévues à partir du mois de décembre 2017. Six tailles différentes sont disponibles.

Source : objetconnecte.net

Cheikhal Khalifa, perpétuant l’œuvre de son père Cheikh Adramé, arrive, comme à l’accoutumée, à dos de chameau au lieu de prière de Nimzatt. Sa pratique constitue, sur le parcours comme sur la place aménagée pour abriter l’office religieux, une attraction pour ses propres disciples, mais aussi pour ses coreligionnaires. Synthèse d’une tradition à forte charge symbolique.

Nimzatt, dimanche 25 juin 2017, il est 11h sur la place publique devant abriter la prière de la Korité. Un homme, enturbanné et richement habillé, sort de chez lui. Il s’avance vers un chameau et s’installe sur une selle magnifiquement brodée. L’animal se lève. Sa grande taille permet à tout le monde d’apercevoir son « cavalier » haut perché. Et comme ils savent le faire, à chaque apparition de Cheikhal Khalifa sur son chameau, les disciples lâchent. Et de quelle manière ! Le long du parcours du cortège de Cheikhal Khalifa, toute une partie de cité religieuse est restée debout pour saluer le fils du premier khalife de Cheikhna Cheikh Saadbouh, en mouvement vers le lieu de prière.

Malgré le soleil de plomb qui, à 11 heures, dardait ses chauds rayons, des milliers de fidèles khadres, dans leurs habits de fête, sont fous de bonheur en voyant Cheikhal Khalifa arriver avec son chameau au lieu de prière, accompagné de ses disciples et sympathisants entonnant des « lâ ilaha illa lah » (mise en valeur de l’unicité de Dieu). C’est un moment fort qui fait fondre en larmes des milliers de fidèles. L’image de « Borom guelem gi » (le chamelier) est captivante. C’est vrai, Cheikhal Khalifa, comme ce fut le cas avec son père Cheikh Adramé, fascine ceux et celles qui connaissent l’histoire de l’Islam.

Continuateur de l’œuvre de son ascendant, Cheikhal Khalifa concourt, par cette démarche, à la permanence de l’histoire de la religion musulmane. C’est tout un art de le voir se mouvoir à travers le passé de l’Islam. Tel un contemporain, il réimprovise l’entrée triomphale  du prophète Mouhamad (Psl) à Médine. Ainsi plonge-t-il les disciples khadres sénégalais dans la nostalgie en incrustant dans leur imaginaire une posture de l’Envoyé de Dieu (Psl) qui, à dos de chameau, entrait dans « Madine al Mounawara » (la Ville des Lumières).

Par Cheikh Aliou AMATH

D’une urbanité exquise que l’on ne retrouve que chez ceux qui ont un long commerce avec la prestigieuse culture islamique, d’une surprenante érudition qui fait voler en éclats les barrières entre la gnose mystique et la connaissance de ce monde, Chérif Atkhana Aïdara, président de la Fondation Cheikhna Cheikh Saadbouh, est un exemple de civilité, d’humilité et d’amabilité. Sa vaste connaissance, ses analyses pertinentes des tourments qui secouent notre monde contemporain, lui valent l’admiration de tous ceux qui le côtoient.

Chérif Atkhana Aïdara n’est point ce rédempteur insensible aux angoisses qui habitent ceux dont il a la tâche d’orienter les âmes vers Dieu. Ce n’est pas non plus un homme qui se situe dans un univers éthéré, méprisant les contradictions de ce bas monde. Son extrême sensibilité au devenir des âmes fait de lui un homme au plus haut point touché par les problèmes que vivent quotidiennement les fidèles khadres. Pour lui, l’islamique, en plus d’être la voie du salut, est une morale de tous les jours. Il est un comportement, une conduite que l’on doit adopter même dans ses actes les plus anodins.

Pour faire passer un tel message dans les esprits de tous ses contemporains, Chérif Atkhana Aïdara ne ménage pas son temps. Son bloc-notes est plein de dates pour des conférences qu’il tient partout où les fidèles interpellent sa science pour mieux suivre les voies qui mènent à Dieu. Il parcourt inlassablement le pays comme un pâtre pour y semer la bonne graine. Fidèle à l’esprit de Cheikhna Cheikh Saadbouh, il définit avec la méticulosité d’un exégète averti des textes coraniques, les comportements que doit adopter le fidèle hanté par la noble obsession de servir Allah et uniquement Lui. C’est avec la même dévotion que Chérif Atkhana Aïdara s’occupe de la préparation de la deuxième édition de la Conférence islamique internationale de la Khadriya qui sera marquée, en juillet 2017, par la commémoration du centenaire du rappel à Dieu de Cheikhna Cheikh Saadbouh.

En tant qu’activité phare de cette importante rencontre internationale, la célébration du centenaire de la disparition du saint homme de Nimzatt sera l’occasion de mettre en exergue la pertinence et le caractère intemporel du message de Cheikhna Cheikh Saadbouh, de celui des saints et des savants musulmans, mais du soufisme qui est un facteur de résolution des problèmes de toute nature auxquels font face nos sociétés modernes. Un autre grand dossier fait travailler Chérif Atkhana Aïdara : le projet de modernisation de Ngoumba Guéoul, la capitale de la Khadriya au Sénégal. Le projet de modernisation de Ngoumba Guéoul a été conçu par la Fondation Cheikhna Cheikh Saadbouh. Les plans architecturaux et les documents de mise en œuvre ont été remis aux autorités gouvernementales sénégalaises.

L’engagement du président Macky Sall qui, depuis son avènement à la magistrature suprême en 2012, a lancé un programme national de modernisation des villes religieuses est fortement salué par Chérif Atkhana Aïdara qui attend que Ngoumba Guéoul bénéficie de cette heureuse initiative. Présentement, le guide religieux n’a de souci que le succès de la deuxième édition de la Conférence islamique internationale dont l’objectif est de donner les réponses de l’Islam face aux enjeux du monde, de célébrer le centenaire de Cheikhna Cheikh Saadbouh et de concrétiser la modernisation de Ngoumba Guéoul. L’ouverture de cette importante rencontre est prévue à Dakar les 8 et 9 juillet et la clôture en Mauritanie, les 12 et 13 juillet 2017.

Par Cheikh Aliou AMATH

Venant des quatre coins du Sénégal, des milliers de nos compatriotes se retrouvent à la fin du mois de ramadan à Nimzatt pour y accomplir un pèlerinage, en hommage à Cheikhna Cheikh Saadbouh. Emouvante vision que celle de cette marée humaine déferlant autour de Nimzatt, un sanctuaire de l’Islam, pour y glorifier Dieu. La foi en bandoulière, ils tendent leurs bras au ciel en quête de grâces. Rassemblant des milliers de croyants unis dans la glorification de Dieu, le pèlerinage de Nimzatt reflète, à tout point de vue, l’image d’une communauté active dans la sublimation de l’amour porté au Seigneur. Quelle belle image de les voir, tous ensemble, s’abandonner à Dieu, dans un même élan impulsé par une foi commune.

Leurs déclamations des panégyriques de Cheikhna Cheikh Saadbouh et leurs « zikrs », entre autres dévotions, traduisent leur éloignement de toute occupation terrestre qui ne soit pas adoration de Dieu. Voilà tout le sens du pèlerinage de Nimzatt institué en 1949 par Cheikh Talibouya, fils et troisième khalife de Cheikhna Cheikh Saadbouh. Son appel fit écho auprès des fidèles qui le rejoignirent pour observer, en sa compagnie, les derniers jours du ramadan et célébrer, à ses côtés, la fête de la Korité (fin du jeûne). Pour les 20 000 Sénégalais présents cette année à Nimzatt, c’est, sans conteste, la volonté de son ascendant, le vénéré Cheikhna Cheikh Saadbouh disparu au 22ème jour du mois béni du ramadan de l’an 1917 après 69 années consacrées à l’œuvre de revivification de la religion musulmane, qui s’accomplit. En effet, il avait, avant son rappel à Dieu, prié le Seigneur pour que son tombeau soit, à l’image de la Kaaba à La Mecque, un lieu de rémission des péchés et d’exaucement des vœux.

