grandair

Par Exemple (15)

Adossé à un des fauteuils devant la porte de sa maison qui donne sur un balcon, il prend de l’air. Les rastas rabattus sur le visage, c’est un Awadi abattu par la fatigue que l’on retrouve cet après-midi à Sicap Amitié II. En période d’enregistrement, l’artiste n’a point de sommeil.

Une porte qui s’ouvre et se referme aussitôt. Un autre Awadi en sort cette fois avec les dreadlocks bien organisés, laissant découvrir son visage qui aussi, devient plus radieux. Du café et quelques boulets de cigarettes pour dominer cette lassitude. 

Les mêmes dominants, les mêmes dominés. Les mêmes fils de dominants dominent les fils des mêmes dominés. Ces paroles extraites de « Bourreau noir » le ramènent une vingtaine d’années ans en arrière. Leur sens est à chercher dans les événements de 1988 caractérisés essentiellement par une année scolaire invalide. 1994-2016, des années passent, la jeunesse n’y est plus, mais l’engagement politique demeure. Awadi, une vie, un destin, le rap engagé. En contact avec un autre rappeur, notamment Duggy Tee, leurs idéologies et leurs principes de vie prennent forme et donne le Positive Black Soul (Pbs), en 1989.

Pionnier du mouvement rap au Sénégal et plus largement en Afrique de l'Ouest, son premier succès avec ce groupe sera l’album « Boul Faalé », une expression de la rue sortie en 1994. Le contenu qu’il en donnait, « prends-toi en charge ». « Dans nos principes de vie que nous nous sommes donnés, c’est de croire à soi-même. Il peut se réaliser tout seul et pousser le groupe », soutient le Didier des Sicap.

Du fun à l’engagement
« Au début, le rap était pour nous une passion. On le faisait pour s’amuser. Autrement, se faire voir, avoir des copines, être les stars du collège », renseigne l’artiste. En contact avec de grands hommes de gauche, en lisant les discours de Thomas Sankara, de Cheikh Anta Diop, est née une conscience politique. Le discours change. Pourtant, Didier Awadi estime que le rap ne rime pas forcément avec l’engagement. « Il y a ceux qui ne sont pas engagés et je respecte leur position. C’est un devoir pour moi de m’engager. Je ne peux pas avoir le grand luxe, de lire des livres, d’aller à l’école, de pouvoir avoir une télévision, une radio. Bref, de savoir l’impact de tout ce qui se passe dans le monde dans ma vie. Comment mon pays et mon continent sont pris à la gorge. Et ne pas réagir, ce serai lâche et irresponsable », juge l’auteur du « Président d’Afrique ».

Même en solo, il fait bonheur à ses idéologies nationalistes. En octobre 2005, il sort sur le marché français l’album « Un autre monde est possible » qui est un vibrant plaidoyer pour des politiques plus humaines et une plus grande considération du tiers-monde. En novembre 2012, un autre titre « Ma Révolution » paraît au Sénégal et dans le monde.

Défenseur du panafricanisme
Né d’un père Béninois et d’une mère Cap-Verdienne, il se considère comme un Africain d’origine avec un visa sénégalais car la création Sénégal est presque française. Une manière d’alimenter son rêve des Etats-Unis d’Afrique. Comme il le disait dans son titre « Président d’Afrique », dans son rêve, on annule les visas, tous les pays d’Afrique sans ces derniers. L’Afrique avec ou sans visas, lui, il a déjà fait 42 pays de ce vaste et diversifié continent.
Défenseur du panafricanisme, il s’identifie à des figures emblématiques comme Thomas Sankara. « C’est tout ce qu’il a dit, c’est tout ce qu’il a fait, qui fait qu’on l’aime. Il s’est battu pour l’Afrique. Produire africain, manger africain et s’habille africain », défend cet animateur.
La plupart de ses modèles n’étant plus de ce monde, il porte le combat à travers un discours tranché avec quelques codes culturels qui viennent bousculer les limites entrainant peut-être une incompréhension entre l’élite politique et les autres rappeurs pour ne pas dire lui seul.

L’illusion « du fils à papa »
Tout le monde pensait que c’est un fils à papa. D’autres ont ravivé des rumeurs comme l’animateur est un fils de diplomate. Pourtant, il est né de deux parents enseignants et a grandi dans le pays. Ses études, il les a faites également au Sénégal. « C’est l’image que les gens ont des Sicap. Alors que pour moi, les Sicap, c’est vraiment la classe moyenne.
A l’âge de quatorze ans, il perd son papa. Mais, comme l’échec, dit-il, ne fait pas partie de son vocabulaire, il développa très tôt un esprit d’entrepreneur. Déjà au collège Sacré- Cœur, il était dans les affaires culturelles. D’ailleurs, ces premiers spectacles commencent dans cette école. Les tickets d’entrée à 300 FCfa, de quoi assurer son argent de poche pour ne pas fatiguer sa mère qui les a accompagnés lui et ses deux sœurs dans leurs choix.

Le style de son rap, il l’ignore. Pour lui, c’est juste un cri du cœur. Il n’est ni esclave de la rime ni des figures de style. « Ce que me dicte mon cœur est plus important que la règle grammaticale », lance-t-il. Le rap pour lui, c’est un outil très démocratique car c’est une musique révolutionnaire qui est là pour bousculer les codes.

Un album mbalakh en cours
En effet, il considère qu’on peut rapper même avec le mbalakh. D’ailleurs, l’artiste annonce la prochaine sortie de son album cent pour cent mbalakh qui est en cours d’enregistrement. Une nouveauté qu’il qualifie de Kef et non pas d’un virement. « Je suis né dedans, j’ai grandi dedans et j’ai envi de le faire », conclut l’artiste-producteur.

Amoureux de ce genre musical de par sa persécution, sa syncope, il rêva de faire un jour son « tassou ». Fruit d’un délire, il ne sera pas un mbalakh révolutionnaire mais « bou saf sap », chahute ce dernier. Awadi sous le tempo mbalakh, ça va surprendre, faire rire ou même choquer. Mais, les plus réfractaires, rassure-t-il, vont danser. Un autre album reggae en studio va sortir au mois d’octobre. Ce sera un concentré de reggae et de rap. Ce style, il l’appelle reggae up. Prix Découvertes Rfi 2003, avec l’album « Un autre monde est possible », d’autres horizons s’ouvrent à lui. Propriétaire d’une maison de disque internationale, l’homme d’affaires travaille avec Universal et désormais, avec le groupe Canal.

Il va y animer des émissions qui tournent autour de la musique et de la culture. Un autre projet est en cours, un film sur la vie Doudou Ndiaye Coumba Rose, commencé de son vivant et qu’il souhaite terminer bientôt.

Par Marame Coumba SECK

Last modified on mercredi, 20 juillet 2016 14:08

Va-t-on l’appeler confrère ou autre chose ? Car il s’est autoproclamé journaliste qui use de l’humour pour rendre digeste l’information, aussi dramatique qu’elle soit. Le journalisme peut-être mène à tout. Mais tout mène-t-il au journalisme ? En tout cas Samba Sine alias Kouthia est devenu par la force des choses incontournable dans le paysage audiovisuel. Sacré lauréat aux « Sédars » puis au « micro d’or », il se définit comme le Roi de l’Humour au Sénégal.

