Le secteur touristique, dans le Balantacounda, traverse une période difficile. La pauvreté et l’insécurité constituent les principales contraintes au développement de ce secteur. Pourtant, le potentiel touristique de la zone est important.
Au cours d’un meeting, tenu le 20 juin dernier à Goudomp, le président du Sénat, Pape Diop, a déploré les insuffisances du secteur touristique au Sénégal, notamment dans le Balantacounda. «Le Sénégal a une belle carte à jouer dans ce secteur touristique. Malheureusement, cela n’est pas encore possible en Casamance. Jusqu’à présent, aucun des gouvernements n’a pris une décision résolue pour permettre à ce secteur de se développer et permettre à notre jeunesse de pouvoir s’épanouir, c’est-à-dire trouver un emploi », reconnaît-il. Pour le président du Sénat, le Sénégal offre beaucoup d’attractivités. « Nous avons 700 km de côtes, et nous sommes l’un des pays les plus ensoleillés au monde, nous avons le climat idéal pour l’hiver», insiste-t-il.
Enclavement et insécurité
Dans le Balantacounda, il n’y a pas d’hôtels encore moins de résidence. On trouve quelques rares campements à Goudomp, à Simbandi Balante, etc. Les quelques personnes qui s’activent dans ce domaine, à l’image du couple Seydi, restent confrontées à d’énormes difficultés liées à la rentabilité et à l’absence des touristes. Une situation due, le plus souvent, à l’insécurité. « Rien ne va. Les touristes et même certains Sénégalais n’osent pas s’aventurer dans cette zone. Si c’était à recommencer, nous ne le ferions pas, il fallait investir ailleurs », regrette Mme Seydi Saoudatou Diallo. « Si je pouvais partir avec les bâtiments de ma résidence, je le ferais pour les amener au nord », ajoute son époux, Demba Seydi.
Le couple Seydi soutient aussi s’être confronté à un problème d’accès au crédit. Depuis le mois d’octobre dernier, les Seydi ont fermé leur maison d’hôtes pour des raisons de réfection. Malheureusement, révèle l’épouse, « nous n’avançons pas du fait de la rareté de la main d’œuvre ». Et pourtant, le campement du couple Seydi présente un cadre touristique relativement acceptable. « J’étais agréablement surpris de découvrir cette maison d’hôtes car on en trouve rarement dans notre département », affirme Alphousseyni Seydi, habitant de Goudomp. « Le campement du couple Seydi, notamment le bar dancing, était le lieu de prédilection des jeunes goudompois car il était le plus moderne », se rappelle Malang Mané. Un autre promoteur avait voulu construire un campement dans la commune de Goudomp, mais il a finalement vendu son domaine à la société Arinc Agros Sénégal qui est en train d’y ériger des logements pour son personnel.
Pour sa part, le premier adjoint au maire de Goudomp, Gorgui Seydi, estime que le tourisme ne peut pas se développer à cause de deux facteurs qui freinent les activités économiques et sociales du Balantacounda : l’enclavement et la crise casamançaise. A son avis, même si la zone offre des potentialités touristiques importantes, ces deux facteurs demeurent des contraintes pour la relance de ce secteur. Autant de raisons qui font qu’on ne retrouve pas de service touristique dans le département. Et cela, malgré le fait que la commune de Goudomp soit retenue dans le programme national des « Villes Frontalières ». Le tourisme dispose de belles perspectives dans le département de Goudomp grâce à l’existence de forêts qui offrent des possibilités non négligeables de développement de la chasse.
Le développement du tourisme, dans cette partie du pays, peut être assuré par son potentiel artistique, culturel et le savoir-faire des populations en artisanat. L’artisanat est assez développé dans la région. Il tire sa matière première principalement à partir de divers produits forestiers, notamment les produits ligneux utilisés dans l’artisanat d’œuvre et de service (meubles en bois, divers articles et objets d’art, matériaux utilisés dans l’habitat, les petits aménagements et réalisations hydrauliques et agropastorales). Toutefois, l’exploitation abusive et frauduleuse de certaines espèces comme le bois de « venn » (fortement utilisé dans l’ameublement) ou le « dimb » (très prisé pour la fabrication des « djembés ») constitue une sérieuse préoccupation pour la protection des espèces protégées.
Souleymane Diam SY








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