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L’ouvrage intitulé « Emigration des Africains : oser le retour », publié aux éditions L’harmattan, a été présenté, samedi dernier. L’auteur, Karounga Camara, y a entrepris une réflexion sur le retour en Afrique des émigrés et les modalités qui l’organisent.

Le récit de vie de Karounga Camara est inspirant. Il est en harmonie avec sa première production littéraire, « Emigration des Africains : oser le retour ». Il est un chef d’entreprise, auteur, conférencier, formateur et coach mental. Après les études universitaires en mathématiques à la Faculté des Sciences et Techniques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, il entame une carrière professionnelle dans l’enseignement, dispensant des cours au collège pendant plus d’une décennie. Il émigre ensuite, en Italie, après avoir subi une formation en Tourisme, Communication et Marketing. Pendant sept ans, il vit et travaille dans ce pays et a eu la chance d’en découvrir d’autres en Europe. En 2015, il « ose le retour » et crée « Senitafood », une entreprise agro-alimentaire, et s’engage dans un réseau regroupant des expatriés sénégalais de retour au pays.

Sa trajectoire inscrit donc ce livre dans une démarche empirique avec des mots et images qui, à la fois, peignent le drame et nourrissent des espoirs. Karounga Camara le dit avec une précision remarquable parce qu’il décrit la réalité et émet des propositions pertinentes tendant à dissiper les appréhensions de ceux qui sont loin de leur espace de « confort ».

De cet ouvrage, Babacar Ngom, magistrat et écrivain, dit ceci : « Le mot oser traduit un sentiment de peur et d’incertitude. Un sentiment certes justifié par les raisons du départ qui sont toujours là. Mais l’auteur, tel un thérapeute, un pédagogue, suggère une méthodologie et une démarche pour réussir le retour. Aussi, tel un expert, l’auteur fait des propositions pertinentes d’accompagnement des candidats au retour sur le plan économique, institutionnel, technique et administratif. Une belle réflexion qui peut être versée dans la corbeille des politiques publiques de développement. A travers ce livre, Karounga Camara se révèle et allie, dans une aisance remarquable, un style de narration du genre romanesque et un style technique qui renseigne sur son profil d’expert ».

Penser le retour
L’auteur aborde plusieurs questions essentielles destinées à rendre le retour plus serein. De l’idée de retour à l’instant favorable en passant par la réflexion sur le projet d’activité et son articulation, il fournit un monceau d’indications sur un retour pensé et méthodique. Celui-ci doit être précédé d’une thésaurisation pour financer l’activité ciblée ou suivi d’un financement sans négliger les opportunités qui s’offrent au revenant. Toutefois, l’acceptation du retour définitif est un élément psychologique important de ce processus, de cette nouvelle vie.

Le préfacier, El Hadji Songué Diouf, estime que ce livre « fera certainement date tant par l’originalité du propos que par la froide rigueur de l’objectivité dans l’analyse… Oser revenir, c’est comprendre que l’Occident prend le chemin inverse pour perpétuer son éternelle action prédatrice des ressources du continent africain. Ce, pendant que nous nous bousculons à ses frontières ». Il assimile le sort de l’Afrique et des Africains à un « paradoxe tragi-comique ».

La leçon magistrale de Karounga Camara, pense-t-il, consiste à inviter les Africains à redevenir Africains. Cela n’est possible qu’à la condition de vaincre l’afro-pessimisme, de comprendre que l’Afrique n’a de leçons à recevoir de personne et surtout qu’elle regorge, en tous les domaines, d’experts aptes à la porter sur les cimes du développement durable.

Le professeur de philosophie a soulevé la nécessité de « s’adapter aux mutations de l’Occident, naguère hospitalier et aujourd’hui hostile à toute forme « d’invasion étrangère… Certains dérapages verbaux sonnaient déjà comme des lapsus révélateurs d’un inconscient collectif occidental de plus en plus indisposé par la vague migratoire africaine ». Karounga Camara pose donc, au-delà des implications économiques et politiques du retour, un débat idéologique.

Alassane Aliou MBAYE

«Islam, Science et Société» est le cinquième ouvrage de l'imam Ahmadou Makhtar Kanté. Cet expert en Environnement et en Economie solidaire met sa plume au service de toutes les sciences portées à sa connaissance, en particulier celle islamique. La Charia, le Coran et les Hadiths sont l'essence de ses illustrations.

L'ouvrage « Islam, Science et Société » est, d'un côté, le regroupement de vingt-six textes dans lequel l’auteur, Imam Ahmadou Makhtar Kanté, reste constant dans ses efforts de réflexions aux fins d'apporter sa propre compréhension des enjeux du monde contemporain à la lumière des enseignements de l'Islam. Les « écrits d'un imam africain », comme il définit son ouvrage, sont la compilation de de ses productions traitant de l'Islam, de la science et de la société. Des concepts qui reflètent les sujets développés dans le livre.

