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Soleil Grand Air (602)

Considéré comme l’une des plus anciennes localités du Sine Saloum, Djilor Djognick a fortement marqué l’histoire du Sénégal. L’existence de cette contrée qui a été tour à tour occupée par les Lamanes, les Nianthios et les Thiédos dépasse largement les 900 ans. Mais son passé reste méconnu de la plupart des Sénégalais et, pourtant, elle a une histoire riche en évènements. Plus de dix siècles n’ont pas suffi à sortir Djilor Djognick de son inquiétant anonymat inquiétant et à connaître un essor digne de ce nom.

À première vue, Djilor donne l’impression d’être un coin perdu sur terre. Situé entre Foundiougne et Passy, cet ancien royaume somnole et baigne dans une quiétude exceptionnelle. Malgré son « louma » (marché hebdomadaire) et les quelques activités quotidiennes, la vie y semble ensevelie dans une léthargie sans nom. Avec le rôle qu’il a joué dans l’histoire du Saloum, Djilor Djognick, qui n’a rien à voir avec Djilor Djidiack situé dans l’arrondissement de Fimela, dans le département de Fatick, n’est pourtant pas de ces villes à taille humaine où l’on trouve facilement des vestiges préhistoriques ou historiques. Mais ce gros village qui affiche une mine de papier mâché est riche de son passé et regorge de secrets cupidement conservés par les gardiens de la tradition. Difficile d’en trouver un pour nous entretenir sur cette glorieuse époque. Mais à force de chercher sans pour autant fouiner, on en trouve. Abdou Soulèye Ndiaye, qui paraît mieux connaître l’histoire de cette contrée, accepte volontiers de nous aider à dépoussiérer cette page de l’histoire du Sine Saloum et du Sénégal.

Ce septuagénaire qui s’est fait mémoire vivante à force de recherches est une source passionnée et passionnante. Cet ancien chef du Centre d’expension rurale (Cer) est convaincu que Djilor Djognick est l’une des plus anciennes localités du Sine Saloum. Pour nous plonger dans le passé de cette contrée, il s’est armé de ses notes et de sa riche documentation. Sa soif de savoir et de connaissances l’a poussé à tout consigner les moindres détails dans des cahiers. Jadis, nous dit-il, Djilor Djognick était un repère pour les lions et les éléphants. C’était vers le XIe siècle. Le domaine était tellement riche et il y avait beaucoup de lions, de panthères et d’éléphants. Selon lui, la fondation de Djilor daterait de 1080. Une fondation qui, précise-t-il, fait l’objet de deux versions. La première l’attribuant à Samba Sarr et la seconde à Diégane O Math. « Chaque famille a sa version. Chez les Pouma, qui sont une lignée matrilinéaire, ils vous diront que Djilor a été créée par Diégane. La famille Sarr vous dira que Djilor a été créé par Samba Sarr ». Toutefois, assure-t-il, Djilor a un cycle évolutif très clair. « Cette contrée a été fondée, dévastée totalement par des guérillas puis refondée », indique-t-il. Au cours de son évolution, dit M. Ndiaye, Djilor Djognick a connu plusieurs dénominations : Djilor Sandakewé, Djilor Diogoy Fou gnithie, Djilor Saré Mbégane dandé maayo, Djilor Abdou Soulé, Djilor Saloum…

Pour le vieil Abdou Ndiaye, les lamanes sont les premiers à venir à Djilor. « Ils ont mis le feu, ontcoupé les arbres pour habiter ici », précise-t-il. Approximativement, note-t-il, leur pouvoir va de 1080 à 1248. Évoluant, Djilor a reçu des conquérants venus du Gabou, en Guinée-Bissau. Il s’agit des « Nianthios » (Guélewar en wolof). « Ils sont venus dominer et conquérir Djilor. Ils ont duré ici et sont les premiers créateurs du royaume du Djognick », souligne M. Ndiaye.

Abdou Soulèye NdiayeAvant que leur pouvoir ne disparaisse, les «Nanthios» ont élu huit rois, partant de Sira Badiar Mané, qui réussit à devenir la première reine de Djilor, à Birane Djické Mané. Jamais à court d’anecdotes, ce vieil homme transmet son récit avec passion. « Nianthio signifie "nous sommes les plus grands guerriers, c’est nous qui avons créé la dynastie donc, nous sommes les rois" ». Le peuple avait accepté cette suprématie en les suivant. Les «Nianthios» se sont battus pour s’imposer et tout le monde avait accepté leur bravoure et leur noblesse », relève-t-il.
À en croire l’ancien chef de CER, « le Nianthio est une lignée matrilinéaire ». « On ne se levait pas du jour au lendemain et dire qu’on était Nianthio. Il se transmet de mère à fils. Votre mère est nianthio, vous êtes nianthio, votre père est nanthio, vous n’êtes pas nianthio. C’était leur organisation et les wolofs ont pris le mot à la volée et ont dit Guélewar », raconte-t-il. Mais, le règne sans partage des Guélewars prend fin avec la victoire de Latmingué Diélègne Ndiaye sur Birane Djické Mané. Et pourtant, indique M. Ndiaye, le guerrier « nanthio » a résisté pendant sept ans, avant de tomber dans le piège tendu par Latmingué. « Il est tombé dans un trou creusé à son insu et a été enseveli vivant. Cette victoire a marqué l’arrivée des «Thiédos» », explique-t-il. C’est à partir de cet instant, en 1517, que Djilor est devenu une province vassale. Selon M. Ndiaye, le règne des Thiédos a démarré avec Mbagnick Diop cette même année jusqu’à Diène Coumba Ndiaye qui fut le 30e roi. « Ils ont tous été nommés à partir de Kahone. Aucun ne l’a été à partir de Djilor. À l’époque, le roi de Kahone, après son intronisation, appelle son cousin, son grand frère ou son oncle et lui dit, je te lègue Djilor », renseigne-t-il.

C’est donc la colonisation qui a marqué la fin du pouvoir des «Thiédos», marquant ainsi l’arrivée des chefs de canton dont le premier à Djilor fut Fara Guédél Mbodji en 1931. Il y eut ensuite Momar Betty Bâ, Baba Ly, Abdou Soulèye Bâ, selon Abdou Soulèye Ndiaye. Avec l’accession à l’indépendance, il y a eu des les chefs d’arrondissement. Djilor en a connu six, de Sambou Touré à Alpha Touré, selon M. Ndiaye. À leur suite, il y a eu dix sous-préfets, d’Amadou Sy à Sidy Mokhtar Fall. Au total, précise Abdou Soulèye Ndiaye, Djilor a vu passer 61 hommes de commandement. « Aucun d’entre eux n’est né à Djilor », regrette-t-il.

«Thouroum Pèthie», une fête païenne qui résiste encore
À Djilor, les Guélewars ont légué à la postérité une fête qui subsiste encore et qui est célébrée chaque année en leur honneur. Il s’agit du «Touroum Pèthie» ou «Thiouram Pèthie». Cette tradition fait partie de leur patrimoine culturel. Chaque année, la famille qui doit faire le « tour » vient faire son sacrifice, sucre et lait versé sur le tombeau des Guélewars. Ce rite est perpétué régulièrement et depuis des siècles, selon le vieil Abdou Soulèye Ndiaye. Cette cérémonie a toujours lieu un vendredi et draine les populations de la contrée, hommes, femmes, jeunes filles et garçons, enfants, tous âges confondus. « C’est un grand moment de fête, de retrouvailles et de communion qui se prépare toute l’année. Il y a du rythme et on danse toute la nuit jusqu’à l’aube à la place du village. Le lendemain, la fête continue. De 8 à 12 heures, un concours était organisé pour élire l’homme le plus généreux. C’était une occasion d’étaler toute sa générosité. On procédait également à l’élection de la plus belle fille et aussi de la meilleure danseuse », explique-t-il. La participation de la communauté à cette commémoration était donc essentielle et tout le monde s’impliquait.

«Thiouram Pèthie», explique M. Ndiaye, est une commémoration en l’honneur des «Nianthios». « Quand ils ont quitté le Gabou et ont fondé leur royaume à Djilor, on avait envoyé à la reine Sira Badiar Mané une monture de cheval pour la féliciter de cette grande réussite. La selle était merveilleusement confectionnée, mais elle renfermait un sort. Quand le cadeau est venu, la reine se trouvait en tournée à Lérane, à 15 km au sud de Djilor. Elle a alors demandé à un enfant du nom de Diégane Coumba de la mettre sur son cheval et de lui garder la scelle dans sa chambre », indique-t-il. « Entre Lerane et Yerwago, il y a une petite rivière. Arrivée à cette hauteur, l’enfant a eu des maux de ventre. Il s’est tordu de douleur et a vomi de petites pierres. Il ne survivra pas à ses douleurs et est mort sur le cheval qui l’a amené jusqu’au village. Un autre enfant subira le même sort. Ayant finalement compris que la selle était atteinte mystiquement, elle a été jetée dans un bolong et le problème était résolu », fait savoir Abdou Soulèye Ndiaye. Ces deux enfants, nous dit-il, sont enterrés à Lélwane dans une position debout comme tous les «Nianthios» d’ailleurs. Et leurs tombes, informe-t-il, sont toujours présentes dans cette localité. Aujourd’hui encore, la tradition est bien conservée à Djilor. Cette grande fête païenne y est célébrée chaque année avant l’hivernage.

Aux origines de la lutte traditionnelle
Djilor SénégalTout comme les «Nianthios», les «Thiédos» ont également laissé une fête. Il s’agit de la lutte traditionnelle dont la première organisation remonte à 1781, selon M. Ndiaye. Une guerre de succession qui a mal tourné a été à l’origine. En effet, raconte le vieil Abdou Ndiaye, Djilor, à une certaine époque, était resté sans roi. « C’est alors que Biram Ndiémé Niakhana Ndiaye appelle son neveu Biram Codou Niakhana pour lui offrir le trône. Ce dernier quitta Kahone pour venir à Djilor. Mais quand son cousin Diène Sanou Faye a entendu la nouvelle, il a interpelé son oncle. Mais ce dernier lui fit la confirmation », explique-t-il. « Je n’ai pas commis d’erreur. Biram Mbodji Codou est né au Saloum alors que toi ton père est né au Sine. Si tu veux un royaume, va le chercher au Sine et laisse Biram Mbodji Codou tranquille », avait alors lancé le roi à son neveu. Non content de cette décision, Diène Sanou Faye défia alors son oncle. Décidé à prendre le pouvoir, il se résolut alors à combattre son cousin Biram Mbodji Codou. Leurs mères étaient de même père et même mère, précise le septuagénaire. « Quand Diène Sanou Faye enfourcha son cheval, sa tante, qui se trouve être la mère de Biram Mbodji Codou, l’appela et lui remit deux pagnes. Elle lui dit : « le premier appartient à ta mère et le second est le mien. Comme on t’a interdit et que tu as refusé, amène ces deux pagnes avec toi. Quand vous aurez combattu, si tu le tues, couvre-le avec le pagne de ta mère. Si c’est lui qui te tue, qu’on te couvre avec mon pagne ».

« Lamb buur »
Suite à ces recommandations, Diène Sanou Faye s’en alla. Malgré les négociations, les deux protagonistes n’avaient pu trouver un terrain d’entente. Pour se départager, les deux prétendants au trône engagèrent une rude bataille au cours de laquelle Diène Sanou fut touché par balle. Il succomba par la suite à ses blessures et moins d’une semaine plus tard, Biram Mbodji Codou fut intronisé. Une intronisation qui divisa totalement le royaume. L’ambiance était devenue invivable, pourrie. Il n’y avait plus de solidarité ni cette fraternité et toutes ces valeurs qui faisaient la force de Djilor. « C’est par la suite qu’un sage homme est venu vers le roi pour lui demander d’organiser une séance de lutte pour retrouver cette cohésion », fait savoir Abdou Soulèye Ndiaye. C’est ainsi, dit-il, que le «Lamb buur» a été initié. « C’était un grand moment de fête et de réjouissances. Les préparatifs duraient jusqu’à un mois. Il y avait du couscous et de la viande à profusion. Les combats avaient lieu de vendredi à vendredi et démarraient à midi pour ne prendre fin qu’au coucher du soleil. Les villages périphériques lutaient le lundi jusqu’à jeudi puis entraient en lice des Niominka du vendredi au dimanche ». Selon M. Ndiaye, un seul trophée était mis en jeu. C’était une tunique appelée « thialite » en sérère. « À chaque édition, de grands lutteurs, des champions aguerris, venaient de partout et s’affrontaient. La première finale a opposé Leyti Loum à Khomba Diouma Sène de Lérane. Ce dernier fut d’ailleurs le premier vainqueur de l’épreuve et jusqu’à aujourd’hui, les hymnes et autres glorifications entonnés en leur honneur résonnent encore », rappelle-t-il. « C’est cette pratique qui a aujourd’hui évolué vers une activité culturelle et sportive, mais la lutte traditionnelle a été organisée pour la première fois à Djilor. C’était en 1781 », précise-t-il. Malheureusement, déplore le vieil homme, cet évènement qui a beaucoup contribué à ramener et à renforcer la cohésion sociale a perdu de son ampleur. « Ce passé prestigieux n’intéresse pas les populations de Djilor. Tous les petits-fils sont partis et ont laissé le village à lui-même ».

Pour cette incursion, Djilor l’anonyme n’a pas livré tous ses secrets. Et pour éviter que son riche passé ne se perde à jamais, le vieil Abdou Soulèye Ndiaye qui a développé un esprit chercheur à Bambey où il effectuait son service vétérinaire avant d’être transformé en chef de Cer pendant dix ans, se bat pour écrire un livre et permettre à la postérité de se réapproprier l’histoire et la culture de Djilor Saloum. Et c’est à partir du procès-verbal du séminaire de Pencuum buur tenu le 9 avril 1992 qu’il a glané toutes les informations qu’il a à sa disposition. « Ce que je raconte là n’est ne vient pas de moi. Ce sont des informations que j’ai glanées auprès de dignitaires et historiens du Djiognick », avoue-t-il modestement. « J’ai senti que ce séminaire était une nécessité. Je suis alors allé à Kaolack, j’ai formulé une demande et j’ai été financé à hauteur de 120.000 FCfa par Conrad Adenauer. C’est avec ce financement que j’ai organisé cette rencontre pour connaître l’histoire du Diognick », note-t-il.

Par Mohamadou SAGNE, Samba Oumar FALL (textes)
et Ndèye Seyni SAMB (photos)

Last modified on lundi, 12 juin 2017 15:19

Errance « domestiquée »

12 Jui 2017
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Dakar, terre d’espoirs et de déboires. Ville lumière, de torpeur, de tortuosité où viennent s’inhumer les âmes en peine. Dakar a, à la fois, des airs d’une luxueuse métropole et d’un vaste cloaque humain où l’opulence et la misère ont signé une clause d’indifférence. On se croise, on s’épie dédaigneusement. On foule la patte du chien comme on le ferait avec la jambe d’un « malfamé » en pleine divagation. Est-il d’ailleurs en errance ? Il est dans sa vaste cour ; la cour du roi où on trimbale cinq sachets d’eau pour trouver fortune, où on glande chaque matin à la quête de la « bonne affaire ». Une bonne dame étourdie laissera peut-être tomber son sac à main ou un gadget électronique que son « errant international », à l’autre bout du monde, s’est tué à lui dégotter. L’errance, ce n’est plus « aller çà et là ». Elle est devenue une résultante des espoirs immenses, de notre façon d’envisager la réussite et de nous en targuer et, de manière globale, de la désarticulation des relations humaines. 

Le vieil homme laissé à lui-même, à sa sénilité – parce que nous n’avons pas su « tropicaliser » l’hospice –, le fou – l’asile ne lui convenant pas –, l’ivrogne – pour s’accorder du répit –, le gueux, le chat et le chien – comme une souris évitant la tapette –, cherchent à se poser quelque part dans leurs masures, ces rues publiques, à avaler leur pitance. Où ? Nulle part ailleurs que dans les espaces de morosité espérant quelquefois susciter la compassion des « âmes sédentaires » trop souvent pressées et elles-mêmes dans une éternelle et profonde errance dans leur « aventure » intime.

L’errance n’est pas forcément en mouvement. Elle est dans l’espérance, dans une quête incertaine. Dakar offre, dans ce sens, à voir un monceau d’images de « petites gens » pour ainsi reprendre le cinéaste Djibril Diop Mambety, d’animaux et parfois de choses qui cherchent (ou se cherchent) à rencontrer la fortune, la quiétude. Le petit talibé est-il en errance ? Il habite la rue. Le fou l’est-il davantage ou moins que lui ? Le chien ou le maître ? C’est le maître parce que sa femme lui mène la vie dure ? Sait-il seulement où il va ? L’humeur routinière du maître a peut-être fait connaître au clébard sa destination finale ? Au cours du trajet, il rencontrera le chiot sans maître ou son « grognon » rival, lui aussi sans seigneur. C’est le maître et son chien qui sont en errance ou ceux qu’ils rencontrent dans la « pègre », dans le « taudis à ciel ouvert ». C’est leur demeure. Ils sont à l’étroit chez eux. Ici, ils peuvent se shooter avec de la came à mort. On les regardera dédaigneusement mais on ne les délogera point parce qu’ils sont chez eux.

