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Soleil Grand Air (602)

L'halitose (Mauvaise haleine)

29 Jui 2016
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L’halitose ou la mauvaise haleine est le fait d’avoir une haleine dont l’odeur est incommodante. Le plus souvent, ce sont les bactéries présentes sur la langue ou les dents qui produisent ces odeurs. Bien que l’halitose soit un problème de santé mineur, elle peut cependant représenter une source de stress et un handicap social.
La plupart des cas de mauvaise haleine proviennent de la bouche elle-même et peuvent être causés par :

• Certains aliments contenant des huiles qui dégagent une odeur particulière, par exemple l’ail, les oignons ou certaines épices. Ces aliments, une fois digérés, sont transformés en composants potentiellement odorants qui passent dans la circulation sanguine, se rendent dans les poumons où ils sont source de l’haleine odorante jusqu’à ce qu’ils soient éliminés du corps.

• Une mauvaise hygiène bucco-dentaire : lorsque l’hygiène de la bouche est insuffisante, les particules de nourriture persistant entre les dents, ou entre la gencive et les dents sont colonisées par des bactéries émettant des composés chimiques malodorants à base de soufre. La surface microscopique inégale de la langue peut également abriter des débris alimentaires et des bactéries à l’origine de mauvaises odeurs.

• Une infection bucco-dentaire : une carie ou une maladie parodontale (infection ou abcès des gencives ou parodontite).

• Une bouche sèche (xérostomie ou hyposialie). La salive est un rince-bouche naturel. Elle contient des substances antibactériennes éliminant les germes et les particules responsables de la mauvaise haleine. La nuit, la production de salive diminue, ce qui est à l’origine de la mauvaise haleine du matin.

• La consommation d’alcool, la respiration par la bouche plutôt que par le nez et les désordres des glandes salivaires.

• Les produits du tabac. Le tabac assèche la bouche et les fumeurs sont également plus à risque de maladies dentaires, ce qui entraîne l’halitose.

• Les hormones. Pendant l’ovulation et la grossesse, les taux élevés d’hormones augmentent la production de plaque dentaire, qui, colonisée par des bactéries, peut provoquer une haleine nauséabonde.

L’halitose peut parfois être le symptôme d’un problème de santé plus grave tel que :

• Des maladies respiratoires. Une infection des sinus ou de la gorge (amygdalite) peut provoquer une abondance de mucus qui occasionne une haleine fétide.

• Certains cancers ou des problèmes métaboliques peuvent entraîner une mauvaise haleine caractéristique.

• Le diabète.

• Un reflux gastro-oesophagien.

• Une insuffisance rénale ou du foie.

• Certains médicaments, tels que les antihistaminiques ou les décongestionnants, de même que ceux utilisés pour traiter l’hypertension artérielle, les désordres urinaires ou les problèmes psychiatriques (antidépresseurs, antipsychotiques) peuvent contribuer à la mauvaise haleine en asséchant la bouche.

Mesures préventives de base

• Se brosser les dents et la langue au moins deux fois par jour après les repas. Changer de brosse à dents tous les 3 ou 4 mois.

• Utiliser de la soie dentaire une fois par jour pour retirer les aliments coincés entre les dents, ou une brossette interdentaire pour les personnes dont les dents sont plus écartées.

• Nettoyer les prothèses dentaires régulièrement.

• Boire suffisamment d’eau pour assurer l’hydratation de la bouche. Sucer des bonbons ou mâcher de la gomme (idéalement sans sucre) en cas de bouche sèche.

• Consommer des fibres (fruits et légumes).

• Diminuer la consommation d’alcool ou de café.

• Consulter un dentiste régulièrement, au moins une fois par an pour des soins éventuels et pour un détartrage régulier.

Last modified on mercredi, 29 juin 2016 12:37

Ce programme malveillant, qui permet de prendre le contrôle à distance sur le terminal, menace 90 % des smartphones…

La société Trend Micro a signalé mardi sur son blog l’existence d’un nouveau malware qui serait propagé par le biais d’applications disponibles sur le playstore et touchant les terminaux Android.

Baptisé Godless, le programme malveillant s’attaquerait aux appareils fonctionnant sous Android 5.1 Lollipop ou inférieur, soit plus de 90 % des smartphones, précise Numerama. Si vous disposez d’Android Marshmallow sur votre mobile, vous n’avez en revanche rien à craindre. A l’heure actuelle, le malware aurait infecté 850.000 mobiles, principalement situés en Asie. Trend Micro, société spécialisée dans les logiciels de sécurité informatique, a fourni un tableau d’implantation de Godless : l’Inde (46,19 %) est le pays le plus touché, loin devant l’Indonésie (10,27 %) et la Thaïlande (9,47 %).

Godless exploiterait plusieurs vulnérabilités différentes, dont certaines sont déjà documentées tandis que d’autres sont mal connues. Ce qui n’a rien de rassurant. Une fois dans le terminal, le malware récupèrerait les droits « root », soit « le plus haut niveau de privilège sur le téléphone » souligne Numerama.

Après cette prise de contrôle, totalement transparante pour l’utilisateur, le logiciel malveillant téléchargerait d’autres éléments de programmes difficiles à supprimer, précise Trend Micro.

Il semble que Godless soit capable d’être piloté à distance par un tiers, qui pourrait alors espionner l’utilisateur, souligne Fredzone. Cependant, Google a affirmé que des mesures avaient été prises pour limiter la propagation du logiciel malveillant.

Par le surfeur

L'entreprise travaille sur des appareils capables d'identifier différentes espèces de moustiques pour repérer d'éventuelles maladies avant qu'elles ne se répandent...

Microsoft ne s’intéresse pas seulement au cannabis, mais aussi aux moustiques. L’entreprise américaine d’informatique s’est associée à une collectivité du Texas (sud des Etats-Unis) afin de tester une technologie utilisant l’intelligence artificielle pour lutter contre les insectes vecteurs de maladie. Au cœur de cette initiative, baptisée « Project Premonition », la volonté de se servir des nouvelles technologies pour identifier la présence de moustiques porteurs du virus Zika ou de la dengue avant que les épidémies ne se propagent.

Différencier les espèces en fonction de leurs battements d’ailes
Les pièges développés par Microsoft sont capables de différencier les espèces de moustiques en fonction de leurs battements d’ailes et de faire des captures « sélectives », qui permettent aux scientifiques un gain de temps considérable pour tester différentes populations d’insectes. En utilisant le « machine learning », l’appareil peut également apprendre au fil du temps à différencier de nouvelles espèces.

La technologie sera prochainement testée au Texas, dans le comté de Harris, près de Houston, dont les autorités ont été séduites par l’idée. « Pour un scientifique, c’est comme un rêve », s’exclame Mustapha Debboun, directeur du service de contrôle des moustiques de cette collectivité grande comme la moitié de la Corse. « Dans un comté de cette taille, nous n’avons pas les ressources suffisantes pour éliminer les moustiques à l’aide d’insecticides », explique-t-il.

Dans un premier temps, dix pièges seront répartis dans le comté, capables de mesurer et transmettre les conditions climatiques de l’endroit où ils se trouvent au moment de la capture des moustiques. Microsoft espère par la suite mettre en place des drones capables de repérer les zones de concentration de moustiques et d’y transporter les pièges.

Par le surfeur

Thé, café, jus de raisin… De nombreux aliments peuvent tacher les dents, les jaunir ou les abîmer. Découvrez comment avoir des dents plus saines et plus blanches au naturel !

1. Brossage au citron
En plus d'avoir de nombreux bienfaits sur la santé, le citron est aussi un allié qui permet d'avoir des dents plus blanches. L’acide citrique qu’il contient aide à lutter contre le tartre, c'est-à-dire à l’épaississement de la plaque dentaire, en partie responsable du jaunissement des dents. De plus, le tartre peut être à l’origine de caries dentaires, de maladies gingivales comme la gingivite ou la parodontite, ainsi que de la mauvaise haleine.
Brossez délicatement vos dents avec un peu de jus de citron fraîchement pressé puis rincez abondamment. Attention : ne répétez l’opération qu’une fois par semaine au maximum, car si l’acidité du citron permet d’éliminer le tartre et la plaque dentaire, il peut aussi abîmer l’émail des dents. De la même manière, évitez de consommer des aliments acides comme le café, les sodas ou les produits à base de sucre raffiné ou d'aspartame, par exemple.

2. Vive le bicarbonate de soude !
Le bicarbonate de soude est un ingrédient souvent recommandé pour blanchir les dents. Véritable détartrant naturel, le bicarbonate de soude possède des propriétés abrasives douces qui permettent de réduire la plaque dentaire et de lisser l’émail des dents. Il a également l'avantage d’assainir la bouche et de prévenir la formation de caries.
Appliquez une fois par semaine un peu de poudre de bicarbonate de soude sur la brosse à dent, à la place du dentifrice. Attention à ne pas l’utiliser trop régulièrement car le bicarbonate peut également être responsable d’un émail fragilisé.

3. Le Melaleuca, un antiseptique buccal
En plus de traiter la gingivite, les aphtes, les abcès et la mauvaise haleine, l’huile essentielle de tea-tree, également appelée Melaleuca, permet d’assainir la bouche et les dents. Ses vertus antibactériennes et antifongiques font de cette huile un excellent antiseptique buccal.  Bien que cela n’ait pas été prouvé scientifiquement, l'huile essentielle de tea-tree contiendrait également des principes actifs qui permettraient de blanchir les dents.

En rince-bouche, se gargariser avec un demi-verre d’eau dans lequel quelques gouttes d’huile essentielle de Melaleuca ont été incorporées.

• Appliquer 1 goutte de cette huile essentielle directement sur l’aphte avec un coton-tige, 1 fois par jour jusqu’à sa disparition.
• Appliquer directement 1 goutte d’huile essentielle de tea-tree sur le dentifrice et brosser délicatement ses dents, 1 fois par semaine uniquement pour ne pas abîmer l’émail.

Précautions d’utilisation : L’huile essentielle de Melaleuca peut être irritante : faites un test sur une petite portion de peau avant de l’utiliser. De plus, l’utilisation des huiles essentielles ne convient pas aux femmes enceintes, ni aux enfants.

4. Les secrets du brossage
Avoir une bouche saine et des dents blanches passe aussi par une hygiène bucco-dentaire optimale. Un bon brossage de dent permet d’éliminer la plaque dentaire, en partie responsable de la coloration des dents, et de diminuer le risque de caries dentaires.
Il est conseillé de se brosser les dents 2 à 3 fois par jour, idéalement après chaque repas, durant 3 vraies minutes. Il est aussi recommandé d’utiliser une brosse à dent adaptée à ses besoins, de préférence souple ou medium, car une brosse à dent dure risque d’abîmer les gencives et de provoquer à terme, un déchaussement des dents.

Il est conseillé de brosser d’abord la mâchoire du haut puis celle du bas. Pensez également à brosser de la gencive vers la dent, et non l’inverse ou horizontalement, c'est-à-dire d’un côté vers l’autre de la bouche. N’oubliez pas d’utiliser quotidiennement de la soie ou du fil dentaire.

5. La pomme contre les bactéries
L'émail des dents est légèrement poreux, c'est-à-dire qu’il est composé d’infimes interstices dans lesquels les fines particules de certains aliments peuvent pénétrer. C’est pour cette raison que les dents sont rapidement colorées après une consommation de myrtilles ou de vin, par exemple.

Tous les aliments ou boissons colorés ont tendance à teinter les dents, c’est pourquoi il est conseillé de les éviter ou de se brosser rapidement les dents après en avoir consommé. Evitez aussi les aliments acides, comme les agrumes ou les produits à base de sucres raffinés qui fragilisent l’émail et augmentent sa porosité. En revanche, mâcher une pomme à la fin du repas entraîne une salivation qui permet de lutter contre l’acidité et l’activité bactérienne des Streptoccus Mutans (= bactérie faisant partie de la flore de la cavité buccale). N’adhérant pas aux dents, la pomme permet de faire un petit nettoyage et de limiter ainsi la formation de caries. Mastiquer permet aussi de masser les gencives, ce qui est efficace contre l’inflammation de ces dernières (= gingivite). Si vous n’avez pas la possibilité de vous brosser les dents, le midi au travail par exemple, il est conseillé de manger une pomme. Attention, elle ne remplace pas le brossage des dents !

Source : passeportsante.net

Réunis au centre de Malango le 4 juin dernier, les divinateurs sérères ont prédit un hivernage pluvieux et de bonnes récoltes. La prochaine élection présidentielle s’est invitée aux prédictions, non sans controverses.

Samedi 4 juin. Il est 22h au Centre Malango situé juste derrière le fleuve Mame Mindiss (Ndlr : totem de la ville de Fatick), de l’autre côté en allant vers Kaolack. En cette tombée de la nuit, les vagues du petit bras de mer se noient dans le bourdonnement ininterrompu des tambours. Par dizaine, les visiteurs convergent vers la mythique demeure des saltigués, hôte cette soirée du traditionnel « Khoy », cette fameuse cérémonie de divination en pays sérère. La presse nationale et étrangère, parmi laquelle un journaliste freelance hollandais, est présente, micros et caméras à l’affût ; toujours prête à se faire l’écho médiatique de cet événement dont la notoriété a fini de dépasser les frontières nationales.

Dans la vaste cour du centre, les invités prennent progressivement place, entourés d’arbres. Certains des hôtes dînent entre deux cases, dans la pénombre. Les voyants, eux, sont reconnaissables à leurs tenues particulières, leurs gris-gris et leurs bonnets à la couleur rouge. Ils se bousculent au portillon pour prendre la lance et se livrer à leurs prédictions, leur jeu favori. Comme s’ils étaient possédés par une force supérieure qui les fait agir selon son bon vouloir. Les saltigués se défient tels des lutteurs dans une arène qui s’apprêtent à en découdre. Accompagnés par le « ndakin », rythme propre au « khoy »,  ils se laissent parfois aller à quelques démonstrations, quelques pas de danse. Le public se régale. Ça promet ! D’autres, à travers leurs mouvements, donnent l’impression de vouloir se métamorphoser, voler dans l’espace, toucher le firmament. Tel que le faisait le « dieu » saltigué Guedjopale Mane Niane, du moins si l’on en croit la légende. Celle-ci raconte que ce dernier, proche du mythique roi Diomaye Niane qui a un temps gouverné le Sine, montait au ciel partager le repas avec « Roog Seen », le Dieu suprême. Et miracle, il revenait sur terre, les mains recouvertes de couscous et de lait caillé ! Mais c’était il y a bien longtemps.

Hivernage pluvieux
salA l’intérieur du cercle transformé presque en ring, c’est un vrai capharnaüm, malgré les nombreux rappels à l’ordre du maître de cérémonie Djiby Ndiaye. « Vous ne pouvez pas tous parler en même temps ; ce n’est pas possible, vous n’êtes pas des enfants ! », se fâche le journaliste de la radio communautaire « Ndef Leng » Fm. Finalement, après plusieurs tentatives ratées, il convainc les saltigués à regagner leurs places respectives, une liste ayant été confectionnée pour les appeler un à un. Les esprits finissent par se calmer. Enfin le défilé tant attendu des « madag » (Ndlr : équivalent de voyant en sérère) peut commencer, à la grande satisfaction des spectateurs dont l’impatience devenait de plus en plus perceptible. Et c’est le saltigué Guedj Guèye qui ouvre le bal. « Fakkam ! » (littéralement bats-moi le tam-tam), lâche-t-il aussitôt à l’endroit du tambour major qui s’exécute, sans crier gare. « Rang tanguindang, rang tanguindang, rangtanguindang… ». Après quelques démonstrations au son des tams-tams, le vieillard enfonce la lance de toutes ses forces dans les entrailles de la terre. C’est le moment de s’adresser au public. Le ton grave, il salue la foule suspendue à ses déclarations très attendues : « L’hivernage sera pluvieux et les récoltes seront très bonnes. Il y aura beaucoup de mil et d’arachide ».  « Amiine », rétorque en chœur l’assistance. Les paysans sont avertis. De la pluie, il y en aura. Le reste ne dépendra que d’eux.

Le voyant Ndiaw Diouf embouche la même trompette. Il prédit une saison des pluies généreuse mais s’empresse de recommander des prières pour éviter certains accidents qui, souligne-t-il, risquent de coûter la vie à bien de passagers. Le « Yal pangol » (Ndlr : celui qui est possédé par des compagnons invisibles), Ibrahima Ndong confirme les prédictions de ses prédécesseurs. L’homme prévient néanmoins sur un violent vent qui pourrait créer beaucoup de dommages dans le sud du pays. Le jeune voyant Omar Ndiaye entre en lice et met les pieds dans le plat. « J’avais dit ici que si l’élection présidentielle s’était tenue en 2017, le chef de l’Etat Macky Sall n’aurait pas de second mandat. Fort heureusement pour lui, le scrutin a été repoussé. Mais cette prédiction reste valable pour 2019 », martèle-t-il.

La nouvelle génération, sans complexe
 saltigue 2Selon ce divinateur qui révèle avoir une épouse djinn, à côté de ses deux femmes, le successeur de Me Abdoulaye Wade à la magistrature suprême ne peut en aucun cas rempiler. « Je suis catégorique », insiste-t-il. Une prédiction que balaie d’un revers de la main Khane Diouf. En dépit de l’âge, la saltigué de Diadiack garde encore son agressivité, son principal trait de caractère. Dans le milieu très macho de la divination en milieu sérère, cette dame octogénaire est l’une des rares à défier et contredire la gent masculine. Ses prédictions dont beaucoup se sont révélées justes ont fini par lui donner une aura locale voire nationale et internationale. « J’ai été la première à avoir prédit l’accession de Macky Sall au pouvoir », rafraîchit-elle d’emblée la mémoire des spectateurs sur un ton jubilatoire. Puis prenant le contrepied de son jeune camarade Omar Ndiaye, elle ajoute que le président de la République aura bel et bien un second mandat en 2019. « Que ça vous plaise ou pas, Macky Sall va rempiler. Personne n’y peut rien », dit-elle encore à l’endroit de son rival. Après les cadors Khane Diouf, Mahé Mathie, Guedj Wagni, Landiougane de Sanghaie, Amy Faye de Niakhar etc., place aux jeunes loups aux dents longues ! Il faut dire que la relève est bien assurée avec notamment une forte présence des jeunes voyants de Ndiaye-Ndiaye, le quartier traditionnel sérère de Fatick. Incarnée par le jeune Fodé Diouf, la jeune génération n’a pas froid aux yeux et n’a pas non plus de complexe d’infériorité. Elle dispute la parole aux ténors dont elle ose contredire les prédictions, à l’image de ce choc de génération entre Khane Diouf et le jeune Omar Ndiaye. Et c’est justement tous ces défis, toutes ces contradictions, toutes ces empoignades verbales qui font le charme du « Khoy ».

 

Last modified on lundi, 27 juin 2016 14:54

Dans la cuvette de Ngalenka, jadis espace sauvage et ingrate, des champs rizicoles à perte de vue sont en train de pousser grâce aux aménagements hydro-agricoles réalisés par le Mca. 450ha ont été aménagés au bénéfice de 1.800 riziculteurs répartis dans 43 Groupements d’intérêt économique (Gie) et 10 Groupements de promotion féminine (Gpf).

La Cuvette de Ngalenka est le nom du cours d’eau qui tire sa source de la rivière Doué, elle-même bras du fleuve Sénégal. Jusqu’à une date récente, peu de gens pouvaient identifier sur une carte ce coin niché au village de Ndiofoundé Dialy, dans la commune de Ndiayenne Pendao, département de Podor, région de Saint-Louis. Mais, depuis que le Millénium Challenge Account (Mca-Sénégal) y a réalisé des aménagements hydro-agricoles structurants sur 450ha, la cuvette de Ngalenka est relativement sortie de l’anonymat. Sur cette prairie jadis déserte et abandonnée, poussent aujourd’hui des champs de riz à perte de vue ceinturés par des plans d’eau bien alimentés par une station de pompage électrique haut débit à travers un canal principal.

D’un coût de 3 milliards de FCfa, la cuvette de Ngalenka est l’une des composantes du Projet d’irrigation et de gestion des ressources en eau dans la vallée du fleuve Sénégal que le Mca a mis en œuvre pour un montant global de 95 milliards de FCfa. Lancés en novembre 2012 par l’ancien Premier ministre, Abdoul Mbaye, les aménagements qui disposent de tous les équipements nécessaires ont été inaugurés en octobre 2014 par le chef de l’Etat, Macky Sall. « Avec l’intervention du Mca, les surfaces cultivables sont passées d’un aménagement sommaire sur 70ha à un aménagement maîtrisé sur 450ha avec une augmentation des rendements. Les axes hydrauliques ont été recalibrés, le dispositif du champ hydraulique amélioré. On a rendu l’eau disponible douze mois sur douze et les conditions de drainage meilleures », souligne Ibrahima Niane, agent du Saed qui avait en charge l’Unité de gestion de cette cuvette.

Amadou ba dentalCe dimanche 15 mai, un temps étonnamment clément enveloppe les lieux en cette période pré-hivernage où, d’habitude, le thermomètre affichait entre 40 et 45 degrés. Amadou Maham Bâ, président de l’Union « Dental Mca » et son acolyte Saliou Sow, chargé de l’aménagement, nous promènent à travers les casiers rizicoles. En cette période de l’année où les semis entrent dans leur phase de maturation, la cuvette est presque vide. Seuls quelques ouvriers agricoles font la ronde pour éloigner les oiseaux granivores. « Si vous revenez ici durant la période de récolte, la cuvette est bondée de monde comme un marché de Dakar », indique le sieur Bâ dans son grand boubou trois pièces.

Le périmètre est divisé en cinq blocs qui font entre 70 et 12 ha chacun. Aussi loin que porte le regard, c’est le même décor : un impressionnant tapis de verdure qui tire de plus en plus sur le jaune. Cette deuxième campagne de contre-saison, depuis la mise en service de la cuvette, s’annonce sous de bons auspices. Mais il faudra faire vite avant que la pluie ne surprenne les tiges de riz. « Le riz est entré dans sa phase de maturité. Dans quelques semaines, nous allons engager la récolte. Le mieux serait de commencer avant le début de l’hivernage afin d’en tirer le meilleur rendement», explique-t-il. Cela permettrait par ailleurs d’entamer les préparatifs de la deuxième campagne hivernale en toute sérénité.

