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Soleil Grand Air (516)

Moins en lumière que l'avocat ou le juge, le greffier est pourtant présent à toutes les audiences du tribunal où il assiste les magistrats, dresse les procès-verbaux et rédige les actes. Un métier qui exige organisation et sens du service qui peut constituer un vrai débouché, après quelques années de droit.

Simple « gratte-papier », le greffier ? Certainement pas ! Il est le garant de la procédure, le « scribe » de la justice. Il consigne l’intégralité des débats à tous les niveaux d’instance et veille à la conservation des jugements. Ce professionnel est la mémoire écrite de toutes les activités du tribunal. Présent lors de chaque étape d’un procès, il transcrit par écrit les débats d’audience, dresse des procès-verbaux et rédige les décisions du tribunal. Avant cela, il constitue les dossiers pour les juges, enregistre les affaires et prévient les différentes parties de la date de l’audience. Il est en quelque sorte un assistant des juges et des procureurs.

Amadou Sylla a fait une belle carrière dans ce corps, avant de tirer sa révérence. A tour de rôle, il a échelonné toutes les étapes de la hiérarchie des greffiers. Il informe davantage sur les tâches du greffier. « Le greffier garantit l’authenticité des décisions du juge, en effet tout jugement rendu en son absence peut être annulé pour vice de forme. Présent à toutes les étapes d’une procédure, il dresse des procès-verbaux et rédige les décisions du tribunal. Le greffier conserve les pièces, les archives et les actes pour ensuite délivrer des copies », informe-t-il.

Le greffier est le plus souvent le premier interlocuteur que le citoyen rencontre en pénétrant dans le Palais de justice.

l conseille sur tous les conflits de la vie quotidienne, renseigne sur les choix de procédure, les façons de constituer un dossier. Le justiciable peut lui remettre des dossiers à l’attention du juge, sans qu’il soit nécessaire de passer par un avocat. « C’est un métier où il faut être méthodique, précis et d’une extrême rapidité de réaction. En certaines circonstances, la discrétion doit être totale », note le doyen Sylla. Le greffier assiste à toutes les audiences publiques de sa juridiction, dont il assure en quelque sorte le « secrétariat ». « J’aime siéger (en robe, comme les juges), être au cœur de la justice en spectatrice privilégiée, sans avoir les contraintes et les responsabilités morales des juges, même si nous avons une responsabilité énorme : c’est notre signature en bas d’un jugement ou d’un arrêt qui le rend exécutoire, sinon il ne peut être appliqué. J’aime aussi la précision et surtout la rapidité de réaction qu'il faut avoir en audience pour prendre des notes», souligne cette débutante. « Il faut avoir du bon sens et être organisé pour ne pas se noyer dans les dossiers », conseille le vétéran qui ne cache cependant pas son peu d'enthousiasme pour la paperasse.

Études et formation pour devenir greffier
Le concours de recrutement de greffier (concours du ministère de la Justice) est ouvert aux titulaires du bac. Beaucoup de candidats sont cependant titulaires d'une licence, voire plus. Le greffe englobe l’ensemble des services administratifs des tribunaux. Toutes les juridictions administratives et judiciaires sont pourvues d’un greffe. Chaque greffe est sous la responsabilité d’un chef greffier. Après des années d’expérience, le greffier peut aspirer à devenir greffier en chef (fonctionnaire de catégorie A) par concours interne. « Le greffier en chef encadre tout un service de greffe dans un tribunal. Il gère le personnel et est responsable de la gestion financière. Les greffiers les plus motivés peuvent aussi passer le concours interne de l’École nationale de la magistrature, tandis que les greffiers en chef peuvent être recrutés en tant que magistrats après plusieurs années d'exercice », informe M. Sylla. Toutefois, certains membres de cette corporation appellent à plus de considération et un avancement plus conséquent. « Je suis greffier depuis plus de dix ans. J'ai à peu près œuvré dans toutes les disciplines pénales, de l'instruction jusqu'à l'application des peines, via le greffe correctionnel et celui du juge des libertés et de la détention », note ce greffier qui a requis l’anonymat. «Il faut tout d'abord comprendre qu'un Tribunal est organisé de façon tripartite. Il y a le parquet dirigé par le procureur qui dispose d'une équipe de magistrat afin de défendre les intérêts de la société », note-t-il. Cette branche est très hiérarchisée. Le procureur en haut puis ses adjoints, les vices-procureurs et enfin les substituts. Vient ensuite le siège, avec là aussi une hiérarchie, au moins administrative avec le président, les premiers vice-présidents, les vice-présidents et enfin les juges. Leur tâche est de statuer et de répondre juridiquement à une situation qui leur est exposée, informe-t-il. «Je dirai que ce métier passionnant nécessiterait une revalorisation, non seulement indiciaire mais statutaire. Il faudrait que nous devenions des agents de catégorie A avec une perspective de carrière », clame-t-il. On a coutume de dire en droit que « le fond suit la forme », affirme-t-il. «Nous sommes sur le terrain, nous essayons de nous motiver, nous recevons des gens dans de très grandes détresses, et nous ne devons jamais oublier que nous sommes des agents d'un service public, nous devons assumer la masse de travail qui est gigantesque, assister aux audiences parfois très tardives».

Par Oumar BA

« Je vous ai envoyé le chargé des revendications et mon chauffeur, ils sont en route », une telle phrase dans la bouche d’un syndicaliste ne surprend personne. Gora Khouma, un homme, une vie pleine d’engagement syndical. Dans son bureau, les affiches d’images et les distinctions témoignent plus d’une vingtaine d’années de lutte dans le secteur du transport routier.

Une photo parmi tant d’autres attire l’attention, celle d’un car rapide jaune-bleu bien cadrée et soigneusement nettoyée. Est-ce un hasard si la prise même est valorisante parce qu’étant en contreplongée? Ce n’est point un hasard. Elle n’est que la représentation du réel. Après un départ négocié aux Industries chimiques du Sénégal (ICS) où il travaillait en 1992 comme machiniste, il a investi dans le secteur des transports en achetant ce dernier. Connu dans la circulation du fait de ses accrochages avec les policiers qui le mettait derrière les grilles bien que temporairement pour outrage à un agent en exercice, il commençait à se faire un nom dans le cercle restreints des transporteurs belliqueux de la route. « Je ne pouvais même pas concevoir de payer des amendes sans effraction », dit-il

Du siège conducteur au fauteuil syndical
Depuis son élection à la tête du Cntfc en 2005, Gora Khouma n’a jamais cessé de faire du bruit pour défendre les intérêts des transporteurs du Sénégal. Cet infatigable syndicaliste a été derrière beaucoup de grèves ou de préavis de grève lancés dans le but d’ « améliorer » les conditions de travail des transporteurs routiers. Un engagement syndical qui a le plus souvent porté ses fruits.

Si les transporteurs ont bénéficié d’une baisse de 5 FCfa sous le régime libéral puis de 100 FCfa sur le prix du gasoil sous l’actuel pouvoir, ils le doivent bien à cet homme dont l’engagement, dit-il lui-même, est inné. N’est-ce pas lui qui était chargé des revendications dans les mouvements de jeunes lycéens à Abdoulaye Sadji. Cet ancien chauffeur d’origine Lébou a également beaucoup contribué au renouvellement du parc automobile. Un autre combat, une autre réalisation : la création de Transvie, une mutuelle de santé financée par la Banque internationale du travail (BIT) pour tous les transporteurs routiers du Sénégal qui s’acquittent de leurs cotisations.

Cet activiste à la carrure de bûcheron ne recule devant rien. Une satisfaction ou rien. A un syndicat, celui de la Confédération nationale des transporteurs du Sénégal (CNTS) jusqu’à la fin des années 90, il nourrit une ambition de le révolutionner.

Il pose les premiers jalons pour un changement à la tête de cette centrale syndicale en organisant des rassemblements clandestins parce que n’étant pas autorisés. Parmi ces manifestations, un qui avait mal tourné lui a valu un emprisonnement de deux mois six jours.

Après une longue bataille, il y a eu les élections au sein de la centrale syndicale. Alassane Ndoye, son candidat qu’il a défendu avec beaucoup de courage, remporte les élections avec 34 voix d’écart. Il est nommé aussitôt chargé de l’administration centrale. Un compagnonnage qui va durer le temps d’une chandelle. En 2004, fin du mandat du bureau en place. Une autre ambition resurgit chez M. Khouma, une volonté d’occuper le poste de secrétariat. Son allié d’hier devient ainsi son adversaire d’aujourd’hui. Mais, à cause d’une rumeur faisant état de trente millions reçus du Président Wade pour remporter les élections syndicales, le congrès est reporté. Ne pouvant pas partager le même bureau avec son adversaire, l’ancien transporteur routier crée parallèlement en 2005 le Syndicat des travailleurs des transporteurs routiers du Sénégal (Sttrs) affilié à la CNTS dont il est le secrétaire général jusqu’à aujourd’hui. A trois mandats, il soutient qu’il est à son dernier et il va se retirer en 2019.

Au plan international, il occupe également des positions syndicales. Il est le coordonnateur de la Fédération internationale des transporteurs au Sénégal (ITF) et le vice-président de la Confédération des conducteurs routiers de l’Afrique de l’Ouest (Cescrao).

Par Marame Coumba SECK

Kigali : Pour bien des Sénégalais, Rwanda rime encore avec génocide, ce massacre organisé qui, entre avril et juillet 1994, a fait environ 800 000 morts, essentiellement des Tutsis qui composent avec les Hutus l’écrasante majorité d’une population qui parle pourtant la même langue : le banyarwanda. Il est vrai que cette page sombre restera à jamais liée à l’histoire de ce minuscule pays de 26 338 km2. Mais la réalité actuelle est bien plus réjouissante. Et le visiteur qui séjourne pendant quelques temps dans ce pays ne peut à la limite pas s’empêcher de se demander comment un peuple aussi accueillant et sympathique a pu tomber dans le génocide le plus court dans le temps et le plus meurtrier de l’Histoire.

C’est à croire que les Rwandais ont tout bonnement décrété : « Plus jamais ça » ! Le site mémorial du génocide à Gisozi est d’ailleurs destiné à rappeler à tout un peuple toutes les horreurs commises afin de le dissuader d’une éventuelle rechute ; ni entre eux, ni contre les autres. Ainsi qu’en témoigne le « Kwibuka » (souvenir en langue banyarwanda) plaqué un peu partout en ville et dans certains hôtels, avec en-dessous la mention « Fighting Genocide Ideology », pour lutter contre toute résurgence de ce douloureux passé.

« Set settal national »
Au grand bonheur des étrangers dont les Sénégalais de Kigali qui, même sur certains chapitres, aimeraient bien offrir leur pays d’accueil en modèle pour leur pays d’origine. « Il est vrai que chez nous, on a la cérémonie de levée des couleurs présidée par le chef de l’Etat, tous les premiers lundis du mois, mais ici on fait encore plus fort. Le denier samedi de chaque mois, se déroule le « Community Cleaning » qui consiste pour toute la population à nettoyer les maisons et les quartiers », informe Sada Dieng, le président de l’Association des Sénégalais de Kigali. Et, le 28 mai dernier, nous avons été témoin de ce « set settal » (opération de nettoyage) national. Pas (ou presque pas) de voitures, encore moins de motos-taxis dans les rues avant midi ! Tout le monde est impliqué dans ces travaux d’intérêt public. Même le chef de l’Etat, Paul Kagamé en personne qui se met en bleu de chauffe pour descendre auprès de ses compatriotes, un coup en ville un autre en campagne. Et puis d’ailleurs, il n’y a pas grand-chose à nettoyer dans les rues où l’on ne voit même pas une feuille de papier voler, pour ne même pas parler de tas d’ordures et d’immondices. Ce qui constitue une grosse performance pour Kigali et plus généralement pour le Rwanda à la densité de population la plus forte en Afrique. Puisque sur son territoire lilliputien, cohabitent plus de 12 millions de personnes. Presque autant que le Sénégal pour un espace plusieurs fois plus petit.

