Pr. Mamadou Diarra Bèye, directeur du Samu national : « Faire ancrer la culture d’assistance médicale d’urgence dans les mœurs »

A travers un centre de régulation et un numéro gratuit (1.515), le Service d’assistance médicale d’urgence (Samu national) veut se rapprocher davantage des citoyens. Selon son directeur, le Pr. Mamadou Diarra Bèye, la culture d’assistance médicale d’urgence doit être mieux ancrée dans les mœurs pour une meilleure prise en charge des victimes d’accidents et des citoyens ayant besoin d’une intervention médicale rapide.
Beaucoup ne le savent peut-être pas, mais l’assistance médicale d’urgence est à la portée de toutes les couches sociales. Créé en 2007,  le Samu national a mis en place un dispositif pour répondre aux besoins d’urgence médicale des citoyens à travers un centre de régulation, avec un numéro gratuit : le 1515. Analysant l’organisation des secours pendant les accidents (la dernière en date est celui qui a coûté la vie à plus d’une vingtaine de personnes sur la route de Kaffrine), le directeur du Samu national, le Pr. Mamadou  Diarra Bèye, estime que la culture de l’urgence médicale doit être davantage ancrée dans les mœurs. « Généralement, les premières personnes qui arrivent sur le site où un accident s’est produit, n’ont pas le reflexe d’appeler les services d’urgence. Ce sont les hôpitaux qui nous appellent souvent », déplore le Pr. Bèye. Installé récemment à la tête du Samu national, le Pr. Bèye insiste sur la culture d’urgence, rappelant que l’Etat a mis en place une structure publique d’assistance médicale d’urgence, le Samu national. « Notre mission est de nous occuper de la médecine pré-hospitalière. La médecine pré-hospitalière, c’est cette médecine qui va trouver le patient ou le blessé sur les lieux de l’accident ou à domicile pour lui apporter les premiers soins, réguler son transfert à l’hôpital et préparer son accueil à l’hôpital pour des soins plus efficaces et plus efficients. L’autre mission est d’organiser les secours en cas de catastrophe », souligne le directeur du Samu. Le Samu exerce cette tâche par le biais de médecins urgentistes, d’anesthésistes-réanimateurs à partir d’un centre de régulation avec un numéro gratuit. « Toute personne peut utiliser ce numéro. En appelant au 1515, les secours viennent au domicile du patient », fait remarquer le Pr. Bèye.  Selon le directeur, ce dispositif étatique assure également la couverture des grands événements nationaux et religieux. « On prend  totalement en charge les patients. Les premiers soins sont délivrés sur les lieux, pendant le transport. L’accueil à l’hôpital est également organisé », indique-t-il.

Couvrir le territoire national
Selon le directeur, le Samu a pour mission de couvrir tout le territoire national, mais ses activités sont centrées, pour l’instant, à Dakar. « Nous nous occupons du  transport de patients des régions vers  Dakar et de Dakar vers les centres les plus équipés », a-t-il précisé. A titre d’exemple, Pr. Bèye révèle que trois blessés de l’accident qui a coûté la vie à une vingtaine de personnes sont pris en charge par le Samu national. Ce dernier a un plateau technique composé de 7 ambulances munies, chacune, d’équipements complets de réanimation, de monitorage et des paramètres vitaux. Trois médecins titulaires y sont en service. Le Samu fait aussi recours à des vacataires pour assurer les gardes.  Il collabore également avec les autres structures secouristes, notamment les sapeurs pompiers. « Nous collaborons bien avec les sapeurs pompiers. Nous avons une régulation commune. Nous avons un sapeur pompier dans notre centre de régulation », informe Mamadou  Diarra Bèye.

Rendre le service plus accessible
Le nouveau directeur promet d’améliorer davantage le plateau technique, d’augmenter le nombre d’ambulances, de médecins et d’infirmiers. Il veut aussi rendre le service plus accessible à toute la population à Dakar et dans  toutes les autres régions. Le Pr. Bèye annonce aussi des activités de sensibilisation pour mieux faire connaître  la structure. Il estime que, pour une meilleure assistance des populations, les services de secours doivent être délocalisés en périphérie pour avoir une promptitude d’intervention. La communication doit aussi être renforcée. « Dans nos pays sous-développés, 80 % des activités médicales sont des activités d’urgences. Il s’agit d’un service qui doit être dans la vitrine de dispositifs de santé », souligne le directeur du Samu national. Le Pr. Bèye, qui veut aussi que l’accueil d’urgence dans les hôpitaux soit renforcé, salue la  volonté des autorités sanitaires de développer les structures d’assistance médicale d’urgence, aussi bien à Dakar que dans les régions.

B. DIONE et M. Guèye DIEDHIOU

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