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Soleil Grand Air (516)

Abdou Aziz Sall, de son nom d’artiste Maha Lahi, est de ceux qui ne rompent jamais l’effort sur le chemin de l’accomplissement de leur destin. Cette atypique créature n’envisage l’épanouissement que dans le style musical auquel il s’identifie, le reggae, par la cadence et le sens. Par la spiritualité et l’engagement en faveur de l’aventure collective.

Son épouse s’appelle Fatou Ndiaye. Comme sa mère. Elle est son ombre qui lui rappelle le chemin parcouru et les horizons illimités à découvrir ensemble. L’ange gardien à la carnation claire est celle qui l’a aimé et choyé au beau milieu de la tempête. Elle est sa manageuse officieuse qui répond aux appels. Maha Lahi risquerait de tenir le téléphone à l’envers ! De toute façon, ça le laisse de marbre ! Il est de ces êtres qui ne subissent pas le temps et ne vivent que pour accomplir leur « destinée ». Il y a, dans la vie de « l’ex » Abdou Aziz Sall, de petites étrangetés aussi fascinantes que les saillies charmantes et égayantes de son imagination ; celle-là qui lui permet de tenir en haleine une assistance tout au long de ses exquises divagations.

Le quadragénaire, né à Kaolack, a bourlingué et trimé pour se fabriquer un destin dans un style musical, le reggae, qu’il a embrassé au détour d’un voyage en Gambie et d’une découverte d’un morceau du chanteur jamaïcain, Luciano. Après des études interrompues en classe de troisième aux cours moyens et secondaires, il s’essaie à plusieurs métiers. Mais, le cœur n’y était pas. En sus, « mon père et ma mère avaient divorcé », rappelle-t-il en guise de justification. Il tâte le ballon rond dans le « nawetaan » et s’égare un peu. La musique le ramène dans le « giron de la normalité ». Abdoul Aziz Sall imite des ténors de la musique sénégalaise : Thione Seck, Youssou Ndour, Omar Pène. Il s’y plait. L’envie de tracer sa propre voie devient irrépressible. Une prestation du Groupe de rap Daara-J le stimule.

En 1996, des amis et lui fondent un groupe, le « Black roots ». Leur premier morceau « Boolo len » révèle leur talent poétique et artistique. La formation fait long feu. Les membres investissent d’autres univers. L’enfant de Kaolack, lui, poursuit le rêve et s’ancre dans le reggae. « La Gambie m’avait déjà inoculé le virus du reggae. J’avais fini par m’identifier à cette musique par le message qu’elle formule et le rythme qu’elle déploie », confie l’homme aux dreadlocks interminables au-dessus desquels « plastronne » un chapeau « Cabral ». En 1998, le groupe Rapadio fait une entrée fracassante sur la scène musicale sénégalaise et sonne le glas d’une certaine forme de musique et d’artistes « doucereux ». Maha Lahi, reclus à Foundiougne, trouve refuge dans la spiritualité auprès de son nouveau guide religieux « Baye Fall », Moussa Diagne. Il y rencontre son épouse et se réconcilie avec la musique. « Au début, je voulais me lancer dans le cantique. Cependant, mon guide, convaincu de mon amour pour le reggae, m’a incité à m’accrocher à ce rêve nourri depuis des années », se souvient-il, les yeux, derrière des lunettes à verres correcteurs, scintillant de fierté. Doit-on attendre moins d’un fils de Muchacho, célèbre percussionniste qui a accompagné Thione Seck, Afriando et African Salsa ?

La désillusion
A son retour à Kaolack, tout au début des années 2000, il crée le Majal Gui et s’offre une petite notoriété grâce aux belles mélodies distillées. Sa rencontre avec le groupe de rap Keur Gui booste sa carrière naissante. Celle avec l’animateur J-Man de la Radio Dounya lui permet de louer Cheikh Ahmadou Bamba et de rappeler le drame du Diola à travers deux titres qui lui ont valu d’être reconnu par le public. Malgré ces éclairs de génie, Maha Lahi se morfond dans ses satisfactions d’amour-propre. Pour répondre aux sceptiques qui le trouvaient peu ambitieux et l’affublaient de sobriquets pour sa longue « hibernation », il sort « Juum ngen » (vous vous trompez). Certains esprits narquois lui suggéraient même de faire un duo avec le chanteur Pape Thiopet ! Suprême offense pour un reggae man !

Les quolibets, si tant est qu’ils existent encore, sont certainement devenus moins incommodants. Maha Lahi a fait du chemin. Le concours télévisé, « L’Afrique a un incroyable talent », auquel il a participé récemment, l’a mis sous une source lumineuse qui l’a fait découvrir au monde. Le début a été aussi prometteur que la désillusion qu’il y a connue par la suite. « Un ami de mon père m’a informé du casting après lequel j’ai été choisi parmi une flopée d’artistes. Je l’ai su tardivement et les formalités pour le voyage en ont rajouté à mon stress. N’eut été ma femme, je serai passé à côté de ce rendez-vous. C’était mon baptême de l’air. J’avais tellement peur. Le jour de mon passage, ma guitare m’a joué un mauvais tour. Je me suis débrouillé avec celle que l’on m’a prêtée. Ma performance s’en est ressentie et j’ai été éliminé à cause d’une fausse note. Cet épisode m’a particulièrement affecté surtout quand j’ai pensé à toutes les personnes qui ont cru en moi », se rappelle-t-il, amer. La pilule a été d’autant plus difficile à avaler qu’un membre du jury, Fally Ipupa, l’a traité de « pleurnichard » quand il a voulu raconter son infortune. Pour la narrer à ceux qui daigneront l’écouter, il sort le morceau « Les chiens aboient » comme pour faire un clin d’œil au célèbre reggae man de la Côte d’Ivoire, terre de sa mésaventure. Le précurseur du reggae à Foundiougne ferme la page et embrasse un immense horizon avec ses promesses de belles mélodies, de rythmes et de vies. Dans cet album à venir, il chante les femmes, des existences difficiles et possibles, exalte des valeurs, confère une acception à sa spiritualité qui va au-delà des petites appartenances. Son message, accoté à la réalité de l’humain, se veut universel. Le langage ésotérique qu’il affectionne n’est qu’une autre « disposition » des mots, une autre expression des sentiments indéfinissables. En cela, il transcende les temps et les espaces. Maha Lahi, à la charnière entre le temporel et le spirituel, suit sa route qui dessert plusieurs univers de saveurs quoique parsemés d’embûches.

Par Alassane Aliou MBAYE

Le Micral N., premier ordinateur fonctionnant grâce à un micro-processeur, a ouvert la voix à une nouvelle conception de l'informatique vite adoptée par les futurs géants du secteur...

Un exemplaire du Micral N., le tout premier micro-ordinateur de l’histoire construit en 1972, sera vendu aux enchères le 11 juin prochain au château d’Artigny, près de Tours (Indre-et-Loire). Il ne resterait à l’heure actuelle dans le monde que cinq de ces machines, qui ont un statut à part parmi les spécialistes de l’histoire de l’informatique.

« Le Micral a donné des idées aux Américains »
François Gernelle, le créateur de la machine, est en effet le premier à avoir intégré un micro-processeur dans son produit, à une période où les ordinateurs étaient tellement volumineux qu’il fallait une pièce entière pour les héberger.

« Le Micral a donné des idées aux Américains. En 1975, l’IBM 5100 dépasse le cadre des entreprises et arrive dans les foyers. En 1977, sort le premier micro-ordinateur conçu par Steve Jobs, l’Apple II. Le Micral N. est à l’origine de cette nouvelle conception de l’informatique », a ainsi précisé ce jeudi Aymeric Rouillac, le commissaire-priseur en charge de la vente.

C’est d’ailleurs pour cet ordinateur de 13cm de haut, 43cm de long et 44cm de profondeur que le magazine américain Byte a inventé le mot « microcomputer » (micro-ordinateur) en 1973. Cette machine, sans clavier ni écran et pesant un peu plus de huit kilos, a été fabriquée en 90.000 exemplaires. En juin, ce morceau d’histoire de la high-tech sera mis à prix à 20.000 euros, une valeur bien éloignée de celle qu’ont pu récemment atteindre les premières créations d’autres marques, vendues pour plusieurs centaines de milliers de dollars. « Mais Micral n’a pas la notoriété d’Apple », analyse Aymeric Rouillac.

De son vrai nom Alpha Diallo, Black M est une nouvelle figure du rap français. Né à Paris le 27 décembre 1984, Black M commence sa carrière musicale au sein du groupe Sexion d’Assaut aux côtés d’autres rappeurs comme Maître Gims, Barack Adama, Maska ou encore Lefa. Après quelques années de galère, c'est en 2010 que le groupe rencontre son public avec leur premier album « L’École des points vitaux ». Les hits «Désolé» et «Wati by night» deviennent des tubes en un rien de temps. Un franc succès puisque l'album est certifié disque d’or seulement trois semaines après sa sortie. Rapidement, le groupe enchaîne avec un deuxième album, « l’Apogée », et remporte grâce à lui deux NRJ music awards. Comme bien souvent dans la carrière des groupes, les membres décident de faire un break. En 2012, une collaboration avec la chanteuse Rita Ora permet au Français d’origine guinéenne d’accroître un peu plus sa notoriété. 2014 est l'année des lancements solos. Puis vient le temps du premier album solo. En 2014 sort «Les Yeux plus gros que le monde», un album salué simultanément par le public et par la critique. Ses faits marquants : Black M est un chanteur connu pour avoir fait partie des rappeurs à l'origine du groupe Sexion d'Assaut. Il s'est ensuite lancé en solo en sortant son premier album, «Les yeux plus gros que le monde ». On y découvre les premiers singles qui permettent à Black M de rencontrer le succès populaire comme « Mme Pavoshko » ou « Sur ma route ». Ce dernier titre se classe notamment n°1 des ventes en France en mai 2014. Cette même année, l'artiste remporte également le trophée de meilleur clip de l'année pour « Mme Pavoshko » lors des NRJ Music Awards. Après un troisième succès,  « Je garde le sourire », Black M sort au début de l’année 2015 un second album, intitulé « Eternel insatisfait ». Autodidacte, Alpha Diallo passe son adolescence à écrire. Certains thèmes le préoccupent plus que d'autres : les injustices, l'égalité et la stigmatisation. « Tous les enseignants n’appliquent pas la devise d’égalité de la République», déclare-t-il à L'Humanité. Ses textes se lissent et le chanteur revendique un «rap gentil».

Par Oumar BA

Foundiougne, presqu’île située à 22 kilomètres de Fatick, ne brille pas d’attraits que par son passé glorieux rappelant son importance pour la puissance coloniale. Elle dispose de ressources naturelles qui font sa renommée. La pêche à la crevette, activité économique impliquant une bonne partie de la population locale, offre des opportunités d’accomplissement aux divers acteurs en même temps qu’elle interpelle sur les pratiques illégales et irresponsables. Celles-ci concourent à la baisse de la quantité du produit dont la valeur commerciale estimée tourne autour de trois (3) milliards de FCfa par an.

Ousseynou Sall, fringant et convivial jeune homme, devenu enseignant à l’Ile de Niodior, ressasse la « belle époque » avec nostalgie. Pour combler ses désirs de jeunesse ou obéir à un caprice, il s’adonnait occasionnellement à la pêche à la crevette. Aujourd’hui, cette activité est moins attrayante du fait de la baisse de la capture. Les statistiques font état de 250 à 300 tonnes de crevettes collectées par an. A une certaine époque florissante, la moyenne annuelle, dans tout le département, atteignait 800 tonnes au grand bonheur des divers acteurs qui y trouvaient leur compte. L’abondance des ressources démersaux a pendant longtemps occulté la nécessité d’organiser le milieu. En plus des pêcheurs locaux et des environs, il y a d’autres acteurs provenant de divers horizons : Casamance, Gambie, Joal et même quelquefois la Guinée-Bissau. Cette même mobilité caractérise les pêcheurs de Foundiougne qui fréquentent également d’autres centres comme Joal, Djifer, Kafountine, Cap Skiring, Dakar et les pays limitrophes comme la Gambie et la Guinée-Bissau.

Par ailleurs, la surpêche trouve une explication dans la régression de l’agriculture à Foundiougne qui est une commune semi-urbaine ; ce qui accroît la population de pêcheurs. En outre, cet espace est particulièrement prisé grâce à la disponibilité du carburant, de la glace et aux facilités de commercialisation. Il est, de ce fait, un des principaux centres de débarquement de la localité. Les produits frais débarqués sont destinés à l’autoconsommation, au mareyage et à la transformation. Les produits transformés sont constitués, pour l’essentiel, de « tambadiang » (poissons fumés et séchés) et de crevettes séchées.

La mainmise des mareyeurs
Crevette Foundiougne« L’approvisionnement, confie Joseph Sarr, président du Comité local des pêcheurs (Clp), se fait à partir du centre de mareyage où les pêcheurs concentrent leur production. Cette infrastructure a été construite par l’Etat ». Les mareyeurs absorbent l’essentiel de la production exposée à la vente. Le reste est pris en charge par les micros mareyeurs et les convoyeurs d’usine. Selon celui qui est par ailleurs le coordonnateur du Conseil local de pêche artisanale (Clpa), les moyens insuffisants dont disposent les micros mareyeurs locaux ont une incidence insidieuse sur la commercialisation en cela qu’elle profite beaucoup plus aux mareyeurs. Ces derniers, contrairement aux premiers déjà cités, disposent de camions. Une évaluation sociale, économique et politique des sites pilotes effectuée dans le cadre du programme de Gestion intégrée des ressources marines et côtières (Girmac) faisait remarquer ceci : « Le bénéfice total réalisé par chaque mareyeur est compris entre 1.095.000 et 2.880.000 FCfa par opération. Cette marge commerciale est incessamment décriée par les pêcheurs qui estiment être exploités par les mareyeurs. La taille marchande semble être le premier facteur influençant les prix ». Cela est d’autant plus préjudiciable que la plupart des mareyeurs exercent des activités parallèles.

Les autres écueils ont trait à l’écoulement, à la baisse de la production et à la concurrence entre mareyeurs. Pour ce qui est de l’écoulement, Joseph Sarr fait de la construction d’un complexe frigorifique un besoin impérieux. Cela permettrait, à l’en croire, de stocker le produit dans les périodes de grande abondance. Celui promis par l’Etat du Sénégal, en plus des deux camions frigorifiques quoiqu’insuffisants, est un début de réponse à l’équation que constituent la conservation et l’écoulement des crevettes.

Adama Ngom est une femme transformatrice depuis sa tendre jeunesse, activité bien prisée par la gent féminine de la commune de Foundiougne. Cette occupation lui permettait, sur un investissement de 100.000 FCfa, de réaliser un bénéfice de 20.000 FCfa après trois jours de séchage. Hélas, ce souvenir hante le quotidien maussade et brise les espoirs d’un avenir prospère !

La détresse des transformatrices
La faute incombe « aux hommes transformateurs d’ici et d’ailleurs qui nous font une concurrence déloyale et presque monopoliste. Quand, par exemple, nous achetons le kilogramme à 800, eux peuvent s’en procurer à 1.000 FCfa. Ce qui réduit considérablement nos marges bénéficiaires ». Cette « compétition » raccourcit la campagne de crevettes des transformatrices obligées de minimiser les risques en réduisant les investissements. Certaines parmi elles se détournent du milieu au grand dam de leur progéniture qu’elles entretiennent grâce à cette activité.
« Au début de la saison, en septembre, les crevettes abondent dans le marché. Ce qui nous permet, avec les prix assez abordables, de participer à la campagne. Mais, au fur et à mesure qu’elle avance, le produit, pour plusieurs raisons et surtout du fait des hommes venus chercher fortune ici dans la transformation, devient inabordable pour les maigres budgets », se plaint, de son débit régulier, Adama Ngom. Depuis trois mois, elle a arrêté cette activité parce que ne pouvant pas s’en sortir avec le prix appliqué sur le marché. « C’est un déchirement, une douleur profonde que j’éprouve parce que je me plaisais, depuis ma tendre enfance, dans cette activité ». Se suffit-elle juste à vendre quelques sachets de crevettes sur l’une des deux rives reliées par le bac afin de ne pas laisser son époux, pêcheur (son fournisseur quand la mer est généreuse), s’occuper seul des dépenses de la maison. Pis, de l’avis des acheteurs, le produit transformé par les femmes est de meilleure qualité ; le temps de préparation étant plus long. Les « intrus » sèchent les crustacés en un jour contre trois chez les transformatrices. Ici, la crevette n’est pas seulement un vulgaire produit à écouler quel que soit sa qualité. Les bonnes dames chérissent une vertu, la patience, qui en est le gage. Les « capitalistes itinérants » des îles n’ont pas le même rapport avec le « diamant » local.

