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Babacar Oualy, Chérif dans la série « Idole » : Plus qu’un interprète

22 Mar 2018
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« Dieu, merci de m’avoir rendu mes deux jambes. Je suis très content et je te remercie. Je sais, c’est parce que Tu m’aimes que Tu m’as fait beaucoup souffrir. Tu es patient. La vie est amour.

Et quand Dieu vous aime, Il vous fait souffrir. Après tant d’épreuves, me voici, je l’espère, enfin sorti du bout du tunnel », crie de tout cœur, Cherif, dans une plage vidée de son monde (Idoles - saison 4 - épisode 16). Ces propos, empreints de fatalisme, croupiraient dans notre routine langagière si l’interprétation du personnage qui les tient n’avaient pas été magistrale. Il suffit de voir les images pour se laisser envahir par une émotion venue d’ailleurs. Chérif Maal de la série « Idôles » a le génie sublime, du talent à l’état pur. Un moment de communion directe sans intermédiaire avec Dieu. Il nous transporte grâce à cette capacité à entrer dans la peau de son personnage, s’y morfondre, s’y perdre, y étaler toute l’étendue de son art enchanteur.

Babacar Oualy de son vrai nom s’était déjà illustré dans le théâtre et le cinéma avant cette série qui lui vaut des éloges mérités : « Le sacre du ceddo », «Simba le roi lion », «L’homme de Satan», «Le sacrifice de Yacine Boubou», «La pirogue», «C’est la vie»... Il arrive à capter les téléspectateurs les plus étourdis. Dans la série « Idoles », il interprète le rôle d’un inconvenant fils de ministre disposant d’une « couverture » de fils de ... Il est de cette trempe d’acteurs qui ont plus d’une corde à leur arc. Son look de bad boy bâti à chaux et à sable est un espace d’expressions émotionnelles de différentes couleurs. Malgré son jeune âge, il n’a pas encore atteint la trentaine, il se construit une carrière déjà enviable Les vieux briscards comme le comédien Bass Diakhaté, qui a soufflé son nom, se trompent rarement !

Constant dans la performance
Babacar Oualy n’est pas dans la fulgurance. Il fait montre d’une certaine constance dans sa singulière et belle manière d’épater les cinéphiles. Babacar Oualy a su, dans « Idoles », interpréter un rôle avec sa fraîcheur, son allant naturel. Avec surtout grand talent. Aminata Sophie Dièye (une des auteurs de la série « Idoles », défunte et inspirante chroniqueuse, plus connue sous le sobriquet de Ndeye Taxawalou) disait ceci : « Dieu est l’incarnation de la patience. L’argent cultive l’orgueil, encombre l’esprit, chasse l’affectif et la part d’humanité. Dans la famille de ma mère, tout passe par l’autodérision, l’humour, même les choses les plus graves. Je suis donc restée une femme naïve ». Chérif a fait sienne cette belle assertion. L’acteur nous foudroie, quelquefois, d’un regard tellement doux, nous remplit d’émotions à la fois tendres et violentes, nous replonge dans le souvenir. Il produit en un geste, en une parole, des sentiments, des frissons, des bouleversements. Le rire et le pleur aussi. Car le jeune homme est d’une sensibilité artistique contagieuse.

Persévérant face à l’adversité
Ce natif de Dakar, originaire de Tambacounda, a très tôt su ce qu’il voulait faire de sa vie. En classe de première, au lycée Maurice de Lafosse, il boude pour investir le monde du théâtre.

Babacar Oualy débute sa carrière en 2009. C’est sa mère qui lui aurait recommandé de faire du théâtre et du cinéma. C’est elle-même qui l’a mis en relation avec Ibrahima Mbaye « Sopé ». Elle a été bonne prophétesse. Il passe un casting de doublage pour films chinois, pour élargir son champ d’expression artistique. Un tour en Asie pour redécouvrir son art. La série « Idoles » n’est donc qu’un pas de plus dans sa longue marche. Une formation artistique, sur le tas et le reste est de l’ordre du naturel. Son amour pour le septième art l’emporte sur les doutes légitimes. Il se rend à Douta Seck où il a le privilège de rencontrer tous les acteurs et comédiens du Sénégal. L’homme est décrit comme un caméléon par ses compères pour sa capacité à interpréter différents rôles.

Dans sa famille, il est le premier à opter pour cette discipline artistique. Ses envies se heurtaient au scepticisme de ses aînés. Le silence du père, alors administrateur civil et député, laissait plus subsister l’équivoque que l’enthousiasme de sa mère. Un jour il apparaît à la télévision, vêtu d’habits de femme, à l’occasion de la célébration du « Tadiabone » (Veillée festive et folklorique célébrée par les jeunes à l’occasion de l’Achoura). C’était le geste de trop ! Toute la famille lui fait des remontrances. Il décide de quitter la maison familiale. Quelques jours après, les membres de sa famille reviennent à de meilleurs sentiments et l’invitent à rejoindre à nouveau la maison familiale. Cet épisode le pousse à davantage persévérer. Tous les jours, il se donnait la peine de se lever à 7h du matin, de se rendre à la plage pour y « faire tranquillement son sport et s’adonner discrètement à la répétition ». Sa persévérance a porté ses fruits. Oualy est bien parti pour marquer de son empreinte l’histoire du cinéma sénégalais. Qui disait qu’à quelque chose malheur est bon ?

Oumar BA

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