Il est, de 18 heures à 19 heures, dans ses déguisements qui varient suivant les personnes et l’actualité. Aussi à l’aise dans une toge, dans une « marinière » que dans un costume « politique », il gesticule, danse, moque ses cibles du jour. L’objectif, informer les gens en les faisant rire.

Il n’est pas de l’époque classique où Molière se moque de tout pour corriger tout. Mais, il comprend le sens du rire aussi bien que celui-ci. La différence entre les deux, c’est que le premier use de la dérision pour corriger les mœurs, l’autre pour informer. D’ailleurs, on peut le nommer le journaliste-humoriste. En effet, il passe en revue l’actualité nationale en la dépouillant de son aspect sérieux pour lui donner une autre valeur, la subtilité.

Hommes politiques, acteurs sociaux, musiciens, lutteurs, juristes sont passés à la moulinette de son one-man-show télévisuel. Même les chefs religieux ne sont pas épargnés. Abbé Jean ne nous démentira pas. Pareil pour l’ex-Premier ministre Aminata Touré avec sa fameuse : « On accélère, on recule pas ». Le comédien se lance dans une danse frénétique, faite de petits pas rapides, en cercle, inspirée du slogan choc.

Mobilité ou instabilité : le combat pour le rire
Autres personnes qu’il tourne en dérision, la famille de l’ex-président Abdoulaye Wade. S’humectant du talc sur la peau, il reproduit le teint clair de Viviane Wade avec son fameux « lahou », todial, Karim depuis sa petite cellule de la prison de Reubeuss, Sindiély, le petit cœur à conquérir. Animant depuis 2011, l’émission « Kouthia Show », « le phénomène » des temps nouveaux est devenu une icône de la télévision sénégalaise.

L’humoriste a fait ses premiers pas dans les années 1990 à la Radiodiffusion télévision sénégalaise (RTS). Dans l’émission « Le Petit Théâtre », il caricature des célébrités locales. Dans sa conquête du public, il se lance dans des aventures caractérisées par une mobilité professionnelle qu’on peut qualifier d’instable.
En effet, en 2002, une autre aventure resurgit, cette fois-ci, à la chaine de télévision Walfadjri. De la matière pour Samba Sine qui, depuis, a lancé « le concept du show ». Après neuf années d’exercices dans celle-ci, en 2011, il signe un contrat avec la Télévision Futurs Médias (TFM).
Le nom d’Abou Bilal, dit-il, m’a été attribué lors de mon voyage en Arabie Saoudite pour le pèlerinage à la Mecque.

L’oiseau baptiseur
« Ce jour-là, à Médine, je marchais sur le chemin où tous les grands soufis musulmans sont enterrés, j’ai ensuite entendu un oiseau qui m’a soufflé à l’oreille une directive : Quand tu retournes au Sénégal, il faut tout faire pour qu’on t’appelle par le nom d’Abou Bilal », avait-il confié à un journal de la place.

2014-2015 ont été des années de succès pour Samba Sine alias Kouthia. Ce qui lui a permis d’être une vedette incontestable à la Tfm. Hélas ! Satan est venu mettre du sable dans le couscous en pleine période de ramadan. A-t-il desserré l’étau divin qui l’empêche d’agiter les relations interindividuelles ?

En conflit avec son directeur de programme, il s’en va emportant toute la saveur du soir avec lui. Qui des téléspectateurs de cette chaîne n’a pas regretté les soirées animées par ce fils du Fouta où le rire est toujours sur les lèvres ? Ils le réclament et lui dénonce son traitement.

Last modified on lundi, 18 juillet 2016 14:35

Le costume sur le bout des doigts

11 Juil 2016
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Lamine Diassé est le porte-étendard du costume au Sénégal. Spécialisé dans l’habillement européen, particulièrement dans le vêtement masculin, ce jeune couturier, styliste-créateur a fait de la qualité son credo et de la connaissance sa devise.

« Ce que je fais, c’est le sur-mesure ». Tout Lamine Diassé est dans ce souffle. S’émanciper de la facilité. Sortir de l’ordinaire sénégalais. Porter presque tout seul le fardeau de la perfection. Le stylisme sénégalais fonctionne en trompe l’œil. Dakar certes est une place forte de la mode africaine, mais les stylistes sénégalais aiment renifler le doux parfum de la facilité. Des défilés occasionnels, des médias complaisants, un public peu averti. Suffisant pour certains noms ronflants de la mode sénégalaise. Trop peu pour Lamine Diassé. L’ambition est le carburant qui chauffe ce cérébral de la mode.

Très jeune, Lamine Diassé a appris le métier de tailleur dans le tas. Il fera quelques piges chez le maître couturier Laye Diarra où il fait la connaissance du costume. Il y apprend à mesurer, à tracer, à couper. Responsable de production, il y réalise des costumes sur-mesure pour nombre de personnalités sénégalaises. Mais à force de ciseler l’étoffe, de dessiner des formes et de s’enfermer dans des mesures, le jeune Diassé est pris dans ce tourbillon de questions qui a façonné, avant lui, nombre de grands créateurs. Pourquoi la mode sénégalaise n’est pas normée comme en Europe ? Pourquoi le costume Smalto ou la chemise Hugo Boss sont si parfaits ? Quelles logiques se cachent derrière la production industrielle de vêtements ?
Pour trouver des réponses et donner plus d’amplitude à sa prometteuse carrière, Lamine Diassé décide de reprendre par là où il devait commencer : la formation. Il part en France pour approfondir ses connaissances dans le domaine de la mode, du stylisme et de l’industrie vestimentaire. Il suit une formation à la Fenaph avec des experts de l’Académie internationale de coupe de Paris (Aicp). Il rencontre ensuite à Paris Jean-Pierre Houée, expert de l’Aicp, qui lui apprend la conception du produit, les tracés de base et les secrets de la fabrication française. Ce dernier croit en son talent et le prend sous son aile protectrice.

Le chemin de la réussite
Il fait, en outre, plusieurs stages dans des maisons de couture réputées en France. C’est le chemin de la réussite. Le plus difficile certes, mais le meilleur. « Mon credo, c’est de comprendre tout de cette activité que j’ai choisie. Aujourd’hui, Dieu merci, j’ai compris », confie Diassé. Et d’expliquer sa démarche : « Si nous voulons aller à la conquête du monde, nous devons comprendre tout ce qu’il y a derrière le vêtement. Il y a des normes à respecter, des méthodes à appréhender, des techniques à assimiler ».
A la différence de nombre de stylistes qui consacrent leurs créations à la femme, Lamine Diassé n’a pas choisi la simplicité. Le costume est, en effet, différent de l’habit traditionnel parce qu’il requiert de la haute technicité. Tracés de base, patronages, gradations (évolution d’une taille par rapport à d’autres) répondent à des normes qui ne s’apprennent pas dans la rue. « Ces techniques ne sont pas enseignées en Afrique. C’est pourquoi j’ai dû faire plusieurs voyages et stages en Europe pour les assimiler. Le costume est un habit européen et l’Europe est jaloux de son savoir-faire », raconte Lamine.

