La décision du président égyptien de rétablir le Parlement dissous a déclenché un séisme politique en Egypte. Certains saluent ce défi à l'égard de l'armée, tandis que d'autres regrettent un "coup d'Etat constitutionnel", témoignant d'un manque de respect pour la démocratie.
Mohamed Morsi a annulé, dimanche, par décret la décision de justice dissolvant l'Assemblée du peuple, dominée par les islamistes, et invité la chambre à se réunir de nouveau et à exercer ses prérogatives. L'Assemblée avait été dissoute après un arrêt de la Haute cour constitutionnelle la déclarant invalide en raison d'un vice juridique dans la loi ayant régi les législatives de l'hiver.
Sur la base de ce jugement, le Conseil suprême des forces armées (Csfa), à qui Hosni Moubarak avait remis le pouvoir en démissionnant sous la pression de la rue en février 2011, a annoncé, dans une "Déclaration constitutionnelle complémentaire", qu'il exercerait le pouvoir législatif jusqu'à l'élection d'une nouvelle Assemblée. Le décret de M. Morsi a été salué par ceux qui veulent voir l'armée sortir de la politique et regrettent que la Déclaration constitutionnelle ait considérablement affaibli la fonction de président. Le décret présidentiel prévoit aussi "l'organisation d'élections anticipées pour la Chambre, 60 jours après l'approbation, par référendum, de la nouvelle Constitution du pays, et l'adoption d'une nouvelle loi régissant le Parlement". La Haute cour constitutionnelle a rejeté le décret, soulignant que ses jugements étaient "définitifs (...) et contraignants", tout en disant n'être partie prenante dans aucune lutte politique.
(AFP)








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