Le contraste de nos rues en constante métamorphose met en scène des « errants de luxe » et des « errants domestiques ». Dakar, à défaut de devenir comme Paris, met en lumière cette ambivalence. Le drame est qu’elle est devenue refuge de toutes les aspirations parce que tout le monde veut y arriver et la seule allée mène à la capitale sénégalaise. Le valeureux et jeune agriculteur n’envisage la réussite que dans une « promenade » avec quelques camelotes dans la capitale. La poursuite du rêve de grandeur ressemble fort à une aventure incertaine qui l’installe dans une errance à travers un désert, dans un sentiment de devoir rempli parce qu’il faut bûcher, s’accomplir là où on ramasse des billets de banque et les distribue ensuite dans les soirées mondaines. Et ainsi donner à ses rêveries une couverture honorable, « beugg teki rek ».
Ps : passez-moi mon errance

Par Alassane Aliou Mbaye

La Banque Postale a lancé le système de paiement par reconnaissance vocale « Talk to Pay » qui devrait faciliter et sécuriser les transactions des clients…

« Parler pour payer ». Tel est le nouveau leitmotiv de la Banque Postale. Ce dispositif est désormais possible grâce au lancement dès ce mardi, du tout premier moyen de paiement en ligne par reconnaissance vocale. Plus besoin de sortir sa carte de son porte-monnaie, la vérification des données bancaires se fait désormais grâce aux nouvelles technologies.

Après cinq ans de discussions dont trois ans de tests et environ 300 testeurs, le projet est arrivé à maturité. Si la Banque Postale est pionnière en la matière c’est parce qu’elle a été la « première à croire en cette technologie », avance Aurélien Lachaud, directeur des innovations paiement de la Banque Postale. Une fierté pour M. Lachaud qui précise que cette collaboration est entièrement française puisque la start-up «Talk to Pay», malgré son nom anglophone, est bel et bien française.

Effectuer des achats sur n’importe quel site
L’objectif principal est de pousser davantage la sécurité des paiements en ligne. Le principe est simple, pour dix euros par an (ou cinq euros pour les étudiants) le client peut activer cette option sur son compte en ligne et doit alors « enregistrer six fois la même phrase pour que le logiciel de biométrie vocale prenne en compte toutes les fréquences de la voix », précise Aurélien Lachaud.

Une fois cette action réalisée, il peut librement effectuer des achats sur n’importe quel site. Au moment de choisir le mode de paiement, il sélectionne ce moyen puis valide son paiement et enclenche ainsi un processus. Un appel automatique survient sur son téléphone et l’usager doit alors prononcer la phrase qu’il a paramétrée auparavant et ensuite indiqué un code reçu par message.

Ce moyen de paiement « suspend automatiquement le cryptogramme visible sur le dos d’une carte », indique Aurélien Lachaud, ce qui facilite amplement la transaction puisque plus besoin de sortir sa carte bleue. Au niveau de la sécurité tout a également été pensé, surtout en cas de vol de carte. L’usurpateur ne pourra effectuer aucun achat sur internet car il sera bien difficile pour lui de contourner la reconnaissance vocale mise en place.

Cette nouvelle technologie pose de nombreuses questions sur la sécurité, notamment sur l’utilisation par autrui de ce système. Qui n’a jamais confondu au téléphone la voix de deux personnes de la même famille ? Aurélien Lachaud apparaît sûr de ce système : « Il repose sur les fréquences de la voix, sur les phonèmes » détaille-t-il. En d’autres termes, le logiciel capture la plus petite unité vocale d’une personne et permet ainsi de la différencier parmi tant d’autres. Même après une longue soirée à crier, si votre voix est altérée, il vous sera toujours possible de parler pour payer, assure Aurélien Lachaud. « Sauf si vous avez la voix cassée ! » Mais il ne peut confirmer que Talk to pay ne rencontrera pas de faille : « Aucune technologie n’est aujourd’hui 100 % fiable, nous ne nous engageons pas à promettre ça. »

Karim Fall alias Lefa est un rappeur né le 28 novembre 1985 à Paris. Il est un des fondateurs et membre du collectif de rappeurs parisiens Sexion d'Assaut. Il est aussi un très bon danseur de break dance, l’ayant pratiqué des années durant. Après plusieurs années d'absence, Lefa revient sur le devant de la scène en juin 2015 avec un nouveau single Intro et sort son premier album solo « Monsieur Fall » en 2016. 

Né d'un père sénégalais musicien de jazz Cheikh Tidiane Fall et d'une mère française chorégraphe et art-thérapeute, il grandit rue des Abbesses à Paris. Durant son adolescence, il pratique la danse, plus particulièrement le break dance. En 2012, Lefa n'apparaît plus sur scène avec les autres membres du collectif, le groupe le dit « en pause musicale » pour se consacrer à sa vie personnelle mais promet un retour prochainement. Dans ses lyrics, Lefa évoque très souvent ses expériences personnelles. Il se contente de faire transcrire ses vérités et se veut plus prudent de l'image qu'il renvoie à ses fans.

Il aborde souvent des thèmes qui peuvent toucher tout le monde comme le matérialisme, son indignation devant certains actes posés par les hommes, sa propre évolution et celle de la Sexion d'Assaut, l'avarice, les futilités, les jeunes parents. Il est très souvent influencé par l'ambiance des quartiers populaires de Paris comme le manque d'argent, la délinquance, etc. Il ne montre pas ses yeux, il les cache avec une paire de lunettes ou parfois avec la visière de sa casquette, cela afin de mettre une « barrière » entre sa carrière et sa vie personnelle, tout comme le fait Maître Gims.

Le style d'écriture de Lefa est immédiatement reconnaissable parmi les autres rappeurs francophones, avec l'emploi fréquent de rimes embrassées. Parmi ces particularités, on peut noter l'utilisation de mots en verlan, caractéristique de l'accent parisien des quartiers populaires, ou de mots issus de l'argot américain.

Par Oumar BA

Last modified on lundi, 12 juin 2017 15:52

Le voyageur qui emprunte l’axe Fatick-Foundiougne sera surpris de découvrir deux canons longeant la route, à quelques encablures de l’embarcadère du petit village de pêcheurs de Ndakhonga. Ces deux canons qui, dit-on, ont été érigés par le maréchal Pétain pour contenir les troupes du général de Gaulle, n’ont jamais servi.

Difficile de venir à Ndakhonga en provenance de Fatick sans être attiré par les deux canons installés de part et d’autre de la route goudronnée. Selon Lamine Sarr, leur installation sur ces lieux s’inscrit dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale. En effet, soutient M. Sarr, le régime du maréchal Pétain pour empêcher toute tentative de la France libre, donc du général de Gaulle et de ses partisans, de s’approcher de Foundiougne et encore moins de Kaolack, avait installé ces canons. Il s’agissait donc de boucliers protecteurs qui n’ont jamais servi. Et bien avant même leur installation, estime M. Sarr, le colonisateur avait fini de faire de Foundiougne un hub commercial incontournable pour la traite de l’arachide.

« C’est pourquoi il y a implanté un port commercial à partir de 1888, lequel contribuait significativement à l’essor des échanges commerciaux entre la capitale de l’Aof et la métropole française. Une illustration parfaite, ajoute-t-il, « de l’importance que le colon accordait à la cité de Laga Ndong (roi des Pangols) et son arrière-pays, aussi bien sur le plan économique que géostratégique. Par sa situation, il occupe une position géostratégique unique, à cheval entre la terre et la mer, ouvre le Sénégal aux pays voisins, à l’Europe et à l’Amérique par le biais de l’océan Atlantique », note-t-il. Pourtant, renseigne l’historien Wack Bâ, « ces canons n’ont jamais tonné depuis leur installation, en 1940, contrairement à ceux de l’île de Gorée qui l’ont fait en septembre de la même année ».

Depuis lors, indique-t-il, ils croupissent sous le poids de l’âge et subissent les intempéries de la chaleur et de l’humidité. Pour M. Bâ, « ces monuments historiques constituent des symboles de la Seconde Guerre mondiale et, ne serait-ce que par devoir de mémoire, il convient, pour notre pays, de veiller à leur préservation et à leur sauvegarde ». L’État semble l’avoir compris en procédant, depuis 2016, à la restauration de ces monuments historiques via le ministère de la Culture. Un effort que les populations de Foundiougne magnifient tout en exprimant leur gratitude. Pour Wack Bâ qui détient une pile d’informations sur les canons de feu Doudou Maty Sène, chef de quartier qui avait combattu aux côtés des Français pendant la Seconde Guerre mondiale, le site pourrait être intégré dans les circuits touristiques et même devenir un lieu de pèlerinage.

Par Mohamadou SAGNE, Samba Oumar FALL (textes)
et Ndèye Seyni SAMB (photos)

Sur la rive gauche du fleuve Saloum, entre la brèche de Sangomar et le port de Kaolack, Foundiougne, distante de 22 kilomètres de Fatick, sa capitale régionale, se laisse découvrir. Partir à la découverte de cette ville, jadis prospère, « relève d’une véritable attraction », selon l’historien Wack Bâ. Foundiougne, qui a joué un rôle important dans l’administration coloniale française et a connu une époque florissante grâce à son port, lequel a marqué son histoire, peine à se relever. Aujourd’hui, l’ancien chef-lieu du cercle du Sine-Saloum se débat toujours pour retrouver son glorieux passé.

Il n’est pas nécessaire de remonter loin dans l’histoire de Foundiougne pour comprendre ce que cette ville est aujourd’hui. Bordée au sud par la commune de Soum, au nord par la commune de Fatick, à l’est par la commune de Passy et à l’ouest par l’océan atlantique, Foundiougne possède encore de belles traces de son passé. Les marques de l’histoire sont encore présentes avec les bâtiments de style colonial construits en briques rouges, caractérisés par leurs toitures pentues en tuiles mécaniques et résistant tant bien que mal à l’usure du temps. Notre séjour nous a permis de découvrir la belle richesse de ce terroir que son maire, Babacar Diamé, qualifie de « vieille ville qui date de l’époque coloniale ». À l’origine, soutient l’historien Wack Bâ, Foundiougne était un petit village de pêcheurs appelé Kaad et situé au bord du fleuve. « C’est précisément à cet endroit qu’un berger taillait son « soundiougne », un petit manège artisanal qui interdisait aux vaux de téter et donnera plus tard le nom de Foundiougne, une petite escale de pécheurs où s’était installé un véritable marché de produits halieutiques. Un endroit qui deviendra, par la suite, un village réputé que se disputaient les guerriers pour le compte du Buur Saloum afin de l’élire aux prestiges de résidence royale », explique-t-il.

Dans le riche passé de la ville de Foundiougne, l’histoire et la mémoire locale révèlent que cette contrée a joué un rôle important dans l’administration coloniale française. Chef-lieu du cercle de Foundiougne en 1888, puis du Sine en 1897, Foundiougne a été érigée en commune mixte en 1917, avant de devenir commune de moyen exercice en 1957. Ce n’est qu’en 1960 que Foundiougne obtient le statut de commune de plein exercice.

Selon le conseiller régional Lamine Sarr, « le colonisateur avait déjà fait de Foundiougne un hub commercial incontournable pour la traite de l’arachide avec son port de transit qui a fait la gloire de la vieille cité d’un riche héritage historique à l’origine même de sa diversité culturelle ». Toutefois, souligne M. Sarr, « la présence de la mer a été déterminante dans le peuplement de la contrée, comme en atteste d’ailleurs la présence des nombreux amas coquillers, témoin d’une civilisation ancestrale basée, entre autres, sur l’exploitation des produits de la mer ». Foundiougne fut alors une terre de transit, mais également un centre d’accueil de populations venant de divers horizons et qui choisissent de s’y implanter définitivement compte tenu du cadre hospitalier et des opportunités de la contrée.

Une période coloniale glorieuse
« Ce qui a justifié, en plus des mouvements de populations liés aux crises alimentaires survenues dans l’histoire (famine) et de l’expansion des religions musulmane et chrétienne, la diversité de son peuplement et la richesse de sa culture », fait remarquer Lamine Sarr. Il ne manque pas de vanter la position géographique de Foundiougne qui, selon lui, « est unique. Ce qui, du reste, semble avoir justifié le choix porté sur cette contrée par le colonisateur qui en avait fait un point stratégique dans sa politique de mise en valeur de la colonie du Sénégal. En atteste les canons qui trônent majestueusement à Ndakhonga, orientés vers l’Atlantique, la Gambie et l’hinterland sénégalais, comme pour veiller sur la ville à la crevette rose ».

Pendant la période coloniale, Foundiougne connut une époque très glorieuse grâce à l’édification d’un port commercial de premier plan qui fut à l’origine de son essor sur le plan des échanges commerciaux entre la capitale de l’Aof et la métropole française. Il fut le 4e de l’Afrique de l’Ouest et le 3e du Sénégal, faisant de Foundiougne un port arachidier attractif du fait de sa localisation au cœur de l’ancien bassin arachidier et de son ouverture sur l’0céan Atlantique par la Pointe de Sangomar.

Grâce à son port et aux échanges commerciaux, Foundiougne a connu une époque florissante et fut économiquement riche grâce à l’implantation, le long du fleuve, de maisons de commerce comme la Compagnie française de l’Afrique occidentale (Cfao), Maurel et Prom, Vézia & Cie., Chavanel, entre autres, qui avaient chacune son wharf.

Avec tout un réseau de marigots et de rivières, cet écosystème permettait de drainer la production arachidière du Niombato, du Loog, du Djognick, du Sine et du Saloum Ouest vers le port arachidier de Foundiougne. À cette époque, les transports terrestres n’étaient pas développés. « Plus de 200 bateaux long courrier fréquentaient annuellement le port », indique Maurice Ndéné Warore, ancien inspecteur d’académie à la retraite, qui a écrit un mémoire sur le passé de Foundiougne.

De l’avis de Pape Momar Diagne, ancien maire de la ville, toutes les possibilités d’emplois qu’offrait le port avaient favorisé l’installation des comptoirs français à cette période. « Les activités ont influé sur l’arachide, faisant de Foundiougne un véritable point de rencontre et d’échanges entre pêcheurs et agriculteurs qui acheminaient leurs produits (halieutiques, cultures vivrières et de rente, lait) vers des destinations comme Kaolack et Fatick », indique M. Diagne. Selon lui, « c’est un véritable marché de troc qui s’était développé à l’époque ».

Il s’y ajoute, selon l’historien Wack Bâ, « le grand marché de fruits de mer qui attirait, à l’époque, une mosaïque d’ethnies (Wolofs, Sérères, Pulaars, Diolas) ayant découvert l’agglomération de Foundiougne que l’homme blanc, venu de Dakar, avait transformé en port commercial sur la route maritime de l’Europe ». Les statistiques nous révèlent que la population, qui était de 2695 en 1920, dépassait les 15.000 en 1927 avec pas moins d’une vingtaine d’ethnies, en dehors des Français et des Libano-Syriens. Foundiougne était alors une terre de rencontre des peuples de l’Aof. Un riche passé d’une ville que Maurice Ndéné Warore analyse à travers le système économique que le colon avait mis en place à partir de 1875 jusqu’à 1939, avec son port arachidier ayant favorisé le caractère d’une ville d’immigration, mais aussi du fait que Foundiougne ait été le chef-lieu du cercle du Sine-Saloum de 1888 à 1897, ayant sous son autorité Kaolack, Fatick et Joal. « Le contexte d’insécurité qui régnait, à l’époque, autour de Kaolack, avec, d’une part, les guerres entre le Sine et le Saloum, et, d’autre part, le Rip, avait prévalu à ce choix de Foundiougne », note-t-il.

Une navigation fluviale éclipsée par le tracé des axes routiers
C’est par la suite, précise Maurice Ndéné Warore, « que la politique a pris le dessus et avec le retour de la paix au Saloum et au Sine permettant ainsi à Kaolack de retrouver sa situation stratégique de centre d’une région à fortes potentialités agricoles ». À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, la France devait reprendre en main ses colonies et exploiter au maximum leurs potentialités. Cela devait passer par le tracé de nouveaux axes routiers et lignes de chemin de fer. Foundiougne a ainsi commencé à perdre son passé glorieux. « La naissance d’un réseau de routes allait éclipser la navigation fluviale. Désormais, Kaolack était devenu le cœur du bassin arachidier avec la marche de l’arachide vers de nouvelles zones pionnières (nord Kaffrine aux environs de Boulel) », relève Lamine Sarr.

