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Trois bonnes raisons d’aimer... : Pére Dominique Catta, du monastère de Keur Moussa

29 Mar 2018
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Cœur d’or et de mélodies

Une œuvre d’humanité
Le père Dominique Catta est le seul survivant des neuf moines français de l’Abbaye de Solesmes, en France, qui sont arrivés au Sénégal, en 1963, pour ensuite fonder le monastère de Keur Moussa où ils ont fait fleurir le « désert ». La Kora est un instrument important dans cet univers de dévotion. Et l’homme de Dieu y est pour beaucoup. Il a, en effet, dans un élan de générosité, transmis son savoir-faire à des apprenants de l’Ecole nationale des arts après avoir apporté une contribution considérable à l’atelier de lutherie musicale du monastère de Keur Moussa. Son œuvre est reconnue au-delà des cieux qu’il a servis dans le travail, la foi… et le rythme. Elle a permis à cette communauté religieuse de recevoir le prix Albert Schweitzer. Le père Dominique Catta ne brigue pas les honneurs. Il tire satisfaction du service rendu à l’autre. Il promeut, de par son action inspirante, une humanité loin de tout ce qui pourrait la corrompre.

Trésor Humain Vivant

En 2016, année de ses 90 de présence sur terre, le ministère de la Culture et de la Communication a élevé le frère Catta au titre de Trésor Humain Vivant (Thv) suite à une requête de l’Amicale des Joyeux koraïstes pour l’œuvre musicale des Moines de Keur Moussa. Cette distinction méritée, honore toute une communauté et célèbre des vertus, une générosité et traduit l’attachement d’une âme à sa terre d’accueil, à ses populations, à ses cultures, à la nature.
Déjà pratiqué au Japon depuis les années 1950, le système de Trésors humains vivants a été adopté par le Sénégal en 2006.  En France, il est connu sous l’appellation « les Maîtres d’art ». L’Unesco, à travers l’adoption de la convention 2003 relative à la protection du patrimoine culturel immatériel, a reconnu les Thv considérés comme des personnes possédant, à un niveau élevé, les connaissances et les savoir-faire nécessaires pour interpréter ou recréer des éléments spécifiques du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Le père Dominique Catta n’a jamais arrêté d’œuvrer dans ce sens.

Il a consigné notre patrimoine

Le frère Catta, comme on l’appelle affectueusement dans cette abbaye, a consigné un patrimoine qui ne le laisse pas indifférent. La Nation lui doit cette reconnaissance. Il a participé à ce qu’un être inspiré a appelé « inculturation de la liturgie romaine dans la terre africaine du Sénégal ».  L’abbaye de Keur Moussa intègre la kora et les chants traditionnels sénégalais dans ses prières aux premières années de l’indépendance du Sénégal. Cette touchante anecdote rapportée par le site WWW.terredecompassion.com en dit long sur son dévouement : « Le Père de Ribes, supérieur du monastère naissant, lança au frère Catta : « Tu as de grandes oreilles, ouvre-les aux cultures locales, comme le dit le Concile ». Alors le Père Catta écouta ! Il était formé au plain-chant de Solesmes, avec un rudiment élémentaire de solfège, mais il se mit à écouter. Il écouta ses ouvriers qui travaillaient en chantant à la construction du monastère, il écouta ses novices africains, il écouta les femmes sérères, les séminaristes casamançais, les danses diolas, les griots mandingues comme Soudioulou Sissoko alors dans toute sa gloire de roi de la kora mandingue, il écouta les concerts du 1er Festival mondial des arts nègres organisé par Senghor en 1966, les messes camerounaises, surtout la fameuse messe Ewando… Il collecta des kilomètres de bandes magnétiques, de 33 tours. Il écouta et chercha les instruments traditionnels : la kora, le balafon, le tam-tam, le xalam, l’assiko, la sanza, l’arc en bouche dont les noms seuls disent la poésie ! Il écouta la radio surtout, notamment la musique traditionnelle du Sahel et celle des griots du Sénégal et même les chanteurs des villages voisins du monastère. » Ce témoignage est un récit de passion, de générosité et de foi. Le père Catta n’est pas un homme d’ailleurs, ni d’ici. Il est un symbole universel d’une humanité en paix avec elle-même dans la diversité de ses beautés.

 

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