grandair

Les Gens (87)

Encore une distinction pour le jeune écrivain sénégalais pour son ouvrage « Silence du chœur », publié chez Présence Africaine. Il y décrit l'assignation de migrants africains dans un village sicilien.

Mohamed Mbougar Sarr, 28 ans, plante le décor de son ouvrage dans un village sicilien où se retrouvent assignés à résidence 72 jeunes gens, migrants ou réfugiés, dont l'arrivée va bousculer la vie de la commune et susciter la multiplication des interactions entre habitants et nouveaux venus. Avec ce livre, il s'est vu décerner le Prix Littérature-monde 2018. Le Prix Littérature-monde étranger est attribué à l'écrivain islandais Einar Már Gudmundsson pour « Les Rois d'Islande ». Paru chez Zulma, l’ouvrage conte la saga d'une famille islandaise. Dotés de 3000 euros, les deux prix seront remis, dimanche, dans le cadre du Festival Étonnants voyageurs qui se tient ce week-end à Saint-Malo. Ces distinctions ont été créés en 2014, à l'initiative dudit festival et de l'Agence française de développement (Afd), une institution financière publique créée en 1941 par le général de Gaulle et qui intervient dans le monde entier.

Toujours à Saint-Malo, le Prix Gens de mer, doté de 3000 euros, a distingué David Fauquemberg pour son œuvre « Bluff », publié aux éditions Stock. C’est un roman de mer et d'aventure en Nouvelle-Zélande. Présidé, cette année, par la navigatrice Isabelle Autissier, le jury du Prix Gens de mer est composé de personnalités du monde littéraire et maritime. Le Prix Compagnie des pêches 2018, doté de 1500 euros, va à Michel Moutot, journaliste à l'Afp, pour son roman « Séquoias », publié au Seuil. C’est une histoire de baleiniers et de chercheurs d'or dans l'Amérique du XIXe siècle. Enfin, le Prix du Beau Livre-Thermes marins 2018, doté de 1500 euros également, est attribué à Daphné Buiron et Stéphane Dugast pour leur ouvrage  « L'Astrolabe, le passeur de l'Antarctique », publié aux éditions Epa-Hachette livre. Cet ouvrage illustré retrace l'histoire du célèbre brise-glace français qui, pendant près de trente ans, a permis aux scientifiques de rallier la base scientifique de Dumont-d'Urville, en Terre Adélie.

Source : Le Point

D’une noirceur époustouflante qui contraste avec son boléro en faux fur (fausse fourrure) rose, la boule à zéro « parce que c’est plus pratique » en effet, juchée sur les high heels (hauts talons) de ses bottes d’hiver, la native de Thiès-les-deux-gares vit et habite Boston depuis 2010. C’est vrai qu’à 150 dollars la coupe-soin-coiffure, cela donne à réfléchir. Elle arrive de la capitale du Massachussetts d’ailleurs par une navette de bus Greyhound (équivalent du Dakar Dem Sénégal) qui traversent plusieurs fois par jour les Etats-Unis dans toutes les directions. Khadidiatou travaille comme traductrice en français et en anglais pour vivre, mais son désir fou pour la fashion la ramène à la mode le reste du temps. Les deux univers de sa vie sont étanches. Dans la mode, Khadidiatou devient simplement Akou, plus facile à prononcer dans toutes les langues. Akou défile comme model (mannequin), fait des couvertures de magazines, participe à des shows comme guest star lors des événements de l’industrie du showbiz américain. Bref, Akou est une princesse reconnue dans la sphère mode.

Ce qui lui a valu d’être sélectionnée pour représenter le Sénégal à la prestigieuse élection de Miss Africa USA Pageant (Miss Afrique des Etats-Unis), qui s’est déroulée à Washington en novembre 2017. D’un petit concours lancé à Atlanta en 2005, Miss Africa Usa Pageant est devenu aujourd'hui le spectacle le plus médiatisé des femmes africaines aux États-Unis et l’événement communautaire le plus suivi.

Akou a été couronnée seconde dauphine devant Miss Cameroun et Miss Tanzanie, mais les organisateurs du concours américain ont remarqué le fort potentiel qui émane de la personnalité de cette jeune fille qui tient beaucoup de l’emblématique et féline Grace Jones. Ils sont en négociations pour la faire participer à Miss Univers 2018, le Graal de tous les concours de beauté et la consécration pour les beautés mondiales. Représenter le Sénégal, cela nécessite une habilitation officielle que seules les autorités peuvent délivrer. Et c’est pourquoi Akou est venue s’entretenir avec le Consul Ndao pour solliciter le soutien de l’Etat du Sénégal. Elle ira également rencontrer l’Ambassadeur Babacar Diagne à Washington à cet effet. Pour Akou, le concours Miss Univers « est une grande opportunité » pour un pays de tourisme comme le Sénégal. Akou pense que sa présence y sera une occasion en or de promouvoir la destination Sénégal. « Je veux y aller pour gagner et pour faire le plaidoyer pour mon pays », assure-t-elle.

DMF

Une fierté pour le Sénégal. Une Sénégalaise vient d’être nommée Ceo d’Orange Sierra Léone en remplacement de Sékou Dramé, promu à la tête du groupe Sonatel. Il s’agit de Aminata Kane Ndiaye, âgée de 33 ans. Diplômée de Hec (France) et titulaire d’un Mba au Massachusetts institute of technology (Usa), la Sénégalaise devra relever un challenge. Parfaitement bilingue, nous renseigne financialafrik.com, Aminata était jusque-là à la tête du département marketing d’Orange Money. Maintenant qu’elle est élue Ceo d’Orange Sierra Léone, un pays de 7 millions d’habitants abritant la troisième filiale ouest-africaine de Sonatel après le Mali et la Guinée Conakry et en attendant, la Guinée-Bissau, Mme Aminata Kane Ndiaye aura la lourde tâche de mettre en marche son capital expérience pour développer une filiale lancée en octobre 2017 suite au rachat d’Airtel par la Sonatel. Depuis l’acquisition, en juillet 2016, le groupe a investi plus de 30 millions d’euros dans la remise à niveau des infrastructures.

S. D.

Michel Seck, ce jeune sénégalais qui a créé un logiciel de mathématiques À 25 ans, enseigne déjà les mathématiques à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Ses spécialités : le codage, la cryptologie, l'algèbre et les applications. Mais, ce n'est pas ce qui le rend le plus célèbre. Le jeune doctorant a conçu SimulaMath, un logiciel de simulation et de calcul qui décomplexe l'enseignement des mathématiques. Analyse, algèbre linéaire, théorie des nombres, graphes 2D et 3D, probabilité, statistique, réseaux arithmétiques, codes correcteurs d'erreurs... Sa calculatrice avancée couvre presque tous les domaines. Elle est développée sur mesure pour les élèves du secondaire et les étudiants du supérieur. Simula est gratuit et son concepteur assure qu'il le restera.

S. D.

Lamyne M. : Tenues de reines

03 Mai 2018
1947 times

Dans la nécropole des rois de France, Lamyne M., artiste et styliste camerounais, s’est inspiré de seize gisants de reines du Moyen-Âge. Pour ces belles endormies de marbre blanc, il a imaginé de somptueuses et hiératiques tenues d’apparat en wax d’Afrique de l’Ouest, feutrine, denim et autres velours piqués de broderies. Majestueuses, ses créations serties de vitraux aux couleurs intemporelles trônent dans les chapelles de la crypte et dans le transept monumental. « J’adore faire des vêtements non portables et qui sont des passerelles entre les époques, les cultures et les civilisations », précise d’emblée le styliste. « L’histoire des rois et de la basilique est notre histoire à tous, issus ou non de l’immigration. Mes robes parlent de métissage radical et questionnent sur la place de la femme », dit-il. « Elles disent les possibilités d’un dialogue fait de culture(s), à même de lier là où l’économique, seul, peine à fédérer », explique, quant à elle, l’historienne d’art Dominique Malaquais.