C’est que, renseigne Ndiaw Diaw, bijoutier établi à Kigali depuis 21 ans, « chaque famille s’acquitte d’une somme de 1000 à 2000 francs rwandais chaque mois pour la collecte des ordures ménagères ». Une fois par semaine, les agents du service de ramassage de ces ordures passent pour tout enlever. La sécurité est organisée sur le même principe. Les familles versent sensiblement la même somme mensuellement pour payer les services rendus par une sorte de police de proximité. Il s’agit de gens du quartier qui s’organisent pour effectuer des rondes nocturnes et veiller, de jour comme de nuit, sur le confort et le bien-être de leurs compatriotes.

Si les Sénégalais de Kigali sont convaincus que leurs compatriotes restés au pays peuvent bien « copier ces modèles rwandais », il est une chose qu’ils sont sûrs de ne pas voir s’installer à « Djolof » avant mille ans : que les moutons de Tabaski soient tous immolés aux abattoirs et non dans ou devant les concessions…

exposees au Mémorial de Gisozi


Nyamirambo, quartier des Senegalais a Kigali ?
Rien à voir avec Treichville…Kigali : Nyamirambo nous avait été annoncé comme « le quartier des Sénégalais » à Kigali. On s’attendait alors à voir une sorte de Treichville à Abidjan ou de Makélékélé (à Brazzaville) où il est difficile de parcourir 100 mètres sans entendre parler Wolof ou apercevoir une enseigne de restaurant, d’atelier ou de boutique qui fleure bon le pays de Ndiadiane Ndiaye. Mais, ce mercredi en fin de matinée, on a eu un mal fou à y apercevoir la tronche d’un compatriote. Au centre islamique, à l’heure de la prière de Tisbar, pas l’ombre d’un caftan sénégalais. C’est finalement au marché de Biriyego et après nous être rabattu au téléphone sur un autre compatriote en déplacement dans une autre ville que nous avons rencontré Boun Oumar Sy. Et c’est ce natif de Ourossogui qui nous donne la bonne information. « En fait, ici on assimile tous les ouest-Africains à des Sénégalais. Mais, on a trois ateliers de couture, trois bijouteries et quelques boutiques de commerçants », précise ce tailleur. Son collègue Abdou Dieng, venu de Touba depuis 2000, confirme tout en indexant « la crise mondiale » pour justifier le petit nombre de Sénégalais au Rwanda et plus particulièrement à Kigali. « Certains de nos compatriotes ont préféré aller se débrouiller dans d’autres pays ».

Selon ce duo d’amis, « la vie n’est plus aussi belle qu’auparavant », même s’ils reconnaissent « n’avoir aucun problème, ni avec l’Etat rwandais ni avec les citoyens ». Et de rappeler que tant qu’on s’acquitte de ses impôts (les mêmes que les nationaux), on est en paix. En plus, bien sûr, de payer les 100 000 francs rwandais de « visa » tous les deux ans. D’ailleurs, ajoutent-ils, les Sénégalais sont si bien vus que les forces de l’ordre leur pardonnent même les accidentels écarts de conduite dont ils se rendent coupables. C’est que, comme le soutient le doyen Bara Guèye, bijoutier devenu commerçant, « les Sénégalais ont su se faire respecter et imposer leur style ». Si bien que beaucoup de Burundaises préfèrent « s’habiller à la sénégalaise ». Mais, si le pays leur manque parfois, même s’ils ne ratent aucune occasion de revenir au pays se ressourcer er revoir la famille, les Sénégalais de Nyamirambo restent connectés grâce notamment aux nombreuses chaînes de télé qu’ils arrivent à suivre sur les bouquets.

Le casse-tête des visas d’entrée dans les pays voisins
S’ils se sentent bien dans leur pays d’accueil, les Sénégalais de Kigali éprouvent cependant d’énormes difficultés dès qu’il s’agit pour eux d’aller dans des pays voisins comme la Tanzanie ou le Kenya. Certains se sont même résolus à les rayer de la liste de leurs destinations de prédilection pour les besoins de leurs activités professionnelles. « Parfois, une demande de visa peut n’aboutir qu’après 3 à 4 mois », témoigne l’un d’eux. Ils ont profité du passage de président Sall à Kigali pour lui en toucher un mot. Et ils espèrent que ce ne sera là bientôt qu’un mauvais souvenir.


« Le président Macky Sall nous a honorés »
Le président Macky Sall nous a honoresKigali : « Le président Macky Sall nous a fait l’honneur de nous recevoir lors de son récent séjour au Rwanda », se réjouit Oumar Mbaye, consul à Kigali nommé par le Sénégal et que le Rwanda ne devrait plus tarder à reconnaître. Présent dans la capitale rwandaise lors du dernier Forum économique mondial (du 11 au 13 mai), le chef de l’Etat avait en effet accordé une longue audience à se compatriotes installés au pays de Kagamé. Un geste à la limite normal, mais que les Sénégalais apprécient à sa juste valeur, car traduisant, selon eux, la considération que le président de la République a pour eux et analysé comme un signe de reconnaissance de leur rôle d’« ambassadeurs ».

Une raison supplémentaire pour eux de redoubler d’efforts afin que les relations entre leurs deux pays (d’origine et d’adoption) soient toujours plus solides et renforcées. Oumar Mbaye, symbole de ces liens étroits puisque né d’un père sénégalais et d’une mère rwandais vivant actuellement à Ouest Foire à Dakar et installé à Kigali depuis 2011, ne doute d’ailleurs pas qu’il en sera forcément ainsi. La preuve ? Après le Forum Einstein tenu cette année au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) de Dakar – Diamniadio (où le président rwandais Paul Kagamé était présent), c’est Kigali qui prendra le relais en 2018.

Et puis, annonce-t-il, lors de son séjour dans la capitale rwandaise, le président Macky Sall a accepté, à la demande de son homologue Paul Kagamé, que le prochain « Rwanda Day » se tienne au Sénégal. « Il s’agit, selon Jean-Marc Kibogo, un ancien étudiant rwandais de la faculté des Sciences de l’UCAD, dune journée au cours de laquelle on vend notre pays à l’étranger. Chaque année, un pays différent est choisi pour l’abriter, en fonction des relations qu’il entretient avec le Rwanda », explique-t-il.

Bara Gueye, 75 ans dont 43 passes a l’exterieur : Le « doyen » des Sénégalais de Kigali compte rentrer au bercail un jour
Bara Gueye« Quarante-trois (43) ans de service » ! C’est ainsi que Bara Guèye, doyen des Sénégalais du Rwanda, à 75 ans, résume mon parcours. Parti du Sénégal en 1973, il n’a « plus revu l’aéroport de Dakar depuis ». Bijoutier de profession, il a installé sa forge du Liberia au Burundi en passant par le Kenya, la Côte d’Ivoire et la Tanzanie, entre autres pays avant de déposer définitivement ses baluchons au Rwanda en 1977. Définitivement ? Pas sûr, puisque ce natif de Diamaguène à Saint-Louis espère rentrer … définitivement un jour au Sénégal. Et puis, de temps à autre, Bara Guèye annonce s’être rendu dans différents pays comme le Zimbabwe, à l’occasion de l’accession du pays de Mugabe à l’indépendance et avoir été « le seul ouest-africain présent, ce 18 avril 1980, lors du spectacle donné par Bob Marley ». Ou alors le Burundi voisin au déclenchement en 1994 du génocide des Tutsi. « J’avoue que j’avais fui et laissé ma famille à Kigali, mais je suis tout de même revenu peu de temps après », admet ce vieil homme qui n’a rien perdu de son Wolof et a toujours l’esprit alerte. Pour justifier sa « fuite » au Burundi voisin lors de cette période trouble à jamais liée à l’histoire du Rwanda, le vieux commerçant s’est plu à paraphraser Zao, le chanteur congolais « quand il y a la guerre, il n’y a plus de camarade ». En plus, on peut à tout moment se prendre une balle perdue. Même si, s’empresse-t-il de rectifier, « une balle qui tue ou atteint quelqu’un ne peut pas être qualifiée de perdue ».
Jovial et taquin, Bara Guèye a tenu à nous prouver, ainsi qu’à ses jeunes compatriotes établis comme lui à Kigali, qu’il n’avait rien oublié de « son » Sénégal. A ses derniers, il s’est même amusé à signaler que « Khourounar », ce ne sont pas « les c… du maure », mais bien un quartier de Pikine qu’il a parfaitement localisé. Pour dire que le vieil homme a toujours le sens de l’humour.

Last modified on lundi, 13 juin 2016 15:46

Question d’époque

13 Jui 2016
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Comment aborde-t-on celle ou celui que l’on veut séduire?? À chaque époque, amants ou soupirants ont inventé toute une diversité de stratégies et de ruses pour se livrer au commerce sexuel ou amoureux. Le coude sur la portière de son 4x4, arborant un sourire ravageur, le dragueur contemporain n’a rien à envier au séducteur des temps anciens. Il n’est qu’à en juger par l’usage des carrosses et des fiacres depuis la fin du Moyen-âge. Casanova, dans ses confessions érotiques, y narre quelques exploits quand, par exemple, il se fait raccompagner dans la voiture d’une jolie femme et lui laisse «?une marque non équivoque de l’ardeur qu’elle [lui] avait inspirée?». On a toujours séduit, conté fleurette, coqueté, racolé, dragué…, l’air du temps y appose sa marque.

Chez nous, le temps n’est plus seulement aux mots doux et aux déclarations enflammées. Qu’il est loin le temps où l’on parcourait les longues pages du dictionnaire pour dégoter le mot qui fait mouche ! Cette courtoisie, ce sentimentalisme hérité du classicisme français, doit céder la place à une forme plus triviale où l’argent et les présents sont les plus précieux compagnons des Don Juan des temps présents. La valeur d’un soupirant se mesure de plus en plus à l’opulence qu’il dégage. L’amour est aujourd’hui un mot dont la signification se cherche dans les dictionnaires anciens.

Par Sidy DIOP

Grands voyageurs devant l’Eternel, les Sénégalais se croisent aux quatre coins du monde. Notre envoyé spécial au Rwanda et au Burundi a profité de son séjour avec l’équipe nationale de football dans ces pays des Grands Lacs, en Afrique de l’Est, pour aller à la rencontre de compatriotes vivant à Kigali et à Bujumbura. Reportage.

SENEGALAIS DU RWANDAKigali (Rwanda) : Le premier est tailleur, le deuxième bijoutier et le troisième s’active dans les pierres précieuses ! Sada Dieng, Ndiaw Diaw et Oumar Mbaye sont le concentré et la photographie des Sénégalais et de leurs activités à Kigali, capitale du Rwanda. Ce n’est certainement pas par hasard qu’ils sont respectivement président, secrétaire général de l’Association des Sénégalais de Kigali et consul honoraire nommé par l’Etat du Sénégal et en attente d’être officialisé par la partie rwandaise. Ce qui ne devrait pas tarder, encore moins poser problème, tant les Sénégalais se sont bien intégrés et fondus dans leur pays d’accueil. « Nous n’avons jamais eu de problème, ni avec les Rwandais Lambda ni avec l’Etat », témoigne Ndiaw Diaw, présent à Kigali depuis 21 ans. Sada Dieng qui compte un séjour en terre rwandaise juste plus court d’un an que son compatriote ajoute même qu’« aucun Sénégalais n’a jamais été mêlé à une quelconque affaire d’escroquerie, de banditisme ni de délinquance. D’ailleurs, Oumar Mbaye dont la mère … rwandaise vit encore à Ouest Foire à Dakar, tient à préciser que « nous ne permettrons à personne de ternir l’image de notre pays par un comportement inapproprié ».

Une image reluisante que nos compatriotes ont « exportée » à Kigali, ainsi que l’a récemment reconnu l’ambassadeur du Rwanda à Dakar lors d’une audience avec Mbagnick Ndiaye, le ministre de la Culture et de la Communication, et que d’anciens étudiants rwandais à l’UCAD semblent avoir un immense plaisir à rappeler et à véhiculer à chaque occasion. A l’image de Jean-Marc Kibogo alias Tigana qui, de 2012 à 2014, a usé ses fonds de culotte sur les bancs de la Faculté des Sciences (Environnement). Aujourd’hui employé dans un grand projet agricole, ce titulaire d’un Master n’a gardé que de bons souvenirs de son séjour au Sénégal « qui (lui) manque déjà ». Témoin accidentel de notre rencontre avec le trio de responsables de la communauté sénégalaise, « Tigana » s’est même engagé à … intégrer leur association. Et d’après le bijoutier Ndiaw Diaw justement, « le fait qu’il y ait beaucoup d’anciens étudiants rwandais à Dakar facilite notre insertion. Car, les gens nous sont reconnaissants quelque part ». Si bien que les Sénégalais du Rwanda en général et de Kigali disent « vivre dans les meilleures conditions ». « D’ailleurs tous les étrangers vivent en paix ici. Il suffit juste de payer régulièrement ses impôts pour être tranquille », selon Sada Dieng, le président de l’association des Sénégalais de Kigali. En réalité, selon lui, c’est tout à l’honneur du président Kagamé pour qui « un Africain est un Africain d’où qu’il vienne ». Car même si le Rwanda n’est pas forcément un pays d’émigration « parce que n’ayant pas trop de ressources, sans pétrole ni une grande agriculture », il ne complique pas la tâche aux Africains qui choisissent de s’y installer et d’y gagner honnêtement leur vie.

