Dakar va bientôt abriter un Institut africain des sciences mathématiques (Iasm). L’annonce a été faite lundi au cours d’une conférence scientifique animée par Maxim Kontsevich et Klaus Von Klintzing, connus pour leurs pensées profondes en Mathématiques et Physiques.
Jusqu’ici les Sénégalais avaient seulement entendu parler d’eux. Lundi, les élèves du lycée Kennedy et les étudiants de l’Ucad ont eu le privilège de les voir, les toucher et même leur poser des questions. Le Russe Maxim Kontsevich et l’Allemand Klaus Von Klintzing sont bel et bien à Dakar.
Le premier, présenté par ses pairs comme le mathématicien le plus décoré de sa génération, a remporté, entre autre, la prestigieuse médaille Fields (équivalent du prix Nobel de Mathématiques).
Le second, prix Nobel de Physiques en 1985, est une « espèce rare » pour avoir fait des découvertes innovantes dans la mécanique quantique. Ce sont ces deux sommités qui ont animé, en début de semaine, en présence du recteur Abdou Salam Sall, une conférence à l’intention de la communauté scientifique sénégalaise.
A l’arrivée, un réel succès. Ils ont fait plus que présenter l’Institut africain des sciences mathématiques (Iasm) que va bientôt abriter Dakar. Kontsevich et Klintzing, en revenant chacun sur son parcours, ont partagé toute la beauté des Maths et de la Physique et également démontré que, contrairement aux idées reçues, ces disciplines sont des sciences ludiques.
« Les Maths sont très simples. On peut jouer avec elles et c’est très facile », a fait remarquer Kontsevich qui note qu’il est temps que l’Afrique renoue avec les sciences. C’est également l’avis de Klintzing. « La science, c’est la clef du futur. Si l’Afrique veut se comparer au reste du monde, elle doit obligatoirement passer par elle », a lancé l’Allemand qui rappelle qu’il ne s’agit pas de faire des Maths au sens étroit du terme mais comme l’a souligné le mathématicien sud-africain, Neil Turok, il est question d’utiliser les sciences mathématiques et physiques pour résoudre les problèmes du monde.
Une nouvelle génération de chercheurs
« L’Iasm va permettre justement à l’Afrique d’avoir cette nouvelle génération de chercheurs capables de sortir le continent du sous-développement », ajoute le Pr Turok qui, comme les Nobel, a impressionné les nombreux élèves, étudiants et professeurs venus les écouter.
« Je n’arrive pas à réaliser que je viens de voir : un Nobel de Physique. J’ai toujours pensé qu’il devait être un surnaturel », lance, enthousiaste, Marie, élève en 2nd S au lycée Kennedy. « Je remporterai la première médaille Fields pour l’Afrique », lance, pour sa part, Ibrahima Dione, étudiant en 1ère année de Mathématique à la Faculté des sciences et techniques de l’Ucad. Autant dire que ces scientifiques en herbe sont tombés sous le charme des Nobel. Au grand bonheur du recteur.
« Notre objectif était de donner en exemple ces grands penseurs. Ils seront sans doute pour nos étudiants une source de motivation et une émulation intellectuelle », a commenté Abdou Salam Sall. |