« Le temps ne peut pas dépasser l'Islam mais peut dépasser des oulémas paresseux », telle est une conviction de l'auteur. Un imam qui se veut être à l'ère de son temps. Afin d'être en phase avec sa société et le monde, il s'ouvre aux autres sciences avant de retourner sur la science islamique pas qu'avec « son islam », mais l'Islam. Cette religion, dit-il, qui n'est pas que « notre mais universelle ».

La reconnaissance est fondamentale en Islam, qu'elle soit divine, prophétique, celle de la Chahada ou simplement la reconnaissance envers son prochain. Ce dernier découle de la règle de réciprocité, notamment ne pas faire à son prochain ce qu’on n’apprécie pas pour soi. En plus de se conformer au Hadith qui dit : « Celui qui n'est pas reconnaissant envers les gens ne l'est pas envers Dieu ». Cette inter-connectivité de reconnaissances de l'individu à son prochain, de l'individu à son créateur, prouve le Hadith du prophète Muhamed (Psl) : « Quiconque n'est pas reconnaissant envers les hommes ne l'est pas envers Dieu », lit-on à la première page du livre. Celle-ci, selon l’auteur, passe par le savoir, donc « Ikra » (Apprenez), un mot essentiel en religion islamique. Nonobstant la clarté des références scriptaires, des controverses se posent au sein de la Oummah islamique et de l'incompréhension au regard des autres.

Abordant les malaises de fin du mois de Ramadan au Sénégal, l’imam Ahmadou Makhtar Kanté note que de science exacte, la Charia commande « à tous les musulmans de chercher à déterminer le mois lunaire et non d'attendre que certains pays le fassent pour les autres ». M. Kanté de souligner cette manie sénégalaise de se baser sur l'Arabie Saoudite qui est paradoxale aux textes. Il notifie dans son livre qu'il est utile de savoir qu'on fait « injustice à l'Arabie Saoudite. Pourquoi ? Parce que ce pays n'a jamais demandé officiellement à un autre pays de s'aligner sur ses décisions relatives à la détermination des mois lunaires ».

En perceptive, l'auteur décline la possibilité d'un consensus dans l'immédiat « si la volonté existe de la part des gouvernants et des oulémas de l'astronomie et de la Charia, et si les masses sont sensibilisées à cette fin, de disposer d'un calendrier musulman perpétuel aussi bien civil que religieux et d'en finir avec les malaises de lunes » pour une célébration de la fête de Korité dans la communion.

Par ailleurs, les écrits de l’imam Kanté interpellent sur des questions nationales et internationales. L'auteur évoque des thématiques liées à la politique, l'éducation, la santé l'environnement, les relations avec le reste du monde...

Le prêche religieux n'est pas que son champ de prédilection. Ahmadou Makhtar Kanté invite à la valorisation de la culture et des langues nationales, ainsi qu’à l'appui du secteur sportif et des salles et lieux convenables pour les arts. En outre, la citoyenneté est dans sa ligne de mire. En illustration, M. Kanté attend du votant, en période d’élections législatives, de l'éthique et du discernement. Ce type de citoyens qui promeut des députés qui défendent les valeurs culturelles, religieuses et traditionnelles. A travers son ouvrage, l’imam Kanté contribue aux problématiques de la bonne gouvernance sur des principes tels que la séparation des pouvoirs, le train de vie de l'Etat et des institutions publiques. En résumé, Ahmadou Makhtar Kanté a fait un tour des interrogations contemporaines et anciennes. Cet ouvrage est sa contribution écrite dans la bonne gestion de la société.

Yaye Awa Ly Ngoné SARR (stagiaire)

Ibrahima Makalou Cissé, professeur de français au Lycée Ibou Diallo, a été élu par consensus nouveau président du Cercle des écrivains et poètes de Sédhiou. Son premier chantier est celui de faire éditer les nombreux manuscrits détenus par de nombreux membres du Ceps.

Le nouveau président du Cercle des écrivains et poètes de Sédhiou, Ibrahima Makalou Cissé, a demandé l’appui du bureau sortant, surtout son prédécesseur, Manding Djitté. « J’aurais toujours besoin de votre expérience ainsi que de celle de votre secrétaire. J’ai d’autant plus besoin de cet accompagnement que c’est la première fois que j’occupe les fonctions de président d’une structure même si je suis actif dans plusieurs autres », a souligné Ibrahima Makalou Cissé, professeur de français au Lycée Ibou Diallo.

Il ne sera qu’un chef d’orchestre d’une équipe dont la mission sera de relever les défis de sa feuille de route. Le premier chantier qui sera ouvert est celui de faire éditer les nombreux manuscrits détenus par de nombreux membres du Ceps. L’espoir est permis puisque au lendemain de son élection, M. Cissé a assisté à une rencontre organisée par le Ceps de Saint-Louis et là, il a eu à prendre contact avec de nombreux éditeurs dont le président de l’Association des écrivains du Sénégal, disposé à étudier la possibilité d’éditer des manuscrits.

Chacun des départements de Bounkiling et de Goudomp aura une antenne du Ceps, avec obligation d’organiser des activités. Le compte rendu de ces activités doit être envoyé au bureau régional à Sédhiou, qui lui a déjà établi un programme pour début juin avec la revue annuelle de philosophie, suivie une semaine après d’une activité d’écriture.