Fils de négociant en textiles et petit-fils de grand voyageur, Lamyne Mohamed, né à Ngaoundéré, au Cameroun, en 1977, devient apprenti tailleur à 13 ans, lance ses premières collections à 20 ans et s’installe à Paris en 2005, puis à Saint-Denis où il réside aujourd’hui. Dans son atelier dionysien de bois rouge, Lamyne M. met les techniques de la haute couture au service de l’art et de la transmission. Il collabore avec de nombreux partenaires locaux, couturiers, joailliers, brodeurs et modélistes, ainsi qu’avec les sections mode de certains lycées professionnels qui ont participé au projet des robes de la basilique. Écologiste et activiste anticonsommation abusive, il récupère les chutes d’étoffes des ateliers du Marais, d’Italie ou du Sénégal pour ses créations réalisées par des artisans formés à Fès, Milan ou Douala. Sa ligne Wonu An (« Soit toi-même » en peul) propose des pièces de luxe uniques « que l’on soigne, répare et transmet ». « Être de Seine-Saint-Denis ouvre les portes. À Paris, je serai resté anonyme. On parle de moi en Afrique du Sud, aux États-Unis, s’amuse le couturier. Quand je suis arrivé en France, je ne pensais pas avoir grand-chose à apporter, mais quand je vois où je vis, je me dis qu’on a autant besoin de moi ici qu’en Afrique ». Alors, il organise des défilés avec des mannequins non professionnels (politiques, éboueurs, homos, handicapés ou étudiants) en France, au Cameroun, au Tchad et au Nigeria. À Dakar, en mai, ce sera dans une prison, et au Bénin, il prépare une présentation autour des costumes traditionnels… Il développe aussi des échanges entre la Seine-Saint-Denis, le Maroc et la Tunisie. « L’art a un vrai pouvoir de persuasion et de compréhension, c’est une thérapie, martèle le Camerounais. En Afrique, je n’ai pas de boutique, je fais dans le social, je transmets, je valorise. C’est toute ma vie. À chacun de se faire aimer, d’aimer les choses ou de participer, je lutte contre l’auto-exclusion. Je déteste les étiquettes et je sais que quand on veut, on peut. Voilà.

Source : AM

C’est sur sa page facebook qu’il a annoncé sa nomination au Conseil présidentiel pour l’Afrique (Cpa): « Fier et honoré d’être nommé au Conseil présidentiel pour l’Afrique auprès du Président Macron - Pour un nouveau visage de la relation entre l’Afrique et la France ! Je compte sur vous ! »

Entrepreneur d’origine sénégalaise, né en France en 1971, Karim Sy a fondé, en 2010, à Dakar, Jokkolabs qui se veut non seulement un espace de travail partagé mais également le creuset d’une communauté d’entrepreneurs engagés dans les nouvelles technologies. Le Conseil présidentiel pour l’Afrique a été annoncé le mardi 29 août lors de la conférence des ambassadeurs. Il aura pour mission de « nourrir la politique africaine d’Emmanuel Macron, de lui faire remonter des propositions et redescendre la perception de sa politique sur le continent ». Ainsi, onze bénévoles liés à l’Afrique auront un accès direct au président pour lui « remonter des idées » et faire passer ses messages. « Ce ne sera ni un nouveau think tank, ni un fan-club africain du président de la République », promet l’Élysée.

Directement rattaché au chef de l’État Emmanuel Macron, le Cpa a été pensé depuis le mois d’avril pour incarner « le renouvellement du partenariat entre la France et l’Afrique », voulu par M. Macron afin de permettre « une nouvelle approche des enjeux de société ».

S. D.

Amie Ndiaye Sow est la nouvelle directrice régionale de United Bank Africa (Uba) en zone Ouest.  Celle qui vient d’être promue a toujours été un pion béni. Aujourd’hui, elle est célébrée. Elle a désormais en charge des filiales d’Uba réparties dans trois pays d’Afrique, notamment le Sénégal, la Guinée et le Mali. Avant sa nomination au poste de directrice régionale de la Zone 2 de l’Afrique de l’Ouest, l’ex-major d’Ecobank gérait, depuis 2013, la filiale du Sénégal en tant qu’administratrice et directrice générale. Elle capitalise une vingtaine d’années d’expérience… dans les hautes responsabilités du monde des finances bancaires en tant que manager risques et business développeur sur les marchés de l’Afrique de l’Ouest, du Centre et de l’Est, tout particulièrement au Kenya où elle s’est construit une belle réputation en tant que directrice de la gestion des risques pour le compte du Fonds Africain de Garantie des Pme (Agf). Titulaire d’une Maîtrise en Economie, d’un Master en Banque, Finance et Assurance ainsi que d’un Master en Gestion des Finances publiques à l’Université de Dakar, Amie Ndiaye Sow n’a pas eu un parcours professionnel classique.  Dans cette sphère, son estampille est reconnaissable entre mille. Aujourd’hui, elle a fini de placer l’institution qu’elle dirige dans le peloton de tête des banques au Sénégal. Pour un domaine qu’elle a embrassé par passion, elle s’entoure de sa rigueur et doit s’ouvrir, par ailleurs, aux réalités de son milieu.

OUMAR BA (Source : Piccmi.Com)

Dienaba Sarr est née en Picardie d’une mère mauritanienne et d’un père sénégalais. Très jeune, elle reçoit une multitude de propositions de travail. D’abord, c’est l’Institut de gestion sociale (Igs) de Paris qui s’intéresse à elle. Elle est sollicitée pour recruter les futurs étudiants du programme d’alternance de l’école.

Elle mène cette mission durant un an en France, avant de suggérer d’étendre son champ d’action en Afrique. La jeune dame est persuadée du potentiel des étudiants africains. Elle disait, par exemple, connaître de bonnes écoles de commerce à Dakar. La direction, qui cherche pourtant à se placer dans les pays « émergents », émet quelques doutes mais finit par accepter. Après Dakar, Dienaba Sarr reçoit des demandes du Congo, en particulier de Pointe-Noire. Dans cette ville, elle apprend beaucoup de l’organisation des grands groupes qui commencent à former en interne les compétences dont ils ont besoin.

Après deux années dans la finance, Dienaba Sarr propose à sa direction de créer une filiale spécialisée dans le recrutement top et middle management en Afrique, elle qui dispose d’une longueur d’avance grâce aux contacts qu’elle a gardés dans les écoles. L’équipe de sept personnes qu’elle dirige aujourd’hui, chacune spécialisée dans un domaine, sillonne le continent en quête de talents. De retour à Paris, elle soumet à l’Igs l’idée de s’inscrire sur ce marché, mais refuse d’être responsable du projet, estimant qu’il était impossible de gérer à distance – à 25 ans, la jeune diplômée rechigne à partir seule dans cette ville pétrolière qu’elle connaît mal. Elle passe un an en Irlande en tant qu’analyste de crédit pour la société Abbott, avant d’entrer, en 2008, au sein du groupe français Fed qui n’est alors présent que sur les métiers financiers. Sa structure organise des tables rondes pour réfléchir sur les problématiques Rh et faire évoluer le métier. Parmi les sujets étudiés : la rétention des talents dans l’entreprise ou le rapatriement des fonctions clés des multinationales, parfois trop éloignées de la base.

Oumar BA (avec JA)

Ce Sénégalais, natif de Ziguinchor, est directeur régional, pour l’Afrique subsaharienne, de la filiale de la Banque mondiale, consacrée au secteur privé. Cette nomination intervient vingt ans après  son intégration à cette structure. Avant sa nomination, il  servait à  Nairobi, où il a été, cinq ans durant, directeur pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe, pour Johannesburg. Il récupère, avec sa nouvelle nomination, la supervision des 23 pays d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Ouest – jusqu’alors sous l’autorité de la Camerounaise Vera Songwe, nommée à la tête de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique.  Entré à l’Ifc en 1997 comme chargé d’investissement dans le domaine du pétrole et des mines, le Sénégalais n’a, en effet, depuis lors, jamais quitté l’institution. De 2003 à 2008, il est – depuis Douala – représentant régional pour l’Afrique centrale ; puis, de 2008 à 2013, à Washington, directeur des ressources humaines avec une couverture de 108 bureaux à travers le monde, à l’époque où l’institution déploie son grand projet de décentralisation. Oumar Seydi a  des missions importantes à mener, notamment dans le domaine des infrastructures et en faveur des secteurs créateurs d’emplois. Il est aussi attendu sur l’agro-industrie et les énergies renouvelables.  Imaginer de nouveaux types de financement pour le développement du secteur privé : cette vocation serait presque pour Cheikh Oumar Seydi la synthèse de ses deux histoires, familiale et professionnelle. En Casamance, il est, en effet, né dans une grande famille de commerçants et d’entrepreneurs. Son père, Ousmane – qui fut député et l’un des vice-présidents de l’Assemblée nationale – dirigea la Csse, une importante société de négoce du sud-est du Sénégal. Et son oncle, Idrissa Seydi, était un célèbre capitaine d’industrie, actif dans les piles électriques, le négoce de bois et l’alimentaire dans plusieurs pays ouest-africains, et a présidé, pendant de longues années, le conseil d’administration de la Société générale de Banques au Sénégal, alors première banque du pays. Avant et après son Mba américain, Cheikh Oumar Seydi a travaillé dans le conseil, l’audit et la finance, pour Ernst & Young, Arthur Andersen, Usaid (Agence des États-Unis pour le développement international) ou Citibank… Au sein de la filiale sénégalaise de la banque américaine, il a travaillé sous la direction de Gabriel Fal.

