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Thierno Alassane Sall, président du mouvement « La République des valeurs » : Le rebelle

12 Mar 2018
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« En politique, il ne faut jamais dire jamais ». La célèbre boutade du président Abdoulaye Wade n’a jamais été aussi vérifiable que dans le cas de Thierno Alassane Sall. Il y a encore un an, en tant que ministre de l’Energie, il défendait farouchement le gouvernement dans ce qui est convenu d’appeler « l’affaire des contrats pétroliers », soulevée par Ousmane Sonko. Aujourd’hui, c’est le même Thierno Alassane Sall qui se pose en pourfendeur du gouvernement, dans ce même dossier. Finalement, on s’y perd. A quel Thierno se fier ? Même son départ du gouvernement prête à équivoque. Dans le camp d’en face, on parle de limogeage, lui parle de démission. C’est dire que la ligne de fracture entre l’ancien Coordonnateur des cadres de l’Apr et son ancienne famille politique est assez profonde. Ils ne s’entendent sur rien. Thierno Alassane Sall semble avoir ravalé ses convictions d’hier et se présente comme le nouveau parangon des valeurs républicaines. Les thèses du livre de l’ancien inspecteur des Impôts qualifiées de balivernes en janvier 2017, sont devenues paroles d’évangile en janvier 2018. «L’Etat n’a rien à cacher et le régime en place n’a violé aucune disposition réglementaire et législative dans la signature des contrats pétroliers», avait-il répondu à l’époque. Aujourd’hui, c’est un autre son de cloche que l’ancien de l’Asecna sert aux Sénégalais. Tressant des lauriers à Ousmane Sonko, il plaide pour la mise en place d’une Commission d’enquête parlementaire sur la gestion des ressources naturelles au Sénégal.

Dans son cheminement politique, Thierno Alassane Sall offre l’image d’un rebelle. Alors qu’il était haut cadre de l’Asecna sous Wade, il a été mis au « frigo » par son ministre de tutelle d’alors Farba Senghor. Cet épisode l’a décidé à accompagner le président Macky Sall sur le chemin de la conquête du pouvoir. La deuxième alternance survient, le responsable politique de Thiès hérite du poste de Directeur général de l'Autorité de régulation des postes et télécommunications (Artp). Un an plus tard, il est nommé ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement. Il quittera ce poste à la suite des élections locales de juillet 2014, perdues à Thiès devant Idrissa Seck. Le natif de Thiès réintégrera l’équipe gouvernementale en 2016, mais c’est pour encore le quitter quelques mois plus tard lorsqu’il a refusé de signer le contrat d’exploration et d’exploitation pétrolière avec Total dont l’accord de principe avait été paraphé quelques mois plus tôt. Un rebelle donc comme l’on a tendance a qualifié sa ville de naissance : Thiès.

Elhadji Ibrahima THIAM

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