Mais, même si ils se sentent bien dans leur pays d’accueil, les Sénégalais de Kigali n’ont pas oublié leur pays d’origine ni ses us et coutumes. Aussi sont-ils organisés en dahiras (tidiane et mouride) qui se réunissent au moins une fois par mois pour revivifier leur foi, créer un bout du Sénégal au Rwanda et voir comment s’entraider. Ils pensent également à leur futur retour ou à celui de leurs enfants qu’ils sont obligés d’inscrire dans des écoles bilingues français – anglais (la langue de Shakespeare étant désormais plus usitée dans cet ex-pays francophone) afin qu’ils ne perdent pas le fil le jour où ils rentreront au pays de leur père.

De notre envoyé spécial B. Khalifa NDIAYE

Last modified on lundi, 13 juin 2016 15:29

Bon à tout faire

06 Jui 2016
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Assez d'entendre le robinet de la cuisine fuir sans relâche depuis quinze jours sans avoir le temps ni les outils pour y remédier ? De ne plus pouvoir fermer la fenêtre depuis un mois ? Les Moscovites peuvent désormais, selon le Moscow Times, s'offrir, pour 500 roubles (environ 6000 FCfa) et pendant deux heures, les services d'un homme à tout faire. C'est ce que propose l'agence « Husband for an Hour ». Au Sénégal, où la bataille fait rage autour de la « nouvelle » place de la femme dans la société, l’idée pourrait germer dans quelques ciboulots de féministes que le temps des bonnes (à tout faire) est bien derrière nous et que le moment était venu, comme à Moscou, d’expérimenter les bons (à tout faire). A ces derniers, elles confieraient les tâches qui leur étaient traditionnellement dévolues : cuisine, lessive, lustrage de carreaux… Et même, pourquoi pas, la fonction suprême de pallier aux défaillances des maris aux poches trouées et au stress permanent. Un conseil messieurs : un bon (à tout faire) n’est bon que castré comme un eunuque. Sinon, le torticolis sera votre compagnon de toujours à force de reluquer le faciès de vos chérubins pour s’assurer qu’ils sont bien de vous.

Par Sidy DIOP

Yaya Diallo, le médiateur

06 Jui 2016
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Certains qui ont l’art de rester dans l’ombre, tout en mettant les autres en lumière, finissent toujours par s’en lasser. Alors, le besoin de sortir de l’anonymat jaillit. Il semblerait que ce soit le cas pour Yaya Diallo. Il a passé son enfance à Vélingara, en Haute-Casamance. Il est cependant né en Mauritanie, à Atar, en 1963. Ce père de trois enfants, dont un champion de France de judo, Alpha Diallo, s’accorde une influence forte au Sénégal où il envisage de s’engager après avoir roulé sa bosse en France. Son pater fut combattant dans l’armée française. Un jour, il a préféré rentrer au pays pour « s’occuper de ses vaches ». Il est juste âgé de 19 ans quand il est animé par l’envie de s’aventurer en l’Occident. En effet, des amis chasseurs, toubabs venus flinguer la pintade au Sénégal, lui font savoir que s’il venait en France, il pourrait réussir. « Va pour l’ancienne métropole », lui auraient-ils suggéré. Des cousins l’ont alors accueilli, il était mu par une vraie volonté d’appartenir à la « communauté ». ,Yaya Diallo assure être membre du Parti socialiste français. Sur ses fonctions, il reste toutefois un peu confus. Il se présente par ailleurs comme « membre fondateur de Sos racisme ». Il raconte avoir été « mis à la fédération par Claude Bartolone, pour aider les camarades socialistes » et déroule diverses fonctions au sein du conseil fédéral du Ps (commission des adhésions, commission des conflits, relations internationales, comité Afrique). En d’autres termes, il se targue d’être le pont entre le Ps et les dirigeants africains. « Je veux que les socialistes prennent en compte l’existence de l’Afrique, et je veux créer des liens », explique-t-il.

Par Oumar BA

En six albums et une flopée de collaborations, le guitariste concilie les couleurs musicales de son Bénin natal avec les prouesses techniques du jazz. « Son talent m’a été révélé à l’occasion d’un concert qu’il a donné à 15 ans, dans un grand hôtel de Cotonou », se souvient son père, Basile, enseignant à la retraite. C’est d’ailleurs à son frère aîné, Alexis, que Lionel doit ses premiers cours de guitare. Convaincus que le jeune homme entretient des rapports fusionnels avec l’instrument, ses parents l’envoient dès ses 17 ans au National institute of art d’Abidjan. Verdict des professeurs : enfant prodigieux ! Après un passage par Paris, il reçoit une bourse pour étudier au Berkeley college of music de Boston, aux États-Unis. Depuis, les récompenses, les tournées et les séances d’enregistrement s’enchaînent pour l’un des meilleurs guitaristes de jazz au monde.

Par Oumar BA

Last modified on lundi, 06 juin 2016 15:39

1. Valeurs d’humanisme
Puisqu’il faut mourir, enfin que ce soit comme Mbaye Diagne : dans l’humanisme. Si la faillibilité de la mémoire collective peut être remise en question, le courage de ce capitaine qui, au moment où une partie du monde s’entretuait, sous le regard complice de la communauté internationale, a décidé de servir d’interface entre les deux belligérants (Hutus et Tutsis), doit être rappelé.

Six - sept avril 1994. Le Rwanda vient d’assister au génocide le plus meurtrier de l’histoire, notamment à l’élimination physique d’une partie de sa population. Qui allait sauver cette population qui jadis mangeait, buvait son vin et se mariait ensemble ? Pas la communauté internationale qui avait vu les choses venir et a préféré laisser libre cours à ces meurtres organisés.

Bravant les tempêtes et les ouragans, un jeune Sénégalais de 36 ans de la première promotion de l’Ecole nationale des officiers d’active (Enoa) avait avancé sans recul vers le pont de Milles Collines, jonction entre les deux camps. Rien que pour sauver des vies.

2. Courage jusqu’à l’inconscience du danger…
Bignona 1989-1993 : année de braise de la lutte indépendantiste, cette personne morte pour vivre à jamais a pu se détacher grâce à son engagement et ses résultats sur le terrain.

Un courage qui va se prolonger jusqu’au Rwanda qui, à une période de l’histoire, a basculé dans la violence. Son premier acte de bravoure commence depuis Kigali où les cibles principales étaient les personnes politiques issues de la transition. Qui ne se rappelle pas d’Agathe Uwilingiyimana, Première ministre à l’époque, une Hutu modérée victime de la folie humaine. Le 6 avril, sa maison est attaquée et les onze belges chargés de la sécurité ont été tous tués. Et le capitaine qui maitrisait bien cette maison est intervenu pour sauver ses enfants.

Le second, c’est d’avoir sauvé un observateur sénégalais qu’on avait confondu avec le frère de Kagamé et qu’on a voulu tuer. Au moment où tout le monde se demandait ce qu’il fallait faire. Il avait ordonné à ses troupes de l’encercler. Et a fini par le tirer d’affaire. A la demande de l’organisation des Nations unies, certains agents de la mission de l’Onu pour l’assistance au Rwanda (Minuar) se désengagent. Le capitaine, quant à lui, avait décidé de s’installer à Milles Collines où s’étaient réfugiés des milliers de Tutsis. De l’hôtel où il était, il avait décidé de venir à l’état-major, ne sachant pas qu’il avait pris rendez-vous avec la mort. 31 mai 1994, un obus vient de frapper son véhicule. Le capitaine est tombé sur le terrain, loin de chez lui, dans l’exercice de sa mission. Mais il vit dans la quête de la paix. Le jour de son décès, enfin les armes se taisent pour la première fois. Son corps devrait être évacué.

3. Une référence pour la jeunesse…
Si les jeunes, aujourd’hui, répondent aux sirènes de l’immigration, c’est parce qu’ils n’ont plus de références. Et en ce capitaine, on sait ce qu’est la loyauté, l’engagement, le courage et l’humanisme. Mieux vaut mourir en héros plutôt que de s’égarer au milieu de la mer comme de vulgaires poissons noirs au milieu de l’océan. En Mbaye Diagne, nous avons un vrai sportif très dynamique, un « diambar » qui a inscrit le nom de son pays dans l’histoire des Nations. Trente-six ans, une vie courte mais bien fournie. Avant que la vie éphémère des hommes classe ton nom dans les oubliettes de l’histoire, voici une médaille qui porte ton nom pour le courage dont tu as fait montre. (Sources : témoignages de ses collègues de l’armée, le film « Etoiles noires », Capitaine Mbaye Diagne et Niani Djeydi Djigo, on nous tue, on ne nous déshonore pas de Moussa Sène Absa).

Par Marame Coumba Seck

Deux scientifiques américains ont mené une étude pour comprendre l’effet des œufs cuits sur l’absorption des caroténoïdes présents dans les légumes.

Si pour vous, comme pour moi, manger des légumes est un vrai calvaire, cette nouvelle étude devrait vous faire plaisir. Selon deux chercheurs américains, ajouter des œufs cuits à une portion de légumes crus augmenterait l’absorption de caroténoïdes, des nutriments antioxydants qui stimulent nos anticorps. Cela permettrait donc de booster les valeurs nutritives des légumes… Une bonne nouvelle pour les partisanes au moindre effort (dont je fais partie) !

Les deux scientifiques Wayne Campbell et Jung Eun Kim, de l’Université Purdue, ont mené une étude sur 16 jeunes hommes en bonne santé. Ils leur ont proposé trois types de salades à base de légumes crus : une sans œufs, une avec un œuf et demi brouillé et une avec trois œufs brouillés.

3 à 9 fois plus de caroténoïdes
Les chercheurs ont remarqué une absorption des caroténoïdes nettement supérieure chez les volontaires ayant consommé la salade la plus riche en œufs. Les valeurs nutritives des tomates, des carottes, des épinards, de la laitue et des baies de goji étaient 3 à 9 fois plus élevées.

Ces résultats qui seront présentés au meeting annuel de la société américaine de la nutrition, s’appliqueraient à toutes les populations et toutes les tranches d’âges, selon les auteurs de l’étude. Les deux chercheurs souhaitent d’ailleurs élargir leurs travaux et explorer les effets d’autres nutriments sur notre organisme comme la vitamine E et la vitamine D. Et s’ils peuvent trouver une solution pour nous faire aimer les légumes, je suis preneuse !

Source : santemagazine.fr

Fallou Diop est un homme d’affaires qui prospère sur les bords de la lagune Ebrié. Son restaurant qui propose des spécialités sénégalaises et africaines est le plus couru à Abidjan.

Difficile de le rater à Treichville. Son nom est connu de tous dans ce quartier fortement habité par les ressortissants sénégalais. Fallou Diop est un restaurateur de renom à Abidjan. Son restaurant, « La Téranga », est un must pour nombre de cadres ivoiriens qui s’y retrouvent à la mi-journée pour recharger les accus. « Il vaut mieux appeler avant de venir », explique un jeune cadre d’une société de téléphonie de la place. A défaut, il faut prendre son mal en patience, en attendant que des places se libèrent. A 13 heures, impossible de trouver une table libre. C’est comme si tout Abidjan s’est passé le mot. Il faut dire qu’à « La Téranga », on en a pour son argent. Les spécialités sénégalaises et africaines qui y sont servies valent bien le détour. « Mon souci, c’est que tous mes clients sortent d’ici rassasiés », confie Fallou. Il n’est pas rare qu’une assiette vide repasse entre les mains des serveurs pour un second service. « Quand un client ne mange pas à sa faim dans un restaurant, cela laisse une mauvaise impression. Or, le but est qu’il revienne un autre jour », théorise ce gérant que rien, pourtant, ne destinait à la restauration.