Exploitations familiales
Ici, le type d’aménagement mis en place repose sur des exploitations familiales afin de répondre prioritairement aux besoins des populations locales. En effet, au-delà de contribuer à augmenter la production rizicole au Sénégal, la cuvette de Ngalenka a pour objectif premier de permettre aux agriculteurs d'offrir de meilleures conditions de vie à leurs familles, comme l’avait souligné Sandra Clark, chargée d'affaires de l'Ambassade des Etats-Unis au Sénégal, lors de l’inauguration de ces aménagements.

Pour en faire profiter au maximum de personnes, les modalités d’attribution des terres ont été déterminées dans le cadre d’un processus d’échanges avec les populations des 23 villages qui se trouvent dans le rayon de la cuvette. Le consensus avec tous les acteurs pour l’affectation des terres a surtout permis la mise à disposition d’au moins 10% de la superficie aménagée aux groupements féminins grâce à un programme foncier inclusif. Aujourd’hui, près de 1.800 riziculteurs répartis dans 43 Groupements d’intérêt économique (Gie) et 10 Groupements de promotion féminine (Gpf) se partagent les 450ha aménagés. « Chaque groupement dispose entre trois et quatre ha et chaque membre est attributaire d’une parcelle de 0,5ha », explique Saliou Sow.

Du coup, les rendements qui étaient très faibles en amont, moins de 4 tonnes, ont doublé voire triplé atteignant entre 7 et 9 tonnes à l’hectare. « Au total, on se retrouve donc avec une production de 2.000 tonnes de riz paddy, c’est très louable. Cela impacte énormément de monde surtout les femmes », insiste Ibrahima Niane. Cette performance n’aurait jamais été possible sans l’intervention du Mca et l’accompagnement de l’Etat à travers la mise à disposition de machines de laboure, admet Saliou Sow. Toutefois, ces riziculteurs attendent encore une moissonneuse-batteuse. « L’Etat nous a donné les moyens, mais nous voulons cultiver davantage et accélérer la cadence. Pour ce faire, il nous faut toutes les machines nécessaires dans la chaîne de production, notamment une moissonneuse-batteuse. Cette machine nous permettrait de récolter très vite avant le début de l’hivernage », confie Saliou. La mise en valeur de la cuvette a permis de créer des centaines d’emplois. « Pour chaque hectare, on recrute trois à quatre ouvriers agricoles pour la récolte », dit-il. Pour la commercialisation, le riz est écoulé soit dans les marchés hebdomadaires soit cédé à certaines entreprises privées de la zone.

Un potentiel énorme
NgalenkaPour ces riziculteurs, témoins de la transformation radicale de la cuvette de Ngalenka, l’autosuffisance en riz à l’horizon 2017 est loin d’être une chimère. « C’est un objectif à portée de main », déclare Amadou Maham Bâ. « L’Etat est en train d’aménager les terres, il y a de l’eau et assez de terre, les gens s’intéressent de plus en plus au riz, des machines sont en train d’être distribuées, il n’y a aucune raison pour que ce vœu ne soit pas exaucé », estime-t-il. En tout cas, informe le technicien de la Saed, « tout le monde, à tous les niveaux, travaille à l’atteinte de cet objectif ». Le fait que l’importation de riz a fortement baissée impactant ainsi positivement sur la balance des paiements est déjà quelque chose de gagné, selon lui. « Si la dynamique enclenchée se poursuit, il est fort à parier que cet objectif sera atteint », soutient-il. Dans ce sens, le département de Podor aura un rôle important à jouer car, d’après Ibrahima Niane, cette localité est actuellement la zone au Sénégal où la potentialité rizicole reste énorme. « Podor dispose de pas moins de 140.000 ha de terres cultivables. A lui seul, il peut porter tout le circuit rizicole. Si on veut miser sur de grandes superficies, c’est à Podor qu’il faut aller. Parce que dans le Delta, le potentiel foncier est en train de diminuer car la plupart des terres ont été déjà attribuées », confie-t-il.

Cela ne veut pas dire qu’il faut délaisser le Delta, précise le technicien de la Saed. « Il reste encore quelques poches qu’on peut exploiter, mais ce qu’il faut, c’est surtout réhabiliter les sols dégradés », affirme-t-il. Dégradées ou à l’état de friche, les terres de la vallée portent en tout cas tout l’espoir d’un pays qui aspire à l’autosuffisance en riz. Et la cuvette de Ngalenka, jadis abandonnée et aujourd’hui fertile, augure des lendemains qui peuvent chanter.

De nos envoyés spéciaux El Hadj Ibrahima THIAM, Oumar BA (textes)
et Mbacké BA (Photos)

Last modified on lundi, 27 juin 2016 15:20

Née le 27 septembre 1973 à Bukavu, au Congo Kinshasa (Rdc), Barbara Kanam est musicienne, productrice et actrice. Considérée comme l’une des plus belles voix de la génération des années 1990/2000, elle excelle aussi bien dans l’afro-pop, l’afro-folk et les ballades (guitare/voix) que dans l’afro-dance muisc (soukouss, ndombolo, coupé decalé, afro zouk). Elle s'est faite une place dans le répertoire des chansons aux sonorités africaines, au fil de deux albums (Mokili, en 1999 et Teti en 2003).

Elle fonde sa boîte de production, Kanam Music, car voulant se départir des « producteurs machos congolais », se séparant alors du « Propriétaire de tous les dossiers », Awilo Longomba, avec qui « elle est restée en bons termes ».

Abidjan et son cosmopolitisme l'ouvriront à divers univers musicaux, le gospel notamment, comme en témoigne son opus « Karibu ». « Je voulais aller plus loin, car je me sens plus mûre, plus femme », soulignait-elle. 2008 a été donc pour elle l'année de tous les défis.

Barbara a fait des études brillantes. Elle est titulaire d’un Bts en Commerce international. Elle peut alors devenir Kanam (« plat royal », en lunda). Pas facile, néanmoins, de faire comprendre la force d'un destin à une mère et, surtout, à un pater (neuf filles, deux garçons), directeur d'hôtel, à l'éducation sévère.

Son séjour en Afrique du Sud lui permet d’aguerrir sa voix en interprétant les standards internationaux et africains. Deuxième acte en Côte d'Ivoire, « sa seconde patrie », comme elle l'appelle, où elle résidera pendant dix ans, avant de s'installer dans le sud de la France, avec son fils, Michaël. Cœur à prendre ? En tout cas, elle se sait sexy !

Last modified on vendredi, 24 juin 2016 13:41

La profession de journaliste cite son nom parmi les exemples. Jean Meissa Diop est un des plus grands chroniqueurs de la presse sénégalaise. Ancien directeur de publication de « Walf Grand-Place », un quotidien du groupe Walfadjri dont il est le concepteur, il est également un des pionniers de la presse culturelle au Sénégal.

« Danouy nox Damel dogga dem reeri wala danouy reer dogga dem nox Damel », (on va tuer le Damel avant d’aller prendre le dîner, ou bien ce sera le contraire), une devinette pour montrer qu’il acceptait de se joindre à ses confrères du quotidien national « Le Soleil » qui s’apprêtent à couper leur jeûne avant d’accorder à un des leurs un entretien. Son interlocuteur, aussi humoristique, lui répond : « Nanou reer ba paré doga nox Damel », sinon on peut en être privé.

Rire de tout jusqu’à l’excès, voilà un caractère qui se dégage au premier contact de Jean Meissa Diop, un des pionniers des journalistes culturels de la presse sénégalaise. Un humour qui transparaît bien, de manière subtile, dans les écrits de ce passionné des chroniques. De jungle qui a donné par la suite Post écoute dans Walf Quotidien, on peut le reconnaître à l’absence de toute signature à travers sa plume au style ironique recherché.

N’est-ce pas lui l’auteur des chroniques « Ce français si malmené dans les médias », une manière d’évaluer le niveau de cette langue qui, selon lui, se parle, s’écrit mais se porte mal dans les médias. Ce professionnel des médias est également l’auteur du « Journalisme mène vraiment à tout », une autre chronique qui montre comment ce métier aussi palpitant peut mener à la gloire, comme à la déchéance. À la promotion des causes nobles ou à celle du diable pour reprendre ses mots pour des maux.

Cette belle plume est un homme aux vocations contrariées. Son rêve de lycéen, c’était d’être un professeur de français. Mais, au contact avec la philosophie, cet ancien lauréat au concours général de philosophie révise ses ambitions.

Orienté contre son gré à la faculté de droit, un autre rêve ressurgit, la magistrature. Mais l’homme est incapable de changer le chemin que lui impose le destin. Ce destin qui parfois est une accumulation de paradoxes, l’a amené dans le fleuve d’un passé enfoui. Et finit par lui imposer le journalisme.

Mais, comme le disait Matias Malzieu, deux chemins peuvent mener au même château. Le magistrat n’est-ce pas celui qui se base sur la loi et une petite marge d’interprétation que lui confère celle-ci pour organiser la société, par conséquent la départir de tout ce qui peut mener à sa perte.

Gardien du temple
De même pour le journaliste qui, pour reprendre Albert Londres, journaliste français, porte la plume dans la plaie. Plume au sens de lumière et la plaie à celui des maux. Issu de la treizième promotion du Centre d’études des sciences et techniques de l’information et de la communication (Cesti), option presse écrite, l’animateur d’"Avis d’expert" sur « Walfadjri » fait partie de ces journalistes qui sont sortis à une période où l’Etat, principal employeur des journalistes, ne recrutait plus. Six mois sans travail, la création d’« Afrique nouvelle » vient à sa rescousse.

Mais, cet hebdomadaire catholique dura le temps d’un feu de paille et disparut après dix mois de parution. Ainsi, il tenta l’aventure à « Walfadjri » qui, en cette période de 1987, était encore hebdomadaire, puis paraît trois fois par semaine en 1993, avant de devenir quotidien en 1994. Resté fidèle à la ligne de ce dernier malgré une vague de départs à la recherche de bons salaires et d’autres expériences, Jean Meissa Diop y passe l’essentiel de sa carrière professionnelle.

26 ans dans cette boîte qu’il trouvait passionnante et professionnellement enrichissante. « Le reproche qu’on nous faisait, c’était de rester dans cette boîte à ne rien gagner au moment où il y avait les bons salaires et les bonnes expériences ailleurs », témoigne ce journaliste qui dit être attaché à la valeur des personnes qui y étaient. Au plan professionnel, il a aussi fait « Le Soleil ».

Comme les bons élèves font les bons maîtres, il se consacre actuellement à l’enseignement. Un des produits du Cesti, il a formé deux promotions sortantes de cette école. Il a également initié au journalisme des étudiants d’autres écoles comme l’Institut supérieur d’entreprenariat et de gestion (Iseg), l’Institut supérieur d’information (Isi) qui n’existe plus et, depuis 2011, l’Institut supérieur de l’information et de la communication (Isicom) où il dispense un cours de Collecte et de traitement de l’information.

Soucieux d’un journalisme bien fait, ses chroniques et ses analyses ont souvent porté sur la profession de journaliste, sa responsabilité morale et juridique, sa formation, ses dérives. Cet enseignant en éthique et déontologie reprend ainsi la formule célèbre du chroniqueur français Jean-Claude Guillebaud, qui enseigne à ses étudiants que « pour bien pratiquer le journalisme, il faut le haïr » ; le haïr quand il peut vous mener à des activités annexes de maître-chanteur, de concussionnaire… Toutes ses valeurs défendues lui ont valu de figurer parmi les neuf conseillers du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra).

Par Marame Coumba SECK

Last modified on vendredi, 24 juin 2016 13:34

A Poste Médine, temple des « garabou-garabou » (médicaments traditionnels), situé sur l’Avenue Blaise Diagne, au cœur de Dakar, le quotidien des vendeurs nigériens installés le long du stade Iba Mar Diop déroule sa pellicule sans discontinuité. Sur ce trottoir qui longe cette avenue couverte des vrombissements de moteurs, du bavardage des passants et des hélées des vendeurs, le commerce des peaux, têtes, cornes, dents, os d’animaux, entre autres médicaments, fait recette.

Peaux, queues, dents, cornes, os, têtes, d’animaux, plûmes, nids…, il y a du tout. Des hommes de tous les âges, de tous les sexes et de toutes… les couleurs. Dans ce magma d’habitués et de visiteurs enfiévrés qui espèrent peut-être y trouver la clé de la réussite, se départir de son « djinn » ou trouver un remède à sa maladie que les médecins voués à soigner le mal n’ont pu faire, la discrétion est de rigueur. Ici, il faut aborder la finalité des produits pour que le vacarme se dissipe. Les Haoussas feignent de ne rien connaître de ces produits. Le silence est la règle. « Nous ne faisons que vendre. Les vertus de ces médicaments, seuls les marabouts les savent », ont lancé plusieurs parmi eux.

Ses rastas abondants sous un bonnet, il en laisse découvrir une partie. Cette silhouette noire et grande se courbe la tête pour accéder sous la tente d’un de ces tradipraticiens. Après quelques échanges de salutations, ce dernier s’affaire dans un sac de riz vide dont on ignore le contenu. Il y extirpe un nid d’oiseau qu’il a enveloppé dans du papier en échange d’un billet de 2.000 FCfa. « C’est le nid d’un oiseau appelé en wolof « war wat ». On le brule pour humer la fumée. C’est une recette dont m’a fait part un talibé de la même confrérie », renseigne Moustapha Diouf, un Baye Fall.

Au même endroit, une dame d’âge mûr lance : « Quel est le cordonnier qui m’a confectionné en gris-gris (amulette) la dent de caïman toute à l’heure ? Que peut apporter cette canine qui a fait plus de mal que de bien ? Cette dernière qui a percé autant de fois, la chair d’un être vivant. Est-elle toujours vouée à faire du mal ? Non pourtant, précise la détentrice. « C’est pour éviter à l’enfant les maladies liées au nourrisson », renseigne-t-elle. D’un revers de la main, elle essaie de repousser des nœuds rouges qui, sous l’agitation du vent, frappe sur son visage. Ces bouclettes qui enveloppaient à moitié des miroirs, permettent, selon les vendeurs haoussas, d’avoir la notoriété. Les vendeurs et les gens qui veulent avoir une promotion, témoigne Mohamed Ciss, ne s’en séparent pas. « Elles sont mises autour des reins », poursuit-il.

A quelques encablures, un autre client, le sac au dos, réclame la peau de la queue d’un singe. La tête courbée, il tourne le dos à la route. Monsieur ne veut-t-il pas se faire remarquer ? Il presse le pas une fois le marchandage effectué. « Les gens qui se mesurent à des adversaires le confectionne sous forme de gris-gris et le porte autour des reins. Ça leur permet d’occuper les premiers rangs », explique un de ces gens qui ont la mission de freiner les lois de la nature.

De la main, une autre dame qui attendait, choisit trois hérissons secs. 2.500 FCfa contre cet être qui acquiert une valeur une fois morte et séchée. Vivante, elle fait fuir les plus poltrons. « Nous avons un malade qui fait des hoquets incessants. C’est sur la prescription d’un marabout que je viens acheter ces produits », informe cette dame qui a préféré garder l’anonymat. Quel usage pour ce « médicament » ? Elle l’ignore, elle a été juste envoyée. Mais, Mohamed Cissé, un jeune haoussa, en connaît l’usage. Contrairement à certains qui ne sont que des vendeurs, lui, il est tradipraticien aussi. Initié à cet art par son grand-père, il peut vous donner la vertu de tout ce qu’il vend. « Tout comme les nids, les hérissons secs sont mis dans un encensoir contenant du feu. Sa fumée permet de sortir le mauvais esprit qui est en la personne. Il est également prescrit aux personnes qui souffrent de toux répétitives », explique ce Nigérien qui, avec son écritoire, trace des signes ressemblant à l’arabe. C’est du « toule », une amulette qui permet de se protéger des coups de feu et de couteaux.

La vente de la fourrure autour d’un grand marché
La vente de la fourrure, une activité génératrice de revenues. « La ceinture d’une peau de lion pour confectionner un gris-gris est vendu à 15.000 FCfa. Une surface de 5 cm2 de cette peau, il faut débourser 1.000 FCfa pour l’avoir. Pourtant, les vendeurs s’en sortent difficilement du fait que le franc Cfa est une monnaie faible comparée à celle des pays exportateurs (Kenya, Nigeria, Niger et Mali. « La peau du lion en entier, on l’achète à environ un million de FCfa. Et 400 dinars au Kenya, un équivalent de 1.200.000 FCfa », informe Mohamed Diallo, un vendeur et guérisseur.

De son coin dissimulé par des rideaux rouges, il s’adresse à trois types : deux Noirs et un Blanc. L’un des deux premiers est le fils d’un roi martiniquais. Que vient faire ce « milliardaire » au milieu de la Médina, quartier populaire de Dakar.
« Soigner son impuissance sexuelle », révèle Mohamed Diallo. « On s’est rencontré aux Etats-Unis et il m’a fait part de son impuissance qu’il a traitée en vain. Et comme je l’avais guéri, il est venu me rendre visite », s’en réjouit-il. D’un index, il nous montre la voiture que ce dernier lui a offert.

Par Marame Coumba SECK

Inscrit sur la liste du patrimoine historique classé sénégalais, le château du Baron Roger est le témoin d’une partie de l’aventure coloniale de la France au Sénégal. Son état de délabrement avancé inquiète.

Sur la route de Dagana, juste après le pont qui enjambe le cours d’eau Taouey à Richard-Toll, en face du quartier de Gaya-Diamaguène, un panorama de verdure se détache, comme un oasis, dans cette région semi-désertique. D’ici, difficile de soupçonner que derrière cette végétation touffue, se dresse un vaste bâtiment à étages à la peinture d’un jaune défraîchi construit au milieu d’un parc. Pour le contempler dans toute sa splendeur, il faut s’engager dans une allée ombragée tapissée de feuilles mortes et bordée de part et d’autre de grands arbres. Ici, aucune pollution sonore humaine.

Seuls le gazouillis des oiseaux et le souffle du vent caressant les feuilles d’arbres viennent déchirer, par moment, le silence qui règne en ces lieux. Au bout de cette promenade, apparaît, majestueuse, cette bâtisse coloniale charmante par sa stature et par sa noblesse. Son style sobre et élégant est à l’image des châteaux appelés « folies » construits à partir du 18ème siècle en Europe: on est dans le domaine du Baron Jacques-François Roger.

C’est dans cet écrin de verdure, ceinturé à l’époque par des plans d’eau, que le premier gouverneur civil du Sénégal (1822-1827) dont le nom et celui de son jardinier, Richard, qui donna son nom à la ville (Richard Toll signifiant « Les champs de Richard » en Wolof) et qui fut associé à la politique de mise en valeur agricole du Walo, où le Baron Roger venait passer ses weekends. Une sorte de résidence secondaire pas très loin de Saint-Louis, la capitale de l’époque.

Après le Baron Roger, la « Folie » et ses petites pièces, ses salons, ses recoins, ses boudoirs, ses alcôves, ont servi de lieu de repos à un autre célèbre gouverneur, Louis Faidherbe, avant d’être transformé en monastère, puis en école.

Le Baron Roger a également à son actif la construction de l’église de Gorée ainsi que de la cathédrale de Saint-Louis. « La folie désigne une maison de plaisance que se faisaient construire les aristocrates généralement en périphérie des villes. Elle répondait dans sa destination et dans sa conception à un caprice de courtisan, qui se faisait un jeu de bâtir l'une de ces maisons dans un laps de temps très court, comme par une sorte de défi de l'argent au temps.

C’est une maison de villégiature ou de réception », explique Amadou Bakhaw Diaw, historien traditionnaliste. Plus qu’une folie des grandeurs, ce serait surtout pour les beaux yeux d’une femme dont il s’était épris et qu’il épousera, Yacine Yérim Diaw, fille du Diogomaye Ndiack Arame Kélar Diaw, que le Baron Roger aurait engagé la construction de ce château sur les berges de la Taouey.

Toutes les fins de semaines donc, il venait retrouver cette femme qui lui avait tourné la tête. De cette union, naquit une enfant, Marie Roger, laquelle compte actuellement beaucoup de descendants à Richard-Toll et à Rufisque, poursuit M. Diaw.

Un château en péril
Aujourd’hui, de cette maison de villégiature aux murs hauts décrépis et aux larges fenêtres en forme d’arche et aux volets en bois miteux, témoin des amours entre un colonialiste et une fille du terroir, des moments de fastes et de réunions galantes, il n’en reste que les reliques et le souvenir d’un empire déchu. Le château, classé au patrimoine historique du Sénégal, se réduit aujourd’hui à ses propres murs et est squatté par des sans domicile fixe.

Construit au milieu des années 1820, cet édifice est aujourd’hui fortement gagné par l’usure du temps. Son état de décrépitude avancé appelle des mesures d’urgence pour sa réhabilitation. C’est le combat que mène depuis des années Amadou Bakhaw Diaw.

« Il faut sauver cette bâtisse dont la valeur historique est inestimable », implore-t-il. Mais avant cela, il faudra bien déterminer sous quelle tutelle administrative ce château se trouve. L’espace dans lequel il se trouve est devenu une forêt classée, donc sous la coupole de la Direction des Eaux et Forêts, mais en tant que patrimoine historique classé, il dépend aussi de la Direction du Patrimoine culturel.

Un flou qui gêne donc toute action en faveur de la réhabilitation de ce patrimoine que l’historien traditionnaliste rêve de voir transformé en musée culturel et botanique. Ce qui permettrait sans doute d’attirer davantage de visiteurs car le site en accueille très peu pour le moment. « Une fois réhabilité, La folie du baron Roger pourrait abriter un musée culturel et botanique dédié à l’histoire du Walo, à l’histoire de la présence française au Sénégal et surtout à son expérience agricole », plaide-t-il.