Mieux, ajoute M. Sarr, sur le chemin de Kaolack, convergèrent de nouvelles routes et la voie ferrée entre cette ville et Guinguinéo. Cette nouvelle donne a ainsi entrainé le retrait des maisons commerciales bordelaises, notamment Vézia, Maurel et Prom, Cfao, etc., qui s’étaient implantées à Foundiougne. « Aujourd’hui encore, les vieilles bâtisses desdites maisons, les canons protecteurs de la ville implantés par le colonisateur lors de la guerre, témoins d’un riche patrimoine historique colonial, résistent tant bien que mal à l’usure du temps », se désole Lamine Sarr. Autre témoin de cette histoire féconde, ajoute-t-il, les reliques des différents wharfs construits à l’aide des troncs de rônier et appartenant aux maisons de commerce et à l’administration coloniale. Il en est de même avec les familles d’origine libano-syrienne implantées dans le département durant la belle époque de l’arachide. Aujourd’hui, nous dit-il, la famille Zerdan est encore présente à Passy où elle constitue un modèle d’intégration.

Le port ayant perdu son attraction et ses activités qui se sont amenuisées à vue d’œil, la ville commence alors à perdre sa popularité et sa population. Il en sera ainsi jusqu’à l’accession à l’indépendance, en 1960. « Quand nous arrivions à Foundiougne, en octobre 1968, il ne restait de cette période faste que des wharfs squelettiques qui défiaient encore les flots et de vieux magasins devenus le fief d’une multitude de chauves-souris », informe Maurice Ndéné Warore qui soutient avoir vu les derniers bateaux embarquer des arachides au port de Foundiougne en 1969. Des bateaux gros porteurs, souligne-t-il, qui chargeaient l’arachide et y déchargeaient des produits occidentaux. « On les voyait alignés au large du fleuve au niveau des wharfs des différentes maisons de commerce de la ville. Ce port fut à l’origine de l’essor de la ville sur le plan des échanges commerciaux entre le Sénégal et la métropole française », renseigne-t-il.

Abdou Diouf fait renaitre l’espoir
Aux lendemains de l’indépendance du Sénégal, note l’ancien maire Pape Momar Diagne, les rivalités politiques entre le président Léopold Sédar Senghor du Bds et Lamine Guèye de la Sfio ont beaucoup influé sur le déclin de Foundiougne. Selon M. Diagne, le président Senghor avait juré de tourner le dos à Foundiougne après sa défaite aux élections législatives de 1951 face à Lamine Guèye. « C’est une date repère à laquelle il s’est employé à accorder un mépris total vis-à-vis de la ville de Foundiougne durant tout son règne », rappelle-t-il. « Ce n’est qu’avec l’avènement du président Abdou Diouf, à partir de 1981, que la ville commence à retrouver l’espoir d’émerger », fait savoir Pape Momar Diagne.

« À l’époque, j’étais adjoint au maire de Malick Ndiogou, chargé de prononcer le discours de bienvenue au président Diouf. Ce dernier a retenu une seule doléance que j’avais évoquée à trois reprises : la route, pour enclencher le désenclavement de Foundiougne et profiter de ses énormes potentialités halieutiques, touristiques et agricoles ». Un potentiel qui reste toujours intact en dépit des difficultés de son exploitation grandeur nature et qui pourrait permettre à la ville d’atteindre l’émergence. Retraçant les atouts géographiques qui avaient fait de Foundiougne un chef-lieu administratif, un port et un centre commercial, Maurice Ndéné Warore estime que ces atouts pourraient être mis à profit dans le contexte politico-socio-économique actuel.

Il s’y ajoute la proximité du chenal qui se situe sur la rive gauche du fleuve Saloum et dont la partie la plus profonde passe non loin de cette rive gauche. C’est pourquoi, dit-il, les wharfs qui partaient de la rive avaient une dizaine de mètres de longueur et leur bout atteignait facilement un tirant d’eau entre 3,5 m et 4 m. Ce qui, selon lui, permettait aux bateaux d’accoster et de charger les arachides. « C’est pour cette raison que le bateau Diambogne ne peut toujours pas accoster au port construit à Ndakhonga, sur la rive droite, car il faut encore draguer du chenal jusqu’à cet aménagement », indique M. Warore.

Une relance de Foundiougne espérée avec le Pse
Il convient, selon Maurice Ndéné Warore, de rendre navigable le chenal à partir de l’embouchure jusqu’à Foundiougne, sur une distance de  65 kilomètres. Et d’y effectuer des balisages et de prendre en charge l’exploitation de la végétation du département de Foundiougne qui est le poumon vert du Saloum, notamment dans le Niombato et les îles Betenty qui sont encore couverts de forêts. Il y a aussi le parc du delta du Saloum et les îles du Gandoul qui sont couvertes de forêts de mangrove. « C’est dire que toutes ces données géographiques et naturelles devraient permettre de relancer Foundiougne et le hisser au rang de centre économique. Elles permettent des initiatives dans différents domaines comme la navigation maritime et continentale, la renaissance du port, le développement du tourisme, l’agriculture, la pêche, la pisciculture et l’ostréiculture, de même que l’apiculture », indique Maurice Warore.

Il suffit, à son avis, de prendre en compte le développement de Foundiougne à partir d’un réseau routier qui entrerait dans le désenclavement de la Casamance et de l’intégration sénégambienne. « Nous sommes à l’heure du Plan Sénégal émergent (Pse), il s’agit de développer tout le Sénégal de manière équilibrée. Le développement d’un quelconque coin du pays qui entrainerait le recul d’un autre ne serait point pertinent et ne serait pas non plus une action de développement, mais une croissance isolée. Le Pse ne devra pas être une addition de croissances, mais une multiplication d’actions de développement durable », fait-il savoir.

Par Mohamadou SAGNE, Samba Oumar FALL (textes)
et Ndèye Seyni SAMB (photos)

Last modified on vendredi, 09 juin 2017 15:18

Les ex-ami(e)s fêtard(e)s

09 Jui 2017
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Bientôt deux semaines que l’on jeûne à Dakar. Un constat : une nouvelle spiritualité a pénétré l’âme de beaucoup de mes ami(e)s. Ceux et celles qui, avant le début du Ramadan, peuplaient « mbed u naari » (le chemin de l’enfer) où avaient cours, à côté des rivières d’eau de feu, une musique non-stop, des scènes d’amour illégitimes et des bagarres sanglantes, manquent, aujourd’hui, à l’appel du bataillon des « kafr » (infidèles).

Pour votre information, mes ami(e)s, des néo-converti(e)s, ont un autre chemin de passage : « mbed u neeg u Yalla » (voie menant à la mosquée). Ces hommes et femmes, de mes connaissances, sont entrés dans une nouvelle vie et se sont engagés à réformer leurs mœurs en s’accrochant aux fondamentaux religieux. Ces néo-convertis dont l’âme n’a jamais été scellée autour de Dieu ont, depuis l’entame du mois de Ramadan, décidé de s’échapper de ces chaudes nuits dakaroises qui, il y a peu, les enveloppaient, de tourner le dos aux plages qui, il n’y a guère longtemps, se déroulaient devant eux, et aux dancings qui, récemment, s'ouvraient à eux.

Mes ami(e)s ont incendié leur « nid d’amour » où, dans un passé récent, il n'y avait plus de réalité à certaines heures. C’était ces heures pendant lesquelles il n’y avait que le plaisir, le rêve, la poésie, le charme et la folie des sens. En ce mois béni de Ramadan, ils ont enterré leur vie de fêtard(e)s. Est-ce pour de bon ?

Par Cheikh Aliou AMATH

Mbaye Guèye, ancienne gloire de la lutte sénégalaise, a marqué son époque. L’homme, toute sa carrière durant, a drainé de nombreuses foules acquises à sa cause. Aujourd’hui, il savoure tranquillement une retraite bien méritée.

Assis sous un arbre, le buste droit et les jambes écartées, le corps reste athlétique malgré le poids de l’âge. Les années d’efforts fournis au bord des plages pour se muscler ou maintenir la forme ont laissé quelques petites séquelles. Le premier « Tigre de Fass » a de beaux restes. La génération qui l’a vu lutter apprécie son courage légendaire et sa détermination sans faille. L’autre génération, celle qui ne l’a pas vu batailler, n’en demeure pas moins attachée aux prouesses du premier « Tigre de Fass ».
Mbaye Guèye a, malgré les années qui passent, gardé sa bonne réputation de lutteur légendaire. C’est parce qu’au fond l’homme ne s’est véritablement jamais tenu à l’écart des arènes. Comment y parvenir ? Difficile ! Chez les Guèye, la lutte est un legs qui se transmet de génération à génération. « Mon grand-père était, à son époque, un très grand lutteur craint de tous. Il a fait mordre la poussière à tous ceux qui ont osé se frotter à lui dans une arène », témoigne-t-il. Comme son aîné, il a, lui aussi, marqué son temps autant dans les « mbapatt « (combats de lutte populaire) que dans l’arène nationale. L’autre « Tigre » de la famille se nomme Moustapha Guèye, petit frère de Mbaye Guèye. C’est dire que chez les Guèye, la lutte est dans le sang.

Après avoir tenu en haleine les amateurs de lutte pendant plusieurs années, Mbaye Guèye profite présentement d’une retraite bien méritée. Il tient actuellement domicile en banlieue dakaroise, plus précisément à Fass Mbao. Ici, il est devenu un notable, un sage à qui on fait continuellement appel pour échanger sur divers sujets. Il se montre d’ailleurs particulièrement disponible dès lors qu’il s’agit de prodiguer des conseils ou donner des orientations aux jeunes. « Mbaye est d’une disponibilité marquante. Il est tout le temps prêt à vous accorder de son temps », témoigne un de ses voisins.

Il reste l’un des lutteurs qui aura le plus marqué les générations des années 1970-1980. Il a à son actif près de 80 combats en deux décennies dans l’arène. A l’époque, un lutteur ne pouvait pas se permettre de rester plus de six mois sans se frotter à un adversaire. « C’était une question d’honneur », se souvient-il. Et dire qu’en son temps les cachets étaient nettement moindres par rapport à ceux d’aujourd’hui. En 1973, un des combats de Mbaye Guèye avait défrayé la chronique. Pour cause, le lutteur avait empoché la « rondelette » somme d’un million de FCfa pour affronter Saa Ndiambour. 

« Une énorme somme à l’époque », se souvient-il. A l’occasion, le stade avait fait le plein. Certains n’ont d’ailleurs pas pu y avoir accès. Les gradins étaient archi pleins. Les lutteurs venaient ainsi de percevoir le premier cachet d’un million de FCfa, mais le promoteur pouvait également être fier d’avoir organisé une telle confrontation. Chacun a su, au final, tirer son épingle du jeu. Aujourd’hui, un cachet pourrait avoisiner la centaine de millions par lutteur. « A chacun sa génération. A chaque génération sa chance », relativise t-il.

Tigre de Fass
Le sobriquet de « Tigre de Fass » colle encore à la peau de Mbaye Guèye. Mais, au fait, d’où vient ce surnom ? « C’est un journaliste du quotidien national « Le Soleil » qui m’avait surnommé ainsi au sortir d’un combat âprement disputé », se souvient-il. Ce jour-là, Mbaye Guèye, bien que blessé, a lutté jusqu’au bout, ne se laissant guère déstabiliser par ses blessures. Il finira vainqueur de cette légendaire confrontation, avec à la prime le surnom de « Tigre » qu’il trainera honorablement jusqu’à la fin de sa carrière. Il fait, sans doute, partie des anciens champions de lutte qui auront le plus marqué leur temps.

C’est en 1964 que le « Tigre de Fass » débute sa carrière dans les « mbapatt ». Là, Mbaye Guèye se fait remarquer. Sa technique, son endurance, sa détermination marquent plus d’un. Son nom fera le tour du pays avant qu’il ne décide même d’intégrer l’arène nationale. C’est en 1964 qu’il intègre l’arène nationale. Il en ressort en 1970 pour aller honorer son service militaire. Après sa durée légale, il signe son retour dans l’arène au grand bonheur des nombreux amateurs. « Mbaye Guèye était un combattant charismatique. Vous pouviez ne pas le supporter, mais vous tombiez forcément sous son charme. Il était en quelque sorte irrésistible », témoigne James Seck, un incorrigible amateur de lutte.

Agé aujourd’hui de 50 ans, James assure avoir assisté à la plupart des combats du premier des trois « Tigres de Fass ». De Mbaye Guèye, il ne garde que de bons souvenirs. Parmi les mémorables souvenirs, James évoque les confrontations contre Moussa Diamé, Souleymane Diaw et Double Less. Justement, il s’est frotté à deux reprises au dernier de la liste. Dans la première confrontation, il s’est retrouvé avec une défaite. Le second combat a eu lieu en 1977. Il est resté sans verdict.

Par Oumar Ba

« Les victimes du Net »

02 Jui 2017
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« Les victimes du Net ». C’est une initiative lancée, ces derniers jours, par des tiers déterminés à « faire cesser, sur internet et les réseaux sociaux, les insultes, calomnies, diffusions de fausses nouvelles, etc. » dont le but manifeste est de salir de bonnes gens. Leur idée est bonne. Le combat qu’ils comptent mener doit mobiliser beaucoup d’entre nous. En effet, nous devons nous impliquer et, à leurs côtés, rappeler à ceux qui l’ont oublié et apprendre à ceux qui ne le savent pas que le Net n’est pas un « repaire » où des mal éduqués se retranchent pour ne débiter, à partir de leur clavier, que des insanités, des obscénités et des vulgarités. 

Des nouvelles salaces sur une mère de famille, des racontars sur un couple célèbre, des contre-vérités sur le voyage d’un chef religieux, des propos irrespectueux sur nos hommes et femmes politiques, sont l’œuvre d’esprits malfaisants que « Les victimes du Net » et ceux qui les soutiennent se proposent de mettre à l’index et de combattre. Les mauvais utilisateurs du Net et des réseaux sociaux ont, aujourd’hui, un sacré « client » qui va désormais leur apprendre à réfléchir sur leurs propos concernant la vie privée de personnes qui leur sont, souvent, totalement inconnues. Totalement dégoûté par cette façon de clouer au pilori certains compatriotes pour un oui ou un non, j’invite ceux qui s’en gaussent à aller fouiller dans les catacombes de leur propre vie. C’est sûr qu’ils y trouveront quelques faits, gestes et images personnels qu’ils refuseront, pour tout l’or du monde, d’étaler sur la toile.

Comme moi, vous avez certainement constaté que ces mal éduqués du Net sont trop portés sur des futilités : sexe, sang, déballage. Ne comprennent-ils pas, ces mauvais utilisateurs du Net, qu’ils doivent s’élever par l’esprit ? Au Sénégal, l’on doit s’échiner à développer l’agriculture, à défendre et à sauvegarder l’environnement, à prodiguer des soins de santé de qualité, à instruire et à éduquer les jeunes, à créer des richesses et des emplois… Vaste programme devant nous éloigner des insanités, obscénités et vulgarités !

Par Cheikh Aliou AMATH

A quelques foulées de cheval du poste de Karang, à la frontière entre le Sénégal et la Gambie, une route latéritique bordée d’anacardiers mène au village de Sirmang, reconnaissable à mille lieues par son imposant minaret qui dévisage les cieux. Ce bourg du département de Foundiougne, se trouvant à une trentaine de kilomètres de la capitale gambienne, Banjul, et dépourvu d’infrastructures, vit principalement d’agriculture et d’élevage. Diverses ethnies, témoignant des liens historiques entre les peuples sénégalais et gambiens, y développent une étroite solidarité. Dans ce patelin tranquille, on satisfait encore au principe de fraternité. On accueille les âmes d’ici et d’ailleurs avec le sourire et s’emploie à trouver remèdes à leurs maux, à dissiper les craintes et à entretenir les espoirs en faisant se mouvoir le visiteur dans un univers religieux qui ne nie point ses croyances ancestrales. Plongée dans un cosmos de ferveur religieuse et de délivrance des souffrances.

Vendredi- Le ciel darde ses rayons. Les rues sont désertes. Il n’y a que quelques mômes, des écoliers en tenue sur le chemin du retour et un cheval s’emballant qui leur donnent vie. Un haut-parleur perché sur le minaret distille des mélodies divines apaisant un grand arbre feuillu et branchu qui donne de l’ombrage à la devanture de la maison de l’homme de Dieu El Hadji Mama Ansou Niang. Un homme affable, d’une touchante humilité, neveu du marabout, y accueille les visiteurs. « Allez dans cet endroit là-bas, vous y trouverez deux bassines remplies d’eau bénite, formulez vos vœux avant de vous en asperger », dit-il en guise de bienvenue en pointant du doigt le « mouroir » des angoisses. A l’intérieur, le décor est presque austère ; juste un portemanteau dentelé bien serré sur la porte, deux bassins et une puisette pour apaiser ses angoisses.