Né à Mbacké-Baol, c’est dans un daara que le jeune Fallou a fait ses premières armes. Issu d’une famille de bijoutiers, c’est naturellement qu’il s’oriente vers ce métier après une formation diplômante. « J’ai commencé par travailler chez un parent bijoutier sans être payé. Mais comme je faisais bien mon travail, on me confiait des travaux rémunérés. Des parents établis en Côte d’Ivoire le convainquent alors à venir s’y établir. « Je voulais aller en Italie, mais on m’a encouragé à venir ici pratiquer mon métier », confie-t-il. On est en 1984. Il débarque à Treichville avec seulement 8.000 FCfa en poche et commence à travailler dans la bijouterie d’un proche parent. Un guêpier social dans lequel il ne gagne que des miettes. Mais le souvenir de sa famille restée dans son Baol natal est, pour lui, le carburant de son ambition. A force de travail, il parvient à s’installer à propre son compte. Il ouvre alors une bijouterie qui marche bien et commence à voyager pour acheter de l’or à revendre. C’est au cours de ces voyages qu’il se familiarise avec la restauration. « C’est en mangeant dans des restaurants au cours de mes voyages que l’idée m’est venue de me lancer dans ce domaine », lâche-t-il.

Aujourd’hui, Fallou est une personnalité bien connue sur les bords de la lagune Ebrié. Son restaurant est très prisé par bon nombre de Vip abidjanais. « Je dis un grand merci à la Côte d’Ivoire qui m’a accueilli, les bras ouverts, et m’a permis de me réaliser », dit-il, très bien introduit dans ce pays où il compte des relations bien placées dans toutes les couches de la société. A midi, la plupart de ses clients, des cadres et Vip, quittent le Plateau, traversent le pont pour venir manger à « La Téranga », à l’entrée de Treichville, à la sortie du pont qui le relie au Plateau, le quartier des affaires.

Pour mettre sa clientèle dans de meilleures conditions, Fallou a agrandi le local et l’a bien réaménagé. Des investissements qui lui ont coûté près de 80 millions de FCfa. Un investissement réalisé sur fonds propres. « Je n’ai jamais demandé un prêt à une banque ». Alors que c’est l’offre qui manque le moins, avec tous ces financiers qui viennent manger chez lui… « Je n’ai jamais tendu la main, je ne crois qu’au travail. Aux jeunes qui veulent me prendre comme modèle, je demande de ne jamais baisser les bras, de rester honnête, de ne pas voler, de persévérer dans l’effort. Inchallah, la réussite sera au rendez-vous ! ». Fervent mouride, le patron du restaurant sénégalais le plus réputé d’Abidjan n’a jamais coupé les ponts avec le Sénégal où il se rend plusieurs fois dans l’année, particulièrement à l’occasion de certains événements religieux à Touba. « Mon objectif est d’ouvrir un restaurant similaire à Dakar ». Un défi dans ses cordes.

Par Sidy DIOP

Longtemps laissés pour compte en raison des multiples tabous qui les affligent, certains déficients mentaux errent dans les rues. Un phénomène de plus en plus courant qui gagne du terrain au fil des ans. Qui sont ces patients que la société considère comme des « malades mentaux » ? 

Il pleure, s’enlace, éclate nerveusement de rire et applaudit à tout rompre. Il fond à nouveau en larmes, dont le flot ne se tari que rarement dans la journée. Des années qu’il traine sa maladie. Une maladie mentale qui le ronge et l’indispose à la fois. Habillé en haillons, il fait le tour de Fass Mbao où il a fini d’élire quartier. Sa posture exprime un catalogue impressionnant de négligences. Ces dernières qui ont fini par le plonger du jour au lendemain dans la rue viennent-elles de lui ou sont-elles le résultat de faits combinés ? On donne notre langue au chat. Pour l’heure, c’est dans la solitude la plus absolue que Birama traine sa maladie.

Les langues bien pendues rapportent qu’un mauvais sort lui a été jeté par un vieux charretier, alors qu’il était beaucoup plus jeune. Suite à une altercation, le jeune homme alors saillant de muscles aurait fait passer un sale quart d’heure au vieux, surplombant de coups de poings au pauvre charretier. Lequel blessé de sa dignité a décidé d’en découdre en ôtant à Birama de son sens du discernement entre le « normal et l’anormal ». Une situation qui l’aurait fait perdre ses aptitudes psychologiques tout en l’envoyant dans la rue. Ses parents dont on ne sait où ils habitent, ont fini par l’abandonner.

Il y a à peine quelques décennies, les familles étaient mises au banc des accusés, dès lors qu’il s’agissait d’expliquer la déficience mentale de leurs proches. Heureusement, la science a évolué et les spécialistes admettent maintenant que la maladie mentale provient de surenchères mêlées à des conditions d’ordre biologique, psychologique et social. En termes simples, les maladies mentales sont liées à des dérèglements du cerveau et de la pensée qui peuvent être déclenchés par des événements pénibles et des difficultés de la vie. Sur le plan génétique, on n’hérite pas d’une maladie mentale, mais uniquement de la tendance à la développer.

Un jeune homme de 32 ans trouvé à Sicap Baobab, que nous nommerons Amadou, est un exemple achevé de ce phénomène. Dans ses descriptions, il dit, en effet, avoir été touché de plein fouet par une maladie aussi curieuse que subite. Un jour, comme tous les autres, Amadou, peintre de son état, s’adonnait à son travail. Il dit avoir tout d’un coup aperçu une silhouette étrange.

Cette dernière, bien que particulière, épouse des relents humains et lui propose de venir la rejoindre. Un niet catégorique lui est servi, et la créature « bizarre », blessée dans son amour propre, lui lance un défi. Quelques heures plus tard, Amadou a mal partout, s’en prend à tout le monde, veut se débarrasser de ses habits, insulte à tout va, bref, il perd complètement le « pôle Nord ». Ses parents soupçonnent de « mauvais esprits » et l’orientent alors vers une prise en charge traditionnelle. C’est à l’hôpital psychiatrique de Thiaroye qu’il finira après plusieurs traitements pour retrouver ses facultés mentales. Pour combien de temps encore ? A bien des égards, Amadou constitue un rescapé. Car d’autres qui ont traversé une situation similaire se sont retrouvés, du jour au lendemain, dans la rue, errant sans aucune aide. Ils finiront clochard. Ce qui entraîne des dégâts collatéraux. Car ces maladies touchent des individus dans une période de leur vie où elles sont les plus actives ; et ce, sans discrimination quant à l’âge, le sexe et le contexte socioéconomique.

Ces malades mentaux qui vivent dans la société
Medicaments« Plusieurs facteurs peuvent avoir un effet sur le développement de la maladie. À titre d’exemple, au niveau biologique, on peut penser à des dommages prénataux, des traumatismes physiques, des infections et des déséquilibres dans le cerveau », note Ndongo Ndiaye, psychiatre. Pour ce qui est des facteurs psychologiques et sociaux, des éléments, tels que l’absence de soutien social, les mauvais traitements durant l’enfance, la violence familiale, le chômage et les changements importants au cours de la vie, peuvent influencer le déclenchement de la maladie », précise-t-il.

C'est une litanie fortement déconseillée aux âmes sensibles dont les journaux font pourtant parfois état. Des barbaries terribles devenues ordinaires. Courant de l’année 2015, quartier Dixième Thiès, le corps mutilé d'un garçon est découvert gisant dans la cour de son école coranique. La police procède difficilement à l'arrestation du présumé meurtrier, après qu’il ait massacré à coups de hache un jeune talibé. Deux adolescents rescapés, dont l’un gravement atteint, sont admis à l’hôpital. L’enquête déterminera plus tard que l’accusé serait un consommateur invétéré de chanvre indien. Il serait même un ami du père de la victime. Lequel est en train, au moment des faits, de purger une peine en prison. Des enfants et des adultes continuent d'être engloutis dans la spirale mortifère de personnes souvent décrites comme jouissant de toutes leurs facultés mentales, jusqu’à ce qu’un jour l’irréparable se produise. Pour fondés qu’ils soient, les exemples propres à ce type de faits sont nombreux. Leurs expressions sont parfois tragiques. A cet égard, les malades mentaux de la région de Tambacounda ont été la risée de personnes tapies dans l’ombre. Des meurtres, aux auteurs méconnus, avant que la gendarmerie ne prenne à bras-le-corps l’affaire et démasque les faiseurs de troubles. Le niveau de fréquence de cette criminalité s'était brusquement accru. La population vivait alors dans un état de stress permanent.

Saut à l’hôpital psychiatrique de Thiaroye
Assis sur les marches de l’hôpital psychiatrique de Thiaroye qui mènent au service des admissions, un jeune patient élancé entonne des chansons. Il est drapé dans un pantalon jean. Son regard se perd au loin. Les va-et-vient incessants des accompagnants ne semblent guère le distraire. Il s’est fait à cette situation. Son accoutrement renvoie à celui des rappeurs : jean suffisamment ample, liquette assortie d’un tee-shirt, casquette bien vissée et des chaussures marque « Timberland », pour accompagner le tout. Ses chansons renvoient à celles des rappeurs. Tantôt faites de dénonciations, tantôt orientées sur des thèmes plus globaux, telle que la déception ou l’amour. Nos tentatives de lui soutirer quelques propos vont s’avérer vaines. Il est plus occupé à composer des « couplets ». Ici, à l’’hôpital de Thiaroye, l’équipe médicale tente de faire prévaloir une prise en charge respectueuse des malades.

Les administrateurs encouragent le principe de «l’accompagnement». Chaque malade est hospitalisé avec un membre de sa famille ou un proche. Ceci maintient un lien entre le malade et son environnement familial. Les auxiliaires veulent rompre l’isolement des patients et atténuer le choc de l’hospitalisation. La tradition reste très forte dans le rapport à la maladie mentale, expose un psychiatre trouvé à l’hôpital de Thiaroye. Il préfère garder l’anonymat, car l’administration doit donner son aval avant toute communication. Familiers des méthodes traditionnelles de prise en charge de la maladie mentale, les soignants intègrent pleinement cette dimension. Des « Penc », groupe de parole réunissant patients, accompagnants et médecins, sont initiés. Ces « arbres à palabres » à visée thérapeutique sont souvent le lieu d’échanges riches, complémentaires des entretiens individuels et familiaux.

Des familles qui peinent à honorer le prix des médicaments
La prise en charge médicale passe aussi par la prise de médicaments dont le coût pèse sur les budgets des familles. Ceci constitue un obstacle au traitement. Une fois rentrés chez eux, certains patients rechutent, faute de prise en charge. Malgré la politique de tarifs sociaux pratiquée, les familles, mises à contribution, peinent à soutenir l’effort financier. Au Sénégal, outre l’établissement de Thiaroye et le service de psychiatrie de Fann, il existe un village psychiatrique à Ziguinchor et un établissement à Thiès.

La santé mentale, grande cause nationale, selon l’Oms
L’Organisation mondiale de la santé (Oms) définit la santé mentale comme « un état complet de bien-être physique, mental et social ». La santé mentale englobe à la fois la promotion du bien-être, la prévention des troubles mentaux, le traitement et la réadaptation des personnes atteintes de ces troubles. La diversité de l’origine des maladies est à l’image de celle des traitements. Dans la pratique, il est observé que la plupart des personnes se remettent mieux lorsqu’elles bénéficient de la combinaison pharmacologique et psychologique. Par ailleurs, plus vite elles sont traitées, plus vite elles se rétablissent. Au-delà du traitement de base, il ne faut pas négliger l’importance et le soutien de famille. La personne atteinte d’une maladie mentale doit s’entourer de facteurs de protection, qui le permettront de développer sa résilience, c’est-à-dire la capacité à surmonter les difficultés, note le site de l’Oms.

Par Oumar BA

Last modified on lundi, 06 juin 2016 16:31

Sirin Labs se targue de proposer un «super smartphone», en mettant surtout en avant une sécurité de «classe militaire»...

