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Traque des biens mal acquis : Karim Wade et quatre autres personnes placés en garde à vue

L’ex-ministre d’Etat Karim Wade, fils de l’ancien président Me Abdoulaye Wade, a été interpellé hier et placé en garde à vue à la Section de recherches de la gendarmerie de Colobane. Dans la matinée, il avait fait remettre au Procureur spécial près la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) des justificatifs sur son patrimoine par le biais de ses avocats.?L’un d’entre eux, Me Ciré Clédor Ly, parle « d’épreuve de force ». Quatre autres personnes, en l’occurence  Cheikh Diallo, Abdou Karim dit Bibo Bourgi, Pape Mamadou Pouye et Pierre Agboba, seraient aussi en garde à vue, selon nos sources.
Les choses sont allées très vite, hier, pour Karim Wade et quatre autres pesonnes, parmi lesquelle Cheikh Diallo, Abdou Karim Bourgi dit Bibo Bourgi, Pape Mamadou Pouye et Pierre Agboba. Pour prouver l’origine licite de ses biens, l’ancien ministre d’Etat, ministre de la Coopération internationale, et fils de l'ancien président Me  Abdoulaye Wade, n’était pas tenu à se présenter au bureau du Procureur spécial de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), Alioune Ndao, hier, après l’expiration du délai de sa mise en demeure. Par conséquent, ce sont ses avocats, Mes Ciré Clédor Ly, Demba Ciré Bathily et Seydou Diagne, qui ont porté les réponses écrites de Karim Wade à Alioune Ndao. Arrivés à 11 heures 20 mn à la Crei dont le siège a été quadrillé dès les premières heures de la matinée par un dispositif impressionnant de sécurité, les conseils du fils de l’ancien président y sont ressortis à 12 heures 39 mn.  
Ils venaient de déposer un dossier de plus de 3. 000 pages, avec 240 pièces à conviction, en guise de réponses de la mise en demeure de leur client. Parmi les documents déposés, soulignent les avocats, figurent des attestations, des registres d’actionnaires, des déclarations de souscription et de versements notariés émanant des principales sociétés qui montrent que ces entreprises n’appartiennent pas à Karim Wade. Me Ly et compagnie étaient confiants et sereins dans l’après-midi d’hier où ils ont fait une brève adresse à la presse. « Les 99 % des biens supposés appartenir à Karim Wade lui sont faussement attribués. Ce sont des attributions fausses et fantaisistes. Il ne peut pas justifier des biens qui ne lui appartiennent pas. On lui demande de justifier l’impossible. C’est comme si on lui demandait de justifier qu’il est le propriétaire de la Rts ou de la compagnie Air France. Si on n’appliquait que le droit, ce dossier sera classé sans suite », déclare Me Ly, s'adressant à la presse au domicile de M. Wade. « Les sociétés et les propriétaires des biens attribués à Karim Wade ont réagi avec des pièces à conviction. C’est sur la base de leurs réponses qu’on a ficelé notre dossier qu’on a remis au procureur spécial », ajoute-t-il, avant de prendre congé des journalistes et de Karim Wade qui était dans le domicile de son père.

Cueilli chez lui par les enquêteurs
Mais les choses ont vite pris une autre tournure. Une heure après le départ de ses avocats, les enquêteurs de la Section de recherches ont débarqué chez lui, munis d’une convocation du procureur spécial, et l’ont prié de les suivre. Karim Wade fut, à cet effet, conduit à la Section de recherches de la gendarme. Il n’était pas seul dans les locaux de ladite section, à la Caserne Samba Diéry Diallo. Ses quatre proches collaborateurs, dont Cheikh Diallo, Abdou Karim Bourgi dit Bibo Bourgi, Pape Mamadou Pouye et Pierre Agboba, auraient également été convoqués à la même heure, selon nos sources. Lorsque l’information fut distillée dans les ondes des radios, des jeunes du Parti démocratique sénégalais (Pds) se sont vite donné rendez-vous devant les locaux de la Section de recherches pour protester contre cette arrestation.
Des sources proches du dossier confirment que Karim Wade et ses quatre proches collaborateurs ont été placés en garde en vue, en vue d’une confrontation après la remise des réponses écrites de sa mise en cause au procureur spécial. Ce dernier va tenir, aujourd’hui, une conférence de presse sur le dossier de la traque des biens mal acquis, particulièrement sur l’arrestation et le placement en garde à vue de Karim Wade. Pour rappel, les investigations de la Section de recherches ont permis au procureur spécial de se faire une idée sur la fortune de l’ancien ministre d’Etat qui serait à la tête d’un empire financier de 694 milliards de FCfa.

