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Le match (8)

Un de mes maîtres, que j’implorai de dire son mot sur notre présent et sur notre quête incertaine de sens, me servit comme réponse ceci : « Dans ce pays, tout le monde parle. Et de tout. On célèbre davantage la volubilité du langage et le langage de l’indélicatesse que celui articulé autour de la science, de la raison et de la civilité ». Sans doute, mon maître a aussi peur de la nouvelle race d’individus dont l’impertinence envahit l’espace public. Ils sont prompts à attaquer, de manière inconsidérée, les gens, à entraver nos « utopies » et à blesser la décence. S’abandonnant à un narcissisme nourri par les médias, ils s’autorisent tous les excès parce qu’il n’y a que le paraître qui compte. La libéralisation de la prise de parole, n’en déplaise à Monsieur promoteur des libertés, est une tragédie se déroulant sous nos yeux. Nos oreilles et le bon sens en sont les héros malheureux. Birima Ndiaye, qu’une certaine maladresse a appelé chroniqueur de l’émission « Jakaarlo bi » de la Tfm, et l’intempestif Omar Faye, du mouvement « Leral Askanwi », pourraient valablement y tenir des rôles.

Le premier, syndicaliste aux procédés old school, confond authenticité, trivialité et enfantillage. La personnalité exige de nous cette faculté de s’adapter aux univers d’expression, au cadre et au contexte. Et ce n’est pas de la sournoiserie. Ce presque quinquagénaire entre dans un jeu télévisé qui n’amuse que ceux que l’inconvenance n’outre. L’impétuosité, même naturelle, doit être endiguée, de temps en temps -et quel que soit le désir d’exister- par la lucidité et un retour fréquent à soi. Donc, savoir faire abstraction de l’horreur du moi quand la lumière jaillit au moment où, peut-être, on ne l’espérait plus.

La télévision exige quelques précautions oratoires, une posture. On ne crie pas pour se faire entendre. Dans un beau portrait de Birima Ndiaye, réalisé par une consœur, une de ses épouses tient ces propos : « Il m’arrive parfois de ne pas regarder ses émissions jusqu’à la fin. Tant son comportement me fait sortir de mes gonds ». Vous n’êtes pas la seule madame ! Elle poursuit : « Je lui demande de parler sans s’énerver, car on le comprend mieux quand il s’exprime doucement. Et pourtant, à la maison, il est tout sucre, tout miel ». Ah bon ! Est-il alors obligé de se donner en spectacle de cette manière si incommodante…si écœurante, d’autant plus que sa participation dans cette émission, dit-il, n’est pas rémunérée, lui, l’homme politique qui a fini de démolir, avec d’autres, le mythe du « socialiste pondéré » ?

Mais, Birima Ndiaye peut se vanter d’être moins impertinent qu’Omar Faye, président « isolé » du mouvement « Leral Askanwi », qui nous brouille plus qu’il n’éclaire notre lanterne. Directement ou indirectement, Laye Njomboor a eu la prouesse de faire croire à certaines personnes leur trop grande importance. Certains sont devenus maires, d’autres ont failli l’être. Il y en a qui ont été nommés conseillers en quelque chose ou casés dans un quelque part où s’étouffe leur exubérance. Et l’impopularité, un temps agité, du père du petit protégé de Doha a même fait penser que les énormités d’Omar Faye étaient des évidences scientifiques. Aujourd’hui encore, le refrain médiatique, « arrêté pour diffusion de fausses nouvelles », tout à son honneur, a repris. Il nous sert les mêmes invraisemblances et sur les mêmes plateaux de télévision (deux principalement). Omar se plait à ce jeu. Il ressemble à cet être aimant s’entourer d’oreilles distraites en mal de sensations (ici, la presse) qui élabore des contre-vérités et qui finit par admettre comme vérité ce que son esprit malveillant avait conçu. L’ardent désir d’ « exister » des uns et des autres est, encore une fois, un drame collectif.

 

Pour arbitrer le match entre Déesse Major et Guigui, il faut avoir le cœur bien accroché et les sens complètement anesthésiés. Sinon, gare aux palpitations !

De son vrai nom Ramatoulaye Diallo, Déesse Major évolue dans la musique, plus particulièrement dans le hip-hop. Etant l’une des rares filles à avoir opté pour le rap, elle entretient de bonnes relations avec ses paires. Son style, très osé, lui a facilité une place dans le milieu des sonorités. C’est d’ailleurs sa marque de reconnaissance. A travers ses vidéos clips et apparitions sur scène, on croirait avoir à faire à une jeune fille sadique et mal éduquée et la côtoyer peut faire basculer cette idée car cet artiste est une femme très pieuse. Elle a vécu une enfance bien mouvementée.

