Paris - Il était 21h passées de quelques minutes quand Mamadou Sylla Kâ dit « Kara » sort de sa loge tout de blanc vêtu, se dirigeant droit devant son micro, sous le regard admirateur de l’assistance. Les mélomanes sont venus nombreux après la coupure du jeûne voir ce premier concert de Kara à Paris.
Le jeune chanteur sénégalais a entraîné l’assistance dans un formidable voyage musical savamment dosé de rythmes et mélodies de tous genres. Plus d’une heure de concert a suffit à l’artiste pour faire le tour de l’essentiel de son répertoire. En introduction, Kara a servi une chanson mélodieuse en hommage au sage de Tivaouane Mame Abdoul Aziz Sy Dabakh (Rta). Suffisant pour mettre du baume dans le cœur de nos compatriotes nombreux à faire le déplacement après une rude journée de ramadan.
Ses refrains savoureux dont une partie du « Taïsiir » (chant d’invocation) étaient repris en cœur par un public visiblement nostalgique des veillées religieuses dans la ville sainte de Tivaouane. Dans ses chansons, Mamadou Sylla Kâ de son vrai nom aborde outre la foi, des thèmes sur l’eau, les enfants de la rue, les femmes, etc.
Stylé et talentueux, le jeune musicien au firmament de sa musique s’inscrit dans une logique de légitime héritier dans la culture peulh. L’artiste a fait école auprès des talentueux chanteurs peulh Birame Ndiaye et Penda Madam, lesquels Kara se plaît à citer souvent dans ses envolées.
Kara à une voix sublime, sa musique est recherchée, douce et variée. De l’afro à l’acoustique reggae en passant par le folk, la soul ou encore le blues, Kara vogue d’un genre à un autre sans être lassant.
Mamadou Sylla Kâ entraîne son auditoire dans un intense un plaisir d’écoute, empreinte de détente. Calebasse, guitare basse, batterie, guitares acoustiques et kora sont là, les outils d’une musique habile, dosée, au goût alléchant.
Jeudi dernier au Satellite-café à Paris, Kara a fait montre de son talent d’artiste bilingue avec une écriture simple empreinte d’une spiritualité atypique. |