17.000 euros, soit 12.500 euros environ. Tel est le prix à payer si l’on souhaite s’offrir le smarphone le plus sécurisé et le plus cher du monde. Solarin, de son petit nom, vient d’être lancé par le constructeur helvète Sirin Labs. Et sur son site Internet, le Suisse se targue de proposer un « super smartphone » sous Android, en mettant surtout en avant une sécurité de « classe militaire ». Ses cibles ? Les « PDG de multinationales » assure Sirin Labs.

Cuir italien, arêtes en or et mode chiffré
Le terminal ultraclasse est constitué d’un boîtier partiellement en titane, d’un écran de 5,5 pouces IPS LED 2K avec verre incurvé et incassable Gorilla Glass 4. Il contient également un appareil photo 23 MP avec autofocus au laser et un lecteur d’empreinte digitales. Le dos de Solarin est recouvert de cuir italien et les arêtes en or (en option) finissent l’appareil haut de gamme. ,Côté sécurité, c’est le spécialiste KoolSpan qui fournit le chiffrement matériel pour les coups de fils et les échanges textes. Il suffit d’appuyer sur le bouton « Security Switch » situé à l’arrière du téléphone pour basculer en « mode chiffré ». Le Solarin intègre aussi Zimperium, une solution de protection contre les malwares.

Par le surfeur

Il y a chez Jacqueline Moudeïna, 58 ans, coordinatrice du collectif des avocats des victimes du régime de Hissein Habré, un sourire qui contraste avec une raideur fière, dans un corps douloureux. Ce corps a, en effet, été tour à tour victime d’une tentative d’assassinat à la grenade (2001), puis la tentative d’exfiltration (2008), au motif que son nom aurait été couché sur «une liste noire» du régime de Déby. Depuis 1998, Moudeïna s’est en quelque sorte soustraite à la vie, car le dossier Habré tire en longueur. Elle s’y est engagée pour ne jamais en sortir. Un dossier comme celui-là, c’est surtout une succession d’échecs et de désillusions.

Il y a chez Jacqueline l’orgueil de ne rien devoir à personne et de lutter contre la toute puissante attraction des pouvoirs, quels qu’ils soient. Cette indépendance d’esprit, lui viendrait de son père qu’elle n’a pas connu. Jacques Moudeïna est mort en 1957. Il était le premier médecin tchadien issu d’une grande famille protestante. Jacqueline est alors confiée à sa grand-mère maternelle, elle aussi protestante. Sa mère se remarie. Naîtront de cette union quatre demi-sœurs et frères.

Elle est scolarisée chez les sœurs de Koumra, une petite ville dans la région du Moyen-Chari, non loin de la frontière avec la République centrafricaine. C’est là qu’elle se signale par sa toute première «révolte» contre ce qu’elle considère comme une injustice. En effet, elle estime que la note donnée «à une fille de militaire français» est surévaluée.

L’institutrice, «une française», lui répond : «reste donc à ta place, petite Négresse». Jacqueline la gifle. Elle est exclue un mois : «En fait, j’ai continué d’assister aux cours, mais par la fenêtre de la classe, et tout en répondant aux questions de l’institutrice que j’avais giflée. Une sœur, que j’aimais beaucoup, m’a dit : « Tu es une révoltée, une enfant devenue adulte un peu trop tôt. Va, retourne en classe ». Puis ce sera, à l’adolescence, le lycée Félix-Eboué de N’Djamena «seule fille parmi 32 garçons, j’ai dû montrer que j’étais plus intelligente et plus bosseuse qu’eux», souligne-t-elle dans Libération.

En 1978, son dossier pour rentrer à l’école d’interprétariat de Bordeaux est prêt. Mais, il se perd. Elle rentre alors en fac d’anglais à N’Djamena par défaut. Se marie la même année avec un journaliste tchadien. Ce dernier réalise une interview de Habré, pressenti pour être Premier ministre. Qui lui dit en le quittant : «Tenez, vous offrirez cette caisse de mangues à votre épouse». Elle : «Comment aurais-je pu un seul instant imaginer que cet homme allait occuper dix-sept ans de ma vie ?».

Divorce, exil à Brazzaville, au Congo, en 1982, au moment où Habré prend le pouvoir. Un oncle avocat lui suggère «de faire son droit» au Congo. Elle mène ses études sur place, qu’elle finance en occupant «un poste de vendeuse en pharmacie». Premier stage en 1995 et elle s’inscrit au barreau trois ans plus tard.

Par Oumar BA

23 décembre 2008 - La pratique régulière d’un exercice aérobique modéré pourrait non seulement ralentir le déclin cognitif, mais aussi inverser le processus de vieillissement du cerveau, selon les résultats d’une étude américaine1. Les chercheurs ont colligé les résultats d’études sur les effets de l’exercice physique et aérobique sur la performance des fonctions cognitives et sur le volume du cerveau auprès de personnes âgées atteintes ou non de démence. Leur synthèse démontre que six mois d’activité aérobique modérée, comme la marche rapide, seraient suffisants pour améliorer les fonctions cognitives du cerveau. Cette amélioration s’accompagnerait aussi d’une augmentation de la matière grise dans la région des lobes frontaux.

Les auteurs soulignent en exemple une étude qui a évalué les effets de l’activité physique sur le cerveau pendant six mois auprès de personnes âgées de 60 ans à 75 ans. Un groupe de sujets pratiquaient la marche rapide pendant 45 minutes à raison de trois fois par semaine et l’autre groupe s’adonnait à la pratique d’exercices de musculation et d’étirements. Les personnes du groupe de la marche rapide ont non seulement amélioré leur forme physique, mais aussi leurs fonctions cognitives, notamment leur mémoire et leur capacité de concentration, comparativement aux sujets de l’autre groupe. Il reste encore plusieurs questions à élucider sur les effets de l’exercice physique sur le cerveau, notent les chercheurs. Toutefois, ils peuvent avancer qu’un régime de vie actif qui comprend des exercices aérobiques modérés peut améliorer les fonctions cognitives du cerveau et même inverser le déclin neurologique chez les personnes âgées.

Source : passeportsante.net

Ce sont des métiers qui ne font pas rêver, pourtant, ils nourrissent leurs hommes. Mécanique et lavage de voitures, de quoi faire dans une ville où le nombre de jeunes inoccupés et les notes de conjoncture inquiètent. Le point sur leur exercice et les chiffres d’affaires.

« J’ai toujours rêvé d’être militaire », laisse entendre ce jeune de 26 ans. Rien que de porter la tenue lui aurait suffi. « Day tah nit gni naw la» (Avec la tenue, les gens vous respecte). A défaut du service militaire, Magou Fall a décidé de se réaliser dans la mécanique. De la tente sous laquelle il s’est réfugié, les bras croisés, il soutient que la réparation mécanique ne profite plus au patron. « Sur les rechanges de moteurs par exemple, le patron nous donne 7.500 FCfa ou 10.000 FCfa à se partager pour nous les cinq apprentis qui travaillons dans son garage. On peine même à assurer nos besoins alimentaires », se désole ce garçon venu jusqu’à Tagar Ndiobène Tay (Kébémer) pour trouver un travail assez descend. La réponse ne s’est pas fait attendre bien que surprenante. « Cinq moteurs par jour, ça fait combien ? Sans compter les autres dépannages que le patron laissent entre vos mains », dit l’un des chefs du garage électrique qui de sa cachette resurgit pour cracher ses vérités. Pour certaines pannes d’organes, ce sont les mécaniciens qui s’en chargent. Tandis que les patrons s’occupent des disfonctionnement des moteurs.

Quand on fait un métier qu’on n’aime pas, on cherche toutes les excuses possibles. Son désamour pour ce qu’il fait est devenu un secret de polichinelle. « Il me traverse parfois l’esprit de prendre une pirogue si l’occasion se présentait », confie ce jeune qui se perd dans ses ambitions d’être riche à tout prix.

7.000 FCfa pour segmenter un seul moteur, 30.000 FCfa pour l’acheter et 40.000 FCfa le montage inclus. De quoi assurer la dépense quotidienne mais également de quoi faire rêver un jeune Magou qui voit des billets de banque circuler sans en gagner beaucoup.

Dans une confusion de taxis, de particuliers, de minicars, de ferrailles, les bruits mécaniques émanent de partout. Des coups de tôlerie sur les épaves restant des véhicules accidentés ou trop usés et les vrombissements des véhicules qui ont des problèmes de masse, assourdissent passants et clients. Assis parterre, un homme d’âge mur s’affaire sur les bagues du moteur qu’il a entre les deux mains. Ce dernier ne semble guère gêné par ce bruitage mécanique. Au garage, un mécanicien n’a point d’oreilles, sauf pour parler à ses clients. Sur le capot d’un minicar à côté de lui, deux messieurs bien habillés attirent l’attention. Que font ces dandys au milieu de cette cacophonie ? Gérer leur garage comme tout le monde. « Un mécanicien en électrique n’a pas besoin de haillons pour faire son travail », lance dans un ton taquin le premier. Dans ses habilles tachetés d’huile, il assure que la mécanique est un métier profiteur. « Surtout quand il y a des évènements », informe-t-il.

Dandys au travail
« Je peux gagner jusqu’à 5.000 FCfa par jour », renseigne Talla Diouf qui a déserté l’école au profil du lavage des véhicule.

A quelques encablures du garage des mécaniciens, des laveurs déroulent également leurs activités. Quel réflexe ! Que d’outils à laver dans ce dépôt de véhicules ocrés où les hommes même perdent de leur couleur. « Pour les taxis, les calandos, les moteurs, nous les lavons à 500 FCfa. Pour les 4x4 à 1.000 FCfa », informe-il. A quelques pas de cette place, une autre station de lavage plus moderne que le premier mais, qui les moins que les espaces dédiés. Muni d’un aspirateur et d’une pompe de lavage, les tarifs y sont plus élevés voir multipliés par deux. « Le lavage associé à l’aspiration, c’est au minimum 5.000 FCfa », annonce Ablaye Mbaye, un ancien élève.

Après une série d’échecs successifs pour l’obtention du brevet de fin d’études moyennes (Bfm), il embrassa le métier de laveur. « J’ai une famille que j’entretien très bien grâce à ce métier », s’en réjouit ce père de famille qui, depuis quinze ans, y est.

Par Marame Coumba Seck


Décidément, un Modou Lô peut en cacher un autre. Si le chouchou des Parcelles assainies s’est fait un nom grâce à ses kilos de muscles à force de s’empoigner et de cogner dans l’arène, l’autre Modou Lô, lui, est champion dans un tout autre domaine : la culture du riz. Dans tout le Walo, ses performances agricoles et rizicoles retentissement à l’image des victoires du gladiateur de l’arène nationale.

En fond sonore, le ronronnement d’une pompe irrigant les périmètres rizicoles se fait entendre. Des hommes aux muscles saillants s’affairent autour de la pompe. Ils sont chargés de l’irrigation d’un immense champ étendu sur plus de 100 hectares. Une propriété qu’exploite Modou Lo. Né en 1952 à Gaya, le village d’Elhadji Malick Sy, localité située à la sortie de Dagana, il a quitté son patelin à l’âge de 22 ans, après le décès de son père. Modou Lo a fait le tour du Sénégal, muni d’une détermination indéfectible, travaillant à la sueur de son front. « Je venais souvent à Ross Béthio, mais c’est en 1989 que je m’y suis installé de manière permanente. A l’époque, j’étais établi à Nder près du Lac de Guiers, où je faisais de la pêche et de l’agriculture », souligne-t-il, sur un brin nostalgique.

Modou a longtemps cherché sa voie, ce qui l’a amené à être un « touche à tout ». Il a été tour à tour transporteur, pêcheur pendant presque 35 ans dans le lac de Guiers, et commerçant. C’est en 1989 qu’il se lance dans la riziculture. A l’époque, il faisait également office de prestataire de service, car louant du matériel agricole (tracteurs, moissonneuses-batteuses, niveleuses etc.). Tous les domaines de l’agriculture l’intéressent. « Puisque nous n’avons pas des diplômes nous permettant d’avoir un travail salarié bien rémunéré, nous n’avons que la force de nos bras pour tirer notre épingle du jeu et se faire une place dans la société. C’est pourquoi nous faisons tous les boulots », se justifie-t-il. S’il est bien connu dans les autres domaines, aujourd’hui, c’est grâce à la culture du riz que Modo Lô s’est fait un nom. Considéré comme un bienfaiteur ici, notamment par les femmes qui ne manquent jamais l’occasion de lui rendre hommage, pour tout ce qu’il fait. « Peut-être qu’aujourd’hui, Dieu a fait que j’ai plus de chances qu’elles et de moyens, donc il est tout a fait normal que je leur apporte mon aide, je cherche la félicité », sert-il comme toute réponse, face à la reconnaissance des femmes.

