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Le vague-à-l’âme des campagnards

03 Jui 2016
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La canne à sucre est généralement récoltée 12 mois après sa plantation. Cette récolte est essentiellement assurée manuellement par les 2000 ouvriers agricoles pour une coupe moyenne de 6000 tonnes par jour. On leur distribue, en guise de repas, une boîte de conserve, une demi-baguette de pain et un sachet de lait. Seulement, ce travail éreintant n’est pas payé à la hauteur des efforts fournis par ces campagnards, selon Ousmane Mbodji, l’un d’eux. Pendant cinq ans, il dit avoir trimé dans les champs de la Css d’abord à la section coupe puis à la section plantation sans jamais gagner plus de 80.000 Fcfa le mois. « Les coupeurs travaillent six jours sur sept. Dès les premières heures de la matinée, ils sont déjà dans les champs de canne. A la fin du mois, après les retenus sur salaire, il y en a qui se retrouve avec moins de 30.000 Fcfa», confie-t-il. Et Ousmane exhibe quelques bulletins de paie pour étayer ses propos. « Avec de tels salaires, comment voulez-vous que les gens vivent décemment ? », s’interroge-t-il, le ton amer. A cause de la dureté des conditions de travail dans les plantations et du faible niveau de rémunération, les ressortissants de Richard-Toll, à défaut de trouver un emploi dans l’usine, préfèrent tourner le dos à la Css. C’est ce qui explique que l’écrasante majorité des « campagnards » viennent des autres régions du Sénégal, notamment de la Casamance et de la Guinée Bissau. « La Css ne traite pas bien ses employés notamment ceux qui sont dans les plantations. De plus en plus, les locaux n’acceptent plus de faire ce travail. La Css préfère donc chercher une main d’œuvre bon marché jusqu’en Guinée Bissau. La pauvreté est telle qu’elle accepte tout ce qu’on lui propose », déclare, sous anonymat, ce fonctionnaire établi à Richard-Toll.

De nos envoyés spéciaux
El Hadj Ibrahima THIAM, Oumar BA

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