De nos envoyés spéciaux El Hadj Ibrahima THIAM, Oumar BA (textes)
et Mbacké BA (Photos)
Baron Roger, colon, mais lucide
Homme de loi, haut fonctionnaire et homme politique français, le Baron Roger est né à Longjumeau dans le département de l’Essone, en région Ile de France en 1787. Selon l’historien Amadou Bakhaw Diaw qui le qualifie de « colon lucide », le Baron Roger avait exprimé pendant plusieurs années le désir de servir dans les colonies.

C’est ainsi qu’il est nommé directeur de l’Habitation royale à Koielel, une ferme modèle entre Dagana et Mbilor destinée à la vulgarisation agricole de la colonie au Sénégal. Deux ans plus tard, il est nommé procureur du Roi par intérim à Saint-Louis et, par ordonnance royale du 26 juillet 1821, il devient Commandant et Administrateur du Sénégal, équivalent du titre de Gouverneur qui ne sera établi qu’en 1828. En février 1822, le Baron Roger prend ses fonctions à Saint-Louis.

Empreint de théories rousseauistes, très progressiste pour son époque, il commence à former les premiers éléments d’une élite africaine moderne, d’après l’historien. C’est ainsi que de 1822 à 1824, avec l’aide de la Révérende mère Anne-Marie Javouhey, il crée une école rurale de garçons à Dagana. « Son action se fonde sur une pensée simple : la croissance d’une société sous-développée se réalise à partir de l’agriculture dont le commerce devient en conséquence, l’auxiliaire ».

Fort de ce postulat et afin d’attirer investissements et collaborateurs nécessaires à cette politique agricole, il s’attache à débarrasser le Sénégal d’une réputation d’insalubrité auprès de l’opinion publique française. D’où l’appel à un personnel d’encadrement très spécialisé composé de botanistes, de chimistes et de géographes. C’est l’un de ces ingénieurs, Claude Richard, qui donnera son nom à la ville de Richard-Toll, qui implante la première station expérimentale agricole de l’Afrique noire. Le coton, l’arachide, le sésame, l’indigo, autant de plantes introduites en Afrique tropicale grâce au jardin d’essai de Richard-Toll.

Pour la main-d’œuvre, il met en place, en septembre 1823, « l’engagement à temps », principe en harmonie avec ses idées abolitionnistes. Aucun esclave ne travaillait dans ses plantations. En novembre 1826 et à sa demande, estimant la colonisation fondée, il retourne en France où il est élu député du Loiret et, à ce titre, membre d’une commission chargée de l’examen du sort des esclaves dans les colonies.

Ouvert, philanthrope, « le Baron Roger s’est beaucoup intéressé à la culture de son pays d’adoption, le Walo », estime M. Diaw. En témoigne, ses nombreux écrits sur la culture et le peuple du Walo parmi lesquels on peut citer « Fables sénégalaises recueillies du wolof et mis en français », « Notice sur le gouvernement, les mœurs et les superstitions des nègres du pays du Walo », « Recherches philosophiques sur la langue wolof », « Kélédor, histoire africaine »….

 

Last modified on vendredi, 24 juin 2016 11:31

Il est le directeur et fondateur d’icône Magazine qui vient de fêter ses dix ans. Diplômé en industrie, polygraphie et sciences éditoriales, Mansour Dieng fait partie des pionniers de la presse people au Sénégal. L’ancien directeur de « Thiof » magazine intervient également dans la consultance.

Du flair, il n’en manque pas. Depuis le fauteuil où il est assis, le pouce et l’index tantôt autour de la bouche, tantôt entre les deux tempes, cet habitué des lieux de fréquentation des célébrités lance tout sourire : « Renard passe l’Euro à la Terrasse ». Le sens caché de ce bout de mot est à chercher dans la direction de son regard. Ce regard discret qui guettait Hervé Renard, l’entraineur playboy et une Sénégalaise sous-entendu qui jouent la coupe d’Europe au restaurant la « Terrasse ». A la recherche perpétuelle de l’inédit pour un contenu buzz, de quoi servir sur un plateau doré les fidèles lecteurs d’icône magazine, fans de football. Le buzz, principale matière nourricière d’Icône qui, au début, était cent pour cent people. Le journalisme est d’homme, le flair est de Dieu, car relevant d’intuition qui ne s’apprend pas. Le fondateur d’Icône Magazine n’est pas journaliste de formation. Mais, en contact avec ces professionnels, il finit par en avoir des aptitudes.

Diplômé en industrie polygraphique, notamment en édition et livre, il fait partie de la première génération des monteurs sur ordinateur. Ce qui lui permet d’intégrer Soleil Nis après un passage au service technique. « Par le biais d’une coopération internationale, j’ai obtenu une bourse italienne me permettant de bénéficier d’une formation en édition et livre avant d’aller faire une formation en science éditoriale à l’Université Eib de Bordeaux », renseigne ce pensionné de l’édition qui soutient n’être que quand il écrit. Comme à tout seigneur, tout honneur, il signe, à chaque numéro, un éditorial, à la troisième page de son magazine. Des éditoriaux à travers lesquels, on sent nettement ses positions par rapport à l’actualité « dominante ». Les deux derniers ont porté successivement sur le blocus de la route transgambienne dont il salue la pertinence comme punition du régime de l’homme de Kanilay, Yaya Jammeh, et sur les accords de partenariat économique (Ape) qui, selon lui, pourraient mettre notre pays dans une situation inconfortable.

La passion de l’édition
Ecrivant dans « Yaya, le petit Dakarois » de Dakar matin déjà à l’école primaire puis dans « Bai des flashs », un journal lycéen de Blaise Diagne, il était tombé sous le charme, à 13 ans, de Paris match, un magazine people footballistique et nourrit l’ambition d’en créer un, un jour, à Dakar. Une ambition qui, plus tard, va être orientée vers la presse people après s’y être imprégné. « Lors de mon séjour en Italie, j’avais intégré le département français de « Vogue », un grand magazine people international. Et là, j’ai piqué le virus du journalisme people », explique l’ancien directeur de « Thiof » Magazine de Laye Bamba Diallo. Une influence qui l’a poussé à créer un médiapeople, le mannequinat. De son Italie où il était parti pour renforcer son expertise en édition, il investit ce milieu pour subvenir, dit-il, à ses besoins. Considérant ce premier comme n’étant pas vraiment people, il avait décidé de mettre en jour son propre magazine « Icône ».

L’ancien patron de techno édit, un cabinet de consultance en communication d’entreprise, a accompagné beaucoup d’entreprises sénégalaises pour concevoir de journaux d’entreprises. Directeur de publication de « Sucre contemporain » de la compagnie sucrière sénégalaise (Css), « Main courante », du ministère de l’Intérieur, il a édité également ceux du port autonome de Dakar, de l’Ecole nationale d’administration (Ena) etc.

Virement vers la presse politique
Flair journalistique certes, mais aussi, d’affaire. A la création d’Icône magazine, l’âge d’or de la presse people au Sénégal, Mansour Dieng avait opté pour un contenu cent pour cent people. D’ailleurs, c’est elle qui l’a fait connaître. Depuis l’histoire du mariage homosexuel de Mbao, les photos sont parues dans une de ses publications, son nom a même traversé des frontières. « J’ai reçu beaucoup de médias occidentaux qui ont pensé que c’était de l’inédit dans un pays musulman », témoigne cet éditorialiste qui informe avoir tiré 25.000 exemplaires grâce à cette information.

Les nouvelles buzz du showbiz, il en a toujours. Mais, de plus en plus, il y associe la politique. Un souci d’équilibre, son argument. Les derniers numéros en sont de parfaites illustrations. « Un produit a un cycle de vie, si vous faites les mêmes choses, ça va lasser les gens », soutient le patron de Senemédia. La politique, un monde qui a ses réalités. Il suffit de toucher à un homme « puissant » pour en payer le prix. En l’en croire, il a failli en être victime. « Un homme politique m’avait menacé de fermer mon magazine parce que j’avais écrit quelque chose sur lui. Pourtant, il parait jusqu’à présent sauf qu’il a essayé de m’asphyxier sur la plan économique », se rassure-t-il. A la banque, avoue-t-il, on lui avait refusé des découverts sur certaines choses. « Idem à l’imprimerie où l’on me demande également de payer 50% de la commande à la livraison et puis soldé », poursuit M. Dieng

Défenseur du « people clean »
Pour ce qui ont la bonne mémoire, ses premiers mots dans le premier numéro d’Icône était« je veux du people clean », c'est-à-dire un magazine qui parle de la réussite des gens et créer l’émulation chez les lecteurs. « Contrairement à la presse poubelle française dont s’inspirait celle qui était déjà en place », déclinait sa ligne éditoriale.

Ethique, il en parle tellement, peut être à l’excès. En l’entendre parler, on croit qu’on a un membre du tribunal des pairs. C’est l’auteur de cet éditorial au titre suivant : Sénégal : il faut déparasiter la presse.

Mais que devient cette « éthique » face à la logique marchande des journaux ? Bien qu’ayant brisé l’étau sur les sujets tabous, l’histoire des homosexuels de Mbao, le traitement des informations relatives à la vie privée (même si elles sont vraies) dans son magazine suscite une contradiction entre sa vision de l’éthique et le contenu de son journal.

Entre érosion des ventes et cherté de l’impression, il soutient qu’il ne reste que la publicité pour respirer. A défaut, c’est une presse loin d’être libre car enchaînée par des lobbies. Ceci ajouté au développement des technologies nouvelles de l’information et de la Communication, il dresse le constat suivant : «Chaque fois que Icône sort, je perds de l’argent ».

Par Marame Coumba SECK

Last modified on mercredi, 22 juin 2016 14:59

Tim Berners-Lee assure que le problème «n’est pas technologique, mais social» et appelle à une nouvelle décentralisation du Web au nom de la «protection des données»...

Internet « part à la dérive ». C’est en tout cas ce que pense celui qui est considéré comme le père du World Wide Web, Tim Berners-Lee. « Le Web aurait pu être magnifique, mais le cyberespionnage, le filtrage des sites Web, les recommandations de contenus qui vous emmènent sur les mauvais sites sapent complètement l’esprit d’aider les gens à créer », a ainsi lâché le physicien britannique dans une interview récemment accordée au New York Times.

A l’occasion du premier Decentralized Web Summit qui s’est déroulé en fin de semaine dernière à San Francisco (Californie), le père de l’Internet mondial a souhaité tirer la sonnette d’alarme et dénoncer la surveillance du Web par les Etats, ainsi que la centralisation des pouvoirs sur le réseau. Soit, la mainmise sur le Net devenu, en somme, un « outil de surveillance » de la population.

« Tout le monde assume que le consommateur d’aujourd’hui est obligé de passer un deal avec un énorme appareil marketing en échange de services gratuits, quand bien même nous sommes horrifiés de ce qui est fait de nos données », a ainsi ajouté le père fondateur du Web.

Lors du Decentralized Web Summit, Tim Berners-Lee, soutenu par de nombreux activistes, a appelé à une nouvelle décentralisation du Web au nom de la « protection des données personnelles », de « la reprise de contrôle du réseau » et de « la sécurité ».

Face à ces déviances, Tim Berners-Lee a estimé que le Web devait aujourd’hui passer à une « nouvelle phase » et placer les « problématiques de centralisation et de protection des données personnelles au cœur de ses préoccupations ».

Tim Berners-Lee a rappelé ainsi avoir développé le Web au début des années 1990 afin de créer « un espace d’échanges entre les scientifiques » qui pouvaient y communiquer leurs recherches et y partager leurs découvertes. Un espace qu’il juge aujourd’hui totalement « contrôlé » par un « seul moteur de recherche, Google, un seul service de microblogging, Twitter ».

« Notre problème n’est pas technologique, il est social », a ainsi analysé le physicien, qui estime que « l’idée qu’Internet soit devenu le plus grand réseau de surveillance du monde » est de plus en plus « plausible ».

« Tout le monde assume que le consommateur d’aujourd’hui est obligé de passer un deal avec un énorme appareil marketing en échange de services gratuits, quand bien même nous sommes horrifiés de ce qui est fait de nos données », a ainsi ajouté le père fondateur du Web.

Lors du Decentralized Web Summit, Tim Berners-Lee, soutenu par de nombreux activistes, a appelé à une nouvelle décentralisation du Web au nom de la « protection des données personnelles », de « la reprise de contrôle du réseau » et de « la sécurité ».

Last modified on mercredi, 22 juin 2016 14:58

Les merveilles du safran

22 Jui 2016
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Chacun a peut-être sa petite idée de l'« austérité joyeuse », concept créé par notre incontournable écologiste Pierre Dansereau pour essayer de nous rentrer gentiment dans la cervelle qu'on devrait dépenser moins et conserver plus. Celle de mon copain Christian, éleveur dans l'âme, c'est, même s'il n'a pas de quoi acheter des cadeaux à ses proches pour Noël, de pouvoir leur offrir du foie gras provenant des canards qu'il aura lui-même élevés. Pour la jardinière que je suis, ce serait plutôt de leur offrir un sachet de safran que j'aurai cultivé dans mon jardin.

Cueillis péniblement à la main, les stigmates (ou extrémités supérieures du pistil) du safran constituent l'épice la plus chère du monde. À raison de trois stigmates par fleur, il faut 150 000 fleurs pour faire un kilo et près de cinq kilos frais pour faire un kilo séché.

De ce fait, par le passé, le safran était souvent falsifié, notamment avec de la fleur de carthame, proche parente en couleur. Pour savoir si le marchand vous avait volé, on recommandait de plonger la main dans le sac. Si les stigmates restaient collés aux doigts, il y avait falsification, une offense, soit dit en passant, qui était punie de mort. Vraiment pas de quoi rigoler.

Et pourtant, le safran, c'est un simple crocus, tout aussi anodin que ceux qui se pointent le nez dans nos parterres très tôt au printemps. Plus précisément, il s'agit du Crocus sativus, nom qui vient du grec krokos, lequel signifie... safran. Bref, le safran, c'est l'ultime crocus.

Le nom français (de même que l'anglais) est emprunté à l'arabo-persan za'faran, ce qui n'est pas étonnant quand on sait que les Arabes ont détenu, pendant longtemps, le monopole absolu du commerce des épices et qu'ils ont, par conséquent, exercé une influence déterminante sur leur nomenclature.

Ajoutons que le safran a jadis donné son nom à des préparations médicinales qui n'avaient rien à voir avec lui. Ainsi ce « safran de Mars apéritif », qui était en fait de l'hydroxyde de fer, ou ce « safran de Mars à la Rosée », cette fois de la limaille de fer exposée à la rosée...

Et ça se mange?
Évidemment!
Il paraît qu'on l'utilisait déjà en cuisine du temps du roi Salomon, c'est-à-dire il y a à peu près trois mille ans. On l'a employé comme colorant pour les confiseries et encore aujourd'hui, au souper de Noël, les Scandinaves mangent un type de gâteau assaisonné de safran.

Toutefois, c'est avec le poisson qu'il s'entend le mieux. On le connaît dans la paella et la bouillabaisse ainsi que dans leurs variations régionales, la bourride, par exemple, que l'on sert avec un ailloli. On l'emploie également dans certains risottos, dont le traditionnel risotto à la milanaise, dont vous trouverez la recette dans Documents associés.

Et ça soigne quoi?
On disait jadis que le safran apportait la gaieté. Pour les Orientaux, il est symbole de sagesse; c'est la raison pour laquelle les vêtements des moines bouddhistes sont de cette couleur.

On l'a employé pour soigner l'hystérie, soit seul, soit en conjonction avec de l'opium. Bon régulateur des règles, il soulage les douleurs menstruelles ainsi que les douleurs lombaires qui les accompagnent. C'est, paraît-il, un aphrodisiaque.

En outre, il se comporte à la fois comme un sédatif et un tonique, pour l'estomac comme pour le système nerveux central. En usage externe, c'est un analgésique de la muqueuse des gencives et on l'emploie contre les troubles de la dentition.

On le prépare en infusion à raison de 15 g par litre d'eau. Amener à ébullition et infuser 15 minutes. Prendre 1 à 3 tasses par jour. On peut également préparer une teinture qu'on prendra toutes les deux heures à raison de 10 à 20 gouttes.

Par voie externe, on emploiera la teinture en friction sur les gencives douloureuses.

La rumeur qui circule dans certains milieux à l’effet que le safran serait toxique à des doses relativement faibles a été récemment démentie par un chercheur1 qui étudie les propriétés chimiopréventives de cette épice et affirme qu’un adulte devrait en consommer plusieurs centaines de grammes avant d’éprouver le moindre désagrément. On pense que cette erreur vient d’une confusion entre le safran et un autre crocus, le colchique des prés, qui lui est botaniquement très proche et qui est très toxique, même à petites doses.

Son mode de culture
D'humeur accommodante, le safran se cultive facilement, comme les autres crocus. Toutefois, comme il est sensible au froid (il a besoin d'une zone 6 pour survivre), il faut, dans nos régions, récolter le bulbe à l'automne (après la floraison) et le conserver au frais pendant l'hiver, soit en cave froide, soit au réfrigérateur dans un sac de plastique perforé.

On le plantera au plus tard début mai au soleil ou à mi-ombre, dans une terre bien drainée et dans un endroit protégé des vents. Comme les bulbes sont assez chers, commencez par une douzaine (10 $). D'année en année, ils se multiplieront. Sachez que les bulbes ne sont offerts qu'à l'automne. Dès que vous les aurez reçus, mettez-les en cave ou au réfrigérateur.

Mais, dès l'automne, il faut préparer la terre en l'ameublissant bien. Pratiquez des trous de 15 cm de profondeur, espacés de 15 cm également, et placez-y des bâtonnets qui resteront en place tout l'hiver. Tôt au printemps, retirez-les, déposez les bulbes au fond des trous et recouvrez-les de terre noire ou de compost.
Vous pouvez essayer d'élever le safran en contenant, mais il ne donnera pas autant qu'en pleine terre.

Utilisez un terreau riche que vous renouvellerez chaque année. L'hiver, arrêtez complètement l'arrosage et conservez en caveau ou encore essayez de le garder au jardin, dans un endroit abrité, contre un bâtiment par exemple, protégé d'un épais manteau de paille ou de feuilles mortes.

Pour le récolter, sectionnez les pistils avec les doigts ou prélevez-les avec une pince à sourcils et faites-les sécher sur une feuille de papier ciré (si vous les placez directement sur une toile moustiquaire, ils risquent d'y coller) à l'ombre. Mettez-les dans un contenant hermétique dès qu'ils sont secs.
À noter que seul le pistil est orangé. La couleur de la fleur elle-même, qui apparaît à l'automne quand la température fraîchit, va du lilas au pourpre.

Last modified on mercredi, 22 juin 2016 14:54

Fidèle à sa réputation d’explorateur, Femi Kuti et son groupe, le Positive Force poussent « la recherche de l’afrobeat un peu plus loin ». Le saxophoniste joue également de la trompette. « À peine, même si c’est le premier instrument que mon père m’a mis entre les mains quand j’avais 8 ans », raconte-t-il. Un jour, il a arrêté d’en jouer et me l’a donnée. Je ne savais pas comment ça marchait, alors je l’ai mise sous mon lit et je n’y ai plus jamais touché. S’il avait joué de la trompette, j’aurais fait de la trompette. Mais il a choisi le saxophone et m’en a offert un à 16 ans. Alors, j’ai suivi ses pas».


Femi Kuti s’est petit à petit, fait un nom, en franchissant des frontières, notamment depuis le succès du morceau « Beng Beng Beng », mais dit attendre à chaque sortie d’album le tournant. Ce n’est pas toujours évident d’avoir un père comme le sien. » Forcément. Le référent en impose respect et notoriété. Fela Anikulapo Kuti, le génial et subversif inventeur de l’alchimie afrobeat.

Une vie exubérante dans les bas-fonds de Lagos des années 1970. Une vie de combat contre les affres des dictatures militaires. Bref, une icône dont on s’affranchit difficilement. Malgré le décès du maître, en 1997, et la pointe d’amertume qui va avec. « Il ne m’a pas parlé pendant six ans. Je suis toujours en colère contre lui pour certaines choses, mais mon enfance était stimulante, je n’ai aucun regret. » Pas un seul ? «Si, ne pas être allé à l’école, concède-t-il. Fela estimait que c’était un acte colonial. Il disait : « Je n’y suis pas allé et j’ai réussi. Difficile de s’opposer à lui. Il n’empêche.

Femi Kuti s’est quand même démarqué du paternel dans son style de vie « sans drogue, ni alcool ». Pour le reste, côté musique et engagement, il est bien l’héritier du « Black President ». Et il n’est pas le seul. Seun, le petit dernier, a emboîté le pas. «Vous savez, quand je vois notre pays, la pauvreté, la corruption, les coupures d’électricité en permanence… Le Nigeria, un riche pays producteur de pétrole ? On devrait avoir honte. Qu’est-ce qui cloche chez nous ? Pourquoi nos dirigeants sont-ils si mauvais ? Le problème, c’est qu’ils ne sont pas les seuls responsables. Les Nigérians aussi feraient n’importe quoi pour de l’argent». Le combat continue.

Par Oumar BA

Le matin, dès l’aube, ces jeunes quittent des localités de Dakar et même des régions pour se rendre au quartier « Colobane familial », sis à la rue Co-50, en face du terrain de basket-ball, à la quête d’un mieux-être. Ici, c’est le lieu privilégié de la vente des chaussures. Les brodequins d’occasion sont accessibles pour bon nombre de Sénégalais.

Entassées dans des sacs, les chaussures sont convoyées par containers, depuis le Canada, les Etats-Unis, la France ou l’Allemagne. Ces chaussures, à vrai dire, font l’affaire des pays sous-développés. Pour s’en procurer, parfois, on est obligé de s’acquitter de la prière de l’aube sur place. Mouhamed Cissé, les yeux rivés sur un sac de chaussures, nous sert une réponse laconique : « J’achète pour revendre ». A force d’insister, le bonhomme affirme que depuis quatre ans, il exerce ce petit métier dont les bénéfices lui permettent de subvenir tranquillement à ses besoins.