De femme de ménage à chanteuse en passant par commerçante, son parcours renferme des souvenirs pas très roses. En septembre 2014, Déesse Major participe à un concert avec d'autres artistes. Sur scène, elle se produit dans une tenue sexy, jugée « indécente » par le Comité pour la défense des valeurs morales au Sénégal. Celui-ci, composé d'une dizaine d'associations religieuses et de la société civile, décide alors de porter plainte pour attentat à la pudeur et atteinte aux bonnes mœurs. La chanteuse présente ses excuses et le dossier est finalement enterré.

Rebelote en juin 2016. La même organisation décide de réactiver sa plainte, suite à la publication, par Déesse Major, sur l'application Snapchat, d'une vidéo où elle apparaît en minishort et décolleté plongeant. La vidéo est ensuite diffusée sur les réseaux sociaux et médias en ligne. Elle est alors arrêtée pour « attentat à la pudeur et atteinte aux bonnes mœurs » et placée en garde à vue. Après le tumulte, l’artiste aux tenues plus courtes que courtes répond à ses détracteurs en lançant un single du tonnerre : JPLT (J’ai pas le temps pour les bla-bla. Une manière de dire à ses détracteurs : « plus vous critiquez, plus je vous en mets plein les yeux ».

L’autre Ramatoulaye se fait appeler Guigui. Ramatoulaye Clémentine Sarr qui s’est frayé un chemin dans le landerneau de la musique sénégalaise, fait partie des artistes qui font couler beaucoup d’encre et de salive. Avec un physique qui détonne, elle ne passe pas inaperçue et attire dans sa cour des hommes de statuts divers. Quand la presse people se veut catégorique à son sujet en laissant entendre que « c’est une croqueuse de ministres », elle répond avec un art consommé de la répartie : « je suis belle, attachante et attirante ; je possède tout ce que les hommes recherchent chez une femme ». Avant d’avouer être très courtisée par les hommes.

On aura remarqué que pour parler de Guigui et de Déesse Major, on se réfère très peu à leurs carrières musicales respectives. Peut-être parce que la belle plastique n’est pas forcément synonyme de talent artistique.

Qui sait ?

S. D.

Dans un pays « normal » et dans un « vrai » sport de combat (les gars, ils dansent de 14 à 20 heures pour nous gratifier de quelques secondes de balancement de bras et d’empoignades), Gris Bordeaux, qui empile les contre-performances depuis des années, serait à des années-lumière de ce ce qu’on a appelé, ici, la « Cour des grands » ou le « Cercle des vip ». Que les enragés de ce drôle de sport, partisans du colosse de la Médina, ne nous en veuillent pas « nak ! » C’est la triste réalité. « Monsieur 4 appuis », successeur d’un autre tigre à la tête de l’écurie Fass, un génie celui-là, ne côtoie le gratin des mastodontes que par les bonnes grâces d’un monde de la lutte aux critères de performance aussi extravagants que les normes qui le régissent. Sur 21 combats, il a essuyé 11 défaites. Ses deux dernières victoires ont été décrochées contre la « farce » Baye Mandione, passoire de la nouvelle vague et des préretraités, et contre Mouhamed Ndao Tyson que son mentor, Mbaye Guèye, a nommé, à juste titre, « ambulance ». Eclats trompeurs. Mais, le troisième tigre de Fass a un grand atout : il est pensionnaire de l’écurie Fass. Ici, on ne forme pas que des champions. On crée des produits tête de gondole. Mame Gorgui, Mbaye Guèye et Moustapha Guèye étaient des cracks et des chouchous. Gris Bordeau, lui, un piètre athlète pouponné. Le tigre n’égratigne même plus ! C’est la vérité des chiffres.

