Les armées doivent continuer à avoir des relations avec le monde des médias, mais en l’absence de règles de conduite adoptées par tous les journalistes, il convient de rester prudent et vigilant. Les questions sur une collaboration entre l’armée et la presse ont fait l’objet d’un séminaire, à Tambacounda, après celui de Dakar.
Les zones transfrontalières sont partout dans le monde des zones hautement sensibles, et peuvent être, si l’on ne prend pas les précautions idoines, le lit de tous les dangers. C’est pourquoi l’armée, comme la presse, a l’obligation de répondre aux exigences sociales de plus en plus nombreuses et diverses.
Le colonel Abdourahim Kébé, directeur de l’information et des relations publiques des armées, a présidé la rencontre de Tambacounda. Il a recommandé l’observation des règles de sécurité afin de préserver la sécurité nationale et la vie des forces engagées. Le colonel a insisté sur la responsabilité et l’effort de compréhension mutuelle, en mettant l’accent sur la connaissance limitée des médias par les militaires et l’expertise très limitée des médias sur les questions liées à la défense.
Pour sa part, Ndèye Fatou Sy, journaliste conseillère au niveau du ministère des affaires étrangère affirme : « Il est vrai aussi que les périodes de crises sont du pain béni pour les organes, car elles font vendre. Cependant, la presse, incontestablement, a un rôle dans l’avertissement de la population et surtout dans son information sur une situation donnée. L’avènement des Tic et des réseaux sociaux (facebook, tweeter, skype, téléphone satellitaire, etc.) fait que la circulation de l’information est incontrôlée. Il s’y ajoute la concurrence au sein des médias, la recherche effrénée de l’exclusivité et enfin la méconnaissance des réalités sur le terrain.
Pour Ndèye Fatou Sy, « l’armée gagnerait à maintenir une relation permanente avec la presse qui, elle, se forcera à informer de manière honnête, exacte et concrète. Cette presse devra, cependant, se montrer compréhensive face à certaines situations d’un intérêt supérieur. « C’est ainsi que nous comprenons et acceptons la notion d’information sécurisée ». Introduisant le thème « Information en zone frontalière, le devoir d’informer vrai », Cheikh Thiam, directeur général du quotidien Le Soleil et président du Comité pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie (Cored), a insisté sur les droits et devoirs des journalistes, en leur demandant d’avoir comme bréviaire le document de la déclaration des droits et devoirs des journalistes adoptée les 23 et 24 novembre 1971, à Munich, par les représentants de la majorité des syndicats de journalistes européens ainsi que par la Fij (Fédération internationale des journalistes) et l'Oij. Il a mis l’accent sur le respect de la vérité et la prise de conscience de nos responsabilités. Pour lui, chaque journaliste doit bâtir lui-même sa réputation, sa crédibilité, cultiver la confiance avec les sources, l’armée notamment. Il a également parlé de l’engagement éthique et déontologique.
Autant de recommandations utiles lues par le commandant Coulibaly et qui mettent l’accent sur les règles d’or pour plus de compréhension entre l’armée et la presse.
Pape Demba SIDIBE








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