Source JA

Baba Danpullo  est l’homme le plus riche du Cameroun. Son ascension a bousculé la hiérarchie des vieilles fortunes camerounaises. Avant lui, le gotha des milliardaires répertoriait des personnalités issues d’une bourgeoisie traditionnelle qui lui était étrangère. Il est parvenu à les tenir à bonne distance jusqu’à ce que le classement de la version africaine du magazine Forbes le présente comme la première fortune d’Afrique francophone. C’était en 2015.  À 67 ans, ce peulh musulman cultive l’allure simple du commerçant en habit traditionnel. Il a grandi dans un carrefour de cultures où les Mbororos, musulmans issus du Nigeria voisin et pratiquant l’élevage transhumant, cohabitent avec les agriculteurs bantous.

Il a toujours été proche du pouvoir. Issu d’une famille modeste, il est camionneur et dispose çà et là de quelques échoppes quand, à la fin des années 1970, il fait la connaissance de Youssoufa Daouda, le ministre de l’Économie de l’époque, qui lui octroie des licences d’importation de riz et de farine. Quelques années plus tard, sa rencontre avec Jeanne-Irène Biya lui permet de mettre un pied dans l’industrie : la première dame (décédée depuis) l’aide à acquérir la Société des minotiers du Cameroun en cours de privatisation pour un franc symbolique.

Père de huit enfants, qui travaillent presque tous dans les entreprises du groupe, le milliardaire peut envisager l’avenir avec optimisme. Il veut se lancer dans la production de thé vert, dont la consommation ne cesse d’augmenter depuis que des études lui prêtent la capacité de prévenir certains types de cancers.  En 2013, c’est aussi à Nexttel, coentreprise entre le groupe de Danpullo et le vietnamien Viettel, que le gouvernement a accordé la troisième licence de téléphonie mobile du pays : en trois ans, l’opérateur a développé son réseau au point de couvrir 80 % du territoire. L’homme le plus riche du Cameroun est aussi présent dans le coton, sa compagnie Smic détenant 11 % du capital de Sodecoton, et dans les services aéroportuaires, puisqu’il siège au conseil d’administration d’Aéroports du Cameroun (ADC).

Oumar BA (avec JA)

Khoudia Diop est arrivée à Paris à l’âge de 15 ans. Elle a beaucoup souffert du regard des autres quant à sa couleur de peau particulièrement foncée. Aujourd’hui, Khoudia Diop semble prendre sa revanche sur la vie. Après s’être autoproclamée « Melaniin Goddess » (Déesse de la Mélanine) sur Instagram, elle comptabilise près de 350 000 followers et devient une inspiration pour les jeunes filles à la peau foncée. Avec sa peau riche en mélanine, elle veut inspirer les jeunes filles et leur montrer qu’elles sont toutes des déesses à l’intérieur comme à l’extérieur. Plusieurs photographes professionnels sont déjà tombés sous le charme de la peau de Khoudia Diop. La beauté et la profondeur de la couleur de la peau du jeune mannequin sont aujourd’hui sublimées par les professionnels de l’image qui n’hésitent pas à faire appel à elle. Aujourd’hui, non seulement la model assume sa peau mais elle en est fière. Sa différence, elle en a fait un atout, une arme mais aussi une signature. Elle se sent investie d’une responsabilité, celle de «défier les canons de beauté » occidentaux qui gangrènent aussi le continent en prenant clairement position contre le fléau du blanchiment de la peau en Afrique. Khoudia devient une source d’inspiration, une icône pour de nombreuses femmes « pas seulement les femmes noires mais aussi celles qui manquent de confiance ».

Oumar BA (avec JA)

Moussa Diao : Monsieur pétrole

19 Fév 2018
736 times

Moussa Diao est Ingénieur physicien formé à la prestigieuse école polytechnique fédérale de Lausanne (Epfl) puis à l’institut français du pétrole. Il est «tombé » dans le secteur des hydrocarbures dès l’enfance, avec un père Abdoulaye Diao, négociant de pétrole. Mais contrairement à ce dernier, il a choisi de faire carrière au sein d’une grande société. Séduit par la possibilité de travailler sur le continent, Moussa Diao est envoyé sur des métiers de management à peine un an après avoir été recruté et formé à son poste de trader à Genève : de 2000 à 2002, on lui confie la responsabilité de développer les activités commerciales à Cotonou, où la compagnie vient d’implanter un nouveau terminal pétrolier dédié au gaz GPL, un nouveau produit au Bénin. Puis, il passe sept années à Abidjan, en charge du développement du négoce dans la sous-région. Eminence africaine du milieu du trading sur les bords du lac Léman,  cet ingénieur physicien réputé pour sa mémoire phénoménale des chiffres gère annuellement un portefeuille de plus de 2 millions de tonnes de produits pétroliers (soit un chiffre d’affaires de plus de 1 milliard de dollars) et dirige une équipe d’une dizaine de traders. Il travaille actuellement pour: Addax Energy SA, International Trading Oil and Commodities (Suisse) SA. Une entité qui évolue dans le négoce international, notamment achat, importation, exportation, transformation, stockage, transfert, financement, vente et distribution de matières premières dans le domaine de l'énergie, principalement de pétrole brut, de produits pétroliers, de gaz et de ses dérivés, ainsi que distribution, raffinage et transport de ces matières à l'étranger.

 

Abdoulaye Diao, Pdg d’International Trading Oil and Commodities (Itoc), a lancé récemment la banque « Outarde ». Banque Outarde devient ainsi la 25e banque du Sénégal et est dotée d’un capital initial de 14 milliards de francs Cfa. Ce qui la met bien au-dessus de la norme sous-régionale qui est de 10 milliards de FCFA. L’établissement bancaire dont le siège est à Dakar soutiendra prioritairement les petites et moyennes entreprises (Pme) et les petites et moyennes industries (Pmi) du Sénégal.

Surnommé « Baba », il est à la fois l’un des hommes d’affaires les plus prospères et les plus discrets du pays. Il cultive cette posture de discrétion souvent commune aux hommes nantis. Né à Thiès, Abdoulaye Diao acquiert dès le lycée une réputation de surdoué. Après avoir décroché la mention Très bien au baccalauréat, il obtient une bourse d’études et atterrit en 1968 au lycée parisien Louis-le-Grand. Quelques années plus tard, il obtient les diplômes d’ingénieur de l’École centrale de Lille et de l’Institut français du pétrole (Ifp), mais aussi une licence de sciences physiques et de sciences économiques. De retour au Sénégal, il intègre l’administration sénégalaise et devient premier conseiller technique dans le cabinet de Cheikh Hamidou Kane, ministre chargé de l’Énergie et des Hydrocarbures et par ailleurs écrivain, auteur de «L’Aventure ambiguë». En 1981, on lui demande de jeter les bases de la Société des pétroles du Sénégal (Petrosen). Mais, une fois sa mission accomplie, il quitte l’administration.

Abdoulaye Diao s’est fait tout seul. Rien n’était acquis d’avance. Il a fallu batailler ferme. Né à Thiès, il a vécu dans une famille démunie. Sa jeunesse n’a pas été toute rose. Seulement, il était très brillant à l’école, se classant toujours premier de sa classe. A son retour au Sénégal, c’est le Président Senghor qui s’occupe de sa carrière, toujours subjugué par le talent de cet enfant. On lui donne un logement en plein centre ville et Senghor le reçoit tout jeune. Il est chargé d’écrire les premiers statuts de ce qui deviendra, quelques années plus tard, Petrosen. Nous sommes aux environs de 1972. C’était la belle époque. Il écrit les textes régissant Petrosen, pratiquement les mêmes jusqu’à présent, qui du reste orientent l’exploitation pétrolière au Sénégal. De conseiller au ministère, il quitte finalement pour le privé et travaille avec Cheikh Fall, l’ancien président de Air Afrique dans sa société de négoce et de transit. Il y reste quelques années, avant de lancer en 1985, la société International Trade Oil and shipping (Itoc).

