QUOTIDIEN SENEGALAIS D'INFORMATIONS GENERALES
 
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FOOTBALL - Les « Lions » prêts à faire face à la Zambie

Abidjan. (Envoyé Spécial) : Ils n’ont vu qu’une quinzaine de minutes du match Côte d’Ivoire-Zambie de dimanche dernier, mais ça leur a suffi largement pour se faire une idée de cette formation zambienne qu’ils vont rencontrer aujourd’hui (à16h) au stade Félix Houphouët Boigny d’Abidjan. Les « Lions » locaux sont donc prêts pour ce match capital à leurs yeux, puisque devant déterminer dans une moindre mesure le destin de chacun dans cette compétition. Hier, pour leur dernière séance d’entraînement sous la conduite de leur entraîneur Joseph Koto et ses collaborateurs, les « Lions », affichaient une grande sérénité.

Alpha Oumar Sow : milieu de terrain : « Un match décisif »

« Nous remercions d’abord le bon dieu qui nous a permis de gagner devant la Tanzanie ; c’était un premier match très difficile et psychologique aussi. C’est vrai que contre cette équipe tanzanienne je n’étais pas bien dans ma peau, mais je crois avoir bien récupéré maintenant. Il s’agit maintenant de tout faire pour essayer de venir à bout de la Zambie. On a bien récupéré et on a fait un bon décrassage et la forme revient. On a déjà oublié le match contre la Tanzanie, il faut maintenant penser à la Zambie. C’est un match décisif pour la qualification au second tour.

Mamadou Bâ (gardien de but) : « Etre très concentrés »

« Ce match contre la Zambie, on l’abordera comme les autres. C’est-à-dire avec beaucoup de sérénité et avec l’ambition de jouer notre jeu. Nous essaierons de marquer en premier, après ce sera à la défense de tout faire pour ne pas prendre de but.

Nous n’avons peur de rien. Nous sommes de vrais « Lions ». Nous allons jouer notre jeu ; pas celui de la Zambie. Et nous ferons le maximum pour passer ce deuxième obstacle. Notre mission reste la même : nous qualifier au deuxième tour. Et nous nous donnerons à fond pour y parvenir.

C’est un match qui pourrait se jouer sur des détails. Il nous faudra donc être concentrés, solides et évoluer en bloc ».

Mame Cheikh Diallo - latéral gauche : « Utiliser nos propres armes »

« D’après ce qu’on a vu de leur match contre la Côte d’Ivoire, les zambiens savent bien manier le ballon ; mais cela importe peu pour nous. Nous utiliserons nos propres armes pour faire face. Il s’agira de leur imposer notre jeu et de gagner. Engagement, solidarité et présence dans le jeu seront nos armes aussi. Nous jouons pour le peuple sénégalais et pour cela nous jouerons avec le cœur comme des lions. Nous sommes aux portes d’une qualification pour le second tour et il ne faudrait pas la louper. »

Recueillis par C F KEITA

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Drogba veut gagner la Ligue des champions

De nouveau titulaire depuis la prise de fonction de Guus Hiddink à Chelsea, Didier Drogba retrouve du plaisir et affiche de grosses ambitions pour la fin de saison. Alors que Chelsea s’apprête à défier la Juventus ce soir à Stamford Bridge, l’attaquant ivoirien voit déjà plus loin que ça pour son équipe, et songe déjà à Rome, où se tiendra la finale de cette Ligue des champions au mois de mai prochain.

« Mon désir de remporter ce trophée est plus grand que jamais, après avoir perdu deux fois en demi-finale et une fois en finale. C’est une compétition difficile pour nous, le souvenir de Moscou est dur à effacer, j’y pense encore. Nos supporters méritent que l’on remporte la Ligue des champions et cette année nous devons jouer de la même façon pour atteindre la finale et cette fois nous ramènerons le trophée à Stamford Bridge ».

Sports

Allo DR...Papis Oumar Ndoye : « La récupération et la régénération au menu »

Il s’agit de compétitions rapprochées donc on met l’accent sur la récupération, la régénération. Et comme vous avez pu le constater ce sont de petites séances de décrassage. Mais je crois que les joueurs ont retrouvé leur fraîcheur physique et je suis très optimiste pour la suite. Pour la chaleur, il faut faire avec, s’accommoder comme les autres car on est dans la haute compétition. Il faudra donc bien réhydrater les joueurs, accentuer la récupération. Mais il faut beaucoup boire en cette période de chaleur. Nous avons la chance d’avoir un groupe qui ne compte aucun blessé, l’infirmerie est vide, Dieu merci. Je pense que les gosses fourniront un gros match contre la Zambie.

CFK

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A l’Affiche Zambie - Senegal à 16 heures : « Lions », attention, braconniers !

Abidjan : « Il faudra trouver les réponses tactiques » aux problèmes que les Zambiens ne manqueront pas de poser cet après-midi aux Sénégal. L’avis est net et tranché et il est du vice président du CNF, Saer Seck. Un technicien sénégalais présent à Abidjan ne dit pas autre chose : « on n’a pas les hommes qu’il faut pour jouer le 4 - 4 - 2 qu’on veut leur faire jouer », a-t-il soutenu. Ces remarques ne sont certainement pas tombées dans l’oreille d’un sourd, puisqu’hier en fin d’après-midi, au sortir de la séance d’entraînement « de mise en place » au stade FHB, Badara Sarr, l’entraîneur adjoint, a annoncé que « des changements seront opérés » dans l’équipe qui sera alignée au coup d’envoi, à 16 heures, au « Félicia », face à la Zambie.

C’est fort des enseignements de la première journée du Groupe A, dimanche dernier, que l’encadrement des « Lions » a décidé de faire des correctifs. C’est d’abord « pour avoir de la fraîcheur dans les rangs puisqu’on joue tous les trois jours », ensuite « par rapport au rendement de certains joueurs lors de la première sortie », et enfin et surtout « en fonction de l’adversaire », a argumenté Badara Sarr.

Oui, l’adversaire, la Zambie, a fait très forte impression en ouverture face à l’équipe du pays hôte, la Côte d’Ivoire, proprement balayée, 3 buts à 0. Et les « Chipolopolo » (traduisez « balles de fusil ») veulent poursuivre victorieusement leur ... chasse au gros. Après s’être offert les défenses des « Eléphants », ils entendent poursuivre leur braconnage dans la « forêt » ouest africaine en se payant la peau et la crinière des « Lions ». Combatifs, techniques et dotés d’un fond de jeu supérieur à tout ce qu’on a vu jusqu’ici, les Zambiens sont solides défensivement et efficaces devant. Les deux attaquants de pointe, Given Singuluma et Lwipa Ignatius peuvent compter sur le génial dribbleur Henri Phiri Banda et sur le « perce - milieu de terrain » Sakuwaha. Le tout au service d’une défense rugueuse et ... technique qui pourrait être renforcée aujourd’hui par l’expérimenté Elijah Tana arrivé en renfort et qui, à 34 ans, va ajouter un CHAN à ses nombreuses CAN.

Badara Sarr, l’adjoint de Joseph Koto, l’entraîneur principal, ne surévalue donc pas l’adversaire des « Lions », aujourd’hui lors de la 2ème journée du groupe B du 1er CHAN, lorsqu’il la qualifie de « très bonne équipe, prête physiquement et efficace ». Il reconnaît donc que son équipe à intérêt à être « en éveil en défense ». Et performante également devant, aurait-il pu ajouter. Puisqu’il sait parfaitement qu’avec « une victoire, on pourrait passer au deuxième tour ». Dès lors, il soutient que la manière importera peu. « Il faut d’abord gagner ». Après, on verra avec le goal différence et la manière.

Et c’est vrai qu’une autre victoire des « Lions » après une piètre prestation comme contre la Tanzanie, personne ne cracherait dessus. Sauf qu’une production du genre risque d’être bien trop courte face à la Zambie...

A 19H CÔTE D’IVOIRE-TANZANIE

D’un de nos envoyés spéciaux B. Khalifa Ndiaye

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Au cœur du CHAN : Les riches entre eux, les pauvres aussi

Abidjan (Côte d’Ivoire) : Ce soir déjà, au sortir des deux rencontres de la deuxième journée de la Poule B du premier Championnat d’Afrique des nations (CHAN) de football, on pourrait se faire une idée de l’avenir immédiat des 4 équipes domiciliées à Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire. Et pour cause, aujourd’hui au stade Félix Houphouët-Boigny, du fait des résultats enregistrés lors de la journée inaugurale, les « riches » se feront face alors que les « pauvres » s’expliqueront entre eux. A 16 heures, les « Lions » du Sénégal victorieux, dimanche, des « Taifa stars » de Tanzanie (1 - 0), affronteront les « Chipolopolo » zambiens larges vainqueurs (3 - 0), quelques heures plus tôt, des « Eléphants » de Côte d’Ivoire, hôtes de la compétition. Et à 19 heures, les deux vaincus se feront face dans un match où le perdant verra également ses ambitions de remporter le premier trophée continental en nations exclusivement réservé aux joueurs évoluant chez eux, fondre comme karité sous le chaud soleil d’Abidjan. Même un nul pourrait compliquer la tâche aux Ivoiriens et aux Tanzaniens.

Entre Sénégalais et Zambiens, le vainqueur aura fait un grand pas vers le deuxième tour, même s’il ne sera pas forcément déjà qualifié pour les demi-finales. Puisque, tout sera fonction du résultat du second match. Un nul, par contre, préserverait encore les chances des « Lions » et des « Chipolopolo » de continuer l’aventure au-delà de cette semaine. Autant de raisons qui font que toutes les quatre équipes qui descendront sur la belle pelouse du « Félicia » devront se surpasser pour ne pas rentrer plus tôt que prévu. Et tout peut arriver, on l’a dit et répété, dans cette compétition toute neuve où presque tout le monde débarque sans trop de repères. La preuve en a été administrée par le Groupe B basé à Bouaké avec le Ghana qui a failli se faire surprendre par le Zimbabwe (2 - 2) et la RD Congo qui a battu la Libye (2 - 0).

BKN

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Gros plan sur Sidy Ndiaye, capitaine des « Lions » : « On fera notre part de boulot »

Abidjan : Avec Mor Diouf, son compère de la défense centrale de l’AS Douanes, il constitue une barrière axiale difficilement franchissable dans l’équipe nationale locale du Sénégal, devant Mamadou Bâ, le portier. « Notre force, c’est la défense », soutient d’emblée Sidy Ndiaye, solide garçon de 22 ans sur qui bien des offensives tanzaniennes avaient échoué dimanche. « Nous avions beaucoup souffert derrière. Simplement parce que les attaquants n’avaient pas tué le match et que nos milieux excentrés ne revenaient pas assez », a-t-il reconnu. Et le Sénégal avait failli le payer en fin de partie. Ce n’est pas une façon de jeter la pierre aux autres compartiments de l’équipe. C’est simplement faire preuve de lucidité pour reconnaître ses lacunes et travailler à les corriger. Ensuite, ajoute-t-il, « nous avons une équipe nouvelle. Nous savions que ce premier match serait difficile. Mais, nous sommes sûrs de nous améliorer au fil des sorties ».

C’est pourquoi, en bon capitaine Sidy Ndiaye espère que lui et ses partenaires se comporteront mieux aujourd’hui, lors de leur deuxième sortie face à la Zambie. Parlant pour ses copains de la défense, il assure : « nous ferons notre part de boulot ». Le duo d’attaquants zambien Lwipa et Singuluma auteur du premier triplé de l’histoire du CHAN, ne lui fait guère peur. « On va bien gérer l’attaque adverse », promet-il.

Sidy Ndiaye qui rappelle que son « boulot, c’est de jouer au football », aspire le plus naturellement du monde à une carrière professionnelle. Et il sait que ce CHAN lui offre l’occasion de se faire remarquer. Et il compte en profiter au maximum. Mais à 22 ans, il n’est « pas pressé. J’ai le temps ». En attendant, il a la question zambienne à résoudre. Et elle est assez ardue pour occuper ses pensées. Après, on verra...

B.K.N

Sports

PROPOS D’ENTRAINEURS - Joseph Koto (Sénégal) : « Nous jouerons pleinement nos chances »

Abidjan : Dès la conférence d’après victoire contre la Tanzanie, dimanche, Joseph Koto, le coach des « Lions », se projetait sur le Zambie - Sénégal d’aujourd’hui. « Nous n’avons peur de personne et donc pas de la Zambie. Nous sommes venus pour compétir », soutenait-il avant de promettre que ses protégés livreront « un match sérieux ». « La victoire ne se décrète pas, elle se gagne sur le terrain ». Ses joueurs venaient de battre la Tanzanie (1 - 0) et la Zambie avait explosé la Côte d’Ivoire (3 - 0). « Nous jouerons pleinement nos chances », avait promis Koto.

