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Casamance : La ruée vers l’anacarde

01 Juil 2016
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Casamance : La ruée vers l’anacarde Crédit photo@Ndèye Seyni SAMB

Les femmes, les jeunes garçons et les filles investissent, très tôt, les plantations d’anacardiers à Boucotte Mancagne, Kenya, Mpack entre autres localités. Ils ramassent des noix de cajou qu’ils revendent au bord des routes, aux intermédiaires dans des vergers et aux opérateurs économiques qui tiennent des magasins et des points de vente tout au long des axes routiers. L’activité est fleurissante. Elle génère beaucoup d’emplois durant la traite. On ne compte plus le nombre de personnes qui ont fait fortune dans le créneau. L’anacarde, c’est de l’or au sud du Sénégal.

Le jour commence tôt à Boucotte Mancagne, depuis le mois d’avril. L’élève en classe de 3e, Jean Christophe Mantane, un seau rempli de noix d’acajou, sort de la forêt d’anacardiers à 9 heures. Depuis 3 mois, c’est à l’aube que des femmes, des garçons et des filles se précipitent dans des plantations. Le visage est poudreux. L’élève affiche une mine avenante. Il avance avec un air de fierté, traverse l’asphalte et se dirige vers l’un des points de vente au bas-côté de la route. Le collégien tend son seau de cajou à Mohamed Guèye, un commerçant originaire de Keur Ayib. Le bonhomme pose le seau sur une balance et le pèse. « C’est 7, 5 kilogrammes », dit l’acheteur en se relevant. Mohamed Guèye ouvre son portefeuille, retire des billets et les tends au collégien. A ses heureuses perdues, le collégien ramasse les noix et amasse des sous. « Durant cette période, tout jeune qui n’a pas d’argent, est responsable de sa situation. Ce que je gagne couvre largement mes besoins », confesse l’élève en classe de 3e. De l’autre côté de la route, des garçons et filles parlent à voix haute. Une jeune fille de teint clair embrasse un garçon assis sur un Jakarta.

L’hivernage qui s’approche ne déclenche plus la course au défrichage ni à l’emblavement des rizières comme dans le passé. A Boucotte Mancagne, situé à une dizaine de kilomètres de Ziguinchor, on fait confiance aux plantations d’anacardiers. « La culture de l’arachide et du riz n’est pas plus rentable que l’exploitation d’anacardiers. Depuis quelques années, tous misent sur l’anacarde. La vente des noix d’acajou rapporte beaucoup. Ce n’est plus comparable avec l’arachide », compare Emai Mandef. Boucotte Mancagne n’est plus au temps de la comparaison.

La nouvelle mamelle de l’économie
Les anacardiers ne sont pas soumis aux fluctuations des aléas pluviométriques. Son cours sur le marché mondial a des répercussions directes sur les revenus de ces riziculteurs et ces agriculteurs, de Boucotte Mancagne, Cité Faro, Kenya situés sur la route de la Guinée Bissau. « On cultive l’arachide, le riz, sans être sûr d’avoir une bonne récolte. Par contre, lorsqu’on a une bonne plantation, c’est sûr, même si la floraison n’est pas si bonne, vous êtes sûrs d’avoir, au moins, 300.000 FCfa après les ventes », évalue Emai Mandef. Le samedi 11 juin 2016, le cours de l’anacarde s’échangeait entre 600 et 650 FCfa sur le marché de Boucotte Mancagne.

Depuis plusieurs années, en dépit des fluctuations, le prix du kilogramme n’a jamais chuté en deçà de celui de l’arachide. A l’ombre des manguiers, jeunes et vieux ne sont pas en conflit de générations sur la préférence de l’or vert. « Pour l’arachide, il faut déficher le champ, il faut biner, récolter et transporter. Au bout du compte, on se retrouve avec des miettes. On fournit plus d’efforts pour rien. Pour l’anacardier, après la mise en terre des plants, il faut trois ans d’entretien, vous pouvez exploiter des plantations durant plusieurs décennies », admet Anatole Bandagny, né en 1955 à Boucotte Mancagne. L’arachide perd des…superficies.