De 7 à 300 ha
Les choses ont bien évolué depuis 1989. A l’époque, il avait commencé avec un champ de 7 ha. Il procède alors à la mise en valeur de l’exploitation, avec ses économies. Modou avait hérité le champ de son oncle qui était atteint par le poids de l’âge. « Chaque année, j’étends le périmètre jusqu’au jour où le Cnca a accepté de me financer, je suis resté longtemps sans avoir de financement parce que cette banque n’avait pas trop confiance aux Gie qui ne remboursaient pas toujours les prêts qu’on leur accordait », se souvient-il. Heureusement pour lui, en venant au Cnca, il disposait d’une garantie et a pu bénéficier d’un prêt de 4 millions pour démarrer. Depuis, chaque année, la confiance entre lui et cet établissement bancaire s’agrandit. Modou Lo exploite actuellement 300 ha. La Cnca lui a financé l’exploitation des 200 ha, les 100 ha sont financés par ses propres moyens. En contre-saison, les rendements sont plus importants, on note, au minimum, entre 7 et 8 tonnes ou 9 à l’hectare, en hivernage, ça retombe jusqu’à 5 à 6, c’est selon, souligne-t-il.

Qui pouvait alors imaginer que la riziculture se développerait à ce point et qu’il y aura cet engouement, qu’on lui connaît aujourd’hui. Modou est resté constant. Il a toujours cru au travail. « J’ai toujours cru que l’homme ne s’accomplit que par et dans le travail et quel que soit le métier, on aura toujours ce que Dieu nous a réservé », souligne-t-il.

Certes tout le monde ne connaît pas le même succès que Modou, mais l’agriculture est en train de nourrir certains de ses hommes. « Dire qu’on est agriculteur est devenu une fierté », avoue-t-il. En plus de nourrir son homme, la riziculture a des effets économiques qui se font également sentir chez de nombreux travailleurs. Des emplois, Modou Lo en a créés des dizaines. «Nous faisons appel au service de presque 30 personnes, des emplois permanents. Ces jeunes habitent dans les périmètres rizicoles : ils nettoient, font les semis. Durant la récolte, on prend quelques saisonniers pour les renforcer », informe-t-il.

Ses enfants et ses neveux sont tous dans l’agriculture, son fils aîné notamment. Au fort moment de l’émigration clandestine, l’idée leur avait effleuré la tête d’embarquer dans des pirogues, mais ils ont renoncé. « En voyant aujourd’hui que ceux qui étaient partis n’avaient pas plus réussi qu’eux, ils n’ont pas regretté leur choix de rester au Sénégal et d’exploiter la terre et d’en tirer une richesse. Ils croient tous en l’agriculture. Je les encadre, les accompagne et chacun a son périmètre rizicole », se targue-t-il. Ne dit-on pas qu’aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre d’années ? Aux hommes voués à la réussite, peu importe le parcours… «Je n’ai jamais fait les bancs », relève fièrement Modou Lo comme pour confirmer l’adage.

De nos envoyés spéciaux El Hadj Ibrahima THIAM, Oumar BA (textes)

1. Un talent au service du social
Issue d’une famille de griots, elle remporte, à 14 ans, un concours national avec « Soweto », une chanson écrite par son père. En 1990, à 18 ans, elle sort sa première cassette, Seytane. Un gros succès, qui permet aux adolescents du Sénégal d’avoir enfin « leur » star. Le chanteur français Patrick Bruel la remarque et produit en 1998 son album Pata Pata. Du nom de ce morceau légendaire de Miriam Makeba dont la reprise lui vaut un disque d’or en Belgique et un autre de platine en France. Un tremplin pour lancer son label Sabar qui emploie une dizaine de personnes dans ses bureaux et son studio, situés sur trois étages dans le quartier de Sacré-Cœur, à Dakar. Sans compter les dix musiciens de son orchestre mené par Laye Diagne, guitariste chevronné. Elle a remporté les Kora Awards en 1999 en tant que meilleur espoir, puis en 2001 comme meilleure artiste pour l’Afrique de l’Ouest. Depuis, elle vogue de concerts en tournées, de nouveaux disques en succès, à l’échelle de l’Afrique de l’Ouest. Voilà plus de vingt ans qu’elle mène aussi sa fondation Lumière pour l’enfance, avec neuf permanents engagés pour l’éducation et les droits des filles et des femmes, contre les mariages précoces, les violences sexuelles et l’excision. Un combat qui lui tient à cœur, ayant elle-même connu une adolescence difficile.

En mars 2010, elle a rassemblé tout le gratin de la musique africaine pour un concert à Dakar, au bénéfice des victimes du séisme en Haïti.

2. Une gagnante dans l’âme
Elle vient de monter son groupe média avec lancement de Fem fm, une radio généraliste, qui diffusera beaucoup de musique, des bulletins d’information, des débats, mais aussi des programmes centrés sur la femme et l’enfant. Professionnelle, elle aimerait inculquer le culte de la ponctualité et de l’esprit d’initiative à ses collaborateurs, qu’elle se fixe pour mission de « former », même si elle les recrute au niveau bac +5. Elle circule dans une voiture aux vitres teintées et vit sur la côte dakaroise dans une belle villa cubique, qu’elle a elle-même dessinée, et dont les larges baies vitrées plongent sur l’Atlantique. Dans son salon, des portraits de Marilyn Monroe et une photo de Katoucha Niane.

3. Une vie privée vraiment… privée
Elle protège jalousement son image et sa vie privée. « J’ai une vie bien trop rangée pour intéresser la presse people », sourit cette célibataire, que tous ses compatriotes aimeraient voir mariée. Elle en joue dans ses chansons : « Kouy feug ? » (Qui frappe à ma porte ?), lance l’un de ses derniers titres… Sur scène, elle éconduit les nombreux prétendants qui se présentent devant elle, spontanément, dès qu’elle entonne ce refrain. !

Bref, Coumba est une Sénégalaise presque ordinaire qui explique « attendre l’homme de sa vie ». Une diva et chef d’entreprise exigeante, donc, mais qui aime plaisanter avec sa mère et s’occuper de ses trois filles adoptives.

Par Sidy DIOP

Last modified on vendredi, 03 juin 2016 16:39

La canne à sucre est généralement récoltée 12 mois après sa plantation. Cette récolte est essentiellement assurée manuellement par les 2000 ouvriers agricoles pour une coupe moyenne de 6000 tonnes par jour. On leur distribue, en guise de repas, une boîte de conserve, une demi-baguette de pain et un sachet de lait. Seulement, ce travail éreintant n’est pas payé à la hauteur des efforts fournis par ces campagnards, selon Ousmane Mbodji, l’un d’eux. Pendant cinq ans, il dit avoir trimé dans les champs de la Css d’abord à la section coupe puis à la section plantation sans jamais gagner plus de 80.000 Fcfa le mois. « Les coupeurs travaillent six jours sur sept. Dès les premières heures de la matinée, ils sont déjà dans les champs de canne. A la fin du mois, après les retenus sur salaire, il y en a qui se retrouve avec moins de 30.000 Fcfa», confie-t-il. Et Ousmane exhibe quelques bulletins de paie pour étayer ses propos. « Avec de tels salaires, comment voulez-vous que les gens vivent décemment ? », s’interroge-t-il, le ton amer. A cause de la dureté des conditions de travail dans les plantations et du faible niveau de rémunération, les ressortissants de Richard-Toll, à défaut de trouver un emploi dans l’usine, préfèrent tourner le dos à la Css. C’est ce qui explique que l’écrasante majorité des « campagnards » viennent des autres régions du Sénégal, notamment de la Casamance et de la Guinée Bissau. « La Css ne traite pas bien ses employés notamment ceux qui sont dans les plantations. De plus en plus, les locaux n’acceptent plus de faire ce travail. La Css préfère donc chercher une main d’œuvre bon marché jusqu’en Guinée Bissau. La pauvreté est telle qu’elle accepte tout ce qu’on lui propose », déclare, sous anonymat, ce fonctionnaire établi à Richard-Toll.

De nos envoyés spéciaux
El Hadj Ibrahima THIAM, Oumar BA

Les smartphones sous Android pourraient s’appuyer sur des « scores de confiance », établis à partir de notre comportement, pour autoriser l’ouverture des applications…

Parfois, les mots de passe ne passent pas. Par exemple, cette superbe combinaison de majuscules, minuscules, signes de ponctuation et chiffres que vous aviez trouvée pour sécuriser votre compte courriel professionnel, sous la pression du service informatique. Manque de chance : impossible de se souvenir de ce fabuleux mot de passe au moment de s’identifier de nouveau après un long week-end. Alors que nous utilisons un nombre croissant de services et applications, qui demandent des sésames toujours plus longs et complexes, à changer si possible plusieurs fois par an, un constat s’impose : notre cerveau n’est plus capable de suivre.
Pour reléguer les mots de passe dans le passé, Google planche actuellement sur un moyen d’en affranchir l’utilisateur, en utilisant à la place les « trust scores », ou « scores de confiance ». En clair, le smartphone se servira de tout ce qu’il sait sur vous ou vos habitudes pour déterminer si c’est bien vous qui êtes en train de l’utiliser au moment d’ouvrir une application. « Nous avons des téléphones qui ont tous ces capteurs à l’intérieur. Pourquoi ne pourraient-ils pas savoir qui je suis, pour m’affranchir des mots de passe ? », a résumé Dan Kaufman, le responsable de l’équipe en charge de ce projet, lors de la conférence Google I/O.

La fonction pourrait être disponible à la fin de l’année

Pour déterminer le score de confiance, votre smartphone pourra utiliser un ensemble de données, comme l’endroit où vous vous trouvez, la reconnaissance faciale, le son de la voix, la connexion Wifi utilisée, etc. Parce que certaines applications sont plus sensibles que d’autres, toutes ne demanderont pas le même « score » pour s’ouvrir. On peut imaginer que votre banque en ligne demandera un niveau de confiance élevé, et que la calculatrice se contentera d’un score modeste. Concrètement, ce juge de caractère sera disponible sous la forme d’une interface de programmation ou API, comme dit l’acronyme anglais, qui tournera en tâche de fond sur l’appareil, rassemblant toutes les données dont elle a besoin, et pourra être interrogée par les applications qui voudront un score. Alors que le système semble prometteur mais peut faire naître quelques inquiétudes sur sa sécurité, cette évolution de la manière dont on utilise les smartphones (Android pour le moment) pourrait intervenir assez vite. Le système sera en effet testé dès le mois de juin au sein de plusieurs institutions financières, et si l’essai est concluant, « la fonction sera accessible à tous les développeurs Android d’ici à la fin de l’année », annonce Dan Kaufman.

Par le surfeur

Tout sur le cholestérol

01 Jui 2016
732 times

Parmi les ennemis des artères, le cholestérol fait particulièrement parler de lui et tout le monde a sa petite idée sur le sujet... 9 questions simples et concrètes pour tout comprendre sur ce bourreau des cœurs et venir à bout des idées reçues.

1. Qu'est-ce que le cholestérol ?
Indispensable au fonctionnement du corps, le cholestérol est une graisse fabriquée aux deux tiers par le foie et apportée pour un tiers par l'alimentation. Présent dans la paroi des cellules, le cholestérol leur donne souplesse et force. Il assure également leur protection face aux agressions extérieures. Pour atteindre les différents organes, le cholestérol utilise des transporteurs qui lui permettent de circuler dans le sang. Les Hdl (High density lipoproteins), connu sous le nom de "bon cholestérol", récupèrent le cholestérol en excès et le ramènent au foie où il est transformé avant d'être éliminé. Les Ldl (Low density lipoproteins), transportent le cholestérol du foie vers toutes les cellules. Quand les Ldl fonctionnent mal ou sont en excès, le taux de cholestérol dans le sang augmente. Le cholestérol s'accumule et forme des plaques qui peu à peu bouchent les artères. C'est pourquoi le Ldl est surnommé le "mauvais cholestérol".