Deux frêles garçons venus de Diourbel, les mines affligées, se conforment au rituel dès leur arrivée avant d’espérer rencontrer le marabout, Cheikh Tidiane Niang, digne continuateur de l’œuvre de son père. Ils en ressortent l’un après l’autre avec de légers chuchotements. Le dévoué et prévenant « chambellan » formule des instructions à leur endroit avec quelques marques de déférence comme s’il « aspirait » leurs maux par ses paroles rassurantes. Il affiche la même disponibilité pour chaque « patient ». Mamadou, « boulanger » venu du département de Mbour, lui, est un habitué des lieux. Il y vient depuis quelques temps pour soigner un mal qui le ronge depuis des lustres. « C’est un ami qui m’a conseillé de venir dans ce village. Depuis, après avoir rencontré le marabout, je reste ici toute la journée parce que j’ai fini par m’y plaire. Au-delà de l’amélioration de mon état de santé, il y a un sentiment de sécurité qui m’habite grâce à la prévenance et à l’amabilité des gens. Ils n’ont jamais exigé de moi un paiement pour les soins prodigués. Je donne en fonction de mes possibilités », dit-il. Des hommes et des femmes, comme ce couple gambien, y affluent pour s’attirer les bénédictions divines. Cette magnanimité est cultivée depuis des décennies par un ascendant, Cheikh Al Islam El Hadji Mama Ansou Niang, qui, loin de la lumière aveuglante des privilèges terrestres, s’est très tôt destiné à servir l’humain. La gratification divine vaut tous les sacrifices. Elle est le mobile de toutes les actions. Sirmang, c’est surtout une terre de dévotion. La ferveur religieuse donne une idée claire de l’immensité de l’œuvre du Cheikh qui a construit la grande mosquée en 1971. Son fils aîné, Cheikh Tidiane Niang, à la rhétorique exquise et à la science religieuse reconnue, en est l’Imam. Dans ce temple, les prières sont interminables. On implore le Seigneur pour qu’Il couvre les morts de sa miséricorde, pour que les continuateurs portent dignement le flambeau allumé par l’honorable créature et que soient menées à la prospérité du village toutes les actions.

Salon de toutes les espérances
Après la prière, les fidèles se ruent chez le patriarche. Les hommes prononcent les panégyriques à la gloire du Seigneur. Les femmes, à une encablure, suivent la cadence. Arrivés dans la cour de la maison familiale, ils tendent leurs mains pour recueillir les prières de l’imam avant de rencontrer le Cheikh si la santé le lui permet. Un grand salon, celui-là même où s’allongent les corps en quête de répit, accueille les premiers arrivés. D’autres se contentent de la cour. La « marée » dévote est productive d’émotions, de sentiments puissants et apaisants. L’image est fascinante. Elle est même émouvante. Cheikh Tidiane Niang et son jeune frère Abdou Aziz s’asseyent à côté de leur père marqué par le poids de l’âge mais la posture toujours digne, le visage rayonnant de la lumière des âmes que Dieu célèbre sur terre. Ses descendants rappellent aux nombreux fidèles les enseignements du Cheikh dont la source inspiratrice est la parole du Seigneur, le Coran. La présence de El Hadji Mama Ansou Niang emplit la salle d’espérances. Il produit un halo d’altruisme et de pureté.

Dans cet univers de ferveur, on donne beaucoup d’importance au Coran. C’est pourquoi, tout est fait pour que le « talibé » soit dans des conditions idoines pour réaliser des performances. Il a très tôt été expérimenté, ici, ce que les autorités publiques ont appelé des « daara modernes ». Dans les écoles coraniques de Keur Sette et de Sirmang, les apprenants, en internat, n’ont pas besoin de mendier pour se nourrir. On fait confiance à la terre et aux vertus du travail. Des élèves viennent de tous les horizons pour s’abreuver à la source du Coran dans un cadre approprié. Les enseignements sont dispensés dans des salles de classe avec près d’une dizaine de bâtiments. Les effectifs (des centaines) sont constitués d’enfants et d’adultes. La satisfaction d’avoir contribué à propager la parole de Dieu suffit au bonheur du guide religieux et à supporter un tel fardeau. L’idée, c’est de répandre le message divin, de former les hommes d’aujourd’hui et de demain et d’œuvrer pour une humanité en paix avec elle-même. On y apprend le Coran et les sciences islamiques et forme les pensionnaires aux métiers de la vie en fonction de leur inclination.

Cheikh Aliou AMATH,
Alassane Aliou MBAYE (textes)

Last modified on vendredi, 02 juin 2017 15:53

Il est un modèle d’humilité aux valeurs discrètes. L’œuvre du Cheikh El Hadji Mama Ansou Niang est transcendante. Elle éclaire les fidèles et répand une lumière, par la prégnance de ses recommandations, sur l’humanité. Retour sur la vie du phare de Sirmang.

En 1927, A Niodior, une île peuplée de Sérères, pour la plupart de valeureux pêcheurs, venait au monde El Hadji Ousmane Niang, plus connu sous le nom d’El Hadji Mama Ansou Niang. Il est d’un lignage royal car son père, Mouhamadoul Mahdy, est un descendant du célèbre roi Mansa Moussa. Seydatou Khadidiatou Diop, dont la piété était reconnue, est sa mère.

Sa famille l’a très tôt fait explorer les océans de la foi. Son réputé ascendant, Mouhamadoul Mahdy, connu pour la grâce dont le Seigneur l’avait couvert, sa dévotion et sa grandeur d’âme, implorait son Créateur de le gratifier d’une progéniture ancrée dans les valeurs de l’Islam et qui serait un phare pour les générations futures. Ce qui le mène à Diourbel pour solliciter les prières de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké afin que Dieu exauce ses prières. Arrivé sur cette terre du Baol, il a dû attendre trois nuits pour être reçu par l’inspirateur de la voie mouride plongé dans une retraite spirituelle. Ses deux compagnons, lassés d’attendre, n’ont pas eu cette patience. Lorsqu’il a été reçu, Cheikh Ahmadou Bamba, après qu’il lui a touché un mot sur l’objet de sa venue, lui prédit l’exaucement de sa prière mais le prévient en ces termes : « En acceptant d’échanger cette vie présente contre celle-là future, tu perdras tous tes biens matériels ». Ce qui a été observé quelques temps après son retour à Niodior. Les mésaventures s’en sont suivies au point que le bienfaiteur n’arrivait plus à aider les gens qu’il couvrait de sa générosité. Il décide alors de quitter son île pour aller s’installer au village de Santhi Wali. C’est en 1958, à Kaolack, qu’il a rendu l’âme au Seigneur qu’il a adoré toute sa vie.

Selon Ousmane Cissé, El Hadji Mama Ansou Niang entame, très jeune, son éducation religieuse auprès de son frère Kéba Fodé. A la mort de ce dernier, il est envoyé à Sipho (Gambie) auprès du réputé marabout Mouhammad Lamine Kanté. Celui-ci lui inculque une éducation spirituelle et le forge mentalement pour qu’il soit apte à recevoir un apprentissage islamique complet. Dans ce terroir, il parfait ses connaissances religieuses, maîtrise parfaitement le Coran, la chari'a, la rhétorique arabe, l’histoire et les sciences ésotériques. Le dévoué apprenant choisit alors une vie d’ascète, renonçant ainsi à toutes les jouissances aveuglantes d’ici-bas afin d’atteindre les objectifs qu’il s’était fixés. Il s’attache à être digne de l’amour, de la gratitude et des prières de son guide spirituel et à accomplir le vœu le plus cher de son défunt ascendant pour que les générations futures trouvent en lui l’exemple qu’il a voulu qu’il soit pour l’humanité. Il s’arme de persévérance et de patience bien que ne disposant pas de moyens pour étudier.

Apprendre, enseigner et adorer
Lorsque Cheikh Mouhamadou Lamine Kanté s’est rendu compte que son élève a acquis de profondes connaissances religieuses et atteint la maturité des érudits et qu’il l’a jugé apte à transmettre son savoir, il le libère et lui ordonne de retourner auprès des siens avec tous les titres que son abnégation lui a permis d’avoir. Il lui prodigue ces conseils rapportés par El Hadj Mama Ansou Niang lui-même : « ne réside pas dans ton village. Etant une île qui ne connaît que la pêche, tu risques de t’y confiner, alors que tel n’est pas ta destinée. Choisis un endroit convenable pour toi et tes étudiants afin de leur inculquer un enseignement de qualité ». Le Cheikh rentre ainsi dans son village auprès des siens où il est resté deux ans.

En 1965, il se rend à Sokone et réside chez le grand érudit El Hadji Ahmadou Dème pour l’éclairer de ses conseils quant au choix du lieu de résidence. Le saint homme, qui le connaissait déjà, apprécie ce geste, cette déférence et lui indique un endroit entre son village Sokone et Karang. Sirmang devient alors son champ de dévotion et de propagation de la parole de Dieu. Il a été bon prophète car ce village est devenu, en l’espace de quelques décennies, un univers où sont développées des valeurs islamiques, humaines. Sa renommée dépasse les frontières du Sénégal et de la Gambie. Beaucoup de talibés y bénéficient d’une bonne formation dans les sciences religieuses dans des conditions appréciables. La prégnance du discours d’El Hadj Mama Ansou Niang, parce que tiré d’une source immuable et universelle, fait que sa voix porte. Elle transcende les obédiences.

A tous ses disciples et à toute personne venue solliciter ses prières, il recommande la purification du cœur et de l’âme. Car, c’est là que réside l’essentiel. Aujourd’hui, le patriarche de toute une communauté dévote, regarde, apaisé, sa progéniture emprunter les allées de la foi comme l’avait souhaité son ascendant pour lui et sa descendance. Elle continue de composer le triptyque : « apprendre, enseigner et adorer Dieu » (Diangue, diangalé, diamou). Les traditions historiques parleront improprement de saga un jour. Ici, il s’agit d’un renouvellement d’une allégeance perpétuelle à des vertus, à des valeurs et à un message divin.

C. Aliou AMATH et A. Aliou MBAYE

Famara Ndour, après 25 ans, à braver la mer- ou à la dompter- avec ses bateaux, parle toujours de la voile avec une touchante passion. La navigation à la voile, plus qu’un banal parcours le long des étendues d’eau, c’est sa vie, sa préoccupation quotidienne qui l’arrime à Foundiougne depuis toujours. Il en est, ici, à la fois le précurseur et le promoteur. Il se donne comme exaltante mission d’y développer ce sport nautique pour donner à ses concitoyens la chance de vivre ses joies infinies et ses aventures fabuleuses.

C’est comme si Famara Ndour était condamné à braver la mer ; lui, le « petit » Sèrère qui s’ennuyait à Foundiougne à assister un oncle dans un petit commerce pour ne pas tomber dans le désœuvrement après l’arrêt de ses études et les tentatives pour être enrôlé dans l’armée. Ses infortunes agissaient sur son fabuleux destin. Un matin, en effet, au hasard des rencontres, un homme blanc, français de nationalité, interrompt la routine dans laquelle il croupissait. Fabrice, alors jeune navigateur français, veut acheter une cassette audio « originale » de Youssou Ndour après qu’il l’a cherchée vainement à Dakar. Dame fortune le mène chez Famara où il en reste une seule. Les deux bonhommes ont un bon feeling. On s’invite à manger. « Il venait d’arriver à Foundiougne avec son bateau. Il se plaisait à venir papoter à la boutique de mon oncle que je tenais pour juste m’occuper. Un jour, il me confie son voilier parce que devant se rendre en France pour deux mois et me propose un salaire de 30.000 FCfa par mois. Ce qui était une aubaine pour moi qui n’avais pas de revenus », se souvient-il, heureux d’avoir eu du pot. On est alors en 1989. Pour la première fois, le natif de Foundiougne met les pieds dans un voilier. « C’était un challenger », se rappelle-t-il. C’est le début de « l’odyssée » marine. La passion devient, de jour en jour, plus ardente. Après la première remontée sur Dakar avec Fabrice de retour au Sénégal, elle devient brûlante. Il passe un mois au Cercle de Voile de Dakar et perce davantage cet univers. De temps en temps, lui et son nouvel ami s’offrent quelques sorties pour parcourir les bolongs du Saloum, de la Casamance et quelques traversées vers les îles du Cap vert… ; ce qui l’accoutume à la pratique si bien que le tandem ne se quitte plus.

Après un énième voyage en France, Fabrice, accompagné de sa copine, sa future épouse, l’invite à faire une sortie en mer pour se rendre en Casamance. « Cela a été une expérience à la fois difficile et enrichissante pour mon apprentissage de la voile », confie Famara. Ce jour-là, la mer est agitée, le vent de face complice de leur infortune. Le moteur et les voiles les enlisent dans la misère. Néanmoins, Famara ne faiblit pas devant l’adversité. Un bateau contacté grâce à la bande des très hautes fréquences (Vhf) les sort de la galère temporairement en les remorquant pendant trois tours d’horloge pour les larguer à Djifer. Béa, la dame de cette périlleuse aventure tombe malade. Comble d’infortune, Famara doit ramener le voilier seul à Foundiougne pour permettre au couple de ne pas rater son vol. L’expérience est concluante. Un mental se forge.

La mer, espace de rencontres
Par la suite, Fabrice cédant devant l’insistance de sa femme, reste deux ans en France pour se construire un plus gros bateau. Il fait cadeau au jeune féru de la navigation de plaisance du petit bateau. C’est son premier voilier. Le « toubab » l’incite alors d’en user dès qu’il y a du vent et d’en faire jouir des touristes pour en tirer gain. « Et c’est grâce à cela que je me suis marié, j’ai construit ma maison, fait de belles rencontres, voyagé pour découvrir plusieurs endroits », jubile-t-il fier d’avoir joint l’utile à l’agréable. 17 ans après, il s’achète un petit bateau de course en remplacement du premier. Il s’offre ensuite un Sangria, choisi à Dakar parmi les nombreux bateaux délaissés par leurs propriétaires, acheté à un bon prix et conduit à la voile de Dakar au Saloum par un Famara téméraire qui entreprenait sa première navigation hauturière en solo.

La mer est le point de convergence des amoureux de la voile. On y noue des relations viscérales. La « flamme » des eaux assiègent leurs esprits et nourrissent leurs âmes. Un matin, Famara y croise, en train de naviguer, une petite française d’une grande famille de plaisanciers à qui a appartenu son nouveau joyau, le Sangria. Cette dernière en a été bouleversée. Ses propos, ses effusions devrait-on dire, sont un éloge à l’audace de l’enfant de Foundiougne : « Regardez bien ce petit voilier qui navigue à quelques encablures de Skol. Il a trois propriétaires remarquables, ce joli petit bateau : premièrement, c’est un Sangria, un bateau de grande série qui a le même architecte que notre Jurançon, un cousin donc, une silhouette que nous connaissons bien. Secondairement, il est manœuvré par deux Noirs et zéro Blanc, ce que nous n’avions jamais vu jusqu’à ce jour. Troisièmement, il marche au près, c’est-à-dire de manière pointue contre le vent et nous avons le plaisir d’observer plusieurs virements de bord qui marquent une véritable maîtrise de la voile occidentale et une longue pratique. Un petit mystère pour nous ». Le marin de Foundiougne se meut allègrement donc dans un univers préconçu pour des êtres d’ailleurs !

Le précurseur
Marquée et rassurée par la personnalité de Famara et sa passion pour la voile, et devant se rendre en France, comme Fabrice, il y a quelques années, elle lui confie son bateau et lui fait cadeau d’un « bijou » de famille à son retour : un instrument de navigation provenant du bateau fétiche de sa maman. « Ce personnage étonnant aura été l’un des rares hommes dans ce pays qui nous aura rendu service sans rien attendre de nous, sans chercher à en tirer un avantage, une bonne affaire, sur le champ ou plus tard », témoigne-t-elle, heureuse d’échanger sur sa passion à des milliers de kilomètres de chez elle, dans une petite commune perdue dans le Sine-Saloum.

Les sports nautiques sont considérés, au Sénégal, comme la marotte de la sphère des gens opulents eu égard à la cherté de la logistique. Toutefois, Famara Ndour essaie, depuis quelques années, à les promouvoir dans son patelin, avec les moyens du bord et au détriment parfois de ses économies. « Il est nécessaire de partager mon savoir et le bonheur que procure cette pratique ». Il s’échine à donner corps à cette ambition. Aujourd’hui, il dispose de quelques bateaux (dont un qui s’appelle Youssou Ndour pour faire un clin d’œil à l’histoire) qui lui permettent d’initier des personnes à la voile afin de trouver des relais au sein de la population.

En collaboration avec un Italien qui a un club de voile à Ndangane, il compte s’investir davantage dans la formation des jeunes. Grâce aussi à des amis, il attend 17 bateaux pour donner plus de marge à cette pratique dont il est le précurseur à Foundiougne. « La priorité, c’est la formation des formateurs, des futurs moniteurs. Car, c’est un vaste chantier que je ne saurais entreprendre seul. Nous devons profiter de ce plan d’eau pour former les champions de demain », souligne-t-il tout en espérant que les pouvoirs publics y participeront. L’attribution d’un espace, par simple indication de leur probable champ d’intervention, leur serait utile ; celui occupé actuellement est un domaine privé. En attendant, Famara entretient sa passion et ses bateaux même s’il faut se priver de quelques plaisirs.

