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Touche pas à mon ange !

22 Mar 2018
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Enfants, on nous disait que les riches sacrifiaient des êtres humains, des « mômes » précisément, pour être encore plus riches. On nous disait aussi qu'ils coupaient les têtes des gens qu'ils enterraient et que ces têtes se transformaient des jours plus tard en or massif ou en diamant. On nous demandait alors de ne jamais parler à un inconnu surtout s'il était à bord d'un véhicule.

Et je me rappelle encore que dans mon très cher Fouta, quand on voyait venir une voiture ou même entendait un vrombissement de moteur, fût-ce celui d’un moulin à mil, on détalait comme des lièvres apeurés. Bercé par l’innocence juvénile et une naïveté extrême, on ne pouvait imaginer à quel point l’homme pouvait pousser la cruauté jusqu’à recourir au sacrifice humain en échange du pouvoir, de la richesse et de la puissance. Mais quand on a vendu son âme au diable, on est prêt à tout.

Beaucoup de civilisations ont pratiqué des rites religieux morbides. Mais, c’était il y a des millénaires et les motivations n’étaient pas les mêmes. Sous nos tropiques, ces meurtres d’enfants, sacrifiés sur l’autel de pratiques barbares, sont en recrudescence. Ces pratiques odieuses, qui se multiplient surtout en période électorale, montrent à quel point l’obscurantisme est répandu dans nos sociétés. En plus de provoquer une vague d’indignations, elles ont fini par installer une psychose inconcevable et de suspicion extrême un peu partout. Les familles sont choquées, plongées dans l’horreur absolue, l’angoisse, la colère et la peur. Il est tout à fait justifié que les gens soient traumatisés, affolés. Comment, dans une pareille situation, garder toute sa sérénité et ne pas céder à cette psychose créée par les cas d’enlèvements d’enfants et d’homicides relayés par la presse ? La situation est telle qu’aujourd’hui beaucoup de parents craignent le pire.

Chacun, dans son for intérieur, se dit : « Cela pourrait bien arriver à mes enfants ». Eh, oui, nul n’est à l’abri. Le danger guette au quotidien nos enfants devenus les proies potentielles d’ignobles prédateurs.

Il faut vraiment être un monstre pour égorger avec un certain degré de cruauté et d’atrocité un enfant, prélever ses organes pour un éphémère privilège. Toute la richesse terrestre et toute la puissance du monde ne valent pas la vie de nos enfants, ces anges que nous devons chérir, entourer de soins, aider à vivre, à grandir, à se développer physiquement, moralement et intellectuellement. Comme le disait si bien Mère Teresa, « l’enfant est le plus beau don que Dieu puisse faire à la famille : il a besoin de son père aussi bien que de sa mère parce que l’un et l’autre manifestent l’amour de Dieu d’une façon spéciale ». Les protéger est notre première charge dans la vie.

Aujourd’hui, chaque parent vit une pression sans nom. L’inquiétude, la peur et l’angoisse sont les choses les mieux partagées dans les familles. Personne ne veut quitter d’une semelle sa progéniture. On a beau discuter avec nos chérubins des dangers que représentent les étrangers et leur inculquer la crainte des personnes qu’ils ne connaissent pas, mais ce n’est pas suffisant. Il faut encore et toujours entretenir la vigilance ; même si cela ne les met pas pour autant hors de danger face à ces assassins.

Nos enfants sont tellement naïfs, tellement fragiles que quand ils partent quelque part, on n’a jamais l’esprit tranquille. On a même peur de les envoyer à la boutique, de crainte de les jeter dans la gueule du loup. On est si obsédé par leur sécurité qu’on ne les croit à l’abri nulle part ailleurs qu’à la maison.

L’heure est grave. Devant l’urgence de la situation, les autorités doivent endiguer ce phénomène traumatisant et agir avec fermeté en mettant en place un dispositif dissuasif et en renforçant les peines à l’encontre de ces monstres qui ne méritent aucune pitié. Mais en attendant, les parents doivent faire bloc, contrecarrer ces suppôts de Satan et leur dire : « Assez ! Nos enfants ne sont pas à sacrifier ! »

Par Samba Oumar Fall

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