C’est fort de son savoir que le styliste lance son label en 2005. « Dans un premier temps, je ne voulais pas ouvrir un atelier, j’étais plus attiré par la connaissance ». Lamine Diassé passait, en effet, tout son temps entre les livres, qu’il commandait à Paris, et le Net pour débusquer les secrets des grands créateurs européens. « Même dans ma famille, on a cru que je ne voulais pas travailler », confie-t-il. Pourtant, c’est une chose de comprendre, c’en est une autre d’expliquer. Lamine Diassé doit se battre avec des méthodes formelles dans un mode informel. En Afrique, avec un crayon et des ciseaux, on se proclame très vite styliste. « Il est extrêmement difficile d’expliquer à mes collègues que le vêtement, c’est de la géométrie, des formules, des fractions ». Du chinois dans un milieu où, le plus souvent, on se contente de découper des carrés pour en faire des boubous.

Incompréhension
Au début de l’aventure de Lamine Diassé couture (Ldc), la mécanique est grippée par l’incompréhension. Les gens sont dubitatifs. Pourquoi acheter un costume à partir de 200.000 francs alors qu’on peut se le procurer dans le prêt-à-porter à moins de 100.000 francs ? Même ceux qui en ont les moyens préfèrent, le plus souvent, passer leurs commandes à l’étranger. « Nous sommes des complexés qui préfèrent les produits étrangers. Nos dirigeants, pas tous heureusement, ont le complexe de s’habiller chez moi, d’aider un jeune qui a préféré la difficulté plutôt que l’immigration. J’ai souvent partagé des podiums de niveau mondial avec les plus grands stylistes africains, tels que Collé Sow Ardo, Alphadi, Diouma Diakhaté, et Laye Diarra qui respectent beaucoup la qualité de mon travail et la ligne de vêtements que je développe », regrette le styliste. Pour noyer son spleen, le jeune créateur s’enferme dans son monde intérieur. Il travaille chez lui, toutes les nuits, sur les tracés de base. « J’adore tracer », sourit-il. La principale difficulté, c’est que le costume sur-mesure cible l’élite. Pas le peuple.

« Je n’ai pas choisi le costume par hasard », consent Lamine, « c’est le produit le plus respecté au monde, qui ouvre toutes les portes. Dans la plus grande école de France, il faut payer six millions cinq cent mille francs Cfa pour devenir costumier. Dans les grandes maisons de couture en Europe, ce produit se réalise à 5000 ou 6000 euros la pièce ». Lamine Diassé qui possède le même savoir-faire, qui exploite les mêmes matières premières que ces grandes maisons de couture européennes est, pourtant, une aubaine pour tous ces gens qui dépensent des fortunes à l’étranger pour s’habiller. Certains ministres l’ont bien compris et commencent, timidement, à s’approvisionner chez lui. Le premier à s’approprier sa démarche est Abdoulaye Makhtar Diop.

Nommé ministre par Wade, l’actuel Grand serigne de Dakar qui a bien écouté le jeune styliste, lui commande quelques costumes pour le tester. Satisfait par la qualité de ses acquisitions, le ministre lui confie sa garde-robe pendant deux ans. « Je n’achèterai plus mes costumes à Londres », lui glisse-t-il entre deux essayages, le sourire ravi. Avant cette rencontre, le couturier fait la connaissance de Mansour Dieng, le patron d’Icône magazine et communicant bien introduit dans le club sélect des personnalités qui comptent dans ce pays. « Il a cru en moi et n’a pas hésité à m’encadrer dans ma communication et à me prodiguer des conseils très utiles. Il est devenu aujourd’hui mon manager », explique Lamine Diassé.

Partager son savoir
Pour Lamine Diassé, Abdoulaye Makhtar Diop a montré la voie : « Nous n’avons pas besoin de milliards comme cela se voit en politique, nous n’avons besoin que des commandes de l’Etat pour agrandir nos activités. Cela nous permettrait de participer à l’effort de développement en créant des emplois. Pourquoi ne pas nous permettre d’habiller le gouvernement, par exemple ? »

Au rayon des perspectives, le jeune styliste souhaite ouvrir une grande boutique en ville où les Sénégalais pourront acheter ses produits. Mais son rêve est d’ouvrir à Dakar une grande école de mode. « Si j’avais les grands moyens, je n’achèterais pas des immeubles ou de belles voitures pour m’enrichir davantage, j’ouvrirais un établissement de mode, une filière française, pour permettre à des jeunes de se former et aux professionnels de se perfectionner ». Il en est convaincu, pour révolutionner la mode sénégalaise et africaine, « il nous faut de grandes écoles pour enseigner les normes aux stylistes, les fondamentaux de l’industrie vestimentaire, la gestion de la production, les tailles (les normes conventionnelles du vêtement), etc. ». C’est le prix à payer pour être compétitif sur le marché mondial. Lamine Diassé en est conscient : « J’ai peur de mourir sans transmettre mes connaissances ».

Par Sidy DIOP

Peu connu dans les médias sénégalais, Ameth Amar fait la fierté des entrepreneurs sénégalais. Ce milliardaire à la discrétion légendaire règne sur un empire qui fait près de 40 milliards F Cfa de chiffre d’affaires par an. Son entreprise Nma Sanders étend ses tentacules en rachetant les Moulins Sentenac.

Ameth Amar est un homme pressé. Le temps passe très vite et les tâches sont multiples. Il n’est pas rare de le voir peupler les mondanités dakaroises, mais sa disponibilité cache un emploi du temps « surbooké ». Grand de taille, présence imposante, Ameth se dissimule derrière un corps qu’il voudrait soustraire au public qui l’oblige pourtant à s’afficher. De fait, le temps d’Ameth, c’est le temps du travail. Plus que la naissance, c’est à force de travail que l’homme s’impose aujourd’hui comme l’un des capitaines d’industrie les plus en vue de notre pays. On ne devient pas président directeur général de Nma Sanders, spécialiste dans les aliments de bétail et de minoterie, Pastami une usine de pâtes alimentaires sans ambition.

L’histoire commence dans les années 80 avec l’investissement d’Ameth Amar dans le transport maritime. L’homme aime investir et le retour sur investissement n’est pas maigrelet. Loin s’en faut. Les financements ne courent pourtant pas les rues. Il réussit, malgré les difficultés, à inaugurer en février 2001 l’unité industrielle de la Nouvelle Minoterie Africaine à Dakar pour produire de la farine panifiable et des aliments pour bovins et volailles. La route fut pourtant longue. C’est un ami qui lui vend l’usine à… 13 millions de nos francs. Un « tas de ferraille » qu’Ameth transforme en véritable bijou industriel. Pour ce faire, il s’adresse aux banques en quête de 500 millions. Niet des institutions financières en rogne contre les hommes d’affaires sénégalais plus préoccupés à se la couler douce qu’à bâtir de véritables entreprises performantes. Il parviendra, malgré tout, à trouver les financements nécessaires au lancement des activités de son usine.

Né à Mbacké, dans la région de Diourbel, il grandit à Dakar. A 22 ans, il fait des cours du soir en compabilité à l’Ecole Nationale Universitaire de Technologie (Ensut) de 18 h à 22 h, employé à L’Oncad pendant la matinée pour pouvoir payer ses études. Sa famille était loin d’être pauvre, mais les études n’y étaient pas la priorité. Le commerce l’emportait sur tout le reste. Le jeune Amar se découvre pourtant une fibre pour le gain. Ameth loue son vélo à ses petits camarades, et reverse les bénéfices dans l’achat de pigeons qu’il revendra par la suite.