2. Pourquoi le cholestérol augmente-t-il ?
Les mauvaises habitudes alimentaires en premier lieu (excès d'acides gras saturés notamment), mais aussi le stress, les prédispositions génétiques, certaines maladies (maladies rénales, hypothyroïdie), la prise de certains médicaments favorisent l'augmentation du taux de cholestérol dans le sang. En outre le tabagisme, la consommation d'alcool, l'hypertension, le diabète, le surpoids, la sédentarité sont des facteurs qui, associés à l'excès de cholestérol, augmentent de façon exponentielle les risques cardiovasculaires.

3. L'excès de cholestérol est-il lié au poids ?
Cholestérol et poids peuvent être liés. La surcharge pondérale qui se loge de préférence dans les parties hautes du corps (cou, ceinture scapulaire, abdomen) s'accompagne très souvent de nombreuses anomalies : hypertension, diabète de type 2, augmentation des triglycérides et hypercholestérolémie. Une perte de poids même modérée améliore la santé des personnes dont l'Indice de masse corporelle (Imc) est supérieur à la normale.

4. Les aliments gras sont-ils à bannir définitivement ?
Pour réduire son taux de cholestérol, il n'y a pas de mystère il faut d'abord changer ses habitudes alimentaires. Tous les aliments gras ne sont pas à proscrire. Il faut éviter les apports excessifs en graisses saturées et privilégier les apports de matières grasses dites "insaturées" dans l'alimentation.

5. Qu'appelle-t-on généralement « bonnes » graisses ?
Il faut d'abord savoir qu'il n'y a pas de "bonnes" ou "mauvaises graisses" en soi, puisque ce sont les quantités excessives ou insuffisantes ingérées qui peuvent avoir des conséquences préjudiciables pour l'organisme.

Les acides gras insaturés, dits "bonnes graisses", sont surtout présents dans les huiles, les oléagineux et les poissons. Les oméga 3 sont d'actualité car notre alimentation moderne en manque cruellement : ces acides gras insaturés participent au bon fonctionnement du système cardiovasculaire. On les trouve uniquement dans les aliments (ils ne sont pas produits par notre organisme) et particulièrement dans les poissons gras et les huiles de colza, noix et soja.

D'autres acides gras insaturés (oméga 6, oméga 9) sont bénéfiques : les oméga 6par exemple, sont présents notamment dans les huiles de tournesol, soja ou maïs.

Pour un bon équilibre alimentaire, les nutritionnistes préconisent d'apporter ces acides gras insaturés oméga 6 et oméga 3 en quantités équilibrées dans notre alimentation (recommandation : rapport oméga 6/ oméga 3 proche de 5).
Aujourd'hui les apports en oméga 3 sont insuffisants pour atteindre cet équilibre.

6. Quel est l'intérêt des légumeset des fruits dans un régime anti-cholestérol ?
Pauvres en matières grasses et en calories, les fruits et les légumes rassasient tout en apportant des micronutriments - vitamines, minéraux, oligo-éléments, fibres - essentiels à l'organisme. Ils contiennent notamment des antioxydants, qui préviennent l'oxydation du cholestérol et évitent la formation de plaques dans les artères. Associée à une diminution des graisses saturées, la consommation de fruits et de légumes protège la santé cardio-vasculaire.

 

Avec une fortune estimée à 10,1 milliards de dollars (7,7 milliards d’euros), Aliko Dangote est l’homme le plus riche d’Afrique. Inconnu du grand public, le Nigérian a construit un empire industriel dans son pays.

A 54 ans, Aliko Dangote est membre du cercle très fermé des milliardaires africains. En 30 ans de carrière, le businessman a développé un groupe qui, aujourd'hui, traverse les frontières. Retour sur le parcours de cet homme discret.

Un jeune entrepreneur ambitieux
Issu d’une famille commerçante de Kano, dans le nord du Nigeria, Aliko Dangote se lance dans les affaires dès l’âge de 20 ans, en 1977. Son oncle lui octroie un prêt de 500.000 naira (2.300 euros) et lui achète trois camions de 10 tonnes pour vendre du ciment.

Rapidement, les affaires sont fructueuses pour le jeune Nigérian. A la fin des années 70, le ciment coûte extrêmement cher. La matière étant rare, les clients paient plusieurs mois à l’avance. Ainsi, un camion de ciment peut rapporter 1.400 nairas par jour (6 euros par jour). Dangote n’a donc aucun problème à rembourser son prêt.

Fort de son succès, le jeune homme d’affaires décide de se diversifier. A l’étroit dans sa ville de Kano, il se lance à la conquête de la capitale de l’époque, Lagos. En mai 1981, le Dangote group est créé. Le ciment demeure l’unique activité de la compagnie. Le 31 décembre 1983, les militaires arrivent au pouvoir par un coup d’Etat. Accusés de corruption, nombre d’hommes d’affaires de la capitale sont arrêtés par le régime autoritaire. Dangote profite de la situation pour investir les marchés laissés vacants par les entrepreneurs emprisonnés. Le jeune Nigérian étend ses activités au secteur alimentaire (sucre, riz…). Curieux et soucieux de développer ses affaires, Dangote effectue un voyage au Brésil, en 1999:
« Je pensais que le Brésil et le Nigeria se situaient à peu près au même niveau, parce qu’à cette époque on entendait dire que le Brésil était une nation très endettée. Mais quand j’y suis allé, j’ai découvert une industrialisation massive. Incroyable. J’ai commencé à réfléchir en me disant ‘comment se fait-il qu’il y ait un tel développement de l’industrie au Brésil et pas au Nigeria. A mon retour, j’ai décidé de me lancer dans l’industrie.’»

Ce séjour s’avère décisif pour l’avenir de la société qui va changer de stratégie à la fin des années 90. Dangote Group, compagnie commerciale, va devenir un géant de l’industrie.

De retour au Nigeria, le groupe Dangote prend une nouvelle dimension. Le Pdg construit une raffinerie de sucre. Dangote décide également de construire des minoteries et une usine de pâtes. Aujourd’hui, Dangote Sugar Refinery est le plus grand fournisseur de sucre pour les compagnies de soda, les brasseries et les confiseurs au Nigeria. Devenu un conglomérat, le groupe compte 13 sociétés implantées dans divers secteurs, du textile au transport en passant par le gaz. Le Nigérian n’en a pas pour autant délaissé le secteur du ciment. En 2000, le gouvernement vend à la compagnie la Benue Cement Company Plc et trois ans plus tard, la Obajana Cement Plant, la plus grande usine de ciment d’Afrique subsaharienne est rachetée par le groupe. En 2007, deux de ses treize sociétés sont cotées à la Nigerian stock exchange (Nse), la bourse nigériane. La valeur des parts de sa société Dangote Cemente est évaluée à 10 milliards de dollars (7,7 milliards d'euros), c'est la plus grosse capitalisation boursière de la Nse.

Le groupe Dangote est dorénavant implanté dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne avec des usines en Zambie, au Sénégal, en Tanzanie et en Afrique du Sud. Et le Nigérian de Kano ne compte pas s’arrêter là. Dangote a obtenu, en août 2011, l’accord de la Banque centrale du Nigeria pour investir 4 milliards de dollars (3 milliards d’euros) dans la construction d'installations en Côte d’Ivoire consacrées à ses activités dans le ciment. Au Cameroun, les travaux d’une usine de ciment à 115 millions de dollars (88 millions d’euros) ont été entamés. Le milliardaire se sert également de sa fortune pour faire des dons.                                       Un donateur controversé.

Capitaine d’industrie
Aliko Dangote est réputé pour sa philanthropie, ce dernier a donné des millions de dollars en faveur de la santé et de l’éducation. En revanche, le soutien financier qu’il a apporté au People’s Democratic Party, formation politique au pouvoir depuis 1999, a fait polémique. The Economist rappelle que ses détracteurs n'hésitent pas à critiquer cette collusion douteuse. Lors de la présidentielle de 2003, l’homme d’affaires finance la campagne du président sortant, Olusegun Obasanjo. Dangote donne 200 millions de naira (945.550 euros) pour le projet de librairie présidentielle et 50 millions de naira (236.390 euros) à la mosquée nationale. Quatre ans plus tard, les rapports ambigus que Dangote entretient avec le pouvoir présidentiel sont, une nouvelle fois, sujets à controverse. En 2007, le groupe achète à l’Etat la raffinerie de Port-Harcourt, située dans le sud du pays.

Dix jours après cette acquisition, le 28 mai 2007, dernier jour de son mandat, Olusegun Obasanjo vend 51% des parts de la Kaduna Refining and Petrochemical Company, une autre raffinerie, à Bluestar Oil Services, consortium mené par l’homme d’affaires nigérian, pour 160 millions de dollars (123 millions d’euros). L’acquisition de deux des quatre raffineries d’Etat par le groupe Dangote est sévèrement condamnée. A tel point qu’une grève générale va paralyser le pays. Deux des principaux syndicats du pays, la Nigeria labor congress (la Nlc représente les ouvriers) et la Trade union congress (la Tuc défend les intérêts des cadres), exigent notamment l’annulation des ventes qu'ils qualifient de bradage. Au bout de quatre jours, ils obtiennent gain de cause.

Toutes ces affaires n’ont pas freiné l’ascension de Dangote. En mai 2010, son nom est évoqué pour entrer dans le capital d’Arsenal à hauteur de 16%. Le Nigérian est un grand fan du club anglais de football qui compte parmi les plus prestigieuses équipes européennes. Le principal intéressé a très vite démenti ces rumeurs. Le 14 novembre 2011, Aliko Dankote est fait Grand Commandeur de l’Ordre national du Nigeria par le président Goodluck Jonathan. Aujourd’hui, ce dernier compte développer ses activités dans le pétrole et le gaz sur les quatre prochaines années. Il souhaite investir 10 milliards de dollars (7,7 milliards d’euros) dans ce secteur. Aliko Dangote ne devrait pas disparaître de sitôt du classement des Africains les plus riches.

Par Sidy DIOP

Journaliste-critique d’art, documentariste, scénariste, de son vrai nom Ababacar Diop fait partie des rares journalistes spécialisés en culture notamment en ethnomusicologie. Au beau milieu de Bordeaux, ce pensionné du l’art, ancien rédacteur en chef de l’hebdomadaire « Warango », découvre le cinéma africain. De là est née sa passion pour l’art, en particulier le cinéma.

Baba et son chapeau, c’est comme l’homme et son ombre. Il s’en sépare rarement. D’ailleurs, en le confondant à un des collègues de l’Institut supérieur des sciences de l’information et de la communication (Issic). Tout sourire, ce dernier répond dans un style taquin : «  Je ne suis pas Baba mais si vous voyez un homme avec son chapeau sachez bien que c’est le signal de son arrivée ».

Du couloir sombre des locaux qui abrite cet institut, une silhouette moyenne, le chapeau rabattu sur le visage, s’apprête à s’y engouffrer. Quand on parle de Baba, on voit son chapeau. Mais, quand on parle de ce journaliste, on pense également à la critique d’art.

Un des pionniers de la crique d’art après Ali Kheury Ndao et ponctuellement Bara Diouf, sa vocation de toujours est d’évaluer des films. Avec sa sensibilité d’ethnographe, il en dégage des sens mêmes cachés. Président sortant de la Fédération africaine de la critique littéraire (Facc), il a toujours milité pour le renforcement de la critique cinématographique sur le continent africain qu’il considère balbutiante ou inexistante dans certains pays.

Dans son bureau exigu, on a une revue de l’art sénégalais, surtout du cinéma. Que de documents sur l’actualité culturelle. Baba, un homme, deux passions : le journalisme et le cinéma.

Par un concours de circonstances, il rencontre le cinéma africain à Bordeaux où il était parti pour des études de droit. Travaillant dans les années 70 sur son mémoire de maîtrise « Cinéma et la société », il s’est imprégné du septième art. Au festival du cinéma africain qui se déroulait près de la banlieue bordelaise, il découvre les figures emblématiques du cinéma africain à l’instar de Sembène Ousmane. Dans cette industrie du cinéma, est né un journaliste-critique d’art. Le premier festival mondial du cinéma sur l’île de Madère en 1983, avec les réalisateurs de la planète chez lui. Dans un contexte où le journalisme politique dominait dans le paysage médiatique, il a choisi la presse culturelle et en fait son domaine de prédilection. Il accentue ainsi ses travaux universitaires sur la culture.

