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LUTTE CONTRE LE SIDA : Macky Sall pour un renforcement des acquis

L’unanimité a été faite hier lors de la validation de la revue à mi-parcours du Plan stratégique national de lutte contre le Sida, autour du respect pour le consensus international des trois principes qui recommandent une autorité nationale, un cadre d’action unique pour tous les intervenants et un plan de suivi-évaluation commun. Néanmoins, le Premier ministre Macky Sall a noté la nécessité d’un changement de paradigmes, ainsi que des mesures supplémentaires, afin de renforcer les acquis de la prévention, de la prise en charge du Vih-Sida et du suivi-évaluation.

Les étapes préparatoires, participatives et consensuelles de la revue à mi-parcours du Plan stratégique de lutte contre le Sida ont facilité hier au Méridien Président la validation de ses résultats et recommandations par le Conseil national de lutte contre le Sida (Cnls). C’était en présence du Premier ministre Macky Sall, Président du Cnls qui a ouvert et dirigé les travaux, en présence des membres du Gouvernement, des partenaires au développement, du secteur public, de la Société civile, des Comités régionaux et départementaux de lutte contre le Sida.

Au regard des principales recommandations de la revue à mi-parcours qui ont été retenues à la suite de l’atelier de consensus, le Premier ministre Macky Sall a noté la nécessité d’un changement de paradigmes, ainsi que des mesures supplémentaires, afin de renforcer les acquis de la prévention, de la prise en charge du Vih-Sida et du suivi-évaluation.

“ Nous devons respecter le consensus international des “ trois principes ” qui recommande, dans un souci de coordination plus forte, “ une autorité nationale, un cadre d’action unique pour tous les intervenants et un plan de suivi-évaluation commun ”, souligne-t-il.

En ce qui concerne le Gouvernement, le Premier ministre Macky Sall a pris l’engagement de veiller à l’application de ces trois principes, tout en apportant des solutions diligentes pour rendre plus efficace la mise en œuvre du Plan stratégique de lutte contre le Sida et en promouvoir la pérennisation. Il a en outre indiqué que dans les semaines à venir, le Gouvernement va mettre également en place un forum des partenaires tel que recommandé par l’Onusida, dans le but d’élargir le nécessaire partenariat qui doit lier le Cnls avec le secteur privé, les Collectivités locales, les syndicats, les leaders communautaires, les politiques, les jeunes, les femmes et les représentants des groupes vulnérables. Il a à cet effet demandé au Président du groupe thématique des Nations unies, en relation avec le Secrétariat exécutif du Cnls, les représentants des organisations de la Société civile et les partenaires au développement, de proposer les termes de référence de ce Forum des partenaires, en vue du démarrage de ses activités au plus tard en décembre 2005.

Macky Sall s’est félicité de la décision prise au mois de septembre 2005 par le Conseil d’administration du Fonds mondial qui a autorisé le passage à la phase 2 du projet Vih-Sida du Sénégal, consacrant ainsi tous les efforts importants entrepris par notre gouvernement en matière de lutte contre le Sida.

Renforcer le partenariat entre secteur privé et public

Le représentant de l’Unicef, Ian Hopwood, a pour sa part félicité l’engagement pris par le Chef de l’Etat, le Président Abdoulaye Wade de rendre gratuit les Arv et d’autre part les actions de plaidoyer de Mme Viviane Wade. “ Dans un pays de basse prévalence, l’on a tendance à baisser les bras. Avec la pauvreté, les migrations, les séquelles de l’insécurité en Casamance et la stigmatisation, les efforts doivent toujours être maintenus, sinon renforcés dans le cadre de la lutte contre le Sida ”, commente-t-il.

Après la revue conjointe du Plan stratégique national de lutte contre le Sida, il est temps, selon le représentant de l’Unicef, de faire le point. Avec l’apparition de nouvelles actions, de nouvelles conditions financières, le moment est venu, à en croire Ian Hopwood, de renforcer le partenariat, de réfléchir sur la pérennisation. Le défi, selon lui, est de voir comment réaliser une approche multisectorielle pour permettre des actions ciblées, un meilleur ciblage, une meilleure efficacité. Comment renforcer le partenariat entre le secteur public et le secteur privé ?

Tout en félicitant le Secrétariat exécutif du Conseil pour la qualité de la revue, il a exhorté les acteurs de la lutte contre le Sida à pousser la réflexion jusqu’au bout de l’analyse, à aller vers les choses les plus stratégiques pour atteindre les buts souhaités.