Le bureau du Ceps accompagnera jusqu’à l’examen tous les candidats et le résultat de cet accompagnement sera évalué. Une large campagne de communication sera lancée pour mieux faire connaître le Ceps et ses objectifs : un point faible de l’ancien bureau qui, également, n’a pas pu rendre formel le Cercle. Il faut donc le faire pour espérer avoir une subvention ou un soutien non seulement du ministère de la Culture, mais également de mécènes.

Le nouveau bureau s’y attèle déjà. Le directeur du Centre culturel régional accompagnera le nouveau bureau du Ceps dans toutes ses activités. Kéba Badiane a d’ailleurs été félicité par le bureau du Ceps pour son accompagnement qui n’a jamais fait défaut. Le Cercle des écrivains et poètes de Sédhiou a été créé il y a quatre ans. Il était présidé par Manding Djitté.

Malamine KAMARA

Au cours de la Fête internationale du livre, empreinte de solennité, riche en sons et couleurs, qui s’est déroulée pendant trois jours au centre culturel français, les responsables et membres du Cercle des écrivains et poètes de Saint-Louis (Ceps) ont remis des diplômes aux écrivains Moumar Guèye, haut cadre des Eaux et Forêts à la retraite, et à Alioune Badara Bèye, président de l’Aes.

Le président du Cercle des écrivains et poètes de Saint-Louis (Ceps), Alioune Badara Coulibaly, a saisi cette occasion pour se réjouir de cette grande fête du livre organisée conjointement par le Ceps, la Direction du Livre et de la Lecture, l’Institut culturel français Jean Mermoz de Saint-Louis, le Centre culturel régional Abdel Kader Fall, l’ambassade de France, le ministère de la Culture et la municipalité de Saint-Louis.

Le directeur de l’Institut culturel français, Marc Monsalier, et la directrice du Centre culturel régional, Marianne Diop, ont bien pris en main ces nombreux invités venus d’horizons divers pour rendre hommage à Moumar Guèye et au parrain de cette fête, Alioune Badara Bèye.

Au nom du ministre de la Culture, le directeur du Livre et de la Lecture, Ibrahima Lô a vivement félicité les responsables du Ceps pour la qualité de l’organisation de cette grande fête de la culture dans cette ville tricentenaire. Lors de cette célébration, les Pr Banda Fall et Habib Kébé ont revisité les œuvres littéraires du parrain, passant en revue des notions très importantes du théâtre, du roman et de la poésie. Ce fut une grande fête, durant laquelle des éditeurs ont exposé des livres, animé des stands, communié avec les lecteurs dans la joie et l’allégresse. Les écrivains ont mis à profit cette fête pour animer des ateliers d’écriture, des séances de contes, de lecture publique à Saint-Louis, Gandon, Mpal et dans d’autres localités de l’arrondissement de Rao. Les lauréats des concours de poésie (pour l’élémentaire), de nouvelles (junior et senior), de contes, ont reçu des Prix, des mains des autorités administratives et municipales de Saint-Louis.

Cette grande fête de la culture a été animée avec brio par la compagnie Zoumba de Pape Samba Sow, musicien, écrivain et homme de lettres, qui fait partie aussi des hommes de culture qui font la fierté de Saint-Louis.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Encore une distinction pour le jeune écrivain sénégalais pour son ouvrage « Silence du chœur », publié chez Présence Africaine. Il y décrit l'assignation de migrants africains dans un village sicilien.

Mohamed Mbougar Sarr, 28 ans, plante le décor de son ouvrage dans un village sicilien où se retrouvent assignés à résidence 72 jeunes gens, migrants ou réfugiés, dont l'arrivée va bousculer la vie de la commune et susciter la multiplication des interactions entre habitants et nouveaux venus. Avec ce livre, il s'est vu décerner le Prix Littérature-monde 2018. Le Prix Littérature-monde étranger est attribué à l'écrivain islandais Einar Már Gudmundsson pour « Les Rois d'Islande ». Paru chez Zulma, l’ouvrage conte la saga d'une famille islandaise. Dotés de 3000 euros, les deux prix seront remis, dimanche, dans le cadre du Festival Étonnants voyageurs qui se tient ce week-end à Saint-Malo. Ces distinctions ont été créés en 2014, à l'initiative dudit festival et de l'Agence française de développement (Afd), une institution financière publique créée en 1941 par le général de Gaulle et qui intervient dans le monde entier.

Toujours à Saint-Malo, le Prix Gens de mer, doté de 3000 euros, a distingué David Fauquemberg pour son œuvre « Bluff », publié aux éditions Stock. C’est un roman de mer et d'aventure en Nouvelle-Zélande. Présidé, cette année, par la navigatrice Isabelle Autissier, le jury du Prix Gens de mer est composé de personnalités du monde littéraire et maritime. Le Prix Compagnie des pêches 2018, doté de 1500 euros, va à Michel Moutot, journaliste à l'Afp, pour son roman « Séquoias », publié au Seuil. C’est une histoire de baleiniers et de chercheurs d'or dans l'Amérique du XIXe siècle. Enfin, le Prix du Beau Livre-Thermes marins 2018, doté de 1500 euros également, est attribué à Daphné Buiron et Stéphane Dugast pour leur ouvrage  « L'Astrolabe, le passeur de l'Antarctique », publié aux éditions Epa-Hachette livre. Cet ouvrage illustré retrace l'histoire du célèbre brise-glace français qui, pendant près de trente ans, a permis aux scientifiques de rallier la base scientifique de Dumont-d'Urville, en Terre Adélie.