Hervé Renard (Zambie) : « Créer une autre surprise »

Le sélectionneur national zambien Hervé Renard dit avoir eu « la chance de voir l’équipe du Sénégal jouer en décembre dernier face à Oman ». Il était alors en vacances chez celui qu’il appelle son « père spirituel », Claude Le Roy dont il a été l’adjoint pendant 3 ans et jusqu’à la dernière CAN au Ghana. Le Sénégal avait perdu, mais lui avait remarqué « une équipe très physique » et « qui était meilleure que celle qui a battu la Tanzanie dimanche ». Mais Renard lui a trouvé des circonstances atténuantes : « peut-être parce que l’équipe d’Oman, vainqueur de la Coupe du golfe après avoir battu le Qatar, l’Arabie Saoudite et le Koweït, est meilleure que la Tanzanie ». Le coach zambien assure que ce n’est pas là un ... renard qui essaie d’endormir son adversaire. Il pense effectivement que le Sénégal présentera un visage plus convaincant que celui affiché face aux « Taïfa stars ». Alors, il prévoit que « ce sera difficile », d’autant que tout est encore possible pour tout le monde. « Il ne faut pas sous-estimer les perdants de la première journée », conseille-t-il pour la suite des évènements. Car, même si une victoire pourrait « mathématiquement » qualifier le Sénégal ou la Zambie, il n’est pas exclu qu’on ait recours aux calculettes pour se départager au goal-difference.

Pour Hervé Renard, l’objectif sera simplement « de créer une autre surprise ». Car pour lui, c’en est une de surprise, quand la Zambie bat la Côte d’Ivoire et c’en sera une autre si elle fait pareil contre le Sénégal. Son argument ? C’est que « le football de club zambien n’a jamais rien fait en Afrique ». Celui des nations s’est parfois illustré (comme lors de la CAN 1994 en Tunisie quand la Zambie a disputé la finale). Mais attend toujours de monter sur la plus haute marche du podium. Cette fois, c’est bien parti, non ? Mais, en bon ... Renard, le coach français de la Zambie ne veut pas vendre la peau des « Lions » avant de les avoir tués : « on aura la réponse à la fin », réplique-t-il.

B.K.N

Sports

Travaux : La réfection du stade Félix Houphouët-Boigny n’est pas totalement terminée.

Parce qu’hier matin, sur place, des menuisiers métalliques s’employaient encore à couper et à souder des barres de fer pour les ultimes ( ?) retouches. Au centre de presse principal d’Abidjan logé à la Chambre de commerce de la capitale économique ivoirienne également, le son des perce-murailles a perturbé, hier matin, la concentration des journalistes qui y bossaient. On réparait certainement un oubli en y installant un téléviseur géant.

Histoire de noms ! Cette consoeur anglophone a un nom pétillant comme une marque de boisson sponsor du premier CHAN. Alors, un confrère l’a joyeusement chambrée en la voyant se délecter de son ... homonyme de rafraichissement.

Ce n’est pas un mensonge : Hervé Renard, le sélectionneur français de la Zambie, avait affirmé dimanche à un confrère sénégalais qu’il n’y avait que 2 joueurs de la grande équipe des « Chipolopolo » dans les rangs de celle qu’il conduit actuellement au CHAN. Hier, il a soutenu qu’il y en avait 3. Et comme le confrère lui faisait remarquer la différence de chiffres, Renard répliqua que « c’est parce qu’entre-temps, Elijah Tana est arrivé. Je ne vous ai pas raconté un mensonge ».

Hymnes : La fanfare de la Garde républicaine de Côte d’Ivoire qui avait inversé les hymnes nationaux du Sénégal et de la Tanzanie dimanche, devra se rattraper aujourd’hui et éviter toute fausse note. Il semble même que celui qui avait été joué pour les « Lions » n’était pas celui des « Taifa stars ». On peut bien le croire au vu de l’impassibilité dont avaient fait preuve le capitaine Shadrack et ses partenaires.

Fort contingent sénégalais : Les envoyés spéciaux de la presse sénégalaise constituent un fort contingent. Traditionnellement, ce sont les journalistes nigérians ou voire camerounais qui font le plus grand nombre. Cependant, du fait de la non qualification des « Super eagles » éliminés au dernier tour par le Ghana et des « Lions indomptables » ... domptés par la RD Congo, les journalistes sénégalais sont les deuxièmes en nombre à Abidjan après les Ivoiriens, bien sûr. Mais à Bouaké où sont basées les « Black stars », il se dit que les confrères ghanéens seraient également très nombreux.

Bathie, médecin du médecin : L’ancien portier international de la Linguère de St-Louis, Samba Fall, actuel préparateur de ses « héritiers » de la sélection locale, s’est improvisé hier médecin... du médecin de l’équipe. Le Dr Papis Ndoye qui s’était entraîné plus que ses (pas si jeunes) jambes le lui permettaient, avait besoin de se retaper un peu les muscles. Et c’est « Bathie » qui s’y est collé au grand bonheur du docteur.

Prime : Celle de 5 millions de francs allouée aux « Lions » par le chef de l’Etat juste après la victoire sur la Tanzanie n’était pas prévue au programme. Ce fut une bien belle surprise. Les garçons de Koto ont donc intérêt à encore mieux se comporter face au ... nouveau favori du Groupe A, la Zambie, aujourd’hui. Car, en cas de victoire, une surprise encore plus belle pourrait tomber dans leurs ... poches.

Renfort : Les Zambiens ont reçu un renfort de choix avec l’arrivée d’Elijah Tana qui avait manqué le premier match. A 34 ans, il est certainement le joueur le plus âgé de ce CHAN. Et à coup sûr le plus expérimenté pour avoir disputé les CAN 2000 et 2006. Il a raté celle de 2008 pour avoir manqué ... l’avion.

Rassemblés par B.K.N

Culture et Médiats

EXPOSITION AU MUSÉE THEODORE MONOD : Le design allemand sous toutes ses formes

Une exposition itinérante de design intitulée « Conscient, simple - Consciemment simple. L’émergence d’une culture de produits alternative », séjourne jusqu’au 03 mars au musée d’Art africain Théodore Monod (en face de l’Assemblée nationale), avant de prendre le cap pour l’Afrique du Sud puis le Nigéria.

Conçu par le Goethe-Institut, en collaboration avec l’Institut allemand des relations culturelles étrangères (IFA), l’exposition « Conscient, simple-Consciemment simple. L’émergence d’une culture de produits alternative », se propose de revenir sur les différentes péripéties du design allemand.

Depuis le milieu des années 80, des approches radicalement différentes les unes des autres, relatives au design, ont eu un impact dans le domaine du design du meuble et de l’objet. Cependant, une même idée prévalait, qui voulait que chaque meuble soit créé, produit et manipulé d’une manière consciente et simple.

Une présentation du nouveau design allemand qui révèle plusieurs tendances et stratégies, elles mêmes dominées par une compréhension particulière du mot conscient et du mot simple. « Au milieu des années 1980, l’intention n’était pas d’aller vers une fabrication en série, mais de montrer une identité, de satisfaire le besoin de s’exprimer à travers la création artistique et la simplicité dans la conception et de fabriquer des objets utiles et accessibles à tout le monde », a expliqué Volker Albus, Commissaire de l’exposition.

Le message essentiel est que « les jeunes allemands ont recouru aux matériaux à leur portée comme le bois et le fer et ont développé, à partir de leur savoir-faire, des productions artisanales », précise M. Albus. D’où l’idée d’appeler « les jeunes de tous les pays à faire recours à leur créativité pour réaliser des belles œuvres à partir de matériaux de récupération », estime celui-ci. Dans la pratique, les objets ont été choisis dans le but d’introduire une discussion tournant autour des points saillants concernant les stratégies dans le design, et leurs résultats effectifs, ainsi que de répondre à la question de savoir s’il y a un moyen de développer une culture de design alternative sur la base du consciemment simple et de l’approche individuelle.

La sélection des 65 objets réalisés par 30 designers individuels ainsi que par des groupes de designers se base principalement sur des meubles, des corps lumineux et des accessoires ménagers. Les objets choisis ne reflètent pas leur matériel luxueux ou leur production compliquée et coûteuse, mais bien leur matérialité robuste, leur configuration simple, leur utilisation pratique ainsi que leur bas prix.

En parcourant cette exposition, l’attention du visiteur s’attarde sur les tendances du design qui suivent les traditions d’une culture typique de vie quotidienne, quelques objets ont une référence au meuble moderne, fonctionnel, ex : la Bauhaus ou encore l’école ULM de Design. Néanmoins, depuis le début, le design allemand a étendu la notion de fonctionnalité afin d’y inclure des moments narratifs et émouvants, les principes d’ « objets trouvés » ainsi que ceux de recyclage des matériaux et des pièces montées sont des facteurs essentiels du design.

La demande de simplicité des matériaux ainsi que la simplicité des processus de production ont aussi porté le design vers une nouvelle dimension. Ex : utilisation de la qualité écologique, qui n’est cependant pas l’objectif premier. Les designers préfèrent plutôt créer des modèles qui correspondent aussi au plaisir des sens. Le public pourra les admirer jusqu’au 03 mars au musée d’Art africain Théodore Monod.

El Hadji Massiga FAYE

Culture et Médiats

VICTIME D’UN ACCIDENT VASCULAIRE CÉRÉBRAL : Mouss Diouf en réanimation à Paris

Le comédien Mouss Diouf a été hospitalisé d’urgence lundi soir soir après un accident vasculaire cérébral survenu lors d’une représentation au Théâtre du Gymnase à Paris et se trouvait mardi en réanimation à l’hôpital Lariboisière, a annoncé son attaché de presse Stéphane Letellier. Son état de santé est qualifié de "stationnaire". Il présentait son nouveau spectacle, "Naturellement humain", aux professionnels du secteur et avait "ressenti une grande fatigue lors des répétitions dans l’après-midi". "Au bout de 30 minutes de représentation, sa production a pris la décision de baisser le rideau", a ajouté Stéphane Letellier. Présent lors du malaise, l’humoriste Anthony Kavanagh a dit avoir reconnu les signes avant-coureurs d’un AVC. "Le spectacle commence, il avait des petits problèmes d’élocution, il hésitait quand il parlait", a raconté sur la radio RTL le comédien, qui a ensuite pris sa place sur scène au pied levé. "On a appris que Mouss avait fait une insuffisance rénale, il y avait un rein qui ne fonctionnait plus et c’est ce qui aurait causé l’accident vasculaire cérébral", a-t-il poursuivi en précisant que le comédien et humoriste était "sous surveillance. Tout devrait bien aller dans les semaines à venir et, en principe, il ne devrait pas avoir de séquelle". Connu notamment pour son rôle dans la série "Julie Lescaut", Mouss Diouf, d’origine sénégalaise, avait prévu de présenter son spectacle au Festival d’Avignon cet été et en octobre à Paris.

AP

Culture et Médiats

RAMA YADE : « Youssou Ndour est un monument »

La secrétaire d’Etat française chargée des Affaires étrangères et des droits de l’Homme, Rama Yade, a évoqué la grande part réservée à Youssou Ndour dans ses goûts musicaux, louant ‘’sa voix inimitable’’ et ses ‘’combats’’ pour la solidarité internationale. Interrogée dans le dernier numéro du magazine panafricain Jeune Afrique, Rama Yade, 32 ans et d’origine sénégalaise, a répondu : ‘’Youssou Ndour est un monument. J’ai grandi au son de sa musique et de sa voix inimitable, comme beaucoup de Sénégalais de l’époque’’, a ajouté celle qui a été placée en tête des personnalités politiques préférées des Français par le dernier sondage Ipsos-Le Point. ‘’Aujourd’hui, je le retrouve dans les combats qu’il mène pour la solidarité internationale’’, a dit Rama Yade parlant de la superstar de la musique sénégalaise. Elle a rappelé qu’elle n’a ‘’aucune leçon d’africanité à recevoir’’ de personne. Chargée d’un dossier aussi délicat que celui des droits de l’Homme, elle a pourtant assuré qu’elle n’entretient de relations personnelles avec aucun des chefs d’Etat africains, pas même avec le président Wade du Sénégal.

APS

Culture et Médiats

Jean M. Gustave Le Clezio et Hubert Hadda à l’Institut français

Le Prix Nobel de Littérature 2008 Jean Marie Gustave Le Clezio et le lauréat du Prix des Cinq Continents de la Francophonie 2008 Hubert Haddad animent ce soir à 18h 30 à l’Institut français, une conférence autour du thème : « L’universalité dans la littérature francophone », annonce un communiqué. Jean-Marie Gustave Le Clézio et Hubert Haddad, tous deux récemment récompensés, se prononceront sur le débat d’actualité concernant la place et l’influence de la littérature francophone dans le monde, qui touche à la définition même d’un concept en pleine mutation. Auparavant, les deux lauréats se sont positionnés comme chantres de l’interculturalité au cours des manifestations auxquelles ils ont a participé durant leur séjour de deux jours à Saint-Louis.