L’enfant de Tchiky fera face, le 31 mars prochain, au stade Léopold Sédar Senghor, à Balla Gaye II, auteur de 23 combats. Le lion de Guédiawaye en a remporté 19 et perdu 4. Il est impertinent, inconvenant, parfois même ridicule, mais ça gagne. Il s’est mieux approprié le slogan du mentor de l’autre : « J’attaque, je cogne et je gagne ». Gris Bordeaux, lui, attaque, cogne et s’affaisse ! L’ancien roi des arènes, tombeur du grand champion Yakhya Diop « Yekini », a montré qu’il est un lutteur complet et sait créer l’événement même si parfois il dérape avec des inepties du genre « Gris n’a pas de jolies chaussures. Il porte la même chemise jaune. Il fume du yamba ! » et bien d’autres niaiseries. On espérait que ses deux dernières défaites et ses deux années loin de l’arène avaient été bonnes conseillères. C’est dans ce seul domaine que Gris Bordeaux le bat à plate couture. Balla Gaye est un charmant champion d’une désespérante immaturité. Son jeune frère, Sa Thiès, victime de sa fougue « congénitale », a perdu son dernier combat contre Boy Niang 2. Si celui qui a perdu sa couronne en 2014, face à Bombardier, rencontre la même infortune, Double Less, le pater familias, risque, à nouveau, de lui faire endurer les vieilles remontrances de patriarche sénile et nostalgique. Et cette fois-ci, pour l’amour du ciel, Balla, ne viens pas nous dire, de manière pathétique, que tu étais souffrant pour expliquer une probable déconvenue comme la dernière fois avec ton ventre de vieux flemmard de troquet. Contrairement à Double Less, Mbaye Guèye, lui, contraint au stoïcisme, fera moins de tintamarre sans doute. Il est habitué à consoler son « bébé » !

Alassane Aliou MBAYE

Dans le petit royaume des stars montantes, deux jeunes chanteuses tiennent actuellement le haut du pavé. Chacun de leurs albums entraîne un succès colossal, leurs clips sont toujours très attendus et leur vie privée parfois scrutée à la loupe. Si toutes les deux s’adonnent au métier d’artiste depuis longtemps, elles ne présentent pas pour autant la même trajectoire. Adiouza a grandi dans l’ombre protecteur de son père artiste Ouza Diallo. Elle a donc très tôt été vaccinée au virus musical. En plus de cette aptitude, la jeune artiste est partie se renforcer, après son baccalauréat, à travers des études supérieures spécialisées en Musique. C’est également pareil pour Aïda Samb, Gawlo de naissance, elle a grandit sous l’ombre de son grand-père Samba Diabaré Samb. Autre avantage, Aïda a très tôt intégré le mythique groupe de Youssou Ndour, roi du Mbalax qu’est le Super Etoile. D’ailleurs, toutes les deux font preuve de maturité dans leur composition musicale.

Elles mettent en avant une approche très mature qui s’est imposée en l'espace de quelques années. Elles se sont toutes les deux taillées une place de choix dans l'industrie musicale sénégalaise. En fait, elles sont tout simplement devenues incontournables.

Tout le monde connaît la voix incroyable de celle que l'on surnomme Aïda. Mais Adiouza porte également l’une des plus grandes timbres vocales de sa génération. Véritables superstars, les deux femmes font le « buzz » à chaque fois qu’elles mettent un produit sur le marché. Entre Adji et Aïda, il y a toujours eu une certaine course au titre.

Bien que les deux chanteuses ne se soient jamais déclarées la guerre, très diplomatiques, elles se livrent au quotidien à des batailles musicales, à coups de tubes et de clips évènements. Une concurrence vraiment saine !

Oumar BA

Coumba Gawlo vs Viviane Chidid

19 Fév 2018
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Difficile de comparer Coumba Gawlo à une artiste de sa génération. Elle a le chant dans le sang. Pas comme ces filles qui se forcent à pousser la chansonnette pour faire le buzz ou pour exister dans un monde qui célèbre à la fois les originaux et leurs pâles copies. On en a vu qui vendent leur généreuse poitrine, d’autres qui exhibent leurs belles jambes ou leurs affriolantes rondeurs. Coumba Gawlo n’est pas de ce monde. Sa belle plastique est pour elle un détail, mais son talent s’impose à tous. « Voix d’or du Sénégal » à 14 ans déjà, elle est la première artiste sénégalaise à décrocher le très couru disque d’or (son album Yomalé produit en 1998 lui a valu un double disque d’or (Belgique) et de platine (France). Gawlo de naissance, la diva qui compte plus d’une trentaine d’années sur la scène musicale sénégalaise est devenue un symbole pour beaucoup de jeunes filles qui commencent à croire qu’à force de travail, la réussite peut sonner à toutes les portes. Artiste aux récompenses nombreuses, Coumba Gawlo a décidé de mettre son aura au service des bonnes causes. Et, récemment, elle a enfourché le cheval de la lutte contre la migration clandestine. « Rester en Afrique, y travailler et y réussir » est son nouveau slogan qui mobilise nombre de jeunes en quête de réussite. Elle n’a jamais voulu s’exiler malgré les opportunités et sa réussite est typiquement africaine. De quoi inspirer les plus jeunes.