La cogestion, une bouée de sauvetage
Vendeuse crevettesLa commune de Foundiougne est une zone de prédilection des crevettes. Ce qui la rend très attrayante. Beaucoup d’acteurs y interviennent. On y trouve nombre de pêcheurs qui ne sont pas originaires de la localité. Cela nécessite non seulement un encadrement de l’Etat mais aussi une implication des acteurs pour une utilisation responsable de la ressource. En dehors des initiatives des partenaires au développement et de celles des comités locaux, la législation sénégalaise, le code de la pêche notamment, est assez dissuasive malgré les difficultés liées à son application. Ces obstacles, selon l’inspecteur départemental des pêches, Mamadou Wade, sont réduits grâce à la création des conseils locaux de pêche artisanale par l’Etat avec l’ancien code abrogé en 2015. Ils prennent en compte les spécificités biologiques, environnementales et sociales de chaque espace.

Pour l’accès à la ressource, il faut avoir un permis de pêche (5000, 15000 ou 25000 FCfa par an), un engin et une maille réglementaires et un gilet de sauvetage. Il est interdit de pêcher dans une zone à une période interdite. Ces dispositions ne sont pas toujours respectées. La diminution des volumes et de la taille moyenne des débarquements de crevettes en est la principale conséquence. Ce qui contribue, par ricochet, à la baisse des revenus des pêcheurs.

Ainsi, dans le cadre du programme Girmac financé par la Banque mondiale, deux objectifs étaient visés. « Le premier consistait à observer un repos biologique et le deuxième avait trait à la prohibition des crevettes immatures du circuit de distribution à travers le contrôle des opérations de pêche et le remplacement des filets non réglementaires », informe Mamadou Wade. Dans ce sens, en 2007, il a été décidé d’observer un repos biologique au mois d’août de chaque année afin de protéger les femelles grainées. Une telle initiative devait être concomitante à la vulgarisation des filets à grande maille qui permettent de protéger les juvéniles. Le projet avait permis l’achat de plus de 2.000 filets pour rayer ceux dits « bombardiers » des eaux de Foundiougne. Toutefois, regrette l’inspecteur départemental des pêches, certains continuent les mauvaises pratiques. Le projet Usaid Comfish s’emploie également à sensibiliser les acteurs grâce à une collaboration avec deux radios communautaires de Foundiougne et de Bétenty. C’est une vraie vitrine pour l’agent de l’Etat qui ne peut effectuer des sorties fréquentes en mer du fait de la logistique et du personnel qu’elles requièrent.

Il est appuyé dans cet exercice par le Comité local des pêcheurs créé en 2006 pour mettre fin à l’anarchie dans le milieu. C’est un exemple de cogestion qui a été appuyé par le programme Girmac. Mais, après la fin de ce dernier, le projet de Gestion intégrée des ressources halieutiques lancé par la Banque mondiale n’a pas eu les effets escomptés. C’est par la suite, en 2010, que le Programme régional des pêches en Afrique de l’Ouest (Prao) a été lancé. C’est surtout, de l’avis de Joseph Sarr, également coordonnateur du Réseau régional des Clpa de Fatick, dans la réduction de la pêche illicite et la surveillance que ce programme pouvait avoir un grand impact. Il espère que sa reconduction (le projet ayant pris fin en décembre 2014 et reconduit jusqu’en septembre 2016) permettra une meilleure prise en charge des zones marines protégées et une utilisation responsable de la ressource. Il y va du devenir de millier d’individus. L’espoir réside dans la prise de conscience des populations convaincues de la pertinence des initiatives de cogestion. Foundiougne ne saurait se compromettre. La réduction de la pression de pêche dans les zones de reproduction, de refuge et de croissance des crevettes, plus qu’un problème de survie de l’espèce et des hommes, est une question de dignité, du présent et de l’avenir.

Par Cheikh Aliou AMATH, Alassane Aliou MBAYE (textes)
et Mbacké BA (photos)

Last modified on lundi, 15 mai 2017 16:38

Moi, votre héros en perdition

15 Mai 2017
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Pour la première fois, nous parlons, ici, d’une individualité marquante du Sénégal pour à la fois l’admiration que nous lui vouons et l’exaspération que « son moi » suscite. Tout au début des années 2000, le Sénégal découvrait une talentueuse génération de footballeurs dont les prouesses rehaussaient notre fierté abattue après moult désillusions. On les acclama, les célébra jusque dans les bourgades et hameaux, dans les mosquées et les églises. Nous louions leurs valeureuses génitrices. Les hommes de Dieu prièrent pour nos athlètes, nos dignes représentants au Mali et lors de la coupe du monde asiatique. On invoqua aussi les esprits pour qu’ils les préservent du mauvais œil et des rancœurs réprimées du pays. Les drapeaux flottèrent comme jamais dans notre histoire pourtant riche de mésaventures et de jubilations. Femmes et enfants, vieux et jeunes hommes, sans même être en mesure de faire le distinguo entre les ballons rond et ovale, vécurent ces instants avec passion, dans une belle communion que même l’accession à la souveraineté « encadrée » n’avait donnée à voir.

Le délire était presque hallucinatoire. Dans cette euphorie générale, nous admettions même certains écarts de nos 23 « surhommes », leur maladresse, l’insolence dédaigneuse de certains parmi eux que le succès du moment avait grisés. Ils étaient jeunes, beaux et talentueux. Ils étaient devenus riches et célèbres, peut-être même plus qu’ils ne l’imaginaient dans leurs rêves les plus fous.  Quand « Ndambé (haricot), pain thon, "nen bunu baxal" (œuf cuit) » était encore, pour certains, un copieux plat.

De ces 23 demi-dieux d’un temps jouissif quoique court, El Hadj Ousseynou Diouf était sans doute le plus habile. Il nous réconciliait avec le football comme une pratique faisant l’éloge de l’intelligence du corps humain. Il a fait chavirer, pour utiliser le jargon des « panégyristes » de l’époque (il y avait, en effet, plus de supporters que de journalistes), des foules, des spectateurs. A l’enfant de Balakoss, nous pouvons tout pardonner… sur le terrain ; même d’avoir eu une carrière moins aboutie que les « besogneux » sans grand talent au grand dam de nous tous qu’il a émerveillés.

Toutefois, sa personnalité enchante moins. Les virtuoses, il est vrai, ont souvent une personnalité extravagante quelquefois même burlesque. Le monde du ballon rond a connu l’allemand Mario Basler, le Français Eric Cantona et autres « grandes gueules » qui se sont illustrées de manière peu coutumière. Il est devenu assez incommodant, pour ceux qui adulaient El Hadj Ousseynou Diouf, de le voir débiter des niaiseries qui ne révèlent en réalité que son ego surdimensionné. Il est même devenu encombrant, car ramenant tout à lui, pour les gens qui l’accompagnent dans cette pseudo-entreprise de redressement du football sénégalais qui n’est point en crise. La bonne tenue des autres sélections nationales et l’organisation régulière du championnat sénégalais (ce qui, il n’y a guère longtemps, n’était pas encore acquis) en attestent largement.

Le vrai acteur de développement du football est celui-là qui s’investit dans la formation et dans les infrastructures, maillons faibles de plusieurs pays africains. Au-delà de ces créneaux, le champ d’intervention pour qui veut participer au progrès de ce sport est assez large. Il suffit de vouloir s’investir sincèrement sans ameuter le peuple du foot. L’ancien pensionnaire de Bolton a bâti certes une légitimité réelle qui lui confère le droit de décliner sa vision, de donner des orientations, de « taper sur la table ».

Néanmoins, il n’est pas le seul digne d’éloges et de reconnaissance parmi tous ces co-équipiers qui s’emploient, sans tapage et impertinence, à construire les futurs succès. S’accoter à un édifice en construction et le détériorer par des dissonances ineptes et superflues pour simplement exalter son moi est assez pathétique de la part d’un homme qui n’a pas le droit d’infliger cette peine à ces millions de gens pour qui il est une légende vivante.

Par Alassane Aliou Fèré MBAYE

La démarche est peu altière, la voix timide, presque monotone. Mamadou Ndiaye est né à Fambine dans la communauté rurale de Djirnda. Ici, on n’apprend pas à fabriquer des pirogues. Elles peuplent cet univers et dictent aux mômes ses diverses formes. Après avoir cherché fortune dans la pêche, le quinquagénaire se souvient qu’il savait « usiner » ces embarcations légères. En 2000, il investit le créneau et trouve en Foundiougne une terre d’accueil de choix. La pêche y est la principale activité. Dans son « atelier » de fortune, une tente toisant une large étendue d’eau, s’abritent deux imposantes pirogues que Mamadou Ndiaye fabrique seul. « Je n’ai pas d’apprenti pour me seconder dans le travail », confie-t-il en pointant son index malmené par le bois, la scie, la perceuse et autres matériels obsolètes… vers deux ouvrages.

Le coût de réalisation de celui de sept mètres est de 300.000 FCfa. Il en faut presque quatre fois plus pour réaliser une œuvre de 15 mètres. « Malheureusement, travaillant seul, je perds beaucoup de temps à en achever une. Il arrive que cela dure quatre mois ou une année. En sus, je ne dispose pas de suffisamment de moyens pour acheter des outils plus performants.
Parfois, c’est le client qui ne dispose pas de fonds nécessaires à la fabrication. Je suis alors obligé de suivre sa cadence », regrette celui dont les deux frères exercent également le métier de charpentier. Espère-t-il juste que la modernisation des pirogues artisanales annoncée avec la création de celles en fibres de verre ne les privera pas de cette source de revenus qui est un symbole de la transmission des savoir-faire dans son patelin.

Par Alassane Aliou MBAYE

Les auteurs de la cyberattaque mondiale du vendredi 12 mai 2017 ont réussi à exploiter une faille dans le système Windows…

Plus de 75.000 attaques dans 99 pays ont été relevées vendredi par Europol. « L’attaque récente est d’un niveau sans précédent et exigera une investigation internationale complexe pour identifier les coupables », a indiqué l’agence de sécurité européenne dans un communiqué.

Les logiciels de rançon, utilisés dans cette vague de cyberattaques, sont devenus au fil des années l’un des outils préférés des pirates informatiques. Comment fonctionnent-ils et comment s’en prémunir ?

Qu’est-ce qu’un « logiciel de rançon » ?
Les « logiciels de rançon », ou « ransomware », sont des logiciels malveillants qui verrouillent les fichiers informatiques. Leurs utilisateurs forcent leurs cibles à verser une somme d’argent, souvent sous forme de monnaie virtuelle, pour en recouvrer l’usage.

Ces dispositifs, parfois qualifiés de « rançongiciels », sont utilisés aussi bien sur les PC que sur les tablettes et les smartphones. Ils touchent « à la fois les particuliers, les entreprises et les institutions », rappelle à l’AFP Amar Zendik, PDG de la société de sécurité Mind Technologies.

Comme cela fonctionne-t-il ?
Les pirates informatiques prennent en général le contrôle des ordinateurs en exploitant les failles d’internet. Cela peut passer par la consultation par la victime d’un site web préalablement infecté ou par l’ouverture d’un email invitant à cliquer sur un lien ou à télécharger une pièce jointe. En quelques secondes, le logiciel malveillant peut alors s’implanter. « Quand il s’installe, il n’a pas de charge virale et ne peut pas être détecté », explique Laurent Maréchal, expert en cybersécurité chez McAfee : ce n’est qu’ensuite qu’il « télécharge le payload, c’est-à-dire la charge virale. » Dès lors, le poste de travail se trouve chiffré… et donc bloqué. « Le plus souvent, l’utilisateur doit envoyer un SMS », bien entendu payant, « pour obtenir un code de déblocage », détaille Laurent Maréchal, qui précise que l’infection, dans certains cas complexes, peut se propager « sans intervention humaine ».

Leur utilisation est-elle fréquente ?
Oui. Et le phénomène ne cesse de s’amplifier. Selon l’éditeur de logiciels de sécurité Kapersky Lab, 62 nouvelles familles de « ransomwares » ont été répertoriées l’an dernier. Et d’après McAfee, le nombre de d'« échantillons » détectés a grimpé de 88 % en 2016, pour atteindre le chiffre de quatre millions.

A l’origine de ce succès : le retour sur investissement des « rançongiciels », jugé élevé par les pirates. « Souvent, les pirates demandent de petits montants. Mais accumulés, ces petits montants font de grosses sommes », explique Amar Zendik, qui évoque des opérations « simples à mettre en œuvre et très rentables ». Un avis partagé par Laurent Maréchal, qui rappelle que les « ransomware » sont « faciles à se procurer ». « Sur le darkweb, les particuliers peuvent acheter des ransomware prêts à l’emploi, parfois pour seulement 150 dollars. »

Longtemps considéré comme la quatrième destination touristique du Sénégal, le Delta du Saloum, inscrit sur la prestigieuse liste du patrimoine mondial de l’Unesco, regorge d’un potentiel énorme. Un attrait touristique considérable qu’on peut remarquer à travers la diversité de l’offre qui allie tourisme culturel, de découverte, balnéaire et sportif (chasse et pêche). Le Delta du Saloum offre un cadre géographique et bioclimatique unique, porteur de développement durable. Découverte.

Avec son charme impressionnant, le Delta du Saloum est engoncé dans le département de Foundiougne qui est ouvert, à la fois, sur l’Océan Atlantique par le biais du fleuve Saloum et à la terre ferme, occupant ainsi une position géographique privilégiée, mi-continentale, mi-maritime, où l’insularité et la continentalité se côtoient du fait de l’interpénétration quotidienne. Mieux, cette zone, par la voie maritime, relie le Sénégal à deux pays voisins que sont la Gambie et la Guinée Bissau. Partie intégrante de la destination touristique du Sine-Saloum, le Niombato se pointe dans la partie du Sud Saloum qui comprend le département de Foundiougne avec un embranchement sur Passy, Toubacouta, Missirah jusqu'à l’île de Djinack, à l’embouchure entre l’océan et le fleuve Saloum.

L’autre partie du Saloum Nord part de Fimela à Niodior, en passant par Ndangane Sambou, Palmarin et Djiffer. L’environnement naturel du Niombato, c’est aussi ces nombreux sites classés patrimoines mondiaux. Mahécor Diouf, gestionnaire du site, renseigne que le Delta du Saloum renferme une grande diversité de paysages et d’écosystèmes maritimes qui permettent la survie de nombreuses espèces animales et végétales. Selon lui, l’importance des ressources naturelles a fait de cette zone un espace de vie particulièrement favorable au développement de la faune et de l’avifaune. Pour ce diplômé d’un master en Gestion du patrimoine culturel à l’Université Senghor d’Alexandrie en Égypte, le Delta se compose de neuf forêts classées, d’un parc naturel, d’une aire marine protégée et de réserves naturelles communautaires.

Avec ce potentiel impressionnant très riche et varié, on se rend compte de la beauté qui le caractérise avec ses endroits paradisiaques très adorés par les visiteurs. Le soleil y joue une part importante à longueur de journée ainsi que la réserve naturelle du Delta du Saloum avec sa grande forêt de Fathala et les îles Bétenti et du Gandoul qui représentent l’avenir de l’éco-tourisme sénégalais. Un attrait touristique qui cohabite avec les différents villages de pêcheurs, les facettes culturelles sérères et mandingues, favorisant ainsi un véritable tourisme de découverte.
 
L’une des plus belles baies du monde
Delta SaloumCet univers amphibie composé d’un chapelet d’îles, d’îlots et de méandres est, selon Mahécor Diouf, marqué par une potentialité écologique et culturelle exceptionnelle. « On y note la présence de plusieurs amas coquillers dont certains sont érigés en tumulus funéraires avec des sépultures accompagnés de riches mobiliers », indique-t-il. Dans cette même zone, il a été recensé plus d’une vingtaine d’îles, ce qui justifie d’ailleurs son surnom de « Polynésie du Sénégal ». Une appellation d’autant plus pertinente que les conditions bioclimatiques ont favorisé, à l’image de la Polynésie française, l’installation d’une végétation de mangrove composée essentiellement de palétuviers sans oublier les nombreux cocotiers surtout dans les îles de Bétenti, de Dionewar et de Niodior, mais également l’île aux oiseaux. L’ensemble des îles du Saloum offre, selon Mahécor Diouf, un charme impressionnant à travers sa faune et sa flore variée, sa population cosmopolite.

