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Erick Gbodossou, médecin : Homme de science et de l’être

22 Fév 2018
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Une Afrique de propositions
« On est surpris de constater combien les Peulhs étaient capables même dans la pratique moderne de la chirurgie esthétique. Les Peulhs se faisaient percer les oreilles pour y porter des anneaux. Le poids de l’anneau déchirait parfois le lobe de l’oreille. Il y avait quinze procédés connus pour réparer ces accidents. C’est une erreur de penser que la greffe de peau date du XXe siècle ». Ce rappel historique sort de la bouche de quelqu’un qui a suivi un cursus universitaire classique en médecine, le docteur Erick Gbodossou. Ce Sénégalais d’origine béninoise est de ces âmes qui vont à la rencontre de l’autre sans nourrir le complexe de dévoiler ce qui fonde leur identité. Il est la figure d’une Afrique porteuse d’une dynamique fructueuse et palpitante, d’un continent qui ouvre des voies de salut à l’humanité. Il se bat depuis des années pour faire prendre conscience aux Africains que les sciences endogènes ne doivent pas être cette camelote bonne à parquer dans la remise à dissimuler. Il est un pont, parce qu’il est aussi un scientifique, entre une Afrique porteuse de propositions et la médecine conventionnelle. Il n’a pas choisi la voie de la facilité. Il a décidé, dans un élan altruiste, de se battre pour les siens.

L’homme comme totalité
Cet expert de l’Organisation mondiale de la santé nourrit une réflexion utile et très simple. Quatre-vingt-quinze pour cent (85%) de la population africaine s’adressent à la médecine traditionnelle « aussi vieille que la douleur » pour ainsi parler comme lui. Devons-nous toujours continuer à l’ignorer alors que celle-là conventionnelle a fini de montrer ses limites objectives ? Il n’est pas dans le négativisme ou dans le révolutionnarisme passé de mode. Il n’agit pas par bravade. Il est dans une sorte de médiation, de conciliation de deux sphères de principe. Et l’homme, en tant que totalité, devrait en être la centralité. Le patrimoine matériel et immatériel occupe une place importante dans le raisonnement du président de l’Ong « Promotion des médecines traditionnelles », une institution de recherche culturelle et de diffusion scientifique. L’homme est au-delà de la « bulle » biologique. Il y a quelque chose qui transcende la « chair ».

Pour être en bonne santé, « on a besoin de rire, de pleurer, de manger, de jeûner. La santé est un équilibre. La santé, c’est la plante, les cultes et les cultures », disait-il, un jour, avec force. Les prouesses qu’il a réalisées et reconnues par des instituts américains montrent qu’on est loin, ici, des spéculations d’un illuminé ou des « trouvailles » de la coterie envahissante de charlatans en quête de pitance.

Ethique et humanité
Erick Gbodossou est l’auteur du livre « Ethique, sciences et développement ». L’éthique est au cœur de son action utile. La valorisation de la médecine traditionnelle, son cheval de bataille, n’est pas destinée à afficher ses exploits par pure gloriole. L’humanité anime son geste. Il faut remettre l’humain, doté de spiritualité et être d’émotions, au centre de la médecine face aux échecs des traitements symptomatiques. Le Centre expérimental des médecines traditionnelles (Cemetra) de Fatick plus connu sous le nom de Malango dont il est le fondateur est la matérialisation d’une généreuse idée porteuse d’espoirs pour des âmes désemparées ramassées dans « la poubelle du psychique et du psychosomatique » de la médecine conventionnelle, pour ainsi le reprendre. On y apporte confort intérieur aux malades au-delà de ce que les plantes réalisent comme prouesses.

Le docteur Gbodossou, bien que produit de l’école moderne, ne rejette pas avec dédain le « Ndeup », une ethnopsychiatrie de groupe, ni le vaudou marqueur d’une spiritualité africaine. Il les intègre dans ses solutions face à l’étroitesse de celles-là prônées par le système cartésien. L’Afrique doit inspirer le monde par sa capacité à explorer ses possibilités. C’est ce à quoi s’emploie cette âme d’une touchante persévérance et de convictions inébranlables.

Alassane Aliou MBAYE

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