Vient l’adolescence. Le Baol-baol emploie son temps libre en tenant la boutique de son oncle. Le soir, il écume les boîtes de nuit de la capitale, roule en R5, fréquente Thione Seck…la belle vie quoi ! Il dit : « à l’époque où le groupe Baobab était à la rue Jules Ferry, je sortais tout le temps. Cela m’empêchait de faire des économies. » Armé de son bagout et d’un culot d’enfer, le jeune homme se fait repérer par une société de pêche qui en fait son chef comptable en 1979. Capitaine dans l’âme, il démissionne de son poste, achète une vedette qui fait la navette entre le quai et les bateaux. En 1985, il achète deux camions qui transportent des containers, puis une grue pour faire des prestations de services. L’activité rapporte, mais le jeune homme d’affaires, comme nombre de personnes de son âge, aime la fête. Il roule en R5, sort tous les soirs, fréquente Thione Seck et s’éclate avec le « Baobab ». Résultat : toutes ses économies flambent.

Mais il faut croire que ce n’était là que péché de jeunesse. Aujourd’hui, le patron de la Nma emploie 350 personnes et pèse 32 milliards de FCfa. Un patron exemplaire qui, pour fidéliser ses employés, ne lésinent pas avec les moyens pour leur réussite sociale : formation continue pour les cadres en plus d’un pécule de 40 millions pour qu’ils s’achètent une maison, projet de construction d’une cité des ouvriers, etc.

Des pâtes, oui mais des Pastami
Spécialisée dans les farines boulangères et les aliments pour animaux, l’entreprise produit aujourd’hui 200 tonnes de farine de blé par jour. Il est loin, le temps où son Pdg était un petit opérateur sur le port de Dakar… Ameth Amar a aujourd’hui de nouvelles ambitions. Lancée il y a un an, sa nouvelle usine de pâtes alimentaires – Pastami –, dotée de machines italiennes, produit déjà 40 t de pâtes par jour, qui ont investi toutes les grandes surfaces de la capitale. Objectif ? Devenir aussi le fabricant de marques de grandes enseignes comme Casino. Où s’arrêtera-t-il ? Comme le groupe Glon, son partenaire français leader en nutrition animale, la Nouvelle Minoterie Africaine est concessionnaire Sanders pour toute l’Afrique de l’Ouest. Son ambition est de devenir une référence en Afrique afin d’occuper une grande place dans le marché national et de l’Uemoa (Union monétaire et économique ouest africaine).

Self made man au sens américain de l’expression, l’homme d’affaire qui a été porté à la tête de l’Association des industries meunières ouest-africaines (Aim- Uemoa) étale ses ambitions en rachetant Nma Sanders. Pour le moment, on ignore le montant de la transaction mais, il est sûr que Nma Sanders a mis sur la table une belle somme qui se compte en milliards FCfa. 

Par Sidy DIOP                                                                                                                                                                 Portrait rédigé grâce à une documentation sur le Web

 

Last modified on mercredi, 29 juin 2016 12:52

La profession de journaliste cite son nom parmi les exemples. Jean Meissa Diop est un des plus grands chroniqueurs de la presse sénégalaise. Ancien directeur de publication de « Walf Grand-Place », un quotidien du groupe Walfadjri dont il est le concepteur, il est également un des pionniers de la presse culturelle au Sénégal.

« Danouy nox Damel dogga dem reeri wala danouy reer dogga dem nox Damel », (on va tuer le Damel avant d’aller prendre le dîner, ou bien ce sera le contraire), une devinette pour montrer qu’il acceptait de se joindre à ses confrères du quotidien national « Le Soleil » qui s’apprêtent à couper leur jeûne avant d’accorder à un des leurs un entretien. Son interlocuteur, aussi humoristique, lui répond : « Nanou reer ba paré doga nox Damel », sinon on peut en être privé.

Rire de tout jusqu’à l’excès, voilà un caractère qui se dégage au premier contact de Jean Meissa Diop, un des pionniers des journalistes culturels de la presse sénégalaise. Un humour qui transparaît bien, de manière subtile, dans les écrits de ce passionné des chroniques. De jungle qui a donné par la suite Post écoute dans Walf Quotidien, on peut le reconnaître à l’absence de toute signature à travers sa plume au style ironique recherché.

N’est-ce pas lui l’auteur des chroniques « Ce français si malmené dans les médias », une manière d’évaluer le niveau de cette langue qui, selon lui, se parle, s’écrit mais se porte mal dans les médias. Ce professionnel des médias est également l’auteur du « Journalisme mène vraiment à tout », une autre chronique qui montre comment ce métier aussi palpitant peut mener à la gloire, comme à la déchéance. À la promotion des causes nobles ou à celle du diable pour reprendre ses mots pour des maux.

Cette belle plume est un homme aux vocations contrariées. Son rêve de lycéen, c’était d’être un professeur de français. Mais, au contact avec la philosophie, cet ancien lauréat au concours général de philosophie révise ses ambitions.

Orienté contre son gré à la faculté de droit, un autre rêve ressurgit, la magistrature. Mais l’homme est incapable de changer le chemin que lui impose le destin. Ce destin qui parfois est une accumulation de paradoxes, l’a amené dans le fleuve d’un passé enfoui. Et finit par lui imposer le journalisme.

Mais, comme le disait Matias Malzieu, deux chemins peuvent mener au même château. Le magistrat n’est-ce pas celui qui se base sur la loi et une petite marge d’interprétation que lui confère celle-ci pour organiser la société, par conséquent la départir de tout ce qui peut mener à sa perte.

Gardien du temple
De même pour le journaliste qui, pour reprendre Albert Londres, journaliste français, porte la plume dans la plaie. Plume au sens de lumière et la plaie à celui des maux. Issu de la treizième promotion du Centre d’études des sciences et techniques de l’information et de la communication (Cesti), option presse écrite, l’animateur d’"Avis d’expert" sur « Walfadjri » fait partie de ces journalistes qui sont sortis à une période où l’Etat, principal employeur des journalistes, ne recrutait plus. Six mois sans travail, la création d’« Afrique nouvelle » vient à sa rescousse.

Mais, cet hebdomadaire catholique dura le temps d’un feu de paille et disparut après dix mois de parution. Ainsi, il tenta l’aventure à « Walfadjri » qui, en cette période de 1987, était encore hebdomadaire, puis paraît trois fois par semaine en 1993, avant de devenir quotidien en 1994. Resté fidèle à la ligne de ce dernier malgré une vague de départs à la recherche de bons salaires et d’autres expériences, Jean Meissa Diop y passe l’essentiel de sa carrière professionnelle.

26 ans dans cette boîte qu’il trouvait passionnante et professionnellement enrichissante. « Le reproche qu’on nous faisait, c’était de rester dans cette boîte à ne rien gagner au moment où il y avait les bons salaires et les bonnes expériences ailleurs », témoigne ce journaliste qui dit être attaché à la valeur des personnes qui y étaient. Au plan professionnel, il a aussi fait « Le Soleil ».

