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7 choses a savoir sur : Yérim Sow

17 Mai 2018
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Le fondateur du groupe Teylium qui vient de racheter Tigo avec des partenaires est l’un des symboles de la réussite en Afrique de l’Ouest. Des télécoms à l’immobilier, du Sénégal à la Côte d’Ivoire, il a bâti, en moins de quinze ans, un empire dont la véritable surface financière reste mystérieuse.

Une icône sénégalaise
À la fois « fils de » et jeune multimillionnaire, Habib Yérim Sow est une icône dans son pays. L’un des symboles, parmi quelques autres, de la réussite économique et financière d’un entrepreneur sénégalais. En moins de quinze ans, le fils d’Aliou Sow, fondateur de la Compagnie sahélienne d’entreprise (Cse), un immense groupe de Btp, s’est mué en homme d’affaires touche-à-tout. Mais, nulle question d’héritage là-dedans. Si le poids de sa famille l’a très certainement aidé à lancer sa première société, Access Telecom, détentrice d’une licence de radiomessagerie au Sénégal, c’est la cession, pour 76 millions d’euros, d’une seconde entreprise, Loteny Telecom, au géant sud-africain Mtn qui le rendra riche.

Culture de la discrétion
C’est l’une des réussites les moins médiatiques du Sénégal. Peu de Sénégalais, en effet, sont capables de mettre un visage sur le nom d’Habib Yérim Sow. A part qu’il est le fils de Aliou Sow (Cse), le magnat du Btp. Sinon, pour le reste, rien que des rumeurs… Il se dit que c’est un jet-setteur mondial qui possède un jet et un yatch privés… Et comme il ne donne la moindre interview pour dégonfler la baudruche, et qu’on ne le rencontre quasiment nulle part au Sénégal, la légende sur sa personne ne cesse d’enfler. Yérim Sow est discret jusque dans ses amitiés. L’homme cultive le mystère comme un maître du suspens. Il ne répond guère aux sollicitations des médias, se permettant même de snober l’hebdomadaire parisien « Jeune Afrique » en se contentant d’envoyer une courte présentation écrite pour répondre aux sollicitations du journal.

Investisseur hors pair
Il existe pourtant des indices pour briser le mur de pudeur qui entoure sa personne. Il fait partie, par exemple, des Anciens du Canada (Polytechnique de Montréal). Le site web de  Teylium group, la holding qui regroupe ses activités, est, en outre, riche en pépites. On y apprend qu’il a créé sa première société, Direct access (informatique), en 1988. Ensuite, c’est Access télécom, détentrice d’une licence de radiomessagerie, en 1994, qui l’a fait connaître aux Sénégalais avec les fameux Bip access. Et puis, on le perd de vue. Il part, en fait, en Côte d’Ivoire monter une filiale d’Access télécom et prend pieds dans ce pays. Il y lance Loteny, dans la téléphonie mobile, en partenariat avec Télécel (aujourd’hui Mtn/Ci). En 2001, il crée Teylium international et prend des participations dans le centre d’appels Pcci. En 2002, il réalise l’immeuble Trilenium à Dakar. Assez pour lancer la saga de cet homme d’affaires hors du commun et qui a le don de transformer tout ce qu’il touche en lingots d’or.

Teylium, un mastodonte
Dix-sept ans après sa création, le groupe Teylium international comprend sept divisions : de l’immobilier à la finance en passant par les télécoms. C’est dans ce secteur que Yérim Sow, 44 ans, s’est fait connaître, dès 1994, en lançant, à Dakar, une société de commercialisation de services de paging. Peu après, il créait le premier réseau Gsm de Côte d’Ivoire, vendu, en 2005, à Mtn pour 50 milliards de FCfa (76 millions d’euros). Le plan stratégique de Teylium, initié en 2006 pour quatre ans, s’est traduit par la mise en œuvre de plusieurs opérations en Afrique de l’Ouest. Dans les télécoms, le groupe a acquis l’opérateur Gsm Intercel en Guinée et obtenu la seconde licence de téléphonie mobile au Cap-Vert. Un investissement de 15 millions d’euros. En Côte d’Ivoire, Teylium s’est porté acquéreur de la Bridge bank et la Continental beverage company (Cbc) qui a mis sur le marché l’eau minérale Olgane. Très discret sur les montants en jeu, le groupe, basé à Genève, aurait réalisé un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros en 2007.

Rayonnement mondial
Aujourd’hui, le groupe a un rayonnement mondial avec des bureaux à Maurice et Genève, et des activités aux quatre coins du globe. Il s’active aussi dans le développement et la gestion immobilière, l’hôtellerie, les télécoms et les Tic, l’agro-industrie, les services bancaires et financiers, les services aériens... Un véritable conglomérat. Ses dernières acquisitions sont une banque, Bridge bank (Côte d’Ivoire), le Plaza hôtel, un « 5 étoiles » en construction sur la corniche, dans le cadre des chantiers de l’Anoci, d’autres résidences de luxe à Dakar… Il est également cité dans un fonds d’investissement à Dubaï…

Filialisation réussie
Le groupe possède deux filiales dans le domaine : Teylium properties group, qui développe une dizaine de projets immobiliers, de bureaux et de résidences, et Chain hotels&resorts pour la construction d’hôtels. Le groupe cofinance l’édification de nombreux programmes à Dakar dont le Sea plaza, un projet d’environ 33 milliards de FCfa visant à construire un hôtel 5 étoiles de 180 chambres qui sera géré par l’exploitant international Radisson et un ensemble commercial tout autour, le Rivonia tower, constitué d’immeubles et de bureaux, et Coralia, un programme de résidences de luxe. Il est impliqué également dans la réalisation du Waterfront de la capitale sénégalaise, un programme immobilier visant une clientèle très huppée.

Tigo, un succès retentissant
C’était l’un des paraphes les plus attendus dans le monde de l’investissement en direction du Sénégal. Le président Macky Sall a fini par apposer sa signature au bas du décret 2018-750 approuvant la cession de Tigo Sénégal au consortium Saga Africa holdings limited, contrôlé par Yérim Sow, Xavier Niel et la famille Hiridjee. Ce décret met un terme à un bras de fer de près d’une année entre la plateforme de transfert d’argent Wari et l’opérateur de téléphonie mobile luxembourgeois Millicom qui détenait la marque. Yérim Sow renoue ainsi avec ses premières amours.

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