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« L’esclave, le conlon et le marabou » de Abderrahmane NGAIDE : Essai sur l’histoire du Fouladou

L’Harmattan Sénégal a procédé, le week-end dernier, à la dédicace du livre «L’esclave, le colon et le marabout. Le royaume peul du Fuladu de 1867 à 1936 » de Abderrahmane Ngaïdé, Maître-assistant au Département d’Histoire de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad).
« La spécificité de la région de Kolda et l’histoire invérifiable du héros Moussa Molo Baldé, considéré comme  un guerrier sanguinaire, a incité Abderrahmane Ngaïdé à mener une enquête afin de ressortir l’histoire réelle du Fouladou. L’auteur a présenté le livre, samedi dernier, en présence d’étudiants, d’enseignants, de journalistes, d’amis et de parents, etc.
La recherche résumée dans cette œuvre sortie aux éditions l’Harmattan, en novembre 2012, et intitulé : « L’esclave, le colon et le marabout. Le royaume peul du Fuladu de 1867 à 1936 » a permis au Maître-assistant au Département d’Histoire de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar de découvrir qu’au milieu du XIXe siècle, émerge l’un des derniers royaumes de l’espace sénégambien, le Fuladu, dirigé par d’anciens esclaves. Son apparition, selon lui, s’explique par la frustration des « Rimbes », c’est-à-dire les nobles ou les libres des provinces excentrés, qui contestaient l’autorité coloniale du « Jiyaado », esclave devenu guerrier. Dans son ouvrage, il explique que « cette opposition conduit Moussa Molo Baldé, héritier du trône, à nouer des relations avec la puissance coloniale ». C’est ainsi qu’en 1883, il signe un traité de protectorat qui permet « aux alliés » de circonstance de consolider leurs positions respectives dans la région de Kolda », mais les intérêts divergents finissent par prouver l’aversion entre les deux pouvoirs. Contraint, le héros du Fouladou se refugie en Gambie, en 1903, sous la puissance anglaise. Ainsi, les Français, ayant hérité d’un vaste territoire faiblement occupé, tentent de le peupler. Ils encouragent, selon l’auteur, la migration des Peuls gabunkés, sous la direction d’un marabout d’origine halpular, Al Haji Ali Caam.
 Ce grand marabout qui détient un pouvoir mystique parvient alors à mettre en place ses moyens et ses mécanismes de négociation pour enfin s’intégrer dans l’économie coloniale. Finalement, l’administration parvient à marginaliser les « Jiyabés » augmentant ainsi les rivalités sociales, politiques et religieuses dans cette région du Fouladou-Pakao-Balantacounda. L’auteur affirme que « même si la condition de l’esclave ne recouvre plus le même sens et que  l’insertion, dans un monde plus large, ne répond plus à cette classification des individus selon leur « extraction sociale » et leurs filiations ancestrales, les stigmates et les stéréotypes nés de la pratique de l’esclavage se perpétuent dans la région de Kolda », a-t-il dit dans son œuvre.
Cette enquête menée par cet enseignant de l’Université de Dakar a permis de mieux appréhender « la rencontre des trois pouvoirs, les enjeux identitaires et les trajectoires sociopolitiques qui forment les contours de la lutte de positionnement et de visibilité entre les deux « classes sociales » dans l’un des groupes du Sénégal postcolonial.
Cet ouvrage d’Abderrahmane Ngaïdé, qui s’arrête en 1936, nous donne le soubassement de l’origine historique des problèmes que nous vivons actuellement, du fait que cette région est bâtie sur une fracture géographique et politique qui a été créée par la colonisation. Les distances des entités comme la Gambie qui coupe le Sénégal en deux, la Guinée-Bissau et la Guinée Conakry ont fragilisé le Fouladou. Ce qui fait qu’on y trouve toute la diversité des populations de l’Afrique de l’Ouest, mais aussi leur brassage.
Abderrahmane Ngaïdé est l’auteur de nombreux articles publiés dans des revues spécialisées et de contributions dans des ouvrages collectifs. Il est également essayiste, romancier et poète.

Emmanuel Bouba YANGA (Sagiaire)

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