Comme les bons élèves font les bons maîtres, il se consacre actuellement à l’enseignement. Un des produits du Cesti, il a formé deux promotions sortantes de cette école. Il a également initié au journalisme des étudiants d’autres écoles comme l’Institut supérieur d’entreprenariat et de gestion (Iseg), l’Institut supérieur d’information (Isi) qui n’existe plus et, depuis 2011, l’Institut supérieur de l’information et de la communication (Isicom) où il dispense un cours de Collecte et de traitement de l’information.

Soucieux d’un journalisme bien fait, ses chroniques et ses analyses ont souvent porté sur la profession de journaliste, sa responsabilité morale et juridique, sa formation, ses dérives. Cet enseignant en éthique et déontologie reprend ainsi la formule célèbre du chroniqueur français Jean-Claude Guillebaud, qui enseigne à ses étudiants que « pour bien pratiquer le journalisme, il faut le haïr » ; le haïr quand il peut vous mener à des activités annexes de maître-chanteur, de concussionnaire… Toutes ses valeurs défendues lui ont valu de figurer parmi les neuf conseillers du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra).

Par Marame Coumba SECK

Last modified on vendredi, 24 juin 2016 13:34

Il est le directeur et fondateur d’icône Magazine qui vient de fêter ses dix ans. Diplômé en industrie, polygraphie et sciences éditoriales, Mansour Dieng fait partie des pionniers de la presse people au Sénégal. L’ancien directeur de « Thiof » magazine intervient également dans la consultance.

Du flair, il n’en manque pas. Depuis le fauteuil où il est assis, le pouce et l’index tantôt autour de la bouche, tantôt entre les deux tempes, cet habitué des lieux de fréquentation des célébrités lance tout sourire : « Renard passe l’Euro à la Terrasse ». Le sens caché de ce bout de mot est à chercher dans la direction de son regard. Ce regard discret qui guettait Hervé Renard, l’entraineur playboy et une Sénégalaise sous-entendu qui jouent la coupe d’Europe au restaurant la « Terrasse ». A la recherche perpétuelle de l’inédit pour un contenu buzz, de quoi servir sur un plateau doré les fidèles lecteurs d’icône magazine, fans de football. Le buzz, principale matière nourricière d’Icône qui, au début, était cent pour cent people. Le journalisme est d’homme, le flair est de Dieu, car relevant d’intuition qui ne s’apprend pas. Le fondateur d’Icône Magazine n’est pas journaliste de formation. Mais, en contact avec ces professionnels, il finit par en avoir des aptitudes.

Diplômé en industrie polygraphique, notamment en édition et livre, il fait partie de la première génération des monteurs sur ordinateur. Ce qui lui permet d’intégrer Soleil Nis après un passage au service technique. « Par le biais d’une coopération internationale, j’ai obtenu une bourse italienne me permettant de bénéficier d’une formation en édition et livre avant d’aller faire une formation en science éditoriale à l’Université Eib de Bordeaux », renseigne ce pensionné de l’édition qui soutient n’être que quand il écrit. Comme à tout seigneur, tout honneur, il signe, à chaque numéro, un éditorial, à la troisième page de son magazine. Des éditoriaux à travers lesquels, on sent nettement ses positions par rapport à l’actualité « dominante ». Les deux derniers ont porté successivement sur le blocus de la route transgambienne dont il salue la pertinence comme punition du régime de l’homme de Kanilay, Yaya Jammeh, et sur les accords de partenariat économique (Ape) qui, selon lui, pourraient mettre notre pays dans une situation inconfortable.

La passion de l’édition
Ecrivant dans « Yaya, le petit Dakarois » de Dakar matin déjà à l’école primaire puis dans « Bai des flashs », un journal lycéen de Blaise Diagne, il était tombé sous le charme, à 13 ans, de Paris match, un magazine people footballistique et nourrit l’ambition d’en créer un, un jour, à Dakar. Une ambition qui, plus tard, va être orientée vers la presse people après s’y être imprégné. « Lors de mon séjour en Italie, j’avais intégré le département français de « Vogue », un grand magazine people international. Et là, j’ai piqué le virus du journalisme people », explique l’ancien directeur de « Thiof » Magazine de Laye Bamba Diallo. Une influence qui l’a poussé à créer un médiapeople, le mannequinat. De son Italie où il était parti pour renforcer son expertise en édition, il investit ce milieu pour subvenir, dit-il, à ses besoins. Considérant ce premier comme n’étant pas vraiment people, il avait décidé de mettre en jour son propre magazine « Icône ».

L’ancien patron de techno édit, un cabinet de consultance en communication d’entreprise, a accompagné beaucoup d’entreprises sénégalaises pour concevoir de journaux d’entreprises. Directeur de publication de « Sucre contemporain » de la compagnie sucrière sénégalaise (Css), « Main courante », du ministère de l’Intérieur, il a édité également ceux du port autonome de Dakar, de l’Ecole nationale d’administration (Ena) etc.

Virement vers la presse politique
Flair journalistique certes, mais aussi, d’affaire. A la création d’Icône magazine, l’âge d’or de la presse people au Sénégal, Mansour Dieng avait opté pour un contenu cent pour cent people. D’ailleurs, c’est elle qui l’a fait connaître. Depuis l’histoire du mariage homosexuel de Mbao, les photos sont parues dans une de ses publications, son nom a même traversé des frontières. « J’ai reçu beaucoup de médias occidentaux qui ont pensé que c’était de l’inédit dans un pays musulman », témoigne cet éditorialiste qui informe avoir tiré 25.000 exemplaires grâce à cette information.

Les nouvelles buzz du showbiz, il en a toujours. Mais, de plus en plus, il y associe la politique. Un souci d’équilibre, son argument. Les derniers numéros en sont de parfaites illustrations. « Un produit a un cycle de vie, si vous faites les mêmes choses, ça va lasser les gens », soutient le patron de Senemédia. La politique, un monde qui a ses réalités. Il suffit de toucher à un homme « puissant » pour en payer le prix. En l’en croire, il a failli en être victime. « Un homme politique m’avait menacé de fermer mon magazine parce que j’avais écrit quelque chose sur lui. Pourtant, il parait jusqu’à présent sauf qu’il a essayé de m’asphyxier sur la plan économique », se rassure-t-il. A la banque, avoue-t-il, on lui avait refusé des découverts sur certaines choses. « Idem à l’imprimerie où l’on me demande également de payer 50% de la commande à la livraison et puis soldé », poursuit M. Dieng

Défenseur du « people clean »
Pour ce qui ont la bonne mémoire, ses premiers mots dans le premier numéro d’Icône était« je veux du people clean », c'est-à-dire un magazine qui parle de la réussite des gens et créer l’émulation chez les lecteurs. « Contrairement à la presse poubelle française dont s’inspirait celle qui était déjà en place », déclinait sa ligne éditoriale.

Ethique, il en parle tellement, peut être à l’excès. En l’entendre parler, on croit qu’on a un membre du tribunal des pairs. C’est l’auteur de cet éditorial au titre suivant : Sénégal : il faut déparasiter la presse.

Mais que devient cette « éthique » face à la logique marchande des journaux ? Bien qu’ayant brisé l’étau sur les sujets tabous, l’histoire des homosexuels de Mbao, le traitement des informations relatives à la vie privée (même si elles sont vraies) dans son magazine suscite une contradiction entre sa vision de l’éthique et le contenu de son journal.

