Le temps d’une journée, les administrateurs civils du Sénégal ont planché sur la question des réformes administratives. Le but est d’assurer à notre pays son envol économique.
« Politiques de réforme de l’Etat : quelles ruptures pour un Sénégal émergent ?» C’est autour de cette thématique que l’amicale des administrateurs civils a planché, samedi dernier, avec une série de recommandations à la clé. Les administrateurs civils ont émis le vœu d’un rapprochement entre l’autorité politique et eux pour un partage de la vision politique et une meilleure application de celle-ci. Dans les réformes proposées, il y a la territorialisation des politiques publiques. « Dans l’élaboration et la conception des politiques, il faut partir du local en identifiant toutes les opportunités et proposer des solutions », a déclaré Ibrahima Guèye, président de l’Amicale des administrateurs civils du Sénégal.
Déconcentration
Les administrateurs civils ont également proposé une charte de la déconcentration. « C’est un instrument qui permet de répartir les compétences entre l’Etat central et l’échelon territorial pour une meilleure prise en charge de la demande sociale dans les régions de l’intérieur », a expliqué Ibrahima Guèye.
Baye Oumy Guèye, le préfet de Kaolack a révélé que la région de Dakar concentre 75 % des ressources budgétaires et 75 % des agents de l’Etat tandis que les autres régions se partagent les 25 %.
Outre la territorialisation des politiques publiques, la charte de la déconcentration, les administrateurs civils ont aussi plaidé pour une évaluation de la politique de régionalisation et son approfondissement par le renforcement des pouvoirs des élus locaux, une rationalisation des structures de l’Etat, une modernisation de la fonction publique, un découpage administratif bien étudié. Ces propositions découlent d’un diagnostic sans complaisance.
Selon Ibrahima Guèye, de nombreux « dysfonctionnements » entravent la bonne marche de l’administration.
Parmi ces dysfonctionnements, il a cité le nombre considérable de structures, « l’agenciation » débridée, les découpages administratifs motivés par des intérêts partisans, la mal gouvernance notoire et chronique. Pour mettre fin à ces entraves, le président de l’Amicale des administrateurs civils du Sénégal a insisté sur le fait que toute réforme doit être inspirée par les exigences d’adaptation, d’efficacité, de performance, de transparence et de bonne gouvernance. « Pour être crédible et renforcer ses chances de succès, toute réforme doit avoir, pour ambition majeure, d’éviter certains écueils et de réunir des préalables jugés désormais incontournables », a-t-il déclaré.
Parmi ces préalables, le président de l’Amicale des administrateurs civils a cité le respect du principe de concertation et de participation, l’évaluation de l’impact social et économique de la réforme projetée.
« Les populations bénéficiaires doivent s’approprier la réforme publique, si elle est bien faite. Mais depuis quelque temps, c’est le paradoxe total. Les découpages administratifs sont suivis de contestations qui ont même débouché sur des morts d’hommes », a soutenu M. Guèye. S’agissant de la gestion publique, Alioune Sarr, conseiller en organisation (Délégation à la réforme de l’Etat et à l’assistance technique) a, dans sa communication, mis en exergue, entre autres, l’absence d’un cadre légal, d’une gestion prévisionnelle des ressources humaines, d’une politique efficace en matière de recrutement, une déficience de la qualité des relations entre l’administration et les usagers.
Ibrahima Guèye a indiqué que les conclusions de cette rencontre seront compilées dans un mémorandum et remises au chef de l’Etat et au Premier ministre. Cette rencontre avait réuni des administrateurs civils, des représentants du secteur privé et des élus locaux.
Mamadou GUEYE








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