Son mausolée, bien en vue dans le caveau des saints du cimetière de Salihina, est, à chaque pèlerinage, un univers religieux pris d’assaut par les disciples khadres du Sénégal qui espèrent y trouver remèdes à leurs maux, y dissiper leurs craintes et y entretenir leurs espoirs. C’est pourquoi, les pèlerins, après la prière de la Korité (voir article dans Le Soleil du 27 juin), se dirigent vers le mausolée de Cheikhna Cheikh Saadbouh à Salihina, le « cimetière où l’on enterre ses angoisses ». On les voit monter et descendre les dunes pour aller se prosterner au pied du saint homme, lui confier les personnes, les causes graves et implorer des grâces particulières. Connaissant des difficultés et des détresses, les pèlerins de Nimzatt se tournent vers Cheikhna Cheikh Saadbouh dont la puissance s'étend à toutes les nécessités et sait rendre possibles les choses les plus impossibles. Dans l'embarras et la peine qui les pressent, ils recourent à l’homme de Dieu avec confiance, s’attendant à ce qu’il prenne sous sa charitable conduite cet intérêt important et difficile, cause de leur inquiétude.

C’est le moment des invocations par excellence et celui de la quête du pardon absolu. Les Chérifs, ces descendants de Cheikhna Cheikh Saadbouh, dirigent les offices. En compagnie des pèlerins, ils formulent de ferventes prières pour mettre nos territoires à l’abri des calamités naturelles et les éloigner des zones de turbulences. Dans l’espoir que le Seigneur se manifeste dans les esprits en ces moments d’exaltation, ils se prosternent devant Dieu pour qu’Il accorde sa paix et sa miséricorde là où l'affliction et le doute existent. Dans et autour du mausolée de Cheikhna Cheikh Saadbouh, ils se remettent à Dieu pour qu’Il libère une confiance renouvelée à travers sa grâce et qu’Il satisfasse leurs besoins, les bénisse et bénisse leurs proches. Ici, ils se recueillent avec la ferme confiance que le saint homme de Nimzatt ne négligera rien en faveur des affligés qui l'implorent pour son intercession auprès de Dieu.

De nos envoyés spéciaux Cheikh Aliou AMATH (textes)
et Sarakh Diop (photos)

Le mois de ramadan, période d’abstinence et de transcendance, est pourtant devenu un moment de surconsommation. Il rime bien souvent avec une hausse considérable des dépenses. Une consommation effrénée qui prend parfois des relents de gaspillage. Cette période unique de l’année constitue en effet pour les enseignes une occasion pour inciter les individus à consommer davantage. Même le jeûne du mois de ramadan, acte de dévotion, de transcendance  et de dépassement de nos instincts, est désormais pris au piège par le marché de la consommation. Il est devenu un rendez-vous majeur dans l’agenda des plans marketing des grandes enseignes commerciales, particulièrement de l’industrie alimentaire. Ce qui est déplorable, c’est qu’on n’arrive pas à épuiser tous les aliments. Tous les soirs, on se voit obliger de jeter une partie à la poubelle pour reprendre de plus bel le lendemain. Dans les grandes artères de Dakar et à travers le petit écran, difficile durant cette période d’échapper au matraquage publicitaire de ces entreprises, affichant ostensiblement des produits alimentaires (bouillons, laits, beurre, chocolat, boissons…) avec l’estampillage d’usage «Ramadan Moubarak! » Ces annonces commerciales conçues spécialement pour le ramadan semblent avoir la résonnance escomptée auprès de la population. En fait, le sentiment de faim occasionné par le jeûne aiguise les appétits et rend les jeûneurs plus audibles aux messages des annonceurs. Il est vrai que durant ce mois, l’élan de générosité et de partage est plus marqué ; ce qui peut occasionner un surplus de dépenses qui se comprend parfaitement. Mais, ce qui est en cause ici, c’est cette tendance consumériste de nos sociétés qui s’accentue durant le ramadan et qui occasionne souvent des gaspillages très importants.

Par Oumar BA

Rosso-Sénégal, vendredi 23 juin 2017. Sur les coups de 12 heures, le thermomètre affiche 35°C. Cette localité frontalière, séparée de Rosso-Mauritanie par un bras du fleuve large de 400 mètres, est comme une fourmilière éclatée. Le déferlement des fidèles de la confrérie khadriya y est impressionnant. De partout, ils sont venus répondre à l’appel lancé en 1949 par le vénéré Cheikh Talibouya pour que, par l’intercession de son auguste ascendant Cheikhna Cheikh Saadbouh (1848-1917), leurs péchés soient absous. La destination finale de ces milliers de pèlerins sénégalais est donc Nimzatt, dans les dunes de la région du Trarza en République islamique de Mauritanie. Ici, ils vont se prosterner au pied de Cheikhna Cheikh Saadbouh pour sublimer l’amour qu’ils lui portent.

Rosso-Sénégal, vendredi 23 juin 2017. Sur les coups de 12 heures, le thermomètre affiche 35°C. Cette localité frontalière, séparée de Rosso-Mauritanie par un bras du fleuve large de 400 mètres, est comme une fourmilière éclatée. Le déferlement des fidèles de la confrérie khadriya y est impressionnant. De partout, ils sont venus répondre à l’appel lancé en 1949 par le vénéré Cheikh Talibouya pour que, par l’intercession de son auguste ascendant Cheikhna Cheikh Saadbouh (1848-1917), leurs péchés soient absous. La destination finale de ces milliers de pèlerins sénégalais est donc Nimzatt, dans les dunes de la région du Trarza en République islamique de Mauritanie. Ici, ils vont se prosterner au pied de Cheikhna Cheikh Saadbouh pour sublimer l’amour qu’ils lui portent.

DANS L’ANTRE SACRE D’UNE TERRE DE FOI : SALIHINA, LE MOUROIR DES ANGOISSES EXISTENTIELLES
Venant des quatre coins du Sénégal, des milliers de nos compatriotes se retrouvent à la fin du mois de ramadan à Nimzatt pour y accomplir un pèlerinage, en hommage à Cheikhna Cheikh Saadbouh. Emouvante vision que celle de cette marée humaine déferlant autour de Nimzatt, un sanctuaire de l’Islam, pour y glorifier Dieu. La foi en bandoulière, ils tendent leurs bras au ciel en quête de grâces. Rassemblant des milliers de croyants unis dans la glorification de Dieu, le pèlerinage de Nimzatt reflète, à tout point de vue, l’image d’une communauté active dans la sublimation de l’amour porté au Seigneur. Quelle belle image de les voir, tous ensemble, s’abandonner à Dieu, dans un même élan impulsé par une foi commune.

Leurs déclamations des panégyriques de Cheikhna Cheikh Saadbouh et leurs « zikrs », entre autres dévotions, traduisent leur éloignement de toute occupation terrestre qui ne soit pas adoration de Dieu. Voilà tout le sens du pèlerinage de Nimzatt institué en 1949 par Cheikh Talibouya, fils et troisième khalife de Cheikhna Cheikh Saadbouh. Son appel fit écho auprès des fidèles qui le rejoignirent pour observer, en sa compagnie, les derniers jours du ramadan et célébrer, à ses côtés, la fête de la Korité (fin du jeûne). Pour les 20 000 Sénégalais présents cette année à Nimzatt, c’est, sans conteste, la volonté de son ascendant, le vénéré Cheikhna Cheikh Saadbouh disparu au 22ème jour du mois béni du ramadan de l’an 1917 après 69 années consacrées à l’œuvre de revivification de la religion musulmane, qui s’accomplit. En effet, il avait, avant son rappel à Dieu, prié le Seigneur pour que son tombeau soit, à l’image de la Kaaba à La Mecque, un lieu de rémission des péchés et d’exaucement des vœux.

