Lutte, Malick Niang : « Mon combat contre Sa Thiès n’est pas une revanche Balla Gaye 2-Yékini ! »

Avec 9 combats et autant de victoires dont 4 par Ko, Malick Niang, l’ancien protégé de Yakhya Diop Yékini, croisera le fer, le 1er mai prochain, contre Sa Thiès, un autre invaincu dans l’arène. Trouvé, hier, dans une saxlle de musculation, le nouveau sociétaire de l’écurie Yoff affiche une forme olympique. Il compte représenter dignement la communauté léboue et défendre ses nouvelles couleurs. La réputation de grand bagarreur qui lui colle à la peau ne l’enchante guère. Il soutient que Sa Thiès n’est pas plus technique que lui et compte bien le prouver le jour du combat. Malick Niang affirme aussi que ce duel contre le fils de Double Less n’est nullement une revanche par procuration du choc Yékini - Balla Gaye 2.

Votre combat contre Sa Thiès est un duel d’invaincus car vous avez enregistré tous les deux 9 victoires. Comment le préparez-vous ?
« Permettez-moi avant tout de faire un petit rectificatif. J’ai enregistré 10 victoires au lieu de 9, dans ma courte carrière. J’ai battu Ndiabaly par Ko mais à l’époque, je n’avais pas encore ma licence de lutteur. En effet, mon combat contre Sa Thiès fera partie des meilleurs de cette saison. C’est un duel très attendu par les amateurs de lutte et s’il plaît à Dieu, ils seront bien servis le grand jour. »
Ce combat sera votre premier duel sous les couleurs de l’écurie Yoff. Quelles raisons vous ont poussé à quitter l’écurie Ndakaru en si bon chemin ?
« J’ai quitté l’écurie Ndakaaru effectivement, mais sans clash. Les raisons qui m’ont poussé à poser mes baluchons à l’écurie Yoff sont simples, je suis rentré chez moi. Yoff avait besoin d’un lutteur pour porter haut son flambeau. Et en tant que digne fils de ce village, les responsables sont venus me voir, pour que je représente Yoff dans l’arène. Alors, j’ai accepté d’encadrer mes jeunes frères. C’est juste cela et rien d’autre. D’ailleurs, j’ai obtenu la bénédiction des dirigeants de Ndakaru, tels que Amadou Katy Diop, avant de partir. Ils m’ont encouragé dans cette décision de soutenir mon village natal. »
Pour votre première sortie sous les couleurs de Yoff, vous croisez le fer avec Sa Thiès. N’est-ce pas un gros défi à relever ?
« Je sais que j’ai un défi à relever, mais je ne subis aucune pression. La charge n’est pas aussi lourde que le pensent certains. Mes parents m’ont appelé pour diriger l’écurie Yoff. C’est une fierté pour moi de représenter mon village dans l’arène. Certes je n’aime pas être au devant de la scène, mais je vais essayer de mener à bien cette nouvelle mission. Je me suis rangé derrière mes frères et je m’entraîne tranquillement. Je reste modeste car j’ai les pieds sur terre. Mais je vais me battre pour ne pas décevoir les « Lébous ». »
êtes-vous prêt à tout contre le frangin de Balla Gaye 2 le 1er mai prochain ?
« Je prends ce combat comme tous mes précédentes confrontations. Certes la promotion de ce duel dépasse de loin les autres, mais cela ne m’empêche pas de dormir. Sa Thiès n’est pas plus dangereux que mes autres adversaires. J’ai eu dans ma courte carrière des combats très difficiles et techniques. Donc, contre Sa Thiès, je ne vais pas en terrain inconnu. Mais pour l’instant, je me concentre sur mes entraînements et non sur mon adversaire qui est juste un lutteur avec ses qualités et ses défauts. Comme d’habitude, le 1er mai, je vais faire ce que j’ai à faire. »
Sa Thiès fait partie des lutteurs les plus techniques de l’arène et a un bon encadrement. Cela ne vous fait-il pas douter ?
« (Rires) Vous insinuez alors que je n’ai pas un bon encadrement et que je ne suis pas technique ! En fait, je suis conscient de tout cela et c’est ce qui me pousse à persévérer. J’étais un électron libre qui fait son bout de chemin. Mon père n’est pas un ancien lutteur. Et je n’ai pas de frère lutteur non plus. Je suis seul dans ce sport que je pratique par passion. Je suis juste un soutien de famille qui travaille dur pour accéder au sommet. C’est ce qui me donne la force, en quelque sorte. Pour preuve, au début, je n’avais aucun soutien. Je préparais mes combats tout seul. Je croyais juste en moi et en mes capacités physiques. C’était très dur à l’époque. J’ai maintes fois versé des larmes avant mes combats. Dieu merci, aujourd’hui, les choses ont évolué. Des personnes de bonne volonté me soutiennent dans ma carrière. »
Pensez-vous que votre force de frappe pourra faire la différence face à la vivacité et la technicité de votre adversaire ?
« Ce que vous ne savez pas, c’est que j’ai sillonné les « mbapattes » avant d’entrer dans l’arène. Je n’ai enregistré qu’une défaite lors de mes prestations dans la lutte simple et j’ai remporté beaucoup de drapeaux. Mais, apparemment, vous ne me connaissez que par ce côté bagarreur. »
Malick Niang a donc plusieurs tours dans son sac ...
« Mes coéquipiers savent que je n’ai encore rien montré de ce que je sais faire en matière de lutte simple. En fait, je n’avais pas la chance de rencontrer un technicien pour montrer toutes mes qualités en lutte simple. Les amateurs de lutte croient que je ne maîtrise que la bagarre ; or, j’ai plusieurs tours dans mon sac. Les lutteurs que j’avais terrassés par Ko affichaient des failles au niveau de leur garde. J’en avais profité, comme tout bon lutteur, pour abréger les combats. Mais je maîtrise mieux la lutte simple que la bagarre et Sa Thiés n’est pas plus technique que moi. »
