Deux ministres membres de la médiation ouest-africaine dans la crise malienne - un Burkinabè et un Ivoirien - ont rencontré, hier, à Paris, le président intérimaire du Mali, Dioncounda Traoré. Ce dernier est soigné en France depuis six semaines.
Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibrill Bassolé, et le ministre ivoirien de l'Intégration africaine, Ally Coulibaly, ont discuté avec le président Traoré de la transition dans son pays.
"Leur entretien d'1 heure 45, dans le lieu de résidence du président du Mali à Paris, s'est bien passé. Les deux ministres ont fait un compte-rendu du sommet des chefs d'Etat d'Afrique de l'Ouest de samedi à Ouagadougou", a simplement indiqué une source proche de M. Coulibaly.Le Burkina Faso conduit la médiation au nom de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) que dirige actuellement la Côte d'Ivoire.
Le président malien par intérim, attaqué et gravement blessé le 21 mai dans ses bureaux près de Bamako par une foule de manifestants hostiles, est soigné depuis le 23 mai à Paris. Samedi, à Ouagadougou, six chefs d'Etat d'Afrique de l'Ouest ont sommé le Premier ministre malien, Cheick Modibo Diarra, de former, d'ici fin juillet, un "gouvernement d'union nationale", faute de quoi son gouvernement ne serait plus reconnu et le Mali serait suspendu des instances régionales.
Pour la Cedeao, un gouvernement malien "d'union nationale" est indispensable pour affronter la crise dans le nord du pays, occupé depuis fin mars par des groupes armés, rebelles touaregs et surtout islamistes alliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), plus que jamais en position de force. Le sommet de Ouagadougou a aussi "exhorté" Dioncounda Traoré à demander, "sans délai", à la Cedeao et à l'Onu l'envoi d'une force africaine au Mali. Sa première mission devait être de protéger les institutions à Bamako.
Mais, hier, le gouvernement de transition du Mali a annoncé à Bamako la création d'un "corps d'élite indépendant de 1.200 éléments", qui sera chargé d'"assurer la sécurité du chef de l'Etat, du Premier ministre, du président de l'Assemblée nationale et des présidents des autres institutions".
De source proche du président Traoré, on soulignait que, "par fierté nationale", il souhaitait que sa protection soit assurée par des Maliens.
(AFP)








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