Son mausolée, bien en vue dans le caveau des saints du cimetière de Salihina, est, à chaque pèlerinage, un univers religieux pris d’assaut par les disciples khadres du Sénégal qui espèrent y trouver remèdes à leurs maux, y dissiper leurs craintes et y entretenir leurs espoirs. C’est pourquoi, les pèlerins, après la prière de la Korité (voir article dans Le Soleil du 27 juin), se dirigent vers le mausolée de Cheikhna Cheikh Saadbouh à Salihina, le « cimetière où l’on enterre ses angoisses ». On les voit monter et descendre les dunes pour aller se prosterner au pied du saint homme, lui confier les personnes, les causes graves et implorer des grâces particulières. Connaissant des difficultés et des détresses, les pèlerins de Nimzatt se tournent vers Cheikhna Cheikh Saadbouh dont la puissance s'étend à toutes les nécessités et sait rendre possibles les choses les plus impossibles. Dans l'embarras et la peine qui les pressent, ils recourent à l’homme de Dieu avec confiance, s’attendant à ce qu’il prenne sous sa charitable conduite cet intérêt important et difficile, cause de leur inquiétude.

C’est le moment des invocations par excellence et celui de la quête du pardon absolu. Les Chérifs, ces descendants de Cheikhna Cheikh Saadbouh, dirigent les offices. En compagnie des pèlerins, ils formulent de ferventes prières pour mettre nos territoires à l’abri des calamités naturelles et les éloigner des zones de turbulences. Dans l’espoir que le Seigneur se manifeste dans les esprits en ces moments d’exaltation, ils se prosternent devant Dieu pour qu’Il accorde sa paix et sa miséricorde là où l'affliction et le doute existent. Dans et autour du mausolée de Cheikhna Cheikh Saadbouh, ils se remettent à Dieu pour qu’Il libère une confiance renouvelée à travers sa grâce et qu’Il satisfasse leurs besoins, les bénisse et bénisse leurs proches.

Ici, ils se recueillent avec la ferme confiance que le saint homme de Nimzatt ne négligera rien en faveur des affligés qui l'implorent pour son intercession auprès de Dieu.

De nos envoyés spéciaux Cheikh Aliou AMATH (textes)
et Sarakh Diop (photos)

Il est de retour. Un nouveau « rançongiciel » (ou ransonware) se répand depuis mardi, partout dans le monde. Plusieurs multinationales ont subi des pannes, et certaines ont même vu leurs systèmes informatiques « compromis ». Dans de nombreux cas, les données des ordinateurs infectés se retrouvent cryptées. Pour pouvoir les récupérer, les entreprises sont alors invitées à verser une rançon en bitcoins.

Cette monnaie « virtuelle », basée sur la technologie de la blockchain, est très prisée des hackers. Et ce, pour une bonne raison : « Le bitcoin rend la transaction sûre et irrévocable, explique Alexis Roussel, dirigeant de Bity, une plateforme suisse d’échange de bitcoins. Une fois le versement effectué, il est impossible de revenir en arrière. » Le bitcoin, la rançon parfaite ? Pas vraiment.

Des rançons sans avenir ?
Les versements ne sont pas totalement anonymes. « Les paiements sont traçables, les adresses sont fichées par les policiers spécialisés, affirme Jacques Favier, secrétaire de l’association Le Cercle du Coin. Les données sont ensuite communiquées aux plateformes d’échanges de monnaies : les bitcoins en question deviennent alors difficiles à utiliser, comme des billets de banque dont on aurait listé les numéros. » Les rançons en bitcoins « n’ont pas beaucoup d’avenir », conclut Alexis Roussel.

A terme, l’intérêt des pirates pour cette monnaie deviendrait donc limité. Selon Jacques Favier, une meilleure coopération internationale permettrait de restreindre le phénomène : « Si les détenteurs des adresses pirates sont dans des pays qui leur offrent une certaine bienveillance, c’est sur ces pays qu’il faut faire pression. Comme avec les paradis fiscaux », argumente-t-il.

En attendant, le bitcoin reste un instrument difficile à appréhender par les institutions classiques. « Arrêter le bitcoin est impossible, appuie Jacques Favier. En interdire ou en restreindre l’usage va être très difficile.

« Irresponsabilité numérique »
Vouloir interdire la cryptographie [qui sert de base aux crypto-monnaies], c’est décider de laisser les portes ouvertes pour empêcher les voleurs de crocheter les serrures. »

Les experts interrogés affirment également que les rançons en bitcoins sont loin d’être le principal problème en termes de sécurité informatique. « On oublie de dire que les Etats ont développé des outils de cyberattaques qui tombent aux mains des criminels, et que ces Etats ne protègent pas leurs institutions. Il y a une vraie irresponsabilité dans la gestion de la sécurité numérique », assène Alexis Roussel.

Dans les localités situées sur la Petite Côte sénégalaise, les retraités européens entament une seconde jeunesse. Des personnes d’un âge très avancé épousent de jeunes de notre pays et mettent à leur disposition toutes les commodités. Mais cet eldorado se transforme souvent en cauchemar pour ces jeunes. Souvent trahis, ils trouvent refuge dans l’alcool, la violence, la prostitution...

La trentaine sonnée, Fa attend un taxi sur le bord de la route longeant la mairie de Saly Portudal. La mine renfrognée, elle regarde d’un œil méprisant les passants. Derrière ce mépris, se cache une amertume. «  Il fut un temps, elle roulait sur des millions. Elle avait un mari européen qui l’a finalement lâchée pour une autre fille », explique un jeune vendeur. Cheikh Fall, gérant d’un bureau de change, fait partie des personnes qui en savent sur Fa, une personne bien connue à Saly. Il corrobore les propos du jeune marchand. « Fa avait une voiture et était tous les jours dans les boites de nuit avec son copain. Maintenant, elle est désœuvrée », raconte-t-il.

« Elle avait épousé un vieil homme blanc. Celui-ci avait déménagé au Sénégal, mais a finalement choisi de rentrer dans son pays. En partant, il a refusé d’embarquer sa jeune épouse sénégalaise », ajoute notre interlocuteur. Des jeunes ayant subi le même sort que Fa, Saly Portugal en compte beaucoup. «  Beaucoup de filles contractent des mariages mixtes, mais le plus souvent la relation aboutit au divorce », fait remarquer Cheikh Fall. « Ces ruptures plongent les jeunes dans la précarité, parce qu’ils sont habitués à la belle vie. Une retraitée européenne de 75 ans peut épouser un jeune de 25 ans et l’abandonner après quelques années, parce que le cadet n’est plus performant. Quand il n’en peut plus, elle n’hésite pas à l’abandonner », dit Mame Thierno Sarr, marchand ambulant.

Les exemples ne manquent pas pour étayer les propos. « Un jeune natif de Gandiaye, dans le département de Kaolack, a vécu le même sort. Il avait épousé une vieille Européenne de 60 ans. La femme avait acheté une villa à Saly. Elle avait aussi mis à sa disposition un véhicule. Le jeune faisait du sport tous les jours pour être en forme.

La vieille ne voulait que sa force physique. Au bout de deux ans, le jeune a craqué. Il fuyait. Pour le pousser à la porte, la femme l’a accusé de vol », explique-t-il. « Finalement, ce jeune s’est retrouvé dans des difficultés. Sans argent, il passait presque tous les jours dans les boites de nuit. Il avait réussi à trouver une autre épouse européenne. Mais cette fois-ci, il a négocié pour partir avec elle en Europe. Depuis qu’il est parti, je n’ai plus de ses nouvelles », ajoute Mame Thierno.