E.M. FAYE

Culture et Médiats

Plaidoyer pour plus de pluralisme culturel

Maguèye Hane, auteur compositeur, promoteur culturel et ethno-musicologue sénégalais vivant entre les Etats-Unis et l’Australie depuis une vingtaine d’années, qui vient de séjourner 3 mois en Mauritanie, dans le cadre d’une tournée ouest- africaine pour les besoins de ses recherches liées au Projet « Goumbé », a plaidé en faveur « d’une dynamique mondiale du pluralisme culturel », dans un entretien exclusif avec la PANA, mardi à Nouakchott. Le « Goumbé » est une batterie sur cadre rectangulaire, en voie de disparition, né au seizième siècle, de la rencontre des Occidentaux, des Américains et des autochtones africains. Pour Maguèye Hane, qui se définit avant tout comme un « fervent panafricain », ses recherches en Afrique et en Amérique démontrent que le « Goumbé »peut être un « instrument mythique d’intégration des peuples africains ».

PANA

Economie

SALON DE L’AGRICULTURE DE PARIS : Le parcours du combattant des produits sénégalais

Avec les efforts consentis pour améliorer les emballages, les produits sénégalais restent confrontés à l’écueil de l’acceptation et de la pénétration des marchés. En face, les vieilles traditions, les crus et les domaines contrôlés ont la part belle, alors que le Sénégal célèbre sa journée ce mercredi.

Dans l’immensité du parc des expositions abritant le Sia 2009, au-delà du Hall 4 où les visiteurs sont excités rien que pour apercevoir les animaux -remarquables certes-, le Pavillon 7 est l’un des plus courus, étant le fief des grandes traditions françaises. La curiosité et, peut-être, l’instinct grégaire y conduisent le visiteur derrière les foules qui se pressent aux comptoirs des crus qui meublent les bonnes tables. Tous les noms de régions retenus en cours de géographie du secondaire défilent alors dans un ballet savamment orchestré pour donner une vision exhaustive de la diversité des produits de terroirs, les appellations contrôlées et les millésimes rivalisant d’ingéniosité pour séduire. Le pays profond des vins est déjà tout un monde entre Bourgogne, Franche Comté, Languedoc-Roussillon, Limousin, etc.

Ici, la modernité n’a guère réussi à estomper les régionalismes qui sont même devenus des arguments de marketing. Cette immersion offre une bonne mesure, comme le disent les exposants sénégalais, pour évaluer le chemin qui reste à parcourir. Opportune aussi, puisque le Pavillon Sénégal installé dans le Hall 3 contigu a reçu la visite du Secrétaire général de la Semaris du fameux marché de Rungis, M. Francis Lefèvre. Accueilli par Mme Traoré Sagar Diouf, il s’est longuement penché sur les fruits et légumes transformés. Une opportunité qu’ont saisie la Dg d’Asepex entourée de ses collaborateurs, ainsi que les transformatrices de l’association « Doleel Jigeen » de Rufisque, Mariama Mbodji, la présidente de la Fédération des professionnels de l’agroalimentaire et propriétaire de la marque Maria, le Gie Oumou Mountaga Tall et les délices de la mer. Les emballages ont été nettement améliorés cette année. Pour autant, la question des normes sanitaires et de qualité posée, M. Lefèvre n’a pas manqué de recommander à tous de se promener dans le salon pour se comparer, mais surtout, en matière de production, de privilégier la consommation locale qui est le premier facteur de développement. Pourtant, les transformatrices, qui ont bien mesuré la portée des efforts consentis, lancent un ultime appel pour le soutien accru des autorités.

Selon Mariama Mbodji Diouf, qui a fait plus de 5 éditions, « il y a toujours eu quelques contacts noués, mais très peu de commandes émanant d’Europe », alors que le marché américain s’est presque ouvert de lui-même grâce à l’entremise des African Markets. La pénétration des marchés européens reste à faire, selon cette dame qui fait dans toute la gamme de produits des terroirs. C’est pourquoi Mme Diouf estime qu’il faut des boutiques qui se chargent de faire découvrir les produits. A défaut, seuls les connaisseurs comme E. Coly viendront encore, annuellement, rechercher ces produits qui leur manquent. Et la 1ère question de nombre de visiteurs reste : « où les trouver en dehors du salon ? ». L’association féminine « Doleel Jigeen » qui a bénéficié du partenariat des villes de Rufisque et Nantes est, elle, confrontée au manque de contact avec les structures comme l’Asepex.

Avec 180 Gpf regroupées derrière Mmes Touré et Diène, elles en appellent à davantage de partenariat avec les collectivités décentralisées et, pour les sortir de l’informel, à la création d’une unité de production et de transformation qui mutualise leurs efforts. Nonobstant ces difficultés de pénétration des produits locaux dans les tables européennes, le salon se poursuit avec les rencontres de haut niveau, dont la visite du ministre malien dont le stand fêtait sa journée, d’une délégation marocaine et du président Daniel Perrin, d’Adepta, une compagnie bien connue du Siagro et qui a été invitée par Amath Sall à la Fiara, prévue à Dakar en avril. N’a-t-il pas fallu des décades, voire des siècles pour que le ginseng que vante la Coréenne Hwang Mi Ae à proximité du carré sénégalais fasse le tour du monde et s’invite aux rayons des thés prisés ? Le bissap, le bouye, le ditakh et le tamarin cherchent encore leur voie et seront en vedette ce mercredi, journée du Sénégal à Paris.

Fara SAMBE (Envoyé spécial)

Economie

INSÉMINATION ARTIFICIELLE : Un logiciel de suivi pour le cheptel

La ministre de l’Elevage, Mme Oumou Khaïry Guèye Seck a reçu M. Ali Haïdar pour réceptionner la mouture d’un logiciel de suivi du programme d’Insémination artificielle (Ia).

Fruit d’une commande du Sénégal à Sersia-France, spécialisée en génétique animale, le programme, spécifiquement taillé sur mesure, devrait permettre, selon le présentateur, de disposer d’une feuille de route pour la traçabilité des informations sur le cheptel amélioré et de suivre toutes les métisses sur l’ensemble du territoire. L’autre avantage, c’est qu’en suivant les animaux, les troupeaux et les taureaux destinés à la production de semences, le Sénégal va disposer de l’historique de chaque élément et d’une cartographie exhaustive du programme. Avec le logiciel de suivi sanitaire « Lotus... » déjà opérationnel et le logiciel d’identification nationale en préparation, la connectivité entre les différents paramètres devrait permettre d’avoir un vision exhaustive de l’ensemble des paramètres. Pour Oumou Khaïry Guèye Seck, qui vise la formation de 300 inséminateurs (ils sont 150 aujourd’hui), ce dispositif doit être complété par un solide programme d’alimentation.

Les éleveurs sont aussi appelés à « faire des sacrifices pour mettre les animaux du programme dans de bonnes conditions », puisque l’état physique est déterminant dans la fertilité.

F.S

Economie

Les chances d’un seul stand Uemoa

Sénégalais, Maliens et Ivoiriens parlent d’une même voix. L’Afrique gagnerait certainement à participer aux prochains Sia sous une bannière unique. Mais la réflexion en cours n’aboutira que si elle est prise en charge par les ministres.

Après le passage du ministre malien de l’Agriculture, Tchémoko Samaké, la question de l’intégration ne peut pas échapper au débat. Puisque le ministre lui-même a abordé les opportunités de collaboration au sein de l’Omvs et, à un niveau plus vaste, de la Cedeao, alors que dans les stands contigus, les exposants se regardent droit dans les yeux sans réellement se toucher.

Interrogé sur une éventuelle synergie, M. Bamba Sindou, le directeur central de la Chambre nationale d’agriculture de Côte d’Ivoire, reconnaît la pertinence d’une intégration des moyens. Il souligne être en discussion avec M. Baba Dioum de la Cma/Aoc pour voir comment faire en sorte que les forces ne soient plus dispersées, mais plutôt réunies dans une espace Uemoa ou Cedeao.

Abondant dans le même sens, son compatriote Diamoutene Alassane Zié estime qu’il est même souhaitable de trouver des produits-phare à mettre en valeur ensemble lors des prochains salons dans un espace commun plus large.

Selon le directeur de Cabinet du ministre de l’Agriculture de Côte d’Ivoire, cela aurait l’avantage de réduire les coûts et de régler par la même occasion la question du financement qui empêche encore des pays de la région de venir au Sia de Paris.

Même son de cloche du côté malien où Siriman Sakho ajoute que ce serait une excellente opportunité pour des pays comme le Niger qui est venu cette année en prospection. M. Sakho dit avoir tenté, dès l’ouverture du Sia 2009, de voir comment regrouper ces pays qui partagent une espace économique commun.

Cette démarche entreprise sur le tard en collaboration avec la fondation Farm est déjà mise à l’étude. Pour M. Sakho en effet, en se regroupant en zone ou en pôle unique, sous l’étiquette Cedeao ou Uemoa, ce serait l’occasion de faire parrainer cette participation par les instances communautaires.

Une idée très bien accueillie au niveau du Sénégal où le commissaire de l’exposition M. Diossy Santos précise simplement que ce sont les ministres qui peuvent en discuter afin de porter la question au niveau de l’Union africaine et dans toutes les politiques de promotion des produits agricoles.

« Pour nous, c’est une formidable opportunité. Et pourquoi pas un stand Uemoa ? ». D’autant que sur nombre de produits comme le coton ou le riz, ces pays gagneraient à être ensemble.

F. S.

Economie

CAMPAGNE AGRICOLE à KAOLACK... Les "loumas", seuls points de vente

Les marchés hebdomadaires appelés "loumas" constituent les seuls points de vente de graines d’arachide pour les paysans, du fait de l’inexistence de points de collecte dans bon nombre de localités, faute de financement. C’est du moins l’avis de beaucoup de producteurs rencontrés.

La campagne agricole 2008 a répondu aux attentes des paysans du fait d’un bon hivernage réparti dans le temps et dans l’espace. Ainsi, ces derniers se sont retrouvés avec une bonne production d’arachide. Mais force est de reconnaître que la plupart d’entre eux n’ont pu écouler leurs graines dans les circuits officiels, faute de financement.

Las d’attendre les financements permettant de faire fonctionner les points de collecte, ces producteurs se sont tournés vers les marchés hebdomadaires communément appelés "loumas" qu’organisent les villages pour écouler leurs graines.

Et toutes les personnes rencontrées sont unanimes à dire qu’avec les "loumas", ils bradent leur production. C’est le cas de Wali Thiaw venu de Sakhle Colane (arrondissement de Ndiédieng) qui soutient que parfois dans les marchés hebdomadaires, il écoule une partie de sa production à un vil prix s’il n’y a pas beaucoup d’acheteurs.

"Nous sommes obligés à vendre à 100 Fcfa au lieu de 130 ou 150 Fcfa pour pouvoir faire face aux besoins de la famille", a soutenu Wali Thiaw qui regrette le manque de financement de la campagne de commercialisation arachidière dans de nombreuses localités. De son côté, Déthie Diop, du village de Wakhi Dia, un habitué des "loumas", ne cache pas son amertume du fait de manque de financement.

"Pour régler nos problèmes quotidiens, nous vendons nos produits par étape. Cela ne nous arrange pas car il est préférable d’écouler toute la production d’un seul trait. C’est plus bénéfique pour le paysan", selon notre interlocuteur.

D’autres comme Ndiaga Sarr, venu de Sadio, n’ont pas dit autre chose. "Les loumas constituent les seuls points de vente pour nous, faute de financement", ont-ils laissé entendre.

A retenir que dans les « loumas », le prix du kg de coque d’arachide est entre 130 et 150 Fcfa, tandis que le kg d’arachide décortiqué tourne autour de 250 Fcfa.

Oumar Ngatty BA

Economie

...A TAMBACOUNDA... Un premier financement de 50 millions

Timide, c’est le mot le plus partagé pour cette présente campagne de commercialisation des graines d’arachide où 89 points de collecte sont disponibles dans la région orientale.

Les Organismes privés stockeurs par leur propre moyen ont déjà acheté quelques 3.000 à 4.000 tonnes. Quant aux coopératives agricoles il n’y a que la Novasen qui est à leur chevet avec un premier financement de 50 millions sur le milliard attendu. Certains producteurs d’arachide de la région de Tambacounda, pour sécuriser leurs graines face aux intempéries, ont déposé leur production dans les différents seccos ouverts à leur intention quelques 1.000 tonnes.

