Les Directions de l’assainissement, de l’hydraulique, de l’exploitation et de la maintenance, l’Onas, la Sones et la Sde ont reçu, hier, le ministre Oumar Guèye. Il s’est félicité des bons résultats en matière de distribution de l’eau potable et a annoncé l’intention du gouvernement de faire accéder 400.000 Sénégalais, vivant principalement dans les zones rurales, à une eau de qualité.
Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Oumar Guèye, a affirmé, hier, que la qualité de notre eau est l’une des meilleures en Afrique voire dans le monde. Toutefois, en matière d’hydraulique rurale, il a reconnu que des efforts doivent être faits dans la qualité de l’eau car les statistiques montrent que 400.000 personnes n’y ont pas accès. En effet, dans certaines zones, l’eau présente une forte teneur en fluor et en fer. C’est le cas à Kaolack, Fatick, Ziguinchor, Touba… Il a révélé que le gouvernement est en train de travailler sur de grands projets afin que ce problème soit résolu, particulièrement dans la zone de Touba.
Le ministre effectuait sa première visite dans les structures qui relèvent de son département. Jusque-là, il avait privilégié la visite de terrain. Cette option s’explique, selon Oumar Guèye, par une volonté d’avoir « une meilleure approche des problèmes de son secteur ». Pour l’assainissement, le ministre a reconnu qu’il y a « de gros problèmes » vu que le réseau « obsolète » date des années 40 et 70. « Il faudra absolument renouveler ce réseau si nous voulons régler définitivement le problème de l’assainissement, en ce qui concerne les eaux usées », a-t-il prévenu.
148,7 millions de m3 d’eau
En effet, sur 1.500 km de réseau, 300 ont besoin d’être renouvelés au plus vite, d’après le ministre, qui renseigne qu’il y avait du retard sur cet investissement. M. Guèye a assuré que le président de la République et le Premier ministre ont donné des instructions, afin que ce problème soit pris à bras-le-corps. Car, a-t-il expliqué, « l’assainissement, le parent pauvre du système, nécessite des investissements lourds. Le gouvernement est en train de tout faire pour qu’on trouve des solutions définitives ». Concernant les inondations, en partie corolaires d’un mauvais système d’assainissement, Oumar Guèye a rappelé qu’une solution définitive, à travers la mise en œuvre des plans directeurs, est en gestation, mais qu’en attendant, le gouvernement va gérer les urgences. « Nous sommes obligés, cette année encore et peut-être même aussi l’année prochaine, de continuer de gérer des urgences en attendant la mise en œuvre des plans directeurs d’assainissement qui sont en phase d’étude », a-t-il affirmé.
A l’Office national d’assainissement du Sénégal (Onas), le directeur Amadou Lamine Dieng et les travailleurs ont fait part au ministre « des difficultés financières » que traverse leur entreprise, même si l’Etat a récemment décaissé la somme de 1,5 milliard de FCfa dans le cadre de la dette qui leur est due. Le ministre Oumar Guèye a déclaré que l’Etat a pris l’engagement de résorber complètement cette dette pour permettre à l’Onas d’être renfloué et d’accomplir ses missions. Concernant la Sones et la Sde, les clignotants sont loin d’être au rouge. Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a salué les performances réalisées en matière d’hydraulique urbaine, avec un taux d’accès de 98,7 % et 148,7 millions de m3 d’eau distribuées. « Avec ces bons résultats, nous allons atteindre voire dépasser les objectifs du millénaire », s’est-il réjoui.
Dessalement de l’eau de mer
Plus généralement, l’Etat compte relever le défi du déficit de l’eau qui pointe à l’horizon 2014 si rien n’est fait. A cette date, les prévisions annoncent un déficit de 15.000 m3 par jour. En 2017, il sera de 47.000 m3 par jour et en 2025, la barre de 900.000 m3 par jour de déficit en eau sera atteinte. Mais, Oumar Guèye a rassuré en révélant qu’un comité technique a été mise en place par le Premier ministre et a entamé la réflexion avec la remise d’un premier draft à ce dernier. « Avec les questions soulevées dans ce document, nous sommes déjà sur des pistes de solutions, dont l’une consistera à créer une batterie de forages de 25 m3 pour résorber définitivement le pic de 15.000 m3, mais aussi encourager la mise sur pied d’une unité de dessalement d’eau de mer », a dit le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement.
Elh. Ibrahima THIAM








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