De part et d’autre de la route, des vergers d’anacardiers étendent leurs tentacules jusque dans les vérandas de la Cité Faro, au Kenya. C’est la nouvelle mamelle de l’économie. A l’ombre des Anacardium occidentale, de petits arbres originaires de l’Amérique latine, Véronique Djandy prend une pause avec son fils qui est venu de Kafountine pour l’aider durant la traite. Elle a rempli des bidons de cajou. Véronique n’a plus d’énergie pour tenir la houe ou pour repiquer le riz. Aujourd’hui, elle gagne encore sa vie à la sueur de son front, malgré son âge avancé. « J’ai de petits-fils qui prennent tous mes revenus. Je n’économise pas. Mais je parviens à satisfaire mes besoins et ceux d’autres membres de la famille », affirme la vieille Véronique.

A une quinzaine de kilomètres, à Mpack, à la frontière avec la Guinée-Bissau, non loin du poste des douanes, des sacs de noix sont entreposés dans des magasins aux portes entrebâillées. Les intermédiaires se prélassent sous des vérandas. C’est une autre plaque-tournante du commerce de pompes de cajou. Les forêts de pompes de cajou forment un rempart naturel derrière les habitations. Ici, en plus du cours intéressant, de la moindre pénibilité de l’entretien, la crise en Casamance et aussi la proximité avec l’un des pays, grands exportateurs de ce produit, l’intérêt de ce secteur a provoqué la ruée vers l’aménagement des vergers d’anacardiers. « Nous continuons à cultiver du riz. Actuellement, tout le monde est dans l’anacarde. La culture du riz et de l’arachide est en perte de vitesse », confirme Toumboulou Sagna, né à Mpack en 1948. C’est l’âge d’or de l’or vert.

De nos envoyés spéciaux Idrissa SANE, Maguette NDONG (textes)
et Ndèye Seyni SAMB (photos)


Filière de la noix de cajou : La bonne affaire pour de nombreux jeunes                                                                              Anacarde camionLes trois à quatre mois de campagne de l’anacarde en Casamance constituent une période florissante pour bon nombre de jeunes et de femmes. Aussi bien la collecte et la transformation de la noix de cajou permettent-elles à de nombreuses personnes de tirer des revenus substantiels de cette activité.

Sur le chemin qui mène vers Mpack, à la frontière bissau-guinéenne, Mouhamed est sur le bord de la route, à l’ombre d’un arbre.

Chapelet autour du cou, bonnet laffa lui couvrant la tête, ce jeune saloum-saloum, originaire de Keur Ayip, est l’un des nombreux négociants de la filière de noix d’acajou dans la région naturelle de Casamance.

A Boucotte Mancagne, un village situé non loin de Kantène, Mouhamed est bien connu des jeunes garçons et des femmes qui viennent lui revendre les noix d’acajou ramassées dans la journée à l’intérieur de la forêt. « Je peux avoir entre 100 et 200 kilogrammes parfois et revendre cela aux intermédiaires qui collectent pour les compagnies indiennes installées à Ziguinchor», confie Mouhamed. A 600 FCfa le kilogramme, le jeune homme paie comptant tout ce que lui amènent les jeunes du village. D’ailleurs, à l’instant même, Jean-Christophe traverse la route avec un seau rempli de noix d’acajou qu’il a ramassées très tôt le matin. Il tend le seau à Mouhamed qui le met sur une balance. « Le tout, c’est 8,5 kg pour aujourd’hui », lui dit le jeune négociant. Pour cette journée, Jean-Christophe vient d’empocher un peu plus de 5.000 FCfa. Une somme non négligeable pour ce jeune écolier. A côté de lui, son jeune camarade, Hervé dit avoir ramassé, depuis le début de la campagne des noix d’acajou, une quantité équivalente à 3 sacs de 60 kg. « Cet argent me permet d’acheter des habits et de subvenir à plusieurs de mes besoins », dit ce jeune lycéen. La campagne de noix d’acajou qui s’étend sur une courte période, d’avril à juin, reste un intense moment pour de nombreuses personnes de faire des affaires. « C’est l’unique commerce par lequel tu peux avoir un bénéfice net de 30.000 FCfa par jour », souligne Mouhamed qui vient de boucler cinq années dans la filière. Son jeune frère vient aussi de le rejoindre dans cette activité et s’en sort bien, lui aussi.