Source : Le Point

Ils sont inventeurs, figures religieuses, héros, artistes ou sportifs. Ils ont en commun d’être noirs et d’avoir marqué l’histoire de l’humanité par leur génie. Ce sont ces héros méconnus ou ignorés que le professeur Oumar Dioume a voulu sortir de l’anonymat, dans son ouvrage intitulé « Lumières noires de l’humanité », dont il vient de publier une seconde édition.  

« L’Afrique, un continent sans historique » ? Beaucoup a été dit sur cette fameuse citation du philosophe allemand Friedrich Hegel, mais rare sont les chercheurs africains à aller puiser dans les tréfonds du passé pour lui prouver le contraire. Avec érudition et générosité, le professeur Oumar Dioume s’était déjà attelé à cette mission dans la première édition de ses « Lumières noires de l’humanité » (2010), en mettant en lumière la « formidable contribution, de l’Antiquité à nos jours, du rôle fondamental des Noirs dans tous les domaines du savoir ». Après le succès de cette première édition, vite épuisée, et pour répondre à la demande pressante des intellectuels et d’une jeunesse africaine de plus en plus consciente des enjeux de l’histoire et de la mémoire, l’auteur a décidé d’en publier une seconde édition enrichie de nouvelles figures, pour la plupart méconnues, mais qui ont marqué l’histoire de l’humanité, chacun dans son domaine.

Devant un public composé d’anciens « Soixante-huitards », d’universitaires, de gradés de l’armée, tous venus assister à la cérémonie de dédicace, organisée ce 18 mai dans les locaux de L’Harmattan à Dakar, ses amis ont décrit l’auteur comme « un esprit curieux ». Brillant polytechnicien - il est PhD en en mathématiques de l’ingénieur à l’Ecole Polytechnique de Montréal et ingénieur mathématicien à l’Ecole Polytechnique de Lausanne - et docteur de 3e cycle en mathématique et économétrie à l’Université Paris I Sorbonne, le professeur Dioume, au-delà de son domaine de compétence, « s’intéresse à tout ». « C’est un savant », dit Dominique Zidouemba, l’un des préfaciers. Une curiosité qui se reflète dans ce livre.

Ménélik II, l’inventeur du Gsm
Cette seconde édition est enrichie de trois chapitres supplémentaires sur des figures religieuses (Cheikh Oumar Foutiyou Tall, Cheikh Ahmadou Bamba, Almamy Samori Touré) non pas sur l’aspect religieux, mais sur leur génie politique, militaire ou technique. « Si on avait compris le sens des travaux de ces visionnaires on serait aujourd’hui dans le peloton de tête des nations développées », explique l’auteur. A côté, il nous fait (re) découvrir de grands stratèges militaires, comme le roi éthiopien Ménélik II, inventeur avant l’heure du système de communication Gsm, l’éditeur Alioune Diop « bâtisseur inconnu du monde noir », une galerie de scientifiques et des sportifs de haut niveau comme Pelé. Tous sont noirs et mériteraient de figurer au Panthéon de l’histoire.

« L’ouvrage du Dr Oumar Dioume survient à une époque cruciale de notre histoire et mérite, pour plusieurs raisons évidentes, d’être (ré) édité, publié et largement diffusé et surtout d’être vulgarisé auprès du grand public, des élèves et des étudiants, sans oublier les politiques et les Noirs de la diaspora », écrivent les préfaciers Dominique Zidouemba et le Pr Ibrahima Sow (disparu en février dernier).

Dans le sillage des travaux de Cheikh Anta Diop et de Théophile Obenga, Oumar Dioume a voulu, lui aussi, mettre en lumière, dans cet ouvrage, la formidable créativité et l’inventivité des Nègres dans tous les domaines de l’esprit, des sciences, des arts et du sport. Plus qu’une réhabilitation, il veut « restaurer » la vérité historique occultée, voire travestie par le monde occidental et contre le « mensonge du Diable », pour reprendre l’expression du psychanalyste suisse et haïtien Leslie J. Ponce. Car « se voir séparer de son image (comme l’Occident a entrepris de le faire avec l’Afrique), ou de ce qu’on croit être telle, c’est cela le diabolique ».

Le travail de Oumar Dioume va certainement contribuer à « exorciser » nos imaginaires de Nègres des contrevérités et des mensonges qui les aliènent et qui prétendent qu’ils n’ont « rien inventé ». Une leçon d’espoir à l’heure où la bataille des mémoires et plus que d’actualité.