Par Alassane Aliou MBAYE

Foundiougne est une terre d’espoirs entretenus par ses potentialités et un champ étendu que sa jeunesse s’échine à ensemencer malgré les obstacles qui se dressent devant elle. L’emploi en est un malgré les promesses des graines semées par les agences de financement dédiées aux jeunes. Le sport, hormis la lutte traditionnelle, lieu de refuge et d’accomplissement social, peine à sortir la tête de ses enchanteresses étendues d’eau. Le manque d’infrastructures sportives et culturelles, cadres de distraction par ailleurs, sont des obstacles à l’épanouissement des jeunes et à la réalisation de performances.

Une dizaine de jeunes conversent sous des arbres feuillus autour d’une table encombrée de récipients, de bouteilles et de divers autres gadgets électroniques. Dans une chaleureuse ambiance, ils parlent avec enthousiasme de la première édition de l’événement culturel « Foundiougne reggae man groove » qui regroupe plusieurs chanteurs de reggae des Iles et des environs. On semble l’attendre avec impatience car, hormis le Festival annuel de Foundiougne, le « peuple » bûcheur de cette zone de la région de Fatick est rarement convié à de pareilles réjouissances même s’il peut se prévaloir d’avoir été deuxième lors du Festival national des arts et des cultures (Fesnac).

Les jeunes cherchent plutôt à s’assurer un avenir meilleur. « A l’époque, quand le bateau de croisière, Bou El Mogdad, était encore là, beaucoup de jeunes s’activaient dans le tourisme. En plus de cela, l’hôtel Le Piroguier a perdu de son attrait. Il y a moins de touristes et naturellement les personnes qui en tiraient des revenus substantiels ont vu leurs gains fortement baisser », indique Alcaly Diamé. Comme lui, beaucoup de jeunes de la localité ont embrassé le métier d’enseignant pour se prémunir contre l’incertitude. D’autres ont investi le transport avec les motos-taxis « Jakarta » qui pullulent sur les deux rives. La pêche à la crevette est également une des principales activités des jeunes bien qu’elle soit moins florissante aujourd’hui avec la baisse de la production et la concurrence de pêcheurs d’autres localités qui viennent y chercher fortune.

Toutefois, pense le chef de service départemental de la Jeunesse de Foundiougne, Seny Ndiaye, les financements attendus de l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi des jeunes (Anpej) et du Projet d’appui à la promotion de l’emploi des jeunes (Papej) sont porteurs d’espoirs. Regrette-t-il juste les lenteurs notées dues à des malentendus sur les apports en ce qui a trait au financement que devrait octroyer le Papej qui a retenu 40 projets dont quelques-uns conçus par des femmes. L’Anpej a retenu, quant à elle, 30 projets faits par des jeunes. Il lui semble nécessaire de changer de paradigme en travaillant davantage à donner une bonne formation aux jeunes ; ce qui, à ses yeux, a plus de portée que les subventions accordées lors des activités de vacances.

Le sport collectif et l’absence d’infrastructures
Seyni Ndiaye Cdeps FoundiougneComme dans plusieurs localités du pays, les jeunes de Foundiougne se plaisent à s’adonner à la pratique du sport comme à la fois une activité récréative et un moyen pour se réaliser socialement. L’effervescence que suscite le « navétane » (championnat populaire) en est une parfaite illustration. Le département de Foundiougne compte 14 zones réparties dans les 17 communes. Les principales disciplines collectives qui y sont pratiquées sont le football et l’athlétisme. Le basket-ball est dans une profonde léthargie malgré les discrets sautillements du club fanion de la localité, le Foundiougne basket club qui n’a pas pu participer aux compétitions faute de moyens. L’équipe communale de football qui végète dans les divisions inférieures des compétitions organisées par la fédération ne s’est pas engagée cette année pour des problèmes internes.

Les équipes, Diofondor et Académie football club de Foundiougne, essaient d’exister au niveau régional. Le volley-ball et la voile sont à leurs balbutiements. La ligue de natation y a été récemment installée grâce à l’excellent plan d’eau que la zone donne à voir. La principale difficulté à laquelle le sport collectif est confronté à Foundougne, chef-lieu de département, est liée à l’absence d’infrastructures de bonne qualité. « Le stade municipal qui dispose d’une tribune menaçant ruine est dans un état de délabrement avancé. Le seul plateau dont disposent les basketteurs est dans un piteux état. Les autres zones environnantes comme Passy, Sokone sont mieux loties », déplore l’inspecteur des Sports du département de Foundiougne.

La cartographie des infrastructures culturelles dessine à peu près la même réalité. Toubacouta a un centre d’interprétation avec un théâtre de verdure pouvant contenir jusqu’à 700 places assises et des salles d’exposition alors que la commune de Foundiougne ne dispose que d’une salle des fêtes. Celle de spectacles, logée dans le Centre départemental d’éducation populaire et sportive (Cdeps) également en mauvais état, a été transformée en salle d’informatique pour un programme de formation gratuite des jeunes.

La lutte, un éclair dans la grisaille
Babacar DioufS’il y a un sport qui suscite une passion exacerbée de jour en jour, c’est incontestablement la lutte traditionnelle ; un culte entretenu par l’enthousiasme débordant des populations et des lutteurs qui en tirent fortune et gloire. Foundiougne est un grenier de la lutte. Depuis la réforme du drapeau du chef de l’Etat instituant les équipes, la région de Fatick s’illustre de fort belle manière. Il y a, à chaque fois, au moins trois lutteurs qui sont de Foundiougne. En individuel, sur les 19 éditions, 14 vainqueurs sont de Fatick avec une belle moisson pour les athlètes de Foundiougne. Ici, on lutte le jeudi, le vendredi, le samedi et le dimanche pour étaler ses prouesses et faire honneur à son village. L’arène municipale, en meilleur état que les infrastructures des autres disciplines, accueille, les soirs d’exhibition des possibilités du corps, des lutteurs et des gens férus de ce sport de divers horizons.

Chaque commune a un comité local de gestion. Avant l’ouverture de la saison, le président du comité départemental de lutte et l’inspecteur de la Jeunesse supervisent l’assemblée générale et l’élaboration du calendrier des compétitions. Chaque année, au moins 150 séances de lutte sont organisées dans le département. Chaque village choisit ses dates pour l’organisation des combats. La catégorisation des poids est en fonction des jours. Au-delà des aspects culturels et sportifs, la lutte est, dans cette zone, une activité et économique et sociale qui témoigne de la survivance des valeurs de solidarité. Les recettes issues de ces séances de lutte traditionnelle -les entrées étant payantes- permettent au comité local de participer à la bonne marche du village.

« Des classes ont été construites grâce à ces retombées ; des mosquées et des églises réfectionnées, des forages entretenus. C’est le village qui organise grâce à un fonds alimenté par des cotisations et un champ collectif. Cela leur permet également de prendre en charge les participants. Et nous, nous mettons à leur disposition des arbitres et des superviseurs. Nous ne nous occupons que de l’aspect technique », renseigne Babacar Diouf, président du comité départemental de lutte et également professeur d’Education physique et sportive. De plus en plus, des promoteurs, dont le fils de la défunte cantatrice Khady Diouf, Leyti Ndong, s’intéressent à ce milieu eu égard à l’engouement qu’il suscite et son intérêt grandissant. Le lutteur de Foundiougne ne jouit pas d’une grande célébrité comme celui de la capitale, Dakar, mais se fabrique un destin et cultive les valeurs de solidarité en faisant de ses triomphes un moyen de venir en aide à sa communauté. « Il y a beaucoup de lutteurs qui se sont constitués un cheptel grâce aux victoires engrangées lors des séances de « mbapatt ». Certains d’entre eux gratifient les organisateurs de bœufs à l’occasion des fêtes religieuses. C’est assez fort comme symbole de solidarité. Le lutteur ne s’extirpe pas de la réalité de son terroir parce que les victoires sont, ici, collectives ; ce sont celles de tout un village, de toute une communauté solidaire », magnifie Babacar Diouf tout en regrettant les horaires imposés par le regain des activités économiques. Les séances débutent vers 20 heures pour se poursuivre quelquefois jusqu’à 4 heures du matin.

« A l’époque, les joutes commençaient vers 14 heures pour se terminer à 19 heures. Malheureusement, à cause des marchés hebdomadaires et de certaines contraintes, nous entamons tard les séances. Cela pose un problème de sécurité et nous interpelle en tant que parents d’élèves. Nous ne voudrions pas non plus que certains en profitent pour se livrer à la débauche. Nous sommes en train de réfléchir à une meilleure formule », ajoute celui qui est par ailleurs entraîneur de lutte et de football (2ème degré).

Cheikh Aliou AMATH, Alassane Aliou MBAYE (textes) et Mbacké BA (photos)

Nous ne sommes plus en sécurité (les armes physiques sont moins périlleuses) ! Le dire est une lapalissade. On se couvre presque de ridicule à le ressasser. Le tumulte est devenu un élément du décor. Il nous cause une certaine appréhension et légitime beaucoup de nos actes. Cette insécurité, source de notre angoisse existentielle en ces temps fiévreux, redéfinit nos rapports et ouvre des brèches à tous les « doctrinaires ambulants » prompts à nous annoncer l’apocalypse et le début de leur « gloire éternelle » enivrant les âmes égarées et désespérés et ceux-là, particulièrement faciles à embrigader, qui larmoient sempiternellement sur leurs sorts. Il suffit de leur faire miroiter les lambris dorés. Ils sont les seuls dignes d’en jouir ! Ils étaient là quand le Seigneur s’est laissé aller à la confidence ! Les rebuts de « leur » société, en plus de l’opprobre dont ils seront couverts, seront soumis au supplice des âmes damnées. Il n’y a qu’une voie pour y échapper. La leur.

Le drame aujourd’hui, c’est que ces individus, grands rhétoriciens, pullulent dans l’univers du sacré et des promesses. L’insécurité est là. Nous n’avons plus d’emprise réelle sur l’éducation de notre progéniture. Les intrus produisent des interférences. Les ondes de « formatage » s’entremêlent. Qui ne s’est pas plaint, un jour, de ne plus reconnaître son fils, son neveu et le taciturne et déférent garçon du quartier qui adoptent subitement un langage ésotérique les poussant à s’abstraire. Le géniteur devient, pour le rejeton subjugué par le discours mystificateur, « cet homme qui n’a rien compris » au sens de nos petites existences. « Xamoul Yalla » (Il ne connaît pas Dieu). Le doux et sage garçon imagine son géniteur dans les ténèbres de l’enfer ! Il faut alors le sauver. Car, pour son gourou, qui lui a construit de nouveaux paradigmes, croupit dans l’ignorance celui-là qui est différent, qui a emprunté une autre allée pour raviver sa foi. La vie familiale devient une persécution quotidienne pour le nouvel illuminé au grand dam de ceux qui se sont toujours échinés à lui fabriquer un destin « normal », à l’entretenir, à le combler de leurs prévenances devenues encombrantes. Il s’isole parce qu’il faut « sauver la planète » ! C’est l’exaltante mission du môme dont le lait maternel n’a pas encore fini de cailler dans sa « panse » ! L’esprit formaté, il devient l’exécuteur des toquades de son nouveau mentor (Qui sait, celui-ci voudra peut-être un jour faire pâlir certains d’horreur).

Quelques (faux) dévots se plaisent à dessiner un monde qui les rendrait eux-mêmes moins sûrs de leurs étranges absurdités. Ils envahissent les foyers de leur présence encombrante en appâtant les crédules gens par de belles promesses. Ils détruisent des vies pour construire une zone d’influence emplie de leur ego et de leur inhumanité. Il n’y a, en effet, pire cruauté que celle-là qui détourne le fils de ses géniteurs désarmés. Sur cette terre, on s'offre, se soumet pour vivre d’espoirs entretenus par la « vénérable personnalité » qui n’ouvre la bouche que pour cracher sur des paumes moites et percluses d’admiration et de mysticité monnayée ; celle qui leur donne cette douce illusion de voir au-delà de la munificence de la nature et des étoiles (qu’ils sont les seuls à voir scintiller !), de pouvoir s’abstenir de « vivre ». Car ce monde, admettant la souillure, est indigne d’eux pour qu’ils en jouissent ! Il faut le regarder avec dédain ; ceux qui s’en entichent, avec plus de mépris encore. Ce n’est là qu’un leurre simulant leur goût du pouvoir et des honneurs. Le « confident » du Seigneur, l’intercesseur auprès de celui-ci, messie de quelques impies et autres libertins, est un épicurien (dans son espèce) aimant s’entourer de crédules gens qui ensemencent le champ de son égotisme. La désillusion sera leur moisson.

Par Alassane Aliou Fèré MBAYE

Après la cyberattaque, la crainte d’un « cyberchaos ». Dans la foulée de l’opération sans précédent qui a frappé plus de 200.000 victimes dans au moins 150 pays depuis vendredi, les experts redoutent une recrudescence du virus lundi lorsque des millions d’ordinateurs seront rallumés, en Asie notamment.

Microsoft, de son côté, a averti les gouvernements dimanche contre la tentation de cacher des failles informatiques qu’ils auraient repérées, comme cela a été fait dans le cas de cette attaque, où la brèche dans le système Windows utilisée par les pirates avait été décelée depuis longtemps par la NSA (L’agence de sécurité nationale américaine) avant de tomber dans le domaine public via des documents piratés au sein de la NSA elle-même.

« Un signal d’alarme »
« Les gouvernements devraient voir cette attaque comme un signal d’alarme », a insisté Brad Smith, le directeur juridique de Microsoft, dans un post de blog : « Un scénario équivalent avec des armes conventionnelles serait comme si l’armée américaine se faisait voler des missiles Tomahawk ».En attendant d’éventuelles nouvelles victimes, le bilan de cette cyberattaque mondiale est déjà imposant. « Le dernier décompte fait état de plus de 200.000 victimes, essentiellement des entreprises, dans au moins 150 pays. Nous menons des opérations contre environ 200 cyberattaques par an, mais nous n’avions encore jamais rien vu de tel », a déclaré dimanche le directeur d’Europol, Rob Wainwright, à la chaîne de télévision britannique ITV.

Et ce n’est sans doute pas fini, a ajouté le patron d’Europol, qui craint une augmentation du nombre de victimes « lorsque les gens retourneront à leur travail lundi et allumeront leur ordinateur », après un dimanche plutôt calme.

C’est le Graal de la réalité virtuelle. Une liberté de mouvement totale, qui permet de marcher ou d’esquiver les lasers de la bataille de Scarif (Star Wars : Rogue One). Alors que la technologie est pour l’instant coincée entre les câbles des casques haut de gamme et le manque de « tracking positionnel » des solutions mobiles, tout le monde tente de régler le problème. Et Google est, semble-t-il, bien parti.

« Pas de câble, pas de PC, pas de smartphone. » Clay Bavor, le vice-président en charge de la réalité virtuelle chez Google, a annoncé la sortie, d’ici la fin de l’année, de deux casques « tout en un » fabriqués par HTC et Lenovo utilisant sa plateforme de réalité virtuelle Daydream. Ils bénéficieront de ce qu’on appelle « six degrés de liberté », qui immergent le joueur dans un monde virtuel en lui permettant de tourner autour d’un objet et de se pencher pour regarder à l’intérieur d’un coffre ou au bord d’un précipice.

Google a développé la technologie Worldsense, qui détermine sa position dans l’espace uniquement avec des capteurs intégrés au casque, sans devoir recourir à des caméras ou des lasers placés dans la pièce. Pour cela, l’entreprise s’est appuyée sur les progrès de sa plateforme de réalité augmentée Tango, notamment développée pour scanner une pièce en quelques secondes.

Google est loin d’être le seul sur ce créneau. Facebook/Oculus travaillent sur le prototype « Santa Cruz », Intel a fait de nombreuses démos et Microsoft a réglé le problème du positionnement sur son casque de réalité augmentée HoloLens. Mais il n’est pas encore disponible pour le grand public et la version développeurs coûte 3.000 dollars. L’équation est complexe : il faut réussir à proposer une solution légère, sans lag, pas trop gourmande en batterie et qui ne surchauffe pas.

Selon The Verge, Google mise sur un prix plus proche de celui de l’Oculus Rift ou du HTC Vive (entre 500 et 800 euros), avec une différence majeure : pas besoin d’ajouter le coût d’un PC gamer à 1.000 euros. Forcément, en intégrant un ordinateur au casque, il faut sacrifier de la puissance. Un ingénieur de Google confie à 20 Minutes que l’expérience graphique est proche de celle offerte par la réalité virtuelle sur smartphone (Gear VR, Daydream View), mais Google a développé une technologie, baptisée « Seurat », d’après le peintre pointilliste, pour restituer une scène complexe avec moins de polygones.