Des unions basées sur l’argent
Mariage mixte SénégalSaly Portudal, Somone, Nianing, Pointe Sarrène, Mbodienne, Mbour et les autres localités situées sur la Petite Côte sont touchées par le phénomène. Les jeunes victimes sont nombreuses. « Il suffit juste de visiter les boîtes de nuit avec une personne qui connaît bien la zone. Tu ne verras que des personnes trahies qui se retrouvent dans la précarité. Si elles ne sont pas alcooliques, elles plongent dans la violence ou la prostitution », fait remarquer Aïcha, une vendeuse. « Les personnes très âgées qui se marient avec des jeunes au Sénégal savent qu’elles ne peuvent pas avoir cela eu Europe. C’est pourquoi, je ne les considère pas comme des touristes, mais des « Sénégaulois », se désole la jeune Sénégalaise qui décrie le comportement de ses compatriotes.

« Les Blancs sont partis. Il ne reste que des toubabs sénégalais. Tu les vois à Ngaparou, Toubab Dialao, Somone. Tu verras souvent dans ces localités des Blancs qui se marient à des filles sénégalaises. Ces unions sont basées sur l’argent. Les Blancs donnent des voitures et des maisons », déplore de son côté Sitapha, un jeune chauffeur de taxi. « Je ne pense pas trouver une vieille toubab. Il y a des jeunes qui sont souvent hébergés par des Européennes. Ils oublient souvent leurs parents. Ils passent tout leur temps avec l’Européenne », poursuit notre interlocuteur.

Khadim Sarr, boutiquier à Saly, estime qu’aucun jeune ne doit accepter de sacrifier son avenir pour de l’argent. « Un mariage entre une jeune et un vieux n’est pas une bonne chose. Avoir 19 ans et se marier avec un homme de 70 ans ressemble à un suicide. Une fille qui le fait se retrouvera, un jour, dans la souffrance. Nous avons vu des filles qui géraient des millions et qui se sont retrouvées dans la dèche. Elles n’ont plus rien », alerte-t-il. M. Sarr réfute les propos de ceux qui soulignent qu’il y a des cas de réussite. « Il y a quelques réussites, mais les échecs sont plus nombreux.  Tu peux avoir une belle maison, mais tu auras une fin triste », prédit Khadim Sarr.

SALY PORTUDAL : Incursion dans un paradis terrestre
Saly Portudal est un centre commercial à ciel ouvert, un site touristique prisé mais aussi un paradis terrestre où des vieux de 70 ans marient des jeunes d’à peine 20 ans. La nuit, les donjuans de tout poil vont à la quête des rôdeuses nocturnes friandes de billets de banque.

En franchissant le panneau d’affichage souhaitant aux voyageurs, en gros caractères, la bienvenue à Saly Portudal, le visiteur pourrait vite se croire en territoire européen. Une sorte de « Little France ». Ils n’avaient pas tort, ces migrants d’un pays voisin qui, en partance pour l’Espagne à bord d’une embarcation de fortune, avaient commencé à jubiler en apercevant la station balnéaire qui, en pleine nuit, leur semblait être la porte de l’Espagne. En effet, après une longue période de traversée de l’étendue bleue, ces voyageurs clandestins, voyant Saly briller de mille feux, croyaient qu’ils étaient arrivés à destination.

Ces charmants coins
vue aérienne SalyLes malheureux migrants étaient seulement charmés par la beauté des installations hôtelières de Saly. Dans cette localité située à droite de l’entrée de Mbour en provenance de Dakar, le décor, au fur et à mesure que l’on pénètre à l’intérieur de la ville, indique que l’on est bien dans une zone touristique. Ici, les supermarchés, les restaurants chics, les bars, les dancings et les grands hôtels côtoient les banques, les assurances et les bureaux de change. Malgré le Ramadan, ces lieux ne désemplissent pas. Les vendeurs de tableaux d’art et d’objets exotiques et autres sculpteurs complètent ce décor où des touristes enthousiastes sont heureux de faire leurs courses. Tant mieux pour l’économie locale.

Il faut dire que dans ce site touristique très réputé, l’activité économique est toujours intense. Toute la journée, des transactions sont effectuées. En réalité, Saly n’est qu’un centre commercial à ciel ouvert ! Autre indication que l’on se trouve en zone touristique, la présence de nombreux étrangers avec leurs incessants va-et-vient tout au long de la journée. Ils sont, en majorité, des Français. Mais on y rencontre aussi des Italiens, des Anglais et des Maghrébins. Tout porte à croire qu’ils sont bien intégrés, vu l’épanouissement dont ils font montre. « Ici, on peut trouver tout ce que l’on veut à des prix convenables », se réjouit Fabrice, un retraité français qui a manifestement pris goût à son séjour sénégalais. Après une première visite fructueuse en février dernier -il y a trouvé femme, une jolie liane- le septuagénaire espère revenir, sous peu, s’installer définitivement au pays de la « Téranga ». Il n’est pas le seul. Ils sont, en effet, nombreux, les retraités occidentaux qui, après une carrière professionnelle bien remplie chez eux, décident de finir leurs jours sur la Petite Côte, dans ces charmants coins comme Saly Portudal. Avec l’argent épargné pendant leur carrière professionnelle, ils sont assurés de pouvoir se la couler douce à Saly où le coût de la vie est relativement peu chère. Cerise sur le gâteau, certain(e)s se paient le luxe de se taper une jeune Sénégalaise ou un jeune Sénégalais. 

Peu leur importe l’écart d’âge souvent très grand ! « Le cœur a ses raisons que la raison, elle-même, ignore », dixit le chanteur ! « Ils (les retraités européens) ont chez nous ce qu’ils ne peuvent pas avoir chez eux. Imagine un Sénégalais de 60 ans se marier avec une jeune Sénégalaise de 18 ans ou une vieille Sénégalaise de 75 ans se marier avec un jeune de 20 ans. Cela est presque impossible chez nous », fait remarquer Babacar Guèye, le 3ème adjoint au maire de Mbour.

Saly by night
Saly PortudalUn tour à Saly permet de se convaincre de la forte présence des couples mixtes dans cette station balnéaire où ils se baladent en plein jour, bras dessus, dessous. Et si l’on en croit un autre Babacar Guèye, premier adjoint au maire de Saly, la tendance des couples mixtes est à la hausse ces dernières années. Autant dire que le phénomène a encore de beaux jours devant lui, en dépit des désillusions dont ont été victimes plusieurs jeunes gens. Abandonnées comme des malpropres, certaines filles se sont réfugiées dans l’alcool et la prostitution. « D’autres croupissent en prison », révèle encore Babacar Guèye qui ne voit « aucun avantage dans les mariages mixtes ».

La nuit, Saly Portudal vit au rythme des bals et autres soirées torrides où la luxure le dispute à l’alcool. C’est un autre monde ! En quête de belles rôdeuses, les viveurs nocturnes et les donjuans de tout poil prennent d’assaut les cafés, cabarets et auberges pour passer du bon temps. Pendant ce temps, les patrouilles de la gendarmerie sont permanentes pour éviter tout débordement. Dans les rondpoints, des travailleuses de sexe, ayant loué des taxi-clandos pour toute la nuit, attendent avec impatience l’arrivée des clients. Parmi elles, des Sénégalaises, mais aussi des Africaines de la Sous-région notamment des Nigérianes et des Ghanéennes.