Oumar BA

Lire, lire, lire et rien de plus ! C’est le quotidien d’Issa Garba Amadou, un passionné de la lecture qui n’hésite pas à mettre la main dans la poche pour se faire plaisir.

Elle nourrit son esprit et lui procure du plaisir. La lecture occupe une place importante dans la vie d’Issa Garba Amadou. « Il passe toute la nuit à lire. Il aime lire », témoigne une de ses amis du département de Philosophie à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Dans l’étroite chambre qu’il loue à la Gueule Tapée, non loin de la Cité Aline Sitoé Diatta ex Claudel, de nombreux livres sont superposés à même le sol. Ce sont ceux qu’il lit quotidiennement : une vingtaine. Les autres ouvrages sont entassés dans des valises, et ses habits suspendus dessus. Un non habitué des lieux trouverait bizarre la manière dont sa chambre est rangée, mais lui, s’y sent à l’aise. Dans son univers, le livre prime sur tout.

A la bibliothèque universitaire, il dévore les ouvrages. La ration quotidienne est de cinq à dix livres. Le quinquagénaire nigérien à la silhouette frêle ne pratique pas n’importe quel type de lecture. Pour lui, c’est la lecture professionnelle. La gestuelle pondérée, Garba dépose ses lunettes et avance lentement devant le tas d’ouvrages tout autour du lit. Il cherche un ouvrage parmi ses livres de chevet. Celui qui lui a permis de connaître tous les « secrets » de la lecture et de l’écriture. C’est le livre du Pr Djibril Samb intitulé « Manuel de Méthodologie et de rédaction bibliographique ». « Il y a deux types de lecture. Celle que pratiquent les amateurs et celle professionnelle. Par exemple, quand je lis mon journal, chaque matin pendant 30 à 40 minutes, cela me donne du plaisir et en même temps, je m’informe. Mais j’ai dépassé ce type de lecture. Maintenant, je pratique la lecture professionnelle parce qu’elle est celle académique, celle de la recherche. C’est également la lecture utilitaire. Donc différente de celle en amateur qui n’est pas méthodique », explique Garba, avec passion. Un type de lecture qu’il affectionne par-dessus tout, car, dit-il, « cela me permet de progresser dans mes études et dans la vie de tous les jours. Elle conduit également à des écrits ».

Sa passion pour la lecture commence dès l’école primaire dans les années 1960, quand il a eu l’opportunité d’accéder à la bibliothèque du Centre culturel franco-nigérien avec une carte de lecture à 100 francs le mois. C’est de là qu’est né son goût pour la lecture.

Quand il s’agit d’acquérir des livres, Issa Garba Amadou ne lésine pas sur les moyens. « Depuis mon arrivée au Sénégal, j’ai dépensé plus d’un million de FCfa pour l’achat de livres. Pour moi, cela n’a pas de prix, le savoir non plus », poursuit-il, l’air fier. A chaque fois qu’il a de l’argent, la première des choses à faire, c’est d’aller à la librairie. Il s’intéresse également aux livres d’occasion car « en général, on y trouve des ouvrages rares et qu’on a même parfois du mal à trouver dans les librairies », dit-il. C’est ainsi qu’il s’est constitué sa bibliothèque.

Un « vieux » étudiant
Son autre passion : la philosophie. Et c’est ce qui l’a amené au Sénégal. Après une maîtrise dans ce domaine, il désirait se rendre en Belgique poursuivre ses études. Mais faute de moyens, il choisit le pays de la Téranga. Un choix qu’il ne regrette pas, car il s’est beaucoup amélioré et s’apprête à s’inscrire pour la thèse de doctorat au département de Philosophie à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. D’ailleurs, il dispense des cours de philosophie au groupe scolaire la Maïeutique des Parcelles assainies. Au Niger, après l’obtention de son diplôme du Bfem, il se lance dans l’enseignement pendant des années abandonnant ses études avant de décrocher le Bac en étant candidat libre. C’est ce qui explique le fait qu’il soit aujourd’hui un « vieux » étudiant.

Deux livres l’ont particulièrement marqué : « Le Discours de la méthode » de René Descartes et « La République » de Platon. Pour le premier, au-delà de la dimension rationnelle, Descartes a essayé de montrer que sans méthode, on ne peut rien faire. Pour le second, parce que c’est un ouvrage qui a été écrit depuis longtemps mais qui est toujours d’actualité. Il pose un problème de justice qui, d'ailleurs, est un thème qu’on ne peut jamais épuiser.

A présent, il lit surtout des ouvrages philosophiques mais pas que, puisqu’il y a des ouvrages littéraires qui ont des liens avec la philosophie. « L’Aventure ambigüe », par exemple de Cheikh Hamidou Kane dont certains pensent que c’est un ouvrage uniquement littéraire, a une dimension philosophique. Il y a également les ouvrages d’Amadou Hampâté Bâ », précise Garba.

Par Alioune Badara Diatta (stagiaire)

Modou Fall est un jeune tailleur qui a terminé sa formation il y a juste un an. Son quotidien se résume à courir d’atelier en atelier pour travailler comme journalier. Il fait du « khar matte » (travail supplémentaire) et en cette période de préparation pour la Tabaski, il n’a plus le temps de se reposer.

Calme, le visage serein, malgré son jeune âge (20ans), Modou Fall inspire responsabilité. Vêtu d’un pantalon noir, tee-shirt bleu, un long collier blanc autour du cou, il est derrière sa machine à coudre, entouré des coupons de tissus de toutes sortes. Depuis son arrivée à 10h, il a les pieds sur les pédales de sa machine sans arrêt. Sur la table, un ensemble wax, une paire de ciseaux à côté, sa main droite sur la machine et sa gauche tient le tissu. Il coud une tenue « taille-basse » wax garnie à la dentelle pour une cliente. Toute la journée, il se met la pression pour travailler très vite et avec efficacité. La raison : terminer très vite dans cet atelier pour aller guetter ailleurs. Il veut aussi gagner la confiance de ses différents employeurs pour trouver facilement du travail après les fêtes.

Dans ce petit atelier qu’il partage avec un autre tailleur, le désordre est total. Les morceaux de tissus jonchent le sol. La chaleur est étouffante. Malgré tout cela, la concentration est au bon point. En cette période de préparation pour la Tabaski, Modou ne dort plus. Il saisit toutes les occasions pour gagner davantage d’argent et mieux prouver qu’il est talentueux. « Je suis jeune et ambitieux. Je suis nouveau dans ce métier. Avant, j’étais simple apprenti, mais maintenant que je travaille, je dois prouver que je suis talentueux », explique-t-il, les yeux rivés sur sa machine.

N’ayant pas les moyens pour ouvrir son propre atelier de couture, le jeune Fall fait des va et vient chez les couturières pour travailler comme journalier. Dans cet atelier à Dieuppeul, il est payé 3.500 FCfa la journée. Après sa descente à 19h, il continue chez d’autres couturiers du quartier pour travailler jusque tard dans la nuit avant de rentrer chez lui à Yoff aéroport. « Je n’ai pas d’heures de repos, je fais du « khar matte ». Je saisis toutes les occasions. C’est maintenant que je dois préparer mon avenir », affirme-t-il, l’air sérieux.

Ils sont nombreux à l’image de Modou à terminer leur formation sans avoir les moyens d’ouvrir leur propre atelier. Pour ne pas rester au chômage, ces jeunes tailleurs font ce qu’ils appellent le « khar matte ». C’est-à-dire il court d’atelier en atelier pour travailler soit comme journalier soit comme employé. Ils font ainsi l’affaire des dames et autres promoteurs de mode qui investissent dans ce secteur sans maîtriser le métier.

En le regardant faire son travail, on remarque aussitôt sa passion pour la couture. Avec une énergie débordante, le jeune Modou travaille avec vivacité. Il ne participe point à la discussion qui s’anime autour de lui. Malgré la chaleur étouffante à l’intérieur de leur étroit atelier, il reste bien concentré. « Je ne veux pas me tromper. Quand on me confie un travail, je le fais bien. En plus, je ne veux pas faire des erreurs. Cela peut occasionner des problèmes avec la patronne », avance-t-il.

