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Quand le vol reste un « art » dangereux !

12 Mar 2018
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Il est des délits qui portent beaucoup de préjudice à la société et privent d’honnêtes citoyens de sommeil, de paix et de tranquillité. Le vol en fait partie. Il est devenu un véritable problème national, avec des proportions quasi inquiétantes. Normal si l’on sait que voler est une profession qui ne nécessite ni diplôme ni études dans une université ou institution spécialisée et dont la pratique procure parfois des revenus conséquents. Le sport favori de ces voleurs qui ne veulent point travailler, mais qui veulent plutôt profiter de ceux qui travaillent n’est rien d’autre que de dépouiller les honnêtes citoyens de leurs biens et de ruiner tout leur espoir. Et pourtant, cet acte odieux qu’est le vol, en plus d’être réprimé par la loi, constitue un grand pêché puni par l’Islam d’une amputation de la main. Malgré tout, les malfrats ne reculent devant rien et leurs dégâts sont incommensurables.

Il y a bien des années, une affaire jugée en cour d’assise (les chambres criminelles n’existaient pas encore) à Saint-Louis et qui portait sur un vol en réunion et association de malfaiteurs m’a permis de comprendre que le vol était presque un art. Un art très dangereux même. Comme l’artiste qui imagine et peint avec talent et une audace qui lui est propre son émotion ou son message (il existe aussi des artistes à deux sous), le voleur, même si les techniques et méthodes diffèrent, est aussi doté d’une grande habileté, d’une ingéniosité sans pareille et d’une audace qui lui permettent de bien préparer et d’exécuter, avec brio, son forfait. Si l’artiste peut vendre son tableau à des prix d’or, le voleur aussi parvient à tirer son épingle du jeu, si son plan réussit.

Lors de ce procès, un bout d’homme qui avait très tôt quitté le chemin de la droiture, pour se consacrer exclusivement au banditisme, était poursuivi pour vol en réunion commis avec violences et usage de véhicule. Les faits qui lui étaient reprochés remontaient au 7 août 2001. Ce garçon qui n’avait pas fait des études poussées, ne s’arrêtant qu’en classe de CM2 et qui, de tout le Saint Coran, ne connaissait que la « Fatiha », n’avait pas manqué de refaire son retard sur les sentiers de la perdition. Le fait d’avoir séjourné en prison alors qu’il était mineur, ne l’avait point assagi. De nature inoffensive, il avait donné du fil à retordre aux gardes pénitenciers de la maison d’arrêt et de correction de Saint-Louis pour avoir réussi à s’évader à deux reprises. En prison, il avait surpris ses codétenus ourdir un plan de braquage d’une bijouterie, à Saint-Louis, et leur avait volé leur idée. Après son évasion, il est passé à l’action avec ses trois acolytes. Il sera interpelé quelques jours plus tard après une course poursuite à travers les rues de la Gueule Tapée et des coups de feu qu’il a tirés en direction des policiers. A la barre, il a dit avoir agi par simple plaisir. Reconnu coupable de vol en réunion commis avec violences et usage de véhicule et détention d’arme sans autorisation administrative, il avait écopé de 10 ans d’emprisonnement ferme.

Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Et aujourd’hui, on assiste de plus en plus à la recrudescence des cambriolages, de jour comme de nuit. Sans compter les vols à l’arrachée. Ces délinquants n’ont plus peur de rien et commettent parfois des actes violents, surtout quand ils rencontrent de la résistance. A leurs risques et périls.

La semaine passée, un charretier qui n’a rien à envier à Reug ou Ama Baldé a eu l’outrecuidance de voler un mouton aux Parcelles assainies. Mal lui en avait pris. Poursuivi par une meute de motocyclistes enragés et pris dans leur étau, il n’a eu d’autre réflexe que de jeter l’animal sur la chaussée. Malheureusement, il sera appréhendé et copieusement corrigé. Ça fait partie des risques de la profession. Et n’est pas Robin des bois, Billy the kid ou Arsène Lupin qui veut. Plusieurs malfrats ont dû abandonner leurs activités illicites en raison d’oppositions inattendues des populations, comme cette scène de justice populaire devenue aujourd’hui très fréquente sous nos tropiques. Assez souvent, ces malfrats, professionnels ou occasionnels, sont battus à mort par des foules en colère.

Ce phénomène s’explique par l’insécurité et le manque de confiance de la population en la justice, la police. Certaines gens qui ont le sentiment que ces voleurs ne sont pas assez sévèrement punis, préfèrent, de loin, cette justice populaire qu’elles trouvent très dissuasive. Quoiqu’il en soit, le vol n’est point une profession viable ni durable. Un voleur peut toujours voler, mais viendra un jour où la chance le lâchera. Et bonjour les dégâts ! Tous ces paresseux qui aiment l’argent facile gagneraient à aller travailler pour gagner honnêtement leur vie au lieu de se nourrir du travail, de l’effort ou de la sueur de leurs prochains.

Samba Oumar FALL

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