Le Conseil sénégalais des chargeurs (Cosec) veut la révision de la décision qui affecte 85 % de ses recettes au Plan Takkal. Son directeur l’a fait savoir au ministre de la Pêche et des Affaires maritimes en visite au Cosec et à la direction de la Pêche continentale.
85% des recettes liées aux prélèvements opérés par le Conseil sénégalais des chargeurs (Cosec) sont alloués au financement du Plan Takkal. Une situation qui préoccupe la structure qui a organisé récemment un séminaire portant, entre autres, sur cette répartition des recettes. Hier, le directeur général du Cosec, Abdoulaye Diop, a saisi l’occasion offerte par la visite du ministre de la Pêche et des Affaires maritimes pour émettre le souhait de voir cette affectation révisée. À défaut du retour à la situation antérieure, il veut que les 50% des recettes reviennent au Cosec et les 50% restants au Plan Takkal. Pour le ministre de la Pêche et des Affaires maritimes, la situation du Cosec est difficile. «Je suis de très près les problème du Cosec. Ce n’est pas une situation irréversible, soyez rassurés, il y a une volonté réelle de tourner la page afin que le Cosec puisse retrouver son lustre d’antan. Je suis à vos côtés», a dit Pape Diouf.
Par ailleurs, M. Diouf trouve «excessif» le prélèvement de 85% des ressources du Cosec au profit du Plan Takkal. Il dénonce aussi l’abus des biens de la société. «On a abusé des biens du Cosec. On a vraiment fait des dépenses excessives et vous connaissez la suite, ce n’est pas la peine d’insister. Les deux (problèmes) jumelés font que le Cosec est dans une situation un peu difficile. Il faut faire en sorte que, très vite, on puisse dépasser la situation», a-t-il soutenu. De son point de vue, il faut améliorer la gestion, se battre pour que l’État puisse revenir au moins de moitié sur les prélèvements et que le Cosec puisse retrouver une meilleure situation. «En dépit des difficultés, poursuit le ministre, le Cosec est en train de se moderniser en matière de gestion et c’est louable. Nous allons donc, dans les mois à venir, et avec l’appui du gouvernent, voir comment redresser la situation. Il faut, peut-être, couper la poire en deux afin d’assurer la fourniture en électricité et permettre au Cosec de souffler», a souligné Pape Diouf.
« La volonté des autorités est de développer le maritime »
Après la rencontre avec le personnel du Cosec, le ministre et sa délégation ont visité le centre Trainmar de Dakar dont Pape Diouf est un ancien. Le ministre a salué la collaboration entre les entreprises, le Cosec et le Port autonome de Dakar (Pad). De son point de vue, c’est un exemple à citer puisque le Trainmar qui, à son début, n’organisait que des séminaires, effectue maintenant des formations diplômantes. «C’est tout à l’honneur de ses dirigeants mais également des entreprises qui ont cru à ses idéaux», a soutenu Pape Diouf. «Le souhait du président de la République et de l’ensemble du gouvernement du Sénégal est de développer le maritime, nous avons les atouts naturels», a dit le ministre. Pour cela, il faut des infrastructures, des hommes bien formés pour pouvoir continuer à développer ce secteur, a-t-il ajouté. Selon lui, avec le développement de ce secteur, les départs à la retraite, il faut encourager la formation, d’autant plus qu’il y a un manque de personnel dans le secteur.
Selon son directeur, Ousmane Touré, le centre Trainmar a comme perspectives de mettre, sur le marché, des masters pour les futurs officiers de ports, en administration des affaires maritimes et commerce international. Un centre sera ouvert à Saint-Louis et ensuite dans les régions, a-t-il annoncé. «Notre ambition est de toucher toutes les filières de la logistique», souligne M. Touré.
La pêche continentale occupe plus de 100.000 personnes
Selon le directeur de la pêche continentale, Abdoulaye Diagne, ce sous-secteur a généré, en 2005, un chiffre d’affaire de 16,7 milliards de francs Cfa. Cette somme correspond à une capture évaluée à 54.407 tonnes de poissons. D’après M. Diagne, plus de la moitié de cette capture, soit environ 34.000 tonnes, proviennent du fleuve Sénégal. Il soutient que ces captures ont baissé puisqu’elles ont, par le passé, atteint le pic de 90.000 tonnes. M. Diagne, qui a donné les derniers chiffres officiels en date, recevait hier la visite du ministre de la Pêche Pape Diouf. Plus de 100.000 personnes évoluent dans la pêche continentale et celle-ci «contribue à ralentir l’exode rural». En effet, la région de Matam est la première en matière de pêche continentale. Le Sénégal a des cours d’eaux comme les fleuves Sénégal, Sine et Saloum, Casamance mais aussi une partie de la Gambie qui permettent de mettre en valeur cette pêche. Tout en rappelant les efforts faits par le gouvernement en faveur de la pêche continentale, M. Diagne a soutenu qu’il faut faire l’état des lieux, renforcer les capacités techniques, moderniser les moyens mais aussi réviser le code de la pêche maritime. Toutefois, il a déploré l’insuffisance des crédits alloués au secteur, l’incidence de la pollution, la salinisation de certains cours d’eau, etc.
Aly DIOUF








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