Léon Gontran Damas : A la recherche d’une identité perdue

Léon Gontran Damas constitue avec Senghor et Césaire le trio qui a su se battre pour la reconnaissance d’une vérité identité noire. Ce métis Guyanais moins connu des trois, a joué sa participation pour la revalorisation des « personnes de couleur ». Il s’est cherché une identité dans cet écartèlement entre noirs et blancs.

Cette année, la Guyane a célébré le centenaire de la naissance de son fils, l’engagé à la cause des noirs. Celui qui durant son existence s’est battu certes pour la race noire mais aussi, a fait par de ses blues et frustrations en tant que mulâtre. Damas est certes moins connu que le duo Senghor-Césaire mais il a apporté une contribution à la lutte même si ce n’était pas le tempérament avec les autres acteurs de la négritude, comme le souligne Mamadou Bâ enseignant à la Faculté de Lettres de l’université de Dakar. En effet, cet auteur a le plus exprimé la déprime des mulâtres, ce métis qui avec son acquis occidental social. Damas est resté mal à l’aise dans ses rapports avec les européens, eu égards à cette culture d’assimilation mal faite.

D’un autre côté, chez ses « frères africains », certains ne le voyaient pas comme un des leurs, mais comme le fruit de la colonisation. C’est ce coup de blues dans les manières personnelles que Damas va évoquer. Tout le contraire de Césaire et Senghor quand le premier veut être le mandataire des noirs tandis que le second a une dimension rebelle. Quand Damas parle, s’épanche à travers ses poèmes, on sent sa douleur, donc ce mal-être. Ses écrits sont comme des lamentations de cette condition de mulâtre qu’il a du mal à accepter.

Dans « hoquet » extrait de son recueil de poèmes « Pigments » Damas est grisé pas sa vie. Parlant de sa génitrice, il soutenait « Ma mère voulant d’un fils très bonnes manières à table […] Une fourchette n’est pas un cure-dents défense de se moucher au su au vu de tout le monde et puis tenez-vous droit un nez bien élevé ne balaye pas l’assiette […]Les mains sur la table, le pain ne se coupe pas, le pain se rompt, le pain ne se gaspille pas […] Taisez-vous, Vous ai-je ou non dit qu’il vous fallait parler français, le français de France, le français français, ma mère voulant d’un fils, fils de sa mère […] ».

Dans sa littérature rappelle l’universitaire, il n’y a pas cette volonté de pousser à la lutte collective comme chez ses partenaires Senghor et Césaire. C’est dans ce sens que beaucoup pense que l’histoire a été injuste à son encontre car il est moins mis en évidence que les autres. C’est vrai que soutient l’enseignant, « Damas montre les méfaits de la colonisation mais il faut reconnaitre que cette volonté de parler de la race, cet engagement est absent chez lui ». Mais tempère le spécialiste, il faut savoir que les orientations ne sont pas les mêmes ainsi que les éducations reçues ». Damas avait une culture occidentale très affinée par l’école, la famille ainsi que la petite bourgeoisie mulâtresse, tout le contraire de Césaire et Senghor. En France, on le voyait comme un homme de couleur. Tandis que chez les noirs le métis est perçu différemment à cause de sa couleur. Ce qui a créé ce malaise qui à la longue à déterminer son style d’écriture.

Il y’a néanmoins de la révolte chez Damas avec certains poèmes où il disait« Rendez-les moi mes poupées noires qu'elles dissipent l'image des catins blêmes marchands d'amour qui s'en vont viennent sur le boulevard de mon ennui».

Dans celui-ci, il se fait l’écho d’une Afrique noire belle qu’il ne connait pourtant pas. Dans un de ses écrits également renseigne l’universitaire, il dit aux noirs tirailleurs sénégalais au lieu d’aller libérer d’autres pays de le faire pour le Sénégal de la colonisation. Ce qui montre qu’il y’avait cette révolte et parfois de l’indignation. Même si, il faut reconnaitre que ce n’était pas dans la même perspective que Senghor et Césaire. Ainsi, Damas avait cette touche différente et il a su montrer, en un niveau individuel, on peut vivre cet écartèlement entre l’authenticité qu’il ressent et l’autre culture qu’il dénonce.

Par Amadou Maguette NDAW


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