C’est ce qu’a révélé Mamadou Doudou Diagne, coordinateur régional du Cncr. Ouverte depuis le 8 décembre, la campagne de commercialisation doit recevoir son premier financement de 50 millions Fcfa pour les cinq points des coopératives agricoles qui vont acheter 300 tonnes. Il reste, selon Banda Dièye, chargé de la communication des coopératives agricoles, les 14 points de la Suneor. C’est pourquoi les membres du Cncr et des coopératives agricoles ont attiré l’attention des pouvoirs publics sur les difficultés que rencontre le monde paysan avec cette campagne approximative et timide des produits agricoles. Les paysans, selon M Diagne, doivent faire face à la scolarisation des enfants, leurs soins en plus des fêtes religieuses, entre autres préoccupations.

Il y a aussi les calamités naturelles, car déjà trois villages ont été ravagés par les incendies qui n’ont épargné ni les greniers, ni les réserves personnelles ni les semences et les vivres.

Selon M. Diagne, ce sont quelques mille tonnes qui sont en dépôt sur les 26.000 tonnes attendues pour cette campagne.

Au niveau de la direction régionale de l’Agriculture, Pierre Diouf note que sa dernière tournée lui a permis de constater 89 points de collecte qui sont ouverts et d’attester la timidité de cette présente campagne.

Pour M. Diouf, les Organismes privés producteurs sont sur le terrain et ont collecté plus de 3.000 tonnes.

Pape Demba SIDIBE

Economie

2,1%

Le commerce mondial devrait diminuer d’environ 2,1 % en 2009, ce qui marquerait le premier déclin de cet ordre depuis 1982. La demande d’importations tombant à des niveaux négatifs dans l’ensemble des pays de l’Ocde, les pays en développement auront beaucoup de mal à réaliser des avancées positives en matière d’exportations, ce dont pâtira leur croissance.

Dans le même temps, de considérables modifications des termes de l’échange entre pays exportateurs et importateurs de pétrole amplifieront les effets qu’aura l’évolution des volumes d’échanges sur les comptes courants.

Economie

ASSURANCE AGRICOLE : Les maux passés en revue

Le colloque sur l’assurance agricole portant sur le thème « Protection contre les calamités naturelles et les risques liés aux principales activités agricoles dans la Vallée du fleuve Sénégal : enjeux, perspectives et quelles modalités de mise en œuvre ? », a permis aux participants de passer en revue les maux de l’agriculture, les risques et vulnérabilités des producteurs du Nord et de discuter de cette problématique pour avoir quelque chose qui irait dans le sens de la mise en place d’un dispositif qui prendrait en charge le niveau local, régional et national en relation avec les compagnies d’assurance. Ce forum a été une occasion pour les initiateurs de définir des caractéristiques d’un pilote d’assurance agricole mutualiste à l’échelle régionale de Saint-Louis, faisant partie de l’industrie privée d’assurance sénégalaise et portant sur les spéculations des denrées telles le riz, l’oignon, la tomate, la patate douce, tout en analysant les risques et sensibiliser les producteurs et le monde rural. Il a beaucoup été question des risques encourus sur les principales cultures de la Vallée. Les participants ont réfléchi sur les mécanismes à mettre en place pour pouvoir prendre en charge ces risques-là. « Ces données sont à prendre en compte car pendant une vingtaine d’années, nous avons eu onze calamités naturelles, c’est cela qu’il faut intégrer dans notre agenda », a indiqué Djibril Diaw du Pinord. La structure néerlandaise, Terrafina, un des partenaires de ce colloque, espère développer une expérience concrète, un pilote de micro-finance agricole. « On va essayer de mettre en place un projet concret, un projet-pilote de micro assurance agricole avec la mutuelle d’épargne et de crédit du Delta et nous espérons étendre cette expérience si l’évaluation est positive », a dit Nadia Ouriemchi, le chargé de programme de l’Afrique de l’Ouest de cette structure.

Samba Oumar FALL

Economie

Atelier sur « Genre et recensement agricole »

Un atelier sur « Genre et recensement agricole » se tient ce matin à Dakar. Cela fait suite à une requête de la division des Statistiques, de la Documentation et de l’Information agricole à la direction de l’Analyse, de la Prévision et des Statistiques du ministère de l’Agriculture, la Fao s’est engagée à apporter son appui technique et financier en vue d’améliorer la disponibilité et l’utilisation des données différenciées par sexe liées au secteur agricole.

Cet engagement, qui fait suite à l’appui donné par la Fao dans le cadre du recensement général de l’agriculture de 1997/98, vise à approfondir les résultats obtenus à travers le recensement général de l’agriculture et de l’élevage, note le communiqué, prévu pour 2010.

Bien que le recensement de 1997/1998 ait permis de collecter d’importantes informations spécifiques sur les deux sexes, l’utilisation de ces données a été très limitée, indique le communiqué.

Entre autres objectifs, l’atelier vise à faire le point sur les actions à mettre en place pour le renforcement de la collecte et l’utilisation de données sexospécifiques et à faciliter le dialogue entre producteurs et utilisateurs de statistiques selon le Genre et à contribuer, à moyen terme, à une meilleure utilisation de ces données dans l’élaboration des politiques et programmes de développement agricole et rural équitable.

El. H. A. T.

Sports

Japhet Ndoram, ancien « pro » en France : « Une bonne opportunité de travailler à la base »

Abidjan. (Envoyé Spécial) : Comme à l’occasion de chaque campagne africaine de football, notre vieille connaissance Japhet Ndoram ne manque pas d’être au rendez-vous. Cet ancien international tchadien et ancien buteur professionnel à Nantes puis Monaco est un spectateur attentif de ce qui se fait dans les stades africains. Pour ce premier championnat d’Afrique des nations de football (Chan), l’ami Ndoram était dimanche dernier dans la tribune de presse du stade Félix Houphouët Boigny d’Abidjan pour suivre les deux premiers matches Côte d’Ivoire-Zambie et Sénégal-Tanzanie. Il est revenu avec nous sur les différents aspects de cette compétition continentale.

Pouvez-vous nous expliquer votre présence à ce Chan ?

C’est une première donc il fallait qu’on vienne assister et en plus je suis invité par le journal « Stades Africains » pour faire de la consultance à titre bénévole. C’est donc une opportunité de rester en contact avec le football africain, de connaître son niveau réel par des compétitions comme celles-là. Donc il est indispensable de connaître le niveau des différentes équipes africaines présentes ici ; cela permettra peut-être un jour, si l’opportunité se présente, de travailler avec des clubs européens et d’avoir un carnet d’adresses de joueurs. Cela fait partie aussi des futurs métiers de connaître ce qui se passe sur le continent. Mais pour l’instant, je ne suis pas lié à un club particulier si n’est que j’ai des contacts avec mes anciens clubs où je peux donner des éléments, des conseils grâce aux contacts que j’ai en Afrique.

Et comment vous avez vu les débuts de ce Chan ?

C’est vrai que c’est difficile de faire un jugement quelconque sur ce Chan parce qu’on en est seulement à la première journée. On a vu un premier match Côte d’Ivoire-Zambie qui était de qualité assez intéressante techniquement, le second match Sénégal-Tanzanie a été athlétique. Néanmoins, il faut dire que ça reste un niveau honorable et du fait qu’il y ait cette compétition est une bonne chose pour la jeunesse africaine, dans la mesure où ça va lui permettre de se remettre en cause et progresser dans la compétition. Mais il faut dire que par rapport à son premier match, la Côte d’Ivoire m’a un peu déçu car on attendait quand même mieux que ça. Il faut reconnaître cependant que cette équipe ivoirienne jouait dans un contexte assez difficile ; cela peut se comprendre. Elle avait en face toutefois une équipe zambienne qui pour moi est une candidate sérieuse pour aller au bout. C’est une équipe assez homogène, cohérente et très technique. Son avantage aussi c’est qu’elle est habituée à des compétitions de haut niveau car ses joueurs jouent en équipe A. Et cela leur a permis d’aborder ce match avec beaucoup de confiance et de sérénité.

Un jugement sur l’équipe sénégalaise...

Très athlétique et elle a fait une première mi-temps assez intéressante au niveau de l’agressivité. Elle est dans le bon tempo. Maintenant, je pense que pour pouvoir effectivement être un peu plus attrayante avec une meilleure qualité de jeu, il faudrait qu’elle pose le jeu. Car, ça ne joue pas beaucoup, ça balance, ça joue des duels ; ce n’est pas une mauvaise tactique mais pour une équipe comme le Sénégal, on s’attend à la voir développer un jeu beaucoup plus intéressant que ce qu’elle a montré contre la Tanzanie.

Et que pensez-vous de cette initiative de la Caf d’organiser ce Chan ?

Je pense que c’est une bonne initiative dans la mesure où ça permet effectivement au football africain de rehausser son niveau. Vous savez, le constat aujourd’hui c’est qu’on voit les jeunes africains partir tôt en Europe ou en Asie. Cette compétition leur permet ainsi de s’aguerrir déjà et de réussir dans le futur à l’étranger. Cela permet aussi aux différentes équipes africaines de constater, de remarquer leur niveau. Cela obligera certaines fédérations de se remettre en cause et de travailler à la base.

Maintenant, y a t-il une différence entre la Can et le Chan ?

Il y a une différence effectivement car la plupart des équipes qualifiées pour la Can sont constituées de professionnels ; donc, le niveau est forcément un peu plus élevé. Mais cette compétition permet à tous ces jeunes footballeurs africains de se révéler et d’aspirer à devenir des professionnels en Europe.

Propos recueillis par C F KEITA

Sports

Enfin, au sud du Sahara !

Après une première revue des huit formations de la CHAN, force est de constater que les grands talents ne se sont pas encore révélés, ni d’ailleurs les ébauches de grandes équipes. Certes, le zambien Given Singuluma est entré dans l’histoire en réussissant le premier but et le premier triplé de l’histoire naissante de la CHAN et les chipolopolo ont montré le bout du nez, mais cela demande confirmation. Tout comme il ne faut pas enterrer trop vite la Côte d’Ivoire décevante parce que surtout la Zambie a été très bonne. Le Sénégal pour sa part a gagné son premier match sans pour autant laisser une grande impression face à une équipe de Tanzanie assez quelconque. Les « lions » et les « Taïfa Stars » doivent montrer d’autres qualités pour espérer se qualifier devant les « éléphants » qui, malgré leur grosse déconvenue initiale et les fringants chipolopolo, restent les favoris du groupe.

A Bouaké, Le Zimbabwe a d’abord crée une certaine sensation en menant 2-0 devant le Ghana avant de se faire remonter. Mais indépendamment du talent des opportunistes buteurs Marufu et Ayew, on aura surtout retenu de grossières erreurs défensives. Cependant, Warriors et Black Star ont montré beaucoup de choses prometteuses dans le contenu du match et peuvent viser haut.

Quand à la Libye, attraction du tournoi et seule représentante du nord, elle n’a pas montré les qualités qui lui ont permis d’éliminer le Maroc et la Tunisie. Trésor Mputu et les « Simba », loin d’être au top, ont gagné sans trop souffrir ce premier match. A revoir.

Pas de grandes vedettes, pas (encore) de grands matches. Mais surtout une hiérarchie africaine fortement remaniée avec l’absence des pros, ce qui laisse sur le carreau des ténors habituels (Egypte, Maroc, Tunisie, Algérie Cameroun, Nigeria, voire Guinée , Mali ou Afrique du sud).On a surtout la furieuse impression que les nord africains , gavés de trophées africains qu’ils trustent depuis longtemps, ont pris cette compétition par-dessus la jambe. Surtout l’Egypte qui n’a même pas daigné participer aux éliminatoires , alors que la Tunisie et le Maroc n’ont pas aligné leurs meilleurs joueurs locaux et que le football algérien traversait une crise aigue. Heureusement, sinon le trophée aurait difficilement échappé aux « Pharaons » dont presque tous les joueurs (Al Ahly, Zamalek, Port Saïd) jouent le championnat local et sont champions d’Afrique des nations et des clubs en titre ou à la Tunisie avec une forte sélection à base de l’Espérance, Etoile Sportive du sahel , Sfax et du Club Africain. Cette fois au moins, un trophée continental a 7 chances sur 8 de venir enfin au sud du Sahara depuis 6 ans. Si La Libye le veut bien !

Par Jean-Marc Diakité

Santé et Cadre de vie

Marché Sandaga : Une étude révèle que les commerçants sont exposés aux maladies broncho-pulmonaires

Les commerçants du marché Sandaga, au cœur de Dakar, sont exposés à la fumée des automobiles, de la cigarette, aux émissions de gaz, etc. Une étude présentée hier, aux 17èmes Journées médicales, révèle que ces commerçants sont aussi exposés aux maladies broncho-pulmonaires.