Seydou KA

 

Aïssatou Cissé a toujours refusé l’immobilisme. Elle a pu vite gravir l’échelle sociale avec un parcours professionnel assez riche.

Malgré son handicap moteur depuis son enfance, la romancière donne l’image de nager dans un océan de bonheur. L’auteur des ouvrages «  Zeyna » et « Linguère Fatim » a su tirer en elle assez de force pour faire face aux revers de la célébrité. Nommée conseillère spéciale du chef de l’Etat, elle donne ses avis sur les politiques de prise en charge de la vulnérabilité et du handicap.

A croire qu’elle garde le sourire en toutes circonstances. Malgré de petites difficultés éprouvées pour nous rejoindre dans la grande cour du Grand Théâtre, où elle nous a donné rendez-vous lors de la cérémonie d’ouverture de la Biennale de Dakar, elle affiche une mine rayonnante, avec une belle allure féminine, même si le soleil darde ses rayons sur son corps. Aïssatou Cissé, sur son fauteuil roulant, a dû faire un grand tour dans la mesure où les rampes, en perplexe, ont été construites loin des escaliers, derrière le bâtiment. Mais avec un visage radieux, bien mis en valeur par une touche de maquillage, elle semble tirer du plaisir à répondre au feu roulant de nos questions surtout, dit-elle, qu’elle fait l’objet de sollicitations de partout.

« Je n’avais pas prévu d’assister à cette rencontre, mais le cabinet présidentiel a insisté… », lâche-t-elle avec fierté. Le rythme rapide de sa voix douce laisse croire à une enfance dorée dans un quartier résidentiel de Dakar. Avec une belle élocution, elle s’exprime avec aisance. Ses propos révèlent aussi un fort niveau d’instruction.

Mais, précise-t-elle, « je suis née dans le populeux quartier de Niaye Thioker. J’ai toujours pris le soin de renforcer mes capacités à travers différentes formations professionnelles ». Aïssatou Cissé a eu la chance d’avoir des parents, un papa professeur d’histoire-géographie, une maman enseignante, qui ont su l’armer et la préparer à affronter les vicissitudes de la vie, au moment où d’autres enfants qui traînent les mêmes tares sont souvent marginalisés et souffrent de l’absence des structures d’éducation spécialisées.

« Mes parents, qui sont des éducateurs, m’ont toujours mis dans la tête que j’ai une part de responsabilité pour le développement de notre pays. Ils ont veillé à ce que mon éducation scolaire puisse être solide. Ils m’ont toujours mise à l’esprit que je dois œuvrer de sorte que demain, mon pays puisse me citer parmi les challengers, qu’il m’était possible de bâtir des choses et que j’ai une pierre à poser à l’édifice ; ils ne cessent de me le dire ».

Mais elle a également eu la chance d’être épaulée, depuis son enfance, par une Française. « Mes parents ont été accompagnés, depuis mon enfance, par Mme Laurence Maréchal, qui était à « Terre des Hommes ». Elle a toujours été présente dans ma vie et est devenue ma marraine. Elle m’épaule toujours, je lui dois beaucoup », confie-t-elle.

VALEURS COMMUNES
Aïssatou Cissé peut se permettre d’être sûre d’elle en raison d’une forte estime de soi, mais aussi pour avoir gagné des batailles dans la vie. Jamais, elle n’a eu à développer des complexes d’infériorité.  «  Mes parents m’ont appris, dès le bas âge, que la vie est un combat, de la naissance jusqu’à la mort. Je me suis toujours fixée des défis, c’est d’ailleurs un trait caractéristique de notre famille. On aime les challenges, on aime toujours aller au-delà de ce qui est défini ».

Et d’ajouter : « Je n’ai jamais bénéficié, dans ma vie, de traitement de faveur. Mes parents ont toujours tenu à ce que je sois corrigé au même titre que les autres. C’était aussi pareil si je devais être récompensée. Ma mère se faisait l’honneur de le répéter à mon maître à l’école. Je ne devais aucunement faire l’objet de discrimination ». Aujourd’hui, elle se réjouit d’être un motif de satisfaction pour ses parents qui ont fondu en larmes lorsqu’elle a été cooptée dans le Cabinet présidentiel. Elle s’est toujours bagarrée pour une prise en compte des personnes vivant avec une vulnérabilité et a su vite gagner la confiance du chef de l’Etat sénégalais. « Jamais je ne m’étais intéressée à la politique. Quand j’ai vu que le président Macky Sall et moi partagions des valeurs communes, j’ai vite fait d’intégrer son directoire de campagne. Il ne cesse de me renouveler sa confiance depuis son élection ». « Certains esprits pensent que je suis intéressée par le prestige social ou que je m’enrichis sur le dos des personnes handicapées, dans la mesure où je ne leur distribue pas des enveloppes bourrées de fric.

Je suis insultée de partout, mais cela ne m’ébranle aucunement », raconte la conseillère spéciale du chef de l’Etat sénégalais en charge des Politiques de prise en charge de la vulnérabilité et du handicap depuis 2012.
Or, précise-t-elle, « en dehors de mon salaire, aucun budget n’a été mis à ma disposition. Le chef de l’Etat sénégalais n’est pas du genre à dilapider les sous de l’Etat.  Sa volonté de mettre en œuvre une gestion sobre et vertueuse est bien réelle ».