Un homme, la trentaine, s’avance sans hésiter au milieu de la foule. Il doit être un client régulier des lieux vu l’assurance avec laquelle il s’y prend. Une fille, en robe hyper courte, vient à son encontre. Ils sympathisent et après quelques minutes de discussion, le marché est conclu. Le jeune homme et sa partenaire s’engouffrent aussitôt dans un taxi-clando, direction la sortie de Saly, vers Mbour. Bientôt, on ne pourra plus compter les couples qui répéteront le même scénario. A la grande satisfaction des chauffeurs de taxi-clandos qui doivent se frotter les mains.

A l’origine un village de pêcheurs, Saly a radicalement changé de visage grâce à une urbanisation rapide, au tourisme et aux infrastructures connexes. L’impact socio-économique du tourisme dans la vie des habitants est réel. Mais si l’on en croit un journaliste, sous couvert de l’anonymat, qui connaît bien la zone, beaucoup de personnes croulent encore sous le poids de la pauvreté. « Il y a un grand paradoxe puisque malgré ce développement lié au tourisme, nombreux sont ceux qui peinent à joindre les deux bouts,», explique-t-il. Selon lui, une bonne partie des habitants pauvres est concentrée au village traditionnel de Saly Niakh Niakhal. Là-bas, pour échapper à la pauvreté et la dureté de la vie, beaucoup de jeunes filles se sont jetées dans les bras des touristes européens. « Certaines belles maisons y ont été construites par des filles mariées à des Européens », renseigne-t-il.

Par Babacar DIONE et Diégane SARR

Last modified on vendredi, 23 juin 2017 15:56

Les vieilles habitudes

23 Jui 2017
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Mois d’absolution de tous les péchés, le Ramadan touche à sa fin. Une occasion saisie, par des hommes et femmes bien de chez nous, pour se consacrer pleinement aux dévotions dans le dessein de refaire, pendant 29 ou 30 jours, une nouvelle virginité… au plan comportemental. Durant ces journées de jeûne, de nombreux mâles avaient déserté « mbed u naari » (le chemin vers le temple de Bacchus) pour emprunter, chapelet à la main, « mbed u jakka » (la voie de la mosquée).

Des gonzesses, célibataires ou divorcées avaient réfréné leur ardeur de croqueuses d’hommes, en rangeant, dans le placard, leurs légères et transparentes étoffes comme les tongs, shorts, décolletés profonds, mini et robes fendues. Ces néo-saintes nitouches du Ramadan, emmitouflées dans des « jelabas », ces manteaux de la chasteté les couvrant de pied à cap ont torturé leurs admirateurs en les empêchant, pendant un mois, de se rincer l’œil sur leur joli teint, mais aussi leurs fesses bombées, ongles, tresses et cheveux parfaits. Mais, les vieilles habitudes ont la vie dure.

Donc, ne soyez pas surpris, dès l’apparition, samedi ou dimanche prochain, du croissant lunaire annonçant la fête de Korité, de voir des foules de bonnes gens retourner à leurs vieilles amours, à leurs vieilles habitudes pour (re)faire plaisir à leurs sens et donner du tonus à leur corps en manque. Dans la masse, des donzelles pressées de retrouver leurs hommes et des gus impatients d’aller lever le coude chez Bacchus. Leur prochaine pause ou cure, ce sera au Ramadan 2018, dans 11 mois.

Par Cheikh Aliou AMATH

Après Facebook la semaine dernière, Google affirme à son tour intensifier ses efforts en matière de lutte contre les contenus « extrémistes ou liés au terrorisme » sur sa plateforme vidéo YouTube, grâce notamment à l’intelligence artificielle.

La tâche des géants du Web pour ne pas tomber dans la censure est complexe. « La vidéo d’un attentat terroriste peut relever de l’information si elle est publiée par la BBC, ou bien être une apologie de la violence, selon le contexte et l’utilisateur qui l’a mise en ligne", indique Google.
La machine pour détecter, l’humain pour comprendre

L’entreprise promet de renforcer son utilisation de l’intelligence artificielle, de façon à ce que les ordinateurs « nous aident à identifier et à retirer plus rapidement des contenus extrémistes ou liés au terrorisme ».

Reconnaissant que la technologie ne saurait être la seule réponse, le groupe de Mountain View promet d’augmenter « de façon importante le nombre d’experts indépendants » chargés de surveiller les vidéos. « Les machines peuvent nous aider à identifier les vidéos qui posent problème, mais l’expertise humaine permet de faire la différence entre les vidéos de propagande (…) et l’information », explique Google.

Lutter contre la radicalisation
Le groupe va également collaborer avec davantage d’ONG pour filtrer les contenus, est-il précisé, ainsi qu’avec des « groupes (qui luttent contre) le fanatisme » de façon « à identifier des contenus utilisés pour radicaliser et recruter des fanatiques ». Il va aussi utiliser les techniques de publicité ciblée pour envoyer à des recrues potentielles de groupes terroristes des vidéos qui déconstruisent ces messages, dit-il encore. Google va enfin renforcer sa lutte contre les vidéos qui contiennent des propos « religieux » extrémistes ou prônant la suprématie idéologique.
Le combat n’est pas que solitaire. Fin 2016, Facebook, Twitter, Microsoft et YouTube ont annoncé la création d’une base de données commune rassemblant les « empreintes digitales numériques » de certaines images ayant été retirées de l’une ou l’autre de leurs plateformes.

La foudre d’En marche qui a récemment propulsé Emmanuel Macron à tête de la République française a également mis en avant une multitude de personnalités jusqu’ici inconnues de la scène. Parmi celles-ci figure une française d’origine sénégalaise. Sira Sylla a grandi à St Etienne du Rouvray au sein d’une famille de onze enfants. Son père d’origine sénégalaise était chauffeur d’autobus. Candidate de La République en Marche aux élections législatives  de 2017 dans l'ancienne circonscription de Laurent Fabius, elle élimine son successeur Guillaume Bachelay au premier tour, puis bat avec 60,73 % des suffrages (19.271 voix) son concurrent du Front national  au second tour pour être élue députée à l'âge de 37 ans.

Sira Sylla est avocate en droit social, spécialisée dans les relations individuelles et collectives. Originaire de Saint-Étienne-du-Rouvray, elle vit aujourd'hui à Rouen. Par le passé, Sira Sylla ne s'était jamais engagée en politique et n'a donc jamais exercé de mandat. Cette campagne pour la République en Marche dans la 4e circonscription de Seine-Maritime est sa première.

 « Je suis une fille de l’école républicaine, lance l’ancienne élève de l’université de Droit de Rouen. Si la France ne m’avait pas permis d’étudier, je n’en serais pas là aujourd’hui », souligne-t-elle. La candidate de la République en marche assure qu’elle sera « une députée de proximité. Je serai souvent sur le terrain, sinon je ne vois pas comment porter la parole des habitants de la circonscription à l’Assemblée nationale », affirme-t-elle.

Par Oumar BA

Last modified on vendredi, 23 juin 2017 16:15

Il fait partie de ces bonnes gens qui, par modestie, refusent d’être au-devant de la scène et travaillent, par bonté, à faire braquer, sur d’autres individus, tous les projecteurs. Dr Mouhamed Habiboulah Sy, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est de cette race d’hommes. Chez cet éducateur, cet érudit du Coran et ce pédagogue aguerri, la transmission des connaissances islamiques est un sacerdoce.

« Derrière chaque grand homme, il y a une grande dame », dit l’adage. Aussi, derrière un grand élève, on trouve un grand maître. Ce qui s’applique convenablement au Dr Mouhamed Habiboulah Sy. Le nom ne vous dit certainement pas grand-chose. Normal. L’homme n’a jamais été au-devant de la scène. Dans la plus grande discrétion, il s’est, depuis de longues années, évertué à servir son pays. Son champ d’évolution est celui de la transmission du savoir. Dr Sy est un spécialiste des sciences de l’éducation qui s’est toujours occupé à inculquer aux jeunes un solide savoir. Son système, fondé sur la rigueur, le suivi et l’application, a produit, jusqu’ici, des élèves de qualité.