Les commerçants du marché Sandaga ne sont pas à l’abri des maladies broncho-pulmonaires. Cette hypothèse a été mise en évidence par une étude dénommée : « Impact de la pollution atmosphérique chez les populations commerçantes de Sandaga ». Elle a montré que les personnes qui y passent toute la journée sont exposées aux maladies broncho-pulmonaires. Elle est réalisée par le laboratoire de Toxicologie et d’Hydrologie de la faculté de Médecine, d’odontostomatologie et de pharmacie de l’Ucad, le laboratoire de Physique de l’atmosphère et de l’océan Simeon Fonnang, le laboratoire d’Aérologie de Toulouse et le laboratoire de Physiologie de l’Ucad.

L’étude a couvert la période d’avril à juillet 2008 et avait porté sur un échantillon de 76 commerçants dont la tranche d’âge est comprise entre 20 et 40 ans. Elle a été menée sur les 5 axes qui traversent ce marché situé au cœur de la ville de Dakar. Ces commerçants sont exposés à la fumée des automobiles, à la fumée de la cigarette, aux émissions de gaz des automobiles.

« Il est montré qu’il existe un risque relatif égal à 2,76 % lié aux émissions automobiles, 1,29 % à la fumée de la cigarette et 0,76 % à l’encens », a révélé le docteur Penda Guèye. L’étude indique également que 89,56 % des commerçants utilisent l’encens et 85,5 % se déplacent avec les moyens de transports publics.

Le marché Sandaga, parcouru par plusieurs routes, est un espace potentiel de contraction des maladies broncho-pulmonaires. Le docteur Penda Guèye livre quelques conseils aux commerçants pour éviter de contracter ces maladies.

« Il ne faut pas que les commerçants dorment aussitôt arrivés chez eux. Ils doivent marcher un peu pour évacuer l’air ». Outre ces conseils, l’étude recommande la reproduction du modèle Kermel pour éviter que le marché soit traversé par des voies de circulation.

Idrissa SANE

Santé et Cadre de vie

SENSIBILISATION SUR LA DRÉPANOCYTOSE : Les parlementaires promettent d’accompagner le combat de Mme Viviane Wade

La présidente de l’Association Education Santé, Mme Viviane Wade a rencontré hier les parlementaires pour une journée de plaidoyer sur la drépanocytose. Très satisfaits du plaidoyer de la Première dame, ils ont promis de l’accompagner.

La journée de plaidoyer de Mme Viviane Wade, présidente de l’Association Education Santé a obtenu des résultats satisfaisants chez les parlementaires. Venus en masse, députés et sénateurs ont écouté la Première dame qui a entamé depuis début 2008, des journées de sensibilisation sur cette maladie.

Prononçant le discours de bienvenue, le président de l’Assemblée nationale, Mamadou Seck, a tenu à remercier Mme Viviane Wade d’avoir associé l’institution qu’il dirige à ses actions de lutte contre la drépanocytose.

« Avec vous, la représentation nationale pose un grand acte. Elle apportera son soutien à toutes vos actions », a dit M. Seck à l’endroit de Mme Viviane Wade.

Cette dernière, contente de l’accueil qui lui a été réservé, a affirmé que les parlementaires constituent un relais pour mieux faire comprendre la drépanocytose. « Vous êtes le réceptacle et le lieu de prise de décisions. C’est pourquoi, je suis venue faire ce plaidoyer pour trouver un relais », a indiqué la présidente de l’Association Education Santé.

Après les discours de Mamadou Seck et de la Première dame, le Pr Ibrahima Diagne, pédiatre à l’hôpital d’enfants Albert Royer a fait une présentation de la maladie. « La drépanocytose est une maladie du sang. Elle est héréditaire et touche 10% de la population sénégalaise, toutes ethnies confondues », a révélé M. Diagne. Il a également expliqué l’évolution de la maladie avant d’insister sur la nécessité du test avant le mariage.

Mais le moment le plus émouvant de cette journée a été la présentation du film produit par l’Association Education Santé et l’Unesco Breda et intitulé « La bonne décision ». Dans ce film de quelques minutes, on y montre des hommes, femmes et enfants drépanocytaires, expliquant comment ils vivent avec la maladie et les difficultés auxquelles ils sont confrontés. A la fin de la projection du film, une grande tristesse se lisait sur les visages de beaucoup de parlementaires surtout quand ils ont appris que la petite fille dans le film a perdu la vie.

Touchés par la gravité de cette maladie, les représentants du peuple ont manifesté leur volonté d’appuyer Mme Viviane Wade pour sensibiliser la population. « Nous devons agir », a lancé Seydou Diouf. Mme Seynabou Wade va plus loin en demandant que l’Etat prenne en charge la moitié du traitement des malades. Mieux, elle a préconisé des tests prénuptiaux pour tous les couples prêts à se marier.

D’autres députés comme Bocar Sédikh Kane ont plaidé pour la gratuité des soins et la mise à contribution de l’école pour informer et sensibiliser la population.

Astou Kane Sall, présidente de la commission Santé, Population et Affaires sociales de la Chambre basse du Parlement a, quant à elle, annoncé qu’une caravane sillonnera le pays pour faire la sensibilisation.

Aliou KANDE

Régions

RECONSTRUCTION DE LA CASAMANCE : Les Etats-Unis disposés à mettre plus de moyens

La nouvelle administration du président Obama compte poursuivre les relations dynamiques qu’entretiennent les Etats-Unis avec l’Afrique et plus particulièrement avec le Sénégal. En visite d’étude dans la région de Ziguinchor dans le cadre de sa mission diplomatique au Sénégal, Son excellence Mme Marca Bernicat a indiqué que dans cette dynamique, son pays est disposé à renforcer davantage son appui au Sénégal, en ce qui concerne la reconstruction de la Casamance.

La conférence publique que Son excellence Mme Marca Bernicat, ambassadeur des Etats-Unis au Sénégal, a tenue au Centre culturel de Ziguinchor, a été un des temps forts de la visite d’étude qu’elle a effectuée dans la région Sud du pays. Mme Bernicat en a profité pour lever le coin du voile sur certains aspects de la nouvelle politique administrative et diplomatique du président Barack Obama, nouvellement élu à la tête des Etats-Unis. Elle a tenu à préciser que la politique de la nouvelle administration américaine ne fera que « poursuivre les relations dynamiques avec l’Afrique et particulièrement avec le Sénégal ».

Les Etats-Unis, dira-t-elle, vont notamment appuyer et encourager le Sénégal dans les efforts qu’il effectue dans le développement social de ses populations. Elle a évoqué à ce propos, les programmes que les Etats-Unis comptent mettre en œuvre dans notre pays dans le cadre du Millenium chalenge corporation (Mcc). En effet, selon l’ambassadeur, si au nord du pays, il s’agira d’appuyer la production agricole dans le cadre de la Goana, pour la Casamance, les Etats-Unis comptent poursuivre leurs interventions en mettant plus de moyens dans la reconstruction de cette région meurtrie par plusieurs décennies de conflits. « Les Etats-Unis sont pour la paix en Casamance et vont continuer à aider tous les acteurs de la paix dans cette région » a souligné Mme Bernicat. Elle a ajouté que son pays est disposé à mettre plus de moyens pour soutenir la reconstruction et le développement économique de cette partie méridionale du Sénégal. Il s’agira, selon Son excellence, de construire des routes, d’améliorer des pistes de production et de soutenir le déminage en Casamance afin de booster la production agricole dans cette région.

Seydou Prosper SADIO

Santé et Cadre de vie

Hôpital Général de Grand Yoff : Les travailleurs pour la sécurisation des subventions

Les syndicalistes et la direction de l’hôpital général de Grand Yoff (Hoggy) ne parlent pas toujours le même langage malgré le protocole d’accord signé la semaine dernière entre les travailleurs et le ministère de la Santé et de la Prévention. Hier, les travailleurs ont haussé le ton et demandé à l’Etat que « les deux subventions allouées à l’hôpital soient sécurisées ». C’était au cours d’une assemblée générale dans les locaux de Hoggy. En ce qui concerne les deux subventions, la première est annuellement remise à l’établissement sanitaire par l’Etat. La seconde est dite spéciale parce que destinée au fonctionnement de l’hôpital et au paiement des primes d’intéressement des travailleurs. Selon le coordonnateur de l’Intersyndicale du cadre unitaire des travailleurs (Cut), M. Saliou Badiane, la direction de l’hôpital devait aux travailleurs 1 milliard 300 millions Cfa comme arriérés de prime d’intéressement. « Mais après discussion, la tutelle a décidé de mettre à sa disposition une enveloppe spéciale de 250 millions de francs Cfa. Ce qui a été fait », estime M. Badiane. Mais les travailleurs se disent surpris « d’entendre l’agent comptable dire qu’il a utilisé 30 millions Cfa sur les 220 millions d’une première enveloppe représentant une avance sur la subvention annuelle, pour payer une dette à un des fournisseurs de l’hôpital ». Ce que nous ne comprenons pas parce que l’Etat s’est engagé à payer la dette de l’hôpital, s’interrogent les travailleurs. Du côté de la direction on confirme que 30 millions de francs Cfa ont été utilisés pour payer un fournisseur afin de ne pas paralyser le fonctionnement du service de la cuisine. Selon le chargé de la communication Tom Gueye et le chef de la division de la comptabilité de l’hôpital Amadou Faye, le fournisseur a failli bloquer ce service.

Eugène KALY

Régions

Soutien médical de Saint-Maure et de Rimini à Ziguinchor

Les villes jumelles de la commune de Ziguinchor, Saint-Maure des Fossés en France et Rimini en Italie viennent encore de poser un nouveau jalon dans leur coopération avec le Sud du pays. Des équipes médicales conduites par une importante délégation ont entamé un séjour d’une semaine dans la commune de Ziguinchor pour apporter un appui aux structures sanitaires et donner des soins gratuits aux populations.

Les structures sanitaires de la périphérie de la commune ont été retenues comme bénéficiaires. Durant une semaine, elles vont bénéficier d’un appui sanitaire des deux délégations médicales conduites par les villes jumelles. Selon le directeur de Cabinet du maire de Ziguinchor, M. Yaya Mané, durant leur séjour dans la capitale du Sud, les équipes médicales vont aussi renforcer les capacités de leurs collègues des structures retenues dans les quartiers de Lyndiane, Néma, Tilène et Kandialan, dans la périphérie de Ziguinchor. Des séances de travail avec les équipes de la Croix-rouge de Ziguinchor sont également prévues. Le volet sportif et culturel a également retenu l’attention des partenaires.

Seydou Prosper SADIO

Gens et Société

COLLECTIVITÉS LOCALES : Les femmes veulent au moins 33% des postes

La Commission des femmes élues (Cfe) de l’Union des associations des élus locaux (Uael) plaide pour le renforcement des femmes à la vie politique locale en vue d’augmenter leur représentation dans les instances de décision à 33% au moins à l’issu des prochaines échéances électorales.

Selon Mme Ngoné Ndoye de la Cfe « les femmes sont 1606 contre 13 830 hommes dans les conseils locaux sortants, soit un pourcentage de 11,61%. Elles représentent 10,93% dans l’exécutif local, c’est-à-dire 145 femmes sur 1 326 hommes ».

Aly DIOUF

Education et Formation

RECRUTEMENT : Kalidou Diallo favorable au dépérissement du quota sécuritaire

Le ministre de l’Education, chargé du Préscolaire, de l’Elémentaire et de l’Enseignement moyen s’est dit favorable au dépérissement du quota sécuritaire. C’était hier lors d’une conférence de presse tenue dans les nouveaux locaux de son département.

Kalidou Diallo s’est dit favorable à la suppression du quota sécuritaire dans un moyen terme, soulignant que c’est une exigence des bailleurs de fonds, mais également des enseignants regroupés au sein de l’Intersyndicale. Dans le recrutement de cette année, il annonce avoir introduit une innovation en assurant une formation à tous les recrutés par ce mécanisme. Il note également que tous les sélectionnés l’ont été sur la base des dossiers de candidature déposés pour le concours du volontariat.

« Tous les sélectionnés avaient formulé le vœu d’être enseignants en déposant un dossier de candidature pour le concours du volontariat. » Il souhaite également, avec l’accord de tous les partenaires, relever le niveau de recrutement des enseignants qui, en principe, passera du Bfem au bac.

Abordant la question de l’Indemnité de recherche documentaire, la principale pompe de discorde entre les enseignants et le gouvernement, il réfute les allégations des responsables de l’Intersyndicale accusant « l’Etat de faire du dilatoire ». Il indique que les syndicats ont fait des contre propositions qui seront soumises au chef de l’Etat qui va, en dernier ressort, arbitrer. Il réaffirme sa volonté de « pacifier » le milieu éducatif pour améliorer la qualité de l’enseignement.

