Des responsables, élèves et anciens pensionnaires du "Daara de Malika" (banlieue) ont magnifié samedi l’œuvre de la fondatrice de leur établissement, Kathy Koaté, âgée aujourd’hui de 84 ans, qui en 1987, avait en compagnie de ses amies fondé cette structure pour « lutter contre l’exclusion sociale et l’exploitation des enfants par la mendicité ».
Le Daara, qui en plus des enseignements du coran offre des cours en arabe, français et une formation professionnelle, compte présentement 300 pensionnaires dont 54 internes. L’école s’adonne également au maraîchage et à l’aviculture comme activités génératrice de revenus.
Des responsables de l’établissement ainsi que d’anciens pensionnaires, regroupés au sein d’une association ont organisé samedi une visite guidée de la structure qui produit de nombreux cadres.
« Je suis rentrée des Etats-Unis après plusieurs années d’absence. Et à mon arrivée, j’ai été associée aux activités du Daara que j’ai trouvées tellement nobles (…) », a confié à l’APS, Mame Awa Mbaye Hughes, sénégalo-américaine, secrétaire générale du Daara de Malika.
Mme Hughes, nutritionniste de profession et spécialisée dans l’agro-alimentaire a rappelé avoir rencontré pour la première fois, la fondatrice de l’établissement lors d’une cérémonie de récompense des personnes qui se sont distinguées « par leur bonnes actions » dans leur domaine, à l’initiative d’une association d’émigrés.
« Ce jour-là, lorsqu’on a fait son portrait, j’étais très, très charmée. Elle avait emmené avec elle, six anciens pensionnaires de son Daara. C’était vraiment une fierté de voir qu’elle a toujours montré qu’il est possible de sauver les enfants », a expliqué la secrétaire générale du Daara.
Mme Hughes indique avoir ainsi accepté d’accompagner la fondatrice qui, avec son âgé très avancé, souhaitait avoir des collaborateurs pour apporter au centre « une nouvelle vision, une nouvelle dynamique ».
« C’est ainsi que j’ai commencé le travail », a dit Mme Hughes, soulignant que l’initiatrice de l‘établissement a « un grand cœur et un désir de faire du bien, une femme vraiment religieuse qui passe son temps à évoquer le Seigneur ».
Au sujet de Kathy Koaté toujours, Mbacké Niang, ancien pensionnaire du Daara qu’il avait intégré en 1980 confie : « Nous la connaissons peut être mieux que nos parents parce nous sommes restés ici près de huit ans loin de nos familles respectives sauf pendant les grandes vacances et jours de fête ».
M. Niang, Professeur d’arabe au CEM Joseph Corréa de Guédiawaye (banlieue) a ajouté : « Elle nous assurait tout ce dont nous avions besoin. Grâce à elle, le Daara nous nourrissait, nous assurait l’hébergement et l’encadrement nécessaire. On ne souffrait de rien ».
« C’est un internat. Au début, nos parents ne payaient rien, mais quelques années plus tard avec les vicissitudes de la vie, les moyens ne suivaient pas, Mme Koaté et son équipe voulaient que les parents fassent une participation symbolique. Dans ce Daara, on prépare l’enfant à devenir un citoyen modèle », a-t-il dit.
Son camarade de promotion au Daara, Momath Nazir Thiam est aujourd’hui Professeur de Sciences de la vie et de la terre (SVT) au Collège Ndiarté Diagne de Guédiawaye, après avoir enseigné au Lycée de Bignona (sud), puis à Nguékhokh, non loin de Mbour (83Km de Dakar).
« Je fais partie des premiers pensionnaires du Daara de Malika. Je suis venu ici, en 1980. J’ai régulièrement des nouvelles de Mme Koaté. A chaque fois que nous échangeons des informations au niveau de notre association (anciens du Daara), nous la mettons au courant parce qu’elle est tout pour nous » a indiqué M. Thiam.
« Entre 1978 et 1980, j’étais dans un Daara, je mendiais. Mmen Koaté et ses amies, sont venus voir notre marabout qui est mon père et ont gagné sa confiance pour m’emmener dans leur structure », a-t-il rappelé.
« Mme Koaté a toujours partagé avec nous ses idées, nous a enseigné la vie. Elle nous a tout le temps aidés. Elle m’a soutenu lorsque j’étais au Collège et même à l’université et pourtant, j’avais une bourse entière (36.000 FCFA). Elle me demandait d’utiliser ma bourse pour aider mes parents », a expliqué le Professeur de SVT, titulaire d’une Licence et ancien élève du Lycée Seydina Limamou Laye.
Source: APS








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