Parmi les potaches instruits par Dr Mouhamed Habiboulah Sy, il y a Mouhamed Moujtada Diallo, récemment consacré champion du monde de récital du Coran en Malaisie. Ce maître hors normes, de taille moyenne et de teint noir, entretient bien sa longue barbe. Le visage avenant, il nous reçoit dans le bureau qu’il occupe dans son établissement de la banlieue dakaroise. Beaucoup d’ouvrages en langue arabe sont entassés dans l’office. Ici, on est en contact permanent avec la connaissance. D’ailleurs, la quête de connaissance et, ensuite, sa vulgarisation sont la raison d’exister des Sy. « En choisissant le chemin de la transmission des connaissances, je n’ai fait que suivre les pas de mes aïeuls », révèle-t-il.

Un parcours honorable
Dr Mouhamed Habiboulah Sy est né en 1969 à Diattar (département de Podor) dans le Fouta. Son grand-père s’appelle Thierno Hamidouh Diattar Sy. « Ce dernier a considérablement contribué à la formation des fils et petit-fils de Cheikh Oumar Foutiyou Tall. Il a ainsi encadré Thierno Mountaga Tall et Thierno Maddani Tall, entre autres Tall », renseigne-t-il. Il a, lui-même, été initié par son père à Diattar avant de se rendre à Galloya pour poursuivre ses études auprès de Thierno Cheikhou Kane. Suite au rappel à Dieu de son maître, il est pris en charge par le fils du défunt formateur, Thierno Mamada Kane. C’est ici qu’il maîtrisa le Coran avant de se rendre en Mauritanie dans le but de toujours perfectionner ses connaissances.

Dans ce pays ami du Sénégal, il intègre l’institut des études coraniques, y passe deux ans et décroche un diplôme spécialisé en Education. Toujours déterminé à acquérir de nouvelles connaissances, il se rend à l’université islamique de Médine en Arabie Saoudite. C’est là qu’il décroche son baccalauréat et sa maîtrise. Il prend la direction du Soudan où il décroche son doctorat en Sciences de l’éducation. C’est en 1997 qu’il décide de se lancer dans l’enseignement, en fondant sa propre école. « Au début, je n’avais que quatre élèves, toutes des filles », se rappelle-t-il. Il n’avait pas suffisamment de moyens et comptait sur ses propres fonds qui n‘étaient guère très substantiels.

« A mes débuts, j’étais confronté à plusieurs difficultés. J’avais du mal à honorer les frais de loyer, à subvenir à mes propres besoins. Mais, j'ai tenu bon », souligne-t-il. C’est petit à petit que le cercle des élèves s’est élargi, en passant de quatre à quinze, puis à vingt élèves. La qualité de l’enseignement dispensé fait la publicité de l’établissement qui attire de plus en plus d’élèves. Des chefs religieux, très connus, décident également d’y envoyer leurs enfants. « Cet intérêt amène davantage de parents à inscrire leurs garçons ou filles dans mon école », se souvient Dr Mouhamed Habiboulah Sy dont l’école se trouvait alors entre Diacksao et Diamaguène, en banlieue dakaroise.

La consécration
C’est quand l’effectif a atteint le nombre de 100 élèves que Dr Mouhamed Habiboulah Sy a commencé à trouver son indépendance financière. Il est désormais en mesure de mettre dans de meilleures conditions les apprenants. Alors, il s’achète un terrain à Sicap Mbao et y construit son école qui, pour l’internat seulement, reçoit plus de 1.500 pensionnaires. L’établissement fait travailler une quarantaine de personnes toutes rémunérées. Ici, tout élève mémorise d’abord le Coran et poursuit le cursus en franco-arabe jusqu’à l’obtention du baccalauréat. « L’année passée, l’école a enregistré 96% de taux de réussite au Cfee, 92% au Bfem et 70% au baccalauréat. L’on a passé une entente avec les universités dans des pays comme le Maroc, la Turquie, l’Arabie Saoudite, le Koweït, l’Egypte. Cela fait déjà dix ans que les pensionnaires de l’école prennent part à des concours internationaux », informe Dr Sy.

Selon le chef d’établissement, la demande est aujourd’hui supérieure au nombre de places disponibles. C’est pourquoi, il lance un appel au gouvernement ainsi qu’aux bonnes volontés pour l’aider à la délocalisation de l’établissement dans un endroit plus vaste, comme Diamniadio. Dr Mouhamed Habiboulah Sy invite les parents d’élèves à orienter leurs enfants vers l’apprentissage de la religion cumulé au système français.

« Cette donne leur permet de connaître leur religion et de s’ouvrir aux enjeux du monde », conseille-t-il avant de souligner que « le choix porté sur Mouhamed Moujtada Diallo dans le cadre des concours n’est point hasardeux. C’est un élève qui a toujours su se surpasser ». D’ailleurs, fait-il savoir, autant pour le baccalauréat arabe que français, il s’est classé deuxième de son centre.

En organisant des sorties pédagogiques pour les élèves, Dr Mouhamed Habiboulah Sy s’est imposé le devoir de faire saisir aux pensionnaires de son établissement que l’instruction et la formation leur sont indispensables s’ils tiennent à être des citoyens imbus des problèmes qui se posent à leur pays, des sujets décidés à mettre leurs connaissances au service de la communauté nationale, des personnes libres, conscientes de leurs droits et de leurs devoirs, respectueuses de la loi et ayant le sens des responsabilités.

Par Oumar BA

Last modified on vendredi, 23 juin 2017 16:15

Bakou, la capitale azerbaïdjanaise a été le point de ralliement du monde musulman du 12 au 22 mai dernier. C’était lors des 4èmes Jeux de la solidarité islamique. Les participants ont saisi l’occasion pour mieux connaître ce pays de l’Asie centrale, ancienne République soviétique dont la principale ville affiche plusieurs atouts alliant enracinement et ouverture. Etape importante de l’ancienne Route de la Soie, Bakou est la vitrine d’un pays qui, après son indépendance, poursuit son expansion.

Bakou offre au visiteur qui y met les pieds pour la première fois l’image d’une ville très propre avec de larges avenues, beaucoup d’espaces verts qui bordent les routes et des places publiques. De l’aéroport international Heydar Aliyev, distant de 16km du centre-ville, aux principaux quartiers de la ville, les arbres défilent, alternant avec les grandes constructions. S’offrent au regard du visiteur qui débarque, de longs murs bordant les avenues et des espaces verts bien entretenus par une armée de travailleurs qui se relaient sur les différents sites à longueur de journée. Et le fruit du travail est très édifiant : pas une feuille qui virevolte encore moins du gravat qui déborde des chantiers sur les trottoirs. Dans cette ville en constante progression, les immeubles poussent comme des champignons ; un progrès encouragé et entretenu par l’exploitation du pétrole dont le pays exporte environ un million de barils par jour. Et Bakou, la principale métropole, s’affiche un peu plus comme la destination privilégiée des couches aisées du pays mais également des Etats voisins. Du coup, les grandes surfaces foisonnent de partout. Des boutiques de grand luxe qui s’alignent tout au long des grandes avenues proposent aux passants des produits de marque (cosmétiques, vêtements comme automobiles). Pas étonnant dans un pays qui aspire à faire de sa capitale, un hub touristique et commercial dans la région à l’image de Dubaï au Moyen-Orient.