Par le surfeur

Il a soixante-six ans. On lui en donnerait beaucoup plus. Il a la voix peu audible, la démarche chancelante mais Abdoulaye Diop trouve toujours la force de faire ce qui donne sens à son existence : monter sur les planches. Et cela jusqu’au dernier souffle de vie.

Tout est clair dans sa tête. Le théâtre, c’est son cheval de bataille. Il est d’une cohérence presque fascinante sans laquelle on le confondrait à un illuminé des temps nouveaux, avec son accoutrement de scène -celui des miséreux d’une pièce théâtrale-. Dans une grande maison, à Khombole, Abdoulaye Diop trimbale sa longiligne carcasse et son visage ridé en quête de vies à raconter. La sienne n’est pourtant pas sans intérêt. C’est le genre de personnage choyé par tous et ami de personne. Qui, dans sa solitude, voit le film de son existence se dérouler avec regret et amertume. Mais, lui n’a pas encore eu le temps de regarder le sien pour en avoir. Son art, il le conjugue au présent parce que « le théâtre, c’est un sacerdoce, chez moi, une chance de servir mon peuple. Et ça, ce n’est pas une chose qu’on arrête de faire », sort-il mollement de sa bouche « dépeuplée » de ses dents. Celles qui lui restent sont brunies par l’abus de tabac.

Son défunt père, guérisseur et maître coranique, aurait voulu qu’il choisît « une vie plus gratifiante ». S’il ne dépendait que du pater familias, cet encadreur et directeur artistique n’aurait jamais connu l’enseignement en français. C’est son parrain qui l’inscrit à l’école 1 de Khombole où il obtient son Cepe pour poursuivre ses études au lycée Malick Sy de Thiès. Dans cet établissement, en classe de quatrième, son prof d’espagnol, celui qu’il appelle toubab bi (le blanc) lui fait découvrir ses prédispositions pour l’art dramatique « après avoir brillamment accompagné de mimiques une chanson ». La référence du théâtre khombolois est née au détriment des études qu’il arrête en classe de Seconde. Il intègre la troupe Dahwatoul Islam, la plus significative de Khombole ; Islam, une manière peut-être pour rassurer les censeurs de la localité. Avec la compagnie communale qu’il quitte en 2004, Abdoulaye participe, à plusieurs reprises, à la semaine de la jeunesse et de la culture. De cette expérience, cet homme dur d’oreille se montre plus engagé pour des causes utiles à sa communauté. « Je suis le premier à avoir écrit une pièce théâtrale sur le Sida avec la collaboration de l’Organisation non gouvernementale Aprosor », se souvient-il fier. Lui et ses partenaires se produisaient dans des cours de maisons ou d’écoles, dans des rues à l’occasion des séances de lutte ou pendant la période des « Nawetaan ». Sa progéniture semble être attirée par la scène. « Mafille est la plus talentueuse », précise-t-il, ses yeux rouges illuminés de fierté. Celui qui n’a jamais eu de production filmée ne rase pas les murs pour avoir choisi un métier trop longtemps jugé dégradant. Autrement, « j’aurais dissuadé toute ma famille de s’y aventurer », jure-t-il. Chez lui, tout le monde est comédien. Seule la femme qui lui reste y a échappé. L’acteur au frêle corps souvent drapé dans des boubous traditionnels n’aime pas se lamenter. Il se contente de ce que la nature lui a donné. Que les pouvoirs soient indifférents à ce qu’il fait ne l’empêche pas de faire ce qui le passionne.

Ces donneurs de leçons-là !
Il est également trop vieux pour se préoccuper de ce que disent les gens à propos du métier qu’il a choisi. Le théâtre nourrit-il son homme ? « La question est malposée », selon lui. « C’est un sacerdoce, une révolution culturelle pour changer les mentalités et les adapter ». Son jeune frère, Serigne Abdou Diop, son clone, parle de lui, conquis par sa ténacité : « Les gens éprouvaient de la gêne à faire du théâtre mais lui, il ne s’est jamais préoccupé des médisances ». Encore moins de ceux qui prétendent pouvoir lui apprendre son art.

Il y a un épisode de son parcours qu’Abdoulaye raconte avec beaucoup de fierté. « Des gens ont voulu m’apprendre un métier que je fais depuis des décennies ». Il fait allusion à un ancien metteur en scène de la troupe nationale dramatique du théâtre Daniel Sorano. Ce dernier, dans le cadre du programme du Centre de lecture et d’animation culturelle (Clac), était chargé d’animer un séminaire de formation sur la mise en scène. « Au bout de quelques minutes, j’ai quitté la salle, n’y trouvant aucun intérêt. Ce n’était pas ma conception du théâtre », proteste-t-il. Aux explications d’un autre ponte sur l’écriture théâtrale, il n’accorde non plus aucune importance. Ce ne sont pas eux qui lui ont permis d’écrire son chef-d’œuvre sur le conservatisme traditionnel et le conflit générationnel que « malheureusement un de mes amis se plaît à plagier et à s’attribuer », dénonce l’homme à la barbichette et aux cheveux poivre et sel.

Abdoulaye ne donne pas l’air de vouloir trop s’épancher sur les retombées financières. En tout cas, pas autant que sur sa passion. Le théâtre, de son propre aveu, il n’en tire que la satisfaction d’avoir rendu service à sa communauté. Pour nourrir sa famille, le natif de Khombole s’est essayé à beaucoup de métiers. Il a été tisserand à la société textile sénégalaise, veilleur de nuit au centre de santé. Mais, « c’était plus du bénévolat », précise-t-il. La star des comédiens khombolois aurait également hérité de son père des dons de guérisseurs. Il n’en ferait toutefois pas un gagne-pain. « Un acteur culturel doit être généreux », justifie cet ancien militant de l’Union progressiste sénégalaise (Ups). L’homme aux multiples décorations a également adhéré à Aj/Pads (And-jeuf/Parti africain pour la démocratie le socialisme). Après la fissure du parti, il rejoint le fils de Khombole, Mamadou Diop Decroix. « Mais la politique et moi, c’est un mauvais casting. Je me vois plus comme acteur de développement au-dessusde la mêlée », dit-il. Il fourmille d’idées et d’initiatives. Grâce à son engagement, à son obstination, Abdoulaye a été conseiller municipal en 1972. Ce n’est rien à côté de la joie que lui a procurée son art.

Par Alassane Aliou MBAYE

Ramadan oblige

26 Mai 2017
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Demain, démarre le ramadan. Pendant ce mois béni, c’est une nouvelle spiritualité qui pénètre l’âme de beaucoup de Sénégalaises. Des amies, leurs 100 kilogrammes de féminité et de tendresse avec, optent de s’effacer devant leurs admirateurs. Mes cousines, grandes, claires et très bien faites, troquent leurs jupes et robes hyper courtes contre les djellabas.

Elles, qui sept jours sur sept, prenaient possession de nos rues et avenues, rôdaient autour des points-argent, squattaient les restaurants et donnaient le tournis aux hommes, décident de ranger, dans le placard, leurs légères et transparentes étoffes comme les tongs, shorts, décolletés profonds, minis et robes fendues. Bref, une subite spiritualité est née chez des milliers de Sénégalaises, les faisant entrer dans une nouvelle vie religieuse. Pendant ces prochaines 29 ou 30 longues journées de jeûne que dure ce court mois de ramadan, les demoiselles et jeunes dames, célibataires ou divorcées, réfrènent donc leur ardeur de croqueuses d’hommes.

Mois d’absolution de tous les péchés, mes cousines dévergondées soutiennent vouloir se consacrer pleinement aux dévotions pour se refaire une nouvelle virginité… au plan comportemental. Elles qui ne manquaient pas de culot et déclenchaient de fortes sensations qui faisaient se retourner les hommes quand elles les croisaient, vont devenir, provisoirement, de saintes nitouches. En s’emmitouflant dans les manteaux de la chasteté, elles sont parties pour nous cacher, d’ici à fin juin prochain, leur joli teint, mais aussi leurs fesses bombées, ongles, tresses et cheveux parfaits.

Par Cheikh Aliou AMATH

Après l'explosion qui s'est produite lundi soir dans l'Arena de Manchester en Angleterre, Ariana Grande, une chanteuse américaine de 23 ans, a fait savoir, sur Twitter, qu’elle est « brisée ». En conséquence, cette icône auprès de la jeunesse a décidé d'annuler ses prochains concerts en Europe.

Sous le choc, la chanteuse américaine Ariana Grande a dit être « brisée » par l'attentat perpétré dans l'Arena de Manchester, en Angleterre lundi soir. Alors qu’elle venait de terminer son concert, une explosion s'est produite, faisant vingt-deux morts et une cinquantaine de blessés, dont des enfants. « Brisée. Du fond du cœur, je suis affreusement désolée. Je n'ai pas de mots », a tweeté la chanteuse au petit matin. Elle pleure les vies d'enfants prises par cet attentat.

Ariana Grande devait se produire à Londres hier mais a décidé d'annuler le déplacement et de suspendre sa tournée européenne pour le moment, rapporte TMZ. Elle devait apparaître dans les semaines et mois qui suivent en Belgique, en Allemagne, en Suisse mais également en France, à Paris le 7 juin et à Lyon le 9. C'est en 2008 que l'adolescente née en Floride débute sa carrière à Broadway. Elle décroche le rôle de Charlotte, une pom-pom girl, dans la comédie musicale 13. Le spectacle restera à l'affiche pendant une centaine de représentations et permettra à la jeune fille, alors âgée seulement de 15 ans, de montrer l'étendue de ses talents.

Chanteuse, comédienne talentueuse
A la fois chanteuse et comédienne, un producteur la repère et lui propose le rôle de « Cat » dans la série Victorious, produite par les studios Nickelodeon. À l'instar de ses rivales Miley Cyrus et Selena Gomez, Ariana Grande devient rapidement une icône auprès de la jeunesse. Elle sort son premier album Yours Truly en 2013. Il atteint la tête du Billboard 200 et est encensé de toute part par la critique. L'année suivante, son deuxième album, My Everything, se place directement sur la première place du Billboard 200, ce qui fait d'Ariana Grande la première artiste féminine ayant eu ses deux premiers albums numéro un à la suite depuis Susan Boyle.

Sa popularité est à son zénith après son duo Problem avec Iggy Azalea. Le single se classe numéro un des téléchargements iTunes dans plus d'une cinquantaine de pays. Figure incontournable de l'industrie musicale américaine avec ses sons mêlant pop et R'n'B, la star de 23 ans a été élue en 2016 meilleure artiste de l'année aux American Music Awards. Aujourd'hui, près de 45 millions de fans la suivent sur Twitter et 106 millions sur Instagram.

Par Cheikh Aliou AMATH (avec Le Figaro)

Pour les spécialistes de la péninsule, il ne faut pas sous-estimer la capacité d'action des services de renseignements de Kim Jong-Un.
Un département spécial du renseignement nord-coréen serait à l'origine de nombreux virus et attaques informatiques à travers le monde...

Cellule 180. Ce serait le nom de code d’une unité d’élite des renseignements nord-coréens. A qui les spécialistes de Symantec attribuent - avec prudence - l’attaque informatique massive du malware WannaCry. Ce « rançongiciel », qui a touché plus de 200.000 ordinateurs dans 150 pays, attaque les ordinateurs fonctionnant sous les systèmes d’exploitation Windows de Microsoft. Il rend inaccessibles les fichiers des utilisateurs en les chiffrant et exige un paiement en échange de leur décryptage.

Une nouvelle cyberpuissance
Pillage de 80 millions de dollars à la Banque Centrale du Bangladesh, attaque du studio hollywoodien Sony : elles seraient toutes le fait de ces pirates professionnels de la cyber-armée nord-coréenne, selon le tansfuge Kim Heung-Kwang qui s’est confié auprès de Reuters. Celui qui a fait défection en 2004 aurait gardé de nombreux contacts avec d’anciens étudiants désormais au coeur de l’armée invisible du « leader supême ». Selon lui, ces pirates se font par exemple passer pour des employés de sociétés d’import-export, de filiales étrangères d’entreprises nord-coréennes ou de coentreprises avec la Chine afin d’opérer en toute discrétion hors de leur base.

Pour Dorian Malovic, auteur de La Corée du Nord en 100 questions, « on a toujours sous-estimé le régime de Pyongyang. Mais aujourd’hui on se rend compte qu’ils ont de très bons techniciens, que ce soit dans le domaine du nucléaire, des tirs balistiques et désormais en informatique donc. Kim Jong-un imprime ainsi sa marque dans ces trois secteurs et permet à son pays d’être vu comme une cyberpuissance. »

Mais il faut selon lui rester prudent sur l’attribution aux Nord-coréens. « La Chine a été particulièrement affectée par le ransomware.
Ce serait maladroit de la part du régime d’attaquer un des seuls pays qui est son allié. » De fait, WannaCry a touché massivement la Chine, car le pays compte énormément d’ordinateurs tournant encore sous XP, une version ancienne de Windows.

Malaisie, Chine, Cambodge : de nombreuses couvertures pour les pirates
Ces « génies » de l’informatique peuvent être formés en Corée du Nord mais aussi dans des université chinoises. Ou alors dans des pays où ils ont des facilités de visas. « Il y a notamment une très forte communauté nord-coréenne à Shenyang, dans le nord de la Chine. Ainsi qu'historiquement au Cambodge. Et plus de 8.000 ressortissants en Malaisie », poursuit Dorian Marlovic.

La Corée du Nord a en outre les moyens d’orchestrer une opération de cette ampleur, dans la mesure où le matériel pour effectuer ce genre d’attaques n’est pas particulièrement sophistiqué et surtout très accessible. Mais c’est en amont que le travail prend du temps. Comme l’explique Jean-Philippe Bichard, rédacteur en chef du site spécialisé Cyberisques, créer un malware tel que WannaCry « peut prendre beaucoup de temps, parfois plusieurs années, afin de le rendre le plus efficace possible ».

Il veut lui aussi rester prudent quant à l’attribution de l'attaque aux Nord-coréens car « les bouts de codes découverts dans WannaCry peuvent très bien être un "leurre" destiné à incriminer le régime de Pyongyang. Ce ne serait pas la première "fake news" concernant l’attribution d’une attaque ».

Surtout, il est aujourd’hui aisé de trouver ces « bouts de code » sur le « deep Web », la face cachée et sombre d’Internet. « Plus généralement, le problème aujourd’hui c’est que l’on se demande si ceux qui attaquent les systèmes ne sont pas plus techniquement avancés que ceux censés les protéger », s'inquiète enfin le spécialiste. Un défi qu'ont aujourd'hui du mal à relever les entreprises de cybersécurité.

Sources : Internet

Le dispositif permet de surveiller sa santé avec une réelle liberté de mouvement...

Des chercheurs de l’université Laval au Québec (Canada) ont conçu un tee-shirt connecté pour détecter les maladies respiratoires. Ce vêtement intelligent capte en temps réel la fréquence respiratoire de celui qui le porte.

Les scientifiques ont publié leurs travaux le 6 mai dernier dans la revue Sensors. Leur système fonctionne grâce à un capteur sur la poitrine, composé de fibres intelligentes. Il enregistre le volume d’air pendant la respiration. Les informations sont ensuite transmises sur smartphone ou ordinateur. Les chercheurs ont voulu un dispositif pratique, pour surveiller sa santé au quotidien en gardant une réelle liberté de mouvement, à l’image du soutien-gorge contre le cancer du sein.

« Contrairement à d’autres systèmes de mesure de la fréquence respiratoire, ce vêtement intelligent fonctionne sans qu’on ait à fixer de fils, d’électrodes ou de capteurs sur le corps de l’utilisateur » a précisé Younès Messaddeq, responsable du projet.

Ce tee-shirt simplifierait le suivi des patients souffrant d’asthme, d’apnées du sommeil ou de maladie pulmonaire obstructive chronique. Lavable en machine, il reste efficace encore même après 20 lavages, soulignent les chercheurs.

Nécessairement, il faut qu’elles soient rondes. Tantôt sur les hanches, tantôt sur la chute des reins, on donne aussi du galbe aux fesses. La femme africaine, celle-là sénégalaise surtout, résiste difficilement à cette obsession. Le désir de séduire, d’envoûter son homme, d’exhiber sa commode et enviable situation dans son ménage et quelquefois pour son estime propre exacerbent cette manie. C’est presque devenu une imperfection de ne pas en avoir. Tout est alors bon pour avoir des rondeurs « aguichantes ». On enserre les hanches, prend des médicaments et applique des crèmes. Immersion dans les sphères où ces produits se vendent comme des petits pains.

