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Wasis Diop, chantre de l’universel : Un homme de synthèse

19 Fév 2018
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Crédité sous le nom de Aziz Diop Mambéty, de son vrai nom Aziz Diop, guitariste du fabuleux West African Cosmos au milieu des années 70, rat de studio connu pour ses audacieuses collaborations (la bande son du film Hyènes, réalisé par Djibril Mambety Diop, un album avec la chanteuse Amina, entre autres aventures), Wasis l'élégant s'inscrit dans une grande tradition d'artistes voyageurs qui savent apporter à la fierté des sons du terroir d'origine la force du monde qui les nourrit. Certains le voudraient rock, d'autres l'affirment très world. Lui s'estime avoir le droit d'être un Lébou du Sénégal à la recherche d'une nouvelle tradition musicale urbaine... qui murmure l'universalité du monde. Il a plusieurs albums de styles différents, tirés de la synthèse des cultures africaines et autres. D'origine sénégalaise, la musique pour le cinéma et la télévision représente une grande partie de sa production. Il a écrit depuis 1992, la musique de plus d'une dizaine de films africains dont : « Hyènes », « TGV », « la Petite vendeuse de soleil », « Le prix du pardon », « Les couilles de l'éléphant »… « Dans cette vie, rien n'est statique... Le seul danger est de ne pas s'adapter, de ne pas voyager, de rester au même endroit, musicalement ou spirituellement. Notre réponse en tant que musiciens est d'aller de l'avant », se résume-t-il.

Brillant mélodiste
L'aura de Wasis Diop en fait un compositeur recherché jusqu'à Hollywood, depuis qu'en 1999, sa chanson Everything (is not quite enough), est venue habiter l'écran le temps d'une scène du remake de L'Affaire Thomas Crown, avec Pierce Brosnan. Film parfaitement dispensable, mais musique obsédante, capable de supplanter les images chez le spectateur. De fait, dans ce gros budget américain comme dans des œuvres plus intimes, les musiques de ce brillant mélodiste impriment leur marque, installant une atmosphère de quiétude, mais imprimant dans la mémoire autant de photographies sonores.

Musicien de la joie de vivre
Wasis Diop chante le plus souvent en wolof, une des langues du Sénégal. Il se réfère au principe du poète président Léopold Sédar Senghor : savoir d'où l'on vient et ce que l'on peut apporter au monde. Album après album, depuis « Hyènes », son chef-d'œuvre en 1992 qui accompagne le film de son frère Djibril Diop Mambéty et lui a permis de signer chez Universal Music, il transcende la beauté de cette langue, en fait ressortir l'intime profondeur de « sa voix primitive », selon l'expression d'un ami musicien. Avec le raffiné « No Sant », en 1995, puis avec « Toxu », et son « tube » multidiffusé « Samba le berger », sur les mésaventures d'un sans-papiers, en 1998, enfin avec « Judu bék », en 2008, resté injustement confidentiel alors que le titre, qui signifie « joie de vivre », tient largement sa promesse. En 2014, Wasis Diop a ajouté à cette collection un autre album aussi somptueux que passionnant : Séquences, première rétrospective de musiques de films jamais proposée par un Africain (chez Grounded Music).

 

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