En ville, plusieurs attractions égaient journellement le séjour des visiteurs et le quotidien des habitants. Bakou compte des espaces verts à foison aussi bien sur sa façade maritime qu’au bord de ses larges avenues. Si ce ne sont pas des parcs, il s’agit d’espaces aménagés pour recevoir, à longueur de journées, les visiteurs. Le Parc zoologique, situé au cœur de la ville, est un lieu privilégié vers lequel convergent des centaines de curieux qui peuvent contempler des tigres, des lions, des oiseaux, des singes, ou encore, des animaux exotiques.

En tout, quelques 1193 animaux de 168 espèces auxquels s’habituent jeunes écoliers et touristes s’y côtoient sur une superficie de 4,25 hectares. Le Parc occupe une bonne place dans les habitudes des citadins et se positionne comme un endroit qu’il faut visiter à tout prix. Toujours sur le front de mer, de larges esplanades bordent la Mer caspienne et constituent des lieux de villégiature pour les visiteurs qui peuvent admirer, à longueur de journée, la beauté du milieu.

Un musée riche de 10.000 objets
Musée du tapis de BakouSinon, des vitrines et autres espaces de détente s’offrent également à la curiosité des visiteurs avec parfois, une architecture futuriste. Deux bâtiments originaux attirent l’attention des passants : d’une part, le Centre culturel Heydar Aliyev et d’autre part, le Musée du Tapis de Bakou. Le premier est un complexe ultra moderne d’environ 100.000 mètres carrés, édifié sur l’Avenue Heydar Aliyev et comprenant un centre de congrès, un musée, une bibliothèque et un parc d’une superficie de 9 hectares. Il a été construit entre 2007 et 2012 sur le sommet d’une colline urbaine dans le quartier le plus récent de la ville et pour relater la vie du père du président de la République dont il porte le nom.

Le musée du Tapis et des arts appliqués inauguré en 2013 est construit en forme de tapis enroulé et se trouve sur le boulevard en bordure de la Mer caspienne. D’une grande originalité par son architecture, le bâtiment a pris le relais d’une ancienne mosquée de la vieille ville qui faisait office de musée. A l’intérieur, on retrouve exposées, les créations des 19ème et 20ème siècles d’un art azerbaïdjanais classé aujourd’hui au Patrimoine culturel immatériel de l'Unesco. Et l’inventaire officiel répertorie « plus de 10 000 objets historiques et des œuvres d’arts qui sont conservés à l’intérieur ». Il expose également de très nombreux tapis, dont les caractéristiques techniques sont détaillées par de petits écriteaux en anglais. On peut admirer le tapis le plus ancien qui date du XVIIe siècle, mais la plupart des pièces exposées a été tissée au début du XXe siècle.

Old City contre ville nouvelle
La ville de Bakou a la particularité d’être divisée en deux blocs distincts. Si certaines métropoles se subdivisent en endroits chics d’une part et en bidonvilles de l’autre part, la capitale azerbaïdjanaise offre une autre image. Avec d’un côté, l’ancienne ville communément appelée Old City avec ses bâtisses et places historiques et de l’autre, la nouvelle ville où les nouvelles constructions rivalisent d’originalité et de beauté. Dans l’ancien-Bakou, les anciennes constructions se côtoient avec des balcons en bois donnant sur des chemins étroits. Ici, les vestiges de la civilisation azérie sont visibles à travers l’architecture. La vieille ville de Bakou est présentée comme le quartier historique résidentiel et une réserve historico-architecturale au centre de la métropole.

Avec plus de 1.300 familles qui habitent sur une superficie de 221.000 m2, occupée par la réserve. Ici, les métiers artisanaux ainsi que le commerce sont assez développés et le visiteur se voit proposé plusieurs articles par les antiquaires qui pullulent le long des rues. Cette partie de la ville regorge de curiosités. Au rang des monuments historiques, la Tour de Vierge (Qiz Qalasi en Azéri et Maiden Tower en anglais). Avec le Palais des Chirvanchahs, cet édifice d’une hauteur de 30m est l’une des attractions de la Vieille ville. Avec un ticket vendu à 1,6 manat aux locaux et 8 manats (environ 2500 francs) aux étrangers, le visiteur peut escalader ce monument à travers un escalier minuscule qui ne permet pas un passage simultané de deux personnes. Du coup, la horde de visiteurs est obligée d’attendre pour monter ou descendre à tour de rôle. Heureusement que ces escaliers ne donnent pas sur de hauts niveaux puisque le toit est à peine haut de 2 mètres. Il est donc facile de se retrouver au toit de la Tour après sept niveaux où l’on découvre sur des écrans ou par des images 3D, quelques récits et légendes de la ville ou qui racontent des histoires de la Tour dont la date de construction n’est pas connue, selon la version officielle. Il n’en demeure pas moins que l’édifice qui a servi de phare aux 18ème et 19ème siècles, est entré en décembre 2000 dans la liste des monuments du Patrimoine culturel mondial de l’Unesco en même temps que le Palais des Chirvanchahs. Ce dernier est un édifice médiéval dont la construction entamée au XIIe siècle a été achevée définitivement au XVe siècle.

Nouveaux et anciens quartiers sont séparés par une muraille fortifiée grâce à laquelle les habitants se protégeaient des offensives ennemies, en particulier des invasions russes, selon les récits. La nouvelle ville concentre l’essentiel des constructions futuristes qui font la fierté des autorités. De toutes les nouvelles constructions qui ornent le décor et s’offrent à la vue des habitants et visiteurs, les Flame Towers ont l’une des formes les plus originales. Construites sur l’une des principales collines de Bakou entre octobre 2007 et avril 2012, les trois tours qui se font face, font office de bureaux pour l’une, d’appartements pour l’autre et enfin d’hôtels et restaurants pour la dernière. La nuit, c’est un spectacle saisissant qui se dégage des lieux grâce à plus de 10 mille lampes LED disposées sur leurs façades ; ce qui en fait des torches illuminant la colline et les habitations environnantes.

Non loin de là, sur les rives de la Mer Caspienne, la fierté nationale est mise en exergue de fort belle manière, avec un édifice imposant dénommée la Place du drapeau national. Une construction qui ne passe pas inaperçue depuis son inauguration le 1er septembre 2010. Avec des mensurations démesurées (70m de longueur et 35m de hauteur), le drapeau azerbaïdjanais est installé sur un mât de 162m. Ce monument a détenu, pendant un peu plus d’un an, le record du drapeau le plus haut perché du monde avant que le pays voisin, le Tadjikistan ne le supplante avec un flambeau hissé à 165m sur la baie de Douchanbé, la capitale, à l’occasion du 20ème anniversaire de l’indépendance de cette ancienne République soviétique d’Asie centrale. D’autres constructions aussi impressionnantes les unes que les autres sont entreprises pour donner à la ville, un rayonnement de plus en plus prononcé en adéquation avec les pouvoirs publics et les investisseurs.

Bakou, une ville sportive
Grand prix AzebaïdjanL’édition 2017 des Jeux de la Solidarité islamique a été un rendez-vous de plus pour la capitale azerbaïdjanaise dans sa panoplie d’événements sportifs qu’elle a organisés ou s’apprête à abriter.

Bakou s’affiche, en effet, de plus en plus comme une destination privilégiée pour abriter des compétitions internationales. Pas étonnant si l’on sait que le président de la République, Ilham Aliyev est le président du Comité national olympique local depuis 1997. Aussi, la première dame, par ailleurs première vice-présidente du pays, est également la présidente de la Fédération azerbaïdjanaise de gymnastique. Un ancrage dans le mouvement sportif du couple présidentiel qui se matérialise donc par un investissement accru dans le sport. Au-delà des infrastructures qui accueillent les joutes, les transports, l’hébergement ou encore la restauration ont été de grande qualité durant les Jeux de la Solidarité islamique (du 12 au 22 mai dernier) où 16 sites avaient accueilli les athlètes de 20 disciplines.

