En marge de son Assemblée générale, le Syndicat des médecins privés du Sénégal (Smps) a organisé, hier, son congrès sur le thème : «Médecine privée au cœur du développement». La cérémonie a été présidée par le ministre de la Santé et de l’Action Sociale, Eva Marie Coll Seck. Le syndicat a passé au crible les contraintes du secteur.
Le Syndicat des médecins privés du Sénégal (Smps) a passé au peigne fin les contraintes entravant l’épanouissement correct de son secteur. Parmi ces contraintes, figure la non validation de la nomenclature des actes professionnels. A en croire le Dr Ardo Boubou Bâ, président du Smps, la nomenclature attend d’être validée depuis 10 ans. Estimant que son approbation serait une «opportunité» allant dans le sens de la bonne marche du secteur de la médecine privée, M. Bâ a invité le ministre de la Santé d’œuvrer pour sa validation. «Cela nous conforte dans notre conviction que vous serez une excellente avocate pour notre cause», a-t-il dit au ministre.
Le secteur de la médecine privée se voit, aujourd’hui, confronté à un problème de financement mais également à la «dette abyssale» des institutions de prévoyance maladie (Ipm) chiffrée à des milliards. La fiscalité est aussi une problématique. «La fiscalité constitue une contrainte majeure. Il y a énormément de taxes sur la médecine privée», a expliqué le Dr Awa Mbow Kane qui a animé un exposé sur : «Médecine privée au cœur du développement». Mais ce qui aura le plus préoccupé les médecins du privé, c’est l’exercice «illégal» de la médecine. «Partout et surtout dans la banlieue se propage, insidieusement, l’exercice d’une médecine illégale et illégitime pratiquée par des non médecins, des paramédicaux, des charlatans et des tradipraticiens avec une publicité tapageuse et forcement mensongère», a déploré le président du syndicat. Aussi, a-t-il interpellé les autorités sur la formation «au rabais» par une profusion de pseudo-écoles de personnels paramédicaux qui, de son avis, seront autant de potentiels dangers pour les populations.
L’exercice illégal de la médecine
Le ministre de la Santé et de l’Action Sociale, Awa Marie Coll Seck, a promis l’élaboration d’un plan d’actions, de concert avec tous les acteurs. «Je vais attirer l’attention de mes autres collègues du budget et des finances pour voir comment arriver à une solution», a-t-elle indiqué, en réponse à la question de la fiscalité.
Le ministre a réitéré sa volonté de trouver un «consensus» quant à la prolifération de la médecine dite illégale. «Nous assistons à une publicité partout sur la médecine en grande partie des tradipraticiens. Il faut éviter une publicité sans pour autant faire preuve de compétence. Nous avons de bons rapports avec les tradipraticiens, ils ont de bonnes idées et ils pourront nous aider à y mettre de l’ordre», a-t-elle laissé entendre.
Toutefois, le Smps envisage un partenariat gagnant-gagnant qui va regrouper les médecins du secteur privé et ceux du public. Et ce, dans l’intérêt du secteur de la santé. «Il y a autant de médecins publics que privés. Nous avons toujours pensé que la médecine est une et indivisible, que nous soyons du public ou du privé, nous sommes tous des médecins et devons nous tenir par la main pour aller de l’avant», a souligné Ardo Bâ.
Ibrahima BA








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