Animateurs d’ateliers de théâtre dans des lycées et écoles du Sénégal, du Mali et du Togo depuis quelques années, Nadine Fidji, écrivain dramaturge et son époux, Benjamin Jules-Rosette, poète, metteur en scène et directeur du Théâtre Noir de Paris, donnent un peu de leur temps à des comédiens en herbe. Des séances suffisantes pour transmettre aux élèves des Cours Sainte Marie de Hann, du Lycée Lamine Guèye ainsi qu’aux enfants de Touba Dialaw un peu de leur expérience.
Ils forment un couple dans la vie. Nadine Fidji est poète, écrivain dramaturge originaire de la Réunion. Son époux, Benjamin Jules-Rosette, Martiniquais, est metteur en scène, réalisateur et directeur du Théâtre Noir de Paris. Depuis 2000, ils dirigent des ateliers de théâtre expérimental destinés aux élèves des Cours Sainte Marie de Hann, du Lycée Lamine Guèye et aux enfants de l’école primaire de Toubab Dialaw. Une initiative qui leur a permis de découvrir des comédiens en devenir, parmi lesquels Namo Ehah, alors élève aux Cours Sainte Marie de Hann et actuellement étudiant à Bordeaux. Le jeune Sénégalais, d’origine togolaise, a interprété à Paris le rôle du Roi Christophe dans la célèbre pièce d’Aimé Césaire. C’était avec la Compagnie du Théâtre Noir de Paris. Une satisfaction qui console Nadine et Benjamin, désireux de partager avec l’Afrique l’expérience du Théâtre Noir.
Le Théâtre Noir créé en 1975 à Paris, puis sa compagnie artistique, ont été une structure, selon Benjamin Jules-Rosette, de vulgarisation de la culture noire dans l’hexagone. En faisant connaître par exemple, dit-il, les œuvres de poètes ou écrivains francophones comme Senghor, Amadou Lamine Sall. Cela, d’abord aux Africains qui ne connaissaient pas souvent les auteurs noirs. Le Théâtre Noir, premier Théâtre du monde noir en Europe, a su donner, ajoute Benjamin Jules-Rosette, la possibilité aux artistes noirs de trouver une tribune.
Si Benjamin Jules-Rosette visite l’Afrique depuis une vingtaine d’années, Nadine Fidji, elle, n’a découvert le Sénégal que depuis 1998, à l’occasion de la première rencontre de poésie de la MAPI. C’est seulement depuis cinq ans, ensemble, qu’ils se rendent périodiquement au Togo, au Mali et au Sénégal pour animer des ateliers destinés aux élèves et lycéens d’établissements ciblés dans ces trois pays. L’atelier de théâtre expérimental du lycée Lamine Guèye a ainsi vu le jour, et l’on se souvient que la troupe de l’établissement s’est brillamment distinguée, lors du dernier festival international de Théâtre scolaire de Dakar. Selon les explications du couple formateur, les Cours Sainte Marie de Hann, par le biais de ces échanges, ont accueilli, trois années de suite, des ateliers de théâtre regroupant de jeunes français et des élèves de Dakar. Tandis qu’à Toubab Dialaw, des improvisations, pendant des ateliers animés par Nadine et Benjamin au sein de l’école primaire du village, permettent aux jeunes élèves de mieux « s’exprimer en français ».
« Nous avons voulu apporter notre expérience en montant ces ateliers, puis les spectacles et valoriser les enfants », souligne Nadine, sous le regard approbateur de Benjamin Jules-Rosette, tous deux venus ce mois de décembre à Dakar préparer leur prochain séjour en mai-juin prochain, au Sénégal.
Ils comptent participer aux activités marquant la célébration du centenaire de Léopold Sédar Senghor, pendant l’année 2006. Ils ciblent déjà des programmes qui seront tenus dans les localités de Toubab Dialaw et Gorée. Restituer aux Noirs, en général et aux Africains, en particulier, l’initiative esthétique, telle est leur ambition qui leur vaut aujourd’hui sacerdoce. Nadine Fidji est le premier prix de poèsie de l’Océan indien et Benjamin jules Rosette, apres une adaptation de « Gouverneur de la rosée »,vient de publier « Soleil Pilé », un recueil de poésie qui est comme une clameur de virginité, dessus les dunes de ténèbres et de sanglots de l’humanité souffrante... |