Outre ces négociants, beaucoup d’autres jeunes monnaient leur talent dans les entrepôts indiens sur le Boulevard 54 et tirent des revenus substantiels avec le déchargement des noix d’acajou. C’est le cas de Saliou, un lycéen de 25 ans trouvé dans l’un des nombreux magasins indiens. Depuis deux ans, le jeune homme a signé un contrat avec des indiens, en qualité de chef manœuvre.

Ce qui lui procure un revenu de 50.000 FCfa par mois. Il est chargé de contrôler le travail des ouvriers, de faire les échantillonnages  afin de vérifier la qualité de la noix. En tant que lycéen, Saliou alterne son emploi du temps scolaire et son activité commerciale pour honorer ses engagements de part et d’autre. Mais Saliou n’est pas le seul écolier qui s’active dans les magasins indiens.

Beaucoup d’autres commerçants et d’ambulants y trouvent leur compte, soit en chargeant ou en déchargeant les camions dans les entrepôts. Chacun de ces ouvriers peut rentrer avec au moins 9.000 FCfa à la fin de la journée.

« Au terme des trois mois de la campagne, chacun de ces ouvriers peut empocher 350.000 FCfa », révèle Saliou. Lui-même dit avoir ouvert un compte bancaire et espère acheter, sous peu, un terrain. Si la collecte de la matière première de la noix d’acajou procure assez de revenus à de nombreux jeunes, sa transformation fait vivre de nombreuses familles. Le fruit pressé permet de tirer un jus très prisé par les populations.

A Kenya, un village situé non loin de Kantène, Hyacinthe Paulin Biagui et sa mère s’adonnent à cette activité. Ils peuvent collecter entre deux et cinq bidons qu’ils peuvent revendre, sans difficulté. Evoluant dans le secteur touristique, Hyacinthe profite de la campagne des noix d’acajou pour aider sa maman. « La campagne est courte, elle dure deux mois au maximum, mais c’est une période qui permet d’avoir des revenus », reconnaît ce jeune homme fraîchement marié.

Mainmise des indiens sur la filière d’anacarde : Le Boulevard 54 de Ziguinchor en passe de devenir Delhi street
Anacarde IndeDes maisons à étage poussent comme des champignons de part et d’autre du boulevard 54. Les propriétaires réservent le rez-de-chaussée aux magasins loués par des indiens. Le boulevard 54 sera bientôt rebaptisé New Dehli Street.

En cette période de l’année, le célèbre boulevard 54 de Ziguinchor est assailli par une noria de camions en attente d’être chargés.

Des deux côtés de la route, ces camions sont stationnés devant les magasins de stockage ouverts par les hommes d’affaires indiens qui s’activent dans la filière de noix d’acajou. Les indiens achètent une très grande quantité de la production par le biais des intermédiaires. Chaque année, entre les mois d’avril et de juin, ils collectent des milliers de tonnes qu’ils acheminent aux pays asiatiques tels que le Vietnam, la Chine et l’Inde. Satish Kumar, l’un des indiens installés sur le boulevard affirme employer huit manœuvres dont deux magasiniers pour faire le travail de collecte. Tous ces ouvriers sont payés quotidiennement par cet employé de la compagnie Real blue international qui n’en n’est pas à son premier séjour en Casamance.

Mais les indiens se soucient beaucoup de la qualité du produit qu’on leur revend. Pour ce faire, ils ont implanté, dans leurs magasins, des machines et des détecteurs qui leur permettent de faire des prélèvements dans les différents chargements avant de convoyer la marchandise au port de Banjul pour l’Asie.

A vrai dire, il est pour l’heure impossible de savoir le nombre d’Indiens qui s’activent dans la filière d’anacarde, mais leur mainmise sur ce secteur ne fait guère de doute. Saliou, un des ouvriers de Satish Kumar confie qu’outre le fruit qui est destiné à la consommation, la coque peut servir à fabriquer du savon, du goudron ou même du kérosène.

