Des professionnels ont réclamé, hier, un recrutement massif d’archivistes pour assurer la mémoire de l’administration, mais aussi la construction de la Maison des archives.
Célébrée, hier, à la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar (Cciad), la Journée mondiale des archives a servi de tribune pour la directrice des Archives nationales, Fatoumata Cissé, d’appeler à un « recrutement massif d’archivistes par le gouvernement ». Cette mesure s’impose parce que « nous sommes la mémoire de l’administration », dit- elle. Et d’ajouter que « nous jouons un rôle important dans le fonctionnement de l’administration, mais nous ne sommes pas tellement pris en compte par l’Etat et le secteur privé », se désole Madame Cissé. A son avis, « toute structure, qu’elle soit privée ou publique, a besoin d’un archiviste ».
Cette 6ème édition de la Journée mondiale des archives aurait due être célébrée aujourd’hui, samedi, mais pour des raisons de calendrier, elle a été anticipée hier. Le thème de cette année est : « Archives, administration publique et transparence ». Désigné pour faire une communication sur le sujet, le professeur Mbaye Thiam de l’Ecole des Bibliothécaires, archivistes et documentalistes (Ebad) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, faisant le diagnostic sur les défis actuel du secteur, a indiqué que « c’est la consolidation des acquis qui pose le plus de problème ». Pourtant, « le Sénégal est le pays le mieux outillé en archivistes en Afrique », relève M. Thiam. Aussi, notre pays « est en pointe de la réflexion sur cette question dans le continent », souligne-t-il.
Impératif d’une Maison des archives
Poursuivant son diagnostic, M. Thiam a noté que l’autre défi majeur que doivent relever les pouvoirs publics est la décentralisation de la politique des archives. Il s’agit de faire en sorte que « le plus petit échelon de l’administration centrale et locale, intègre dans sa politique, la conservation des archives ». Parce que pour lui, « s’il y a une politique d’archivage, la transparence sera effective dans la gestion des affaires publique et privée ». Son argument est que « les archives sont les seuls documents qui, du point de vue administratif, sont authentiques ». Donc, « ils constituent la plus grande preuve ».
De ce point de vue, « les archives peuvent jouer un grand rôle dans la politique de bonne gouvernance et de sensibilisation entreprise par l’Etat », signale Mme Fatoumata Cissé Diarra. C’est pour jouer leur partition dans la dynamique enclenchée par le gouvernement que le thème de cette année a été choisi. C’est fort de ces arguments que la directrice des Archives nationales a plaidé pour « la construction de la Maison des archives ». Cette mesure « permettra la prise en charge des préoccupations de la profession », croit-elle. Son rêve est que ce projet que le président Senghor avait annoncé en 1967 soit enfin réalisé. Selon elle, il est devenu un projet urgent, d’autant plus que « la Direction nationale des archives est saturée depuis des années ».
Pour ce qui est de la numérisation des archives, « nous y pensons », a indiqué la directrice. Mais a-t-elle précisé, « la numérisation de toutes les archives nationales n’est pas encore possible ». Toutefois, « certains anciens documents seront numérisés pour leur sauvegarde », a annoncé Fatoumata Cissé Diarra.
François MENDY








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