Mais ce n’est pas toujours le cas. Abdou Mbengue assimile généralement le contenu des sacs de friperie à de la pastèque : « Il faut l’ouvrir avant de goûter. C’est comme à la loterie, tantôt on gagne, tantôt on perd», témoigne-t-il. Selon lui, les chaussures pour hommes, femmes et enfants sont mises dans des sacs qui pèsent entre 25 à 92 kg. Si les petits sacs coûtent entre 57.000 et 65.000 francs, les plus grands s’échangent jusqu’à 150.000 FCfa. Mais, il faut savoir marchander, comme le suggère Alé Diop, un autre vendeur. « Les revenus de ce métier sont instables ; c’est à l’image du dollar. Il y a des jours où tu n’as pas envie d’arrêter ; mais, pendant la période des vaches maigres, tu peux perdre jusqu’à 15.000 par jour. La tentation de jeter l’éponge devient réelle », relate le vaillant Alé Diop.

Matar Fall est le symbole confirmé que cette activité nourrit son homme. « Depuis 1984, je vends des friperies. Mais la vente de chaussures est plus florissante, car, grâce aux profits, j’ai construit ma maison à Touba et j’entretiens ma famille », se réjouit cet accro du café Touba. Selon plusieurs vendeurs interrogés, des commerçants se frottent les mains pendant les évènements religieux (Tabaski, Korité…), fêtes de fin d’année, mais surtout durant le froid où il faut s’habiller lourd.

Une foire nocturne permanente
En revanche, durant l’hivernage et les vacances, cette activité est au ralenti : les clients achètent plus les sandales que les « chaussures fermées ». Mouhamed Barry, un jeune Guinéen « Avec la pluie, on ne peut pas sortir nos étals », explique-t-il. Ces jeunes vendeurs ont alors mis en place une solidarité agissante pour surmonter les moments difficiles. « Les nouveaux arrivants sur le marché sont aidés pendant une semaine ; après, ils peuvent voler de leurs propres ailes », salue Cheikh Diakhaté qui indique : « Si un marchand tombe malade, nous faisons une quête jusqu’à 150.000 francs pour l’achat de ses ordonnances ».

« On achète en gros pour revendre au détail ». Cette réponse revient souvent quand on se rapproche de ces ambulants ou autres tabliers. On soigne la mise, même dans ce contexte économique difficile. Des commerçants ambulants, visiblement tenaillés par la dépense quotidienne, se disputent même le trottoir aux piétons. Ils revendent des chaussures d’occasion la nuit. Peu après 20 heures, en ce début de semaine, les artères qui mènent vers les Unités 5, 6, 7 des Parcelles assainies sont occupées par ces marchands, profitant de l’éclairage public. Les marchands proposent des chaussures neuves comme des chaussures d’occasion. « Nous avons toutes sortes de clients », affirme Abdou Khadre Diop, assis au carrefour qui mène à Guédiawaye. L’homme vend des marques « Nike », « Adidas », « All Star Converse », « Sebago » etc. « Je fais ce travail depuis sept ans. Comme ici, c’est presque un passage obligé des véhicules urbains, nous préférons nous asseoir à cet endroit pour mieux écouler nos marchandises», explique-t-il.

Débrouillards à souhait, ces marchands se frottent les mains lors des fêtes religieuses comme la Saint Sylvestre. « Air Jordan », « crampon », chaussures de ville sont aussi le goût d’une partie de la jeunesse. Ce qui fait qu’Ali va jusqu’à Colobane ou Sandaga, non loin du centre commercial El Malick pour acquérir des chaussures et procéder, ensuite, à la revente. Comme Dakar est menacé par l’insécurité, ces ambulants choisissent des sites éclairés pour exposer leurs étals. « Nous exposons nos marchandises sur les places publiques très fréquentées », souligne Abdou Khadre.

Abdoulaye Diallo a quitté son Fouta natal pour gagner son pain licitement. Etabli au marché Grand-Yoff, cet homme vend non loin de l’église Saint-Paul. Ses clients viennent de partout. « Moi, franchement, je gagne ma vie mieux qu’avant », sert le « foutanké » au wolof chahuté. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il existe des jeunes qui, le jour, s’adonnent à d’autres activités ; mais la nuit, ils retournent à leur commerce favori. Pourquoi ? « Parce qu’après achat à Colobane en début de matinée, il faut penser à asticoter les chaussures », informe Cheikh Diakhaté, qui voit, comme Mamadou Dieng, des revendeurs quittant Richard Toll, Thiès, et Mbour à la recherche de brodequins.

Haro sur les marchandises volées !
« Nous pouvons acheter, sans le savoir, des marchandises volées. Ici, c’est le marché familial ». Ces mots sont d’Abdou Mbengue, qui dit avoir fréquemment noté des cas de vol. « Si le propriétaire se présente, tu rembourses », embraye un autre ambulant. Abdou Khadre Diop ne dira pas le contraire, car certains milieux interlopes favorisent des dérives. Mais, il faut s’armer de prudence pour ne pas être taxé de complice ou de receleur.

Par Serigne Mansour Sy CISSE

En bordure de la route qui mène à Gandiol, dans la région de Saint-Louis, un tableau indicatif de la « Reserve spéciale de Guembeul », passe presque inaperçu. De l’extérieur, l’endroit ne se démarque guère de l’ordinaire. Que d’illusion ! En effet, une fois à l’intérieur, on découvre une réserve de 720 ha abritant essentiellement des oiseaux, des gazelles, des tortues et des singes.

C’est vers 17h que nous foulons l’entrée de la Reserve spéciale de Geumbeul. De jeunes filles à peine sorties de la puberté s’amusent à regarder le spectacle qu’offre le ballet incessant de va-et-vient des véhicules qui empruntent à vive allure cette bretelle qui conduit au centre de Gandiol. Leur attention est captée par le mouvement incessant des bolides. Et pourtant, derrière elles, se cachent une Réserve fabuleuse qui offre un paysage à couper le souffle.

Ce site écologique se distingue par de fortes concentrations d’oiseaux. Situé dans la région Saint-Louis, il couvre une superficie de 720 ha. La Reserve de Geumbeul abrite, entre autres, la gazelle Dama Mhorr, celle-là même qui traîne la réputation d’être la plus belle des gazelles sahélo-sahariennes. On y trouve également des singes rouges et la Sulcata Geochelone qui demeure la plus grosse des tortues africaines. 

Dans la grande cour, de jeunes tortues âgées de 30 ans sont regroupées dans un enclos dédié, tandis que les gros spécimens bénéficient davantage d’espace. Toutes appartiennent à la même espèce, la « Tortue sillonnée », aussi appelée « Tortue de savane ».

Cette espèce est, mine de rien, la troisième plus grosse au monde, avec des mâles pouvant atteindre les 100 kg et une espérance de vie estimée à 150 ans. Sa spécificité anatomique lui confère une carapace aplatie. Autrefois commune au Sénégal, elle serait à présent devenue très rare. 

Un peu plus loin, nous progressons à bord de la voiture du commandant Thialaw Sarr qui, pour la circonstance, fait également office de guide. Dans les alentours de l’étang, un groupe de singes s’enfuit à notre approche, mais deux jeunes individus décident de rester sur place. Ils se camouflent derrière les salicornes, nous permettant d’observer de plus près leurs visages mutins.

« Cette réserve privée est une zone classée Ramsar en raison du stationnement en fin d’hiver de plusieurs milliers d’Avocettes, mais c’est aussi une zone où sont élevées, dans le but d’être réintroduits dans leur environnement, différentes espèces « animales », informe le Commandant Sarr, Vétérinaire conservateur des Parcs nationaux. 

La Reserve de Guembeul a été créée le 30 mai 1980. Elle est étendue sur une superficie totale de 720 ha. Les autorités s’étaient alors fixé trois objectifs. Il s’agissait d’abord de la mise en défens, (terme forestier qui veut dire clôturer un espace tout en laissant la végétation s’y remettre naturellement). Le deuxième objectif consistait à la protection de la cuvette, qui joue à la fois un rôle économique et écologique.

Le troisième objectif est relatif à la réintroduction des animaux sahélo-sahéliens qui existaient déjà dans la sous région et qui, malheureusement, avaient, en un moment donné, disparu. «Nous procédons à l’élevage en semi captivité et parfois en captivité. Nous surveillons aussi le processus de reproduction de ces animaux, pour qu’au moins, d’ici à un ou deux ans, qu’on puisse les transférer vers les autres Parcs et Réserves de la sous-région. Ce n’est pas seulement le Sénégal qui est concerné », note le commandant Thialaw Sarr.

Particularité de la Réserve Guembeul
Depuis l’ouverture de la Reserve, les trois objectifs ont été largement atteints, assure le commandant des lieux. Preuve à l’appui, nous indique t-il, le bois qui était voué à la mort s’est suffisamment remis. « D’ailleurs, nous tendons à diminuer les arbres en autorisant les populations riveraines à couper le bois mort. Le taux de couverture végétale a été largement dépassé. La protection de la cuvette a également été atteinte.

Les ressources naturelles qui entourent la cuvette sont également bien conservées. Des ponts ont été, dans ce sens, aménagés avec le soutien des populations locales », assure-t-il.

En ce qui concerne le troisième objectif qui a trait à l’élevage de l’animale gazelle sahélo- sahélien, là aussi, les résultats obtenus sont satisfaisants. « Nous pouvons dire qu’il est atteint, dans la mesure où, si un animal quitte un lieu pour un autre et commence à se reproduire, l’objectif est touché. Cependant, nous assistons, parfois, à des problèmes d’avortement, de prédations. Cela va de pair avec l’élevage. Nous essayons d’y apporter des solutions, d’autant plus que le programme renferme un volet d’acclimatation », souligne le vétérinaire.

La particularité, à Guembeul, est que les animaux ne doivent pas sortir des enclos. La Reserve reste exiguë pour ces bêtes qui avaient l’habitude de faire, en état de liberté, 30 à 40 Km de rayon de divagation. De fait, des enclos de 150 m sur 10 ont été confectionnés, ce qui permet de facilement capturer les animaux en cas de soins vétérinaires. L’acclimatation a des normes. L’animal est certes laissé à lui-même, mais il est toujours capturé en cas de besoin de soins vétérinaires. Au total, 200 sujets seraient réunis dans cette Réserve.

Quatre sortes d’espèces sont regroupées à Guembeul. La gazelle d’Amamore est venue au Sénégal en 1984 en acclimatation. Elle existe toujours. Elle a été libérée dans les années 2000 dans cette enceinte de 720 hectares. Elle a vécu et s’est reproduite de 1984 à nos jours. Sa durée de vie est de 25 ans. « Si nous parvenons à toujours observer l’espèce, cela veut dire que l’objectif a été atteint», note le commandant.

Il y a aussi l’Oryx Al gazelle, arrivée en 1999. C’est l’animal qui s’est le mieux acclimaté. Un certain noyau a d’ailleurs été transféré dans le Ferlo. Les animaux sont envoyés dans ce site en conformité avec la phase d’acclimatation. 

L’acclimatation n’est pas assujettie à un nombre d’années défini d’avance. Quand l’animal arrive vivant sur les lieux, cela constitue déjà un acquis. Cet acquis est encore meilleur quand il parvient à se reproduire.

« Quand l’animal parvient à se reproduire jusqu’au nombre de 50 sujets, nous sommes tenus, par l’obligation, de désengorger le site. Sinon, il risque de se poser des difficultés», souligne le commandant Sarr. Les animaux sont alors transférés au Ferlo ou dans d’autres pays qui ont signé des conventions dans ce sens avec l’Etat du Sénégal.

L’intérêt de protéger les cuvettes d’eau est avéré. Les gérants sont parvenus à trouver un cadre climatologique adapté pour permettre aux animaux qui ont quitté l’Afrique pendant des années d’y revenir. Cette transition confère à la cuvette un rôle très important.

« Nous parvenons aussi à capter tout ce qui est oiseau d’eau. Ce qui rend la cuvette très riche concernant tout ce qui est aquatique et cela impacte sur les oiseaux piscivores », note le commandant Sarr. 

La seule espèce qui rencontre, cependant, quelques gênes d’adaptation, est l’addax Namoclatus. Une politique d’insémination est en gestation dans le sens de procéder à sa réintroduction. La gazelle d’Ocrisasse demeure, elle, l’illustration la plus expressive d’une procédure d’acclimatation réussie.

Des touristes qui se font désirer

A bien des égards, l’apparence peut parfois s’avérer trompeuse. Malgré ses multiples charmes, le tourisme ne se porte pas bien dans ce merveilleux site réservé. Toutefois, la particularité du site réside sur le fait qu’il n’est pas saisonnier.

En effet, le Parc est praticable à n’importe quelle période de l’année. En plus de renfermer des animaux, le site demeure une surface à eau. «Alors que les autres parcs regorgent essentiellement d’oiseaux. Nous, nous élevons également des ruminants, ce qui constitue un atout », se glorifie le commandant des lieux. Le paysage vaut bien le détour. Bienvenue dans le grand étang de la réserve de Guembeul où se concentrent les oiseaux migrateurs lorsqu’ils arrivent d’Europe.

Aujourd’hui, ils ne sont pas très nombreux. Il y a surtout des bécasseaux sur les vasières. Seuls des tours de jumelles permettent d’ailleurs de mieux les apercevoir. Les Gazelles dorcas sont également visibles. Elles sont enfermées dans des enclos, un milieu désertique et pré-désertique qui leur permet de divaguer librement. « La Dorcas occupait aussi les zones sahéliennes du Sénégal d’où elle a disparu suite à une chasse intensive.

Classée comme vulnérable, l’espèce a été, après acclimatation à Guembeul, relâchée dans le Ferlo en 2009. En collaboration avec les habitants de la région, 23 individus y ont retrouvés leur liberté », informe le vétérinaire. Il précise que les individus présents ici peuvent servir dans tout programme de réintroduction au Sénégal et dans les pays voisins.

Autre espèce emblématique de cette réserve, l’Addax dont un adulte se tient près de l’étang. Il s’agit d’une espèce d’antilope en voie de disparition. Son aire de répartition a fondu comme neige au soleil, au cours des 50 dernières années. Pourtant, cette gazelle peut s’adapter aux rudes conditions des ergs sahariens, ce qui lui permettait de couvrir les zones les plus arides allant de la Mauritanie au Soudan.

Aujourd’hui, il ne reste que de très petites populations isolées dans les zones les plus reculées du nord du Mali et au Niger. « Cette espèce très farouche a subi, et continue de subir dans les zones non protégées, une importante pression de chasse. Il est à présent très rare de pouvoir l’observer dans la nature et la plupart des mentions proviennent d’observations indirectes, notamment de traces dans le sable », informe le commandant.

C’est vers 17h que nous foulons l’entrée de la Reserve spéciale de Geumbeul. De jeunes filles à peine sorties de la puberté s’amusent à regarder le spectacle qu’offre le ballet incessant de va-et-vient des véhicules qui empruntent à vive allure cette bretelle qui conduit au centre de Gandiol.

Leur attention est captée par le mouvement incessant des bolides. Et pourtant, derrière elles, se cachent une Réserve fabuleuse qui offre un paysage à couper le souffle. Ce site écologique se distingue par de fortes concentrations d’oiseaux. Situé dans la région Saint-Louis, il couvre une superficie de 720 ha. La Reserve de Geumbeul abrite, entre autres, la gazelle Dama Mhorr, celle-là même qui traîne la réputation d’être la plus belle des gazelles sahélo-sahariennes. On y trouve également des singes rouges et la Sulcata Geochelone qui demeure la plus grosse des tortues africaines. 

Dans la grande cour, de jeunes tortues âgées de 30 ans sont regroupées dans un enclos dédié, tandis que les gros spécimens bénéficient davantage d’espace. Toutes appartiennent à la même espèce, la « Tortue sillonnée », aussi appelée « Tortue de savane ». Cette espèce est, mine de rien, la troisième plus grosse au monde, avec des mâles pouvant atteindre les 100 kg et une espérance de vie estimée à 150 ans. Sa spécificité anatomique lui confère une carapace aplatie. Autrefois commune au Sénégal, elle serait à présent devenue très rare.

Un peu plus loin, nous progressons à bord de la voiture du commandant Thialaw Sarr qui, pour la circonstance, fait également office de guide. Dans les alentours de l’étang, un groupe de singes s’enfuit à notre approche, mais deux jeunes individus décident de rester sur place. Ils se camouflent derrière les salicornes, nous permettant d’observer de plus près leurs visages mutins.

« Cette réserve privée est une zone classée Ramsar en raison du stationnement en fin d’hiver de plusieurs milliers d’Avocettes, mais c’est aussi une zone où sont élevées, dans le but d’être réintroduits dans leur environnement, différentes espèces « animales », informe le Commandant Sarr, Vétérinaire conservateur des Parcs nationaux. 

La Reserve de Guembeul a été créée le 30 mai 1980. Elle est étendue sur une superficie totale de 720 ha. Les autorités s’étaient alors fixé trois objectifs. Il s’agissait d’abord de la mise en défens, (terme forestier qui veut dire clôturer un espace tout en laissant la végétation s’y remettre naturellement). Le deuxième objectif consistait à la protection de la cuvette, qui joue à la fois un rôle économique et écologique.

Le troisième objectif est relatif à la réintroduction des animaux sahélo-sahéliens qui existaient déjà dans la sous région et qui, malheureusement, avaient, en un moment donné, disparu. «Nous procédons à l’élevage en semi captivité et parfois en captivité. Nous surveillons aussi le processus de reproduction de ces animaux, pour qu’au moins, d’ici à un ou deux ans, qu’on puisse les transférer vers les autres Parcs et Réserves de la sous-région. Ce n’est pas seulement le Sénégal qui est concerné », note le commandant Thialaw Sarr.

Particularité de la Réserve Guembeul
Depuis l’ouverture de la Reserve, les trois objectifs ont été largement atteints, assure le commandant des lieux. Preuve à l’appui, nous indique t-il, le bois qui était voué à la mort s’est suffisamment remis. « D’ailleurs, nous tendons à diminuer les arbres en autorisant les populations riveraines à couper le bois mort. Le taux de couverture végétale a été largement dépassé. La protection de la cuvette a également été atteinte. Les ressources naturelles qui entourent la cuvette sont également bien conservées. Des ponts ont été, dans ce sens, aménagés avec le soutien des populations locales », assure-t-il.

En ce qui concerne le troisième objectif qui a trait à l’élevage de l’animale gazelle sahélo- sahélien, là aussi, les résultats obtenus sont satisfaisants. « Nous pouvons dire qu’il est atteint, dans la mesure où, si un animal quitte un lieu pour un autre et commence à se reproduire, l’objectif est touché. Cependant, nous assistons, parfois, à des problèmes d’avortement, de prédations. Cela va de pair avec l’élevage. Nous essayons d’y apporter des solutions, d’autant plus que le programme renferme un volet d’acclimatation », souligne le vétérinaire.

La particularité, à Guembeul, est que les animaux ne doivent pas sortir des enclos. La Reserve reste exiguë pour ces bêtes qui avaient l’habitude de faire, en état de liberté, 30 à 40 Km de rayon de divagation. De fait, des enclos de 150 m sur 10 ont été confectionnés, ce qui permet de facilement capturer les animaux en cas de soins vétérinaires. L’acclimatation a des normes. L’animal est certes laissé à lui-même, mais il est toujours capturé en cas de besoin de soins vétérinaires. Au total, 200 sujets seraient réunis dans cette Réserve.

Quatre sortes d’espèces sont regroupées à Guembeul. La gazelle d’Amamore est venue au Sénégal en 1984 en acclimatation. Elle existe toujours. Elle a été libérée dans les années 2000 dans cette enceinte de 720 hectares. Elle a vécu et s’est reproduite de 1984 à nos jours. Sa durée de vie est de 25 ans. « Si nous parvenons à toujours observer l’espèce, cela veut dire que l’objectif a été atteint», note le commandant.

Il y a aussi l’Oryx Al gazelle, arrivée en 1999. C’est l’animal qui s’est le mieux acclimaté. Un certain noyau a d’ailleurs été transféré dans le Ferlo. Les animaux sont envoyés dans ce site en conformité avec la phase d’acclimatation. 

L’acclimatation n’est pas assujettie à un nombre d’années défini d’avance. Quand l’animal arrive vivant sur les lieux, cela constitue déjà un acquis. Cet acquis est encore meilleur quand il parvient à se reproduire. « Quand l’animal parvient à se reproduire jusqu’au nombre de 50 sujets, nous sommes tenus, par l’obligation, de désengorger le site. Sinon, il risque de se poser des difficultés», souligne le commandant Sarr. Les animaux sont alors transférés au Ferlo ou dans d’autres pays qui ont signé des conventions dans ce sens avec l’Etat du Sénégal.

L’intérêt de protéger les cuvettes d’eau est avéré. Les gérants sont parvenus à trouver un cadre climatologique adapté pour permettre aux animaux qui ont quitté l’Afrique pendant des années d’y revenir. Cette transition confère à la cuvette un rôle très important.

« Nous parvenons aussi à capter tout ce qui est oiseau d’eau. Ce qui rend la cuvette très riche concernant tout ce qui est aquatique et cela impacte sur les oiseaux piscivores », note le commandant Sarr. 

La seule espèce qui rencontre, cependant, quelques gênes d’adaptation, est l’addax Namoclatus. Une politique d’insémination est en gestation dans le sens de procéder à sa réintroduction. La gazelle d’Ocrisasse demeure, elle, l’illustration la plus expressive d’une procédure d’acclimatation réussie.

Des touristes qui se font désirer
A bien des égards, l’apparence peut parfois s’avérer trompeuse. Malgré ses multiples charmes, le tourisme ne se porte pas bien dans ce merveilleux site réservé. Toutefois, la particularité du site réside sur le fait qu’il n’est pas saisonnier. En effet, le Parc est praticable à n’importe quelle période de l’année. En plus de renfermer des animaux, le site demeure une surface à eau. «Alors que les autres parcs regorgent essentiellement d’oiseaux.