« Face aux efforts énormes de l’Etat, il faut créer les conditions d’une stabilité », affirme-t-il. Et d’ajouter : « la balle est dans le camp des enseignants qui ont eu jusqu’ici un comportement patriotique ».

Insistant sur « les efforts énormes » consentis par l’Etat dans l’Education, le ministre dit vouloir « assainir la gestion financière et administrative » par une plus grande transparence dans l’utilisation des moyens ainsi que la carrière du personnel.

« L’Etat met 212 milliards de francs Cfa dans l’Education. Il faut que les gens rendent compte de leur gestion », préconise-t-il. Mais, si Kalidou Diallo souhaite instaurer un « dialogue social discret et permanent avec tous les syndicats », non sans annoncer des coupes sur les salaires des enseignants grévistes pour les mois de février et de mars.

« Un syndicat est libre d’aller en grève. Nous sommes aussi libres d’appliquer la loi », indique-t-il.

Mamadou GUEYE et Laouratou DOUMBOUYA (Stagiaire)

Education et Formation

POUR UNE INDEMNITÉ DE RECHERCHE MENSUALISÉE : L’Intersyndicale de l’enseignement appelle à l’unité d’action

L’Intersyndicale de l’enseignement invite tous les syndicats de l’Education à l’unité d’action afin d’imposer une indemnité de recherche mensualisée.

L’Intersyndicale de l’enseigne-ment veut une indemnité de recherche et de documentation pérenne et mensualisée, a indiqué son coordonnateur, Mamadou Diouf du Sudes. A l’en croire, le gouvernement avait accepté, après moult plans d’actions de lutte, de leur octroyer une allocation de soutien scolaire. Cette allocation doit être versée au mois de juin de chaque année académique. « Toutefois, poursuit-il, après concertation, les enseignants dans l’écrasante majorité ont rejeté ce principe d’allocation de soutien scolaire annoncé par le gouvernement et exigent l’institutionnalisation d’une indemnité pérenne et intégrée au salaire ». « C’est ainsi que l’Intersyndicale de l’enseignement, le collectif des syndicats d’enseignements et l’organisation des instituteurs du Sénégal ont élaboré une contre proposition alternative portant sur la mensualisation de l’Ird en demandant au gouvernement un rajout de 4 milliards supplémentaire », explique-t-il. « Mais, jusqu’à présent, le gouvernement ne fait qu’une désinformation sur cette proposition de sortie de crise élaborée, criant sur tous les toits que nous exigeons 19 milliards de Fcfa. Or, ce que nous revendiquons (4 milliards) n’est pas hors de portée du gouvernement », précise encore M. Diouf.

Pour avoir gain de cause, l’Intersyndicale a appelé à une unité d’action et à l’implication des partenaires de l’école à s’investir dans la recherche de solutions, appelant ses camarades à plus de vigilance et à la mobilisation. Mamadou Diop « Castro » insiste sur l’unité d’action avec les autres camarades syndicaux afin d’élever la tonalité d’action. « Tous les enseignants doivent s’organiser pour créer une action unitaire solide. Toutefois, nous restons sereins à toutes menaces ou sanctions. Ce qui nous importe le plus, c’est de mener une action de lutte unitaire pour l’obtention de l’indemnité mensualisée », dit-il.

Maguette GUEYE

Education et Formation

Me Wade sur le développement des « daaras » : D’importantes missions seront confiées à la Fraternité musulmane de Pire

En recevant, lundi dernier, une imposante délégation de l’Ong Fraternité musulmane de Pire (Fmp), conduite par son responsable moral l’ambassadeur El Hadj Moustapha Cissé, le président Abdoulaye Wade a promis de confier d’importantes missions sur les « daaras » (écoles coraniques) à l’ambassadeur El Hadj Moustapha Cissé.

« Car, la Fraternité musulmane de Pire dont il est le responsable moral est très versée dans les questions d’éducation, de formation, de sensibilisation et d’enseignement multisectoriel des citoyens », a dit Me Wade.

Sur un autre plan, le président Wade a déclaré qu’on ne peut pas assurer le développement d’un pays sans des infrastructures de qualité. Car, explique le président Wade, « des infrastructures construites n’importe comment auront une courte durée de vie et, en conséquence, des sommes énormes seront consacrées à leur réparation ».

Par ailleurs, il rappelé la vieille amitié et l’estime réciproque qui le lient à Serigne Moustapha Cissé et fustigé le comportement de ceux qui rapportent « de mauvais propos ». « Seule la vérité, qui fait qu’aujourd’hui, mon ami Moustapha Cissé et moi, nous retrouvons fraternellement, est éternelle ».

En réponses aux sollicitations exprimées par Hadja Nafi Diop, présidente du Mouvement des femmes de la Fmp (Mf/Fmp), Me Wade a promis de doter la structure d’un siège fonctionnel et d’appuyer la Mutuelle d’épargne et de crédit des femmes. Il s’est aussi engagé à financer la finition des travaux de la mosquée de Diamal (département de Birkilane, région de Kaffrine).

El Hadj Moustapha Cissé a réitéré au président Wade l’appréciation positive que les membres de son mouvement font de ses actions aux niveaux national et international, la pertinence de ses programmes et projets et surtout ses interventions tendant à éteindre les foyers de tension allumées dans plusieurs parties du monde.

La Fmp est structurée en 350 « Diwaan » (équivalent à des sections), implantées dans les 14 régions du Sénégal, dans la sous-région ouest-africaine, aux Usa, en France en Italie, en Egypte, en Arabie saoudite, etc.

Correspondance particulière d’Al Hadj Khaly TALL

Régions

Le Cnra appelle à des scrutins apaisés à Ziguinchor

Une mission du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra), conduite par M. Modou Ngom, a séjourné hier dans la région de Ziguinchor ou elle a rappelé les dispositions légales et réglementaires qui régissent la pré-campagne et la campagne, en perspective des élections locales du 22 mars 2009.

Son souhait est que tout se passe normalement, sans dérapage. Le Cnra a échangé dans ce sens avec les autorités administratives (gouverneurs, préfets, sous-préfets), les acteurs de la Société civile, les leaders politiques, les responsables de coalitions au niveau local et la presse. Il a sensibilisé également les uns et les autres pour qu’on ait des élections apaisées dans cette partie Sud du Sénégal. Aussi, a-t-il appelé tous les acteurs à davantage prendre conscience de leur rôle, ainsi que de l’importance et du caractère sensible de ces élections de proximité.

Moussa SADIO

Education et Formation

Abdoulaye Sèye nouveau directeur du Service de l’éducation pour la Santé

Le Service national d’éducation et d’informations pour la Santé (Sneips) a un nouveau directeur général. Il s’agit d’Abdoulaye Sèye qui a remplacé l’intérimaire M. Aboubakry Fall qui devient le directeur de la Prévention. Au cours de la cérémonie de passation de service lundi dernier, Abdoulaye Sèye a déclaré percevoir sa nomination comme une lourde responsabilité.

« Je remercie le ministre de la Santé et de la Prévention pour la confiance qu’elle a placée en moi. C’est une lourde responsabilité pour moi. C’est aussi un défi », a laissé entendre Abdoulaye Sèye. Le Sneips est un service qui occupe une place centrale dans l’exécution du volet sensibilisation pour la prévention des maladies. Il a plusieurs agents qui ont acquis une bonne expérience dans la mise en œuvre des campagnes d’information et de sensibilisation.

Abdoulaye Sèye promet de renforcer la vocation de ce service. Ancien directeur de Radio-Sénégal et ancien chef du Service politique du quotidien national « le Soleil », Abdoulaye Sèye se dit conscient de sa nouvelle tâche et dit être prêt à relever les défis. Il est connu pour ses prises de positions ouvertes sur les questions politiques. Rappelons que ce journaliste spécialisé sur les questions politiques est un militant actif de la Génération du concret.

Idrissa SANE et Marie SEURIN (Stagiaire)

Education et Formation

ENSEIGNANTS DE LA GÉNÉRATION DU CONCRET

Les enseignants qui ont adhéré à la génération du concret tiendront leur première assemblée générale, le 7 mars prochain au Centre international du commerce extérieur du Sénégal (Cices). Kalidou Diallo, le ministre de l’Education, chargé du préscolaire, de l’élémentaire et des collèges, a fait l’annonce hier, au cours d’un point de presse tenu dans les nouveaux locaux de son département. Kalidou Diallo qui fait partie des « têtes pensantes » de ce mouvement piloté par le fils du président, Karim Wade, dit que la génération du concret veut s’appuyer sur les enseignants pour faire avancer sa cause, c’est-à-dire conquérir « démocratiquement » le pouvoir. Il explique que cette stratégie s’inspire d’exemples historiques, notamment la lutte des indépendances en Afrique. Aussi, écarte-t-il, toute idée d’installer Karim Wade au pouvoir par une voie autre que démocratique. Il indique que lui et les autres responsables de la génération du concret travaillent dans ce sens. Kalidou Diallo invite à ce que le débat ne soit pas personnalisé. « Il ne faut pas personnaliser les choses. »

Mamadou GUEYE

Politique

DECODAGES PORTRAIT - Ngone Ndoye, SENATRICE-MAIRE : La noire de Rufisque-Est

Sénatrice, maire de Rufisque-Est, Mme Ngoné Ndoye refuse que les femmes soient des « objets ». Elle vote pour plus de têtes féminines dans les conseils locaux.

A quelques mètres des vagues de l’océan Atlantique, ce lieu de résidence lové à une vingtaine de kilomètres de Dakar contraste avec le reste de la banlieue. Pas de bruits. Le lieu est manifestement propice au repos ou aux échanges d’affaires. En tout cas, tel est le cas chez la sénatrice Mme Ngoné Ndoye qui y a installé ses quartiers. Maquillage léger, assise sur un fauteuil dans son salon, elle boucle une séance de travail sur un projet de coopération décentralisée.

“ Ce qui m’intéresse, c’est de faire quelque chose de concis et profitable aux populations. Je veux un partenariat qui peut promouvoir l’économie locale ”, lance-t-elle à son interlocuteur qui promet de prendre en compte ses exigences.

Mais la transition est bien trouvée pour replonger Mme Ndoye dans les arcanes du développement à la base.

“ L’économie locale est le seul vecteur de développement dans un pays. Il faut injecter de l’argent pour créer des emplois et des richesses. La force de cette économie locale n’est pas prise en compte correctement. Pourtant, si cela était fait, les collectivités locales auraient permis à l’Etat de se soulager du quotidien des populations. Il n’aurait en charge que les dossiers macroéconomiques ”, déclare-t-elle.

La sénatrice traduit-elle cette philosophie du développement local à Rufisque-Est, une circonscription de 90.000 âmes, où elle est maire ? Oui, lance cette vieille dame trouvée à quelques encablures du siège de la commune.

“ Elle fait de bonnes choses pour les populations. Elle appuie les femmes, selon ses moyens ”. Faux, rétorque Modou Mbengue, un jeune ouvrier. “ Notre ville est très sale. Tous les maires sont pareils. Ils ne font rien pour les populations ”. Cet autre homme, qui se réclame de la Société civile, estime de son côté qu’il y a dans sa gestion des hauts et des bas. “ Notre philosophie du développement local se traduit par le soutien alloué aux femmes transformatrices de produits halieutiques, aux fournitures données aux élèves, etc. ”, se défend l’intéressée.

L’option se manifeste également dans la gestion de la paix sociale de son milieu. “ L’organisation sociale léboue est basée sur le “ Penth ” qui est le centre de la société. J’en ai profité pour installer des gouvernements de quartier à Rufisque-Est. Des sortes de conseils locaux où toutes les forces de la société ont leur mot à dire. Les vieux jouent le rôle de régulateurs sociaux ”, confie-t-elle.

L’édile déplore toutefois l’incompréhension par les populations des prérogatives des maires. « Il faut que le Sénégalais soit informé jusqu’où le maire a des prérogatives. Il faut que nous puissions harmoniser nos textes avec la réalité de nos décisions politiques », explique-t-elle, avec un brin de regret.

Le maire de Rufisque-Est est d’avis que la Décentralisation au Sénégal a des difficultés. “ Elle n’est pas comprise par les Sénégalais. Le Sénégalais moyen, chaque fois qu’il est inondé, indexe le maire. Quand les ordures ménagères ne sont pas ramassées, le Sénégalais moyen pointe du doigt vers le maire. Il faut que l’on situe les responsabilités ”, martèle-t-elle.