N’ayant pas eu l’occasion de faire des études, le natif de Gade Ndiaye (un village du département de Tivaouane) a choisi Touba pour apprendre la couture. Après avoir bien maîtrisé les techniques, il décide de venir à Dakar pour chercher du travail. Avant d’atterrir à Dieuppeul, il était au marché Hlm où il exerçait le même métier pour les couturières. Mais, ne trouvant pas assez rentables leurs rémunérations, il décide de faire l’expérience dans d’autres quartiers où le salaire est plus conséquent et les patronnes plus sérieuses. Modou veut profiter de la rentabilité de son métier en cette période de fête pour gagner le maximum d’argent et célébrer la cérémonie traditionnelle de son mariage. En effet, ce-dernier a déjà été scellé à la mosquée. Il ne reste que cette étape pour que son épouse le rejoigne dans son domicile. C’est pourquoi il court d’atelier en atelier et consacre toutes ses heures libres au travail.

Cependant, les ambitions de Modou vont au-delà de trouver un emploi garanti à Dakar. Son objectif est d’y ouvrir son propre atelier. Faute d’électrification, il ne peut pas exercer son métier dans son village, Gade Ndiaye.

Par Abba BA (stagiaire)

Historien, écrivain, chanteur, batteur et spécialiste en contes et légendes, El Hadji Alé Niang est une vraie bibliothèque ambulante, une mémoire vivante. Ce descendant d’une famille de griots à Gossas, qui a fait 37 ans de carrière dans l’administration sénégalaise, est bien connu des générations du Baol. À 75 ans révolus, ce communicateur traditionnel émérite désigné comme trésor humain de la région de Diourbel suscite respect et admiration à Bambey.

L’homme a des particularités. C’est un serviteur doué, un communicateur hors pair. Un acteur culturel et fonctionnaire à la retraite. Rien ne présageait pourtant une destinée aussi limpide. L’enseignement, l’ingénierie ou une autre corporation pouvait recevoir l’homme. Mais El Hadji Alé Niang a choisi une autre trajectoire. Commis de l’État au sens transversal du terme, Alé Niang a fait 37 ans de carrière dans l’administration sénégalaise avec plusieurs postes de chefs de bureaux, dont celui de gestionnaire à la préfecture de Bambey. Les gouverneurs et préfets qui ont sillonné les régions de Diourbel, de Bambey et arrondissements de l’époque le connaissent bien. 

Descendant d’une famille de griots à Gossas, cet homme de teint noir est né à Sokone, dans les années 1942. Il obtient son premier diplôme de certificat d’études élémentaire à l’école coloniale en 1956. Bien que résident de Bambey, Alé Niang est bien connu des générations du Baol.

Alé Niang, « Pa Alé Niang » pour certains et « Doyen Alé Niang » pour d’autres, a un viatique : celui de servir et de donner le meilleur de lui-même en toute humilité. Alé Niang est un homme multidimensionnel qui suscite respect et admiration. Un historien qui sait lire et écrire. Il surfe aussi bien à l’aise sur les annales orales et monographiques de nos contrées et héros. Cet homme a plusieurs cordes à son arc et reste une bibliothèque ambulante, mieux, un patrimoine humain.

De son verbe, Alé Niang incarne l’intellectuel décomplexé qui manie correctement la langue de Molière. Généreux et courtois, le « sage » se rappelle les épopées historiques où la première brigade de gendarmerie de Bambey était une simple et unique case transportée par sept gaillards de Ngoye (localité située à 11 km) à Bambey. Ou encore des périodes où le Cnra (Centre national de recherches agronomiques) de Bambey était un camp de redressement d’enfants délinquants dans les années 1910, avant de devenir un aérodrome puis une ferme pilote.
L’homme écrit beaucoup. Il est d’un commerce facile, témoin de plusieurs cérémonies et de faits qu’il transmet avec intérêt, tact, et une gestuelle dont lui seul maîtrise les contours.

Toujours en boubou traditionnel, Alé Niang est auteur-compositeur, puisqu’il est l’auteur de « Yéri Niamane », protégé au Bureau sénégalais des droits d’auteur (Bsda), et savamment reprise par Youssou Ndour « Massamba Dièye guedj mamboulane ». « C’est en chantant « Massamba Dièye » à travers les ondes de la Rts, que Youssou Ndour a récupéré la bande et en a fait un arrangement musical. Il a eu l’honnêteté de dire que le chant était composé par Alé Niang de Bambey. Il savait que mes œuvres étaient protégées par le Bsda. J’ai connu la gloire grâce à cette chanson, mais aussi à Nder. J’ai perçu des droits. Par la suite, j’ai rencontré Youssou Ndour qui m’a amené chez lui. J’étais trop fier », raconte-t-il.

« Massamba Dièye » était un conte narré par sa mère. Et cette légende, il l’a adaptée à un contexte bien particulier. « En tant que créateur, je l’ai refait pour galvaniser les gens. J’ai même fait de cette histoire un livre », note-t-il.

Élégant dans sa mise, accrocheur de public et bel orateur, l’acteur culturel est aussi bien à l’aise en chants, théâtre, contes et récits historiques. Les histoires des périodes fastes des provinces de Lambaye, de Thiakar, de Ngoye, des marigots de Sass, du Thiappy, des premiers maires de Bambey nommés par les colonialistes (Dr Babacar Diop, Mahanta Birima Fall, président du tribunal coutumier et deuxième maire de Bambey, Pierre Senghor, etc.) sont racontées par celui qui a failli devenir enseignant.

Les festivals nationaux et régionaux connaissent cet illustre défenseur des arts. Les planches ont feutré ses empreintes d’homme de culture. D’ailleurs, se souvient-il, en 1967, il a conduit la troupe de Bambey pour représenter la région de Diourbel aux phases nationales. Alé Niang est décoré au grade de Chevalier de l’Ordre national du mérite, Chevalier de l’Ordre national des Arts et Lettres, mémoire du trésor humain de la région de Diourbel, spécialiste en contes et légendes, comédien dans le film « Guélewar » de Ousmane Sembène avec comme rôle principal, Ndofféne Ciss. Ses principes : la loyauté, la magnanimité, le courage et l’abnégation. Et il suffit de l’approcher pour constater que ce polygame a le sens des relations humaines.

Un artiste complet
Percussionniste, ce batteur de tam-tam est aussi à l’aise dans son manteau de metteur en scène. « Pa Alé Niang » vient de publier un « Si Yeli Ndiamane était encore là » sous la supervision de l’écrivain Fama Diagne Sène, et un autre sur « la bataille de Diarndem » est en chantier.

Alé Niang est aussi un homme de médias. Il est animateur de radio, relais d’information et producteur à la Radio nationale sénégalaise (Rts) de Diourbel. Parmi les émissions qu’il anime en collaboration avec Samba Awa Ndiaye et Bara Ngom, ses amis et intimes, nous notons « Guew bi », « Kham sa diwan » et « Contes et légendes ». Ces productions sont bien suivies sur la bande FM de Rts Diourbel et dans les profondeurs des régions de Diourbel et Fatick.

Grand paradoxe, Alé Niang est un griot qui galvanise, qui chante des louanges, mais qui ne demande pas et ne quémande pas non plus. Il est trop fier de sa personne pour se rabaisser en tendant la main. À la sueur de son front, il compte sur lui-même, sur son talent et son mérite pour répondre à l’appel de l’honneur.

Son génie de touche-à-tout fait de lui un communicateur émérite. Il rappelle, avec beaucoup d’émotion, le jour où il a distribué son salaire aux artistes après des prestations, acteurs qui lui donnaient tant de soumission et d’écoute, pour rentrer les mains vides chez lui. Il prétexte alors à son épouse avec des pièces de monnaie qu’on lui aurait volé son argent, un geste de solidarité et de générosité qui le caractérise.

Aujourd’hui, soutient Alé Niang, les communicateurs traditionnels sont en train de dénaturer leur fonction. « Un communicateur doit être un acteur de développement, il doit accompagner la communauté autour de l’essentiel, mais aussi être un bon vecteur de développement et vulgariser toutes les bonnes actions des autorités de ce pays », estime-t-il en invitant ses collègues à plus de retenue. « Parler, c’est facile, mais bien parler n’est pas donné à tout le monde », indique-t-il

Un monument parmi les grands mohicans de la culture sénégalaise. Humble et serviable, Alé Niang aime son pays et continue de le servir sans tambour ni trompette.