Quid de Viviane Chidid ? La jeune mbouroise a fait une entrée fracassante dans la sphère musicale sénégalaise en intégrant le Super Etoile de Youssou Ndour. Son mariage avec Bouba Ndour ainsi devenu son manager et ses premières productions ont révélé une artiste de grand talent, mais sa musique, réplique « mbalakhisée » de grandes chansons comme « Shama lama ding dong » d’Otis Redding, manquait d’originalité. Paradoxalement, son divorce avec son mari de producteur semble lui avoir montré la voie. Son dernier opus, «Wuyuma»,  aux sonorités panafricaines, à mi-chemin entre R&B et mbalax a été enregistré entre Dakar, Paris et Los Angeles. « Mon ambition est d’aller encore plus loin dans ma musique », déclarait-elle lors d’une récente conférence de presse donnée à Dakar dans le cadre de la sortie de son dernier single, Yakaar. Elle ne regrettera certainement pas d’avoir chanté « Mariage forcé » dans cet album. Dans ce succès musical, la chanteuse fait un plaidoyer contre le mariage des jeunes filles. Ce tube a pesé sur la balance dans le choix d’ONU Femmes qui a nommé l’artiste sénégalaise ambassadrice de l’organisation. Viviane ne cache pas son ambition. Elle voudrait être la deuxième artiste sénégalaise à décrocher un disque d’or. Un objectif largement dans ses cordes. Coumba Gawlo a montré et débroussaillé le chemin : le mbalakh pur et dur ne mène pas loin. Il faut s’ouvrir au monde pour élargir son horizon.

 

« Qu’il le veuille ou pas, je peux parler comme Zidane et Maradona qui sont les patrons des équipes de France et d’Argentine. Je suis le patron de cette équipe du Sénégal et de son football. Aliou Cissé ne pourra pas me fermer la porte ». Alors que l’on croyait l’entente cordiale entre les membres de la génération 2002 qui a fait briller le foot sénégalais au Mondial, voilà que de grosses craquelures y apparaissent en plein jour. En effet, celui qui se fait appeler malicieusement le « lion insoumis » ne perd jamais une occasion pour brocarder son ancien coéquipier et capitaine dans la tanière. Le double ballon d’or africain trouve que le problème de l’équipe nationale dont le jeu ne fait pas vraiment rêver, « c’est Aliou Cissé » et non les joueurs « qui sont pétris de talent ». Selon El Hadj Ousseynou Diouf, son ex-coéquipier n'écoute pas les critiques. « Aliou croit qu’il a toujours raison ». Un de prêté, deux de rendu. Le rugueux milieu défensif qui coache l’équipe nationale de football sait encaisser les coups. Mais il les rend avec un égal bonheur.

Critiqué, parfois houspillé, coach Cissé s’accroche à sa baraka et tient bien le gouvernail : « Quand je lis certaines choses, je préfère en rigoler. On veut me parler d’ouverture ? Mais de quelle ouverture me parle-t-on ? Il faut être sérieux. Je ne peux pas m’ouvrir à tout le monde parce que j’ai aussi des idées. Il faut me laisser les mettre en place ». Et de répondre plus frontalement à Diouf. « Toute ma vie, j’ai été dans le milieu. J’ai été critiqué en tant que joueur, maintenant c’est en tant que sélectionneur. Ce n’est pas quelque chose qui m’empêche de vivre ». 

Avec la qualification du Sénégal au Mondial 2018 en Russie, Aliou Cissé a remporté la première manche, mais Diouf reste à l’affût, prêt à rebondir sur tout faux pas des « Lions ».

C’est connu, les rappeurs, pour bon nombre d'entre eux, ont un ego surdimensionné. Dans le «rap Game», lorsqu'on veut s'imposer, il faut savoir montrer les crocs et protéger son territoire. Parce qu'une rime bien sentie peut vous transpercer comme une balle, quoi de plus normal que de voir un rappeur malmener un rival dans une chanson? Omzo Dollar et Dip se sont donnés en spectacle, il y’ a de cela quelques mois. Ils se sont envoyé quelques invectives via leurs textes.

