L’Association des imams et prédicateurs du Sénégal, par le biais de son vice-président, Assane Seck, a salué jeudi la réorganisation annoncée des écoles coraniques, plus connues sous le nom de daaras, tout en prônant le dialogue fin de trouver des solutions consensuelles à cette question, qui concerne toutes les couches de la société.
Mercredi, le Premier ministre sénégalais Abdoul Mbaye a indiqué que le gouvernement envisage « l’interdiction totale » de la mendicité des enfants dans les rues et invité ses compatriotes à s’impliquer dans la lutte contre ce fléau en dénonçant les faux marabouts à la police.
« Concernant les daaras eux-mêmes, pour bien faire la différence entre les bons daaras et ceux qui sont de mauvais daaras, il y a même un programme d’amélioration de leur statut. Un programme d’aide, d’assistance », a rappelé le Premier ministre.
Cette sortie d’Abdoul Mbaye intervient trois jours après la mort de 9 enfants dont sept apprenants coraniques (talibés), dans un incendie à la rue 6x19 à la Médina, à Dakar.
Jeudi, le vice-président de l’Association des imams et prédicateurs du Sénégal a profité d’une conférence en prélude de la Conférence internationale sur la paix, la concorde, la fraternité en Afrique et le rôle et la place des imams, prévue à Dakar, pour se prononcer sur la question.
« Un des rôles du gouvernement est de prêter l’oreille, d’écouter toutes les composantes de la société surtout les gens qui se sont organisés et qui ont quelque chose à partager. Les imams ont leur mot à dire concernant tout ce qui se passe dans le pays, surtout, lorsque cela touche l’islam », a expliqué Assane Seck.
Pour lui, le gouvernement devrait adopter une attitude « très » sage pour pouvoir mettre en place des décisions opportunes et adéquates, tout en invitant à la discussion afin de trouver une solution consensuelle.
Pour lui, « il y a des choses à changer par la pédagogie et la concertation sinon les résultats peuvent ne pas suivre comme on le souhaite ».
En ce sens, l’imam a réitéré son souhait d’inviter le gouvernement au dialogue pour que le peuple puisse lui témoigner sa confiance. « Le gouvernement détient le droit de définir les mesures à appliquer tout en continuant à discuter, à échanger afin d’arriver à la meilleure solution », a toutefois admis Assane Seck.
Il a estimé que « l’Etat doit légiférer sur la fonction des daaras, les accompagner dans la concertation afin qu’ils puissent atteindre leur mission ».
Selon M. Seck, « la mesure de réorganisation des daaras est bien accueillie au niveau de notre association, qui a toujours prôné le dialogue pour trouver les meilleurs solutions ».
« La question des talibés interpelle toutes les couches de la société sénégalaise, c’est pourquoi nous devons réfléchir ensemble », a encore dit l’imam.
Source: APS








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