La situation au Nord Mali a évolué en l’espace de 24 heures par une contre offensive éclair des forces sous régionales et internationales, lorsqu’il s’est avéré que les forces armées maliennes étaient non seulement incapables de reconquérir le nord mais étaient en train de perdre le sud. Une perspective d’envahissement et d’occupation du pays lourd de menaces pour toute la sous région et même le monde. L’Afghanistan étant de voie de pacification, il n’est pas interdit de penser que l’internationale jihadiste à pris pied dans l’immense désert du Sahel de la Mauritanie à la Somalie. Autant il peut être compréhensible de lutter contre les « forces impies qui souillent les terres d’islam » en Afghanistan, autant il est incompréhensible de venir mener le jihad dans une région islamisée depuis le IXè siècle pour fouetter, amputer ou lapider des populations innocentes. Plusieurs services secrets occidentaux et sous régionaux ont indiqué qu’une jonction a été établie depuis belle lurette entre Aqmi, Mujao et Boko Haram au Nigéria. Sans doute que des shebabs somaliens que le piratage dans le Golfe d’Aden ne nourrit plus et sérieusement défaits par la l’Armisom aient pu migrer vers la zone sahélienne kalachnikov et ceinture de balles en bandoulière. Une alliance extrémiste financée par l’argent du trafic de drogue en provenance de la Guinée Bissau et les rançons tirées des prises d’otages occidentaux. La nomination d’un béninois à la tête de la Mujao il y a un mois est révélateur de cette parfaite coordination sous régionale de la nébuleuse islamiste. C’est dire que depuis dix mois que les autorités de Bamako, par leurs tergiversations et divergences étalées au grand jour, ont bloqué toute intervention internationale sous des dehors de fierté nationale, les islamistes ont largement eu le temps de prendre confiance et de mieux asseoir leur mainmise criminelle sur la zone et vraisemblablement susciter des vocations parmi les jeunes désœuvrés dans la sous région.
L’intervention n’est qu’un juste retour des choses car l’Occident avait vu venir, les pays sahéliens n’ayant pas cessé depuis la campagne pour faire chuter le régime de Kadhafi, d’attirer l’attention sur les conséquences prévisibles d’un démantèlement de l’arsenal libyen sur les pays africains. Animés par leur volonté farouche de faire main basse sur les gisements pétroliers libyens, ils ont fait la sourde oreille. Vaux mieux tard que jamais s’ils sont pris conscience qu’une islamisation terroriste de l’Afrique de l’Ouest n’est pas pour sécuriser le monde occidental.
Par Alassane DIAWARA








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