Nous, nous élevons également des ruminants, ce qui constitue un atout », se glorifie le commandant des lieux. Le paysage vaut bien le détour. Bienvenue dans le grand étang de la réserve de Guembeul où se concentrent les oiseaux migrateurs lorsqu’ils arrivent d’Europe. Aujourd’hui, ils ne sont pas très nombreux. Il y a surtout des bécasseaux sur les vasières. Seuls des tours de jumelles permettent d’ailleurs de mieux les apercevoir.

Les Gazelles dorcas sont également visibles. Elles sont enfermées dans des enclos, un milieu désertique et pré-désertique qui leur permet de divaguer librement. « La Dorcas occupait aussi les zones sahéliennes du Sénégal d’où elle a disparu suite à une chasse intensive. Classée comme vulnérable, l’espèce a été, après acclimatation à Guembeul, relâchée dans le Ferlo en 2009. En collaboration avec les habitants de la région, 23 individus y ont retrouvés leur liberté », informe le vétérinaire. Il précise que les individus présents ici peuvent servir dans tout programme de réintroduction au Sénégal et dans les pays voisins.

Autre espèce emblématique de cette réserve, l’Addax dont un adulte se tient près de l’étang. Il s’agit d’une espèce d’antilope en voie de disparition. Son aire de répartition a fondu comme neige au soleil, au cours des 50 dernières années. Pourtant, cette gazelle peut s’adapter aux rudes conditions des ergs sahariens, ce qui lui permettait de couvrir les zones les plus arides allant de la Mauritanie au Soudan.

Aujourd’hui, il ne reste que de très petites populations isolées dans les zones les plus reculées du nord du Mali et au Niger. « Cette espèce très farouche a subi, et continue de subir dans les zones non protégées, une importante pression de chasse. Il est à présent très rare de pouvoir l’observer dans la nature et la plupart des mentions proviennent d’observations indirectes, notamment de traces dans le sable », informe le commandant. 

De nos envoyés spéciaux El Hadj Ibrahima THIAM, Oumar BA (textes) et Mbacké BA (Photos)

Last modified on mercredi, 22 juin 2016 14:48


En bordure de la route qui mène à Gandiol, dans la région de Saint-Louis, un tableau indicatif de la « Reserve spéciale de Guembeul », passe presque inaperçu. De l’extérieur, l’endroit ne se démarque guère de l’ordinaire. Que d’illusion ! En effet, une fois à l’intérieur, on découvre une réserve de 720 ha abritant essentiellement des oiseaux, des gazelles, des tortues et des singes.

C’est vers 17h que nous foulons l’entrée de la Reserve spéciale de Geumbeul. De jeunes filles à peine sorties de la puberté s’amusent à regarder le spectacle qu’offre le ballet incessant de va-et-vient des véhicules qui empruntent à vive allure cette bretelle qui conduit au centre de Gandiol. Leur attention est captée par le mouvement incessant des bolides.

Et pourtant, derrière elles, se cachent une Réserve fabuleuse qui offre un paysage à couper le souffle. Ce site écologique se distingue par de fortes concentrations d’oiseaux. Situé dans la région Saint-Louis, il couvre une superficie de 720 ha. La Reserve de Geumbeul abrite, entre autres, la gazelle Dama Mhorr, celle-là même qui traîne la réputation d’être la plus belle des gazelles sahélo-sahariennes. On y trouve également des singes rouges et la Sulcata Geochelone qui demeure la plus grosse des tortues africaines.

Dans la grande cour, de jeunes tortues âgées de 30 ans sont regroupées dans un enclos dédié, tandis que les gros spécimens bénéficient davantage d’espace. Toutes appartiennent à la même espèce, la « Tortue sillonnée », aussi appelée « Tortue de savane ».

Cette espèce est, mine de rien, la troisième plus grosse au monde, avec des mâles pouvant atteindre les 100 kg et une espérance de vie estimée à 150 ans. Sa spécificité anatomique lui confère une carapace aplatie. Autrefois commune au Sénégal, elle serait à présent devenue très rare.

Un peu plus loin, nous progressons à bord de la voiture du commandant Thialaw Sarr qui, pour la circonstance, fait également office de guide. Dans les alentours de l’étang, un groupe de singes s’enfuit à notre approche, mais deux jeunes individus décident de rester sur place.

Ils se camouflent derrière les salicornes, nous permettant d’observer de plus près leurs visages mutins. « Cette réserve privée est une zone classée Ramsar en raison du stationnement en fin d’hiver de plusieurs milliers d’Avocettes, mais c’est aussi une zone où sont élevées, dans le but d’être réintroduits dans leur environnement, différentes espèces « animales », informe le Commandant Sarr, Vétérinaire conservateur des Parcs nationaux. 

La Reserve de Guembeul a été créée le 30 mai 1980. Elle est étendue sur une superficie totale de 720 ha. Les autorités s’étaient alors fixé trois objectifs. Il s’agissait d’abord de la mise en défens, (terme forestier qui veut dire clôturer un espace tout en laissant la végétation s’y remettre naturellement).

Le deuxième objectif consistait à la protection de la cuvette, qui joue à la fois un rôle économique et écologique. Le troisième objectif est relatif à la réintroduction des animaux sahélo-sahéliens qui existaient déjà dans la sous région et qui, malheureusement, avaient, en un moment donné, disparu.

«Nous procédons à l’élevage en semi captivité et parfois en captivité. Nous surveillons aussi le processus de reproduction de ces animaux, pour qu’au moins, d’ici à un ou deux ans, qu’on puisse les transférer vers les autres Parcs et Réserves de la sous-région. Ce n’est pas seulement le Sénégal qui est concerné », note le commandant Thialaw Sarr.

Particularité de la Réserve Guembeul
Depuis l’ouverture de la Reserve, les trois objectifs ont été largement atteints, assure le commandant des lieux. Preuve à l’appui, nous indique t-il, le bois qui était voué à la mort s’est suffisamment remis. « D’ailleurs, nous tendons à diminuer les arbres en autorisant les populations riveraines à couper le bois mort.

Le taux de couverture végétale a été largement dépassé. La protection de la cuvette a également été atteinte. Les ressources naturelles qui entourent la cuvette sont également bien conservées. Des ponts ont été, dans ce sens, aménagés avec le soutien des populations locales », assure-t-il. 

En ce qui concerne le troisième objectif qui a trait à l’élevage de l’animale gazelle sahélo- sahélien, là aussi, les résultats obtenus sont satisfaisants. « Nous pouvons dire qu’il est atteint, dans la mesure où, si un animal quitte un lieu pour un autre et commence à se reproduire, l’objectif est touché.

Cependant, nous assistons, parfois, à des problèmes d’avortement, de prédations. Cela va de pair avec l’élevage. Nous essayons d’y apporter des solutions, d’autant plus que le programme renferme un volet d’acclimatation », souligne le vétérinaire.

La particularité, à Guembeul, est que les animaux ne doivent pas sortir des enclos. La Reserve reste exiguë pour ces bêtes qui avaient l’habitude de faire, en état de liberté, 30 à 40 Km de rayon de divagation.

De fait, des enclos de 150 m sur 10 ont été confectionnés, ce qui permet de facilement capturer les animaux en cas de soins vétérinaires. L’acclimatation a des normes. L’animal est certes laissé à lui-même, mais il est toujours capturé en cas de besoin de soins vétérinaires. Au total, 200 sujets seraient réunis dans cette Réserve.

Quatre sortes d’espèces sont regroupées à Guembeul. La gazelle d’Amamore est venue au Sénégal en 1984 en acclimatation. Elle existe toujours. Elle a été libérée dans les années 2000 dans cette enceinte de 720 hectares. Elle a vécu et s’est reproduite de 1984 à nos jours. Sa durée de vie est de 25 ans.

« Si nous parvenons à toujours observer l’espèce, cela veut dire que l’objectif a été atteint», note le commandant. Il y a aussi l’Oryx Al gazelle, arrivée en 1999. C’est l’animal qui s’est le mieux acclimaté. Un certain noyau a d’ailleurs été transféré dans le Ferlo. Les animaux sont envoyés dans ce site en conformité avec la phase d’acclimatation. 

L’acclimatation n’est pas assujettie à un nombre d’années défini d’avance. Quand l’animal arrive vivant sur les lieux, cela constitue déjà un acquis. Cet acquis est encore meilleur quand il parvient à se reproduire.

« Quand l’animal parvient à se reproduire jusqu’au nombre de 50 sujets, nous sommes tenus, par l’obligation, de désengorger le site. Sinon, il risque de se poser des difficultés», souligne le commandant Sarr. Les animaux sont alors transférés au Ferlo ou dans d’autres pays qui ont signé des conventions dans ce sens avec l’Etat du Sénégal. 

L’intérêt de protéger les cuvettes d’eau est avéré. Les gérants sont parvenus à trouver un cadre climatologique adapté pour permettre aux animaux qui ont quitté l’Afrique pendant des années d’y revenir. Cette transition confère à la cuvette un rôle très important.

« Nous parvenons aussi à capter tout ce qui est oiseau d’eau. Ce qui rend la cuvette très riche concernant tout ce qui est aquatique et cela impacte sur les oiseaux piscivores », note le commandant Sarr. 

La seule espèce qui rencontre, cependant, quelques gênes d’adaptation, est l’addax Namoclatus. Une politique d’insémination est en gestation dans le sens de procéder à sa réintroduction. La gazelle d’Ocrisasse demeure, elle, l’illustration la plus expressive d’une procédure d’acclimatation réussie.

Des touristes qui se font désirer
A bien des égards, l’apparence peut parfois s’avérer trompeuse. Malgré ses multiples charmes, le tourisme ne se porte pas bien dans ce merveilleux site réservé. Toutefois, la particularité du site réside sur le fait qu’il n’est pas saisonnier. En effet, le Parc est praticable à n’importe quelle période de l’année.

En plus de renfermer des animaux, le site demeure une surface à eau. «Alors que les autres parcs regorgent essentiellement d’oiseaux. Nous, nous élevons également des ruminants, ce qui constitue un atout », se glorifie le commandant des lieux.

Le paysage vaut bien le détour. Bienvenue dans le grand étang de la réserve de Guembeul où se concentrent les oiseaux migrateurs lorsqu’ils arrivent d’Europe.

Aujourd’hui, ils ne sont pas très nombreux. Il y a surtout des bécasseaux sur les vasières. Seuls des tours de jumelles permettent d’ailleurs de mieux les apercevoir. Les Gazelles dorcas sont également visibles. Elles sont enfermées dans des enclos, un milieu désertique et pré-désertique qui leur permet de divaguer librement.

« La Dorcas occupait aussi les zones sahéliennes du Sénégal d’où elle a disparu suite à une chasse intensive. Classée comme vulnérable, l’espèce a été, après acclimatation à Guembeul, relâchée dans le Ferlo en 2009.

En collaboration avec les habitants de la région, 23 individus y ont retrouvés leur liberté », informe le vétérinaire. Il précise que les individus présents ici peuvent servir dans tout programme de réintroduction au Sénégal et dans les pays voisins.

Autre espèce emblématique de cette réserve, l’Addax dont un adulte se tient près de l’étang. Il s’agit d’une espèce d’antilope en voie de disparition. Son aire de répartition a fondu comme neige au soleil, au cours des 50 dernières années.

Pourtant, cette gazelle peut s’adapter aux rudes conditions des ergs sahariens, ce qui lui permettait de couvrir les zones les plus arides allant de la Mauritanie au Soudan. Aujourd’hui, il ne reste que de très petites populations isolées dans les zones les plus reculées du nord du Mali et au Niger.

« Cette espèce très farouche a subi, et continue de subir dans les zones non protégées, une importante pression de chasse. Il est à présent très rare de pouvoir l’observer dans la nature et la plupart des mentions proviennent d’observations indirectes, notamment de traces dans le sable », informe le commandant.

C’est vers 17h que nous foulons l’entrée de la Reserve spéciale de Geumbeul. De jeunes filles à peine sorties de la puberté s’amusent à regarder le spectacle qu’offre le ballet incessant de va-et-vient des véhicules qui empruntent à vive allure cette bretelle qui conduit au centre de Gandiol.

Leur attention est captée par le mouvement incessant des bolides. Et pourtant, derrière elles, se cachent une Réserve fabuleuse qui offre un paysage à couper le souffle. Ce site écologique se distingue par de fortes concentrations d’oiseaux.

Situé dans la région Saint-Louis, il couvre une superficie de 720 ha. La Reserve de Geumbeul abrite, entre autres, la gazelle Dama Mhorr, celle-là même qui traîne la réputation d’être la plus belle des gazelles sahélo-sahariennes. On y trouve également des singes rouges et la Sulcata Geochelone qui demeure la plus grosse des tortues africaines. 

Dans la grande cour, de jeunes tortues âgées de 30 ans sont regroupées dans un enclos dédié, tandis que les gros spécimens bénéficient davantage d’espace. Toutes appartiennent à la même espèce, la « Tortue sillonnée », aussi appelée « Tortue de savane ».

Cette espèce est, mine de rien, la troisième plus grosse au monde, avec des mâles pouvant atteindre les 100 kg et une espérance de vie estimée à 150 ans. Sa spécificité anatomique lui confère une carapace aplatie. Autrefois commune au Sénégal, elle serait à présent devenue très rare. 

Un peu plus loin, nous progressons à bord de la voiture du commandant Thialaw Sarr qui, pour la circonstance, fait également office de guide. Dans les alentours de l’étang, un groupe de singes s’enfuit à notre approche, mais deux jeunes individus décident de rester sur place.

Ils se camouflent derrière les salicornes, nous permettant d’observer de plus près leurs visages mutins. « Cette réserve privée est une zone classée Ramsar en raison du stationnement en fin d’hiver de plusieurs milliers d’Avocettes, mais c’est aussi une zone où sont élevées, dans le but d’être réintroduits dans leur environnement, différentes espèces « animales », informe le Commandant Sarr, Vétérinaire conservateur des Parcs nationaux. 

La Reserve de Guembeul a été créée le 30 mai 1980. Elle est étendue sur une superficie totale de 720 ha. Les autorités s’étaient alors fixé trois objectifs. Il s’agissait d’abord de la mise en défens, (terme forestier qui veut dire clôturer un espace tout en laissant la végétation s’y remettre naturellement).

Le deuxième objectif consistait à la protection de la cuvette, qui joue à la fois un rôle économique et écologique. Le troisième objectif est relatif à la réintroduction des animaux sahélo-sahéliens qui existaient déjà dans la sous région et qui, malheureusement, avaient, en un moment donné, disparu.

«Nous procédons à l’élevage en semi captivité et parfois en captivité. Nous surveillons aussi le processus de reproduction de ces animaux, pour qu’au moins, d’ici à un ou deux ans, qu’on puisse les transférer vers les autres Parcs et Réserves de la sous-région. Ce n’est pas seulement le Sénégal qui est concerné », note le commandant Thialaw Sarr.

Particularité de la Réserve Guembeul
Depuis l’ouverture de la Reserve, les trois objectifs ont été largement atteints, assure le commandant des lieux. Preuve à l’appui, nous indique t-il, le bois qui était voué à la mort s’est suffisamment remis. « D’ailleurs, nous tendons à diminuer les arbres en autorisant les populations riveraines à couper le bois mort.

Le taux de couverture végétale a été largement dépassé. La protection de la cuvette a également été atteinte. Les ressources naturelles qui entourent la cuvette sont également bien conservées. Des ponts ont été, dans ce sens, aménagés avec le soutien des populations locales », assure-t-il. 

En ce qui concerne le troisième objectif qui a trait à l’élevage de l’animale gazelle sahélo- sahélien, là aussi, les résultats obtenus sont satisfaisants. « Nous pouvons dire qu’il est atteint, dans la mesure où, si un animal quitte un lieu pour un autre et commence à se reproduire, l’objectif est touché.

Cependant, nous assistons, parfois, à des problèmes d’avortement, de prédations. Cela va de pair avec l’élevage. Nous essayons d’y apporter des solutions, d’autant plus que le programme renferme un volet d’acclimatation », souligne le vétérinaire. 

La particularité, à Guembeul, est que les animaux ne doivent pas sortir des enclos. La Reserve reste exiguë pour ces bêtes qui avaient l’habitude de faire, en état de liberté, 30 à 40 Km de rayon de divagation.

De fait, des enclos de 150 m sur 10 ont été confectionnés, ce qui permet de facilement capturer les animaux en cas de soins vétérinaires. L’acclimatation a des normes. L’animal est certes laissé à lui-même, mais il est toujours capturé en cas de besoin de soins vétérinaires. Au total, 200 sujets seraient réunis dans cette Réserve. 

Quatre sortes d’espèces sont regroupées à Guembeul. La gazelle d’Amamore est venue au Sénégal en 1984 en acclimatation. Elle existe toujours. Elle a été libérée dans les années 2000 dans cette enceinte de 720 hectares.

Elle a vécu et s’est reproduite de 1984 à nos jours. Sa durée de vie est de 25 ans. « Si nous parvenons à toujours observer l’espèce, cela veut dire que l’objectif a été atteint», note le commandant. Il y a aussi l’Oryx Al gazelle, arrivée en 1999.

C’est l’animal qui s’est le mieux acclimaté. Un certain noyau a d’ailleurs été transféré dans le Ferlo. Les animaux sont envoyés dans ce site en conformité avec la phase d’acclimatation. 

L’acclimatation n’est pas assujettie à un nombre d’années défini d’avance. Quand l’animal arrive vivant sur les lieux, cela constitue déjà un acquis. Cet acquis est encore meilleur quand il parvient à se reproduire.

« Quand l’animal parvient à se reproduire jusqu’au nombre de 50 sujets, nous sommes tenus, par l’obligation, de désengorger le site. Sinon, il risque de se poser des difficultés», souligne le commandant Sarr. Les animaux sont alors transférés au Ferlo ou dans d’autres pays qui ont signé des conventions dans ce sens avec l’Etat du Sénégal. 

L’intérêt de protéger les cuvettes d’eau est avéré. Les gérants sont parvenus à trouver un cadre climatologique adapté pour permettre aux animaux qui ont quitté l’Afrique pendant des années d’y revenir. Cette transition confère à la cuvette un rôle très important.

« Nous parvenons aussi à capter tout ce qui est oiseau d’eau. Ce qui rend la cuvette très riche concernant tout ce qui est aquatique et cela impacte sur les oiseaux piscivores », note le commandant Sarr. 

La seule espèce qui rencontre, cependant, quelques gênes d’adaptation, est l’addax Namoclatus. Une politique d’insémination est en gestation dans le sens de procéder à sa réintroduction. La gazelle d’Ocrisasse demeure, elle, l’illustration la plus expressive d’une procédure d’acclimatation réussie.

Des touristes qui se font désirer

A bien des égards, l’apparence peut parfois s’avérer trompeuse. Malgré ses multiples charmes, le tourisme ne se porte pas bien dans ce merveilleux site réservé. Toutefois, la particularité du site réside sur le fait qu’il n’est pas saisonnier.

En effet, le Parc est praticable à n’importe quelle période de l’année. En plus de renfermer des animaux, le site demeure une surface à eau. «Alors que les autres parcs regorgent essentiellement d’oiseaux.

Nous, nous élevons également des ruminants, ce qui constitue un atout », se glorifie le commandant des lieux. Le paysage vaut bien le détour. Bienvenue dans le grand étang de la réserve de Guembeul où se concentrent les oiseaux migrateurs lorsqu’ils arrivent d’Europe.

Aujourd’hui, ils ne sont pas très nombreux. Il y a surtout des bécasseaux sur les vasières. Seuls des tours de jumelles permettent d’ailleurs de mieux les apercevoir. Les Gazelles dorcas sont également visibles.

Elles sont enfermées dans des enclos, un milieu désertique et pré-désertique qui leur permet de divaguer librement. « La Dorcas occupait aussi les zones sahéliennes du Sénégal d’où elle a disparu suite à une chasse intensive.

Classée comme vulnérable, l’espèce a été, après acclimatation à Guembeul, relâchée dans le Ferlo en 2009. En collaboration avec les habitants de la région, 23 individus y ont retrouvés leur liberté », informe le vétérinaire. Il précise que les individus présents ici peuvent servir dans tout programme de réintroduction au Sénégal et dans les pays voisins.

Autre espèce emblématique de cette réserve, l’Addax dont un adulte se tient près de l’étang. Il s’agit d’une espèce d’antilope en voie de disparition. Son aire de répartition a fondu comme neige au soleil, au cours des 50 dernières années.

Pourtant, cette gazelle peut s’adapter aux rudes conditions des ergs sahariens, ce qui lui permettait de couvrir les zones les plus arides allant de la Mauritanie au Soudan.

Aujourd’hui, il ne reste que de très petites populations isolées dans les zones les plus reculées du nord du Mali et au Niger. « Cette espèce très farouche a subi, et continue de subir dans les zones non protégées, une importante pression de chasse.

Il est à présent très rare de pouvoir l’observer dans la nature et la plupart des mentions proviennent d’observations indirectes, notamment de traces dans le sable », informe le commandant.

De nos envoyés spéciaux El Hadj Ibrahima THIAM, Oumar BA (textes) et Mbacké BA (Photos)

 

Last modified on mercredi, 22 juin 2016 11:06

Fine, légère et élancée, Hapsatou Sy n’en est pas moins un poids lourd dans son domaine. Battante et meneuse depuis son plus jeune âge, elle s’est lancée dans l’ouverture de salons de beauté, Ethnicia (rebaptisés aujourd’hui Hapsatou Sy). Elle n’avait alors que 24 ans. Depuis l’ouverture de son premier salon sur l’île Saint-Louis à Paris, en juillet 2005, et le deuxième prix du concours de l’innovation commerciale en 2007, seize autres espaces de beauté ont été ouverts.