Par Mamadou Aicha NDIAYE

Gestionnaire de fortune, Nicolas Pyrgos veille sur plus de 300 millions d’euros confiés par des clients à 80 % africains.

Nicolas Pyrgos aime le risque. Pas pour ses clients, mais pour lui. Passé par les plus grandes banques helvètes, il pourrait y être encore aujourd’hui, à contempler la progression des chiffres sur les marchés africains dont il avait la charge au sein de ces vénérables institutions. Sauf que ce financier aux trois passeports – français et suisse par sa mère, chypriote par son père – n’a de cesse de vouloir repousser les frontières. En 2012, il part donc du Crédit suisse pour lancer sa propre société de gestion de fortune, une activité financière qui, à de très rares exceptions près, ne se trouve qu’en Suisse. « Notre mandat se limite au conseil et à la gestion des biens de nos clients. Nous ne sommes pas une banque. L’argent de nos clients est déposé en sécurité dans des établissements de premier ordre. Nous agissons en multi-family office », explique Nicolas Pyrgos, qui estime « qu’un quart des actifs privés placés en Suisse est géré par ce système ». La formule rencontre, en effet, un succès certain auprès d’une clientèle internationale avide de faire les meilleurs placements tout en s’émancipant des banques.

Reconnu et redouté
Un peu plus de quatre ans après sa création, Emeraude Suisse Capital gère plus de 300 millions d’euros, à travers les portefeuilles de 115 clients privés, « à 80 % d’origine africaine ». Le continent, Nicolas Pyrgos le découvre à la fin des années 1990, lorsque Sgs, l’ancienne Société générale de surveillance, l’un des leaders mondiaux de la certification, l’envoie en poste en Mauritanie. Il y reste deux ans, avant de rentrer à Genève retrouver le monde financier, qu’il avait déjà côtoyé quelques années après avoir été diplômé par l’Institut des hautes études internationales, « le Sciences-Po suisse ».

Profiter de l’émergence d’une classe moyenne
À 47 ans, le diplomate dans l’âme, devenu un financier reconnu autant que redouté, s’appuie sur son parcours et sur une expertise qu’il a peaufinée tout au long de la dernière décennie pour être aujourd’hui l’un des meilleurs spécialistes de l’Afrique sur la place financière genevoise. Au bon moment. « Il y a encore beaucoup de choses à faire à travers le continent en matière d’organisation des richesses et de gestion des fortunes », assure le patron d’Emeraude Suisse Capital, alléché par les perspectives que laissent présager l’explosion démographique à venir et l’accroissement de la classe moyenne africaine.

Jeune Afrique

Last modified on vendredi, 07 juillet 2017 16:32

C’est au professeur visionnaire agrégé en informatique médicale que l’on doit le développement de la consultation et du diagnostic à distance en Afrique et au-delà.

Mépris, dédain, ironie. Cheick Oumar Bagayoko, dans son élégant boubou marron et blanc, égrène, avec un sourire aux lèvres, les trois principales réactions auxquelles il a dû faire face quand il a voulu étudier l’informatique médicale. Fin des années 1990 au Mali, Internet se résume à un seul point d’accès dans toute la capitale. Mais, Bagayoko et une poignée de ses camarades étudiants à la Fac de médecine y voient un potentiel énorme. « Tout le monde faisait de la gynécologie ou de la médecine générale. Nous, ce que nous voulions, c’était changer le quotidien des médecins de brousse qui se plaignaient de désapprendre et d’être trop isolés. Internet nous semblait être le meilleur moyen », explique-t-il.

Vingt ans plus tard, le docteur Bagayoko est l’un des seuls professeurs agrégés en informatique médicale sur le continent africain. A 39 ans, il dispense des cours en France, en Suisse, mais aussi et surtout au Mali. De quoi susciter jalousie et incompréhension dans un pays où les enjeux de ses travaux restent abstraits pour beaucoup de professionnels comme pour les pouvoirs publics. Pourtant, Oumar Bagayoko a bien failli ne jamais devenir docteur. Faute de trouver un directeur de thèse – sur l’iconographie des lésions lépreuses dermatologiques – qui accepte de le tutorer. Jusqu’à sa rencontre avec Abdel Khader Traoré, docteur en médecine interne.

En 2002, Cheick Oumar Bagayoko est prêt à soutenir sa thèse. Toutefois, il se heurte à une difficulté de taille. Son codirecteur est en Suisse : il faut donc organiser une visioconférence. La première tentative échoue piteusement. La connexion ne sera jamais établie entre l’hôpital du Point G, élégant bâtiment rose dragée sur les hauteurs de Bamako, et Genève. Mais, en cette même année 2002, Amadou Toumani Touré devient président. Il développe depuis longtemps ses réseaux à l’étranger, notamment auprès du Grand-Duché qui a financé l’hôpital Mère-Enfant. Et cette prouesse technique ne peut être, pour lui, que synonyme de retombées positives. « ATT a appelé la compagnie des télécoms et leur a ordonné de détourner toute la bande passante de Bamako jusqu’à la connexion Internet de l’hôpital ! » se remémore-t-il. Sa thèse devient un événement national, retransmis à la télévision d’Etat et suivi par des centaines de personnes.

Cheick Oumar Bagayoko et son équipe sont partis du principe que la majorité des spécialistes se concentrent dans les capitales. Ils ont donc mis en place une plateforme sur laquelle les médecins de brousse peuvent interagir avec les spécialistes et demander de l’aide dans les domaines de la cardiologie, de la gynécologie, de l’ophtalmologie ou encore de la dermatologie. Aujourd’hui, ce réseau réunit plusieurs milliers de praticiens dans 19 pays sur le continent et fournit aussi des cours et des formations en ligne.

En 2016, ils ont décliné la version web en une application mobile. Leur plateforme et leur technologie, adaptées aux connexions bas débit, font des émules et viennent d’être reprises dans plusieurs pays d’Amérique centrale sur des projets similaires.

lemondeafrique

Cheikhal Khalifa, perpétuant l’œuvre de son père Cheikh Adramé, arrive, comme à l’accoutumée, à dos de chameau au lieu de prière de Nimzatt. Sa pratique constitue, sur le parcours comme sur la place aménagée pour abriter l’office religieux, une attraction pour ses propres disciples, mais aussi pour ses coreligionnaires. Synthèse d’une tradition à forte charge symbolique.

Nimzatt, dimanche 25 juin 2017, il est 11h sur la place publique devant abriter la prière de la Korité. Un homme, enturbanné et richement habillé, sort de chez lui. Il s’avance vers un chameau et s’installe sur une selle magnifiquement brodée. L’animal se lève. Sa grande taille permet à tout le monde d’apercevoir son « cavalier » haut perché. Et comme ils savent le faire, à chaque apparition de Cheikhal Khalifa sur son chameau, les disciples lâchent. Et de quelle manière ! Le long du parcours du cortège de Cheikhal Khalifa, toute une partie de cité religieuse est restée debout pour saluer le fils du premier khalife de Cheikhna Cheikh Saadbouh, en mouvement vers le lieu de prière.

Malgré le soleil de plomb qui, à 11 heures, dardait ses chauds rayons, des milliers de fidèles khadres, dans leurs habits de fête, sont fous de bonheur en voyant Cheikhal Khalifa arriver avec son chameau au lieu de prière, accompagné de ses disciples et sympathisants entonnant des « lâ ilaha illa lah » (mise en valeur de l’unicité de Dieu). C’est un moment fort qui fait fondre en larmes des milliers de fidèles. L’image de « Borom guelem gi » (le chamelier) est captivante. C’est vrai, Cheikhal Khalifa, comme ce fut le cas avec son père Cheikh Adramé, fascine ceux et celles qui connaissent l’histoire de l’Islam.

Continuateur de l’œuvre de son ascendant, Cheikhal Khalifa concourt, par cette démarche, à la permanence de l’histoire de la religion musulmane. C’est tout un art de le voir se mouvoir à travers le passé de l’Islam. Tel un contemporain, il réimprovise l’entrée triomphale  du prophète Mouhamad (Psl) à Médine. Ainsi plonge-t-il les disciples khadres sénégalais dans la nostalgie en incrustant dans leur imaginaire une posture de l’Envoyé de Dieu (Psl) qui, à dos de chameau, entrait dans « Madine al Mounawara » (la Ville des Lumières).

