Après le Haïku, l’ambassade du Japon favorise une plus grande diffusion de la littérature japonaise au Sénégal à travers un séminaire littéraire de découverte du roman japonais. De passage à notre rédaction, Mme Mika Hara, chargée du Service culturel de l’ambassade du Japon, et son assistant M. Samba Tall, nous exposent ce projet culturel.
La littérature japonaise, on la connaissait au Sénégal, notamment à travers le célèbre Haïku, est désormais promise à un lectorat plus vaste avec le séminaire de littérature envisagé par l’ambassade du Japon et son service culturel. Il va se tenir le mercredi 14 décembre prochain dans les locaux de l’ambassade. À cette occasion, des romans distribués dans une dizaine de lycées et à l’Ucad feront l’objet de présentation publique dans une forme libre (analyse, commentaire ou tout autre forme de devoir scolaire ou universitaire). Ces travaux, présentés en public, seront ainsi soumis à l’appréciation d’un jury qui sera formé du public, au moins pour cette première édition. Des prix seront décernés pour les élèves et pour les étudiants. Des professeurs d’université, en l’occurrence M. Amadou Ly et Mme Lilian Kesteloot feront des présentations individuellement et un débat sera ouvert en dernière partie de cette rencontre littéraire.
De passage à notre rédaction, Mme Mika Hara, 2e Secrétaire de l’ambassade et Chef du service culturel nouvellement affectée à la chancellerie de Dakar, accompagnée de M. Samba Tall, son assistant, nous ont exposé les contours de ce projet culturel dont l’ambition est de faire connaître davantage la littérature japonaise à travers le roman japonais.
La barrière linguistique franchie avec les traductions
Le Haïku, ce court poème japonais de trois vers composés de cinq à sept syllabes, a fait des émules au Sénégal, depuis 30 ans qu’il est vulgarisé sous forme d’un concours annuel. D’ailleurs, le 20e concours de Haïku de 2005 est lancé depuis le mois d’octobre et la date limite de dépôt des épreuves est fixée au 23 décembre.
Les romans japonais, par contre, sont peu connus d’une façon générale dans le monde, même si nombre d’entre eux ont inspirés le cinéma.
La barrière linguistique a été jusqu’ici la cause de cette méconnaissance, mais ces romans japonais sont disponibles en version anglaise et française, ce qui les met à la portée d’un large public.
Les traductions ne datent pas d’aujourd’hui puisqu’elles existent au moins depuis une cinquantaine d’années.
La littérature mondiale connaît deux grands auteurs japonais qui ont reçu le Prix Nobel de Littérature : il s’agit de Yasunari Kawabata, en 1968, et Kenzo Buro Oé, en 1994. Samba Tall explique les caractéristiques de ces deux auteurs : « chez Kawabata, les écrits présentent le Japon intime, ce Japon singulier et exotique, alors que Kenza B. Oé, lui, parle plus de ce nouveau Japon qui fait partie du monde et qui partage les mêmes problèmes que le reste de l’humanité ».
Voilà déjà deux aspects du roman japonais qui peuvent valablement intéresser des études de littérature comparée, sans doute. « Nous avons pensé que le moment est venu d’introduire le roman japonais et d’y intéresser les intellectuels et les futures élites », souligne M. Tall.
Les exemplaires de romans japonais en version anglaise et française remis à une dizaine de professeurs de lycées et à des enseignants de l’Ucad de Dakar sont ceux de Hayashi Fumiko, romancière japonaise (1903-1951) avec son roman « Nuages flottants » (1950) et son compatriote Ryunosuke Akutagawa (1892-1927) « nouvelliste délicat et torturé ».
« Nous comptons sur les enseignants pour nous accompagner dans ce projet et qu’ils puissent le poursuivre en constituant les futurs jurys où seront inclus des journalistes », confie M. Tall. D’ores et déjà, cette littérature japonaise est à portée des lecteurs grâce à la Fondation du Japon qui envoie périodiquement des ouvrages en anglais et en français à la Bibliothéque universitaire de l’Ucad et à celle de l’université Gaston Berger de Saint-Louis. |