La dernière enquête « Démographie et Santé » (EDS5) vient de révéler une baisse de 1,4% à 0,7% (soit de moitié) dans l’estimation de la séroprévalence de l’infection à VIH dans la population du Sénégal. Ces conclusions sur de l’EDS5, une des enquêtes les plus sérieuses au plan international, permet de consolider davantage la crédibilité du Sénégal en ce qui concerne la justesse de ses efforts contre le VIH/SIDA et surtout sa bonne place parmi les pays qui ont les meilleures pratiques dans ce domaine.
Une éclaircie de grande taille vient de se dessiner pour le Sénégal dans sa lutte contre le VIH/SIDA, avec les résultats de la toute dernière enquête « Démographique et Santé » (EDS5) qui vient de se terminer, après près de cinq mois de travail sur le terrain, sur un échantillon de ménages concernant 12000 individus des deux sexes.
Selon les résultats de cette enquête qui, rappelle-t-on, comportait divers volets sur la démographie, la situation sanitaire et le VIH/SIDA , « la prévalence de l’infection à VIH dans la population générale est passée de 1,4% à 0,7% , confirmant ainsi la place du Sénégal dans les cinq pays au monde qui ont les meilleures pratiques dans la lutte contre la pandémie ». C’est aussi une bonne nouvelle dans la mesure où cette étude, au cours de laquelle l’échantillon a subi des tests de dépistage, consolide sérieusement la grande crédibilité des efforts du Sénégal contre ce fléau. Et ces résultats écartent les avis d’« experts » et « d’activistes », sceptiques, intervenant dans la lutte contre le VIH/SIDA, qui doutaient encore de l’effectivité de cette séroprévalence basse dans la population générale.
Tout cela doit être annoncé officiellement par le ministère de la Santé et de la Prévention Médicale et des responsables du conseil national de lutte contre le SIDA (CNLS) vendredi prochain, à Bambey, lors de la cérémonie de lancement de la campagne de mobilisation sociale des femmes pour la promotion de la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant (PIME) et du conseil au dépistage volontaire (CDV), qui sera présidée par Mme Viviane Wade, épouse du Chef de l’Etat et présidente de l’Association « Education - Santé ».
Depuis 1989 et jusqu’à aujourd’hui, la seule méthodologie utilisée était le recueil de données à partir d’une surveillance séro-épidémiologique, menée par l’équipe du Pr Souleymane Mboup à partir de sites sentinelles disséminées progressivement dans toutes les régions du Sénégal et examinant, périodiquement et dans l’anonymat, des sérums d’échantillons de femmes enceintes (pour la population générale), de malades tuberculeux, de donneurs de sang, de consultants pour une infection sexuellement transmissibles (IST, etc.)
Ce programme de surveillance par sites sentinelles, rappelle-t-on, avait démarré avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (de 1989 à 1993), puis de FHI/USAID depuis 1994.
Après un début sur quatre sites (Dakar, Kaolack, Saint-Louis et Ziguinchor), plus Thiès en 1994, le programme a été élargi aux régions de Fatick et Louga en 1998. Depuis 2003, cette surveillance couvre tout le territoire national.
Quant à l’outil utilisé, le Pr Souleymane Mboup, chef du laboratoire de Virologie du CHU de Dakar et président du comité chargé de la surveillance épidémiologique au sein du conseil national de lutte contre le SIDA (CNLS), nous avait révélé, il y a de cela quelques mois, quand il présentait les résultats de 2003 de cette surveillance sentinelle , « que les résultats les plus récents issus des calculs faits par la technique la plus actuelle des estimations et des projections EPP (Epidemiological Package for Projections) ont permis de définir le taux de prévalence national de l’infection à VIH 1 et 2 au Sénégal estimé, en ce moment là, à 1,5%. Le virologue sénégalais avait aussi précisé que « ces estimations et projections de l’impact de l’infection avaient été réalisées grâce au logiciel spectrum et les résultats avaient été validés par le Centre de Contrôle des Maladies Infectieuses d’Atlanta (CDC) des Etats Unis ».
Il avait bien précisé que les résultats de la surveillance épidémiologique du VIH et de la syphilis de 2003, mais aussi de l’enquête de surveillance du Comportement (ESC) pour 2002-2003, étaient d’une grande importance dans la lutte que le Sénégal mène contre le VIH/SIDA.
Donc cette dernière EDS, une enquête très réputée scientifiquement aux Etats-Unis, dans les agences des Nations Unies et le reste du monde, va permettre de mieux réajuster les interventions dans la lutte contre le VIH/SIDA au Sénégal, et dans laquelle contribuent plusieurs centaines et d’associations communautaires de base et une quinzaine d’ONG environ. Ces résultats ne permettent pas toutefois au Sénégal de baisser les bras devant le VIH/SIDA et dormir sous « ses lauriers ». Des évaluations ont signalé, depuis des années, l’existence d’épidémies dites « concentrées » au niveau de groupe à risque appelés, également, groupes « passerelles » comme les prostituées, où l’on a des taux de prévalence variant entre 15 et 25%. Il ne s’agit donc pas pour le Sénégal de succomber à l’indolence... |