Entre érosion des ventes et cherté de l’impression, il soutient qu’il ne reste que la publicité pour respirer. A défaut, c’est une presse loin d’être libre car enchaînée par des lobbies. Ceci ajouté au développement des technologies nouvelles de l’information et de la Communication, il dresse le constat suivant : «Chaque fois que Icône sort, je perds de l’argent ».

Par Marame Coumba SECK

Last modified on mercredi, 22 juin 2016 14:59

Elu meilleur chef d’entreprise du Sénégal en 2006, récipiendaire du prix Cauris d’Or 2008, Cauris de l’intégration, Meissa Ngom dirige le groupe Chaka présent dans plusieurs pays d’Afrique et d’Europe avec plus de 600 collaborateurs. Une belle réussite pour cet ancien consultant en poste en France, rentré au Sénégal en 1994 pour fonder son groupe.

L’homme est discret. Ses amis confient que Meïssa Déguène Ngom n’aime pas faire briller sa tronche. Travailleur acharné, accroché à ses rêves comme un adolescent qui brode les fils de son avenir, le président fondateur du groupe Chaka préfère laisser parler ses œuvres. Et il y a à entendre pour qui sait écouter. Le film de son parcours est d’une éloquence qui confine à l’exaltation de la témérité. Titulaire d’un diplôme d’ingénieur en informatique-électronique obtenu en France, il se fabrique une carapace dans les affaires en évoluant pendant quatre années dans le domaine du conseil au sein du Groupe Steria. Mais ce n’était pas la vie à laquelle il se prédestinait. Cela ne correspond pas à ses rêves. Non, ce qu’il veut, c’est bâtir. Confronter ses utopies à la réalité de leur temps. Il décide alors de rentrer à Dakar pour donner corps à sa vision de la vie ; de sa vie.

Chaka Computer, première marque du groupe, voit le jour en 1994, à Dakar. Mais ce premier jalon peine à contenir toute l’ambition de Meïssa Ngom qui, treize ans après l’installation de Vocalia, le premier serveur vocal dans le secteur bancaire d’Afrique de l’Ouest, fait du groupe Chaka le leader dans le domaine de l’informatique vocale dans toute la sous-région. Et s’impose sur le marché du transfert d’argent. Quelques mois après le lancement de Vocalia au Sénégal, puis dans la sous-région, les postes et les caisses d’épargne, convaincues de l’efficacité de ce nouveau système permettant aux clients de recueillir diverses informations sans être contraints de se déplacer, firent également appel à l’expertise de Chaka. L’évolution de l’entreprise prit alors un nouveau tournant. Mais ce n’est qu’à partir de 1997 que Chaka s’imposa réellement, après avoir remporté un appel d’offres international lancé par la Sonatel (Société nationale des télécommunications) face à deux concurrents de taille, Alcatel et Siemens, pour la mise en service d’une plateforme vocale servant à corriger les erreurs de numérotation. Quelques années plus tard, en 2002, après avoir été sollicité par Sentel (groupe Millicom International Cellular, deuxième opérateur de téléphonie mobile au Sénégal) pour l’installation d’un centre d’appel permettant la gestion des clients à distance, Meïssa Ngom crée Call Me. L’externalisation de la gestion des clients venait d’être introduite au Sénégal. Spécialisé dans l'outsourcing, la relation client à distance, le télémarketing et le conseil en CRM. Call Me, réussite continentale, s'exporte dans plusieurs pays africains (Côte d'Ivoire, Guinée, Bénin, Mali, Mauritanie). Aujourd’hui, Call Me compte dans son portefeuille quelques-unes des plus grandes entreprises sénégalaises (Société nationale des télécommunications, Société nationale d’électricité, Office national pour l’assainissement, Société des eaux, etc.) et sous-régionales, ainsi que quelques industries agroalimentaires et des opérateurs télécoms européens. Call Me est actuellement installée dans cinq pays (Sénégal, Mauritanie, Guinée, Côte d’Ivoire et Mali) et emploie des dizaines d’opérateurs multilingues (français, arabe, wolof, bambara…) spécialisés notamment dans le télémarketing, la télévente et l’accueil de clients.

Transfert d’argent
La troisième marque du groupe Chaka est née pratiquement à la même période que Call Me. Money Express opère dans le transfert d’argent. C’est, en effet, en 2002 que le Groupe Chaka conçoit le logiciel de transfert d’argent destiné aux réseaux de caisses d’épargne de l’Union Economique et Monétaire Ouest-africaine. En 2004, la société Money Express est juridiquement créée. Opérateur incontournable du transfert d’argent sur le continent africain, Money Express a acquis une expérience de près de dix ans qui lui a valu une accréditation auprès des autorités financières européennes. Fort d’une présence dans plus de 50 pays dont 24 en Afrique, Money Express est le premier réseau panafricain indépendant pour le transfert d’argent. L’activité de Money Express repose sur l’exploitation d’un logiciel développé en interne, dont elle est pleinement propriétaire. La société exploite un système de transfert électronique d’argent utilisant un Intranet sécurisé et se présente comme un « fournisseur, intermédiateur et intégrateur de solutions de transfert de fonds panafricain ». L’application Money Express effectue tous types de transactions : domestiques et internationales, en FCFA ou en devises, de cash à cash, de compte à cash, de cash à compte, de compte à compte et de carte à cash (transfert en ligne à l’aide d’une carte bancaire).

Money Express a été mise sur pied pour répondre à une demande de l’association des postes et caisses d’épargne de l’Uemoa, soucieuse de faire face à l’informel en sécurisant les transferts d’argent. Money Express est aujourd’hui établie dans une quarantaine de pays sur les cinq continents.

Elle compte parmi ses partenaires plusieurs établissements financiers dont la Banque islamique du Sénégal (BIS), la Banque de l’habitat du Sénégal (BHS), la Banque d’escompte et certaines sociétés internationales spécialisées dans le transfert d’argent (Coinstar Money Transfer, Ria Envia, Money Exchange, etc.). En 2002, le montant des transactions effectuées s’élevait à 500 millions de FCfa. En 2006, il était de 40 milliards de FCfa pour plus de 250 000 opérations. Actuellement, la base de données de Money Express est logée en France, mais un « back-up » sera prochainement placé dans un autre pays européen afin de parer tout incident susceptible de nuire au bon fonctionnement de la société. Le groupe Chaka a aujourd’hui un capital de 300 millions de FCfa. Il emploie environ 400 personnes dans différents pays. Toutes ses activités reposent sur l’ingénierie informatique et l’expertise d’une vingtaine d’ingénieurs africains qui conçoivent les logiciels et les installent. Le groupe Chaka propose des solutions bancaires, assure la sécurité des systèmes d’information et le couplage téléphonie-informatique. Dernier développement du groupe, Chaka Card Systems, centre de personnalisation moderne basé en Côte d'Ivoire, spécialisé dans le domaine de la monétique avec les solutions cartes bancaires.

Vive la Bourse !
Selon Samuel Maréchal, PDG de M&A Finance qui a accompagné l’introduction en bourse de la société, cette entrée en bourse lui permettra d’accéder à des outils de financements moins coûteux. Parallèlement à cette cotation, une augmentation de capital d’un montant de 2,8 millions d’euros dotera l’entreprise de moyens nécessaires à son ambition.