En tout cas, votre réputation de bagarreur est établie avec vos nombreux Ko...
« Je n’ai enregistré que 4 Ko dans ma carrière. Je ne me campe pas seulement dans la bagarre. Ma stratégie dépend de l’adversaire que j’ai en face de moi. Et contre Sa Thiès, il y aura du tout. C'est-à-dire de la lutte pure, mais je n’exclus pas la bagarre. L’essentiel est que les amateurs soient bien servis. »
Mais avez-vous bien étudié votre adversaire ?
  « Non ! Je n’ai pas pour habitude de me soucier de mon adversaire. Je crois en mes capacités et je pense que cela suffit pour imposer ma stratégie le jour du combat. J’ai mes propres armes pour venir au bout de mes adversaires. Je n’ai pas l’habitude de m’attarder sur les points forts ou faibles de mon adversaire. Je m’entraîne dur et le reste mon encadrement s’en chargera. Je ne prends pas ce combat trop à la légère, mais il faut savoir que j’ai juste en face de moi un adversaire comme les autres. Je suis un bon lutteur, sinon ce combat n’allait jamais avoir lieu. Qu’on arrête alors avec ces histoires de lutteur réputé très technique ou je ne sais quoi. »
Les amateurs de lutte considèrent ce combat comme une revanche par procuration du combat Balla Gaye 2 - Yakhya Diop Yékini. Est-ce votre avis ?
« Non, je ne suis pas d’accord ! Ce combat n’est pas une revanche par procuration. C’est un duel entre Malick Niang et Sa Thiès, point final. »
Mystiquement, êtes-vous prêt sachant que votre adversaire est réputé sur ce registre ?
« (Rires).Je ne suis pas très fort en matière de mystique. J’espère que mes parents lébous ne laisseront pas mon adversaire me dominer sur ce point de vue. En tout cas, je suis prêt à laisser ma vie au stade, le 1er mai prochain, pour défendre les couleurs de Yoff. Je prie de remporter la victoire de même pour Bismi Ndoye de l’écurie Soumbédioune et Baye Peulh de Rock Energie. Je m’entraîne avec eux. Nous préparons la même journée du promoteur Aziz Ndiaye. De mon côté, j’ai confiance en moi. J’ai espoir, avec tous mes entraînements, que je vais terrasser Sa Thiès, s’il plaît à Dieu. Et je conseille à ce dernier d’ailleurs de bien s’entraîner car au coup d’envoi, tous les coups seront permis. »
Quel est l’objectif de Malick Niang dans l’arène ?
« Mon objectif est de représenter dignement mon écurie. Je veux aussi être la fierté de tous les Lébous, en même temps accéder au sommet comme tous les autres. »
Certains observateurs disent que vous avez intérêt à être vigilant car votre adversaire peut facilement vous tromper en cas de bagarre ?
« J’ai entendu ces genres d’analyse, mais bon, chacun a son opinion. Peut-être ces gens-là ne connaissent pas très bien Malick Niang. J’ai fait une formation de garde rapprochée et je sais comment maîtriser l’ennemi en face. Ce n’est pas tout car j’ai appris à maîtriser une foule en un temps record pour protéger une personne. Donc, ce n’est pas facile de me tromper. Je sais être très vigilant, mais tout sera clair le jour du combat. En fait, la formation que j’ai faite m’a apporté beaucoup de choses, c’est pourquoi quand je suis devant un adversaire, je n’éprouve aucune difficulté à le terrasser. »
Quel est votre état de forme actuel ?
« Je suis bien pour l’instant. Je travaille l’endurance et la force. Je ne compte pas prendre trop de poids pour ce combat. Je n’ai pas besoin d’une masse musculaire comme certains. Je trouve que le fait de prendre trop de poids ne fait que handicaper le lutteur. Je préfère avoir une force intérieure que d’afficher une masse musculaire impressionnante. D’ailleurs, je fais trois séances d’entraînements par jour. Je ne peux même pas vous dire dans quel état de forme je suis. Je laisse les amateurs de lutte juger le jour du combat. »
Réellement, Malick Niang ne ressent-il pas de pression dans ce combat face à un technicien comme Sa Thiès ?
« (Rire). Je n’ai aucune pression et je n’ai peur de rien actuellement ! Je suis soutenu par mes parents lébous. Je suis serein car je suis bien entouré. Je respecte tout le monde et je ne compte pas changer ma nature. Beaucoup de personnes me soutiennent et m’admirent grâce au respect que je voue aux autres. Je suis calme de nature, je prie Dieu de ne jamais changer. »
Vous êtes calme de nature, à la limite, nonchalant mais une fois dans l’enceinte, Malick Niang est une autre personne. Est-ce ce qui fait votre force ?
  « Je suis un fils d’ancien combattant et c’est ce que je montre une fois que le combat a commencé. Au moment des confrontations, je pense fort à mon père, car il était très connu dans le milieu des tirailleurs. Il était brave, solide et n’avait peur de rien. Je considère l’arène comme une guerre. Je dois prouver mon courage comme à l’époque de mon père. »
Mais on dirait que vous prenez trop à la légère ce combat ?
« Je n’ose pas le prendre à légère sinon je ne vais pas avancer. Pourquoi dois-je me mettre la pression alors que c’est un combat comme les autres ? Même contre Yawou Diale, je ne vais pas changer mes habitudes. »

