Le chef de guerre congolais Thomas Lubanga condamné à 14 ans de prison

La Cour pénale internationale (CPI) qui rendait son premier verdict depuis sa création il y a dix ans, a condamné mardi l’ex-président de l’Union des patriotes congolais (UPC, rébellion), Thomas Lubanga Dyilo, à une peine de prison de 14 ans pour le recrutement d’enfants et leur utilisation dans les combats à l’est de la RD Congo (région de l’Ituri), entre 2002 et 2003.

Lubanga a été reconnu coupable le 14 mars dernier de crimes de guerre et d’enrôlement d’enfants âgés de moins de 15 ans dans sa Force patriotique pour la libération du Congo (FPLC) pour prendre une part active dans les hostilités.

L’accusation de la CPI, dirigée par l’ancien Procureur en chef, Luis Moreno Ocampo, avait requis une peine de prison de 30 ans. Thomas Lubanga avait été arrêté à Kinshasa, en RD Congo, en mars 2005 et gardé en détention à La Haye depuis 2006.

Selon le juge Adrian Fulford qui présidait la séance, Lubanga va passer encore huit années derrière les barreaux. En prenant en compte les six années qu’il a déjà passées en prison, il ne sera libéré qu’en mars 2020.

Le juge Fulford a ajouté que la peine avait été réduite du fait de la « bonne conduite de l’ex-chef de guerre face à l’impossibilité du procureur de fournir certaines preuves et d’avoir donné des informations non avérées aux médias ».

Quelque 60.000 personnes auraient été tuées dans l’Ituri entre 1999 et 2003 dans un conflit ethnique mettant aux prises l’Union des patriotes congolais de Lubanga et des milices du groupe ethnique Lendu, comprenant notamment l’Armée populaire congolaise et la Force de résistance patriotique de l’Ituri.

Il est à noter que ce verdict historique de la CPI a été rendu alors que le co-accusé de Lubanga, Bosco Ntagnda, qui a été mis en accusation par la CPI, est actuellement à la tête d’une nouvelle rébellion dans l’est de la RDC, après avoir déserté l’armée régulière congolaise, les FARDC en avril 2012.

Cette nouvelle rébellion a déplacé des milliers de personnes du fait des mutins, connus sous le nom de Mouvement du 23 mars (M23) qui continue de prendre des villes dans l’est du pays, riche en minéraux, sur fond de graves violations des droits de l’homme.

Le M23 exige du gouvernement de Kinshasa qu’il respecte les termes de l’accord de paix du 23 mars 2009 qui faisait du groupe rebelle du Congrès national pour la défense du peuple, dirigé par le général rebelle Laurent Nkunda, un parti politique et intégrait ses combattants dans l’armée.

Les Nations Unies, dans un récent rapport, ont accusé le Rwanda de complicité dans la fourniture d’armes et de recrues aux rebelles.

Par ailleurs, la CPI a récemment demandé un autre mandat d’arrêt contre Ntaganda, alias "Le Terminator", pour son rôle dans les meurtres, les pillages et les viols commis par l’Union des patriotes congolais dans l’Ituri.

Source: APAnews

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