L’introduction en bourse de Money Express permettra à l’entreprise d’accéder, dans sa politique de développement, à des outils de financements moins coûteux. Il faut rappeler que les fonds d’investissements ne peuvent investir dans une entreprise que lorsqu’elle est cotée en bourse.

*Portrait rédigé grâce à
une abondante documentation
sur le Web.
Par Sidy DIOP

« Je vous ai envoyé le chargé des revendications et mon chauffeur, ils sont en route », une telle phrase dans la bouche d’un syndicaliste ne surprend personne. Gora Khouma, un homme, une vie pleine d’engagement syndical. Dans son bureau, les affiches d’images et les distinctions témoignent plus d’une vingtaine d’années de lutte dans le secteur du transport routier.

Une photo parmi tant d’autres attire l’attention, celle d’un car rapide jaune-bleu bien cadrée et soigneusement nettoyée. Est-ce un hasard si la prise même est valorisante parce qu’étant en contreplongée? Ce n’est point un hasard. Elle n’est que la représentation du réel. Après un départ négocié aux Industries chimiques du Sénégal (ICS) où il travaillait en 1992 comme machiniste, il a investi dans le secteur des transports en achetant ce dernier. Connu dans la circulation du fait de ses accrochages avec les policiers qui le mettait derrière les grilles bien que temporairement pour outrage à un agent en exercice, il commençait à se faire un nom dans le cercle restreints des transporteurs belliqueux de la route. « Je ne pouvais même pas concevoir de payer des amendes sans effraction », dit-il

Du siège conducteur au fauteuil syndical
Depuis son élection à la tête du Cntfc en 2005, Gora Khouma n’a jamais cessé de faire du bruit pour défendre les intérêts des transporteurs du Sénégal. Cet infatigable syndicaliste a été derrière beaucoup de grèves ou de préavis de grève lancés dans le but d’ « améliorer » les conditions de travail des transporteurs routiers. Un engagement syndical qui a le plus souvent porté ses fruits.

Si les transporteurs ont bénéficié d’une baisse de 5 FCfa sous le régime libéral puis de 100 FCfa sur le prix du gasoil sous l’actuel pouvoir, ils le doivent bien à cet homme dont l’engagement, dit-il lui-même, est inné. N’est-ce pas lui qui était chargé des revendications dans les mouvements de jeunes lycéens à Abdoulaye Sadji. Cet ancien chauffeur d’origine Lébou a également beaucoup contribué au renouvellement du parc automobile. Un autre combat, une autre réalisation : la création de Transvie, une mutuelle de santé financée par la Banque internationale du travail (BIT) pour tous les transporteurs routiers du Sénégal qui s’acquittent de leurs cotisations.

Cet activiste à la carrure de bûcheron ne recule devant rien. Une satisfaction ou rien. A un syndicat, celui de la Confédération nationale des transporteurs du Sénégal (CNTS) jusqu’à la fin des années 90, il nourrit une ambition de le révolutionner.

Il pose les premiers jalons pour un changement à la tête de cette centrale syndicale en organisant des rassemblements clandestins parce que n’étant pas autorisés. Parmi ces manifestations, un qui avait mal tourné lui a valu un emprisonnement de deux mois six jours.

Après une longue bataille, il y a eu les élections au sein de la centrale syndicale. Alassane Ndoye, son candidat qu’il a défendu avec beaucoup de courage, remporte les élections avec 34 voix d’écart. Il est nommé aussitôt chargé de l’administration centrale. Un compagnonnage qui va durer le temps d’une chandelle. En 2004, fin du mandat du bureau en place. Une autre ambition resurgit chez M. Khouma, une volonté d’occuper le poste de secrétariat. Son allié d’hier devient ainsi son adversaire d’aujourd’hui. Mais, à cause d’une rumeur faisant état de trente millions reçus du Président Wade pour remporter les élections syndicales, le congrès est reporté. Ne pouvant pas partager le même bureau avec son adversaire, l’ancien transporteur routier crée parallèlement en 2005 le Syndicat des travailleurs des transporteurs routiers du Sénégal (Sttrs) affilié à la CNTS dont il est le secrétaire général jusqu’à aujourd’hui. A trois mandats, il soutient qu’il est à son dernier et il va se retirer en 2019.

Au plan international, il occupe également des positions syndicales. Il est le coordonnateur de la Fédération internationale des transporteurs au Sénégal (ITF) et le vice-président de la Confédération des conducteurs routiers de l’Afrique de l’Ouest (Cescrao).

Par Marame Coumba SECK

Fallou Diop est un homme d’affaires qui prospère sur les bords de la lagune Ebrié. Son restaurant qui propose des spécialités sénégalaises et africaines est le plus couru à Abidjan.

Difficile de le rater à Treichville. Son nom est connu de tous dans ce quartier fortement habité par les ressortissants sénégalais. Fallou Diop est un restaurateur de renom à Abidjan. Son restaurant, « La Téranga », est un must pour nombre de cadres ivoiriens qui s’y retrouvent à la mi-journée pour recharger les accus. « Il vaut mieux appeler avant de venir », explique un jeune cadre d’une société de téléphonie de la place. A défaut, il faut prendre son mal en patience, en attendant que des places se libèrent. A 13 heures, impossible de trouver une table libre. C’est comme si tout Abidjan s’est passé le mot. Il faut dire qu’à « La Téranga », on en a pour son argent. Les spécialités sénégalaises et africaines qui y sont servies valent bien le détour. « Mon souci, c’est que tous mes clients sortent d’ici rassasiés », confie Fallou. Il n’est pas rare qu’une assiette vide repasse entre les mains des serveurs pour un second service. « Quand un client ne mange pas à sa faim dans un restaurant, cela laisse une mauvaise impression. Or, le but est qu’il revienne un autre jour », théorise ce gérant que rien, pourtant, ne destinait à la restauration.

Né à Mbacké-Baol, c’est dans un daara que le jeune Fallou a fait ses premières armes. Issu d’une famille de bijoutiers, c’est naturellement qu’il s’oriente vers ce métier après une formation diplômante. « J’ai commencé par travailler chez un parent bijoutier sans être payé. Mais comme je faisais bien mon travail, on me confiait des travaux rémunérés. Des parents établis en Côte d’Ivoire le convainquent alors à venir s’y établir. « Je voulais aller en Italie, mais on m’a encouragé à venir ici pratiquer mon métier », confie-t-il. On est en 1984. Il débarque à Treichville avec seulement 8.000 FCfa en poche et commence à travailler dans la bijouterie d’un proche parent. Un guêpier social dans lequel il ne gagne que des miettes. Mais le souvenir de sa famille restée dans son Baol natal est, pour lui, le carburant de son ambition. A force de travail, il parvient à s’installer à propre son compte. Il ouvre alors une bijouterie qui marche bien et commence à voyager pour acheter de l’or à revendre. C’est au cours de ces voyages qu’il se familiarise avec la restauration. « C’est en mangeant dans des restaurants au cours de mes voyages que l’idée m’est venue de me lancer dans ce domaine », lâche-t-il.