Petite déjà, la gamine, native de Sèvres et qui a passé son enfance à Chaville (Hauts-de-Seine), gérait sa «petite entreprise familiale». «Dans l’immeuble où je vivais, il y avait une maison de retraite. J’allais rendre visite aux personnes âgées, je leur faisais des courses..., raconte-t-elle. J’étais une des gamines les plus riches de mon quartier! Du coup, je pouvais acheter les fournitures scolaires de toute la fratrie! » L’aînée de cette famille de quatre filles et quatre garçons a toujours joué « un rôle de leader».

Son père a quitté son village d’Orkadiéré (nord du Sénégal) pour «conquérir la France et faire en sorte que la famille ait un avenir meilleur ». Hapsatou, elle, s’apprête pour la première fois à se lancer sur le marché africain, avec l’ouverture, d’ici à la fin de l’année, d’une franchise à Luanda, la première sur le continent. Pour elle qui n’a découvert le Sénégal qu’à 18 ans, c’est le territoire de demain, celui des opportunités : « les Africains ont envie de consommer, d’exister », lance-t-elle.

À 31 ans, Hapsatou Sy débarque sur D8, la nouvelle chaîne gratuite du groupe Canal+, dans l’émission «Le Grand 8 » confiée à Laurence Ferrari, ancienne présentatrice vedette de TF1. Pour cette quotidienne de commentaires de l’actualité sous toutes ses coutures, où l’humour et l’engagement donnent le ton, elle rejoint des personnalités diverses au fort tempérament. «Je ne viens pas du monde de la télévision, donc je n’avais pas la prétention de venir me présenter. C’est l’équipe de Laurence Ferrari qui est venue me chercher», précise Hapsatou. Un goût de l’effort légué par ses parents. «Ma mère m’inspire, c’est une femme de décision. Elle a fait en sorte qu’on ne manque jamais de rien et, bien que j’aie grandi dans un milieu modeste, j’estime que je fais partie d’une des familles les plus riches de France!»

La jeune entrepreneuse, qui a posé le pied sur le continent africain en 1999, avait «l’impression de rentrer chez elle». Elle se dit «hallucinée de la vitesse à laquelle l’Afrique bouge». Pas question de négliger cette culture, au contraire. «Le Sénégal est mon pays, au même titre que la France», s’enorgueillit-elle, expliquant qu’elle «porte le pagne à la maison», «parle peul couramment », a même pris des cours et envisage de transmettre cet héritage à sa future progéniture. Un événement de plus, s’il en fallait encore, pour alimenter la devise d’Hapsatou Sy : «Vive l’Afrique! Croyons en nous!»

Par Oumar BA

Stress, maladie ou baisse de forme passagère, les circonstances font qu’il est parfois nécessaire de se redonner un coup de fouet. Découvrez cinq plantes qui aident à retrouver de l’énergie.

Le ginseng pour lutter contre la fatigue
Le ginseng est une plante médicinale très renommée en Asie et reconnue pour ses vertus stimulantes, y compris pour le développement de la force physique1.

Une étude a été réalisée en 20132 sur 90 personnes (21 hommes et 69 femmes) souffrant d’hypersomnie idiopathique, qui se caractérise par une somnolence excessive durant la journée et parfois de longues nuits de sommeil. Les patients ont reçu soit 1 ou 2 g d’extrait alcoolique de ginseng par jour, soit un placebo pendant 4 semaines. A l’issue des 4 semaines, les résultats ont montré que seule une dose de 2 g d’extrait alcoolique de ginseng avait pu améliorer la fatigue ressentie par les participants, estimée grâce à l’échelle visuelle analogique. Les patients ayant reçu 2 g d’extrait alcoolique de ginseng par jour ont vu leur état de fatigue passer de 7,3/10 à 4,4/10 sur l’échelle visuelle analogique contre de 7,1 à 5,8 pour le groupe témoin. Selon un test réalisé sur des rats en 20101, les propriétés antifatigues du ginseng seraient dues à sa teneur en polysaccharides, et plus précisément en polysaccharides acides3, un de ses principes actifs.

Le ginseng serait aussi efficace pour lutter spécifiquement contre la fatigue liée au cancer, comme le suggère une étude réalisée en 20134 sur 364 participants. Au bout de 8 semaines de traitement, les questionnaires ont révélé que les participants ayant reçu 2 g de ginseng par jour étaient significativement moins fatigués que ceux qui avaient pris un placebo. Aucun effet secondaire particulier n’a été mentionné dans l’étude.

Le ginseng est donc recommandé en cas de fatigue chronique et peut s’utiliser en teinture mère, en décoction de racines séchées ou sous forme d’extrait normalisé.

Le kola pour stimuler le système nerveux
colaLes graines de kola ont été mâchées durant des millénaires en Afrique pour combattre la fatigue physique et intellectuelle et lutter contre la dépression.

Les effets stimulants du kola sur le système nerveux central sont essentiellement dus à sa richesse en caféine dont les bienfaits contre la fatigue à court terme et sur la vigilance sont déjà largement reconnus. A dose élevée, la caféine s’avère même aussi efficace que d’autres stimulants délivrés sur ordonnance médicale tels que le modafinil, comme le suggère une étude réalisée en 2008 sur 53 adultes en bonne santé1.

Le kola se consomme sous différentes formes :
• Poudre séchée en capsules ou comprimés : de 2 à 6 g par jour, en 2 ou 3 fois ;
• Décoction : faire bouillir de 1 à 3 g de poudre séchée dans 150 mL d’eau pendant 5 à 10 minutes. Boire de 1 à 3 tasses par jour ;
• Extrait fluide (1:1 dans l’éthanol à 60%) : prendre de 1,25 à 2,5 mL, de 1 à 3 fois par jour ;
• Teinture (1:5 dans l’éthanol à 60%) : prendre de 2 à 7,5 mL, 1 à 4 fois par jour.

Les quantités de kola correspondent de 50 à 150 ml de caféine par jour. Toutefois, la caféine que contient le kola peut causer de l’insomnie, de la nervosité, de l’agitation et de l’irritation gastrique. En grandes quantités, la caféine peut provoquer des nausées, vomissements, de l’hypertension artérielle, des maux de tête, entre autres désagréments, et entraîner une dépendance.

La rhodiole contre la fatigue liée au stress
rhodiolLa rhodiole (rhodiola rosea) est une plante médicinale qui aurait le pouvoir d’accroître l’endurance physique, la longévité, les facultés cognitives, entre autres. L’extrait de rhodiole est couramment utilisé en Russie et en Suède pour ses propriétés adaptogènes – contre le stress – et plus précisément contre la fatigue liée au stress1. Cette fatigue peut se manifester par un état dépressif, une concentration moindre, des pertes de mémoire, des difficultés à dormir ou encore par un épuisement émotionnel.
Une étude réalisée en 2009 a cherché à observer les effets de la rhodiole sur 60 individus âgés entre 20 et 55 ans souffrant de fatigue liée au stress2. La moitié d’entre eux recevait 576 mg d’extrait de rhodiole SHR-5 par jour, répartis en 4 prises, tandis que l’autre moitié recevait 4 comprimés de placebo pendant 28 jours. Aux premier et dernier jours étaient relevés la qualité de vie, les symptômes de fatigue, la dépression, le niveau d’attention et le niveau de cortisol (l’hormone du stress) de chaque individu. Les résultats ont montré que les participants traités à la rhodiole montraient moins de signes de fatigue et faisaient preuve de plus d’attention que le groupe de contrôle, en plus de présenter un niveau de cortisol plus bas.

La rhodiole semble donc être un traitement naturel efficace contre la fatigue liée au stress et se trouve plus souvent sous forme de capsules ou de comprimés d’extrait sec normalisé. Conformément au dosage pratiqué dans les études, la posologie va de 100 à 300 mg d’extrait, 2 fois par jour. Il est préférable de prendre la plante 30 minutes avant de manger, le matin et le midi, car en prendre le soir pourrait perturber le sommeil.

L’angélique chinoise pour améliorer les performances sportives
angeliqueL’angélique chinoise (angelica sinensis) est un tonique utilisé pour lutter contre la fatigue et les états de faiblesse.

Dans une étude réalisée en 2014, des chercheurs ont voulu tester l’efficacité de l’angélique chinoise sur la performance sportive et la fatigue physique chez des souris1. Certaines souris s’entraînaient pendant 6 semaines et recevaient soit 0,41 g/kg, soit 2,05 g/kg d’angélique par jour. Les autres soit étaient sédentaires, soit s’exerçaient, mais sous placebo. Les résultats ont montré que les souris traitées à l’angélique nageaient plus longtemps et avaient un niveau de glucose sanguin plus élevé que les autres, mais aucune précision n’a été donnée sur une éventuelle différence entre les dosages.

Dans une autre étude réalisée en 20112, c’est l’efficacité d’une décoction, Dang Gui Bu Xue Tang – un mélange de racine d’angélique chinoise et de racine d’astragale, également réputée pour ses vertus stimulantes – qui a été étudiée. Certains rats souffrant de fatigue chronique induite par une restriction alimentaire et de la nage forcée ont reçu quotidiennement 12 ou 24 g/kg de cette décoction pendant 28 jours. Au bout de 28 jours, les rats traités avec la décoction avaient pris du poids et amélioré leur endurance, contrairement aux autres.

Ces résultats suggèrent que l’angélique chinoise pourrait stimuler les performances sportives et améliorer le syndrome de fatigue chronique chez l’homme. La racine séchée de cette plante peut se consommer à raison de 1 à 2 g, en capsules ou en infusion, 3 fois par jour. La plante est rarement utilisée seule en médecine chinoise, la posologie est donc donnée uniquement à titre indicatif.

Le thé povur soulager la fatigue chronique
Le thé est la deuxième boisson la plus consommée au monde, après l’eau. Il est surtout reconnu pour sa richesse en antioxydants, qui protègent les cellules du corps contre les dommages causés par les radicaux libres. La caféine qu’il contient – et qu’on appelle aussi théine – lui confère des propriétés stimulantes.

Une étude réalisée en 2012 a mesuré les effets de différentes boissons, dont le thé – sans préciser sa variété – sur l’humeur, la performance, les efforts et le repos de 95 personnes exerçant une activité professionnelle pendant 10 jours1. Les résultats ont montré que la consommation de thé était associée à une performance accrue au travail et une sensation de fatigue réduite, surtout lorsqu’il était consommé sans sucre ni lait. En revanche, sa consommation entraverait la récupération le soir venu. Une autre étude portant spécifiquement sur le thé vert a été réalisée en 2005 sur des souris atteintes de fatigue chronique2. La fatigue chronique, induite par un stress oxydatif, était mesurée par le temps que les souris passaient sans bouger lors du test de nage forcée – plus longtemps elles restent immobiles, plus elles sont fatiguées –. Les souris ayant reçu de l’extrait de thé vert (25 ou 50 mg/kg) et des catéchines – les antioxydants du thé – (50 ou 100 mg/kg) pendant 7 jours sont restées moins longtemps immobiles lors du test de nage forcée. Ces résultats suggèrent donc que le thé peut avoir des effets bénéfiques sur la fatigue chronique chez l’homme, ou au moins augmenter sa concentration sur le court terme. Si le thé vert contient plus d’antioxydants que le thé noir, il contient toutefois moins de caféine (30 mg dans 250 ml de thé vert contre 42 mg dans 250 ml de thé noir), la consommation de l’un ou de l’autre dépend donc de ses besoins et de l’origine de sa fatigue.

 

Last modified on lundi, 20 juin 2016 14:11

Elu meilleur chef d’entreprise du Sénégal en 2006, récipiendaire du prix Cauris d’Or 2008, Cauris de l’intégration, Meissa Ngom dirige le groupe Chaka présent dans plusieurs pays d’Afrique et d’Europe avec plus de 600 collaborateurs. Une belle réussite pour cet ancien consultant en poste en France, rentré au Sénégal en 1994 pour fonder son groupe.

L’homme est discret. Ses amis confient que Meïssa Déguène Ngom n’aime pas faire briller sa tronche. Travailleur acharné, accroché à ses rêves comme un adolescent qui brode les fils de son avenir, le président fondateur du groupe Chaka préfère laisser parler ses œuvres. Et il y a à entendre pour qui sait écouter. Le film de son parcours est d’une éloquence qui confine à l’exaltation de la témérité. Titulaire d’un diplôme d’ingénieur en informatique-électronique obtenu en France, il se fabrique une carapace dans les affaires en évoluant pendant quatre années dans le domaine du conseil au sein du Groupe Steria. Mais ce n’était pas la vie à laquelle il se prédestinait. Cela ne correspond pas à ses rêves. Non, ce qu’il veut, c’est bâtir. Confronter ses utopies à la réalité de leur temps. Il décide alors de rentrer à Dakar pour donner corps à sa vision de la vie ; de sa vie.

Chaka Computer, première marque du groupe, voit le jour en 1994, à Dakar. Mais ce premier jalon peine à contenir toute l’ambition de Meïssa Ngom qui, treize ans après l’installation de Vocalia, le premier serveur vocal dans le secteur bancaire d’Afrique de l’Ouest, fait du groupe Chaka le leader dans le domaine de l’informatique vocale dans toute la sous-région. Et s’impose sur le marché du transfert d’argent. Quelques mois après le lancement de Vocalia au Sénégal, puis dans la sous-région, les postes et les caisses d’épargne, convaincues de l’efficacité de ce nouveau système permettant aux clients de recueillir diverses informations sans être contraints de se déplacer, firent également appel à l’expertise de Chaka. L’évolution de l’entreprise prit alors un nouveau tournant. Mais ce n’est qu’à partir de 1997 que Chaka s’imposa réellement, après avoir remporté un appel d’offres international lancé par la Sonatel (Société nationale des télécommunications) face à deux concurrents de taille, Alcatel et Siemens, pour la mise en service d’une plateforme vocale servant à corriger les erreurs de numérotation. Quelques années plus tard, en 2002, après avoir été sollicité par Sentel (groupe Millicom International Cellular, deuxième opérateur de téléphonie mobile au Sénégal) pour l’installation d’un centre d’appel permettant la gestion des clients à distance, Meïssa Ngom crée Call Me. L’externalisation de la gestion des clients venait d’être introduite au Sénégal. Spécialisé dans l'outsourcing, la relation client à distance, le télémarketing et le conseil en CRM. Call Me, réussite continentale, s'exporte dans plusieurs pays africains (Côte d'Ivoire, Guinée, Bénin, Mali, Mauritanie). Aujourd’hui, Call Me compte dans son portefeuille quelques-unes des plus grandes entreprises sénégalaises (Société nationale des télécommunications, Société nationale d’électricité, Office national pour l’assainissement, Société des eaux, etc.) et sous-régionales, ainsi que quelques industries agroalimentaires et des opérateurs télécoms européens. Call Me est actuellement installée dans cinq pays (Sénégal, Mauritanie, Guinée, Côte d’Ivoire et Mali) et emploie des dizaines d’opérateurs multilingues (français, arabe, wolof, bambara…) spécialisés notamment dans le télémarketing, la télévente et l’accueil de clients.

Transfert d’argent
La troisième marque du groupe Chaka est née pratiquement à la même période que Call Me. Money Express opère dans le transfert d’argent. C’est, en effet, en 2002 que le Groupe Chaka conçoit le logiciel de transfert d’argent destiné aux réseaux de caisses d’épargne de l’Union Economique et Monétaire Ouest-africaine. En 2004, la société Money Express est juridiquement créée. Opérateur incontournable du transfert d’argent sur le continent africain, Money Express a acquis une expérience de près de dix ans qui lui a valu une accréditation auprès des autorités financières européennes. Fort d’une présence dans plus de 50 pays dont 24 en Afrique, Money Express est le premier réseau panafricain indépendant pour le transfert d’argent. L’activité de Money Express repose sur l’exploitation d’un logiciel développé en interne, dont elle est pleinement propriétaire. La société exploite un système de transfert électronique d’argent utilisant un Intranet sécurisé et se présente comme un « fournisseur, intermédiateur et intégrateur de solutions de transfert de fonds panafricain ». L’application Money Express effectue tous types de transactions : domestiques et internationales, en FCFA ou en devises, de cash à cash, de compte à cash, de cash à compte, de compte à compte et de carte à cash (transfert en ligne à l’aide d’une carte bancaire).

Money Express a été mise sur pied pour répondre à une demande de l’association des postes et caisses d’épargne de l’Uemoa, soucieuse de faire face à l’informel en sécurisant les transferts d’argent. Money Express est aujourd’hui établie dans une quarantaine de pays sur les cinq continents.

Elle compte parmi ses partenaires plusieurs établissements financiers dont la Banque islamique du Sénégal (BIS), la Banque de l’habitat du Sénégal (BHS), la Banque d’escompte et certaines sociétés internationales spécialisées dans le transfert d’argent (Coinstar Money Transfer, Ria Envia, Money Exchange, etc.). En 2002, le montant des transactions effectuées s’élevait à 500 millions de FCfa. En 2006, il était de 40 milliards de FCfa pour plus de 250 000 opérations. Actuellement, la base de données de Money Express est logée en France, mais un « back-up » sera prochainement placé dans un autre pays européen afin de parer tout incident susceptible de nuire au bon fonctionnement de la société. Le groupe Chaka a aujourd’hui un capital de 300 millions de FCfa. Il emploie environ 400 personnes dans différents pays. Toutes ses activités reposent sur l’ingénierie informatique et l’expertise d’une vingtaine d’ingénieurs africains qui conçoivent les logiciels et les installent. Le groupe Chaka propose des solutions bancaires, assure la sécurité des systèmes d’information et le couplage téléphonie-informatique. Dernier développement du groupe, Chaka Card Systems, centre de personnalisation moderne basé en Côte d'Ivoire, spécialisé dans le domaine de la monétique avec les solutions cartes bancaires.

Vive la Bourse !
Selon Samuel Maréchal, PDG de M&A Finance qui a accompagné l’introduction en bourse de la société, cette entrée en bourse lui permettra d’accéder à des outils de financements moins coûteux. Parallèlement à cette cotation, une augmentation de capital d’un montant de 2,8 millions d’euros dotera l’entreprise de moyens nécessaires à son ambition.

L’introduction en bourse de Money Express permettra à l’entreprise d’accéder, dans sa politique de développement, à des outils de financements moins coûteux. Il faut rappeler que les fonds d’investissements ne peuvent investir dans une entreprise que lorsqu’elle est cotée en bourse.

*Portrait rédigé grâce à
une abondante documentation
sur le Web.
Par Sidy DIOP

Modèle d’endurance

20 Jui 2016
1153 times

Ahmed Mohamed Dhore est un homme hors du commun. Aujourd’hui âgé de cent douze ans (il serait né en 1897). Ce Somalien qui affiche fièrement ses quatre-vingt-dix enfants et petits-enfants, vient de convoler en justes noces avec une jeune fille de… dix-sept ans. 80 ans d’écart entre les eux conjoints. Plus d’une centaine d’invités, plutôt curieux, se sont pressés dans les jardins de la demeure du jeune centenaire pour s’assurer de la réalité de cette union.

Très fier de sa prouesse, Ahmed M. Dhore confie les raisons de sa santé actuelle : un régime alimentaire et une activité sportive régulière. Quatre de ses épouses n’ont pas pu soutenir le rythme de ce marathonien de la longévité. Elles sont décédées depuis une cinquantaine d’années. « Je suis toujours marié à ma première femme, mais elle ne peut plus s’occuper d’un époux. Elle est au lit et ne peut même plus marcher jusqu’aux toilettes », a confié le « jeune » marié, dont les propos sont rapportés par « Le Figaro ».

Si M. Dhore parvient à garder le lit très longtemps avec sa très jeune femme, c’est dans le « Guiness Book » qu’il faudra l’inscrire.

Par Sidy DIOP

Last modified on lundi, 20 juin 2016 13:57

Une mutation importante se joue actuellement dans les comportements de certaines familles sénégalaises. Une partie de la population parvient à accroître ses revenus et à adopter de nouvelles conduites. On évoque alors l’ascension de certaines classes sociales. Au cœur de ces mutations, certains se départissent de leurs habitudes ancestrales tandis que d’autres s’y cramponnent farouchement, parmi celle-ci le fait de « manger à la main ».

Parcelles Assainies à Dakar, nous sommes dans une famille sénégalaise ordinaire en ce mardi. Le père, âgé de 46 ans, est employé à l’aéroport. La mère, âgée de 40 ans, est une femme au foyer qui s’adonne à l’occasion à de petits commerces par-ci et par-là. Le couple a mis au monde trois petites filles respectivement âgées de 11, 7 et 4 ans. En ce lundi, notre arrivée coïncide avec l’heure de la rupture du jeûne. En cette période de diète, la famille Niang observe scrupuleusement l’un des préceptes de la religion musulmane, qui consiste à pratiquer le jeûne pendant le Ramadan. C’est donc dans une ambiance détendue que se déroule la rupture au menu : café au lait, pain, beurre, fromage, saucisson…, le nécessaire pour reprendre des forces, après s’être privés de nourriture toute une journée durant. Ici, la famille est resserrée autour du couple. La maison est d’ailleurs bâtie de sorte que les hôtes ne sont pas trop pris en compte dans l’architecture. Trois pièces s’érigent significativement : la chambre des parents, un immense salon, la chambre des enfants, une vaste cour et une petite chambrette. C'est en effet devenu un trait caractéristique de certaines familles de la classe moyenne sénégalaise : leur tendance à resserrer le foyer autour du couple et de ses enfants et à ainsi s'émanciper d’éventuels hébergements de la grande famille. Pour que ce resserrement n'affaiblisse cependant pas l’éducation des enfants, les parents ont trouvé une bonne astuce. Chez les Niang, tout le monde mange à la main. A commencer par le père. Ici, seule la main prime. Il est 21h. La digestion est suffisamment consommée. Il est temps de passer au dîner.