SOUVENT « INSULTEE »
La jeune dame, qui est pourtant réputée pour sa générosité, confie qu’elle s’est fixée comme but précis d’offrir des chances de réussite aux personnes vivant avec une vulnérabilité et de lutter contre la politique de l’assistanat qui prive l’humain de sa dignité. Son cursus professionnel reflète aussi des années de militantisme pour la prise en considération de leurs besoins dans les politiques nationales.  

« J’ai travaillé dans les organismes internationaux pour la prise en compte des femmes du monde rural, des femmes qui n’avaient aucune notion de leurs droits fondamentaux, qui ont longtemps été brimées, privées de leurs droits, injustement privées de leur épanouissement. Nous avons mené des missions partout au Sénégal, avec d’autres associations pour leur montrer qu’elles ont des droits », rappelle Aïssatou. Aujourd’hui, elle en récolte des vertes et des pas mûres mais se réjouit du fait que des avancées significatives ont été réalisées depuis qu’elle a accédé à cette station. La loi d’orientation n’est pas encore mise en œuvre, mais des propositions faites au gouvernement sénégalais ont eu un impact réel. Aujourd’hui, la romancière se réjouit des changements réels ces dix dernières années, notamment dans le domaine du handicap.

« La mise en œuvre d’un décret constitue un énorme enjeu, notamment dans le domaine des ressources financières et humaines. Le président de la République Macky Sall a eu le courage de signer le premier décret concernant les personnes handicapées au Sénégal ; c’est un courage politique à saluer. La volonté du chef de l’Etat est forte et ferme. Nous tenons à ce que le Sénégal puisse être une locomotive dans la prise en compte de cette catégorie dans les politiques publiques », note-t-elle.

L’Etat, qui a pris en considération ses recommandations, s’est d’ailleurs engagé à faciliter l’insertion de cette couche sociale dans le monde du travail sur la base de leurs capacités professionnelles. « Des entreprises publiques et privées recrutent de plus en plus des personnes souffrant d’un handicap. C’est à saluer. Nous ne voulons plus qu’une catégorie de personnes soit toujours à la recherche de l’aide d’une tierce. Nous tenons à ce qu’elles jouent leur partition dans le développement de la nation et soient de véritables actrices du développement. Nous ne voulons plus que la pitié soit mise en bandoulière », ajoute Aïssatou. A 48 ans, la dame pétille d’idées et souligne qu’elle n’est pas mue par l’intention de ruiner des espoirs. Elle envisage, d’ailleurs, d’organiser une soirée de gala qui vise à récompenser les entreprises qui auront matérialisé cette volonté du chef de l’Etat d’insérer cette couche sociale dans le monde du travail sur la base de leurs compétences. A travers ce Gala des Baobabs pour l’emploi des personnes handicapées, qu’elle compte organiser, le 30 juin prochain, Aïssatou aimerait magnifier leur contribution significative.

« Et au-delà du Gala, le Prix Macky Sall pour l’inclusion et l’autonomie des personnes handicapées sera décerné aux meilleures entreprises qui auront intégré dans leur dispositif des personnes handicapées ayant les compétences requises selon la structure de recrutement. Nous ne voulons plus qu’elles soient embauchées, par compassion. Cette couche sociale regorge de compétences et nous travaillons dans ce sens avec des experts dans le domaine des droits de l’Homme, de l’emploi. Ce concept va renforcer les politiques nationales en faveur de l’injustice sociale, de la discrimination », dit-elle. Très enthousiaste de sa mission, les mots se bousculent quand Aïssatou Cissé égrène le chapelet de réalisations et de projets en faveur de cette couche sociale. Comme exemple, un sourire éclaire son visage à la pensée de la modification de la loi sur la construction qui a permis l’érection de rampes pour les personnes vivant avec un handicap au sein des édifices publics….

Par Matel BOCOUM

 

La Cérémonie de lancement du 35ème numéro de la bande dessinée éducative « Afrique citoyenne », conçue et éditée par la Fondation Konrad Adenauer et l’Association sénégalaise de coopération décentralisée (Asecod), s’est tenue, hier. Cet outil didactique, destiné à prévenir les violences et le terrorisme en Afrique, aborde ce thème « Jeunes, acteurs de paix ». Tiré à 20.000 exemplaires gratuitement distribués, il s’emploie à mettre en lumière le rôle que les jeunes peuvent jouer dans ce combat collectif.

Oussou, jeune élève chez qui on soupçonnait une petite inclination pour le journalisme, désire plutôt suivre les pas de Grand Bathie. Ce dernier a une demeure clinquante, une vie dont on sait peu.