Promoteur touristique à Sokone, Baba Elimane Ndao qualifie le Delta du Saloum comme « l’un des plus beaux sites naturels d’Afrique occidentale avec ses mangroves situées en bordure de l’Océan Atlantique, véritable labyrinthe d’îles et de rivières qui comptent parmi les plus poissonneuses au monde ». Cette zone, note-t-il, est, pour nous, un paradis vert qui se caractérise par la richesse de sa faune et de sa flore avec pas moins de 650 espèces d’oiseaux répertoriées. L’autre particularité est que le Sine Saloum bénéficie de deux classements mondiaux, comme l’a souligné Issa Barro, président du syndicat d’initiative et de promotion touristique de la région de Fatick. « Le Delta du Saloum est d’abord membre du club des plus belles baies du monde depuis 2005 et est aussi classé Patrimoine mondial de l’Unesco », indique-t-il. Il s’y ajoute, selon M. Barro, qu’entre le littoral et l’arrière-pays, il y a un patrimoine matériel et immatériel immense.

« Vers le Sine, il y a la maison royale et l’installation de l’écomusée de Diakhao qui permettent de savoir ce qui s’est passé dans le Sine des siècles plus tôt, le Djognick avec Djilor comme capitale, les îles du Saloum, Toubacouta, Missirah et l’ensemble des îles », explique-t-il. En somme, note-t-il, c’est tout un ensemble d’une biodiversité qui fait que le Delta du Saloum est une destination qui pourrait nous valoir une grande satisfaction. Toutefois, relève-t-il, force est de reconnaître que depuis le mois de décembre dernier, une hausse du taux de fréquentation est constatée par rapport aux deux dernières années.
 
Légère hausse de la fréquentation
Pour M. Barro, il s’agit de mener des actions de promotion intensive dans le monde pour rendre plus visible cette destination. Le président du syndicat d’initiative de Fatick est convaincu qu’avec la promotion qui reste d’ailleurs une priorité pour les acteurs, le tourisme pourrait se développer davantage dans le Delta du Saloum. « Aussi, il faut développer davantage l’activité touristique à travers la création d’établissements adaptés à ce milieu », soutient M. Barro. Selon lui, la durabilité de cette activité dépend également de ces aspects qu’il nous faut prendre en considération. D’autant que la tradition veut qu’il faille toujours aller montrer à l’extérieur ce que nous avons et cela réduit considérablement la possibilité de faire découvrir notre potentiel.

« Mais, le mieux, c’est d’arriver à organiser au Sénégal un grand salon de tourisme international pour l’Afrique de l’Ouest qui va nous permettre de vendre la destination Sénégal, mais aussi certains pays proches comme la Gambie, la Mauritanie et le Maroc », estime-t-il. Aujourd’hui, se réjouit M. Barro, une hausse de la fréquentation a été notée par rapport à l’année passée où c’était une catastrophe. « Ici, nous avons enregistré une augmentation de 7% par rapport à l’année dernière à la même époque, avec une moyenne annuelle qui oscillait entre 23 et 24 contre 30 et 33 aujourd’hui », précise-t-il. Cette évolution, indique-t-il, est due à la stabilité politique du Sénégal qui n’est pas touché par le terrorisme. Ce qui fait, selon lui, que la destination, par rapport au reste de l’Afrique, reste une destination sûre et attractive.

« La paix est revenue en Casamance, une région qui n’est plus classée dans la zone orange. Cela a aussi participé à booster la fréquentation. Au niveau local, il y a une nette amélioration des voies de communication. Des routes et des pistes ont été réalisées. Tout cela, relève-t-il, a facilité la mobilité des touristes et des opérateurs et a considérablement boosté la fréquentation. Selon Issa Barro, la situation antérieure qu’avait connue la zone et liée à un problème de mobilité, a maintenant trouvé une solution heureuse avec la réparation complète de toutes les routes d’accès, notamment les axes  Kaolack-Karang et Foundiougne-Djilor-Passy-Sokone.
 
Un secteur à réorganiser à Foundiougne
Illes du SaloumDans une dynamique de promotion du tourisme dans le département, le souci d’organiser le secteur hante le sommeil des autorités municipales de la commune de Foundiougne dans sa quête d’émergence. Le maire, Babacar Diamé, dresse un tableau sombre de la destination Foundiougne. Le constat actuel, fait-il remarquer, est que le tourisme dans la cité de Laga Ndong est sauvage et mal organisé. Cela, indique-t-il, pose de sérieux problèmes qu’il faut résoudre à travers une bonne organisation, un bon encadrement et la création d’un cadre d’accueil exceptionnel. Aussi, ajoute le maire Babacar Diamé, il urge de réhabiliter certains réceptifs en état de délabrement comme l’hôtel Foundiougne et mieux organiser les campements pour qu’ils soient répertoriés, identifiés et immatriculés.

A son avis, c’est ce qui permettra de mieux gérer cet espace touristique comprenant les guides touristiques qui seront formés, les campements, les hôtels, etc. Dans cette perspective, souligne-t-il, la mairie a déjà un projet de réfectionner son campement municipal dont les travaux sont en cours. A terme, fait savoir le maire, le réceptif sera doté d’une vingtaine de chambres et d’une suite présidentielle comprenant toutes les commodités. Tout cela permettra à Foundiougne d’avoir ses propres infrastructures. L’autre particularité de la baisse du niveau de fréquentation des quelques réceptifs hôteliers installés à Foundiougne, c’est la concurrence déloyale notée avec la prolifération des résidences privées, des maisons meublées.

Il s’y ajoute le manque d’infrastructures hôtelières d’envergure pouvant accueillir une importante clientèle, estime Famara Diamé, président du syndicat local du tourisme. L’hôtel Foundiougne (ex-hôtel piroguiers) qui a fait les beaux jours du tourisme dans cette commune est en état de délabrement avancé et est même fermé ; ce qui freine l’essor du secteur. Famara Diamé souligne que les agences de voyages et autres Tours opérateurs (To) ne veulent pas, dans ce cas d’espèce, vendre les destinations qui n’abritent pas de grandes infrastructures hôtelières. « Nous avons besoin également d’un village artisanal pour abriter la cinquantaine d’antiquaires et autres artistes de tous bords qui s’activent dans le secteur à Foundiougne », plaide-t-il.

Le tourisme de découverte constitue un atout certain pour la destination Foundiougne caractérisée pour son accessibilité non seulement par la route à partir de Fatick (22km) et la traversée du bac, mais aussi et surtout par ses possibilités de navigation continentale. « Foundiougne se trouve juste en aval de la confluence entre le Sine et le Saloum. C’est ce qui ouvrait le port de Foundiougne au Sine à l’époque coloniale. Foundiougne est dans une île définie par le fleuve Saloum, le Diombos et le Bandiala. Ces bras de mer qui marquent le Delta du Saloum, mettent Foundiougne en contact fluvial avec différentes zones de production. Les bolongs du Saloum desservent les îles du Gandoul, au nord, vers Foundiougne », explique Maurice Ndéné Warrore, ancien inspecteur d’académie à la retraite.

Par Mohamadou SAGNE, Samba Oumar FALL (textes)
et Ndèye Seyni SAMB (photos)  

Le consommer sénégalais

12 Mai 2017
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Depuis quelques jours, il n’y a que le « riz en plastique » au menu des colporteurs de ragots. A les entendre parler, on croirait que les populations sont dans l’insécurité alimentaire. Beaucoup, comme moi, ne mettront pas sous la dent cette « céréale » sortie du néant de l’esprit de certains individus qui ne débitent que des… salades. Du grain à moudre, nous en avons pourtant dans notre pays. A l’approche de l’hivernage, nos énergies devraient plutôt aller à la préparation des terres de culture, à la mise en place des facteurs de production (semences, intrants) et à la remise en état des outils aratoires. La révolution verte passe nécessairement par là.

Malheureusement, bon nombre de nos compatriotes dissertent sur ce « riz en plastique » qui, en ce qui me concerne, est aussi futile que des bagues pour un lépreux. A supposer même qu’il existe et menace notre santé, n’y a-t-il pas une bonne manière de s’en éloigner et, par conséquent, de ne pas en souffrir ? Il s’agit, tout simplement, de produire et de consommer sénégalais. Sur cette belle terre sénégalaise d’Afrique, nous avons le riz de la Vallée, de la Casamance et du Sine, le fonio de Tambacounda et Kédougou, le maïs du Niombato, le mil et ses dérivées du Saloum, le niébé du Ndiambour, le manioc du Cayor et l’arachide du Baol. C’est fou comme les produits agricoles sénégalais, avec les recettes culinaires qu’ils permettent, peuvent encore vous surprendre.

Associez-les avec la viande ou le lait de la zone sylvopastorale, le poisson frais, fumé ou séché de Saint-Louis et de la Petite Côte, le poulet de Sangalkam, les légumes de Podor et des Niayes et la citrouille du Fouta. Avec le riz local, de succulents « thiéboudieune », « thiébou yapp », « thiébou guinaar » et « maafé » vont sortir de vos marmites. Le mil et ses dérivées, comme le « sankhal », font de bons « mbakhalou saloum », « niéleng », « lakhou soow » et « lakhou bissap ». Le niébé permet de réaliser ces délicieux mets que sont le « ndambé » et les « akara ». Consommer sénégalais, c’est participer à l’émergence d’une nouvelle mentalité, c’est travailler pour notre sécurité alimentaire.

Par Cheikh Aliou AMATH

Le tourisme dans le Delta du Saloum a fait naître des vocations dans cette zone qui regorge d’atouts impressionnants. Mamadou Dieng, un des fils du terroir, a choisi d’embrasser le métier de guide touristique avant d’opter plus tard pour l’ornithologie. Après plus de vingt ans de carrière, il garde toujours la même passion de son métier qui lui a presque tout donné.

Être guide touristique ne s’improvise pas. C’est un métier qui demande une formation et une grande culture générale. Mais on peut aussi devenir guide par passion. Et Mamadou Dieng, à force de côtoyer le milieu touristique, en a attrapé le virus. C’était vers le début des années 1980. À l’époque, il allait monnayer sa sueur dans les bars et restaurants de la localité pour soutenir sa famille et acheter des fournitures pour ses frères et sœurs. Puis, la passion ne l’a plus lâché.

« J’ai aimé cette expérience qui m’a permis de connaître beaucoup de gens et de bien maîtriser la culture de la localité ». Mamadou Dieng, qui a décidé de se jeter dans la mare, a laissé tomber ses études pour faire une formation de guide. Au début, il travaillait dans un établissement hôtelier, mais le guide étant à la merci de la demande, Mamadou Dieng qui connaît tous les coins et recoins de la zone a préféré être autonome et travailler en free-lance. Ce métier, reconnait-il, est très exigeant.

« Depuis des années, je passe mon temps à accompagner des touristes et à les assister au cours d’excursions ou de randonnées au niveau des sites naturels, à leur fournir les informations à caractère naturel, historique, géographique, économique ou social sur les localités visitées. C’est un travail qui nécessite des heures de travail, beaucoup de déplacements et exigeant parfois de travailler à tout temps, mais quand on est passionné, on ne s’arrête jamais », fait-il savoir.

Et chaque saison, Mamadou Dieng se donne à fond pour donner raison aux visiteurs d’avoir choisi la destination Sine Saloum pour découvrir ses merveilles naturelles incommensurables. Avec le temps, il est devenu un acteur incontournable du secteur. Et il continue de faire affaire avec beaucoup d’établissements hôteliers qui font souvent appel à ses services. Selon lui, un bon guide touristique doit avoir une oreille très attentive et une bonne compréhension des demandes de sa clientèle. La connaissance de la localité, de son histoire et de sa culture est aussi nécessaire, précise-t-il.

Le travail de guide étant saisonnier, Mamadou Dieng s’est trouvé une autre occupation pour meubler son emploi du temps et avoir d’autres sources de revenus. Depuis quelques années, il combine sa passion avec son travail de restaurateur. « Avant, j’avais investi dans la quincaillerie parce que la demande en matériaux de construction devenait très forte. Mais avec la construction du Centre d’interprétation de Toubacouta et les infrastructures connexes, je me suis dit, pourquoi ne pas investir dans la restauration. C’est ce que j’ai fait et aujourd’hui, je ne le regrette pas », indique-t-il. Son restaurant ne désemplit pas et le guide qu’il est a même créé des emplois.

Formation les guides touristiques
Avec l’industrie touristique qui se modernise de plus en plus, le guide a besoin d’être mieux encadré, soutient-il. C’est ainsi que le Conseil régional de Fatick a jugé opportun de former les guides touristiques de toute la zone pour les doter des bonnes pratiques et aussi d’améliorer la qualité de leurs prestations. Et Mamadou Dieng a opté pour l’ornithologie. « Le fait qu’il n’y ait pas d’ornithologue dans la zone m’a poussé à opter pour cette branche. Je me suis donc spécialisé dans l’étude des oiseaux, l’analyse de leur comportement, le rôle et leur évolution au sein d’écosystèmes ».

Cette option, dit-il, lui a permis d’élargir sa clientèle et de profiter davantage de son activité. À son avis, ce métier nécessite de la patience, mais surtout une passion. C’est ce qui fait, selon lui, que les ornithologues ne sont pas très peu nombreux à Toubacouta. « Nous sommes 12 guides à Toubacouta, dont deux ornithologues, et des années de travail m’ont permis de réaliser mon rêve. C’est un métier très payant. Si on a quelques clients, on est peinard. Et quand on tombe sur des touristes nobles, aisés, ils paient très bien », indique-t-il.

Pour Mamadou Dieng âgé aujourd’hui de la cinquantaine, le métier de guide est le plus beau métier de l’industrie touristique. « Tout le patrimoine que j’ai aujourd’hui, c’est le métier qui me l’a donné. Grâce à mon travail de guide, j’ai acheté un véhicule, construit ma maison et je cultive mon champ. Si c’était à refaire, je n’hésiterai pas une seule seconde », fait-il savoir.
Aujourd’hui, fait remarquer M. Dieng, on ne peut pas parler de tourisme, sans parler de guide. « C’est lui qui détient les clés d’une destination. Et il est grand temps de donner à ce métier ses lettres de noblesse ». Et comme bon nombre de ses collègues, il attend toujours que sa licence lui soit délivrée pour pouvoir exercer librement sa profession.

Par Samba Oumar FALL

En analysant les taux de glucose ou de sel dans la transpiration, cet appareil permettrait une détection plus rapide des risques et un traitement personnalisé…

Un bracelet capable d’analyser rapidement la sueur de son propriétaire pourrait représenter une grande avancée dans le diagnostic et le traitement de certaines maladies, parmi lesquelles le diabète ou la mucoviscidose.

L’appareil est, en effet, conçu pour étudier les composants moléculaires de la transpiration et pour envoyer via un simple smartphone les données ainsi obtenues au serveur d’un laboratoire qui procède alors à l’analyse complète.

C’est ce qu’expliquent les chercheurs des universités de Stanford et Berkeley (Etats-Unis), qui ont développé le bracelet, dans une étude publiée ce lundi dans les Comptes-rendus de l’Académie nationale américaine des sciences (PNAS). Les scientifiques ont amélioré les travaux réalisés par d’autres spécialistes avant eux.

En effet, des dispositifs basés sur l’analyse de la sueur existaient déjà, mais les patients devaient rester sans bouger pendant toute l’opération. Désormais, grâce aux microprocesseurs qui stimulent les glandes sudoripares, le prélèvement est beaucoup plus courtt, avec ce nouveau bracelet.

Contrôler régulièrement leur glycémie
« Un énorme progrès » d’après le Docteur Carlos Milla, un des auteurs de l’étude. La création des chercheurs américains permet également une utilisation dans des régions éloignées de tout centre ou laboratoire médical.

« La sueur est bien adaptée à des applications portables et représente une source riche en informations médicales », explique Ronald Davis, autre coauteur de l’étude. Si la teneur en sel de la transpiration analysée peut indiquer un fort risque de mucoviscidose, le taux de glucose peut, lui, alerter sur la possibilité d’un cas de diabète.

Les patients pré-diabétiques peuvent par ailleurs utiliser le système pour contrôler régulièrement leur glycémie. Parmi les autres substances que peut détecter le bracelet se trouvent le sodium, le potassium et le lactate avec, à terme, la possibilité pour les médecins de proposer un traitement parfaitement adapté aux besoins du malade.

Aziz Salmon Fall est politologue, chercheur panafricaniste et internationaliste, enseignant universitaire et toujours militant progressiste. C’est d’ailleurs pourquoi il préside le Centre de recherches Stanley Brehaut Ryerson, qui valorise la recherche engagée en Sciences humaines et sociales. Se présentant comme un « intellectuel organique », c’est-à-dire qui « est enraciné dans la condition des masses laborieuses, des peuples qui sont exploités et brimés par un ordre impérialiste », il croit que son rôle est d’utiliser le savoir pour changer les conditions matérielles.