Outre le Sénégal, la compagnie de Satish Kumar sillonne d’autres pays de l’Afrique tels que la Côte d’ivoire, le Bénin, le Ghana, le Nigéria, la Tunisie ou encore la Tanzanie. Toujours est-il qu’à l’heure actuelle, ces indiens règnent en maîtres sur le Boulevard 54 où, nous confie-t-on, ils louent ces magasins, toute l’année durant. Si on n’y prend garde, à l’image du boulevard Centenaire à Dakar qui est devenu une Chinatown, le boulevard 54 de Ziguinchor risque d’être transformé, sous peu, en Delhi street.

30.000 personnes investissent la filière de tous les espoirs
La filière anacarde est l’une des mamelles de l’économie au sud du Sénégal. Plus de 30.000 personnes ont investi le créneau qui suscite tous les espoirs.

L’anacarde fait renaître l’espoir dans un contexte de dégradation des sols, de fluctuations pluviométriques et de la baisse continue de rendements de l’arachide et du riz dans la partie méridionale du Sénégal. Ce n’est pas seulement une production de rente. C’est une option d’adaptation face aux conséquences du réchauffement de la planète.

Depuis quelques années, la filière ne cesse d’attirer des milliers de producteurs. Leur nombre est estimé à 30.000 en Casamance, un chiffre qui n’a rien à voir avec des milliers de jeunes qui ont pignon sur rue durant les 4 mois de campagne. « 30.000 personnes s’activent dans la filière anacarde. Il n’y a pas de préférence pour celle-ci, comparée à l’arachide et au riz parce chacune de ces spéculations a sa phase de travaux et de récolte  », indique le président de la filière interprofessionnelle de l’anacarde, Lamine Sène. Toutefois, il a admis que des producteurs, à cause de la rentabilité, consacrent plus de temps et d’énergie à l’aménagement des plantations d’anacardiers. « Les recettes d’un producteur dépend de la taille des plantations et de la production. Si vous avez 5 tonnes, vous pouvez avoir jusqu’à 3, 5 millions de FCfa, pour la même quantité d’arachide, le producteur n’aura qu’environ 1 million de francs Cfa », précise le membre du comité de pilotage de l’Alliance africaine de cajou.

Cette année, la production est moins bonne. Cette diminution peut être liée, selon Lamine Sène, aux phénomènes des changements climatiques. C’est pour cette raison qu’il conseille aux producteurs de planter de nouvelles variétés végétales et d’élaguer les branches d’anciens anacardiers. « La filière se porte tant mieux que mal cette année. Nous avons noté une baisse de la production. Nous devons penser à la plantation de nouvelles variétés végétales », indique Lamine Sène qui ne doute pas que la filière a de beaux jours devant elle.

30 milliards de Cfa de chiffred’affaires en 4 mois
La filière anacarde est la nouvelle mamelle de l’économie en Casamance. Elle nourrit les exploitants, les non exploitants, les propriétaires de magasin, des hôteliers, des camionneurs, des manœuvres durant les 4 mois de campagne. Elle pèse de plus en plus dans l’économie des trois régions du Sud. « Le secteur génère un chiffre d’affaires de 30 milliards de FCfa en Casamance », souligne Lamine Sène. En Afrique, plus de 2 millions de personnes vivent de la production d’anacarde.

Noël Niouky, productrice et transformatrice d’anacardes  : Les confessions de la « reine » du cajou
Anacarde Noel NioukyNoël Niouky est l’exploitante des plantations d’anacardiers la plus en vue dans la région de Ziguinchor. Elle gère une exploitation de 18 ha. Elle a monté une petite unité de transformation grâce au Programme d’appui au développement économique de la Casamance (Padec). La reine du cajou n’a pas révélé tous les secrets d’une filière qu’elle ne cesse de vanter tout au long de l’entretien.

Rien ne distingue, Noël Niouky, des femmes assises entre les jerricanes. Elle presse les pompes comme les deux autres. Les 4 garçons remplissent des fûts de jus. Noël ne joue pas à la bosse. Elle veut rester à l’ombre. Mais le Padec l’a sortie de l’ombre. Elle est à la tête du Gie Demir. L’appellation veut tout dire pour Noël. La dame de teint clair croit au destin. « Demir veut dire en Mancagne patience. Je ne suis pas pressée. Dans la vie, si l’on est pressée, on ne peut pas avoir le savoir », conseille la catholique pratiquante. L’exploitante n’est pas repliée sur elle-même. Elle vante la production de l’anacarde. Noël est dans la filière depuis 1994.