C'est une version 2.0 du conflit entre Tuppac et Biggie les morts en moins. Étalée sur les réseaux sociaux, violente, mais, surtout, lucrative, la guerre entre les deux rappeurs a fait parler autant qu'elle a fait vendre. Est-ce une opération marketing? Le public se questionne. Rappel des faits. Pour le compte de son concert au Théâtre national Daniel Sorano, à l’occasion de l’anniversaire de sa mixtape «Beuss Niki Tay», Dip avait invité Canabasse sur le titre «Tarr Mbédj». Le rappeur fondateur de Buzzlab avait alors lancé des piques à l’endroit de son hôte. Dip, le rappeur de Grand-Yoff, apparu récemment dans le milieu avec une révolution de par ses textes décide de se faire justice, en s’attaquant à son tour aux rappeurs phares du label de Canabasse. Dans sa ligne de mire se trouve Omzo Dollar. Les problèmes commencent à naître via les réseaux sociaux avec une vague de partie prise de fans et «amateurs». La réponse d’Omzo Dollar, à la mesure de l’attaque, ne s’est point faite attendre. Une réplique salée. Cet épisode démontre à souhait que les internautes et passionnés du rap continuent ainsi de vivre ces rivalités entre rappeurs qui font partie intégrante de cette musique jeune. Nous sommes en 2018. Bien que les rappeurs continuent à se mettre des bâtons dans les roues, seulement maintenant, c’est à d’autres fins.

On enregistre moins de diss tracks, procédé parfois long et coûteux, qui présente en plus un risque artistique. C'est sur les réseaux sociaux que les rappeurs se livrent bataille. L'avantage est le caractère instantané de l'attaque, qui se fait devant des témoins qui peuvent eux-mêmes réagir et participer au clash. L'inconvénient, c'est que tout ça se passe bien souvent en dessous de la ceinture, pour des motifs plutôt puérils. Un grand changement qu’a connu les clashs de rap par rapport à l’époque sont les réseaux sociaux. Alors qu’avant les paroles déterminaient le «rappeur le plus « chaud», aujourd’hui, ce facteur passe au second plan, si internet en décide autrement. C’est pour cela qu’il devient important pour un artiste de se construire une forte communauté d’internautes.

Quand Waly titille You

01 Fév 2018
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On ne peut pas comparer la carrière crépusculaire de Youssou Ndour (ce n’est pas méchant « nak », c’est la loi de la nature) et celle-là naissante de Waly Ballago Seck. Le garçon aura le temps de faire la sienne. Le premier s’est construit une identité, une personnalité, dans le temps, et a développé une musique à laquelle on a fini par l’identifier. Il a créé un empire financier enviable et s’est même permis une « intrusion » dans la mare boueuse de la politique, pour, disent les mauvaises langues, préserver son business. Mais « nak », il est permis, comme partout ailleurs, dans la compétition musicale, et ce n’est point un crime de lèse-majesté, d’opposer leurs produits quand ils investissent le même univers de rythmes au même moment. Dans le paysage musical, on enchante, on confirme et, à un moment du chemin, on s’essouffle.

D’autres profitent de cette brèche pour se fabriquer un destin. Et le « petit » Waly « wax dëg fa Yalla » (dire la vérité par crainte révérencielle) donne quelques coups de coude au grand de temps en temps. Et c’est normal. Kor Aida Coulibaly ne peut pas rivaliser avec le fils de son plus grand pourfendeur de l’heure, Thione Seck, dans certains domaines. Le Faramarène a l’atout du temps. Il est jeune et s’adresse à un public dont il comprend le langage et les extravagances que ne saurait se permettre le leader du Super Etoile. You chante pour les jeunes. Waly chante et s’amuse avec eux. Et ça buzze plus ! En outre, le streaming, outil moderne de démocratisation, abat les cloisons entre le réputé et l’aspirant à la notoriété. Les critères d’évaluation du produit artistique et de l’artiste lui-même ont fortement évolué. Il ne s’agit plus seulement de chanter comme un rossignol. Il faut aussi un peu de « thiass », de punch pour exciter les groupies. Et quand les papys font de la résistance en s’essayant à l’afro-beat tendance « thiakathiaka », on ne peut s’empêcher de les comparer avec la nouvelle vague. Sur ce registre, Waly titille You. «Lolou la Yalla dogal» (c’est la volonté divine)!

Alassane Aliou MBAYE


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