« Le savoir est un privilège lorsqu’il est utilisé dans une différente acception du pouvoir et dans une nouvelle forme de défense des opprimés, lorsqu’il contribue à une désaliénation et lorsqu’il contribue à libérer. Le savoir peut contribuer à construire un autre monde », soutient le chercheur militant. Son engagement remonte d’ailleurs à loin. Dès son adolescence au Sénégal, il milite dans des organisations de gauche clandestines qui contestent le régime en place et le néocolonialisme. Même s’il dit être « dans le sillage de ses parents, qui ont participé à la lutte de décolonisation et d’indépendance », ceux-ci ont préféré qu’il étudie à l’étranger, jugeant l’université de Dakar « dangereuse » compte tenu du degré de politisation du jeune homme qu’était Aziz Fall.

Même s’il n’a jamais eu l’honneur de rencontrer Madiba en personne, comme il le rappelle  dans une lettre publiée dans Le Devoir, le militant d’origine sénégalaise reconnaît que la lutte contre l’Apartheid a occupé une grande partie de sa vie. En 1982, il se rend au Canada, à l’université de Moncton plus précisément où il poursuit ses études parallèlement avec son militantisme. « Il était formellement interdit aux étudiants étrangers de participer aux organisations radicales de type communiste. C’est pourquoi nous avons formé le groupe de recherche et d’initiative pour la libération de l’Afrique (Grila) qui, à l’origine, luttait contre l’Apartheid ». Formée avec un groupe d’amis en 1984, l’organisation a rapidement pris de l’importance, soutenue par l’Anc (Congrès national africain) d’Afrique du Sud et alliée à des organismes locaux.

Une fois l’Apartheid tombé, Aziz Salmon Fall prend part à des initiatives politiques au Sénégal, comme le Front pour l’Alternance qui a contribué à la chute du régime socialiste en 2000. Il cofonde également le Mouvement pour les assises de la gauche afin de rassembler toutes les forces progressistes du Sénégal. De plus, à travers ses années au sein du Grila, le militant poursuit sa lutte en menant plusieurs actions, allant de « la libération de prisonniers politiques à la dénonciation de l’Apartheid en passant par la promotion de l’émancipation des femmes ».

Par Oumar BA (Sources : journal Alternative)

Longtemps laissée à elle-même, Sokone, ancienne zone d’échanges qui a joué un rôle important dans le dispositif économique du  département de Foundiougne, veut prendre un nouveau virage. Cette ville du Centre-ouest du Sénégal, desservie par la Transgambienne, vit un renouveau économique et se donne un coup de jouvence et un nouveau lifting après des années de marginalisation pour renouer avec son passé florissant.

Il est révolu le temps où Sokone faisait parler d’elle aux quatre coins du pays. Cette ville au proche passé prestigieux, érigée en chef-lieu de Canton en 1916, a, avec le temps, perdu son dynamisme, et même ses lettres de noblesse. Dans son riche passé, l’histoire et la mémoire locale révèlent que la première implantation humaine remonte vers la seconde moitié du 19e siècle avec les Mandingues venus du Sud. Ils seront suivis des Sérères venus de Ndiaffé-Ndiaffé, des Wolofs, des Toucouleurs, des Maures, des Lébous, des Diolas. Ces mouvements migratoires ont vite fait de Sokone un important pôle économique.

Ville religieuse par excellence…
Mais cette ère de richesse, de puissance et de prospérité s’acheva avec l’érection, en 1960, du cercle du Sine Saloum en région. Sokone était devenu chef-lieu d’arrondissement, avant de devenir commune de plein exercice dont le fonctionnement effectif a démarré en 1970. Ce changement de statut avait progressivement transformé Sokone en une ville presque endormie.
 De tout temps, Sokone a été une ville très religieuse, symbolisée par la présence de plusieurs grandes familles maraboutiques, l’existence de beaucoup de «daaras» et d’écoles franco-arabes reconnues par l’État. Selon Oustaz Moussa Zaccaria Ngom, on ne peut pas parler d’Islam, au Sénégal, sans penser à Sokone. Une forte religiosité caractérise cette ville qui vit au rythme des gamou et ziarra. L’une des activités religieuses phare de Sokone, renseigne-t-il, reste la cérémonie annuelle religieuse de la famille Dème, communément appelée « Ziarra » où « Téré » en référence à l’œuvre de El Hadji Amadou Dème, plus connu sous le nom « Diyaou Nayrayni » (la lumière des deux lumières ou symbiose des deux lumières).

La rédaction de cet ouvrage pluridisciplinaire qui compte vingt (20) tomes, soit 14.000 pages, a démarré en 1938 pour se terminer en 1959. C’est ainsi que le saint homme, pour fêter son œuvre, organisa un grand évènement en 1960 pour rendre grâce à Dieu et à son prophète (psl). « Depuis cette date, la famille perpétue cette commémoration à laquelle prennent part les différents foyers religieux du pays et pendant trois jours, Sokone devient le point de convergence de milliers de fidèles qui viennent du Sénégal, de la sous-région et de la diaspora », indique-t-il. « La famille de Maodo Malick Sy est bien représentée à Sokone, celle de Cheikhoul Khadim, de Ndiassane, du Chérif  Bounana Aïdara. Il y a aussi la hadara de Mame Seydi Tafsir Aliou Ngom. On ne peut pas parler de Baye Niass sans parler de lui. Sokone est une ville religieuse par excellence », indique-t-il. Selon Oustaz Moussa Zaccaria Ngom, Sokone est une destination religieuse où toutes les confréries vivent dans une belle harmonie.
 
Un dynamisme économique à retrouver…
Sokone a beaucoup profité de l’apogée du commerce de l’arachide qui a entrainé l’installation des  grandes maisons françaises de commerce, des commerçants traitants et des commerçants libanais. Ces échanges commerciaux ont, selon le maire, donné à Sokone sa fonction de ville commerciale, favorisant ainsi la création du marché central en 1927 par les colons pour écouler leurs produits.

Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, mais Sokone garde toujours son statut de ville commerciale. Tous les mercredis, la ville vit au rythme de son louma qui, depuis 1987, entraine une activité commerciale avec d’importants flux financiers qui impactent positivement sur les recettes fiscales de la mairie. Au-delà de son commerce qui fut florissant, Sokone peut s’enorgueillir d’avoir toujours eu un destin lié la pêche. Son bras de mer a attiré la concentration d’un nombre important de pêcheurs dans le quartier de Ndangane depuis 1848.

Ce qui a fait que les activités de pêche y étaient très développées. La production halieutique était abondante parce que toutes les pirogues y débarquaient leurs prises. Aujourd’hui, le secteur rencontre d’énormes difficultés. Selon Moustapha Guèye, l’ensablement du bolong empêche le débarquement des grandes pirogues, ce qui, renseigne-t-il, réduit les capacités de production. Cette situation a eu pour conséquence un exode de nos pêcheurs de Sokone. « Avec cet ensablement, nous avons plus de 300 pêcheurs qui sont aujourd’hui à Kafountine. Le manque à gagner est considérable », informe-t-il.

Pour le maire de Sokone, la relance du secteur passe par le dragage du canal pour faciliter l’accès des pirogues au quai de pêche. « Si on le fait, ça nous donnera un potentiel de 30 tonnes de poisson par jour », assure le maire « Petit » Guèye. « Notre projet d’économie locale qui peut booster l’auto emploi et générer des recettes pour la municipalité, c’est le projet pour la pêche, avec le dragage du canal d’accès, l’élargissement du quai de pêche mettre et la mise en place d’un système de froid. Cela va permettre de booster considérablement l’économie locale ».
 
Sokone ville sportive
Dans cette localité qui veut se positionner comme une ville sportive, le football reste le sport le plus pratiqué. Le handball, le karaté, le taekwondo et la lutte sont aussi pratiqués. Avec cette diversité, l’équipe municipale a initié, en 2016, des Olympiades pour offrir aux jeunes un cadre d’expression de talents cachés et la possibilité de participer à des compétitions sportives. « Les Olympiades constituent un évènement intercommunal de sport, une pépinière de futurs cadres sportifs et de futurs performeurs. Il essaie de combler le gap de compétitions, de motivations et de récompenses des sportifs méritants, mais aussi de politique de développement du sport », renseigne le maire de Moustapha Guèye. Il s’agissait, selon lui, de mettre en compétition six disciplines : taekwondo, karaté, football, handball, natation, avec une démonstration de badminton et une initiation des jeunes au Kids Athletics. « C’est un grenier potentiel pour les différentes équipes nationales et fédérations de sport du Sénégal », indique-t-il. Ces olympiades, selon Birane Cissé Thiam, visent à répondre à un besoin sportif Sokone qui dispose d’une équipe féminine de handball évoluant en première division depuis dix ans qui a pourvoyé l’équipe nationale de joueuses. En taekwondo, précise le directeur des Olympiades, l’Open de Sokone est inscrit par la fédération comme deuxième évènement national. « Ces compétitions se faisaient dans des structures privées qui nous laissaient faire, mais parfois quand ils ont besoin de leurs infrastructures, c’est gênant. C’est pourquoi on a pensé chercher les moyens pour construire nos propres infrastructures », indique-t-il.

« Cette année, on a acquis un dojo municipal dans le centre socio collectif avec l’appui de l’ambassade du Japon. On est en train de finaliser un complexe de handball, de basket à la promenade des Sokonois. Pour la natation, on pense à construire une piscine marine », fait-il savoir. « À travers ces Olympiades, nous voulons reconstituer notre patrimoine urbain sportif, ce qui fait que depuis, on se débrouille », indique M. Thiam.

Malgré cette volonté de booster la pratique du sport, l’appui de l’État est jugé très timide par les acteurs. « Si le ministère des Sports devient proactif et spontané dans le soutien aux initiatives locales, nous pouvons faire de Sokone une pépinière de cadres et de futurs performeurs pour les différentes fédérations du Sénégal », assure le maire qui a dit l’ambition de faire de Sokone une ville sportive.
 
Une ville en chantier
Aujourd’hui, Sokone se cherche un second souffle. La ville est en chantier. Sur le plan du cadre de vie, deux grandes places ont été aménagées. Il s’agit de la place de l’indépendance et la « promenade des Sokonois ». Un mur de l’indépendance a aussi été aménagé. « Ce mur qui fait 100 mètres a été peint par les artistes locaux à l’effigie des présidents du Sénégal, de Senghor à Macky Sall et aussi les anciens maires de Sokone », souligne le maire. En face du mur, note-t-il, se trouve la place de l’indépendance qui reste à aménager. La municipalité, précise-t-il, attend le financement de l’Adm pour un montant de 40 millions pour en faire une place pavée sur 3000 mètres carrés. « Nous avons aussi la plus belle place en face de la rivière et du ponton. C’est la « promenade des Sokonois » qui sera réalisée sur un espace de cinq hectares », fait savoir Moustapha Guèye. Cette place constitue, selon le maire, une fierté. « Depuis plus de deux décennies, cette zone n’a pas été fréquentée. C’était un dépotoir d’ordures. Nous avons mis des lampadaires solaires. Nous allons en faire un espace de loisir, avec un grand projet éco-touristique, une piscine marine entre les pontons qui pourra abriter des compétitions en eau libre de 200 sur 80 mètres de large », fait-il savoir. Selon le maire, Sokone est en chantier. D’ailleurs, indique-t-il, le président de la République avait promis 5 km de voirie en accompagnement avec la construction de la route Keur Wally Ndiaye-Sokone. La municipalité, selon le maire, attend toujours et espère que ce projet améliorera davantage le cadre de vie.

Si Sokone est l’une des portes d’entrée du Delta du Saloum et bénéficie d’une biodiversité qui lui offre d’énormes potentialités de développement d’activités touristiques, ce secteur n’est pas très bien développé. Malgré les efforts des autorités municipales qui ont initié des projets comme l’aménagement de la corniche de Sokone, la promenade des Sokonois, la construction d’une maison des hôtes, la restauration et valorisation des patrimoines historiques de Sokone, la création du réseau des acteurs culturels. Acteur touristique, Issa Barro, estime que l’activité touristique n’est pas aussi développée à Sokone. « L’activité est plus concentrée à Toubacouta. Il n’y a pas beaucoup de promotions qui permettent à Sokone d’avoir une très grande fréquentation ».

Aujourd’hui, Sokone qui veut retrouver un nouveau souffle est une ville qui bouge, selon son maire. « Les artistes de Sokone sont en train de dessiner les images de Sokone, les chanteurs chantent Sokone et les jeunes sont en train d’écrire l’histoire de Sokone à travers le sport, leurs talents et leur expertise pour écrire une nouvelle page de l’histoire de cette cité », se réjouit-il.

Par Mohamadou SAGNE et Samba Oumar FALL (textes)
et Ndèye Seyni SAMB (photos)

Le rescapé et l’autre

08 Mai 2017
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Quand je n’étais encore qu’un môme aimant s’acoquiner avec le rebut du genre humain, il m’arrivait de voir des choses peu ordinaires. Il y avait dans ce bas-fond, une curieuse et jeune créature qui se rengorgeait de ses étrangetés (ou déviances, pour être fidèle au jargon de notre époque) pour nous « éblouir » : manger un chat par exemple (là où nous étions, la consommation de cet animal pouvait lui valoir l’exécration). Plus on semblait s’émouvoir de sa singularité et de ses manies, davantage il nous en mettait plein la vue. La version officielle de chez « Monsieur Potins et Madame cancan » répand que le cocasse personnage a, un jour, « fricoté », en présence de ses copains, avec une bourrique pour franchir les limites de l’aliénation dont il est supposé être atteint. Cela fit le tour de quelques chaumières. Certains n’y crurent point. Il paraît qu’il a reçu quelques baffes des contristées mains de sa génitrice.

Pour convaincre les sceptiques, il reprit son infamante scène de petites mœurs. Est-il alors un zoophile ? Un simple maniaque instinctif ? Un petit inconscient en mal d’attention qui voulait égayer ses amis ? Cherchait-il à être différent, à s’affranchir des règles de bienséance, des convenances de goût ? Je ne l’ai plus revu depuis. J’étais parti sous d’autres cieux. Mais, me dit-on, aujourd’hui, c’est un respectable et distingué homme avec, comme on se plait à concevoir l’épanouissement, une épouse et des enfants. Que serait-il devenu s’il avait pris goût à la chose, si son « aventure avec madame ânesse » lui causait de la nostalgie. Il est ce qu’on pourrait appeler un rescapé. Ne le sommes-nous pas tous d’ailleurs ? Le rescapé le plus digne d’éloges n’est pas celui-là qui est sorti indemne d’un naufrage, d’un accident de la route…C’est cette personne qui s’est battue, dans sa longue marche, contre ses envies, ses doutes, son environnement hostile à la réalisation sociale, pour se fabriquer un destin digne.

Les irrépressibles envies ne sont pas forcément celles-là communes qu’on découvre par soi-même. Elles sont parfois suscitées par l’autre quelquefois à la même conformation des organes génitaux. Certains s’y attacheront. D’autres, les « survivants », s’en détourneront. Cet autre n’est pas toujours cet être venu d’ailleurs aux antipodes de nos valeurs… « érotiques » ! C’est un oncle, le copain de papa, l’amie de maman, la tante, l’idole de toujours…Le « mal » est partout. Il est en nous. Des marches de désapprobation ne feront que l’enfouir au tréfonds des désirs opprimés. Il est une chose de criminaliser des inclinations naturelles (ou contre nature si vous voulez), c’en est une autre d’empêcher leur dissémination pour préserver les âmes insouciantes dans nos internats, dans nos couvents, dans nos écoles coraniques...

Les désirs « matés » de ceux qui estiment que « rien de ce qui procure la joie n’est contre la nature » (Henri Troyat), profitent des brèches laissées entrouvertes par notre propre déliquescence entretenue par nos fourberies qu’on prend pour des valeurs de « soutoura » (discrétion). Ici, ce que le mari chuchote à son épouse est cancané à la foire aux médisances. Se gargariser de cette relique est une douce manière de se calfeutrer dans l’illusion.

Les mâles chiqués aux phrasés et tics exquis (parce que répétés dans nos chaumières avec grands éclats de rire) qui s’entichent du membre viril devraient inciter à nous interroger sur ce qu’on est (ou croit) en train de devenir. Sur ce que, peut-être, nous ne sommes plus : nous-mêmes. Rester soi-même est le défi de notre époque surtout quand les institutions pourvoyeuses de sens sont en parfaite contradiction avec les aspirations des « masses ». Il est une crédulité presque niaise que de s’étonner de la désarticulation de la société.

A suivre

Par Alassane Aliou Fèré MBAYE

A mi-chemin entre le zodiac et la motojet de Star Wars, voici peut-être la voiture (volante) du futur. Une start-up de la Silicon Valley a annoncé lundi, vidéo à l’appui, le prototype de la machine volante qu’elle compte mettre en vente d’ici la fin de l’année.