Par Cheikh Aliou AMATH

La foudre d’En marche qui a récemment propulsé Emmanuel Macron à tête de la République française a également mis en avant une multitude de personnalités jusqu’ici inconnues de la scène. Parmi celles-ci figure une française d’origine sénégalaise. Sira Sylla a grandi à St Etienne du Rouvray au sein d’une famille de onze enfants. Son père d’origine sénégalaise était chauffeur d’autobus. Candidate de La République en Marche aux élections législatives  de 2017 dans l'ancienne circonscription de Laurent Fabius, elle élimine son successeur Guillaume Bachelay au premier tour, puis bat avec 60,73 % des suffrages (19.271 voix) son concurrent du Front national  au second tour pour être élue députée à l'âge de 37 ans.

Sira Sylla est avocate en droit social, spécialisée dans les relations individuelles et collectives. Originaire de Saint-Étienne-du-Rouvray, elle vit aujourd'hui à Rouen. Par le passé, Sira Sylla ne s'était jamais engagée en politique et n'a donc jamais exercé de mandat. Cette campagne pour la République en Marche dans la 4e circonscription de Seine-Maritime est sa première.

 « Je suis une fille de l’école républicaine, lance l’ancienne élève de l’université de Droit de Rouen. Si la France ne m’avait pas permis d’étudier, je n’en serais pas là aujourd’hui », souligne-t-elle. La candidate de la République en marche assure qu’elle sera « une députée de proximité. Je serai souvent sur le terrain, sinon je ne vois pas comment porter la parole des habitants de la circonscription à l’Assemblée nationale », affirme-t-elle.

Par Oumar BA

Last modified on vendredi, 23 juin 2017 16:15

Quinze ans de carrière dans le rap. Serigne M’Baye Gueye devient Disiz La Peste et s’impose avec le succès de « J’pète les plombs ». En 2009, soucis personnels et lassitude de l’industrie le poussent à mettre fin à sa carrière avec « Disiz the end ». Mais, il reviendra en 2012 sur le devant la scène avec son album « Extra-lucide ».

Le nouveau Disiz, à la fois rappeur, père et mari, s’affirme plus que jamais comme un artiste confirmé qui se bat contre les clichés violents et gratuits. Histoire d’un jeune de banlieue qui grandit à Evry, dans l’Essonne. Comme beaucoup d’entre eux,  il se nourrit de la musique hip-hop avec NTM et IAM. Il doit s’affranchir du regard de l’autre et cherche à définir son identité. De Tolstoï à la biographie de Malcolm X, il va s’inspirer de ces auteurs pour écrire ses textes. Un rappeur qui a voulu faire exploser la ségrégation intellectuelle ambiante et imposer le langage de la rue dans un domaine réservé aux élites.

Il ne veut pas produire un disque trop introspectif, ni raconter son journal intime, mais plutôt mélanger figures de styles et sujets actuels afin d’arriver à une réelle cohésion entre rap et réalité. L’image du rappeur calme, serein et surtout lecteur, lui vaut de se voir qualifié d’intello. Cette vision lui déplaît puisqu’elle met en opposition le rap et l’intérêt pour la littérature, ce qui alimente une vision erronée de l’univers hip hop. Le rap représente avant tout les mots et les différentes subtilités de langage. Il crée un rap « utile » bien loin d’un rap « conscient » ou d’un rap « bling bling » comme il dit.

Et lorsqu'on connaît le parcours du rappeur d'Evry, on est surpris de lui trouver les idées si claires et l'esprit si serein. Car Serigne Mbaye Guèye, franco-sénégalais de 38 ans, revient de loin. Sa génération, celle issue de l'immigration et des quartiers populaires, a grandi en écoutant les rappeurs américains et français. La vie en banlieue incarne sa principale source d’inspiration. En 2007, Disiz accorde sa confiance à Ségolène Royale, un geste qui lui laissera une expérience amère. La récupération de son image de rappeur intelligent à des fins stratégiques soutient les clichés contre lesquels il se bat. Cette société, devenue trop vite libérale et capitaliste à son goût, représente un prétexte pour écrire ses textes.

Par Oumar BA

Nayé Bathily, née au Royaume Uni et formée à l’université de Harvard, est diplômée de commerce international et développement durable. Dans le classement de New African, la jeune cadre, en compagnie de deux de ses compatriotes, fait partie des 100 personnalités les plus influentes d’Afrique.

Nayé Bathily débute sa carrière professionnelle au sein des organisations internationales. Au siège de la Banque mondiale à Washington, elle est consultante à la Division de la communication où elle lance notamment le concept « Projet du mois » et collabore à la publication de l’ouvrage «Our Dream is a World free of Poverty». En 2003, elle a en charge des relations avec les parlementaires du monde entier au bureau des relations extérieures à Paris.

Elle est la première recrue à ce poste et participe activement à la création, au sein de cette institution, du premier réseau parlementaire mondial sur la Banque mondiale; une plate forme unique permettant le dialogue des membres des parlements de tout pays sur les enjeux majeurs liés aux problématiques de développement. Elle initie et orchestre nombre d’ateliers de réflexion  et de conférences internationales impliquant des centaines de représentants élus du monde entier, autour de thématiques spécifiques aux pays émergents. «Gouvernance», «Gestion des ressources naturelles », « Sida et VIH » sont quelques uns des sujets qui sont développés.

Elle œuvre également et plus particulièrement en Afrique pour une meilleure mobilisation et une coopération des parlementaires sur le continent.  En 2004, elle s’engage et devient un des membres clés du réseau de professionnels africains de la diaspora « Espace Jappo », qui favorise la rencontre et la promotion des cadres originaires du Sénégal.

En juin 2009, elle obtient un Master d’Administration publique à l’université de Harvard où elle a rejoint le prestigieux programme Edward Mason à la Kennedy School of Government de Harvard (ENA Américaine) en 2008. Ce Master programme a formé nombre de leaders politiques et de la diplomatie internationale comme Mme Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Libéria, Felipe Caldero, président du Mexique, Ban Ki Moon, ancien secrétaire général des Nations Unies. Auparavant, en 1998, elle avait obtenu, avec mention honorable, un double diplôme en Relations et Commerce internationaux de la Business School de l’université de Maryland et complété, par la suite, le cycle de formation LEAD International en 2005 (Leadership pour l’Environnement et le Développement) à Londres.

Par Oumar Ba

Karim Fall alias Lefa est un rappeur né le 28 novembre 1985 à Paris. Il est un des fondateurs et membre du collectif de rappeurs parisiens Sexion d'Assaut. Il est aussi un très bon danseur de break dance, l’ayant pratiqué des années durant. Après plusieurs années d'absence, Lefa revient sur le devant de la scène en juin 2015 avec un nouveau single Intro et sort son premier album solo « Monsieur Fall » en 2016. 

Né d'un père sénégalais musicien de jazz Cheikh Tidiane Fall et d'une mère française chorégraphe et art-thérapeute, il grandit rue des Abbesses à Paris. Durant son adolescence, il pratique la danse, plus particulièrement le break dance. En 2012, Lefa n'apparaît plus sur scène avec les autres membres du collectif, le groupe le dit « en pause musicale » pour se consacrer à sa vie personnelle mais promet un retour prochainement. Dans ses lyrics, Lefa évoque très souvent ses expériences personnelles. Il se contente de faire transcrire ses vérités et se veut plus prudent de l'image qu'il renvoie à ses fans.

Il aborde souvent des thèmes qui peuvent toucher tout le monde comme le matérialisme, son indignation devant certains actes posés par les hommes, sa propre évolution et celle de la Sexion d'Assaut, l'avarice, les futilités, les jeunes parents. Il est très souvent influencé par l'ambiance des quartiers populaires de Paris comme le manque d'argent, la délinquance, etc. Il ne montre pas ses yeux, il les cache avec une paire de lunettes ou parfois avec la visière de sa casquette, cela afin de mettre une « barrière » entre sa carrière et sa vie personnelle, tout comme le fait Maître Gims.

Le style d'écriture de Lefa est immédiatement reconnaissable parmi les autres rappeurs francophones, avec l'emploi fréquent de rimes embrassées. Parmi ces particularités, on peut noter l'utilisation de mots en verlan, caractéristique de l'accent parisien des quartiers populaires, ou de mots issus de l'argot américain.

