Restauration des terres dégradées : L’exemple du renouveau agricole en Algérie

Aller vers la restauration des terres comme un des meilleurs procédés pour lutter contre la désertification. Telle est la leçon de l’atelier régional d’information sur la dégradation des terres, la désertification et la sécheresse qui s’est déroulé à Alger du 29 au 31 mai dernier à l’intention d’une quinzaine de journalistes environnementaux d’Afrique. Le choix de l’Algérie est, pour le secrétariat exécutif de la Convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification (Unccd) et le gouvernement algérien, une manière de vulgariser le renouveau rural impulsé par le Haut commissariat du développement de la steppe (Hcds). Cette structure est un exemple de réussite dans la restauration des terres, leur gestion durable, la lutte contre l’érosion, la plantation forestière (…), dans le cadre de l’effort national de reboisement dans le contexte de l’adaptation et de l’atténuation des changements climatiques et de la lutte contre la désertification (Lcd).

Les projets de proximité de développement rural intégrés et la stratégie de proximité en matière de lutte contre la désertification, combinés à une approche participative des populations, résument, à eux seuls, les bons points de la politique du renouveau rural de l’Algérie. Le Haut commissariat au développement de la steppe (Hcds) a été créé en 1981. Il se trouve dans la localité de Djelfa, une Vilaya (département) à près de 300 kilomètres et à quatre heures de route de la capitale algérienne. C’est dans ses locaux que s’élabore l’application de la politique nationale en matière de développement intégré des zones de la steppe et du Sahara. L’Atlas tellien au nord d’Algérie comprend près de 32 millions d’hectares (ha) de terres partagées entre 20 millions ha de terres dans la zone steppique et 12 millions ha de terres dans le désert du Sahara. Dans cet espace, près de 11 millions de terres sont dégradées, à en croire les chiffres du Haut commissariat au développement de la steppe.
La Vilaya de Djelfa que nous avons visitée s’étend sur 32 256 km2 pour une population de 1 090 578 habitants, dont 24 %, soit 266148 habitants qui vivent dans le monde rural. Elle possédait, avant les vagues de sècheresse de 1970 à 1980, un écosystème équilibré. Les multiples interventions humaines, le surpâturage, la sècheresse, l’érosion et les défrichements ont fini de perturber l’écosystème du milieu et précipiter le phénomène de la dégradation des terres et la désertification. Les besoins des populations, dont les principales activités hors des villes se résument à l’agriculture et à l’élevage, ont fini par réduire les terres fertiles, portant un coup à la biodiversité ambiante et développant le processus d’ensablement des terres. La stratégie du maintien de cet équilibre perdu pour accroître les ressources naturelles, en vue de satisfaire les besoins des populations, a trouvé une âme à travers la politique du renouveau rural agricole du chef de l’Etat algérien, Abdelaziz Bouteflika. Bien avant cette politique du renouveau rural qui a été préparée pendant six années et engagée depuis 2009, souligne le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, le Dr Rachid Benaissa, beaucoup de chemins ont été parcourus dans ce combat contre la désertification. « Des plans et des programmes spécifiques d’envergure nationale ou de dimension locale ont été ainsi mis en œuvre dans des conditions parfois difficiles, avec de francs succès ou des résultats décevants », note-t-il. Sur ce, M. Benaissa cite « les chantiers de reboisement » lancés durant les années soixante, le « barrage vert » réalisé dans les années soixante-dix et quatre-vingt, le lancement des « grands travaux » durant les années quatre-vingt-dix, tout comme le « plan national de reboisement » qui constituent des expériences enrichissantes.

Des plantations pastorales
Le renouveau rural agricole accorde une place privilégiée à l’amélioration des revenus et des conditions de vie des populations rurales. Le Dr Rachid avance que l’Etat algérien recourt à une approche participative qui a déjà fait ses preuves et une démarche ascendante et décentralisée : une association et une participation fécondes des populations rurales facilitées par des outils fonctionnels, comme les Projets de proximité de développement rural intégrés (Ppdri) et les Projets de proximité de lutte contre la désertification (Pplcd). Quid des principes en matière de lutte contre la désertification ? Il en cite trois : le principe d’équité, en réalité vécu au double plan rural et territorial ; le second principe qui énonce « qu’il n’y a pas de territoires sans avenir, mais qu’il n’y a que des territoires sans projets » ; enfin le dernier principe qui repose sur le postulat que le rural est synonyme d’avenir et de potentialités à découvrir et à valoriser. La politique du renouveau rural agricole telle que présentée dans les locaux du Hcds est basée sur une approche participative, une valorisation du savoir faire local et d’un système de formation, de vulgarisation et de sensibilisation. L’aménagement pastoral qui constitue un volet de cette politique, s’entend à travers une mise en défense des terres pour une préservation et une régénération des parcours moyennement dégradés, en interdisant tout pacage d’animaux. Dans la même mouvance, des plantations pastorales, avec l’introduction de nouvelles espèces pour restaurer les parcours très dégradés, ont été faites. Pour ce qui est de l’hydraulique pastorale, elle repose sur le réseau hydraulique superficiel et souterrain. C’est, d’une part, la collecte, le stockage et la dérivation des eaux dans des ouvrages de collecte des eaux (djoubs ouverts, mares et djoubs couverts). La valorisation de ces eaux se fait à travers des barrages, des ouvrages d’irrigation et de dérivation vers les oasis. D’ailleurs, l’intensification de la production fourragère découle de cette collecte des eaux qui a permis d’enrichir des milliers d’hectares de terres.
Les ressources hydriques souterraines ont été exploitées grâce à l’utilisation de l’énergie renouvelable pour améliorer le niveau de vie des populations et l’abreuvement du cheptel. Le troisième volet de la politique du renouveau rural laisse une grande place à la diversification des activités des populations, notamment avec la dotation des femmes rurales en petites structures spécialisées en élevage. La fourniture en arbres fruitiers et l’électrification des foyers ruraux isolés et des « khaïmas » (ou tentes) des nomades sont aussi des actions menées dans le cadre de la diversification des activités rurales.

De notre envoyé spécial à Alger Babacar Bachir SANE

Share

Edition du jour

Archives numériques du soleil

Election de Macky Sall - An II

Plan Sénégal Emergent

Supplément MCA-Sénégal

Spécial Maouloud 2014

Spécial Magal de Touba 2014

RETROSPECTIVE 2013

Cahier Education nationale

Journal 22eme FIDAK

40 ans d'Art et de Soleil

Supplément Enseignement supérieur privé

Spécial Maouloud 2013

Rétrospective 2012

Spécial Magal de Touba 2013

Spécial FIDAK 2012

Spécial Tourisme 2012

François Hollande au Sénégal

Cahier MCA

Spécial Poponguine 2012

Spécial Gamou 2012

Spécial Magal Touba 2012

Spécial Can 2012

Nos partenaires

logo unicef logo unicef apanews

logo unicef

mod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_counter
mod_vvisit_counterToday128489
mod_vvisit_counterYesterday182246
mod_vvisit_counterThis week699732
mod_vvisit_counterLast week1488498
mod_vvisit_counterThis month4756165
mod_vvisit_counterLast month7019090
mod_vvisit_counterAll days94994038

We have: 1092 guests, 2 members, 1137 bots online
Your IP: 50.17.107.233
 , 
Today: Apr 23, 2014