Plus de femmes dans les conseils locaux

Teint noir d’ébène, Mme Ngoné Ndoye est née le 8 février 1964 à Rufisque. Du haut de sa taille d’un mètre 70 environ, Mme Ndoye clame avec fierté son statut d’enfant du “ Lébougui ”. *

“Je puise mon énergie dans ma culture ”, confie-t-elle avant de relativiser : “ je m’ancre dans ma culture, tout en étant ouverte au modernisme ”. D’où une entrée précoce en politique, à l’âge de 15 ans, aux côtés de ses parents qui étaient sur ce terrain glissant.

Cette formation de terrain s’est poursuivie avec Me Mbaye-Jacques Diop, un des anciens barons du régime socialiste. Elle est arrivée au Pds à la suite d’une fusion organique entre le Parti pour le progrès et la citoyenneté (Ppc), la formation politique créée par Me Mbaye-Jacques Diop au lendemain de la présidentielle de 2000, et le Parti démocratique sénégalais (Pds). Une expérience qui a nécessité une adaptation. Le fonctionnement des deux formations est différent. “ Au Ps, on avait des universités d’été, etc. Quand je suis arrivée au Pds par fusion organique, j’ai beaucoup apprécié un fait : Me Wade a des militants à lui », explique-t-elle. L’adaptation semble réussir.

En plus du poste de maire de Rufisque-Est, elle est devenue sénatrice. Elle découvre également d’autres postes comme la présidence des femmes élues locales du Sénégal. De nouvelles expériences qui lui font penser que le système décentralisé est la seule voie pour le développement.

“ Les réseaux extérieurs ne travaillent plus avec les Etats pour ce qui concerne la lutte contre la pauvreté ”, explique-t-elle.

Cependant, précise le maire, faudrait-il que nous ayons une direction de la Coopération qui puisse capitaliser tous les barèmes. “ C’est honteux que dans un même pays, pour un même moulin, des collectivités différentes demandent qui 3 millions, 1 million, qui 6 millions à une organisation internationale ”, lâche-t-elle.

Le développement à la base ne peut se faire également sans l’apport des femmes. “ Tout ce qui génère des ressources passe entre les mains des femmes. Quand elles ont fini de capitaliser tout l’argent, elles cotisent pour la pirogue, la tontine du quartier pour la substance de la famille, etc. ”, souligne Mme Ndoye. C’est pourquoi elle estime que les femmes ont autre chose à faire que d’être embarquées dans des cars pour animer des meetings. “ Nous leur avons dit : économisez votre énergie. Occupez-vous de vous-mêmes. Refusez d’être des objets ”, fait-elle savoir.

Pour elle, les femmes doivent franchir d’autres paliers. “ Elles n’ont plus rien à prouver. Les hommes viennent voir les présidentes d’association ou de Gie pour leur dire : je veux être élu. Ces femmes viennent à 52% voter pour ces hommes, et quand ceux-ci ont la possibilité de mettre une femme sur une liste, ils ne le font pas ”, dénonce-t-elle. Mme Ndoye demande confiance. “ Autant qu’ils ont confiance en leurs épouses qui gèrent leurs progénitures, leurs budgets, je leur demande de faire la place à ces femmes ”, lance-t-elle. Pour la gestion des affaires de la cité, les femmes sont plus engagées, selon elle.

C’est pour cette raison qu’elle pense qu’il faut que les femmes soient dans les conseils locaux pour dire ce qu’elles pensent. Les femmes ont l’arme du temps, du nombre et de la bonne moralité. « Les femmes travaillent dans la transparence. On n’a pas besoin de trois maris. Un seul nous suffit. On n’a pas besoin de trois maisons, une seule nous suffit ».

« Nous avons toute la vie pour notre pays ”, argumente-t-elle. Mme Ndoye poursuit : “ Si les femmes ne se levaient pas tôt le matin pour aller voter pendant les élections, les hommes n’auraient même pas 50% de votants. Il faut qu’on comprenne la place de la femme dans cette organisation. Quand la femme est engagée, elle est fidèle dans l’engagement, mais aussi quand elle s’arrête, elle s’arrête pour toujours ”.

Les coups bas

C’est pour cela, insiste-t-elle, qu’Il faut une présence massive de femmes dans les conseils locaux qui pourraient inciter à contrôler le maire, à l’obliger à passer sur la droite ligne.

La gestion du foyer ne constitue pas un obstacle. “ Une femme politique, ce n’est pas un foyer qui va la gêner ”, selon elle. “ Dans notre société, lorsque tu atteinds l’âge de 40 ans, ce n’est plus toi qui t’occupes du foyer. C’est ta fille qui doit faire la cuisine pour toi ”, fait-elle savoir. Mme Ndoye ajoute : “ si une personne, par sa valeur morale, peut rendre service à son pays, pourquoi des gens se feraient des soucis pour dire, s’il elle ne prépare pas, je ne mange pas ; le foyer va se casser ? ”

Même si la confiance doit provenir des décideurs et des hommes, les femmes doivent aussi être conscientes de leur rôle. “ Elles doivent entrer en politique par engagement ”, souligne-t-elle, ajoutant que la commission des femmes élues locales mène une campagne de conscientisation dans les 11 onze régions pour dire la bonne parole : demandez aux femmes d’être engagées, parce qu’il y a en qui refusent de se présenter contre ces hommes.

Elles doivent secouer les baobabs. “ Il faut oser et avoir la pugnacité pour affronter les hommes ”, indique Mme Ndoye qui confie avoir subi des coups bas, des difficultés.

“ Quand les hommes n’ont rien à te dire, ils s’attaquent à ta vie privée. Ils disent du mal ”, raconte-t-elle. L’édile de Rufisque-Est poursuit sans citer nommément des personnes : “ j’ai vécu tous les coups bas politiques imaginables d’hommes politiques puissants ”.

Mais, apparemment, ces coups ne sont pas des motifs de découragement pour la sénatrice. “ Je n’ai jamais répondu. J’ai continué à travailler. Ça ne me déstabilise pas. Dans le travail, même si je passe la nuit à pleurer, le lendemain, je suis dans mon bureau. Le travail ne s’arrête pas, mais dans ma personne, j’ai laissé beaucoup de choses en cours de route ”.

Cependant, le ménage peut en souffrir. “ J’ai laissé un mari en route, parce que les gens ont dit tellement de mal que j’ai décidé de me libérer de tout ”. Conséquences de cela, elle dit être heureuse aujourd’hui avec ses enfants. Mieux, elle affirme être toujours prête pour se battre et réussir de nouveaux challenges. A la tête de la ville de son Rufisque natal ? Je suis militante disciplinée, se contente-t-elle de répondre.

Par Babacar DIONE

Gens et Société

AUJOURD’HUI, C’EST MERCREDI DES CENDRES : Le Carême, une occasion de suivre les pas du Christ

Abandonner les égoïsmes, suivre les pas du Christ, se rapprocher de Dieu, tels sont, entre autres, les recommandations faites au Chrétien durant le temps du Carême.

Le Carême chrétien débute aujourd’hui avec le traditionnel cérémonial de distributions des cendres du Mercredi des cendres. Il s’agit de tracer une croix sur front des fidèles avec des cendres pour leur rappeler qu’ils sont mortels et sont de passage sur terre. Le Mercredi des cendres rappelle aux fidèles que l’éternité attend chaque Chrétien et qu’il y a quarante jours de préparation. Le mot Carême vient du Latin « quadragesima » qui signifie quarantième « sous-entendu jour ». Cette période rappelle aux fidèles les quarante jours que Jésus Christ a vécu dans le désert, mais aussi les quarante années que le peuple juif a passé en exil avant d’entrer en terre promise. Durant ce temps, l’Eglise invite ses fidèles à la prière, au jeûne pour se préparer à la grande fête de Pâques commémorant la Résurrection du Christ. Le Carême n’est pas seulement un temps de sacrifice, c’est avant tout une invitation à se concentrer sur l’essentiel : Jésus-Christ. C’est pourquoi les prêtres appellent souvent les fidèles pendant cette période à suivre les pas du Christ, à imiter ses gestes nobles et à abandonner les petits égoïsmes. C’est une période de se convertir en s’ouvrant au Christ pour accéder à la liberté d’amour. D’où cette belle phrase de la Sainte Bible : « comme Lui nous a aimés jusqu’à donner sa vie. Aimons-nous les uns, les autres ». Le temps de Carême est une période pour valoriser cet amour à travers l’effort, c’est-à-dire la solidarité envers les pauvres, le jeûne, la pénitence, l’abstinence et surtout se débarrasser de mauvaises habitudes, croire en Dieu. Le Chrétien ne jeûne pas les dimanches du Carême, parce qu’étant considéré comme des jours spéciaux du Seigneur au cours desquels les fidèles sont invités à célébrer sa Résurrection. Le jeûne est obligatoire pour les Chrétiens âgés de 18 à 55 ans tous les mercredis et vendredis saints. S’il ne jeune pas ces jours, le Chrétien doit se priver de viande et de boisson alcoolisée selon le souhait de l’Eglise catholique.

Eugène KALY

Gens et Société

ORDRES NATIONAUX DU LION ET DU MÉRITE : Le DG du Soleil et deux agents décorés

Le directeur général et deux autres agents de la SSPP Le Soleil ont été élevés aux Ordres nationaux du Lion et du Mérite. Au cours d’une cérémonie qui a eu pour cadre la Maison de la Culture Douta Seck, le directeur général, Mamadou Sèye, a été décoré de la médaille de Grand-Maître de l’Ordre National du Lion par le ministre de l’Information, des Télécommunications, des Tics, du Nepad, des Relations avec les Institutions et Porte-parole du gouvernement, Abdou Aziz Sow. Mme Aminata Touré, agent commercial à Saint-Louis, a été à son tour élevé par le ministre au Grade de Chevalier de l’Ordre National du Lion et Mme Sokhna Diagne, assistante de direction, au Grade de Chevalier de l’Ordre du Mérite.

Gens et Société

GESTION DES RISQUES DE CATASTROPHES NATURELLES : 60 Amazones formées ont reçu leurs diplômes

« La problématique de la gestion des risques et autres catastrophes n’est pas uniquement une question humanitaire souvent appréhendée comme telle », a déclaré hier le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, Cheikh Tidiane Sy. C’était à l’occasion d’une cérémonie de remise de diplômes, au Complexe Léopold Sédar Senghor de Pikine, à 60 femmes de la banlieue, au terme d’une formation de gestion des risques. Elles ont été formées grâce au Projet d’appui au programme national de prévention, de réduction des risques majeurs dans le contexte de la réduction de la pauvreté (Papngrc), en partenariat avec le programme des Nations Unies pour le développement (Pnud). Selon le coordonnateur du Papngrc, Lamine Ndiaye, ces femmes appelées relais communautaires sont venues de Pikine, Guédiawaye, Mbao et environs. « Ces Amazones des temps nouveaux, sélectionnées par leurs communes d’origine et formées sur la préparation de l’urgence vont désormais porter le flambeau de cette nouvelle axiomatique ». Le coordonnateur a rappelé que ce projet entre dans le cadre global des objectifs macroéconomiques du gouvernement en matière de réduction de la pauvreté.

Pour Boubou Dramane Camara, directeur du Pnud, cet atelier de renforcement de capacité de trois jours a permis aux récipiendaires de mesurer l’ampleur des risques. La représentante des récipiendaires a fait savoir qu’au-delà des compétences acquises durant ces jours de formation, cet atelier permet de restaurer la dignité des populations vulnérables. « Nous constituons les catégories les plus vulnérables de ces sinistres. Et souvent, nous ne sommes pas impliquées ni dans la prévention, ni dans l’organisation des secours, encore moins dans les phases post-catastrophes », a-t-elle déclaré avant de lancer un appel en direction des autorités pour la reconnaissance officielle de leur structure. En réponse, le ministre d’Etat ministre de l’Intérieur, Cheikh Tidiane Sy, a promis de satisfaire leur demande.

Tata SANE

Gens et Société

Un « voleur de sexe » échappe au lynchage à Rufisque

Les preneurs de sexe ont-ils repris du service par ces temps qui courent ? Hier soir, au quartier Arafat de Rufisque, un individu a failli être lynché par les jeunes de cette localité qui le soupçonnaient d’avoir fait disparaître le sexe d’un des leurs. La « victime » dit avoir croisé le « voleur de sexe » aux environs de 21 heures dans un coin de rue. Ce dernier lui a spontanément tendu la main, tout en faisant semblant d’avoir perdu son chemin. C’est après l’avoir quitté que le bonhomme s’est rendu compte d’une chose étrange dans son corps. Il tâte son bas-ventre et constate la disparition de ses organes génitaux, dit-il. Très vite, il se retourne et saisit son « coupable » au collet. Mis au parfum, les jeunes ont commencé à le tabasser et à le rouer de coups.