Par Oumar BA

Last modified on lundi, 12 juin 2017 15:52

Il est un modèle d’humilité aux valeurs discrètes. L’œuvre du Cheikh El Hadji Mama Ansou Niang est transcendante. Elle éclaire les fidèles et répand une lumière, par la prégnance de ses recommandations, sur l’humanité. Retour sur la vie du phare de Sirmang.

En 1927, A Niodior, une île peuplée de Sérères, pour la plupart de valeureux pêcheurs, venait au monde El Hadji Ousmane Niang, plus connu sous le nom d’El Hadji Mama Ansou Niang. Il est d’un lignage royal car son père, Mouhamadoul Mahdy, est un descendant du célèbre roi Mansa Moussa. Seydatou Khadidiatou Diop, dont la piété était reconnue, est sa mère.

Sa famille l’a très tôt fait explorer les océans de la foi. Son réputé ascendant, Mouhamadoul Mahdy, connu pour la grâce dont le Seigneur l’avait couvert, sa dévotion et sa grandeur d’âme, implorait son Créateur de le gratifier d’une progéniture ancrée dans les valeurs de l’Islam et qui serait un phare pour les générations futures. Ce qui le mène à Diourbel pour solliciter les prières de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké afin que Dieu exauce ses prières. Arrivé sur cette terre du Baol, il a dû attendre trois nuits pour être reçu par l’inspirateur de la voie mouride plongé dans une retraite spirituelle. Ses deux compagnons, lassés d’attendre, n’ont pas eu cette patience. Lorsqu’il a été reçu, Cheikh Ahmadou Bamba, après qu’il lui a touché un mot sur l’objet de sa venue, lui prédit l’exaucement de sa prière mais le prévient en ces termes : « En acceptant d’échanger cette vie présente contre celle-là future, tu perdras tous tes biens matériels ». Ce qui a été observé quelques temps après son retour à Niodior. Les mésaventures s’en sont suivies au point que le bienfaiteur n’arrivait plus à aider les gens qu’il couvrait de sa générosité. Il décide alors de quitter son île pour aller s’installer au village de Santhi Wali. C’est en 1958, à Kaolack, qu’il a rendu l’âme au Seigneur qu’il a adoré toute sa vie.

Selon Ousmane Cissé, El Hadji Mama Ansou Niang entame, très jeune, son éducation religieuse auprès de son frère Kéba Fodé. A la mort de ce dernier, il est envoyé à Sipho (Gambie) auprès du réputé marabout Mouhammad Lamine Kanté. Celui-ci lui inculque une éducation spirituelle et le forge mentalement pour qu’il soit apte à recevoir un apprentissage islamique complet. Dans ce terroir, il parfait ses connaissances religieuses, maîtrise parfaitement le Coran, la chari'a, la rhétorique arabe, l’histoire et les sciences ésotériques. Le dévoué apprenant choisit alors une vie d’ascète, renonçant ainsi à toutes les jouissances aveuglantes d’ici-bas afin d’atteindre les objectifs qu’il s’était fixés. Il s’attache à être digne de l’amour, de la gratitude et des prières de son guide spirituel et à accomplir le vœu le plus cher de son défunt ascendant pour que les générations futures trouvent en lui l’exemple qu’il a voulu qu’il soit pour l’humanité. Il s’arme de persévérance et de patience bien que ne disposant pas de moyens pour étudier.

Apprendre, enseigner et adorer
Lorsque Cheikh Mouhamadou Lamine Kanté s’est rendu compte que son élève a acquis de profondes connaissances religieuses et atteint la maturité des érudits et qu’il l’a jugé apte à transmettre son savoir, il le libère et lui ordonne de retourner auprès des siens avec tous les titres que son abnégation lui a permis d’avoir. Il lui prodigue ces conseils rapportés par El Hadj Mama Ansou Niang lui-même : « ne réside pas dans ton village. Etant une île qui ne connaît que la pêche, tu risques de t’y confiner, alors que tel n’est pas ta destinée. Choisis un endroit convenable pour toi et tes étudiants afin de leur inculquer un enseignement de qualité ». Le Cheikh rentre ainsi dans son village auprès des siens où il est resté deux ans.

En 1965, il se rend à Sokone et réside chez le grand érudit El Hadji Ahmadou Dème pour l’éclairer de ses conseils quant au choix du lieu de résidence. Le saint homme, qui le connaissait déjà, apprécie ce geste, cette déférence et lui indique un endroit entre son village Sokone et Karang. Sirmang devient alors son champ de dévotion et de propagation de la parole de Dieu. Il a été bon prophète car ce village est devenu, en l’espace de quelques décennies, un univers où sont développées des valeurs islamiques, humaines. Sa renommée dépasse les frontières du Sénégal et de la Gambie. Beaucoup de talibés y bénéficient d’une bonne formation dans les sciences religieuses dans des conditions appréciables. La prégnance du discours d’El Hadj Mama Ansou Niang, parce que tiré d’une source immuable et universelle, fait que sa voix porte. Elle transcende les obédiences.

A tous ses disciples et à toute personne venue solliciter ses prières, il recommande la purification du cœur et de l’âme. Car, c’est là que réside l’essentiel. Aujourd’hui, le patriarche de toute une communauté dévote, regarde, apaisé, sa progéniture emprunter les allées de la foi comme l’avait souhaité son ascendant pour lui et sa descendance. Elle continue de composer le triptyque : « apprendre, enseigner et adorer Dieu » (Diangue, diangalé, diamou). Les traditions historiques parleront improprement de saga un jour. Ici, il s’agit d’un renouvellement d’une allégeance perpétuelle à des vertus, à des valeurs et à un message divin.

C. Aliou AMATH et A. Aliou MBAYE

Après l'explosion qui s'est produite lundi soir dans l'Arena de Manchester en Angleterre, Ariana Grande, une chanteuse américaine de 23 ans, a fait savoir, sur Twitter, qu’elle est « brisée ». En conséquence, cette icône auprès de la jeunesse a décidé d'annuler ses prochains concerts en Europe.

Sous le choc, la chanteuse américaine Ariana Grande a dit être « brisée » par l'attentat perpétré dans l'Arena de Manchester, en Angleterre lundi soir. Alors qu’elle venait de terminer son concert, une explosion s'est produite, faisant vingt-deux morts et une cinquantaine de blessés, dont des enfants. « Brisée. Du fond du cœur, je suis affreusement désolée. Je n'ai pas de mots », a tweeté la chanteuse au petit matin. Elle pleure les vies d'enfants prises par cet attentat.

Ariana Grande devait se produire à Londres hier mais a décidé d'annuler le déplacement et de suspendre sa tournée européenne pour le moment, rapporte TMZ. Elle devait apparaître dans les semaines et mois qui suivent en Belgique, en Allemagne, en Suisse mais également en France, à Paris le 7 juin et à Lyon le 9. C'est en 2008 que l'adolescente née en Floride débute sa carrière à Broadway. Elle décroche le rôle de Charlotte, une pom-pom girl, dans la comédie musicale 13. Le spectacle restera à l'affiche pendant une centaine de représentations et permettra à la jeune fille, alors âgée seulement de 15 ans, de montrer l'étendue de ses talents.

Chanteuse, comédienne talentueuse
A la fois chanteuse et comédienne, un producteur la repère et lui propose le rôle de « Cat » dans la série Victorious, produite par les studios Nickelodeon. À l'instar de ses rivales Miley Cyrus et Selena Gomez, Ariana Grande devient rapidement une icône auprès de la jeunesse. Elle sort son premier album Yours Truly en 2013. Il atteint la tête du Billboard 200 et est encensé de toute part par la critique. L'année suivante, son deuxième album, My Everything, se place directement sur la première place du Billboard 200, ce qui fait d'Ariana Grande la première artiste féminine ayant eu ses deux premiers albums numéro un à la suite depuis Susan Boyle.

Sa popularité est à son zénith après son duo Problem avec Iggy Azalea. Le single se classe numéro un des téléchargements iTunes dans plus d'une cinquantaine de pays. Figure incontournable de l'industrie musicale américaine avec ses sons mêlant pop et R'n'B, la star de 23 ans a été élue en 2016 meilleure artiste de l'année aux American Music Awards. Aujourd'hui, près de 45 millions de fans la suivent sur Twitter et 106 millions sur Instagram.

Par Cheikh Aliou AMATH (avec Le Figaro)


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.