Quand tout le monde est installé et que le plat a été apporté, on fait passer un grand bol contenant de l'eau savonneuse dans lequel chacun se lave les mains. A tour de rôle, chacun introduit sa main dans le bol prévu à cet effet. Après ce rituel, le père de famille ouvre en personne le grand bol installé au milieu ; point de cuillères. C’est donc à la main que la famille mange. Ici, le repas est un grand moment de convivialité, essentiel dans la vie de la famille. Pas question de se retirer dans sa chambre avec un sandwich ! On se lave bien les mains pour ensuite passer à table. Sauf qu'il n'y a pas de table : tout le monde mange est assis par terre. Les enfants s’y sont faits et font habilement recours à leurs doigts innocents, pour puiser dans un bol rempli de riz rouge aux poissons. Le geste peut sembler tout à fait anodin, mais comporte en réalité une signification avérée. Le père de famille décrypte. «L’éducation citadine fait perdre aux enfants certaines habitudes que nous ont léguées nos parents. Cela est inévitable. Toutefois, il y a des valeurs que l’on s’efforce de maintenir, pour leur faire comprendre que quel que soit le processus de changements, la culture doit primer avant tout », note-t-il.

Les liens familiaux entre parents désormais éloignés, certaines familles inventent ainsi de nouvelles astuces pour sauver ce qui peut l’être. Certains aspects authentiques, dirait-on. C’est donc une question de culture au-delà du simple geste de s’alimenter. Au cours du repas, la maîtresse de maison n’a pas manqué d’enlever les arêtes du poisson, en nous servant les meilleurs morceaux et compartiments du bol. Cette approche n’est non plus guère banale à ses yeux. Elle permet, selon elle, « en même temps de bien s’occuper de l’invité, de montrer aux enfants qu’il faut avoir le sens du partage », toute une pédagogie donc. Autre aspect non moins important « quand les filles commenceront à prendre de l’âge. Elles mangeront seules avec leur mère, tandis que moi maître de maison, je mangerai isolé. C’est ainsi que cela doit se passer. Les hommes mangent à part, les femmes aussi », décrète M. Niang. En attendant, le père de famille prend très au sérieux cette viatique qui consiste à manger autour du bol afin d’inculquer certaines valeurs à ses enfants.

Parmi ses valeurs, il leur rappelle au cours du repas : on mange la nourriture qui se trouve face à soi, ni à gauche, ni à droite. Les poissons sont présentés entiers au centre du plat. La maîtresse de maison découpe la pièce avec sa main et sert de petits morceaux à chacun.

Par Oumar BA


Professeur Moustapha Tamba, sociologue : « Les Occidentaux n’ont pas introduit l’usage de la cuillère en Afrique »
MLOUSTAPHA TAMBADans cette interview, le Professeur Moustapha Tamba, sociologue spécialiste des Cultures, Arts, Religions et de l’Education à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, revient sur l’introduction et la signification de l’usage de la cuillère dans les sociétés africaines de manière générale, plus particulièrement au Sénégal. Contrairement à une idée très rependue, les Occidentaux ne seraient pas les premiers à avoir introduit l’usage de la cuillère en Afrique. Selon le sociologue, une partie de la population de la Basse Casamance confectionnait déjà des cuillères en bois, dans le courant du 19ème siècle.

Quand est-ce que la cuillère a été introduite en Afrique ?
La cuillère métallique a été introduite en Afrique au 19ème siècle. Elle faisait partie de ces objets que les Européens amenaient. A l’époque, ce sont les rois, la cour et les populations issues de la noblesse qui s’offraient ce «nouvel instrument» venu d’ailleurs. Il s’agissait pour cette classe de se faire d’abord plaisir, mais également de se démarquer des autres. C’est donc entre la fin du 18ème et le début du 19ème siècle que la cuillère a été introduite en Afrique francophone. A l’époque, c’était plutôt un objet de prestige. Les rois, pour se distinguer des autres, ont adopté cette façon de manger en faisant recours aux cuillères en fer. Cependant, petit à petit, avec l’arrivée des missionnaires et de l’Eglise, la cuillère est devenue beaucoup plus accessible. Elle a finalement été transmise par ces missionnaires et l’Eglise aux enseignants d’abord. Les premiers à avoir été amenés à l’école ont aussi eu ce contact avec la cuillère. A Saint-Louis par exemple, il y avait une école consacrée aux fils des rois. Cette école a constitué un moyen d’introduire cette façon de manger avec la cuillère. De fait, la cuillère constituait aussi un objet de changement social. Elle s’est imposée petit à petit.

Comment l’usage de la cuillère s’est-il répandu en Afrique ?
Après la Seconde guerre mondiale, la présence des Européens s’est avérée beaucoup plus accrue en Afrique, notamment au Sénégal, qui deviendra la capitale de l’Afrique Occidentale Française (Aof). C’est ce contact qui a véritablement établi le changement et les gens étaient désormais de plus en plus nombreux à faire recours à la cuillère. Cela augurait d’un changement social. Mais, la cuillère était également utilisée sur le plan sanitaire. Les Européens ont beaucoup insisté pour pousser les populations à faire recours à la cuillère, jugeant qu’il n’était pas prudent de manger avec la main. Les instituteurs ont le plus contribué à asseoir l’utilisation de la cuillère. Les enseignants étaient un peu le lien entre les Occidentaux et les nouvelles classes sociales qui venaient de découvrir l’école. D’ailleurs, n’était pas enseignant qui le voulait. Pour les Européens, il fallait inculquer aux Africains un savoir-vivre, une culture, une nouvelle démarche et façon de faire.

Pourquoi les rois, gardiens du temple, faisaient-ils quand même recours à ce nouvel instrument venu d’ailleurs que constitue la cuillère ?
A travers l’utilisation de la cuillère, il s’agissait d’abord pour les rois de se démarquer « du petit peuple ». C’est comme quand l’Islam est arrivé. Au tout début, ce n’était pas les pauvres qui s’étaient convertis. C’est d’abord la cour qui avait embrassé la nouvelle religion. Il s’agissait donc pour les Blancs de passer d’abord par les plus hautes autorités. C’est comme cela qu’ils s’y sont également pris lorsqu’il fallait introduire la chaussure. En introduisant la cuillère, le colonialiste ne voulait-il pas aussi nous départir petit à petit de notre culture ?
Bien entendu, le premier objectif du colonialiste, c’était d’abord d’introduire sa culture. Il s’agissait véritablement pour eux de nous transmettre leur religion, leur culture et leur manière de vivre. Quand vous voulez déraciner un peuple, il faut d’abord passer par la culture. Donc, à la base, la cuillère était un objet servant à faire entrer une partie de la culture occidentale en Afrique.

Toutefois, certains foyers étaient parvenus à maintenir leurs habitudes en ne faisant guère recours à la cuillère ?
C’est vrai. Ce qu’il faut toutefois savoir, c’est qu’un changement obéit à un processus. Les populations ne peuvent pas de manière brusque abandonner leurs vieilles habitudes. Les changements sociaux sont toujours menés par des pionniers, des gens qui sont les premiers à adopter la « nouvelle découverte ». Il y a ensuite les seconds qui se trouvent souvent être la majorité, qui viennent par la suite appuyer les pionniers. Il y a enfin la masse tardive, celle qui vient en dernier lieu, après avoir totalement compris qu’il n’y avait pas en réalité de péril en la demeure et que le « nouvel instrument » n’est pas aussi mauvais que cela. Même dans une famille, c’est comme cela que les choses se passent. Il y a les pionniers, les éclairés, ceux qui résistent au tout début et les derniers qui mettront certainement du temps, mais qui finiront quand même par venir après.

Au-delà du geste, que représentait pour les Africains le fait de manger avec la main ?
En réalité, les Africains mangeaient avec la main parce qu’ils n’avaient pas à leur portée des instruments de restitution pouvant jouer le même rôle que la main. Néanmoins, vous trouvez dans la société Diola vers la Basse Casamance, à Sédhiou par exemple, à partir du 19ème siècle, des gens qui, déjà à l’époque, avant même l’arrivée des colons, mangeaient avec des cuillères, mais en bois. Ce sont les Occidentaux qui ont introduit les cuillères en fer.

Aujourd’hui, pensez-vous que ceux qui font recours à la cuillère se déracinent petit à petit ?
Je pense que non, cela n’a rien à avoir avec le déracinement. Les gens ont fini de comprendre que la cuillère peut s’avérer beaucoup plus pratique que la main. Cette compréhension est de plus en plus partagée autant en ville que dans les endroits les reculés du pays, en brousse par exemple. Le fait de manger à la main peut également faciliter la transmission de certaines maladies. L’hépatite B par exemple avait atteint plusieurs personnes, parce que celles-ci mangeaient avec la main et qu’ils avaient attrapé des microbes. Tous ces faits combinés amènent les gens à observer plus de prudence à travers l’utilisation de la cuillère. La cuillère ne relève plus du luxe, il est maintenant presque accessible à tous. Tous ces faits combinés font que son utilisation est devenue plus répandue dans la société.

O. BA

Last modified on lundi, 20 juin 2016 14:20

Situé dans la périphérie de Saint-Louis, le Parc national de la Langue de Barbarie permet aux visiteurs de faire une excursion écologique. Cette étroite bande de terre qui sépare le fleuve Sénégal de l’océan Atlantique sur plusieurs kilomètres et pourtant méconnue du grand public, constitue un véritable îlot aux relents naturels à couper le souffle.

Tel un oasis à la lisière de la brousse, le Parc national de la Langue de Barbarie joue de ses couleurs et de ses charmes. Au-delà des arbres denses et impénétrables, les palmiers s'inclinent au vent. Sous leurs ombrages, dans la blancheur des dunes, s’offre au visiteur un spectacle naturel à la fois époustouflant et captivant. Un spectacle qui ne fait guère regretter à un citadin de Dakar de braver les 255 km qui le séparent de Saint-Louis. Le jeu en vaut la chandelle.

Le Parc de la Langue de Barbarie a été créé en 1976 pour principalement deux raisons. Il s’agissait d’abord de préserver des sites de ponte de tortues marines qui sont au nombre de quatre espèces, mais aussi de préserver un îlot de reproduction d’oiseaux d’eau, des oiseaux migrateurs pour l’essentiel, que le Sénégal partage avec le reste du monde. Le Parc s’étend sur 2000 hectares avec une partie continentale. Nous nous trouvons, en cette après midi de jeudi, dans la partie du fleuve du Sénégal, long de 15 km. La Langue de Barbarie est longue de 30 km. Elle quitte la Mauritanie, passe par la région de Saint-Louis et chute sur Louga.

Pourquoi Langue de Barbarie ? Deux versions se bousculent. La première voudrait que ce nom provienne du figuier de Barbarie, qu’on appelle « Gargua Mbossé » en wolof. En effet, un peuplement très dense du figuier de Barbarie est encore présent dans la zone. L’autre version, c’est que ce sont les Berbères qui venaient de la Mauritanie qui l’auraient surnommé langue des Berbères. A force de déformation, on en est arrivé à « langue de Barbarie ». Quelle est la bonne version ? On donne notre langue au chat, à l’image du commandant Moussa Fall, conservateur des lieux.

Trêve d’équivoque sur la véritable origine du nom du parc. Ce qui demeure constant est que les lieux renferment des charmes naturels qui restent intacts. En effet, la Langue de Barbarie constitue un site de ponte de tortues marines. Qui connait la tortue marine, sait qu’elle va toujours revenir pondre là où elle est née. De fait, cette bande de sable sert aux tortues de lieu de ponte par excellence. Si cette langue venait à « se ravaler », c’est toute une espèce qui serait menacée, car les tortues courent alors le risque de perdre leur lieu de ponte.

« L’ensemble des sept espèces de tortues marines qui existent dans le monde sont soient menacées ou très menacées. Des efforts de conservation sont entrepris, la Langue de Barbarie contribue à cet élan », informe le commandant Moussa Fall. L’autre spécificité est qu’il y a à peu près quatre à cinq espèces d’oiseaux appartenant principalement à la famille des labridés qui utilisent le site comme lieu de ponte et de reproduction. « Ils viennent pendant l’hiver européen, séjournent ici, avant de se reproduire. Elles accompagnent leurs progénitures pour leur apprendre à nager et à voler, et à la fin de l’hiver, elles retournent », informe le commandant. Effectivement, la menace plane toujours. La brèche a dépassé la limite Nord du parc. De quatre mètres de large, cette ouverture qui avait été faite pour sauver l’Île de Saint-Louis des inondations, s’est élargie jusqu’à atteindre 5,2 km selon les dernières estimations. Un gouffre qui, tel un cancer qui se métastase, est en train conquérir une bonne partie du parc.

Depuis que la brèche de Saint-Louis est ouverte, le parc est menacé
C’est ainsi que 300 mètres de plage ont été déjà engloutis par les eaux marines. « Cette brèche ne cesse de s’élargir. Elle est passée de quatre mètres à plus de cinq km de largeur, avalant 300 mètres de plage. Qu’est-ce que ce sera l’année prochaine ? 600, 400 mètres ? On ne sait pas encore. Cela signifie que nous perdons de la plage sur un site de ponte de tortues marines », se désole le commandant Fall.

Quand la brèche fera face à l’ilot, le risque de le perdre en sera d’autant plus avéré. Ce qui était même l’essence du parc va, dès lors, complètement disparaître. On verra alors un parc avec un nouvel équilibre, un parc marin en principe, si rien n’est fait pour bloquer cet agrandissement et ce déplacement. « Si la brèche continue vers le Sud, c’est l’îlot de reproduction des oiseaux qui sera enseveli par les eaux », informe t-il.

Toutefois, les autorités sont en train de réfléchir sur « un projet du brèche ». Un comité de pilotage est à cet égard logé à la Primature. Il regroupe l’ensemble des ministères concernés : la Pêche, l’Environnement, l’Intérieur et l’Agriculture. Tous ceux qui œuvrent dans le développent rural sont représentés au niveau de ce comité de pilotage. « Ce comité réfléchit sur différents scénarii, notamment sur comment prendre en compte les différentes problématiques », rassure le commandant.

Ce qui intéresse l’écologiste n’est pas cependant ce qui captive forcement le pêcheur. Le commandant Fall donne un exemple très illustratif de ce conflit d’intérêt à double tranchant. « Les pêcheurs de Guet Ndar, quand ils allaient en mer, prenaient le fleuve Sénégal. Ils faisaient deux fois trente kilomètres. A partir de Saint-Louis, ils longeaient la Langue de Barbarie jusqu’à Louga pour rentrer sur le fleuve et revenir sur Saint-Louis. Maintenant, ils font maximum juste dix kilomètres pour rentrer sur Saint-Louis. Pour ce pêcheur, il est hors de question qu’on ferme cette brèche », alerte t-il.

L’ancienne embouchure s’est colmatée. Du coup, c’est la brèche qui est devenue la nouvelle embouchure artificielle du fleuve Sénégal. Pour le pêcheur, il faut que la brèche reste parce que constituant un passage qui lui permet de faire le plus d’économie en carburant et en temps. Il s’impose, dès lors, un arbitrage de tous ces enjeux liés à cette problématique, pour ceux qui s’adonnent à l’agriculture, au maraichage. Avec les entrées massives d’eau de mer sur cinq kilomètres, l’eau devient de plus en plus saumâtre. L’embouchure qui était au Sud est maintenant au Nord du parc.

Un fleuve qui devient salé
Cette partie du fleuve ne fonctionne même plus comme un fleuve. « C’est à la limite une lagune qui est trop saumâtre ; ce qui, quelque part, engendre des effets positifs. Parce qu’il y a une prolifération des coquillages, notamment des arches (pagne en wolof) exploités par des femmes de la zone », souligne le commandant.
Le risque de voir des villages disparaitre était cependant avéré en un moment donné. Le village de Doun Baba Dièye avait d’ailleurs été rayé de la carte, mais il commence à réapparaitre.

« Vous savez, la mer, quand elle enlève du sable quelque part, elle le met ailleurs. Quand la brèche a dépassé le village de Doun Baba Dièye, elle s’est reconstruite. Aujourd’hui, les villageois sont en train de se réinstaller. Maintenant, il y a d’autres villages qui sont en face de ce canal. Si rien n’est fait, toutes ces localités sont vouées à disparaitre », alerte le commandant.

Ainsi, un réseau a été créé en 2007 pour essayer d’harmoniser les outils de gestion et les approches en Afrique de l’Ouest. Sur ce, l’ensemble des sites se trouvant sur le littoral et constituant des aires marines protégées ont fédéré leur énergie pour créer un cadre de concertation, d’échanges et de dialogue. Ces Etats ont la particularité de partager des ressources, des espèces migratrices en particulier, des oiseaux qui quittent l’Europe en général, arrivent dans leur quarter d’hiver et remontent la Mauritanie, le Cap-Vert et la Sierra Leone.

Ces oiseaux utilisent toute cet espace comme lieu de niche. « Si nous n’avons pas les mêmes politiques en matière de conservation, les efforts seront vains. Il faut rappeler que les oiseaux ne sont pas capturés et mis en cage, ils circulent là où Ils veulent. Nous sommes là pour que les conditions soient réunies. Nous sommes des gestionnaires de l’habitat de la faune aviaire et des tortues », rappelle le commandant Fall.

Les touristes viennent-ils suffisamment ?
Comme toutes les zones protégées du Sénégal, le parc reçoit des touristes. C’est une de ses vocations. En plus de la conservation, le parc promeut des activités de recréation et d’éducation environnementale. « Nous accueillons des touristes ; ce qui constitue des rentrées de devises pour le pays », note le commandant du parc. Tous ceux qui sont intéressés par les aires protégées y viennent, munis d’un permis de visite, en plus du ticket pour la balade en pirogue. La principale attraction du parc demeure l’îlot des oiseaux.

Après avoir été menacé par la montée des eaux, il recommence à gagner en superficie. Cela, grâce à des digues de protection réalisées avec le concours des bailleurs de fonds. « Quand la brèche a été ouverte, nous avons constaté une remontée des eaux au niveau du fleuve. Si rien n’était fait, l’îlot allait être enseveli. Nous avons réfléchi avec des partenaires techniques afin de voir comment l’endiguer. Dans ce cadre, des financements ont été octroyés à travers le Programme de micro financement du Fonds de l’environnement mondial. La dernière étape, c’était à travers le Programme de renforcement et de consolidation des acquis (Pcra) », explique Moussa Fall. 

Autre effet positif, des emplois « verts » sont créés à travers le guidage offert par les populations riveraines et qui ont été formées à ces techniques. Elles font office de guides touristiques. Globalement, l’îlot se porte bien aujourd’hui. La seule menace est que la brèche continue de progresser vers le Sud. Les visiteurs peuvent donc toujours observer les nids de reproduction d’oiseaux.

« C’est attrayant pour un touriste, c’est un spectacle impressionnant. En hivernage aussi, les tortues remontent », s’extasie le commandant. Une tortue qui remonte la plage n’a cependant pas intérêt à rencontrer un individu, sinon elle peut retourner en mer. « Nous évitons ainsi le phénomène de dérangement », note M. Fall.

Par ailleurs, le gestionnaire du parc envisage sous peu de mettre sur place une nurserie pour permettre aux bébés tortues d’avoir plus de chance de survie. Ce, à travers un aménagent artificiel. Ce site sera, à coup sûr, une attraction supplémentaire pour les touristes et les visiteurs.

Suite page 5
Tel un oasis à la lisière de la brousse, le Parc national de la Langue de Barbarie joue de ses couleurs et de ses charmes. Au-delà des arbres denses et impénétrables, les palmiers s'inclinent au vent. Sous leurs ombrages, dans la blancheur des dunes, s’offre au visiteur un spectacle naturel à la fois époustouflant et captivant. Un spectacle qui ne fait guère regretter à un citadin de Dakar de braver les 255 km qui le séparent de Saint-Louis. Le jeu en vaut la chandelle.

Le Parc de la Langue de Barbarie a été créé en 1976 pour principalement deux raisons. Il s’agissait d’abord de préserver des sites de ponte de tortues marines qui sont au nombre de quatre espèces, mais aussi de préserver un îlot de reproduction d’oiseaux d’eau, des oiseaux migrateurs pour l’essentiel, que le Sénégal partage avec le reste du monde. Le Parc s’étend sur 2000 hectares avec une partie continentale. Nous nous trouvons, en cette après midi de jeudi, dans la partie du fleuve du Sénégal, long de 15 km. La Langue de Barbarie est longue de 30 km. Elle quitte la Mauritanie, passe par la région de Saint-Louis et chute sur Louga.


Pourquoi Langue de Barbarie ? Deux versions se bousculent. La première voudrait que ce nom provienne du figuier de Barbarie, qu’on appelle « Gargua Mbossé » en wolof. En effet, un peuplement très dense du figuier de Barbarie est encore présent dans la zone. L’autre version, c’est que ce sont les Berbères qui venaient de la Mauritanie qui l’auraient surnommé langue des Berbères. A force de déformation, on en est arrivé à « langue de Barbarie ». Quelle est la bonne version ? On donne notre langue au chat, à l’image du commandant Moussa Fall, conservateur des lieux.

Trêve d’équivoque sur la véritable origine du nom du parc. Ce qui demeure constant est que les lieux renferment des charmes naturels qui restent intacts. En effet, la Langue de Barbarie constitue un site de ponte de tortues marines. Qui connait la tortue marine, sait qu’elle va toujours revenir pondre là où elle est née. De fait, cette bande de sable sert aux tortues de lieu de ponte par excellence.

Si cette langue venait à « se ravaler », c’est toute une espèce qui serait menacée, car les tortues courent alors le risque de perdre leur lieu de ponte. « L’ensemble des sept espèces de tortues marines qui existent dans le monde sont soient menacées ou très menacées. Des efforts de conservation sont entrepris, la Langue de Barbarie contribue à cet élan », informe le commandant Moussa Fall. L’autre spécificité est qu’il y a à peu près quatre à cinq espèces d’oiseaux appartenant principalement à la famille des labridés qui utilisent le site comme lieu de ponte et de reproduction.