Le malheureux est sorti de ce sale quart d’heure avec une dent cassée et des ecchymoses à la tête. Finalement, des gens ont éprouvé de la pitié pour lui et l’ont entraîné dans une maison voisine où, dit-on, il a remis à la jeune « victime » son sexe. Il s’est ensuite sauvé par une porte dérobée, derrière la maison. Il y a quelques semaines, un scandale pareil s’est passé dans le même quartier. Un jeune ouvrier habitant dans une maison en chantier s’est livré à cette pratique occulte. Sa « victime », un photographe, l’avait conduit à la police.

M. NDONG

Gens et Société

Un mois ferme pour émission de chèque

sans provision - Un couple français qui n’est plus dans les liens du mariage comparaissait au tribunal de Thiès, pour le délit d’émission de chèque sans provision. A la barre, M. Deschamps a reconnu la faute qu’il a commise, de même que son ex-épouse, Sylvie Christine, qui a écrit le montant de la somme et envoyé le chèque à une banque française qui l’a retourné pour défaut de provision. Venu au Sénégal pour se soigner auprès de tradipraticiens, M. Deschamps a fait la connaissance de Tidiane Sow qui a eu à effectuer des prestations pour lui. En retour, le Français devait mettre la main à la poche pour honorer ses engagements. Tirant le diable par la queue, M. Deschamps a pensé à son ancienne banque. C’est ainsi que, de connivence avec son ex-femme, il a émis le fameux chèque. Le tribunal leur a donné un dernier avertissement en condamnant M. Deschamps à une peine d’un mois ferme et Sylvie à trois mois assortis du sursis.

A. SARR GONZALES

Gens et Société

AFFAIRES SÉNÉGALAISES : Au boulot, à l’école et en politique comme au loto...

Travailler moins et gagner plus ». La trouvaille de Nicolas Sarkozy a été au cœur du débat électoral en France, en 2007. Les analystes ou politologues - pas ceux-là englués dans les dérives spéculatives sur notre FM - ont bossé sur les concepts. Que de chiffres et d’agrégats visités à partir de cinq mots ! La « grande querelle », pour emprunter à Idrissa Seck son propos, s’est résumée à la recherche de la meilleure formule. Ici, Dieu veille sur ses oisifs et ses resquilleurs prêts à arnaquer les vigies du paradis pour une place à la droite du Seigneur. Au chapelet comme à la sono des lieux de culte, c’est à qui pousse l’apparence plus loin que le bout de sa barbe. Ma foi, quel vertige le rythme avec lequel les mosquées s’entrechoquent sur de petits espaces pour voir les fidèles confier, juste après les professions de foi, leur destin au charlatan !

Cette star des vendeurs de rêves et de destins a un portrait-robot : c’est celui qui ressemble le plus à un être surnaturel, qui parle les dialectes des « djinns » et qui réprimande le vent pour avoir crié un peu fort. Cela ne suffit pas pour fouetter les ardeurs des chercheurs d’or facile. Oubliée la trouvaille : « Travailler, encore travailler, toujours travailler » du président Wade. Même la formule de Sarko est mâtinée à la sauce gombo : « Travailler moins et gagner plus » devient « Ne pas travailler du tout et avoir tout à gagner ». Rien à perdre quoi ! Sauf cette dignité poids plume qui ploie sous la grosse tentation de l’oisiveté.

Au pays des miracles, les multiplicateurs de billets sont rois. Désolé pour ceux qui s’étonnent de voir que les escrocs trouvent encore de naïfs pigeons qui se laissent prendre à ce jeu. Au pays des passe-droits, les étudiants demandent le bénéfice de deux points pour réussir à l’examen. Il a raison cet économiste qui enrageait de voir les élites de demain quémander la complaisance. Pathétique et rageant à la fois. Ne vous étonnez pas que le « bac » chavire en plein examen scolaire à cause de la triche.

C’est la politique du moins difficile. Comme en politique. J’allais dire que c’est un boulot. Souvenirs, souvenirs... Naguère, les mémés priaient pour que leur enfant finisse au « Building administratif » comme fonctionnaire. Cela faisait vraiment sélect à la différence des « wathie rakhassou », formule crasse pour dépeindre les ouvriers. Aujourd’hui, il faut faire un placement en politique. Avoir n’importe quoi : un récépissé, une voix qui porte, exceller parfois en pitreries, distribuer des communiqués au nom d’une petite fratrie idéologique, avoir la vélocité d’un félin et la capacité d’adaptation d’un caméléon... Malheureux les idéalistes qui parlent « programme », « norme », « équité », « justice », « éloquence », etc. Ils finissent dans une ligne de communiqué comme des éléments politiques peu digestes pour la confrérie des conspirateurs. Un célèbre promoteur de lutte donnait le holà : « les dégâts sur les comportements sont plus importants que ceux-là financiers. N’apprenons pas à nos enfants à penser que politique rime avec trahison, opportunisme, liquidation, etc. »

Son coup de gueule n’attendrit point les acrobates des champs de bataille politiques. C’est si vrai que me vient en mémoire cette histoire survenue dans les années 90. A l’époque, il n’y en avait que pour le courant du Renouveau. Engagé dans un débat d’orientation avec le Parti socialiste, Djibo Kâ était un sujet attrayant. Le Pds a repris l’initiative à quelques encablures des législatives de 98, à la faveur de la fin du Gouvernement de majorité présidentielle élargie. Les autres ? Même pas une fenêtre. Une des têtes pensantes de ce parti de la Gauche sénégalaise dont je tairai le nom a rendu visite à une rédaction de la place. A la fin, c’est pour dire aux journalistes : « Parlez de nous. Même en mal ! » Le gros lot du masochisme politico-médiatique. Dites...

PAR Habib Demba FALL

Gens et Société

S’il vous plaît ! LE BILLET DE SIDY DIOP : Le prix de la félicité

Dans le centre de l’Inde, les villageois de Kardhod refusent de donner leurs filles en mariage à cause d’une pénurie d’eau persistante. Ce serait pour eux les condamner à une vie de dur labeur. L’unique puits se trouve à quelques kilomètres de ce village de l’Etat du Madhya Pradesh et les femmes marchent plusieurs heures par jour pour s’y rendre. En été, le puits est sec et l’approvisionnement devient encore plus difficile. Près d’un dixième des 1200 habitants du village âgés de 25 à 60 ans est ainsi célibataire. De quoi creuser chaque portion de terre pour faire gicler le liquide précieux. La félicité n’est-elle pas pour les endurants ?

Politique

DÉBAT - CRISE A AJ/PADS : La Gauche sénégalaise dans son ensemble est interpellée

A la suite du débat sur l’avenir de And Jëf lancé dans nos colonnes la semaine dernière, nous avons reçu de Monsieur Badara Fall cette première réflexion. Nous invitons nos lecteurs désireux d’y prendre part, à nous adresser leurs textes à l’adresse suivante : sydiop@gmail.com.

L’exclusion de Decroix comme celle de Yoonou Askan Wi (avec la bénédiction de Decroix), au-delà de l’émotion qu’elle peut susciter et des prises de position partisanes qui ne manqueront pas de se manifester dans les différentes fédérations d’Aj, interpelle toute la Gauche sénégalaise. On parle de compagnonnage de Decroix et Landing, mais on oublie le cas de certains militants de Yoonou Askanwi et d’autres qui sont partis sans tambours ni trompettes. On parle d’Aj, mais on oublie les cas des groupes de Samba Diouldé Thiam pour le Pit et de Mbaye Diack, pour la Ld, etc.

Tout ceci pour dire qu’il est temps que la Gauche sénégalaise fasse le point sur son parcours historique depuis l’indépendance.

La situation politique de notre pays a fortement évolué ces vingt dernières années et beaucoup de repères sont brouillés. Le cours politique est tel qu’aujourd’hui, si la Gauche ne fait pas son bilan pour définir une politique cohérente d’ensemble, d’autres le feront à sa place avec des critères dévoyés. Mieux, la plupart des organisations dites de gauche vont continuer à connaître des crises de positionnement entre deux ou quelques personnes et le reste ou une partie de l’organisation va s’articuler autour de pro Samba ou pro Demba sans aucun débat de fond. On va appeler à l’organisation de congrès tout en sachant que l’élargissement actuel de beaucoup d’organisations a eu pour conséquence la baisse du niveau théorique générale des militants. Et tout congrès qui se tient risque de n’entériner que la position d’une personne avec ses idées. Or, pour une Gauche qui se respecte, il n’y a pas et il ne peut y avoir d’homme providentiel. Il faut un débat d’orientation profond, une ligne claire avant de parler de poste de secrétaire général ou de remplacement de ce dernier.

Tout le monde était en droit, aujourd’hui, après l’échec de quarante ans de règne du Ps et huit ans de balbutiement du Pds, de s’attendre à voir le Pôle de gauche se positionner comme alternative. Malheureusement, quelle que soit la qualité de leurs cadres, les forces de gauche restent divisées et éparpillées. Certaines formations, les plus significatives, sont à la remorque des partis électoralement plus puissants (Pds, Ps, Afp, etc.) ; d’autres continuent à être des groupes de propagande. Elles sont faiseurs de roi sans avoir la possibilité de peser sur la conduite du roi, peut-être parce que fondamentalement divisées.

Au regard des faits, on peut constater que la plupart des partis de gauche, pour obéir aux conditions d’un mouvement politique de masse capable de réaliser une conquête démocratique du pouvoir, sont en train de connaître des mutations. La Ld/Mpt vient de changer de nom et, au niveau de Aj, on peut se poser, rien qu’en voyant la liste des personnes de son bureau permanent et les questions mises en avant, si nous ne sommes pas nostalgiques et que, de l’Aj que nous avons connu, il ne reste aujourd’hui que le nom et quelques symboles représentés par des individus. Malheureusement, il n’ y a pas de bilan pour accompagner et conduire ces mutations nécessaires.

Il est regrettable de voir que le débat mené, actuellement, au sein d’Aj tourne autour des personnes de Decroix et Landing, de remplacement ou non du Sg et qu’il est pratiquement orienté par les médias et des personnes qui n’ont pas une culture de gauche ou une expérience de la juste résolution des contradiction au sein du peuple. Il va en résulter le reflet d’une piètre image où des questions d’intérêt, de positionnement, d’argent sont mises en avant. L’esprit d’abnégation, de clairvoyance et de sacrifices consentis par toute une génération risque ainsi d’être passé sous le boisseau au lieu d’être transmis aux générations futures.

Des personnes qui ont consenti des sacrifices énormes sur le plan moral, familial, financier, étude, travail, etc., au lieu d’être données en exemple aux jeunes générations, sont vouées aux gémonies et voient livrer aux chiens leurs honneurs sur la base des critères fallacieux.

Tenez par exemple : on ergote beaucoup sur le pourcentage de Aj aux élections de 2007 en mettant en cause son alliance avec Wade et quelques slogans sur trois semaines de campagne dans le discours de son secrétaire général ou son charisme. On oublie l’essentiel : l’engagement et l’amour de cet homme pour son pays.

On oublie que s’il s’agissait seulement de problème de participation dans un gouvernement et de beaux discours, Wade ne serait jamais élu président, la Ld, le Pit, les défunts Grand Maodo et Cheikh Anta Diop, notre ami El Hadj Samb du Rtas et le bouillant Talla Sylla, etc., auraient eu des pourcentages meilleurs et Idrissa Seck ne serait jamais arrivé second aux dernières élections.

Non, la question est ailleurs. Elle est dans la capacité des hommes de gauche à réorienter le rapport entre nos populations et la politique et infléchir leur mode de choix des dirigeants du pays, un mode de choix abâtardi par 48 ans de règne Ps-Pds et où l’argent et les liens de sang, d’ethnie, de parenté, etc., prennent le pas sur les programmes et les orientations politiques.

Elle est dans la capacité des hommes de gauche, tous confondus dans et en dehors des partis, à se remettre en cause pour s’unir et, ensemble, investir les quartiers pour contribuer à la création d’un puissant mouvement politique de masse capable d’influer et de conduire de manière significative les changements nécessaires. Pour cela, un vaste mouvement de bilan critique et d’orientation est nécessaire au niveau individuel, à l’intérieur de tout mouvement de gauche et entre les différentes organisations de gauche. L’implication des cadres et la création des espaces d’échange et de discussion seront nécessaires. Ce mouvement, en plus des questions d’orientation, doit aborder des questions d’organisation comme l’unité de la Gauche et le problème des alliances.

Un débat, c’est aussi la confrontation d’idées contraires. Le respect des points de vue de l’autre est donc un préalable pour tout débat constructif. Chaque protagoniste doit accorder à l’autre le bénéfice de l’honnêteté, la sincérité et le désir de bien faire.

(La suite dans notre édition de demain)

PAR Badara FALL

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