A la mort de son père en 1996, elle hérite d’une plantation de 18 ha d’anacardes, à Diabir, derrière l’Université Assane Seck de Ziguinchor. Son verger est à quelques lieux de son village natal de Baraf, dans les faubourgs de Ziguinchor où elle a vu le jour en 1955. « Je dis merci à mon papa qui m’a laissé ce verger et bravo au Padec qui m’a aidée à avoir une unité de transformation, sans mes parents et le Padec, je ne serais pas devenue ce que je suis », reconnaît la reine du cajou. Noël est une digne héritière de son père et de sa mère. Ce sont ces derniers qui lui ont inculqué le culte du travail. Déjà en étant jeune, elle admirait sa mère qui pouvait passer des heures dans les rizières et dans les plantations. Noël marche sur les pas de ses parents. « Je ne me repose qu’au mois de février avant la mise en place de l’unité de transformation. Normalement, au plus tard, le 3 juillet, je dois commencer les travaux dans les champs et au mois de septembre, je vais me consacrer aux travaux rizicoles », a programmé l’exploitante. Les jours sont immuables depuis quelques décennies. L’ouverture de l’unité a un peu chamboulé son quotidien.

Elle est à l’unité, la matinée. Dans l’après-midi, elle est dans ses plantations. Ce n’est pas un abus de langage de dire qu’elle est au four et au moulin. La matinée, elle prépare un jus non fermenté de cajou, des gâteaux, dans son unité. Le soir, elle participe au ramassage des noix, elle presse les pompes. « Le repos n’existe pas dans ce monde. Une personne se repose lorsqu’on lui souhaite que la terre lui soit légère », ironise la dame. Elle a pris conscience que c’est une filière porteuse. Mais pour rien au monde, elle n’acceptera de dévoiler ses recettes en fin de campagne.

A l’inverse, elle a affirmé que l’activité est très rentable. « Je ne vais pas vous dire ce que je gagne. Mais l’activité est très intéressante. Je parviens à satisfaire les besoins de mes enfants, de ma famille et de mon entourage. Lorsqu’il y a beaucoup de cajous, j’emploie une quinzaine de personnes », se contente de dire l’exploitante. Cette mère de 7 enfants a capitalisé une bonne expérience. Elle se remet à niveau au gré des rencontres sur la noix d’acajou qui se tiennent en Afrique. « Je viens de rentrer du Mozambique. J’ai visité 3 fois le Bénin avec l’Ird. J’ai été aussi au Ghana. J’essaie de comparer ce qui se fait là-bas avec ce qui je fais ici. J’ai amélioré mes connaissances en transformation », se réjouit la reine. Elle est dans la production et la transformation. Elle croit que d’autres femmes viendront grossir les rangs des exploitantes, ou elles s’investiront dans la production et ainsi elles contribueront davantage à la lutte contre la pauvreté. « Les femmes sont des travailleuses, surtout celles qui sont dans les plantations. L’anacarde est une filière d’avenir qui va attirer plus de personnes et notamment des femmes », prédit la dame.

Lamine Séne, president de l’interprofession de la filiere anacarde : « Des manguiers sont abattus pour planter des anacardiers »
Le président de l’interprofession de la filière anacarde confirme la montée en puissance de l’anacarde par rapport aux autres spéculations et productions fruitières. Les spécialistes témoignent que dans la partie sud du Sénégal, les anacardiers supplantent, de plus en plus, des manguiers dans beaucoup de vergers. « Les mouches portent un lourd tribut à la production des mangues. Des producteurs abattent des manguiers pour planter des anacardiers parce qu’en partie, la production de mangue a chuté à cause des mouches. En plus, la vente d’anacarde est très rentable », a affirmé Lamine Sène.

De nos envoyés spéciaux Idrissa SANE, Maguette NDONG (textes) 
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Last modified on vendredi, 01 juillet 2016 13:27
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