Aujourd’hui, Fallou est une personnalité bien connue sur les bords de la lagune Ebrié. Son restaurant est très prisé par bon nombre de Vip abidjanais. « Je dis un grand merci à la Côte d’Ivoire qui m’a accueilli, les bras ouverts, et m’a permis de me réaliser », dit-il, très bien introduit dans ce pays où il compte des relations bien placées dans toutes les couches de la société. A midi, la plupart de ses clients, des cadres et Vip, quittent le Plateau, traversent le pont pour venir manger à « La Téranga », à l’entrée de Treichville, à la sortie du pont qui le relie au Plateau, le quartier des affaires.

Pour mettre sa clientèle dans de meilleures conditions, Fallou a agrandi le local et l’a bien réaménagé. Des investissements qui lui ont coûté près de 80 millions de FCfa. Un investissement réalisé sur fonds propres. « Je n’ai jamais demandé un prêt à une banque ». Alors que c’est l’offre qui manque le moins, avec tous ces financiers qui viennent manger chez lui… « Je n’ai jamais tendu la main, je ne crois qu’au travail. Aux jeunes qui veulent me prendre comme modèle, je demande de ne jamais baisser les bras, de rester honnête, de ne pas voler, de persévérer dans l’effort. Inchallah, la réussite sera au rendez-vous ! ». Fervent mouride, le patron du restaurant sénégalais le plus réputé d’Abidjan n’a jamais coupé les ponts avec le Sénégal où il se rend plusieurs fois dans l’année, particulièrement à l’occasion de certains événements religieux à Touba. « Mon objectif est d’ouvrir un restaurant similaire à Dakar ». Un défi dans ses cordes.

Par Sidy DIOP


Décidément, un Modou Lô peut en cacher un autre. Si le chouchou des Parcelles assainies s’est fait un nom grâce à ses kilos de muscles à force de s’empoigner et de cogner dans l’arène, l’autre Modou Lô, lui, est champion dans un tout autre domaine : la culture du riz. Dans tout le Walo, ses performances agricoles et rizicoles retentissement à l’image des victoires du gladiateur de l’arène nationale.

En fond sonore, le ronronnement d’une pompe irrigant les périmètres rizicoles se fait entendre. Des hommes aux muscles saillants s’affairent autour de la pompe. Ils sont chargés de l’irrigation d’un immense champ étendu sur plus de 100 hectares. Une propriété qu’exploite Modou Lo. Né en 1952 à Gaya, le village d’Elhadji Malick Sy, localité située à la sortie de Dagana, il a quitté son patelin à l’âge de 22 ans, après le décès de son père. Modou Lo a fait le tour du Sénégal, muni d’une détermination indéfectible, travaillant à la sueur de son front. « Je venais souvent à Ross Béthio, mais c’est en 1989 que je m’y suis installé de manière permanente. A l’époque, j’étais établi à Nder près du Lac de Guiers, où je faisais de la pêche et de l’agriculture », souligne-t-il, sur un brin nostalgique.

Modou a longtemps cherché sa voie, ce qui l’a amené à être un « touche à tout ». Il a été tour à tour transporteur, pêcheur pendant presque 35 ans dans le lac de Guiers, et commerçant. C’est en 1989 qu’il se lance dans la riziculture. A l’époque, il faisait également office de prestataire de service, car louant du matériel agricole (tracteurs, moissonneuses-batteuses, niveleuses etc.). Tous les domaines de l’agriculture l’intéressent. « Puisque nous n’avons pas des diplômes nous permettant d’avoir un travail salarié bien rémunéré, nous n’avons que la force de nos bras pour tirer notre épingle du jeu et se faire une place dans la société. C’est pourquoi nous faisons tous les boulots », se justifie-t-il. S’il est bien connu dans les autres domaines, aujourd’hui, c’est grâce à la culture du riz que Modo Lô s’est fait un nom. Considéré comme un bienfaiteur ici, notamment par les femmes qui ne manquent jamais l’occasion de lui rendre hommage, pour tout ce qu’il fait. « Peut-être qu’aujourd’hui, Dieu a fait que j’ai plus de chances qu’elles et de moyens, donc il est tout a fait normal que je leur apporte mon aide, je cherche la félicité », sert-il comme toute réponse, face à la reconnaissance des femmes.

De 7 à 300 ha
Les choses ont bien évolué depuis 1989. A l’époque, il avait commencé avec un champ de 7 ha. Il procède alors à la mise en valeur de l’exploitation, avec ses économies. Modou avait hérité le champ de son oncle qui était atteint par le poids de l’âge. « Chaque année, j’étends le périmètre jusqu’au jour où le Cnca a accepté de me financer, je suis resté longtemps sans avoir de financement parce que cette banque n’avait pas trop confiance aux Gie qui ne remboursaient pas toujours les prêts qu’on leur accordait », se souvient-il. Heureusement pour lui, en venant au Cnca, il disposait d’une garantie et a pu bénéficier d’un prêt de 4 millions pour démarrer. Depuis, chaque année, la confiance entre lui et cet établissement bancaire s’agrandit. Modou Lo exploite actuellement 300 ha. La Cnca lui a financé l’exploitation des 200 ha, les 100 ha sont financés par ses propres moyens. En contre-saison, les rendements sont plus importants, on note, au minimum, entre 7 et 8 tonnes ou 9 à l’hectare, en hivernage, ça retombe jusqu’à 5 à 6, c’est selon, souligne-t-il.

Qui pouvait alors imaginer que la riziculture se développerait à ce point et qu’il y aura cet engouement, qu’on lui connaît aujourd’hui. Modou est resté constant. Il a toujours cru au travail. « J’ai toujours cru que l’homme ne s’accomplit que par et dans le travail et quel que soit le métier, on aura toujours ce que Dieu nous a réservé », souligne-t-il.

Certes tout le monde ne connaît pas le même succès que Modou, mais l’agriculture est en train de nourrir certains de ses hommes. « Dire qu’on est agriculteur est devenu une fierté », avoue-t-il. En plus de nourrir son homme, la riziculture a des effets économiques qui se font également sentir chez de nombreux travailleurs. Des emplois, Modou Lo en a créés des dizaines. «Nous faisons appel au service de presque 30 personnes, des emplois permanents. Ces jeunes habitent dans les périmètres rizicoles : ils nettoient, font les semis. Durant la récolte, on prend quelques saisonniers pour les renforcer », informe-t-il.

Ses enfants et ses neveux sont tous dans l’agriculture, son fils aîné notamment. Au fort moment de l’émigration clandestine, l’idée leur avait effleuré la tête d’embarquer dans des pirogues, mais ils ont renoncé. « En voyant aujourd’hui que ceux qui étaient partis n’avaient pas plus réussi qu’eux, ils n’ont pas regretté leur choix de rester au Sénégal et d’exploiter la terre et d’en tirer une richesse. Ils croient tous en l’agriculture. Je les encadre, les accompagne et chacun a son périmètre rizicole », se targue-t-il. Ne dit-on pas qu’aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre d’années ? Aux hommes voués à la réussite, peu importe le parcours… «Je n’ai jamais fait les bancs », relève fièrement Modou Lo comme pour confirmer l’adage.

De nos envoyés spéciaux El Hadj Ibrahima THIAM, Oumar BA (textes)


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