L’engin ultra-léger, propulsé par huit rotors, décolle et atterrit verticalement comme un hélicoptère. Il est formé d’une plateforme qui ressemble à une toile d’araignée, où le pilote est à califourchon sur la partie centrale, qui repose

Car le « Flyer » - c’est son nom – ne peut se déplacer qu’au-dessus de l’eau douce. Comme le montre la très kitch vidéo ci-dessus, il peut servir par exemple à rejoindre des amis qui pique-niquent sur un bateau, au milieu d’un lac, avant d’aller boire un verre au bout d’un ponton. Il faudra donc remettre à plus tard son rêve d’aller chercher le pain en volant ou de se garer sur le toit de son immeuble pour éviter d’avoir à chercher une place.

Point positif, le véhicule, qui pèserait une centaine de kilos et se déplacerait à environ 40 km/h à quelques mètres au-dessus de l’eau donc, ne nécessite pas de licence de pilotage, seulement deux heures de formation. Son prix ne sera dévoilé qu’au moment de la commercialisation. « Notre mission est de faire du rêve du vol individuel une réalité. Nous pensons que lorsque tout le monde aura accès au vol personnel, un monde nouveau et sans limites s’ouvrira », explique sur son site internet la société Kitty Hawk, à l’origine de la bête et qui bénéficierait du soutien du cofondateur de Google, Larry Page.

Commercialisé d’ici la fin de l’année
L’entreprise, installée comme le géant de l’internet à Mountain View, en Californie où se trouve également le siège du géant d’internet, prévoit de mettre en vente son « Flyer » d’ici la fin de l’année. Le « Flyer » commercialisé aura un design différent du prototype, précise Kitty Hawk. Son président, Sebastian Thrun, professeur d’informatique à l’Université de Stanford qui a été considéré comme le père de la voiture autonome de Google, a tweeté : « Changer l’avenir du transport individuel. Rejoignez-nous sur @kittyhawkcorp pour avoir des informations sur le prototype #the Flyer ».elle-même sur deux… flotteurs. L’entreprise a annoncé qu’elle offrait une « adhésion » de trois ans pour 100 dollars afin de figurer sur une liste d’attente et de bénéficier d’une réduction sur le prix de vente. Plusieurs firmes, y compris le constructeur aéronautique européen Airbus, cherchent à développer des engins volants similaires.

Sibeth Ndiaye était en charge de la communication et de la relation presse du candidat Emmanuel Macron, élu hier Président de la République Française. Si son prénom (Sibeth), en « Diola », veut dire celle qui a «remporté beaucoup de combats », c’est qu’elle porte sans doute en elle l’étoffe d’une combattante. Sibeth est discrète, certes ! Mais elle a déjà le goût de l’arène politique. Titulaire d’un DESS en économie de la santé, elle est passée par la case du syndicalisme étudiant. De tendance strauss-kahnienne, elle est au PS depuis 2002 où elle a été secrétaire nationale en charge de la petite enfance. Ancienne des cabinets d’Arnaud Montebourg et d’Emmanuel Macron à Bercy, elle a aussi dirigé le service de presse de Claude Bartolone au département de Seine-Saint-Denis. Sibeth Ndiaye termine ses études à la Sorbonne et se lance dans la communication. Tour à tour chargée de Presse, puis responsable de la Communication au Conseil Général de Saint-Denis, chargée de mission au ministère du Redressement Productif, elle était jusqu’en septembre 2016, Chargée de mission presse et communication au Ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique. Son prénom évoque les reines combattantes de la Casamance. La légende familiale veut que sa mère l’ait découvert en lisant le quotidien national le Soleil. Aujourd'hui lancée dans la bataille de l'élection présidentielle aux côtés d'Emmanuel Macron, la Franco-Sénégalaise Sibeth NDiaye gère les relations presse du candidat.

Sibeth Ndiaye qui figure dans la task force d’Emmanuel Macron, n’est autre que la fille de feu Fara Ndiaye illustre responsable politique au Pds et Mireille Ndiaye ancienne Présidente du Conseil Constitutionnelle. Sibeth Ndiaye est âgée de 37 ans. Emmanuel Macron a su revaloriser ses équipes. Il tient compte de la diversité, tous les talents sont les bienvenus. Les compétences de chacun sont prises en compte.

Par Oumar BA

Depuis des siècles, l’exaltation des esprits a toujours été une constante. Le pays sérère n’a pas échappé à cette règle. À proximité de chaque village, subsistent encore des bois sacrés. C’est le cas à Foundiougne, particulièrement dans la contrée du Loog, où se trouve la forêt de Laga Ndong, du nom d’un personnage légendaire ou mythique considéré comme le génie protecteur de toute cette contrée et même de la ville de Foundiougne. Un mythe ou une légende dont l’histoire serait liée à l’installation des premiers peuplements dans la contrée. Reportage. 

Au Sénégal comme partout ailleurs en Afrique, les populations ont leurs propres croyances religieuses, transmises de génération en génération. Le pays sérère est riche d’un vaste répertoire de génies aux pouvoirs divers. À ces esprits habitant les forêts, les bois sacrés, les cours d’eau, on voue un culte afin d’obtenir d’eux bénédiction et bienfait, protection contre le mal. Malgré la présence de l’Islam, musulmans comme chrétiens, ont vécu et continuent de vivre sous l’influence des croyances traditionnelles et malgré la modernité, ils ne semblent pas prêts à s’en départir. Les populations qui attribuent à ces esprits le pouvoir de donner et de combler de biens ceux qui les invoquent, de procurer la santé, de garantir de bonnes récoltes, d’accorder une longue vie, de faire tomber les pluies, de protéger contre les forces du mal, le danger ont continué à perpétuer le rituel légué par les ancêtres.

Dans la contrée du Loog, forte de près d’une dizaine de villages : Thiaré Loog, Soum Loog, Ndorong Loog, Mbassis Loog, Mbam Loog, Sapp, Keur Samba, Gagué Bocar, Gagué Mody et même la commune Foundiougne, le génie protecteur se nomme Laga Ndong. Le village de Ndorong est à cheval entre Soum et Mbassis, deux localités reliées par la « Boucle du Log » une piste cahoteuse dont les travaux tardent à voir le bout du tunnel. Ils sont arrêtés sans motif. N’empêche, la forêt et son environnement sont encore là. C’est, une zone à vocation culturelle et spirituelle caractérisée par le bois sacré qu’on peut apercevoir de loin, à partir du village de Ndorong. « Les habitants de ce village sont les dépositaires du sanctuaire (tours) et du temps des ancêtres ce sont eux seuls qui exploitaient la forêt », nous lance-t-on à Mbassis comme à Soum.

L’existence de ce génie tutélaire semble être liée à l’histoire de la contrée avec ses premiers peuplements dont certains seraient des sérères venus du Gaabou, même si l’histoire révèle aussi que d’autres habitants étaient venus du Fouta. Notre tentative de percer le mystère qui entoure « Laga Ndong » n’a pas levé l’énigme. Les personnes interrogées ont toutes servi les mêmes réponses : « Laga Ndong appartient au village de Ndorong et c’est là-bas que vous pouvez avoir la chance de trouver un interlocuteur qui puisse vous informer ». Ce qui nous incite alors à emprunter le chemin de ce village où se situe la forêt de Laga Ndong. À Ndorong, il n’y a personne pour parler de ce génie qui semble susciter une certaine crainte. La seule personne qui a daigné nous parler est un vieil homme assis sous un arbre, devant sa maison. Mais il a préféré nous renvoyer au chef de village absent ce jour-là. Obstinés à mener à terme nos investigations, nous avons fini par être mis en rapport avec le doyen Abdoulaye Faye, un agent de police à la retraite qui a fait des recherches sur le totem « Laga Ndong ». Il fallait alors aller à sa rencontre au village de Félane.
 
Une particularité historico-culturelle
NdorongComme tous les villages, Félane est calme et paisible. Ses ruelles débordent d’activités. Chez le doyen Abdoulaye Faye, un accueil chaleureux nous est réservé. Le vieil homme est originaire de Mbam, de la lignée paternelle de Faye Yéguel. Il a choisi de se retrancher au village voisin de Félane proche de la forêt, à une dizaine de kilomètres à partir de Djilor Saloum. « Ma grand-mère se trouvait à Ndorong. C’est ce qui me lie à ce village, terre d’accueil de Laga Ndong. Ce qui m’a donné l’occasion de rassembler des informations sur la légende de Laga Ndong », souligne-t-il. L’ancien policier tient, devant lui, une bonne documentation, moisson des recherches qu’il a déjà effectuées sur « Laga Ndong » qui, selon lui, viendrait du Gaabou avec sa famille. « Sa mère s’appelait Damane, venue, elle aussi, du Gaabou où les sérères venant de l’Est ont fait d’abord une halte. Il y a eu, ensuite, l’attaque des empires qui a fait plusieurs victimes. Ces dernières ont attiré les charognards qui, à l’époque, venaient se régaler et boire dans les marigots, infectant, du coup, l’eau polluée que les populations utilisaient également pour leur consommation. Il s’en est suivi une épidémie de peste qui a décimé une partie des populations », explique-t-il. C’est en ce moment-là, ajoute-t-il, « que Laga Ndong pris la décision de quitter ces lieux pour une destination inconnue. Cet exil l’a conduit vers d’autres cieux, avec ses cinq enfants sur certaines parties des corps desquels sont estampillés des signes d’identification par des dénominations : Taaboor, Pouma, Thiofane, Thioka et Sasagne, données à chacun d’entre eux pour qu’en cas de séparation, ils puissent se reconnaître ». Par la suite, indique le doyen Abdoulaye Faye, « le Taaboor a continué vers Ngothie pour s’y installer, le Pouma également a fait son choix aux environs de ce même village de Ngothie, le Thiofane s’est dirigé vers Mbam Laguène derrière Passy et le Thioka à Fatick jusqu’à Simal où réside le Sasagne. Et à chaque étape, il y avait un symbole qui la caractérisait. Quant à Laga Ndong, il a traversé le fleuve à partir de Niamdiarokh pour venir s’installer à Ndorong. Le village de Faye Yaguel est créé aux environs de Mbam d’où est originaire ma famille ».

Le mythe qui entoure la forêt de Laga est lié, selon M. Faye, « au souhait même du totem qui avait recommandé qu’un sanctuaire soit édifié là où, le jour où on le reverra plus, les gens trouveront ses chaussures ». Ce qui laisse croire que Laga a disparu mystérieusement en ce lieu qui fait aujourd’hui la gloire de la contrée du Loog.

Ici à Ndorong, beaucoup de gens viennent solliciter des prières de Laga Ndong, considéré comme le Taaboor, roi des Esprits. Mais, souligne le doyen Abdoulaye Faye, « comme en milieu sérère, il y a un gardien du temple qui s’occupe du rituel de libations qui symbolisent l’existence du totem de Laga Ndong ».
 
Génie protecteur du littoral
La particularité, dans le Loog, renseigne-t-il, est que la population est détentrice d’un riche patrimoine avec des lieux de culte dans chaque village : Laga Ndong à Ndorong, Ngaandé Saar et Saas à Thiaré, Pathine à Mbam, Diatta Waly à Mbassis, Poro Poro à Soum, entre autres. À côté également des lieux célèbres de rencontre des initiés où se déroulent les cérémonies de divination avec les Saltigués ou d’échanges sur les problèmes qui secouent la localité. Mais le site de Laga Ndong, à Ndorong-Loog ou  « Fangool » (serpent) du panthéon sérère a sa particularité historico-culturelle. En témoigne l’existence du « Tourou Peithie », une fête païenne qui a lieu annuellement au village de Djilor Diognick et à Peithie. Les serviteurs du culte sont des Sérères Taaboors qui, nous apprend-on, rendent hommage à Laga Ndong, roi des esprits, à travers l’immolation d’animaux, de libations diverses (lait caillé, gâteau de mil) sur la tombe de Sira Badial, la première reine des Guelewar. Ceci, pour rentrer dans les bonnes grâces de Laga Ndong, qui est assimilé au génie tutélaire même de Foundiougne. Les jeunes de cette localité ont même initié le « Laga Plage ».

Le président du syndicat d’initiative et de promotion touristique de la région de Fatick, Issa Barro, ne tarit pas d’éloges à l’endroit de Laga Ndong. « La légende de génie protecteur du littoral nous a appris qu’au temps, il y avait une belle animation dans la zone. Laga a produit beaucoup de miracles. Bien avant, les anciens ont déjà vu des touristes se balader devant le bras de mer de Laga et c’est des scènes éphémères qui se déroulaient en quelques minutes », note-t-il. Par ailleurs, ajoute M. Barro, tous les habitants de ce terroir respectent Laga. « On respecte les consignes. Il est interdit d’y aller habillé de rouge ni parler certaines langues comme le wolof. Il y a aussi des jours où il ne faut pas fréquenter Laga. Tous ceux qui ont passé outre ces consignes ont eu des problèmes », avertit M. Barro. L’association pour la gestion des ressources agro forestières et environnementales (Agrafe) a décidé de se lancer dans la préservation de l’espace dédié à Laga Ndong qui, nous dit-on, continue à veiller sur Ndorong et ses habitants. Son président, Abdoulaye Faye, soutient qu’un projet a été élaboré et soumis à la mairie pour l’octroi d’un espace.
 
Préservation du site de Laga
Village sérère« Quand l’Agrafe nous a montré le projet qu’ils veulent mettre en œuvre pour la préservation du site, nous avons rapidement accepté parce que nous avons estimé que c’est mieux de confier la gestion de la préservation au lieu de laisser l’espace dans sa léthargie actuelle qui risque de compromettre l’existence même de Laga Ndong.

Son environnement constituant, pour nous, un patrimoine culturel qui ne peut pas être utilisé individuellement, nous avons compris que c’est en faisant un transfert de responsabilité au village de Ndorong qui, historiquement et culturellement, a occupé Laga, qui nous permettrait de faciliter les choses », renseigne le maire de Mbam, Simon Diouf. L’espace à nous décrit par le maire fait une superficie de 400 ha. Selon M. Diouf, les membres d’Agrafe ont l’obligation de travailler à sa préservation parce que c’est un patrimoine culturel qui devrait valoir aux populations de la commune des activités lucratives.

Pour le maire de la ville de Mbam, il s’agit là d’une belle manière d’intéresser et d’impliquer directement les populations à la gestion du foncier et des ressources du Laga. « Pour le maire, ce sont les populations qui gèrent, donc l’institution ne fait qu’insuffler une vision à diffuser chez les populations afin qu’elles sentent qu’elles ont aussi un devoir de participation. C’est pourquoi nous les encourageons et nous allons les accompagner dans cette dynamique », souligne-t-il.

Les temps ayant changé, Abdoulaye Faye estime qu’il convient d’insuffler un nouveau paradigme. « Nous avons mis en place un comité d’initiative à l’issue d’une rencontre de deux jours qui a abouti à la création de l’association pour éviter les nombreux conflits entre communautés qui ont occasionné un manque à gagner énorme et une transformation anarchique de l’espace. Nous avions même, à l’époque, saisi, du temps du conseil rural de Djilor, le Conseil d’État pour arbitrage, car comme vous le savez, les temps ont changé, les populations ont augmenté et qu’il nous fallait donc insuffler un nouveau paradigme ». Aujourd’hui, avec la communalisation intégrale et l’érection de Mbam en commune qui polarise le village de Ndorong où est situé le site, l’Agrafe a franchi un palier important. Le président, Abdoulaye Faye, estime qu’ils ont les coudées franches en face d’un problème culturel dont l’ambition affichée est d’assurer la valorisation du site de Laga Ndong qui intéresse toute la contrée du Loog.

Pour Issa Barro, par ailleurs gérant d’un campement ayant pignon sur l’ile de Laga Ndong, le site présente un endroit magnifique pour développer le concept de tourisme durable avec sa nature, ses potentiels en ressources naturelles, sa plage et la mangrove. Il s’y ajoute les activités de pêche et agricoles. « C’est le seul endroit où l’on pratique encore le troc. Les pêcheurs viennent avec leurs pirogues de poissons et les femmes avec leur mil. Il n’y a pas d’argent et c’est des échanges qui se développent », assure-t-il. « Avec notre campement, nous avons ainsi suivi et respecté toutes les consignes indiquées en réalisant des cases pour le séjour de nos clients pour lesquels le site de Laga Ndong constitue un circuit touristique à découvrir ».