Les deux hypothèses qui se présentaient au Procureur spécial
Hier, après le dépôt des réponses écrites de la mise en cause de Karim Wade au procureur spécial près la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), Alioune Ndao, deux hypothèses se présentaient à ce dernier. Il pouvait considérer que les justifications fournies par M. Wade sont convaincantes. Dans ce cas, il classe le dossier sans suite. Karim Wade sera libre de tout mouvement. Dans la seconde hypothèse, le procureur spécial peut juger insuffisantes les justifications fournies par Karim Wade. Là, il transmet le dossier à l’autorité compétente, en tenant compte que la personne concernée bénéficie d’une immunité ou d’un privilège de juridiction. Si la personne concernée bénéficie de ces privilèges susmentionnés, par exemple, si elle fut ministre ou député au moment de la commission des faits, le procureur spécial transmet le dossier à la Haute Cour de justice.  
 Dans le second cas de figure, si la personne concernée ne bénéficie d’aucune immunité ou privilège de juridiction et que les justifications sont jugées insuffisantes, le procureur spécial transmet le dossier à la Commission d’instruction de la Crei qui dispose d’un délai de six mois. Celle-ci peut alors décider d’ouvrir une information judiciaire contre le mis en cause et requérir même un mandat de dépôt, suite aux réquisitions du procureur spécial. Pour le cas de Karim Wade, le procureur spécial a privilégié la seconde hypothèse en jugeant que les réponses fournies par Wade fils non convaincantes. Par conséquent, il l’a convoqué pour le confronter avec ses proches collaborateurs, à savoir Cheikh Diallo, Abdou Karim Bourgi dit Bibo Bourgi, Pape Mamadou Pouye et Pierre Agboba, qui gèrent des sociétés supposés lui appartenir. Relativement à Karim Wade, le procureur spécial doit saisir la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice s’il estime qu’il a commis des faits qui se sont produits dans l’exercice de ses fonctions ministérielles.
La Commission d’instruction de la Haute Cour de justice peut alors saisir l’Assemblée nationale pour sa mise en accusation, et éventuellement son placement sous mandat de dépôt. Alors que pour ses quatre proches qui n’ont pas exercé, dans le passé, des fonctions ministérielles ou de députations, le procureur spécial ne fait que saisir la Commission d’instruction de la Crei à travers un réquisitoire introductif demandant leur inculpation et leur placement sous mandat de dépôt.

Souleymane Diam SY

A Colobane, des militants libéraux ont été dispersés par la police
Les militants libéraux venus s’en quérir des nouvelles de Karim Wade ont été dispersés par la police et les jeunes de Colobane. Des jeunes du Pds étaient venus protester devant les locaux de la Gendarmerie.
Ils ont été dispersés par les forces de l’ordre vers les environs de 21 heures, suite à des jets de pierres à l’endroit de ces derniers qui avaient décidé de tenir la foule à quelques rues de la caserne Samba Diéry Diallo. La circulation fut bloquée dans les alentours pendant quelque temps. Aux environs de 22 heures, un calme plat régnait sur les lieux ; les jeunes de Colobane s’étant mis aussi à refouler cette foule. Ils n’entendent plus faire les frais des manifestations qui s’y déroulent depuis bien longtemps et qui se soldent par « des arrestations de nos camarades du coin et des gaz lacrymogènes qui nous dérangent jusque dans nos maisons », ont scandé certains jeunes du quartier sortis repousser les militants du Pds. Malgré ce retour au calme sur les lieux, les forces de l’ordre étaient toujours en faction. Jusqu’aux environs de 23 heures, hier, l’ancien ministre d’Etat était retenu à la gendarmerie de Colobane.

Amadou DIOP

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