Tous les artifices sont bons pour avoir des fesses rondes. A chaque silhouette, ses dessous. Petites fesses ou hanches fines. Le « guide » morphologique est là pour cacher ses petits « défauts ». Des imperfections de dame nature qui disparaissent avec l’aube naissante. Ces formes « disgracieuses », on les refait avec l’aide de gaines. Selon le professeur Cheikh Ibrahima Niang, socio-anthropologue, s’il y a une insistance sur une certaine partie du corps, c’est parce qu’elle est valorisée par la société. En effet, en Afrique, certains hommes privilégient les rondeurs car ce sont des signes de beauté.

« Le regard de l’homme sur les fesses va servir d’indicateurs sur le sexe, l’âge de la femme, sa capacité à donner du plaisir, sa beauté. Si ce sont ces traits que l’on cherche, la femme va les développer car ils deviennent une arme de séduction. Et, cette dernière est en fonction de ce qui est recherché. On va inventer un tas de choses pour mettre en valeur cette partie », explique ce chercheur qui en déduit que les critères de beauté sont souvent des points de cristallisation de ce que la société valorise le plus. « Si on utilise une chose pour séduire, c’est parce que cette chose mobilise toutes les attentions », ajoute-t-il.

Le business des fesses
A la gare de Dakar, une autre « Bamako » (la capitale du Mali) au cœur du centre-ville, le quotidien des vendeurs et des rabatteurs déroule sa pellicule sans discontinuité. Dans ce bouillonnant marché aux importuns accostages, le business des fesses fait recette. Il constitue une rente pour les faiseurs de miracles de toutes sortes qui apostrophent de potentiels clients pour leur demander le motif de leurs visites. Ils promettent de belles fesses, des seins qui aiguisent les appétits sexuels.

Dans cette « officine », bat le pouls d’une gent féminine qui remet en question les lois de la nature. Des fesses, des hanches ou des seins à tout prix. Des crèmes, aux comprimés en passant par les sirops, rien n’est négligé. Dans ce magma de mariées et de célibataires, la métaphore « les petites fesses n’ont rien à envier aux grandes si la porteuse sait bien les rouler » ne tient pas la route. Comme dans tout temple de l’informel, l’inquisiteur n’est pas le bienvenu.

Assis devant sa boutique où les étagères sont bien fournies en savons et crèmes de dépigmentation, autres astuces de femmes, ce Malien feint de ne rien connaître des méthodes ou des produits utilisés par les femmes pour développer leurs derrières. « D’habitude, ce sont les femmes qui les vendent. Demande à Awa, une vendeuse, elle pourra te renseigner », dit ce monsieur sous-estimant la faculté de l’œil de se promener partout. Sur une table installée devant son magasin, des boîtes sur lesquelles figurent des photos de femmes nues avec des fesses bien grosses. « Bobaraba » (grosses fesses en bambara), tel est le nom du produit. Un médicament à trois prises selon docteur « Miracles ».

Les rondeurs, un patrimoine ancestral
A quelques encablures de la rue Vincent, avenue Lamine Guèye, un autre marché malien tout aussi agité et prisé. Dans cette confusion d’individus, d’automobilistes, de pousse-pousse et d’étals, ces produits sont exposés à l’air libre sous les assauts de la poussière et des rayons solaires. Il est rare de trouver un étal sans ces produits. « Bobabara » en sirop ou en crème, « Pomme Ba », « denywell » en crème, entre autres. Des articles qui, selon une vendeuse, sont écoulés comme des petits pains. « Pour la plupart, ce sont de jeunes filles qui les achètent. La clientèle n’est pas seulement constituée de femmes mariées », renseigne-t-elle. 

Les femmes sénégalaises perpétuent un héritage, s’identifient à leur patrimoine ancestral. Selon le Professeur Niang, l’histoire des fesses rondes ou des rondeurs est universelle et a changé suivant les époques. « Il y a environ 200.000 ans, l’homme a pris une position debout. En observant la nature, son intelligence s’est développée. Des gènes qu’ils transposent au fœtus ou l’enfant à devenir. En effet, l’accouchement chez les femmes était devenu plus difficile car cette femme debout avait un canal étroit pour sortir la grande tête de sa progéniture. Ce qui fait que l’espèce humaine, en un moment, a failli disparaître car les bébés comme les mamans mouraient lors de la gestation.

Ainsi, elles ont développé leurs fesses pour faciliter l’accouchement. Ce qui faisait que les hommes qui voulaient avoir une lignée, choisissaient les femmes qui avaient des rondeurs ou de grosses fesses. Et à partir de ce moment, la belle femme est celle qui avait de grosses fesses », en a-t-il déduit dans sa thèse d’Etat soutenue en 2012 et intitulée : « L’anthropologie de la sexualité ». D’un ton ironique, il laisse entendre : « Quand on taquine un enfant, de nos jours, on lui dit, c’est son « thioukel » (sa tête) qui a failli emporter ta mère ».

De l’adaptation à la séduction
Par ailleurs, il constate qu’en comparant certaines statues en Europe avec les femmes africaines, on observe quelques traits de ressemblance (comme pour soutenir la thèse de Cheikh Anta Diop sur l’origine noire qui fait des premières populations européennes des Africains). Ainsi, il soutient que les fesses sont tellement associées à l’histoire de l’Afrique que quand ses populations sont sorties de ce continent pour en coloniser d’autres, notamment l’Europe, il y a 200.000 ans, elles sont parties avec ses traits. « D’ailleurs, c’était des signes de reconnaissance », renseigne-t-il. D’où est née, selon lui, la pratique de certaines femmes européennes qui mettaient des robes ou jupes bouffantes pour simuler leurs rondeurs. « Cet être, qui avait pris naissance dans le Rift vallée du Nil et qui était parti coloniser une partie de l’Europe, va être coincé par la glace. Cette boîte crânienne qui s’était développée également pour se défendre contre certaines maladies tropicales comme le paludisme, va se rétrécir. Le risque de mourir en couche diminue. Donc, ces femmes ne voyaient plus la nécessité de développer leurs fesses », conclut le chercheur. Une thèse qui explique la forme plate des Européennes qui mettent plus l’accent sur les seins. Des explications qui ont évolué dans le temps et dans l’espace pour épouser des contours économiques et sociologiques.

Mais, la constance, pour lui, est la survie de la mère et du bébé à l’accouchement. « La position verticale va correspondre avec l’idée que l’enfant va tomber. Toute la pression est exercée sur les fesses. Les groupes humains vont se dire que les fesses jouent un rôle pour la survie de l’enfant et la femme. Quand une femme accouche, on dit "mouthie na" (elle a survécu). Ce n’est pas gratuit ». En effet, illustre M. Niang, dès que vous avez une fille, vous commencez à la préparer.

« La manière dont on pratique le massage au garçon est différente de celle faite à la fille. Pour cette dernière, on insiste sur les fesses. On fabrique cette partie du corps depuis sa naissance car sa survie en dépendra. C’est toute l’obsession des rondeurs », souligne-t-il. Ici, le corps se fabrique. Par ailleurs, dans nos sociétés, une femme mariée doit être d’une corpulence forte, signe d’opulence et de bien-être dans son ménage. C’est cette tranquillité d’esprit et ce confort qui se projettent sur son corps.

Par Marame Coumba SECK

 

 

Accusé de tous les maux lorsqu'il se trouve en trop grande quantité dans le sang, le cholestérol semble jouer un rôle crucial dans le cerveau. Il permet la connection entre les neurones, liens nécessaires à la mémoire ou l'apprentissage. Comment ce bourreau des coeurs peut-il faire des miracles au niveau cérébral ?

Véritable boite noire de l'organisme, le cerveau n'a pas révélé tous ses secrets. Cet organe complexe est composé :
- De neurones, qui envoient et reçoivent des impulsions nerveuses ;
- Et de cellules gliales, qui nourrissent et protègent les neurones.

Les quelques 100 milliards de neurones communiquent entre eux par l'intermédiaire de structures appelées synapses. Les échanges d'informations entre les neurones se font via des neurotransmetteurs dont on distingue plus d'une centaine de types. Le nombre de synapses dépasse l'entendement avec plus de 100 billions de connexions… mais ce sont ces circuits qui sont à l'origine des processus mentaux complexes, de la formation cérébrale, de la mémoire, de l'apprentissage, de l'intelligence, etc.

De précédentes recherches ont suspecté la sécrétion par les cellules gliales d'un facteur régulant la formation de synapses, sans pouvoir l'identifier. Des chercheurs français et allemands l'auraient finalement trouvé : il s'agirait du cholestérol !

Des neurones isolés en laboratoire peuvent survivre et même se multiplier sans pour autant se connecter entre eux. Exposés aux substances secrétées par les cellules gliales, ils produisent de forts signes d'activité synaptique 2. Il restait donc à identifier la substance en question.

De précédentes études avait mis en évidence le rôle de l'alipoprotéine E (apoE) produite par les cellules gliales dans certaines maladies neurodégénératives 3. Mais son addition n'a pas provoqué la formation spontanée de synapses entre les neurones en culture.

Sachant d'autre part que les apoE peuvent être des transporteurs de lipoprotéines comme le cholestérol, les chercheurs se sont intéressés à cette protéine. Les scientifiques ont pu observé qu'en ajoutant apoE et cholestérol, les neurones ont spontanément formé des synapses. A l'inverse, le retrait du cholestérol du milieu stoppait le mécanisme de connexions. Ainsi, la formation de synapses nécessite bien une source extérieure de cholestérol apportée par les cellules gliales.

Le mécanisme de stimulation synaptique reste cependant à élucider. Le cholestérol est-il un constituant des synapses ou un initiateur de leur formation ?
Cette étude pourrait également apporter un nouvel éclairage sur la survenue de la maladie d'Alzheimer 4. Depuis 1993, l'équipe du Pr. Amouyel a mis en évidence l'influence d'un type particulier de l'alipoprotéine E (apoE4) dans le développement de cette maladie. Résultat d'une caractéristique génétique, la mauvaise influence de l'apoE4 serait-elle due à son incapacité à stimuler la formation de synapses en présence de cholestérol ?

Cette découverte offre ainsi de nouvelles perspectives tant dans la compréhension du développement cérébral que de certaines maladies neurodégénératives.
Attention, ne croyez pas pour autant booster votre Quotient Intellectuel en vous empiffrant d'hamburgers ou de frites trop grasses ! Le cerveau ne tire pas le cholestérol dont il a besoin du sang. Les taux sanguins ne sont en rien reliés avec les concentrations cérébrales. Le cholestérol est une association de protéine et de lipides (lipoprotéine), trop grosse pour passer la barrière sang-cerveau, première ligne de défense contre d'éventuelles substances toxiques. Le cholestérol cérébral est ainsi exclusivement produit localement au niveau du cerveau.

À Foundiougne se trouve la communauté du Loog, une entité unie depuis plusieurs siècles par l’histoire et la géographie. L’appartenance à une même ethnie (sérère) et l’insularité ont favorisé des relations de bon voisinage entre les populations des villages grâce à la mise en place d’instances regroupant leurs ressortissants. Aujourd’hui, ils partagent le même environnement, les mêmes contraintes et le même avenir.

Forte d’une dizaine de villages, à savoir Thiaré, Soum, Ndorong, Mbassis, Mbam, Sapp, Keur Samba, Gagué Bocar, Gagué Mody, la contrée du Loog, située au centre-ouest du Sénégal, explique Abibou Ngom, est limité à l’est, au sud et au sud-ouest par le Baagal qui est un prolongement du bras de mer du Jombos, un défluent du fleuve Saloum qui le limite au nord et au nord-ouest. Cette île du delta du Saloum, nous renseigne Abibou Ngom, actuel chef des services administratifs de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan), ex-Institut français d’Afrique noire, est entourée de toute part par les eaux du Saloum et ses défluents. « Autrefois, le Loog appartenait au Diognick, une province située au nord-ouest du royaume du Saloum. Actuellement, il se trouve dans la région de Fatick et renferme le chef-lieu du département de Foundiougne », précise-t-il.

Les premières installations humaines, informe-t-il, remontent à la protohistoire comme en témoignent les tumulus de sable (Poodoom en sérère) repérés entre les villages de Ndorong et de Mbassis. « Les populations actuelles du Loog ne revendiquent pas la paternité de ces édifices, mais l’imputent aux Socés, c’est-à-dire aux Mandingues qui seraient les premiers habitants des lieux. Selon Martin et Becker, fait-il savoir, ces édifices sont « des monuments funéraires réservés à des personnages importants ». De l’avis de ces mêmes auteurs, ces édifices remonteraient à l’époque de l’apogée de l’empire du Ghana, indique M. Ngom. « La tradition locale note que ce tumulus représente le tombeau d’un personnage nommé Jaal Manjooreen qui serait de la lignée maternelle des Wagadu. L’empire du Ghana, selon l’historien Ki-Zerbo, est aussi appelé Wagadu. À coté de ces tumulus se trouvent un village déserté appelé « O Mbetionga » et des champs délaissés appelé Xabaan, c’est-à-dire terres orphelines », souligne cet historien. Et de préciser que ces vestiges historiques montrent que les populations actuelles ne sont pas les pionniers de la localité. « Elles y ont succédé les Socés », relève-t-il. À en croire M. Ngom, « la fondation des villages actuels remonte aux environs du treizième siècle avec l’immigration de populations venues majoritairement du Gabou, cette aire géographique qui couvre la majeure partie des régions actuelles de Gambie, de Casamance et de Guinée-Bissau ».

À l’origine, nous dit Fodé Sarr, professeur de Svt, le Loog, c’était Mbassis, Mbam, Ndorong, Thiaré et Soum avant que des nomades ne quittent le Sine pour venir s’y installer. Ensuite, il y a eu Keur Samba Wané et Sapp qui datent de l’époque coloniale. « Quand le chef de canton venait, il appelait tout le monde là-bas. Puis, il y a eu les villages de Gagué Mody et Gagué Bocar, lesquels font aussi partie du Loog, et Bambou ».

Dans ce coin du département de Foundiougne, les populations, composées à plus de 90 % de Sérères, s’entendaient à merveille. « C’est un cercle, mais une même famille de même lignée aussi bien paternelle que maternelle. Tous les habitants sont d’une même famille culturellement et sociologiquement. Les familles que vous trouvez à Mbam sont les mêmes que celle que vous trouverez à Mbassis, Ndorong, Thiaré, entre autres », indique le maire de Mbam, Simon Diouf.

De l’avis du maire de Soum, Moustapha Ngor Léon Diop, « le fait que son village, l’un des plus grands du Sénégal à l’époque avec Dioffior et Thionck Essyl, soit devenu une commune doit être considéré comme un avantage, et cela ne change en rien les rapports de voisinage entre les populations qui doivent au contraire s’entraider pour que leurs conditions de vie puissent s’améliorer ».

Et, aujourd’hui que Mbam est passé commune, ceci doit traduire davantage en actes cette nécessité d’agir ensemble comme le souhaite le maire de Soum, qui se dit convaincu « qu’aucune entité ne peut aller seule sans les autres ». D’ailleurs, soutient-il, « sans le Loog, même Foundiougne ne peut pas marcher et vice-versa. Le développement, c’est que les trois entités doivent l’amorcer ensemble ».

Pour Abibou Ngom, Soum occupe une place de leader et de locomotive dans la communauté du Loog compte tenu de son poids économique (agriculture, extraction et commerce du sel et des cotonnades) et démographique. « En tant que havre de paix et de prospérité, Soum a été une terre d’accueil et de refuge. D’où sa forte démographie. Soum est aussi connu pour ses grands lutteurs et ses célèbres guérisseurs traditionnels. Bref, Soum était un village-centre de l’île de Foundiougne appelé « Loog », car ayant toujours été imprenable », explique M. Ngom. De même, ajoute-t-il, la ville de Foundiougne entretient d’intenses relations économiques avec les villages environnants qui constituent son hinterland. « Jadis premier port colonial de commerce du Sine-Saloum, l’essentiel des produits écoulés provenaient de ses environs où se pratiquait la culture de l’arachide. En gros, une forte interdépendance peut être notée entre Foundiougne et le Loog, une interdépendance qui rappelle les relations ville-campagne », informe-t-il.
 
Une presqu’île du département de Foundiougne
FoundiougneConseiller municipal à Mbam et deuxième secrétaire élu du Conseil départemental de Foundiougne, Lamine Sarr, natif de ce terroir, présente le Loog comme constituant la partie continentale du delta du fleuve Saloum. Il est bâti, selon lui, « sur un cordon littoral sableux, au modelé constitué de dunes et de cuvettes et se présente sous la forme d’une presqu’île cernée de toute part par la mer, à l’exception du couloir routier qui le relie à la commune voisine de Djilor. Le Loog comprend les communes de Soum et de Mbam limitrophes de celle de Foundiougne ». Mais, sur le plan pédologique, trois à quatre types de sol alternent selon les zones écologiques : les sols ferrugineux tropicaux (Dior et Deck), les sols hydromorphes des vallées, les sols halomorphes (sols salins, « tanne ») et les sols des mangroves observés dans les îles et les estuaires. Sur la terre ferme, les sols, essentiellement de type Dior sont propres à l’agriculture, notamment à la culture de l’arachide, du petit mil, du maraîchage et de l’arboriculture, tandis que les sols argileux des cuvettes sont par excellence le domaine de la culture du sorgho, mais surtout de la riziculture. Par ailleurs, souligne M. Sarr, « dans certains villages, comme à Mbassis, l’existence de basses terres situées en dessous du niveau de la mer et surtout de sols argileux imperméables expose les populations et les cultures aux risques d’inondation. En effet, le Loog a un « pêché environnemental originel » : le confinement et l’exigüité des terres liés à l’insularité ».