Propos recueillis par Absa NDONG

Drapeau du chef de l’Etat de lutte sans frappe : La 15e édition prévue fin mai à Thiès
La 15e édition du « Drapeau du chef de l’Etat » de lutte traditionnelle sans frappe aura lieu les 24, 25 et 26 mai 2013 à Thiès qui succède à Diourbel, hôte de la compétition en 2011. Le compte à rebours a déjà commencé au niveau du Comité régional de gestion de la lutte (Crg), en rapport avec les autorités de la région. Une réunion du Comité régional de développement consacrée à la question a été convoquée hier par le gouverneur de la région. Il en est ressorti que les préparatifs sont déjà lancés.  Le travail préliminaire qui est de recenser les différents sites d’hébergement des délégations a été déjà effectué selon Abibou Diallo, vice-président du Crg de lutte. Des combattants de toutes les régions sont attendus à Thiès où les compétitions se déroulement au stade Lat Dior.   Les organisateurs se sont fixé un double défi. D’abord, selon le vice-président du Crg, « celui de l’organisation que nous voulons la plus parfaite possible et sur tous les plans. Ensuite, celui de la participation pour permettre à notre région, véritable creuset de la lutte, de remporter, au moins, pour le première fois, le drapeau de cette prestigieuse compétition dédiée au chef de l’Etat ». Abibou Diallo d’indiquer que la région de Thiès est par excellence un creuset de la lutte traditionnelle et où plusieurs champions de renommée ont émergé. « Donc, nous voulons aussi que cela se confirme lors de cette édition du Drapeau du chef de l’Etat », ajoute-t-il. L’implication des toutes les populations est souhaitée de même que les autorités administratives, locales, politiques qui, à travers le Crd spécial présidé hier par le gouverneur de Thiès, ont déjà pris la mesure de l’importance à accorder à l’événement.

Mohamadou SAGNE

Thierno Ka du cng : « Toutes les dispositions ont été prises »
  Excepté le budget qui devrait sous peu être bouclé, tout est fin prêt pour une bonne organisation du Drapeau du chef de l’Etat prévu cette année à Thiès. De l’avis de Thierno Kâ, le comité local d’organisation a pris toutes les dispositions afin que le championnat national de lutte 2012-2013 soit une réussite totale.  Le Comité national de gestion de la lutte (Cng) est en plein dans la préparation du Drapeau du chef de l’Etat prévu cette année à Thiès, en mai. Selon le chargé de communication de cette structure, Thierno Kâ, toutes les dispositions ont été prises pour une bonne tenue de ce tournoi national. « Le comité d’organisation a pris des mesures en vue d’une bonne prise en charge des différentes délégations qui sont attendues à cette compétition. En plus, tous les sites de compétition ont déjà été identifiés », a-t-il notamment déclaré. Pour l’instant, le seul point qui reste à régler a trait au budget de l’événement qui, à en croire Thierno Kâ, devrait d’ailleurs être bientôt bouclé. Il faut souligner que la précédente édition du Drapeau du chef de l’Etat s’était tenue en 2011 à Diourbel. Elle avait vu la consécration de la sélection régionale de Fatick qui avait battu en finale la formation de Diourbel, hôte de cette compétition. Pour les championnats individuels par catégorie, Assurance de Mbour et Ongué Ndiaye (Thiès) s’étaient respectivement imposé chez les lourds et les légers.

Diégane SARR


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