Le directeur de l’Usaid, M. Olivier Carduner, a, pour sa part, demandé aux participants à l’atelier d’accorder une attention particulière aux régions de Ziguinchor et de Kolda, où les taux de prévalence sont relativement élevés. Rappelant que le Sénégal restait un pays d’épidémie concentrée et a, par conséquent, besoin d’un programme avec des interventions très ciblées sur les groupes à hauts risques et passerelles, afin de maintenir le faible taux de prévalence.

À ce titre, il a recommandé que les travailleuses du sexe, celles des secteurs du transport et de la pêche, les hommes en uniforme, fassent l’objet d’une grande attention. Il a jugé insuffisant le nombre de centres de dépistage au Sénégal pour un effectif de 80.000 personnes séropositives. C’est pourquoi, il a préconisé la formation des techniciens de laboratoire des centres de Santé qui est certes un pas en avant, mais ne suffit pas à régler le problème. “ Pour régler le nombre de candidats au conseil et au test, nous recommandons l’établissement d’alliances entre centres de Santé et organisation de la Société civile ”, propose-t-il. Outre l’annonce de l’implication du bureau de l’Usaid dans le cadre de la prise en charge nutritionnelle, le directeur de l’Usaid a noté l’élaboration prochaine en novembre 2005 d’un plan intégré d’assistance au Sénégal dans le cadre du renforcement de la lutte contre le Sida.

Mettre fin aux initiatives isolées

M. Ibrahima Keïta, pour le compte de la Société civile, juge que le Cnls est à un tournant décisif dans l’histoire de la réponse nationale contre la pandémie du Sida. La Société civile, par sa voix, a décidé de mettre fin aux initiatives isolées, non coordonnées qui affaiblissent la réponse communautaire à l’épidémie. Elle propose de réfléchir ensemble autour d’un même cadre référentiel pour une meilleure lisibilité des différentes interventions, une meilleure articulation des actions dans un processus de décentralisation et de massification qualitative. La Société civile, à travers les propos de M. Keïta, reste solidaire aux trois principes que sont : le même cadre d’action, la même unité de coordination, le même système de suivi-évaluation.

“ Nous allons mourir certainement avec le virus du Sida, mais nous ne mourrons pas de Sida ”. Ce message d’Ismaïla Goudiaby, coordonnateur du Réseau national des Personnes vivant avec le Vih montre toute la détermination des membres du réseau à se battre contre le virus du Sida. Outre la reconnaissance des multiples efforts consentis par l’Etat pour la gratuité des Arv et la prise en charge des sièges des associations de PvVih, Ismaïla Goudiaby associe aussi à cette marque de reconnaissance les médecins, les structures spécialisées, les Ong, Ocb, les religieux et les médiats. Néanmoins, il a souligné les nombreux efforts qui restent à faire dans la prise en charge des bilans médicaux, de l’accès aux médicaments hors Arv pour le traitement des infections opportunistes, la disponibilité des formes pédiatriques d’Arv et des réactifs pour assurer un suivi bio-clinique efficace. Il recommande, pour ce faire, la formation de médecins pédiatres au niveau régional et de relais communautaires pour la prise en charge médicale et psychosocial, en vue d’assurer un continuum de soins durables qui demeure une urgence.

Outre la stigmatisation et la discrimination qui portent un sacré coup à leur image de marque, il a interpellé le Premier ministre et le Secrétaire exécutif du Conseil national de lutte contre le Sida de prendre les mesures adéquates, afin de mieux gérer cette couche (femmes) fragilisée davantage par l’absence de couverture éthique et juridique et leur statut morphologique. La prise en charge nutritionnelle des Orphelins enfants vulnérables (Oev) et leur scolarisation ont été aussi évoqués par Ismaïla Goudiaby, comme mesures d’accompagnement dans le traitement anti-rétroviral et dans la gestion des infections opportunistes.

Auparavant, le Dr Ibra Ndoye, Secrétaire exécutif du Cnls, a présenté les différents résultats du Plan stratégique (sur lesquels nous reviendrons demain). Il a ensuite fait l’esquisse du prochain Plan stratégique 2007-2011 auquel seront associés différents acteurs impliqués dans la lutte le Sida.

BABACAR BACHIR SANÉ


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