Il note que « c’est un terroir qui est coincé entre la mer et les communes voisines de Djilor à l’est, de Foundiougne au nord-ouest et il en résulte de faibles réserves foncières amoindries par l’existence d’une longue ceinture de pâturage, sorte de forêt classée que les populations ont décidé de réserver au pâturage pendant l’hivernage afin de protéger les champs agricoles. Cette forêt classée, en sus de son rôle environnemental et économique certain, contribue à l’apaisement des relations entre éleveurs et agriculteurs dont les champs sont protégés pour l’essentiel des attaques des troupeaux. Sa position géographique privilégiée, mi-continentale, mi-maritime, justifie son important potentiel agro-sylvo-pastoral, piscicole et touristique ».
 
Un riche patrimoine historique et culturel
Mbass CeremLa zone du « Loog » est essentiellement peuplée de Sérères qui cohabitent harmonieusement avec les Peuls majoritaires dans les villages de Keur Samba Wané, Gagué Mody et Mbam Toucouleur, tandis que la plus forte communauté d’obédience wolof réside à Sapp. Lamine Saar nous append qu’à la faveur de la péjoration du climat qui frappe durement la partie nord de la région de Fatick, le Loog se présente, depuis quelques années, comme un terroir d’accueil des populations du Sine. Aujourd’hui, indique-t-il, la zone compte environ 25.000 habitants. Et sur le plan historico-culturel, cette population est détentrice d’un riche patrimoine avec des lieux de culte dans chaque village : Laga Ndong à Ndorong, Ngaandé Saar et Saas à Thiaré, Pathine à Mbam, Diatta Waly à Mbassis, Poro Poro à Soum, etc. Il existe également des lieux célèbres de rencontre des initiés où se déroulent les cérémonies de divination avec les Saltigués ou d’échanges sur les problèmes qui secouent la localité.

Selon Abibou Ngom, l’appartenance à une même ethnie (sérère) et l’insularité auraient favorisé des relations de bon voisinage entre les villages du Loog grâce à la mise en place d’instances regroupant les ressortissants de chaque village. « Il s’agit de Xooy Raag ainsi appelé, car se tenant chaque année sur le lit de la marre appelé Raag. C’est une sorte de congrès annuel où l’on prédit certes l’avenir, mais où l’on discute aussi des problèmes de tout genre que rencontrent ou que pourraient rencontrer les habitants du Loog. À l’approche de l’hivernage, renseigne Fodé Sarr, tous les « Saltigués », avec leurs connaissances diverses, se réunissaient au niveau du « Raag » (la brousse) pour faire des prédictions sur l’hivernage, l’avenir, la protection de la communauté. Ces pratiques, indique-t-il, subsistent encore. « Il y a une forte cohésion qui a été un peu effritée avec la communalisation, le village Soum étant passé commune, le reste constitue la commune de Mbam », soutient-il.

Il y a aussi le Xooy extraordinaire de Paak xa daq (à distinguer du xooy ordinaire du même lieu) réservé en particulier aux questions de sécurité, selon Abibou Ngom. « Il s’agit là d’une instance spéciale à laquelle chaque village se fait représenter par deux dignitaires. Le nom de circonstance est alors « O ndan nu looloog », peu connu de la majorité des habitants du Loog, explique M. Ngom.

À la faveur de ce riche patrimoine immatériel auquel il faut ajouter l’hospitalité des populations, les opportunités de pêche sportive et d’implantation de réceptifs hôteliers, la visite de la zone est un itinéraire presque incontournable pour les visiteurs.

Toutefois, la localité n’a pas, jusqu’ici, tiré profit de ses nombreux avantages comparatifs, souligne Lamine Sarr, relevant que ce sont des opportunités géographiques qui cachent mal les contraintes physiques du Loog qui, malgré leur ténacité, doivent être perçues comme des défis à relever. D’autant que dans le domaine démographique, les 25.000 âmes du Loog vivent sur une superficie inférieure à 15 km2 tout en s’activant à la fois dans les secteurs de l’agriculture, l’agropastoralisme et la pêche. « Le Loog se confond dans une végétation composée de savanes arbustives qui renferme, du côté de la mer, la mangrove qui peuple les nombreux bolongs (bras de mer) serpentant le territoire départemental de Foundiougne. Et à la lisière de ces bolongs se trouvent généralement des sites boisés et sacrés comme : Lagga Ndong, par exemple, qui est situé dans la zone de Ndorong, dans la commune de Mbam. Une diversité géographique justifiant son important potentiel agro-sylvo-pastoral, piscicole et touristique », explique M. Sarr.

Dans cette contrée du Loog, les difficultés ne manquent pas. Le problème majeur auquel les populations sont confrontées reste l’accès à l’eau potable que seul le transfèrement peut régler de manière définitive. Le maire de la commune de Soum souhaite que leur commune soit raccordée au projet « Eau potable Notto-Ndiosmone-Palmarin » à partir de l’île de Baout  pour résoudre la problématique de l’approvisionnement en eau. Il s’y ajoute l’achèvement des travaux de la piste Soum-Foundiougne-Mbassis-Mbam tant souhaité par les populations qui sollicitent également des infrastructures sanitaires et éducatives, de même que des équipements et matériels agricoles.

Mohamadou SAGNE, Samba Oumar FALL (textes)
et Ndèye Seyni SAMB (photos)  

Les maladies cardiovasculaires tuent 8 fois plus les femmes que le cancer du sein. Le coupable ? Le tabac, en cause dans la moitié des infarctus du myocarde chez les femmes de moins de 50 ans. Pourtant, ces maladies restent encore largement sous-estimées par le grand public.

Principal facteur de risque, le tabac. Avec l'augmentation constante du tabagisme féminin depuis les années 1970, un comportement jusque-là plutôt réservé aux hommes, les maladies associées ont littéralement explosé. Mais si l'on pense instinctivement aux maladies respiratoires et aux cancers, on a tendance à oublier les maladies cardiovasculaires qui, par leur nombre, sont pourtant les plus meurtrières. " Le tabac est responsable de la moitié des infarctus du myocarde chez les femmes de moins de 50 ans", précise le Dr Mounier-Véhier qui a fait de la prévention cardiovasculaire chez les femmes son cheval de bataille. Et pas question de lui parler de petit tabagisme. " Fumer 4 cigarettes par jour double le risque d'infarctus du myocarde chez les femmes". En cause, les artères plus fines et une revascularisation plus compliquée chez les femmes que chez les hommes.

Stress, mauvaise alimentation, sédentarité malmènent également le cœur. Et facteur de risque spécifique aux femmes, les hormones, et plus particulièrement les oestrogènes de synthèse contenus dans la plupart des contraceptifs. " Avec les oestrogènes de synthèse, le risque thrombotique augmente avec l'âge, et de manière significative au-delà de 35 ans. Chez les femmes à risque cardiovasculaire (pour cause de diabète, d'hypertension artérielle, etc.), une seule précaution : éviter les œstrogènes de synthèse", préconise la cardiologue. Pour ces femmes, la contraception devra reposer sur des progestatifs seuls. Et la situation s'aggrave considérablement chez les femmes combinant contraceptif œstro-progestatif et tabac. " Après 35 ans, une femme qui fume doit choisir entre tabac et œstrogènes de synthèse".

Le THS, protecteur contre les maladies cardiovasculaires
Autre risque lié aux hormones : la ménopause précoce. Mais la prescription d'un traitement hormonal de substitution par voie transdermique (patch ou timbre) aux œstrogènes naturels annule ce risque, affirme le Dr Mounier-Véhier. " Une étude danoise qui a suivi un millier de femmes pendant 10 ans montre que l'administration d'œstrogènes naturels par voie transdermique, comme c'est l'usage en France (contrairement aux Etats-Unis où les THS reposent sur des œstrogènes de synthèse administrés par voie orale, ndlr), non seulement n'augmente pas les risques de cancer du sein ni d'accident vasculaire cérébral (AVC), mais protège contre les accidents cardiovasculaires, les évènements coronaires et la mortalité cardiaque".

Pour cette spécialiste, le rôle des cardiologues à la périménopause (c'est-à-dire quelques années avant la ménopause) est donc essentiel : face à une femme qui présente un surpoids et/ou se plaint de bouffées de chaleur, il doit procéder à un bilan cardiovasculaire et l'interroger sur ses antécédents cardiovasculaires. Ce n'est qu'à l'issue de ce bilan qu'il donnera son feu vert ou son feu rouge à l'instauration d'un THS.

Infarctus : des symptômes atypiques chez les femmes
Contrairement aux hommes, les femmes ne présentent pas tous les signes caractéristiques d'un infarctus du myocarde. Les médecins eux-mêmes sont parfois déroutés devant un tableau clinique atypique et participent ainsi au retard dans la prise en charge des patientes, assure le Dr Mounier-Véhier. Et cette dernière de citer l'exemple d'une " femme de 60 ans, nauséeuse, angoissée , avec un diabète connu, qui se présente pour une douleur qui irradie du ventre au dos". Le médecin l'envoie... chez le gastro-entérologue ! Cette symptomatologie digestive est en fait typique de l'infarctus chez les femmes.

Autre exemple, celui de Laurence, la cinquantaine, qui doit sa survie à un concours de circonstances heureusement favorable. "Laurence est très fatiguée depuis un mois, elle est essoufflée , mais elle met cela sur le compte d'un rythme de travail très important et un stress assez élevé. Le soir d'une fête, elle se rend aux urgences pour des douleurs plus importantes et fait un arrêt cardiaque sur fibrillation ventriculaire. Prise en charge immédiatement, elle a pu être réanimée et récupérer d'une mort subite". C'était en 2012. Laurence l'ignorait, mais elle présentait un tableau clinique typiquement féminin . Car avant la douleur thoracique caractéristique de l'infarctus, présente chez 9 patientes sur 10, celles-ci présentent souvent une fatigue intense et durable, sans lien direct avec une activité particulière. Depuis, Laurence arrive à écouter son corps, désormais consciente que " tout peut s'arrêter".

doctissimo.fr

La belle horreur

22 Mai 2017
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Hier, plongé dans une vague rêverie, je rencontre, par hasard, deux individus d’une touchante affabilité. La femme, éloquente, un tantinet diserte et surtout gracieuse, « m’impose » une discussion. Elle me demande ceci : « Pensez-vous que la vraie justice peut, un jour, régner sur terre ? » Je lui réponds que cela tient de l’utopie tout en épiant « l’ambulant prédicateur stagiaire » qui la secondait, particulièrement taiseux pour parler comme les Belges. La persuasive bonne dame tenait un petit document au titre troublant : « Les cavaliers de l’apocalypse ». Ces hérauts « surgissent brusquement, leurs sabots retentissant comme le tonnerre ! (…) Le premier cheval est blanc. Son cavalier est un roi glorieux nouvellement couronné. Derrière lui, arrive un cheval rouge, couleur de feu, monté par un cavalier qui ôte la paix de la terre entière. Puis, apparaît un troisième chevalier, noir comme la nuit, dont le cavalier tient à la main une balance, alors qu’est proclamé un message sinistre au sujet d’une pénurie alimentaire. Le quatrième cheval, de couleur pâle, d’une blancheur maladive, est le présage de maladies et d’autres menaces mortelles. Son cavalier est la Mort personnifiée. Et la Tombe, la tombe commune aux hommes, le suit de près, moissonnant sur son passage un nombre effroyable de vies ».

Cet extrait métaphorique nous conte notre propre déliquescence et pose les défis du présent et de l’avenir de notre commune humanité. Il transcende les coteries et les obédiences et, dans cette lugubre représentation, fait résonner une sirène d’alarme : le chant du cygne. Devons-nous continuer à l’ignorer sous l’effet du bruit assourdissant de notre silence ? Nous sommes en train d’attendre ce qui est déjà arrivé : la Fin. La fin (pas celle-là promise par les livres saints) c’est, de notre point de vue, cette altération extrême et profonde de notre être qui devient autre que ce qui a jusqu’ici assuré l’équilibre et la survie de notre espèce capable de s’émouvoir, d’être bourrelée de remords après s’être couverte d’ignominie. L’horreur est devenue beauté. Elle est objet d’art à admirer pour témoigner de notre affligeante décadence morale. Il faut qu’elle soit capiteuse, captivante, excitante à raconter pour en tirer parti comme une camelote devenue une relique que l’on court découvrir au « musée des horreurs ».

Il arrive qu’on se réveille joyeux, plein de vie, prêt à conquérir le monde. Il faut alors savourer ces précieux moments parce qu’ils sont devenus si courts dans cette tumultueuse existence. L’infamie et l’atrocité peuplent notre environnement. En plus du branle-bas quotidien -car nous sommes de plus en plus pressés- le train-train horrifiant relaté par les médias nous dessine un monde tourmenté où l’on « zieute », impassible, l’épouvante.

Aïe, aucun mort !
La monstruosité est telle qu’on en est, aujourd’hui, à faire une répulsive comptabilité quotidienne des morts. Un individu poignardé à mort par son vieux compagnon ! Deux autres égorgés ! Il faut que ce soit devant leurs enfants pour que la scène soit suffisamment dramatique ! Une spectaculaire fusillade dans un quelque part tranquille ! Malheureusement, il n’y a pas eu de mort ! Une tuerie, c’est encore plus excitant ! Le folklore des compatissants de luxe sera plus somptueux ! Plus le nombre est important davantage les sens sont échauffés, la laideur est fascinante pour les courroies de transmission (pas seulement les médias, car ils ne sont qu’un groupe de relayeurs parmi une flopée de diffuseurs) et les infâmes bourreaux qui s’y complaisent.

On chosifie nos morts. On se délecte de l’horreur ; « l’horreur anodine ». Il y a des fins heureuses où la mort est fêtée avec quelques larmes de réminiscences. Il ne saurait en être ainsi pour ceux qui ont vu un père, une sœur, une mère, un ami partir si affreusement ; ou ceux-là qui ont vu une âme subissant les assauts d’un maniaque sexuel comme le relaie la presse nationale ces derniers jours. Le procédé informatif est discutable. Mais, il y a une circonstance atténuante. Le journaliste est le produit d’une société désarticulée.

Le marchand de terreur, c’est aussi celui qui affame, qui nie la dignité de l’homme, l’avilit, le dépouille. Nous sommes, chacun dans sa sphère de pouvoir et d’influence, interpellés, parce que chaque action entreprise, noble ou répugnante, chaque mot énoncé, aimable ou scabreux, est une indication de l’état de notre collectivité. Il est, dans ce sens, primordial que les institutions pourvoyeuses de sens soient à la hauteur de la légitimité dont elles jouissent et de la confiance placée en elles. Il y va de la clarté des signaux de modulation qu’elles chercheront à produire.

Par Alassane Aliou Fèré Mbaye

Des hackers ont réussi à s'emparer des données cryptées des quelque 17 millions de clients de cette plateforme présente dans 23 pays...

Zomato, la première plateforme Internet indienne de réservation de restaurant et de livraison de nourriture, a annoncé ce jeudi qu’elle avait été victime d’un piratage informatique massif.
Les données personnelles de 17 millions d’utilisateurs sont concernées. Des hackers ont réussi à s’emparer des noms, adresses mail et mots de passe cryptés des clients de la startup, fondée en 2008 et opérant dans 23 pays.

L’entreprise se veut rassurante
Les informations financières des clients étaient stockées sur une autre base de données qui n’a pas été touchée par ce piratage, assure Gunjan Patidar, responsable informatique de Zomato. « Aucune information relative aux paiements n’a été volée », a-t-il déclaré dans un communiqué publié sur le blog officiel de l’entreprise. « Vos données de cartes de crédit sur Zomato sont totalement en sécurité, donc il ne faut pas s’inquiéter. »

Toutefois, par mesure de précaution, tous les utilisateurs victimes de ce piratage ont été désinscrits du site Internet et de l’application mobile.

Le fichier piraté revendu pour 1.000 dollars
Leur mot de passe a également été modifié, bien que la société a assuré que les hackers ne disposent pas des clés de déchiffrement de ces mots de passe. Selon des médias indiens, citant une information émanant d’un site Internet spécialisé, le fichier de données piratées aurait été vendu aux enchères pour un millier de dollars sur un réseau parallèle anonymisé.

La startup, qui revendique 120 millions de visites par mois, a affirmé qu’elle renforcerait ses protocoles de sécurité. Tous les systèmes informatiques sont passés au crible pour rechercher d’autres effractions éventuelles.


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