« L’art nous permet de voir le beau là où les gens y voient de laid »
Audacieux ou indécent ? Non, il voit le beau là où les gens y voient de laid. « Une femme nue ne me gène pas car je n’y vois pas l’élément sexuel mais une esthétique », atteste ce scénariste qui est à la base de plusieurs films : « Maël » d’Amadou Thior, « Picc mi » de Mansour Sora Wade, etc. Loin du sensationnel, il pousse des réflexions sur ce que représente ce corps féminin par rapport à ceux des hommes qui croient le dominer alors qu’ils ne dominent que son enveloppe. « Warango », un hebdomadaire dont il était le rédacteur en chef, s’est inscrit sous cet angle.

Jadis, contemplateur du corps féminin, aujourd’hui, il s’intéresse aux rapports entre la ville et ceux qui l’habitent. Autrement, comment les cinéastes perçoivent la ville. Un projet qui l’amène à accentuer ses recherches sur la sociologie linguistique du bâtiment. Spécialisé en ethnomusicologie, il a animé sur les ondes de la Sud Fm des émissions comme « Café des arts », « Le temps de vivre », la chronique « Le ramadan de Tons ».

Pour la presse écrite, il a fait presque tous les journaux. De son stage au « Soleil » à ses expériences de journaliste à « Afrique nouvelle », « Africa », « Souka magazine », « 52 l’hebdo »,  quotidien « Sud », en passant par la rédaction du journal de la Biennale de Dakar, il signe des critiques sur « Senciné », un magazine qui sort tous les trois mois.

Ce journaliste au sourire facile est également un documentariste. Il dispense des cours en Histoire du cinéma et documentaire à l’Université Gaston Berger (UGB). Son autre talent caché, c’est son sens de l’humour et de la caricature.

Marame Coumba Seck

«Le département de la Défense utilise des disquettes souples 8 pouces dans le système qui contrôle les fonctions opérationnelles des forces nucléaires nationales», comme «les missiles intercontinentaux, les bombardiers nucléaires, et les ravitailleurs en vol», selon le rapport.

L'inquiétude ne vient pas tant de leur «souplesse» que du fait que ces disquettes sont utilisées avec des ordinateurs «IBM series/1», d'une capacité de 80 Ko (Environ 9.000 fois moins qu'un cd-rom), qui datent des années 1970. Petite plongée dans le musée de l'informatique:

Ce n'est pas ça. Mais pas de panique: selon le GAO, le département de la Défense a répondu qu'il prévoyait de mettre à jour «ses systèmes de stockage de données» et ses ordinateurs «portables et de bureau» d'ici «la fin 2017».

Par le surfeur

 

 

 

Ce câble sera le premier à relier les Etats-Unis au sud de l'Europe...
Les géants américains Facebook et Microsoft, veulent construire un câble sous-marin transatlantique pour répondre à la demande de services en ligne et d’informatique dématérialisée, rapporte ce vendredi Europe 1. Les travaux de construction de MAREA, long de 6.600 km, devraient débuter en août prochain et s’achever en octobre 2017, ont annoncé les deux mastodontes de l’informatique et de l’Internet jeudi. Ce câble sera le premier à relier les Etats-Unis au sud de l’Europe. Conçu pour faire passer 160 térabits de données par seconde, MAREA sera exploité par Telxius, la division infrastructures télécoms du géant espagnol Telefonica. Microsoft n’a pas voulu dévoiler les détails financiers de MAREA. Du côté de Facebook, personne n’était pas disponible dans l’immédiat pour faire de commentaire, précise Europe 1.

Par le surfeur

Last modified on lundi, 30 mai 2016 17:33

En France, environ une personne sur dix serait touchée par la maladie lithiasique, les hommes presque deux fois plus souvent que les femmes, volontiers entre 30 et 50 ans. Après un premier calcul rénal, le risque de récidive dans les dix ans qui suivent approche 70%. Comment le traiter ? Existe-t-il des moyens de prévenir sa formation ?

Les calculs rénaux, cailloux de taille variable produits par les reins, peuvent rester longtemps silencieux avant de faire parler d'eux. La maladie lithiasique responsable de leur formation est favorisée par des apports hydriques insuffisants (inférieurs à 1,5 à 2 litres par jour), certains métiers ou climats exposant à la déshydratation, et les excès alimentaires, en particulier riches en protéines.

Qu'est-ce qu'un calcul rénal ?
Un calcul rénal est une concrétion, c'est-à-dire une pierre formée dans les cavités du rein lorsque sels minéraux et substances organiques ou toxiques excrétés dans les urines s'agrègent et cristallisent. Ces calculs – composés de calcium (70 % des cas), acide urique (10 %), struvite (10 %), cystine, xanthine… – grossissent lentement pour atteindre une taille variable. Certains restent dans les cavités rénales, d'autres migrent le long des uretères (ces longs et fins tuyaux qui conduisent l'urine des reins vers la vessie), avant d'être, dans 70 % des cas environ, spontanément éliminés dans les urines, s'ils ne restent bloqués en chemin…

Comment découvre-t-on un calcul rénal ?
Le calcul peut être découvert au moment où il est uriné (il faut alors le conserver pour pouvoir l'analyser), ou bien fortuitement à l'occasion d'un examen radiologique, ou encore devant l'une de ses manifestations cliniques que sont :
•    La présence de sang dans les urines (visible à l'œil nu, les urines étant rouges du début à la fin de la miction, ou détectée lors d'un Examen Cyto-Bactériologique des Urines ECBU),
•    Une infection urinaire responsable de cystite, pyélonéphrite voire septicémie),
•    Une douleur lombaire discrète ou franche, violente, typique d'une crise de colique néphrétique, tellement intense que l'on ne sait pas quelle position prendre pour la calmer,
•    Très rarement une anurie : cette absence totale d'urine exceptionnelle peut s'observer, chez un patient ayant un rein unique, si le calcul entraîne un obstacle complet d'un uretère ou encore plus rarement en cas de migrations simultanées de calculs dans les deux uretères.

Qu'apportent les examens biologiques ?
•    L'ECBU permet de repérer une infection urinaire ou un saignement. Si le calcul est transparent sur la radiographie standard, un pH urinaire acide est en faveur d'un calcul d'acide urique.

•    L'analyse de la fonction rénale est impérative avant une urographie intraveineuse.
•    L'analyse du calcul par spectrophotométrie donne avec précision la nature du calcul. L'analyse est possible, même sur de tout petits fragments évacués après la pulvérisation d'un calcul : elle est très importante car elle permet de prendre des mesures diététiques adaptées pour éviter une récidive. D'où l'importance de filtrer les urines notamment après un traitement ayant pulvérisé le calcul !
•    Un bilan biologique peut rechercher des anomalies métaboliques à l'origine de la maladie lithiasique.

Quels examens permettent de visualiser le calcul ?
•    Le scanner est devenu l'examen de référence permettant en urgence de visualiser le calcul et une éventuelle distension des cavités rénales en amont de l'obstacle déjà visible sur un scanner sans injection de produit de contraste.

•    L'uroscanner, c'est-à-dire le scanner avec injection de produit de contraste, donne des informations sur le calcul, les voies excrétrices et le parenchyme rénal (éléments permettant l'excrétion de l'urine à partir du sang filtré par le rein). L'urographie intraveineuse met en évidence le calcul et son éventuel retentissement rénal.

•    Sur le cliché de l'abdomen sans préparation, les calculs radio-opaques (90 % des cas) peuvent être visualisés au niveau du rein et de la vessie, plus difficilement au niveau des uretères, où l'opacité du calcul se projette au niveau des os du bassin.

•    L'échographie visualise les calculs du rein et de la vessie, pas ceux situés des uretères.
•    L'urétéro-pyélographie rétrograde, pratiquée sous anesthésie au bloc opératoire lorsque le rein est muet (si les urines sont bloquées) ou en urgence en cas de pyélonéphrite (infection du rein) obstructive avec rétention d'urine purulente en amont du calcul, permet de visualiser le calcul et de poser une sonde pour drainer les urines.

Last modified on lundi, 30 mai 2016 17:31

S’il est vrai que le travail permet à l’homme de s’enrichir, il lui permet également de tenir tête au temps. A 56 ans, Mansour Mbaye Madiaga paraît encore jeune. Il reste toujours le bel homme au teint noir qui faisait rêver les dames dans les pièces théâtrales. Ce qui a changé, c’est les rôles qu’il incarnait. « Soro », bon père, bon mari élégant et éloquent devient subitement un père « Zora », cynique et autoritaire. En tournage, il soutient que ses deux prochaines séries en cours resteront dans la logique de départ.

Se levant automatiquement de la chaise où il était assis, il sort de la salle les larmes aux yeux.Quel contraste entre ce qu’il est et ce qu’il incarne. « Père Zora », un homme cynique, audacieux et menaçant, capable de tout pour arriver à tout dans « wiri wiri ». Ces traits de caractère transposés dans la réalité donnent un homme sensible qui aborde quelques événements de sa vie avec beaucoup d’émotion. Ce qui en reste est peut-être la fougue dans son parler. « Les rôles que je joue, je les emprunte pour la plupart à mon vécu, dans le passé comme dans le présent », avoue cet artiste qui a fait une grande partie de sa carrière à « Daray Kocc ». Mais comme le disait le poète libanais Khalil Gibrane, nul ne peut atteindre l'aube sans passer par le chemin de la nuit. Aube ensoleillé pour Madiaga qui se dévoile au beau milieu de ces rabatteurs et de vigiles plus vigilants de la Société de gestion des abattoirs du Sénégal (Sogas) à cette période où les rumeurs sur la vente de la viande d’âne sur le marché grossissent comme un ânon qui est en âge de croissance. Voué à dépister le mal de cœur des téléspectateurs qui ont peut-être les mêmes penchants que lui par le rire où il les ravitaille également en viande.

Connu plus sous sa veste d’artiste comédien, son principale activité est la boucherie. Dans sa tenue de travail, Mansour Mbaye Madiaga dit Soro aborde son parcours avec beaucoup de fierté. Tambour major, puis rabatteur, il s’est converti en artiste et finit par trouver une place auprès du scénariste sénégalais Cheikh Tidiane Diop à qui il doit son succès

« Tout ce que j’ai, je le dois au théâtre »
A-t-on l’habitude de dire que le tambour peut raconter l’histoire des hommes de génération à génération, en l’absence de tout support d’écritures. S’il en est ainsi, il est aussi capable de changer le cours d’un destin. « J’ai été un bon tambour major jusqu’au jour où Cheikh Tidiane Diop m’a remarqué et a décidé de me mettre à la tête du ballet », rappelle cet éminent artiste qui apparaît pour la première fois dans la pièce théâtrale « Sama allumette » de la troupe « Daraay Cocc ». La première leçon qu’il a apprise dans cette école est le culte du travail.

« Cheikh posait une condition pour rester dans sa formation : un boulot d’abord. En effet, je suis venu faire le rabattage devant les portes de cette société », renseigne ce chevillard qui est aujourd’hui actionnaire dans cette structure d’autorégulation.

Autre chose que son métier d’artiste lui a apporté dans sa vie, la marche de ses activités de boucher. « Les clients, en me voyant, venaient toujours acheter auprès de moi », s’en glorifie-t-il. D’ailleurs, c’est grâce à cet art qu’il a pu également accéder à la Sogas et en devenir un des actionnaires. « Les enfants du directeur de la Sogas à l’époque m’avaient reconnu en tant qu’artiste. En effet, il avait demandé à leur père me de donner une autorisation pour pouvoir y travailler. C’était dans les années 1980. Ainsi, le directeur m’avait appelé avant de me demander de lui apporter mes pièces d’identité », témoigne cet artiste.

Acteur principal de la pièce « une Sénégalaise à Paris », une série qui parle des conditions difficiles des femmes en dehors de leur pays puis dans « Minetou » traitant la question des castes, il commence à se faire une place dans le cœur des Sénégalais qui, tous les mardis, se retrouvaient devant le petit écran. Après le décès du fondateur de Daraay Kocc, il décide de former la troupe « Diam » de Pikine, son lieu d’habitation. De cette formation sont nées « Borom Keur » et « Kou diay sa ker yendou ci naathie bi », des pièces qui s’inscrivent sur la même logique des thématiques abordées par son maître : corriger les mœurs par le rire.

Par Marame Coumba Seck

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