Par Mohamadou SAGNE et Samba Oumar FALL (textes)
et Ndèye Seyni SAMB (photos) 

Last modified on vendredi, 05 mai 2017 18:42

La peur du banal

05 Mai 2017
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Spécial mode, spécial montres, spécial crèmes de beauté, spécial jupes, spécial cuisine, spécial festivals d’été, spécial soirée dansante, etc. Là, nous sommes dans l’immensité vertigineuse de la publicité. Les radios et télévisions n’ont pas encore trouvé mieux que le « spécial » comme stratégie de vente. Avec ses « spéciaux », elles survivent, comme si l’écoute et la vue des auditeurs et téléspectateurs ne pouvait plus accueillir la simple et modeste neutralité des produits ou évènements proposés.

Aujourd’hui, ici comme ailleurs, seul le spécial nous parle. Seul le singulier nous éblouit. C’est à croire, en entendant la voix des animateurs-vendeurs de nos radios et télévisions, que le commun échappe aux consommateurs, que le banal lasse les acheteurs. Il faut user, voire abuser, du superlatif « spécial » pour pousser les éventuels pauvres clients à mettre la main à la poche. Peu importe la « surélévation » des vertus rattachées à ces produits venant de certains lointains pays ou celle des évènements prévus sur une… planète jusque-là inconnue. Pour les promoteurs, comme pour leurs porte-voix officiant dans nos radios et télévisions, c’est une spéciale « ivresse » annoncée qui permet de vendre.

Et nos magazines ? Ils n’y échappent pas, émoustillant les lecteurs avec leur spécial voyage, spécial cadeaux, spécial électro, spécial avenir de la planète, etc. Comme les radios et télévisions, les journaux versent dans ce spécial, ce pur artifice commercial. Mention spéciale à ces commanditaires d’offres spéciales qui font vivre les hommes et femmes des médias.

Par Cheikh Aliou AMATH

Enfant, on a tous un rêve. Mais une fois devenu adulte, il arrive de changer de trajectoire. Morane Sall qui ambitionnait de devenir aviateur s’est retrouvé ingénieur informaticien. Et ce jeune ambitieux veut transmettre son virus en mettant en place une structure de dimension internationale pour impulser les nouvelles technologies à Mbour, au Sénégal et dans la sous-région.

De l’école des garçons de Foundiougne à l’École supérieure de commerce et d’informatique (Esti) de Casablanca, le jeune Morane Sall a parcouru du chemin. Pour devenir ingénieur en informatique. Pourtant, l’ancien camarade de classe du président Macky Sall à l’élémentaire, dans la classe de monsieur Demba Diop, ne se voyait pas informaticien. Comme beaucoup de gamins, il ambitionnait de piloter avions et hélicoptères ou d’être médecin pour sauver des vies. Mais le destin en a décidé autrement. Suite au départ à la retraite de son père qui travaillait et logeait à la préfecture de Foundiougne, le jeune Morane Sall débarque à Mbour avec sa famille et élit domicile au quartier Thiocé-est. Après son cursus secondaire au lycée Malick Sy de Thiès où il décroche son baccalauréat, il est orienté à la faculté des sciences et techniques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar avec comme option, la physique et la chimie.

Mais le jeune Morane va très vite changer de trajectoire avec l’ouverture au département de mathématiques de la licence en informatique. Il s’intéresse de plus en plus à ce domaine. « C’est en développant mes premiers programmes en langage PASCAL que j’ai été piqué par le virus de l’informatique. C’est alors qu’avec la session unique de 1993, j’ai décidé de trouver une inscription dans une école d’ingénieur au Maroc pour tenter ma chance », explique-t-il.

C’est ainsi qu’en 1993, il atterrit à Casablanca et intègre l’Esci et suit pendant trois ans une formation d’ingénieur, option Réseaux et Télécoms. Une fois son diplôme en poche, il décroche son premier emploi à la Société Telesystems de Casablanca après avoir bouclé un stage de fin de cycle sur le thème : « Mise en œuvre des configurations pour la connexion Internet ». Alors qu’il avait la possibilité de s’épanouir pleinement au Maroc, Morane Sall choisit rentrer au bercail et se mettre au service de sa nation. L’ingénieur informaticien a mis son expertise au service de plusieurs entreprises. Aujourd’hui, Morane Sall est le responsable informatique de l’Agence de développement municipal (Adm). « Je suis arrivé à l’Adm en 2014 comme consultant individuel pour l’accompagnement de l’agence à la mise en œuvre de la sécurité informatique. À la suite de cette mission, j’en ai fait une autre pour la gestion du réseau informatique. Par la suite, après la validation du poste de Responsable informatique par l’Assemblée générale de l’Adm, mon recrutement a été effectué après un appel à candidature », renseigne-t-il.

Travailler avec les jeunes et les femmes
Sa contribution dans le développement de Mbour ? « Je peux le mesurer par les actions que j’ai menées pour l’épanouissement de la jeunesse, mais également l’autonomisation des femmes et la recherche de financements », indique-t-il.

Pour mieux concrétiser ses ambitions pour sa ville, Morane Sall qui se dit marqué par ses retrouvailles avec le Président Macky Sall à la faculté des sciences après plusieurs années de séparations a embrassé la politique. « Je suis venu naturellement à la politique, compte tenu de mon environnement familial. Mon ambition, c’est d’être dans des positions me permettant de mieux participer au développement de Mbour et à l’émergence du Sénégal », fait-il savoir.

Des projets, Morane Sall en a à la pelle. « Je veux mettre en place une structure de dimension internationale pour impulser les nouvelles technologies dans la Petite Côte, mais aussi au Sénégal et dans la sous-région. J’ambitionne également de travailler avec les jeunes et les femmes pour la maîtrise de l’élaboration de projets, leurs financements et leur mise en œuvre ». Au niveau national, Morane Sall compte bien travailler à la mise en œuvre et à la réussite du Pse et de la deuxième phase de l’Acte 3 de la décentralisation par la mise en place de territoires solidaires, résilients et connectés.

Par Samba Oumar FALL

Les machines équipées d’un système d'exploitation Windows qui n’a pas été mis à jour récemment seraient particulièrement vulnérables...

L’Agence de sécurité nationale des Etats-Unis (NSA) aurait mis au point un logiciel-espion baptisé Doublepulsar et installé à leur insu par près de 100.000 utilisateurs dans leur machine. L’existence du « spyware » a été révélée le 14 avril dernier par les pirates informatiques du groupe Shadow Brokers.

Mettre à jour le programme anti-faille
Ces derniers ont assuré que Doublepulsar avait été créé par la NSA pour servir de porte d’entrée à des malwares d’espionnage de communications et de piratage de données, via l’installation d’un implant. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, Taiwan ou encore l’Allemagne feraient partie des pays les plus touchés.

Microsoft a annoncé avoir corrigé les failles ayant permis l’installation discrète du "spyware" dans les machines infectées. Pourtant, il existerait encore dans le monde 5,5 millions d’utilisateurs qui n’ont pas encore installé la mise à jour contenant le programme anti-faille et qui sont donc toujours vulnérables à l’intrusion de l’agence américaine, estime la société de sécurité informatique BelowoDay.

Actif depuis environ une semaine
Les spécialistes avancent le chiffre de 100.000 machines infectées dans le monde en se basant sur un outil développé afin de déterminer si l’implant est présent ou non dans un ordinateur.
Ce test, destiné aux personnes ayant des connaissances avancées en informatique, a déjà montré que les portes d’entrées ouvertes par Doublepulsar peuvent être utilisées depuis environ une semaine. Même si, comme l’explique le créateur du test Luke Jennings dans Le Monde Informatique, « il est difficile de savoir exactement quand ces machines ont été infectées par l’implant ». Reste que les cybercriminels peuvent désormais profiter de la situation pour attaquer les ordinateurs rendus vulnérables. Parmi eux, les machines équipées d’un système d’exploitation Windows qui n’a pas été mis à jour récemment ou qui est trop ancien pour être efficace contre le puissant Doublepulsar.

Partout où il passe, Ahmed Sylla remporte le succès. Au-delà de sa force comique et de sa présence si évidente sur scène, ce jeune artiste dégage une douce folie et une sympathie si attachante que ses personnages nous restent en mémoire. Il y a fort à parier qu’Ahmed Sylla est promis à une belle carrière.

Né en 1990 à Nantes de parents immigrés sénégalais, Ahmed Sylla a toujours été le clown de la famille. « Avec mes frères et sœurs nous vivions dans une cité sensible mais nous étions scolarisés dans des établissements privés catholiques, car ma mère avait à cœur de nous donner la meilleure éducation qui soit », se souvient-il. Ce double regard a sans doute contribué à la bienveillance avec laquelle Ahmed Sylla évoque les différences sociologiques. Il faut le voir, dans son seul en scène, incarner trois pères qui viennent récupérer leurs ados dans un commissariat après un vol de stylo.  «On ne naît pas tous égaux face à l’éducation et à l’adversité », résume l’humoriste aux mille et une voix. Il faut l’écouter, imiter son père qui a le don d’inventer des mots et de traiter son fils de « fanfrela » au lieu de fifrelin. Il faut le découvrir, avec son énergie débordante, interpréter un « entraîneur-épicier » de l’équipe de France de foot qui ne reconnaît plus tous ses joueurs noirs.

Ce jeune humoriste fait sensation. Il imite à merveille la gestuelle, le ton et la vacuité de ses cibles. Avec son sourire enchanteur à la Omar Sy, sa gestuelle à la Jim Carrey et son sens de l’improvisation, ce comédien s’est propulsé dans la cour des humoristes à suivre. Son one man show « Ahmed Sylla avec un grand A » remplit actuellement les salles partout en France. Talentueux pour improviser avec le public, le jeune comédien termine son one-man-show en faisant monter quelques enfants sur scène pour les interroger sur leur futur.

Plus à l’aise dans les cours de théâtre que dans les salles de classe, le jeune Nantais est parti «naïvement» à Paris en 2010, pour tenter de réaliser son désir le plus profond : faire de la comédie. Après des scènes ouvertes, il se fait remarquer dans l’émission «On ne demande qu’à rire» sur France 2 avant de créer, avec son frère Moussa Sylla, son premier one man show, réadapté depuis 2015.

Par Oumar BA (Avec le monde)

Le business de la foi

28 Avr 2017
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Nous sommes un peuple de croyants. Personne n’en doute. Les tarikhas ne manquent pas. Les « thiant », « gamou » et « ziarra » sont nos compagnons quotidiens et les « dahiras » sont là pour nous maintenir dans le droit chemin. Mais il faut croire que tout cela ne suffit guère. Il nous faut désormais accueillir, quotidiennement, une noria de prêcheurs dans nos maisons, nos bureaux, et nos voitures pour toujours nous rappeler les tourments réservés aux infidèles dans l’Au-delà. Eh oui ! Les gourdins, les anges exterminateurs, les serpents à têtes multiples… font froid dans le dos. Y a intérêt à bien écouter les porteurs de la bonne parole divine pour se mettre à l’abri des surprises.

Plus besoin d’aller chercher la connaissance dans les « daaras » ou auprès des saints hommes. Il suffit simplement d’avoir le pouce et l’index bien fermes pour zapper, rudoyer les boutons de la radio pour que Dieu vienne à nous. Chaque radio, chaque télé a son (ses) oustaz et ses émissions religieuses. Et, comme nous sommes des « toubènes » (néo-convertis), les serveurs vocaux explosent et ces représentants de Dieu sur la sphère cathodique sont assaillis de questions et de remerciements. Parfois, l’audience des émissions débordent des studios pour s’installer dans les grands espaces sous forme de conférences. Certains conférenciers ont toute une administration pour planifier les dates et régler les modalités financières. Dieu est, décidément, un business qui marche très fort. Sa parole, c’est de l’or en barre. Tant pis pour nous autres qui n’avons pas été apprendre dans les daaras.

Par Sidy DIOP

Originaire de Soum, une nouvelle commune difficile à placer sur la carte du Sénégal, Abibou Ngom fait partie de cette catégorie de jeunes qui ont réussi, malgré les rigueurs et les vicissitudes de la vie, à prendre leur destin en main. Recruté comme volontaire de l’éducation, son ambition, loin d’être démesurée, l’a amené à se battre pour devenir, bien des années plus tard, administrateur civil. Actuel chef des Services administratifs de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan), ex-Institut français d’Afrique noire, cet enfant du Loog veut être dans tous les combats collectifs pour le développement harmonieux, la défense des intérêts des populations et du beau cadre de vie de son Soum natal.

Comme beaucoup de jeunes Sénégalais, Abibou Ngom a toujours rêvé de devenir un cadre pour contribuer au développement de son terroir et sortir les siens de la routine quotidienne. Son rêve s’est réalisé au prix de beaucoup de sacrifices et d’abnégation. Issu de Soum, une localité très enclavée, perdue dans le département de Foundiougne, et dans laquelle toutes les commodités n’étaient pas réunies, Abibou Ngom qui a toujours cru en son étoile, s’est battu pour se frayer un passage sur le long chemin de la réussite.

La plus grande partie de son cursus scolaire, a été faite entre Soum, Foundiougne et Fatick. Après le baccalauréat littéraire (A3) obtenu en 1995, au lycée Coumba Ndoffene Diouf de Fatick, l’ancien pensionnaire de l’école publique mixte de Soum devenue école Babacar Ndéné Diop, rejoint l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) où il obtient une licence en histoire en 1998. La même année, il est recruté comme volontaire de l’éducation. La détermination en bandoulière, des perspectives vont s’ouvrir pour l’enfant du Loog qui réussit, en 2000, au concours d’entrée à l’École normale supérieure (Ens). Il sort major à l’examen du certificat d’aptitude à l’enseignement moyen en Histoire et géographie et soutient un mémoire de maîtrise en histoire la même année. Professeur d’histoire et de géographie au lycée de Bambey de 2001 à 2006, il est ensuite mis en position de stage en 2007 pour l’obtention du certificat d’aptitude à l’enseignement secondaire à la Fastef (ex-Ens). Abibou Ngom qui a pris goût à la réussite passe la même année au concours de l’École nationale d’administration (Ena). Il est même major au concours d’entrée de la section administration générale centrale et territoriale.

Aujourd’hui, Abibou Ngom est le chef des services administratifs de l’Ifan et se la joue modeste. « C’est un poste administratif comme les autres, mais je dois signaler que j’ai d’illustres prédécesseurs à ce poste. Il s’agit, entre autres, de Mahady Diallo et Nafy Ngom Keita devenus des Inspecteurs généraux d’État », indique-t-il.

Passionné d’histoire et de recherches, Abibou Ngom l’a toujours été, lui qui est allé jusqu’à consacrer son mémoire à Soum. « Pour mieux s’investir dans sa localité, il faut d’abord la connaître et la faire connaître aux personnes qui peuvent être amenées à y mener des activités. Ce mémoire est un travail de recherche dont l’objectif est de mettre à la disposition de tous les acteurs du développement et des décideurs des outils pour éclairer leurs décisions », indique-t-il. Abibou Ngom ne s’est pas arrêté là. Il a publié un livre intitulé : « L’autorité administrative face aux conflits à caractère religieux : le cas de Soum ». Cet ouvrage traite de la complexité des conflits à caractère religieux qui, selon l’auteur, constituent des menaces à l’ordre public et à la cohésion sociale. Et il envisage de publier un autre livre sur l’histoire générale de la commune de Soum. « Les éléments de base étant déjà disponibles, il me reste juste de les mettre en cohérence. L’objectif est de contribuer à une meilleure connaissance de la localité, car je suis convaincu que les terroirs méritent une grande attention par rapport aux actes que l’on pose, aux décisions que l’on pourrait prendre », soutient-il.

Comme Babacar Ndéné Diop, qui a rendu énormément de services à la population de Soum en menant des démarches pour l’édification d’une école dans son village d’alors, Abibou Ngom souhaite, lui aussi, apporter sa contribution au développement de sa localité. Et il compte bien s’investir et y investir. Mieux, il s’est engagé à être dans tous les combats collectifs pour le développement harmonieux, la défense des intérêts des populations et du beau cadre de vie de sa chère commune.

Abibou Ngom qui n’a jamais renié ses origines, entrevoit un avenir radieux pour sa localité dont le développement est, dit-il, freiné par son enclavement. « Avec le port de Foundiougne et les deux bateaux, Aguene et Diambogne, qui vont assurer la liaison Ziguinchor-Foundiougne, le pont de Foundiougne qui doit relier les deux rives du Saloum et la piste de production que constitue la boucle du Loog qui finira par être bitumée, de grands espoirs sont permis », assure-t-il. « Même le pétrole est au large de nos côtes. Je pense sincèrement que nous avons devant nous un avenir radieux. Toutefois, la question de l’approvisionnement en eau potable doit être rapidement réglée. C’est une urgence capitale ». La solution passe, selon lui, par le transfèrement d’eau. Il a ainsi invité l’État à prendre des mesures urgentes dans ce sens pour être prévenant.