Et rien sur la provenance de sa fortune. Pense-t-on juste qu’il a des partenaires étrangers. Mais Oussou, qui s’acoquine avec lui, finit par être frappé d’émerveillement face à tant de fastes. Il en parle à ses camarades de classe moins emballés et plus prudents que lui. Le jour où ils vont à la rencontre de l’obscur personnage après qu’Oussou les a conviés, la gendarmerie y débarque pour l’arrêter. Les jeunes âmes sont déboussolées ; encore plus quand Tonton Sidy, le lieutenant, leur dit ceci : « Il s’appelle Bathie…un présumé terroriste qui écume le nord du Mali, ces derniers temps ».

« Terroriste ? Vous voulez dire qu’il est aussi méchant que ces gens qu’on voit à la télé et qui font des massacres ? », demandent les curieux enfants. Le lieutenant les met en rapport avec Madame Sarr de l’Union nationale des femmes pour la lutte contre toutes les formes de violences. Cette dernière éclaire leur lanterne avec des mots simples et remplis de sens dont ceux-ci : « une kalashnikov n’a jamais tué une idéologie. Les terroristes ne sont nullement intéressés par la religion et ne font que la ternir et l’instrumentaliser. Il est important d’éduquer, de sensibiliser, comme nous le faisons souvent. En réalité, le véritable but des terroristes, c’est de s’enrichir à travers des trafics en tout genre ».

Cette bande dessinée trouve son originalité dans son approche didactique très souple tout en étant empreinte de gravité. Elle met en lumière une couche vulnérable mais actrice de son destin. De l’innocence naît le questionnement. De celui-ci, on passe à l’engagement dans une démarche séquentielle qui met en évidence le drame de l’instant, ses germes, et l’espoir que suscitent les diverses actions qui ne saurait mettre en marge les jeunes. Les valeurs de solidarité, l’héritage culturel, qui ne favorise point l’autarcie, la cohabitation entre les religions, l’importance de l’éducation axées sur le civisme et le respect de ce qui nous particularise, le chômage… sont autant de grandes questions abordées, de manière intelligente, dans ce travail utile.

Le représentant de Timbuktu-Institute, Seydi Djamil Niane, séduit par cette bande dessinée, a exhorté les concepteurs à la diffuser largement surtout en la traduisant dans les autres langues comme l’Arabe. Car il est, à ses yeux, comme à ceux de Thomas Volk, représentant résident de la Fondation Konrad Adenauer, « un outil de prévention ».

Les 20.000 exemplaires sont envoyés à toutes les institutions de formation ainsi qu’aux organisations et mouvements de jeunesse du Sénégal.*

Alassane Aliou MBAYE

« Mots à maux ». C’est le titre du dernier recueil que les « Ecrivains de la meute » ont présenté dimanche à Thiès. A travers une cinquantaine de textes très engagés, ces poètes ont réussi à démontrer que leurs mots portent en eux l’empreinte de leurs maux.

Les « Ecrivains de la meute » ont frappé fort avec le recueil « Mots à maux » qui fait suite à « Lumière des ténèbres » paru en janvier 2016 à Edilivre. Avec des mots bien choisis, Mame Mbeugué Dièye, Thierno Abdoul Wone, Aziz Barham Diouf et Ousmane Mangassa dénoncent les travers, les maux de la société. Par cette œuvre, ces poètes ont émis sur la même longueur d’ondes que Jean Cocteau qui disait : « La poésie dévoile dans toute la force du terme. Elle montre nues, sous une lumière qui secoue la torpeur, les choses surprenantes qui nous environnent et que nos sens enregistraient machinalement ». Ils ont donc réussi un vrai jeu verbal mais aussi libéré les mots pour crier leur détresse. Pour Mame Mbeugué Dièye, « Mots à maux » est une traduction de leurs maux en poésie. « Le terme maux ne saurait être simplement réduit à son sens premier. Le recueil est plutôt un condensé de nos vécus, de nos aspirations, de nos regrets, de nos tristesses. C’est un prétexte pour mettre à nu les sentiments que nous partageons avec le grand public », explique-t-elle. De même, souligne-t-elle, « ces sentiments ne sauraient se limiter à exprimer [leurs] seuls « maux », mais globalement les maux de toute une génération d’humains ». « Mots à Maux » vise, selon Ousmane Mangassa, à dénoncer les dérives de la société. Et le « je », dit-il, est souvent exhalé dans les textes de ce recueil. « A travers notre « je », nous manifestons le « je » de chacun », soutient-il pour épouser la pensée de Victor Hugo qui, dans la préface des Contemplations, disait : « Quand je parle de moi, je parle de vous ! » Mangassa informe qu’après la première aventure avec « Lumière des ténèbres », le collectif s’est enrichi de nouvelles têtes qui ont rejoint la meute.

Dans ce recueil, l’amour qui revient en force adoucit le cri du cœur de ces écrivains. Ceci, pour souligner que la poésie peut souvent apporter des remèdes aux maux de la vie en évoquant aussi la vie sentimentale qui est un savant mélange de plaisir et de souffrance.

Slams et déclamations de poème ont ponctué la cérémonie de dédicace de ce recueil. Et les mots ont volé très haut. Disséquant l’œuvre, Mamadou Socrate Diop a magnifié l’engagement de ces poètes qui, à travers leurs mots, apportent un antidote, un remède contre les maux de la société.