Cet énorme investissement, par delà les événements sportifs, vise également à assurer le rayonnement de la ville. Et le summum dans l’organisation de manifestations sportives se trouve être l’accueil des Jeux olympiques, le plus grand événement sportif du monde. Et même si Bakou n’a pas encore eu ce privilège, ce n’est pas faute d’avoir essayé : elle a, en effet, été candidate à l’organisation des JO d’été de 2016. Une candidature, toutefois, rejetée durant la phase préliminaire de sélection. On sait que, finalement, c’est Rio de Janeiro qui avait été retenue. Bakou a retenté sa chance pour les Jeux olympiques d’été de 2020, sans plus de succès puisque c’est la métropole japonaise, Tokyo qui a été choisie. Néanmoins, la presqu’ile azerbaidjanaise peut s’enorgueillir d’avoir accueilli des événements d’envergure mondiale. Dès 2004 et sous la houlette de la présidente de sa fédération de gymnastique qui n’est autre que sa Première dame, la ville s’est vu confier l’organisation des Championnats du monde de gymnastique rythmique de 2005 avec la participation d’athlètes venus de 48 nations.

En 2012, l’assemblée générale des Comités olympiques européens a retenu Bakou pour abriter les 1ers Jeux européens en 2015. Ce qui est, jusqu’à présent, le plus grand événement multi-sport organisé dans l’histoire de l’Azerbaïdjan. Une manifestation à laquelle 50 pays européens avaient envoyé des athlètes. Elle précède les Jeux islamiques dont le format est quasiment le même et elle a mobilisé la presque-totalité des ressources humaines comme infrastructurelles.

Tout comme l’Olympiade d’échecs, le championnat d’Europe de football des moins de 17 ans que la ville a déjà accueilli. S’y ajoute une nouvelle manifestation d’envergure internationale. En effet, pour marquer les 60 ans de sa première édition, le Championnat d’Europe de Football se disputera, en 2020, dans 13 villes du Continent. Et le stade olympique de la capitale azerbaïdjanaise d’une capacité de 68.700 places a été retenu pour abriter trois matchs de poules et un quart de finale de ce tournoi. Prochainement, la ville va également accueillir le Championnat d’Europe de volley-ball féminin.

Dans le cercle fermé de la Formule 1
Flame Towers BakouEn 2016, cette ville située au bord de la Mer caspienne a franchi un nouveau cap, avec l’inscription de son circuit automobile dans le calendrier de la Formule 1. Et parallèlement aux Jeux de la Solidarité islamique, Bakou était en plein dans la préparation de cet événement qui mettra le pays sous le feu des projecteurs. Ce qui est d’ailleurs l’un des objectifs visés par le pouvoir qui veut « positionner l’Azerbaïdjan en Europe et démontrer leur volonté d’ouverture aux visiteurs étrangers ». Et après le succès de la première édition, les organisateurs ont décidé de le renommer Grand Prix d’Azerbaïdjan, et non plus Grand Prix d’Europe, son appellation antérieure.

La course qui sera le 8ème des 20 rendez-vous que compte, cette année, le calendrier de la saison de Formule 1, aura lieu le 25 juin courant sur le circuit urbain de Bakou. Ce circuit automobile temporaire est situé près du parc maritime de Bakou, où les tentes et autres tribunes provisoires commencent à s’élever pour accueillir les spectateurs. Il a accueilli, pour la première fois, le Grand Prix d’Europe de Formule 1, le 19 juin 2016. Cette année encore, les concurrents arpenteront 52 fois le circuit fermé de 5,872km soit une distance totale de 305,344 km. L’histoire retiendra que c’est le champion du monde allemand, Nico Rosberg sur Mercedes qui s’était imposé lors de la première édition.

Dakar Square, en souvenir d’un jumelage scellé en 1967
A cinq stations de métro de la gare de Koroglu, en allant vers l’est, se trouve celle de Neftchilar. Un endroit dont le tunnel débouche sur un rond-point où la circulation est dense en ce début d’après-midi et où le passage est réglementé par un agent de police malgré la présence de feux de signalisation. Pour accéder à la place où se dressent trois colonnes verticales, il faut l’intervention du policier en poste pour intercéder auprès des automobilistes nombreux à cette heure de pointe. Ici, se trouve la Place Dakar ou Dakar Square ou encore Dakar Circle ; un endroit pour matérialiser le jumelage entre la métropole azerbaïdjanaise et la capitale du Sénégal. L’endroit est situé à l’intersection de la rue Rustam Rustamov et de l’avenue Kara Karayev, près de la station de métro « Neftchilar ».

A l’entrée de la station, une plaque multicolore s’offre aux passants avec les inscriptions « Cités Unies » pour faire un clin d’œil à l’union que la métropole a scellée avec Dakar au même titre qu’avec huit autres villes du monde. Plusieurs habitants (dont notre guide) et passants ignorent tout de la ville dont le nom est inscrit sur le mur. Pire, beaucoup de passants ignorent jusqu’à l’histoire de cette place et l’existence de la ville jumelle. Et selon la présentation officielle, « la place a été nommée à l’honneur de la ville de Dakar, capitale du Sénégal et de la ville jumelle de Bakou. Ces deux villes ont été jumelées en 1967 ». C’était sous le magistère du Docteur Samba Guèye. Et vingt ans plus tard, en septembre 1987, à l’occasion du centenaire de la fondation de la ville de Dakar, une délégation de la municipalité de Dakar s’était d’ailleurs déplacée à Bakou et avait visité la place dédiée à la capitale sénégalaise. Au centre de cette place, trône un monument de sépulcre orné de mosaïques, d’images de colombe et de salutations, ainsi d’un panneau incrusté représentant les armoiries de deux villes et avec les mots « Cités Unies », du côté est.

La culture pour plus d’ouverture
Centre culturel Heydar HaliyevSi le visiteur n’est pas emballé par la verdure, les attractions ne manquent pas pour satisfaire sa curiosité.
Des édifices récents comme anciens sont conseillés aux voyageurs et sont pris d’assaut toute la journée pour des moments de détente. Dans leur quête de grandeur, les autorités de ce pays affranchi de l’Union soviétique en 1991 au même titre que 13 autres nations voisines, ont entrepris des chantiers de prestige. Un besoin de s’affirmer qui a un coût et la famille présidentielle n’a pas lésiné sur les moyens tirés principalement de l’exploitation du pétrole dont des puits artisanaux sont encore visibles à quelques endroits de la ville.

Et du côté du sport, rien de telle que la culture pour assurer au pays, un rayonnement international. C’est dans cette optique que l’Azerbaïdjan a accueilli, en mai 2012, la finale du concours de l’Eurovision : un concours international de chant auquel avaient pris part de jeunes prodiges de la chanson européenne issus de 42 pays du Vieux Continent. Pour cela, il avait fallu construire un Palais de la Chanson, le Crystall Hall qui a, depuis lors, accueilli des manifestations sportives dont les épreuves de karaté, d’escrime, de taekwondo, de volleyball, de boxe et de zurkhaneh aux Jeux européens et de la Solidarité islamique.

Avec cette organisation, il s’agissait, pour les autorités azéries, de s’assurer une publicité internationale puisque des centaines de millions de téléspectateurs suivent, chaque année cet événement. « L’organisation de l'Eurovision doit apporter la démonstration de notre culture, de nos traditions, de nos tolérances et de notre modernité », disait alors un des principaux conseillers du président Ilham Aliyev. Le but poursuivi était, en effet, de vendre, grâce à la vitrine Bakou, l’image de l’Azerbaïdjan à l’Occident.

De notre envoyé spécial à Bakou (Azerbaïdjan), Ousseynou POUYE

 

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