Samba Oumar FALL

Les avancées technologiques ont apporté une nouvelle configuration dans la vente de produits musicaux. En deux clics, il est désormais possible de télécharger ses chansons préférées, souvent gratuitement, au grand dam de l’artiste. Mais comme il est presque impossible de faire sans, il semblait urgent d’inventer des solutions qui permettraient aux artistes d’y trouver leur compte.

C’est tout le sens du site Musik Bi qui a fêté son premier anniversaire lundi 27 février 2017. Ses responsables ont fait face à la presse au Just For U. L’occasion était idéale pour le leader du téléchargement légal de musique de faire un bilan d’étape. « Notre plateforme offre de nombreux avantages pas seulement aux musiciens, mais aussi aux consommateurs. Les artistes sénégalais et africains peuvent désormais vivre de leur art tout en s’affranchissant de la production et de la distribution coûteuse de Cd pour passer directement à un modèle numérique, qui s’avère viable pour le marché africain », a déclaré Moustapha Diop, directeur de Solid, l’entreprise de solutions informatiques à l’origine de l’initiative.

Aujourd’hui, en collaboration avec deux opérateurs de téléphonie (Orange et Expresso) et d’autres acteurs, Musik Bi a mis en place des solutions qui permettent désormais d’acquérir la musique via Sms, Paypal, Orange Money, Carte bancaire. « L’opérateur récupère son pourcentage et le reste se partage entre la plateforme qui prend 40% et l’artiste 60%. L’avantage c’est que tout est transparent. L’artiste qui signe avec nous a un compte qui lui permet de suivre en temps réel les achats effectués sur son produit »,poursuit M. Diop.

Des défis à la pelle ?
Il révèle, par ailleurs, que sur la plateforme, le public a accès à plus de 500 artistes (et 200 producteurs), et plus de 2 500 titres téléchargeables qui peuvent être écoutés où et quand on le veut. « Musik Bi n’est pas un site de streaming. En optant pour l’option « off-line », le site permet aux usagers d’éviter les problèmes de connexion tout en étant « propriétaire » des morceaux déjà téléchargés »,poursuit-il. Même si la plateforme a signé avec des artistes de renommée internationale comme Youssou N’Dour, Tiken Jah Fakoly, c’est un rappeur qui caracole en tête des ventes sur la plateforme. Il s’agit de Dip Doundou Guiss.

Selon M. Diop, cela s’explique par le fait que la jeune génération est plus attachée aux réseaux sociaux. « Ils sont très présents, ce qui fait qu’ils touchent facilement leur public », reconnait-il. Mais pour lui, il appartient aux autres artistes de s’approprier la plateforme et davantage utiliser les réseaux sociaux comme relais, pour optimiser leur chance de tirer profit d’un outil qui leur offre une juste rétribution, visible en temps réel et inédite dans ce domaine.

Parce que dit-il, « Nous voulons créer une plateforme de vente légale de musique, adaptée aux réalités africaines, permettant aux artistes de vendre leurs produits et aux populations bancarisées comme non bancarisées d’acheter une grande diversité de chansons. Parce que nous sommes arrivés dans un contexte difficile pour les artistes africains. Beaucoup d’entre eux ne vivent pas bien de leurs œuvres, ne vendent que très peu de CD, en raison du piratage. Les artistes en étaient réduits à ne vivre que des concerts et d’autres prestations, les revenus des sites de streaming n’étant pas particulièrement avantageux pour eux », rappelle-t-il.

M. C. SECK Lemondeafrique

Icône du raffinement africain, quinquagénaire élégante, Reni Folawiyo est à la fois avocate, designer d’intérieur et femme d’affaires.

Reni Folawiyo mène toujours grand train dans les soirées mondaines de Lagos. Mais ce n’est plus ce qui la fait rêver. Elle ne le dit pas comme ça, mais on sent bien que la vie fastueuse et superficielle des femmes de millionnaires nigérians l’ennuie. Le luxe tapageur des nantis de Lagos et de leurs demeures à colonnades à la décoration rococo l’exaspère. Elle, l’icône du bon goût et du raffinement africain, se sent parfois incomprise dans son univers de jet-set nigériane pour qui le comble du luxe se trouve dans les boutiques de Paris, Londres ou New York. Cette quinquagénaire élégante, épouse du millionnaire Tunde Folawiyo, est à la fois avocate, designer d’intérieur et femme d’affaires.

Ces dernières années, elle est devenue la chef de file d’une nouvelle tribu urbaine de Lagos dont le portrait-robot pourrait être celui-ci : jeune, raffiné, « arty», aussi à l’aise dans le village de leurs aînés qu’au cœur des bidonvilles ou dans un cocktail chic de la capitale. Dans ce milieu, on méprise les poncifs réducteurs du genre « afropolitain », « afro-tendance »… Souvent diplômés d’universités anglo-saxonnes, la plupart est rentrée au Nigeria pour capter cette énergie de Lagos, faire des affaires et raviver une scène artistique snobée ou ignorée par les oligarques.

A sa manière, elle réunit ces deux mondes de privilégiés au sein d’Alara. La presse décrit ce lieu qui a ouvert ses portes à Victoria Island en 2015 comme le « concept-store le plus branché d’Afrique ». C’est un petit bâtiment cubique aux épais murs noirs percés de baies vitrées couvertes de motifs ocre puisés dans l’esthétique yoruba. Une œuvre signée de l’architecte britannique d’origine ghanéenne David Adjaye. Aux antipodes de projets démesurés tels que le Sky Gallery, centre commercial de Luanda dédié au luxe.
Elle tente vaille que vaille de sensibiliser ses clients fortunés et les curieux qui se précipitent dans sa bulle de luxe et d’art à ce « made in Africa » haut de gamme. Une sorte d’évangélisation que Reni Folawiyo entreprend comme une sociologue de terrain qui observe l’évolution des mœurs et la mutation de cette mégapole dont nul ne sait plus vraiment combien d’habitants y vivent.

Lagos est une sorte de synthèse désordonnée de la multitude de rapports économiques décryptant ce « décollage » de l’Afrique. Il y a cette bourgeoisie débordante de pétrodollars parfois détournés des caisses publiques, une élite besogneuse et entrepreneunante, une classe moyenne émergente et beaucoup de gens qui vivent avec moins d’un dollar par jour.
Un patchwork qui intrigue les grandes marques occidentales, désireuses de profiter d’une croissance de près de 6 % et d’un marché vaste de 184 millions d’habitants. Toutefois, dans le secteur de la mode, seuls Hugo Boss et Ermenegildo Zegna ont franchi le pas. Et, en ce début d’année 2016, la première économie d’Afrique se révèle fragilisée par la chute des cours des matières premières.

Lemondeafrique

Riche de sa culture, de ses ressources naturelles, mais aussi de son brassage, Toubacouta, situé aux portes du Delta du Sine Saloum classé patrimoine mondial de l’UNESCO en juin 2011, est devenu un havre de paix. Tout au long de l’année, cette ville carrefour distille joie et animation dans chacune de ses rues et de ses villages les plus reculés. Dans cette localité où le traditionnel se marie merveilleusement avec le moderne, les atouts culturels et naturels confèrent à l’activité touristique une place de choix en tant qu’axe majeur de l’économie locale.

Ville cosmopolite située dans le département de Foundiougne, dans la région de Fatick, et presque frontalier avec la Gambie, Toubacouta garde toujours son cachet traditionnel et se caractérise par un profond brassage ethnique. Sérères, Mandingues, Diolas et Wolofs y vivent en parfaite harmonie. Toubacouta, c’est sa diversité culturelle. C’est aussi sa diversité biologique, son patrimoine naturel, ses ressources animalières et fauniques composées de forêts très denses et communautaires, soutient Mahécor Diouf. Ce prestige, Toubacouta le doit, en grande partie, à l’admission du Delta du Saloum qui appartient à plusieurs circonscriptions territoriales au sein du club très fermé des « Plus belles baies du Monde » en 2005 et son classement en juin 2011 sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Aujourd’hui, Toubacouta qui a gardé toute son authenticité, apparaît comme un véritable condensé culturel du Sénégal à travers un melting-pot de croyances, de pratiques et de valeurs culturelles qui font son charme et sa fierté. Dans cette ville carrefour, la vie est rythmée par les fêtes et cérémonies traditionnelles.

Au regard de ses énormes potentialités économiques, sociales et culturelles, Toubacouta, de l’avis de son maire, est une importante composante du département de Foundiougne et demeure le fleuron de la région de Fatick. « Notre commune est, aujourd’hui, le noyau dur de la région. Elle regroupe toutes les potentialités qui accompagnent le développement : agriculture, tourisme, pêche, élevage. Sur le plan géographique, tous ces facteurs se regroupent. Tous les produits halieutiques qui sont vendus dans la zone viennent de l’île de Bettenty qui fait face à l’océan, sans compter Missirah qui respire par la pêche. Toubacouta regorge également d’énormes potentialités et de ressources naturelles diversifiées, dont la valorisation constituera indubitablement un levier pour le développement de l’économie locale, le renforcement de son attractivité et la promotion de l’emploi », fait savoir Pape Seydou Dianko.

Depuis toujours, Toubacouta est une ville paisible, qui se développe à son rythme, mais avec une prédominance sur le plan touristique. Grâce à ses potentialités naturelles, cette localité reste un pôle d’attraction touristique. Et le classement du Delta du Saloum y est pour beaucoup, estime Mahécor Diouf.

Des merveilles à découvrir…
La fréquentation a augmenté et chaque année, on reçoit beaucoup de visiteurs qui viennent admirer les trésors que renferme Toubacouta », explique le gestionnaire du site du Delta du Saloum. Mieux, ajoute M. Diouf, la magnificence des lieux a suscité l’intérêt des médias étranger. « Une équipe de Tf1 est venue faire un reportage sur le Delta du Saloum et quelque temps après, on a reçu des touristes qui nous ont dit qu’ils ont découvert le site à travers la télévision française. D’autres journalistes français sont ensuite venus faire des reportages. C’est dire que le site suscite un intérêt particulier », explique le gestionnaire du site.

Selon lui, le touriste qui arrive à Toubacouta a une diversité de choix et peut visiter beaucoup de choses. « Il y a les amas coquilliers qui font l’objet du classement du Delta sur la liste du patrimoine mondial, les forêts classées et les forêts communautaires, l’île aux oiseaux, le village de Missirah avec son fromager millénaire, l’île de Sipo, le parc de Fathala, les bolongs, etc. », note M. Diouf.

Mamadou Dieng, guide touristique et par ailleurs président de cadre de concertation artisanat de Toubacouta, ajoute, pour sa part, que des circuits de visites ont été bien identifiés. Et la plus grande attraction, selon lui, reste l’île aux coquillages, plus connue sous le nom de Diorom Boumack. « Juchée sur une hauteur de 12 mètres, l’île aux coquillages est un endroit magnifique. C’est incontestablement le premier circuit de la zone. Ce site colonisé par les amas coquillers qui témoignent de l’exploitation du coquillage dans cette zone depuis des siècles. On y note la présence de plusieurs tumulus funéraires. À partir de cette île, on peut avoir une vue panoramique du Delta du Saloum », explique ce guide spécialisé en ornithologie. L’île aux oiseaux qui est un véritable refuge ornithologique où viennent se reproduire des espèces rares venues d’Europe fait aussi partie des charmes de Toubacouta, de même que l’île de Sipo avec la reine Fatou Mané, le fromager de Missirah aux images spectaculaires et des écritures coraniques sur les branches et beaucoup d’autres sites exceptionnels, renseigne M. Dieng. Selon lui, tous ces circuits sont aujourd’hui valorisés. « L’association des guides du delta a bénéficié d’une session de formation en partenariat avec le Conseil départemental de Foundiougne et Poitou Charente. Au cours de cette session, on a tracé tous les circuits qui ont ensuite été mis en valeur et l’on a fait en sorte que tous les guides parlent le même langage », indique-t-il. Toutefois, estime ce guide, l’accès au Delta du Saloum gagnerait à être facilité davantage. « Les touristes nous font tout le temps des suggestions. La construction d’un aérodrome est une forte demande. Cela va contribuer à développer davantage le tourisme local et permettra au Delta du Saloum de vivre pleinement. Les touristes vont avoir un gain de temps considérable sans compter que certains pourront même venir d’autres régions pour faire des excursions », fait-il savoir.

Pilier majeur de l’économie locale, le tourisme à Toubacouta bénéficie d’un intérêt particulier et grandissant. Mieux, estime le maire, Toubacouta, grâce à ses potentialités, a réussi à s’imposer comme une étape importante et incontournable dans les différents circuits de la destination Sénégal. « Le tourisme se porte bien ici, même si les potentialités ne sont pas pleinement exploitées. Des fils de Toubacouta établis à l’étranger ont investi dans ce créneau porteur. Et nous avons espoir qu’avec les nombreux projets que la ville va accueillir, le secteur va se développer davantage », indique-t-il. Sur le plan des infrastructures, soutient le maire Pape Seydou Dianko, Toubacouta dispose aujourd’hui d’hôtels de cinq, quatre et trois étoiles, de dix-neuf campements et d’une cinquantaine de résidences. Ce qui, dit-il, n’était pas évident au début.

Une belle mosaïque culturelle
Terre de brassage et de métissage où traditions et modernité se combinent, Toubacouta présente une incroyable richesse culturelle. Cette diversité constitue un atout pour l’attractivité et le développement de ce territoire qui s’impose aujourd’hui comme une destination à promouvoir davantage. Pour le maire, le secteur culturel de Toubacouta reste aussi foisonnant, caractérisé par une belle diversité et une incroyable vitalité. Ils participent grandement à l’épanouissement de la population. Ils proposent également une belle vitrine de notre région et contribuent à un dynamisme économique et social. Mahécor Diouf, Toubacouta est une zone culturellement riche avec beaucoup d’activités qui s’annoncent en matière de festivals, de journées culturelles, de rites et autres cérémonies. « Les populations ont conscience de cette richesse, en dehors de la commune qui organise un grand festival, il y a des journées culturelles qui s’organisent dans tous les villages. Il y a beaucoup de rites initiatiques dans les villages, le kankourang, le dimbadong », indique-t-il.

Parmi ces évènements phares de l’agenda culturel de Toubacouta, figure le « Niumi Badiya » ou Festival de l’amitié transfrontalière entre le Sénégal et la Gambie dont la première édition s’est tenue en 2015. Son objectif, selon M. Diouf, est de raffermir les relations de bon voisinage et de dialogue des peuples et des cultures.

Mamadou Dieng, un des acteurs de cet évènement, estime que ce festival marque la fusion entre le Niomi du Sénégal et de la Gambie et permettra d’enraciner davantage les relations entre les deux pays. Toubacouta peut aussi se prévaloir d’une vie artistique affirmée, comme en témoigne la forte présence de troupes folkloriques à l’image d’Allah Laké, de « Nala Soleil d’Afrique » qui fait la fierté de toute la région de Fatick. « Cette troupe, créée par un jeune de la localité, après un séjour de dix ans en Suisse, est un véritable brassage ethnique, en alliant toutes les musiques traditionnelles des différentes communautés », explique Mamadou Dieng. Il y a aussi le Kagnaleng qui est, selon Mahécor Diouf, un rite de fécondité organisé par un groupe de femmes qui sortent de l’ordinaire. « Ce rite exclusivement féminin est organisé pour les femmes qui ont des problèmes de fécondité ou qui perdent successivement leurs enfants. Il sert à éliminer la répétition de leur malheur et à préserver la procréation », explique-t-il. Selon Mamadou Dieng, les Mandingues, Diolas et beaucoup d’autres ethnies ont leur kagnaleng. « Ce groupe de femmes organise, à un moment donné, un rituel collectif qui garde encore toute son authenticité pour permettre aux femmes victimes de cette malédiction d’avoir un enfant ou de garder son enfant en vie. C’est un rite qui résiste encore à la modernité et des femmes viennent de tous les coins pour bénéficier du kagnaleng », indique-t-il. Une fois le rituel accompli, l’enfant est dotée d’un nouveau nom farcesque qu’il portera jusqu’à un certain âge pour le protéger. « Les kagnaleng sont reconnaissables à leurs accoutrements bizarres. Elles se maquillent, se fardent à outrance, portent des guenilles, des sacs, des chaussures usées, se coiffent de bonnets usés ou de caisses », indique Mamadou Dieng.