« Ils viennent pendant l’hiver européen, séjournent ici, avant de se reproduire. Elles accompagnent leurs progénitures pour leur apprendre à nager et à voler, et à la fin de l’hiver, elles retournent », informe le commandant. Effectivement, la menace plane toujours. La brèche a dépassé la limite Nord du parc. De quatre mètres de large, cette ouverture qui avait été faite pour sauver l’Île de Saint-Louis des inondations, s’est élargie jusqu’à atteindre 5,2 km selon les dernières estimations. Un gouffre qui, tel un cancer qui se métastase, est en train conquérir une bonne partie du parc.

Depuis que la brèche de Saint-Louis
C’est ainsi que 300 mètres de plage ont été déjà engloutis par les eaux marines. « Cette brèche ne cesse de s’élargir. Elle est passée de quatre mètres à plus de cinq km de largeur, avalant 300 mètres de plage. Qu’est-ce que ce sera l’année prochaine ? 600, 400 mètres ? On ne sait pas encore. Cela signifie que nous perdons de la plage sur un site de ponte de tortues marines », se désole le commandant Fall.

Quand la brèche fera face à l’ilot, le risque de le perdre en sera d’autant plus avéré. Ce qui était même l’essence du parc va, dès lors, complètement disparaître. On verra alors un parc avec un nouvel équilibre, un parc marin en principe, si rien n’est fait pour bloquer cet agrandissement et ce déplacement. « Si la brèche continue vers le Sud, c’est l’îlot de reproduction des oiseaux qui sera enseveli par les eaux », informe t-il.

Toutefois, les autorités sont en train de réfléchir sur « un projet du brèche ». Un comité de pilotage est à cet égard logé à la Primature. Il regroupe l’ensemble des ministères concernés : la Pêche, l’Environnement, l’Intérieur et l’Agriculture. Tous ceux qui œuvrent dans le développent rural sont représentés au niveau de ce comité de pilotage. « Ce comité réfléchit sur différents scénarii, notamment sur comment prendre en compte les différentes problématiques », rassure le commandant.

Ce qui intéresse l’écologiste n’est pas cependant ce qui captive forcement le pêcheur. Le commandant Fall donne un exemple très illustratif de ce conflit d’intérêt à double tranchant. « Les pêcheurs de Guet Ndar, quand ils allaient en mer, prenaient le fleuve Sénégal. Ils faisaient deux fois trente kilomètres. A partir de Saint-Louis, ils longeaient la Langue de Barbarie jusqu’à Louga pour rentrer sur le fleuve et revenir sur Saint-Louis. Maintenant, ils font maximum juste dix kilomètres pour rentrer sur Saint-Louis. Pour ce pêcheur, il est hors de question qu’on ferme cette brèche », alerte t-il.

L’ancienne embouchure s’est colmatée. Du coup, c’est la brèche qui est devenue la nouvelle embouchure artificielle du fleuve Sénégal. Pour le pêcheur, il faut que la brèche reste parce que constituant un passage qui lui permet de faire le plus d’économie en carburant et en temps. Il s’impose, dès lors, un arbitrage de tous ces enjeux liés à cette problématique, pour ceux qui s’adonnent à l’agriculture, au maraichage. Avec les entrées massives d’eau de mer sur cinq kilomètres, l’eau devient de plus en plus saumâtre. L’embouchure qui était au Sud est maintenant au Nord du parc.

Un fleuve qui devient salé
Cette partie du fleuve ne fonctionne même plus comme un fleuve. « C’est à la limite une lagune qui est trop saumâtre ; ce qui, quelque part, engendre des effets positifs. Parce qu’il y a une prolifération des coquillages, notamment des arches (pagne en wolof) exploités par des femmes de la zone », souligne le commandant.
Le risque de voir des villages disparaitre était cependant avéré en un moment donné. Le village de Doun Baba Dièye avait d’ailleurs été rayé de la carte, mais il commence à réapparaitre.

« Vous savez, la mer, quand elle enlève du sable quelque part, elle le met ailleurs. Quand la brèche a dépassé le village de Doun Baba Dièye, elle s’est reconstruite. Aujourd’hui, les villageois sont en train de se réinstaller. Maintenant, il y a d’autres villages qui sont en face de ce canal. Si rien n’est fait, toutes ces localités sont vouées à disparaitre », alerte le commandant.

Ainsi, un réseau a été créé en 2007 pour essayer d’harmoniser les outils de gestion et les approches en Afrique de l’Ouest. Sur ce, l’ensemble des sites se trouvant sur le littoral et constituant des aires marines protégées ont fédéré leur énergie pour créer un cadre de concertation, d’échanges et de dialogue. Ces Etats ont la particularité de partager des ressources, des espèces migratrices en particulier, des oiseaux qui quittent l’Europe en général, arrivent dans leur quarter d’hiver et remontent la Mauritanie, le Cap-Vert et la Sierra Leone. Ces oiseaux utilisent toute cet espace comme lieu de niche.

« Si nous n’avons pas les mêmes politiques en matière de conservation, les efforts seront vains. Il faut rappeler que les oiseaux ne sont pas capturés et mis en cage, ils circulent là où Ils veulent. Nous sommes là pour que les conditions soient réunies. Nous sommes des gestionnaires de l’habitat de la faune aviaire et des tortues », rappelle le commandant Fall.

Les touristes viennent-ils suffisamment ?
Comme toutes les zones protégées du Sénégal, le parc reçoit des touristes. C’est une de ses vocations. En plus de la conservation, le parc promeut des activités de recréation et d’éducation environnementale. « Nous accueillons des touristes ; ce qui constitue des rentrées de devises pour le pays », note le commandant du parc. Tous ceux qui sont intéressés par les aires protégées y viennent, munis d’un permis de visite, en plus du ticket pour la balade en pirogue. La principale attraction du parc demeure l’îlot des oiseaux. Après avoir été menacé par la montée des eaux, il recommence à gagner en superficie. Cela, grâce à des digues de protection réalisées avec le concours des bailleurs de fonds.

« Quand la brèche a été ouverte, nous avons constaté une remontée des eaux au niveau du fleuve. Si rien n’était fait, l’îlot allait être enseveli. Nous avons réfléchi avec des partenaires techniques afin de voir comment l’endiguer. Dans ce cadre, des financements ont été octroyés à travers le Programme de micro financement du Fonds de l’environnement mondial. La dernière étape, c’était à travers le Programme de renforcement et de consolidation des acquis (Pcra) », explique Moussa Fall.

Autre effet positif, des emplois « verts » sont créés à travers le guidage offert par les populations riveraines et qui ont été formées à ces techniques. Elles font office de guides touristiques. Globalement, l’îlot se porte bien aujourd’hui. La seule menace est que la brèche continue de progresser vers le Sud. Les visiteurs peuvent donc toujours observer les nids de reproduction d’oiseaux. « C’est attrayant pour un touriste, c’est un spectacle impressionnant. En hivernage aussi, les tortues remontent », s’extasie le commandant. Une tortue qui remonte la plage n’a cependant pas intérêt à rencontrer un individu, sinon elle peut retourner en mer. « Nous évitons ainsi le phénomène de dérangement », note M. Fall.

Par ailleurs, le gestionnaire du parc envisage sous peu de mettre sur place une nurserie pour permettre aux bébés tortues d’avoir plus de chance de survie. Ce, à travers un aménagent artificiel. Ce site sera, à coup sûr, une attraction supplémentaire pour les touristes et les visiteurs.

De nos envoyés spéciaux :
El Hadji Ibrahima THIAM et Oumar BA (textes) et Mbacké BA (photos)

Last modified on vendredi, 17 juin 2016 15:35

L’opération entre le géant de l’informatique et le réseau social professionnel devrait être finalisée d’ici à la fin de l’année…

Microsoft a annoncé ce lundi sur son blog le rachat de LinkedIn pour 26,2 milliards de dollars (23,3 milliards d’euros). Le géant de l’informatique assure dans un communiqué : « LinkedIn restera une marque distincte, avec sa culture et son indépendance. » Ainsi, Jeff Weiner, PDG du réseau social, reste en place. Pour Satya Nadella, PDG de Microsoft, ce rachat est l’occasion « d’accélérer la croissance de LinkedIn, mais aussi de Microsoft Office 365 et Dynamics. »

Microsoft a notamment été séduit par les performances du réseau social professionnel créé en 2003, qui revendique « 433 millions de membres dans le monde, 105 millions de visiteurs uniques par mois, et sept millions d’annonces actives d’emplois ».

La transaction, qui devrait être bouclée d’ici à la fin de l’année, a été « pleinement approuvée » par Jeff Weiner et Reid Hoffman, cofondateur du réseau social professionnel. Microsoft s’engage à payer 196 dollars par action LinkedIn, coté à la Bourse de New York.

Cette acquisition détrône ainsi le rachat de la messagerie WhatsApp par Facebook en 2014. Le groupe de Mark Zuckerberg avait déboursé 22 milliards de dollars pour l’application de messagerie instantanée.

Par le surfeur

Le poids de l’âge ne l’empêche point de s’adonner à sa passion. Passi pousse la chansonnette comme s’il avait encore dix-sept piges. Dans la lignée de l’aventure du collectif Bisso Na Bisso, il est impulsé au-devant de la scène en 1998, avec l’opus-carton « Racines, historique », venant de jeunes Mc issus de l’immigration. Celui qui est désormais considéré comme l’un des pères fondateurs du rap français, à l’instar de Ntm, Iam ou Mc Solaar, continue de mordre et de dénoncer «l’ambiguïté des médias, le néocolonialisme français en Afrique, l’inertie des politiques ». Normal, il n’a jamais cessé de le dire: «le rap n’est pas une musique de jeunes, c’est un mouvement, une culture à part entière».

L’homme grandit à Sarcelles, en banlieue parisienne. «Je me suis longtemps battu pour savoir qui j’étais. Je le sais maintenant : je suis un métis culturel, un franco-congolais. Mais il y a beaucoup de jeunes qui sont d’autant plus paumés que la France refuse de les intégrer», note-t-il. Passi se souvient de ses jours tranquilles d’enfance passée au Congo-Brazza, sa jeunesse de B-Boy à Sarcelles avec sa famille émigrée à partir de 1979. «À 15 ans, j’avais déjà un de ces appétits ! Les limitations de la cité stimulent ton imagination: faire des voyages, grimper dans l’échelle sociale, décrocher des diplômes ». Avec un père qui inspirait le respect et une mère enseignante, qui n’hésitait pas à les punir, Passi a reçu une éducation stricte.

Il comprend vite que l’argent était le nerf de la guerre. A 17 ans, il fonde alors une association, A.m.e.r. (Action, musique et rap), ce qui lui permettait d’obtenir des locaux de répétition. «On savait que le hip-hop était la seule culture qui disait la vérité», note-t-il. L’auteur de « Je zappe et je mate » publie parallèlement un livre, écrit à quatre mains, avec son frère Steeve. Au lieu d’opter pour une autobiographie, il a choisi de publier certains de ses textes de chanson qui prennent une tout autre force « dépouillés » de leur background musical. «Je suis sentimental, mais je le cache par pudeur. Mon éducation africaine probablement… Chez nous, on ne dit pas je t’aime, on le montre».

A ses yeux, l’exclusion sociale et économique dans les cités de banlieue, ne diminue pas, bien au contraire ! « Je dis donc qu’il ne faut pas laisser au Front national le monopole du drapeau tricolore et de La Marseillaise », alerte-t-il.

Par Oumar BA

Les taxis circonstanciels

15 Jui 2016
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Chef, Papiers ! Une chanson connu des conducteurs de la route, notamment les taximen. Les voici Chef. Un seul et unique papier : le permis. Une assurance dans une moindre mesure. N’est-il pas conscient qu’il en faut plus pour un taximan ? C’est que « Sa Dakar » est un taximan à l’improviste.

‘’Moussé sendarme’’, c’est…….que tout ce qui scintille en jaune et noir dans la circulation, n’est pas un taxi. Quoi ? Certains pères de familles étranglés par le coût de la vie et la conjoncture économiques à Dakar, s’improvisent en chauffeurs de taxi. Pardon Moussé ‘’sendarme’’ ! Il suffit de peindre votre voiture en jaune-noir et la doter d’un Vendôme à l’intérieur duquel vous écrivez « takzi ».

Pour s’occuper de cent enfants, des femmes gaies et jeunes, il faut avoir un bon flair pour ‘’Xaliss’’ afin d’éviter les Karass-karass des « nota béné », médiateurs de mon quartier, toujours disponibles pour s’immiscer dans mes intestines familiales, histoire de séduire plus mes jeunes dames. Votre voiture fait l’objet d’une saisie. Ay…ya ya. Moussé ‘’sendarme’’, où je vais puiser assez d’argent pour tant de dépenses quotidiennes si sans votre pardon, je ne rentrerai plus ? Et Moussé ‘’sendarme’’ aussi’’ gentil et compréhensif lui dit : « Yala sah danguay togne mou bal la », à fortiori nous les êtres humains. ‘’Walé nak, dama beug nga ham neh loxoy kadior day wessou’’ moté’’ (formule qui vise l’échange de bons procédés, plus précisément en espèces sonnantes et trébuchantes). Et sa Dakar lui serra la main. Sa Dakar, dans notre imaginaire, transposé dans la réalité, cette ironie suscite une colère noire chez les taximen.

Borom Keur boul gawa seugem, sinon c’est la galère dans la famille. Mais si borom keur ne change pas de doxaline, que devient ‘’Niol Nikou’’ le taximan ‘’classique’’. Un taximan qui roule pour récolter à peine son versement. Garage Onu 3, Colobane. Bienvenue à l’organisation des taximen crevés par les courses de la journée. Certains s’étalent, d’autres ont la tête sur les deux genoux. Sans les taxis stationnés de manière non aligné, on aurait confondu le lieu à un parlement où on décide sur le sort du chef de l’Etat. « Mani waxon na ko dina wagn loxom bamou woté dialogue », « Wa Banque mondiale la, gno ka ka imposer », « dafa bah rek », on dirait les filles pubères des bornes fontaines où il est difficile de saisir le pourquoi de leurs querelles à cause de leurs cris enragés. Là-bas, des mèches tombent, des greffages se déchirent laissant une partie de la chevelure chauve. Ici, l’odeur du thé sur le fourneau et la gargote à côté, détendent les nerfs.

Il faudra aborder la question des taximen qui s’improvisent pour dissiper les rumeurs politiques. « Madame cette situation, on en a tellement parlé aux syndicats. Mais, rien n’a été fait. Au-delà des voitures qu’on peint, certains conducteurs de calandos s’improvisent également en taximen », dit de manière spontanée Badara Mbaye, chef de garage intérimaire. Autre phénomène ignoré, le trucage des licences qu’on affiche sur des particuliers peints au jaune-noir pour échapper à l’attention des policiers et gendarmes.

« Arrêter certains conducteurs de jaune-noir et vérifier s’ils remplissent les conditions pour rouler comme taxi dans la ville. Un nombre important ne les réunit pas », s’indigne-t-il. Pour être donc un taximan plein, il faut : une visite technique, une assurance, une licence, un livret de conduite plus un permis. Et s’acquitter des impôts de 4.000 Fcfa, le mois.

Rien de plus énervant pour un taximan que de s’acquitter de ses devoir et d’être concurrencé par des gens qui s’improvisent conducteurs de taxi après quelques coups de pinceaux.

Rond point Sicap Mbao, dans cet arrêt où une grande inspiration peut faire de vos narines le point de rencontre de poils soyeux de foin, de gaz d’échappement des véhicules et de la fumée provenant de la grillade sur des barbecues. En cette matinée où le soleil se cache encore sous les nuages d’un ciel blanchâtre, les taximen bavardent, en attendant leur tour de faire le plein de clients. Ici, on n’a pas besoin de la peinture, il faut juste s’acquitter des trois cents francs qu’imposent les rabatteurs s’armant d’insultes pour évacuer leur colère envers les conducteurs qui ne respectent pas leurs tarifs.

« Certains particuliers qui prennent la charge ici, sont des chauffeurs qui, une fois leur patron déposé, au retour, ils prennent des clients qui rallient le centre ville. D’autres propriétaires venus d’un voyage aussi, profitent de leur passage pour gagner de l’argent », renseigne un rabatteur qui subitement court derrière le véhicule d’un taximan à qui il manque deux clients. Deux têtes, cent cinquante francs, sauve qui veut les avoir. En effet, les lundis sont des jours où les taximen classiques sont concurrencés. Certaines personnes de retour à leur domicile familiale ramassent les clients qu’ils rencontrent sur le chenin du retour. 800 Fcfa chaque personne, de quoi compenser les ‘’traits’’ économiques dus à la famille.

Par Marame Coumba Seck

Last modified on mercredi, 15 juin 2016 13:38

Ils sont nombreux, ces jeunes natifs de Bambilor qui ont jeté leur dévolu sur l’aviculture, un secteur porteur d’emplois et de richesses. Un détour effectué à la ferme d’un des propriétaires, Papa Bakary Coly, permet de s’en convaincre. Cependant, ces aviculteurs se plaignent de l’implantation « anarchique » des fermes, le manque de lopin de terre dû à l’urbanisation « galopante».

Située à 3 kilomètres de Bambilor, la ferme avicole de Papa Bakary Coly est la parfaite illustration d’un secteur en plein essor. Dans ce poulailler implanté sur une superficie d’un hectare et demi au cœur de la brousse, on dénombre huit grandes bâtisses qui font office d’enclos de 20 mètres de long et 10 mètres de large. Les trois enclos d’une capacité de 700 sujets pour chacun servent à contenir les poulets de chair, les cinq autres, situés de l’autre côté de la ferme, abritent les poules pondeuses. Cinq puits creusés au milieu de la ferme assurent l’alimentation en eau aussi bien pour les poulets que pour les occupants de la ferme. Cette eau est également utilisée pour l’arrosage des champs maraîchers aménagés à l’intérieur de la ferme où s’activent 6 employés avec des tâches différentes.

Le maître des lieux, Papa Bakary Coly, un passionné de l’aviculture, nous sert de guide dans l’antre de son poulailler. Dans un des enclos où sont logées les pondeuses, le décor est tout simplement saisissant. Des sacs remplis d’aliments sont empilés de part et d’autre du local, des abreuvoirs et des mangeoires pris d’assaut par les volailles qui, avec leur piaillement, donnent un peu d’animation à cet endroit. Papa Bakary Coly explique, en effet, que ces sujets doivent rester 3 mois et demi pour pondre. Ainsi, avec ces milliers de pondeuses, le propriétaire de cette ferme parvient à réaliser, annuellement, une production d’un million d’œufs. A une dizaine de mètres de cet enclos, un autre local abrite les poulets de chair destinés uniquement à la consommation. A ce titre, précise M. Coly, ils doivent être élevés pendant 45 jours.

A l’image de Pape Bakary Coly, ancien émigré en Italie et en Espagne, actuellement secrétaire général de l’Association des aviculteurs de Dakar, ils sont nombreux ces jeunes natifs de Bambilor à avoir investi dans le secteur avicole, qui est en plein essor. Ibrahima Ndiaye, un autre aviculteur rencontré dans son dépôt d’aliments de volaille évolue, depuis 10 ans, dans les exploitations avicoles. « Avant 2005, la filière était un peu en léthargie à Bambilor. Ce n’était pas trop favorable, car il y avait les importations qui menaçaient le secteur. On notait même une diminution de la production dans la zone des Niayes », se souvient-il. Mais avec l’entrée en vigueur d’un arrêté visant l’interdiction de l’importation de poulets, dit-il, la filière a commencé à se redresser, ce qui fait que beaucoup de gens ont investi dans le créneau. « Du coup, la production a évalué de 2005 à 2008 », soutient M. Ndiaye, par ailleurs, président de la Fédération des acteurs de la filière avicole (Fafa). Il juge « favorables » les conditions de la zone de Bambilor pour la pratique de l’élevage de poulets. Un facteur qui contribue à l’augmentation de la production. « Etant dans une zone agro-sylvo-pastorale, elle participe à la croissance des sujets. Que ce soient les chairs ou les pontes », explique-t-il. Ainsi, soutient l’aviculteur, sa ferme peut produire jusqu’à 30.000 poulets par mois. Quant aux prix, ils varient entre 2.200 et 2.300 francs Cfa l’unité.

Pape Bakary Coly indique, de son côté, que les gens ont osé investir dans cette filière depuis l’arrêt des importations. « Si aujourd’hui, le gouvernement veut revenir en rouvrant les frontières, c’est nous ramener 8 ans en arrière », avertit M. Coly. Il explique qu’en 2005, la filière était à genou. « Actuellement, le secteur avicole commence à se relever, c’est mieux de le protéger et de l’encourager », estime-t-il. A son avis, il faut envisager la mise en place des mesures de restriction pour empêcher l’entrée des poulets étrangers dans le marché intérieur. Ces poulets, à en croire ce fermier, sont engraissés avec de la farine animale. « Il faut que le marché soit garanti à travers des mesures de protection pour encourager les investisseurs à venir dans cette filière. Le secteur avicole est rentable. En plus, l’investissement se fait à court terme. Car au bout de 45 jours, la personne peut retrouver l’argent qu’il avait injecté », rassure-t-il. S’agissant de la clientèle, elle est d’abord nationale avec les ménages, les gérants d’hôtel.

Ces obstacles qui plombent la filière
Cependant, déplore M. Ndiaye, l’implantation des poulaillers à Bambilor se fait de manière anarchique, ce qui pose un problème de données sur le nombre de personnes évoluant dans l’aviculture. Outre cette difficulté, il dénonce l’urbanisation galopante dans la zone de Bambilor. « Des zones destinées à l’aviculture sont même habitées ; un problème d’espace se pose. Pire, il y a des endroits où des gens ont rasé des poulaillers pour mettre des bornes en attendant de venir habiter », déplore Ibrahima Ndiaye. Il relève également des épidémies périodiques dans la zone et qui touchent les sujets. L’accès aux aliments reste un casse-tête pour les acteurs. Cela s’explique par la cherté du maïs qui constitue 50 % de la production de ces aliments. « D’où l’intérêt de voir d’autres sources de production d’aliments », préconise M. Ndiaye.

Un reportage d’Elhadji Ibrahima THIAM et d’Abdou DIAW


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