S. O. FALL

Ancien ministre et directeur de la Banque of Africa/Sénégal, Mamadou Igor Diarra vient de publier « C’est possible au Mali ». Ce livre, paru aux Editions Cherche Midi, révèle les expériences et le vécu d’une personne homme devenu grand banquier et homme politique. Ici, l’auteur croise quelque part le « passé-présent » de son pays,  le Mali, pour lequel il nourrit un espoir d’une vie meilleure en termes de perspectives.

C’est l’histoire d’un pays avec ses tumultes et possibilités mais aussi et surtout le récit des actions que l’auteur a entreprises en tant que banquier d’abord, ensuite homme politique grâce à ses états de services bancaires qui l’ont conduit à occuper les postes de ministre de l’Energie, des Mines et de l’Eau (de 2008 à 2011) et celui de l’Economie et des Finances (2015 à 2016) sous les présidents Amadou Toumany Touré et Ibrahima Boubacar Keïta.

Né en Ukraine d’une maman ukrainienne et d’un père malien, Mamadou Igor Diarra rejoint la première fois «son Mali» en 1974 alors qu’il n’avait pas encore neuf ans et y passe des moments «mémorables et palpitants» qu’il évoque dans son œuvre. L’auteur de « C’est possible au Mali », paru aux Editions Cherche Midi, remonte ses années d’enfance, d’apprentissages, jusqu’à  son engagement et ses actions sur le plan politique, en passant par ses expériences heureuses et douloureuses, ses « exploits » financiers et politiques pour le compte de son pays. Avec comme crédo « savoir dire non ; pouvoir dire oui », Mamadou Igor Diarra, qui se réjouit des compétences « essentiellement techniques » reçues de son parcours politique, retrace, dans cette œuvre, non seulement son vécu mais aussi sa vision pour un Mali « où il ne sera plus question de survie mais de vie ». Il invite à une prise de conscience, au rassemblement et à l’action des fils du pays.

Des hommes et des femmes rigoureux
Et son rêve, dans ce sens, c’est la construction du pays dans l’unité, au regard du contexte dans lequel il se trouve. Mais surtout, « il est vital d’agir, de réagir. Cette conviction porte mes mots et je voudrais ancrer en chacun l’espoir possible d’un Mali où il fera bon vivre », rappelle ainsi l’auteur dans son avant-propos. Se livrant aux lecteurs, Mamadou Igor Diarra prend sur lui le courage de mettre à nue sa vie et celle de ses proches « par amour pour le Mali et pour sa jeunesse », précise-t-il. Au fil des pages, l’auteur ne manque pas de pointer du doigt des aspects liés à l’extrémisme religieux « qui fait tant de mal à l’unité » de son pays, aux nominations de complaisance, à la mauvaise gouvernance, à l’abus de pouvoir, à la corruption, au népotisme et à certains blocages que vit « son Mali ». Mais, il témoigne tout de même, et avec conviction, que parmi ceux-là qui servent l’Etat, certains donnent le meilleur d’eux-mêmes, agissent sans relâche, avec éthique et engagement. « Des gens honnêtes, sérieux et compétents œuvrent à tous les échelons de l’action publique et dans le secteur privé. J’en témoigne pour avoir servi l’Etat à leurs côtés », confie l’auteur. Dans son ouvrage, l’écrivain promène ses lecteurs à travers ses réalisations au service de son pays et rappelle, à bien des occasions, son aller-retour presqu’incessant entre le privé et le public « qui l’absorbe souvent » et auquel il répond par « devoir patriotique ». Et ces réalisations, c’est l’histoire « d’une partie des fameux milliards devenus routes, centres de santé, stations de production d’eau, centrales électriques et ceux engloutis dans une machine administrative grippée, parfois même subtilisés par la corruption », témoigne-il.


M. Diarra décrit ainsi « de l’intérieur, et sans langue de bois, la façon dont tout cela s’est passé » pour lui. Significativement, « ce récit n’est que celui de ma propre expérience, et il en a les limites. Car en gérant, j’ai dû aussi forcément me tromper parfois. Mais, j’ai l’espoir qu’en les mettant à disposition de tous, je contribuerai à une tâche de partage dont le Mali ne devrait pas faire l’économie pour retrouver, dans la paix, un développement harmonieux », explique-t-il. Et Mamadou Igor Diarra, aujourd’hui directeur de la Banque of Africa/Sénégal et banquier ayant atterri au sommet de la hiérarchie de nombreuses grandes banques ouest-africaines, est d’avis qu’il est urgent, en ce début du XXIème, de mobiliser les énergies et les intelligences, de promouvoir des hommes et des femmes rigoureux à la tête d’un Etat, tout en priorisant l’histoire et la jeunesse du pays. Mais autant, « de réparer ensemble, et chacun à sa place, le tissu de notre société. Notre Mali ne se redressera que si des citoyens engagés, des entreprises dynamiques, des professionnels inventifs et des administrations dévouées et honnêtes allient leurs forces. Alors, et seulement alors, tout sera bien possible », prévient-il de façon concise.

Amadou DIOP

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