Sur la scène artistique de Toubacouta, est aussi présent le « Tollé Kaffo ». Comme les Kagnaleng, les « Tollés Kaffo » portent des accoutrements bizarres. Ce groupe de femmes intervient quand les pluies se font rares ou tardent à tomber. Armées de bâtons, elles se retirent dans la forêt et font des prières pour que la pluie tombe. En dehors de leurs rituels, ces femmes font des prestations lors des fêtes et cérémonies familiales.

À tous ces festivals de grande envergure, s’ajoutent d’autres manifestations organisées tout au long de l’année : le Kankourang, le diambadong ou danse des feuilles, la circoncision, les séances de luttes traditionnelles qui drainent beaucoup de monde.

Des menaces qui pèsent…
C’est pour assurer la protection et la valorisation des cultures locales de cette zone que le centre d’interprétation de Toubacouta a été créé, indique Mahécor Diouf. Ce centre, inauguré le 5 mai 2013, est composé d’un village artisanal, d’un musée qui présente les facettes de la culture locale, d’un bureau d’informations touristiques, d’un théâtre de verdure, etc. « Grâce au centre, tous les secteurs sont organisés en cadres de concertation. Et à chaque fois, il y a de grands évènements, on organise des foires et expositions », fait savoir Mahécor Diouf, gestionnaire du site du Delta du Saloum.

Pour le maire, Pape Seydou Dianko, « la force du tourisme à Toubacouta, c’est la culture ». Conscients que cette richesse constitue un atout touristique considérable, les acteurs multiplient les stratégies pour positionner davantage Toubacouta comme un produit à forte dominante culturelle.

À Toubacouta, le link tourisme et culture existe véritablement. C’est une réalité symbolisée, selon Mahécor Diouf, par le bureau d’information touristique. « La majeure partie des touristes qui arrivent ici viennent visiter le centre. On fait des missions dans les hôtels pour voir comment préserver les sites. Ensemble, on réfléchit pour voir comment valoriser le tourisme, mais aussi comment offrir aux touristes d’autres produits parce que ce n’est pas seulement la nature qu’il faudra vendre, mais aussi les cultures locales ». Aujourd’hui, prévient Mahécor Diouf, il y a des menaces à prendre très au sérieux qui pèsent, même concernant la protection du site. « Il y avait des aspects traditionnels de conservation qui commencent à disparaître. Aux temps, on disait qu’il ne fallait pas couper tel ou tel arbre le lundi, le mardi ou dans la journée. C’était une façon traditionnelle de protéger la nature, mais ces tendances commencent à disparaître », regrette-t-il. Concernant la culture, Mahécor Diouf, estime que la forte influence étrangère constitue aussi une menace. « Toubacouta, c’est des années de rencontre entre touristes et populations locales. C’est ce qui fait qu’il y a tout le temps des influences et l’on est en train de perdre petit à petit certains aspects de la culture locale », soutient-il. L’érosion côtière fait aussi partie des menaces, selon Mahécor Diouf. « On note une salinisation des amas coquillers et des bolongs, avec la remontée de la langue salée. Avec l’eau de l’océan qui entre dans les bolongs, on commence à avoir des modifications de la biodiversité », relève-t-il. Ces modifications, note-t-il, sont aussi perceptibles à Diorom Boumak où une partie commence à disparaître, tandis que Diorom Bou Ndaw est menacé par l’avancée de la mer. « L’île aux oiseaux est aussi sous la menace de l’avancée de la mer et ce n’est pas bon signe. Si ça continue, on risque de perdre tous ces oiseaux qui quittent l’Europe pour venir se reproduire ici », avertit Mahécor Diouf.

Par Mohamadou SAGNE et Samba Oumar FALL (textes)
et Ndèye Seyni SAMB (photos)

Forte d’une riche histoire, la presqu’île de Soum (département de Foundiougne, région de Fatick) suscite un attrait particulier pour le visiteur qui débarque. Cette fascination est exaltée par la vitalité d’un patrimoine culturel qui traverse les époques.

Longtemps considéré comme l’un des trois plus gros villages du Sénégal avec Dioffior et Thionck Essyl, Soum (dans le département de Foundiougne, région de Fatick), avec sa population d’environ 15.000 habitants, est devenu commune en 2008. Limitée à l’ouest au sud par le bras du fleuve, à l’est par Ndorong et au nord par le village de Thiaré, cette grande île du Loog, à 5 km de Foundiougne, est riche de ses traditions et de sa culture. Cette localité fondée par Mbappa Youngar Sarr possède une identité forte et attire par son histoire fascinante.

La paix et la prospérité ont depuis longtemps fait la particularité de Soum qui s’est toujours distinguée sur les plans économique, politique, socio-culturel et démographique. « Sur le plan économique, sa forte production de riz, de coton et de sel et son dynamisme sur le plan commercial ont longtemps fait de Soum une sorte de capitale économique du Loog encore appelé île de Foundiougne », explique Abibou Ngom, conseiller technique spécial du maire, par ailleurs chef des services administratifs de l’Ifan - Université Cheikh Anta Diop. Pour ce fils du terroir, Soum disposait à l’époque de terres des deux grandes îles de Poro (pour la coton-culture) et de Baout (pour la riziculture) situées à sa partie ouest. « Son port fluvial d’Annagar a servi à écouler sa grande production de sel », renseigne-t-il.

Sur le plan politique, ajoute Abibou Ngom, « Soum peut être considérée comme un espace d’expression démocratique où les aristocrates ne pouvaient mettre les pieds. Traditionnellement, Soum est interdit aux membres des familles royales ». Selon M. Ngom, « cette interdiction explique que, par le passé, toute personne menacée par les excès des hommes du pouvoir trouvait refuge à Soum qui était donc un havre de paix et de liberté ». De l’avis de M. Ngom, ce sont les particularités économique et politique de Soum qui expliquent aujourd’hui sa forte croissance démographique. « Même s’il n’est pas le plus ancien village du Loog, Soum qui se veut la Terre des braves hommes (Ngiin ngoor OSumb) en est incontestablement le plus peuplé ».

Des lieux de mémoire…
Soum FoundiougneSoum peut s’enorgueillir de son passé glorieux, mais aussi de nombreuses curiosités à découvrir. L’immensité et la notoriété des potentialités historique et culturelle de Soum sont bien établies avec de nombreux sites historiques qui constituent d’excellents lieux de mémoire. Il s’agit, entre autres, de Loot Sitor, Annagar, Diognick... Chacun de ces sites a son histoire. Et de l’avis du maire Moustapha Ngor Léon Diop, on ne peut pas parler de Soum sans évoquer Loot Sitor en souvenir de Sitor Ndour, un héros qui a fait face à l’envahisseur. « Loot Sitor est la termitière où Sitor est tombé les armes à la main pour défendre son village attaqué par un corps expéditionnaire dépêché par le Bour Saloum pour réprimer les populations qui s’étaient massivement converties à l’islam dans un contexte de conflit entre le Bour Saloum et Maba Diakhou Ba, le marabout du Rip », explique Abibou Ngom.

À en croire le maire de Soum, Loot Sitor est le symbole de la résistance villageoise. Sitor, selon ses dires, s’est sacrifié pour tous les villageois. « Pour faire face à l’envahisseur et ne pas fuir, il a rempli son pantalon de sable et a résisté jusqu’à sa mort », ajoute Amadou Sarr, un conseiller municipal.

À quelques encablures de Loot Sitor se trouve le Diognick, mare qui a fixé l’ancêtre fondateur Mbappa Youngar Sarr sur les lieux. « C’était une très grande mare aux crocodiles qui a laissé son nom à la province du Diognick encore appelé Djilor de l’ancien royaume du Saloum. Tout roi intronisé devait y prendre un bain rituel tout en évitant d’entrer à Soum », fait savoir Abibou Ngom. Cette mare, raconte Tamsir Bob, président des affaires sociales de la commune, avait des vertus curatives. « Elle avait des pouvoirs mystiques et les gens venaient de partout en profiter », ajoute-t-il. « Aujourd’hui, ce point d’eau s’est tari et ne se remplit que pendant l’hivernage, mais les gens viennent toujours pour prendre un bain, remplir leurs gourdes de cette eau miraculeuse », indique-t-il. Selon certaines indiscrétions, beaucoup de personnalités en quête de gloire ou d’aura se sont baignés dans cette mare.

Le baobab « Ngar Diam », situé au site initial de Soum, fait aussi partie des attractions de cette localité. Cet arbre, selon M. Ngom, symbolise l’importance de la paix. « Ce baobab est ainsi appelé parce qu’il a abrité la première initiation organisée après le saccage de Soum en 1859 par le Bour Saloum et l’exil des populations à l’île de Baout. Pendant toute la durée de l’insécurité, l’initiation n’était plus organisée. Une fois le calme revenu et la population de retour à leur lieu d’origine, l’initiation a été ressuscitée à partir de ce baobab appelé Ngar diam qui signifie (viens en paix) », explique M. Ngom. Aujourd’hui, ce baobab est agressé de toute part. Son tronc, ses branches et ses racines sont perforés par de clous, de fléchettes et autres aiguilles. Sur toute sa circonférence, on aperçoit des signes et inscriptions étranges. « Depuis toujours, ce baobab sacré aux vertus mystiques est fréquenté par des populations d’ici et d’ailleurs qui viennent sur indication de marabouts pour faire des rites, prendre des bains ou enfoncer un clou ou autres objets. Chacun vient en fonction de ses attentes », indique Amadou Sarr. Ce baobab, dit-il, reçoit des visites diurnes comme nocturnes.

Autre site : Annagar, l’important port fluvial de Soum. Cet endroit était jadis fréquenté par les courtiers de Joal. « Ce port est construit sur un bras de fleuve traversé d’Est en ouest par un gué qui relie Soum à l’île de Baout. À cet endroit, il est possible de traverser le bras de mer à pieds. En raison de l’étroitesse du gué et des profondeurs qui le côtoient, il était dangereux de s’y aventurer sans une bonne maîtrise du terrain d’où son appellation Anna Ogar qui signifie que vienne qui connaisse », informe M. Ngom. L’île de Poro-Poro a aussi son importance. « Cette île, tout comme l’île de Baout, était une propriété des populations de Soum qui y pratiquaient la coton-culture. Cette activité permettait la production d’une importante quantité de coton, matière première des tisserands qui venaient de plusieurs contrées. Les cotonnades étaient destinées à la satisfaction des besoins locaux relatifs à l’habillement et aux honneurs rendus à l’occasion de l’initiation, du mariage et des funérailles, entre autres. Elles étaient aussi destinées au commerce », explique l’administrateur civil. À l’époque, nous dit le maire, les populations n’avaient pas besoin d’acheter des pagnes. « Tous les pagnes qu’on portait provenaient de ce coton sauvage qui était récolté par les femmes qui filent la laine qu’elles remettaient ensuite aux tisserands du village », indique-t-il. Cette époque, reconnaît-il, est aujourd’hui révolue. La modernité est passée par là.

Une meilleure valorisation des potentialités
Ile SoumSoum offre un témoignage flamboyant de son passé. Son patrimoine riche et diversifié lui aurait permis d’affirmer sa vocation culturelle, mais ces potentialités sont sous-exploitées. Selon Abibou Ngom, cette richesse est méconnue aussi bien du grand public que des autorités déconcentrées et décentralisées. « La bonne exploitation des potentialités a longtemps été entravée par des obstacles liés à la méconnaissance et à la gouvernance », indique-t-il. Aujourd’hui, soutient-il, ces obstacles sont en train d’être levés. Les récentes journées culturelles organisées en décembre dernier sous le thème « L’importance des valeurs culturelles pour un Soum émergent » ont, à son avis, permis de vulgariser cette richesse. Il s’y ajoute, selon M. Ngom, que les nouvelles autorités municipales ont posé des actes forts pour que la culture soit mise au service du développement. « L’objectif poursuivi à travers ces journées était de faire découvrir ces richesses culturelles, mais aussi de réfléchir sur les voies et moyens de les mettre en valeur. Ainsi, on s’est aperçu que le tourisme culturel peut prospérer à Soum. L’essentiel étant l’installation d’infrastructures hôtelières jusque-là confinées à Foundiougne alors que nous partageons le même environnement fait de mangrove et de bolongs favorables aux activités touristiques », laisse-t-il entendre.

Pour le maire, l’inventaire du patrimoine culturel a été mené et les atouts dont la commune peut tirer profit pour son développement économique et social ont été identifiés. Ainsi, assure Moustapha Ngor Léon Diop, la municipalité entend mettre en place une série de mesure pour une meilleure valorisation du patrimoine. À en croire le maire, les journées culturelles ont marqué un nouveau départ. « Ces journées culturelles ont été un moment fort dans la vie de notre commune. La mairie de Banjul était notre hôte. On a visité quelques sites. On a ensuite été au bois sacré, on a prié pour la paix et posé une stèle », informe le maire qui demeure convaincu que son terroir est assis sur un trésor qui pourrait contribuer à l’essor et rendre beaucoup plus attractive leur communauté. Et il urge, selon ses dires, de valoriser ce riche passé porteur de valeurs d’humanisme et d’ouverture sous toutes ses facettes pour permettre à sa localité de profiter grandement de son riche passé.

Aujourd’hui, note Abibou Ngom, l’espoir est permis avec l’électrification, la piste de production, entres autres. Ainsi, dit-il, des conditions sont réunies pour une valorisation du patrimoine aussi bien par l’éducation scolaire que par la mise en place d’infrastructures hôtelières.

La boucle du Loog, la route de l’espoir
En matière d’infrastructures routières, Soum n’est pas bien dotée. L’espoir était permis avec la réalisation de la boucle du Loog qui fait 17,5 km et dont le tracé devait quitter Foundiougne, passer à Soum, Mbassis et terminer par Mbam. Malheureusement, déplore le maire, les travaux de cette piste qui avaient démarré en novembre 2013 ont été arrêtés en août 2014. « L’Ageroute avait en charge cette boucle et devait aussi réaliser d’autres pistes pour Soum en 2015 et 2016, malheureusement aucune de ces pistes n’a été réalisée. On nous a promis que très prochainement les travaux de la boucle seront achevés. On a demandé que cette route soit bitumée parce que c’est une route stratégique, socio-économique pour la zone. Elle nous facilitera le déplacement et l’écoulement des produits halieutiques et agricoles que nous avons », indique Moustapha Ngor Léon Diop, qui précise qu’avant le début de réalisation de cette route, Soum n’avait pas d’axes praticables. « Avant, tout se déchargeait à Foundiougne. C’est avec le début des travaux qu’on a vu pour la première fois un container de 40 pieds quitter Foundiougne pour venir jusqu’à Soum », explique-t-il. C’est dire combien l’espoir de voir se concrétiser la réalisation de cette boucle est immense pour les populations de cette contrée.

L’eau constitue aussi un casse-tête quotidien dans cette localité qui, depuis 1972, est confrontée à ce même problème. « Notre priorité, c’est l’eau, encore l’eau et toujours l’eau », martèle l’édile de Soum qui, en 1984 déjà, disposait d’un forage réalisé par Caritas-Sénégal. « C’est ce forage qui nous alimentait jusqu’au 15 mai 2015 avant de tomber en panne et d’être hors service », relève le maire. Selon Moustapha Ngor Léon Diop, les autorités ont été saisies et le président de la République a donné des instructions au ministre en charge de l’Hydraulique pour régler ce problème. « Le forage est tombé est panne, la nappe est salée ; ce qui fait que la zone ne peut plus abriter de forages. Ce qu’il faut, c’est un transfèrement d’eau. Avec les programmes des îles du Saloum, Soum sera intégré dans le dispositif », assure le maire, qui dit avoir demandé un transfèrement d’eau depuis la prise de Baout qui se trouve à quelques encablures de Soum et qui est bénéficiaire du réseau Notto-Diosmone-Palmarin. Paradoxe, le village de Baout, note le maire, était alimenté en eau par Soum. Mais aujourd’hui, c’est Soum qui demande à être raccordé à Baout. « Le réseau est là-bas et on a demandé à être raccordé là-bas, mais ce n’est pas très facile. Le ministère de l’Hydraulique a saisi la Sones pour qu’on nous raccorde provisoirement à Foundiougne avant le raccordement définitivement de Baout qui est à 6 km de Soum », fait savoir le maire. « L’eau est donc la priorité des priorités. Nous avons un cheptel très important qui a besoin d’eau pour s’abreuver. C’est capital. C’est une urgence et cela ne peut pas attendre », renseigne-t-il. En matière d’électricité, la commune est connectée depuis longtemps, mais il reste quelques poches. « Nous sommes à six quartiers électrifiés sur dix. C’est la commune qui devait prendre en charge cette extension, mais les moyens font défaut malgré la volonté », soutient-il.

Par Mohamadou SAGNE et Samba Oumar FALL (textes)
et Ndèye Seyni SAMB (photos)


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