margeLarge

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Soudan du Sud : Obama hausse le ton et renforce le contingent américain

Juba - Le président Barack Obama a averti, dimanche, que les Etats-Unis prendront de nouvelles mesures, "si nécessaire", après avoir renforcé le contingent militaire américain au Soudan du Sud, alors que l'Onu va redéployer ses Casques bleus disponibles dans le pays.
Ces annonces interviennent au moment où la communauté internationale poursuivait ses efforts pour éviter une intensification de la guerre civile. Donald Booth, l'émissaire américain pour le Soudan et le Soudan du Sud, et un émissaire nigérian sont attendus très prochainement à Juba, selon le ministère sud-soudanais des Affaires étrangères. "Je peux prendre de nouvelles mesures pour assurer la sécurité des citoyens, du personnel et des biens américains, dont notre ambassade, au Soudan du Sud", a dit M. Obama, alors que quatre soldats américains ont été blessés, samedi, par des tirs d'origine non-identifiée. Ils faisaient partie d'un groupe "d'environ 46" militaires qui arrivaient à bord d'appareils hybrides CV-22 Osprey (croisement entre un avion de transport et un hélicoptère) pour participer à l'évacuation d'Américains du Soudan du Sud, a précisé le président. Ce contingent s'ajoute aux 45 autres soldats américains déjà envoyés sur place cette semaine. Avec l'Onu, Washington a évacué, dimanche, par les airs, des Américains et d'autres étrangers de Bor où une opération similaire avait échoué la veille quand des tirs avaient blessé quatre soldats américains. Une délégation de ministres des Affaires étrangères de l'Afrique de l'Est avait rencontré, samedi, le président sud-soudanais, Salva Kiir. Ce dernier avait alors promis "un dialogue sans conditions" avec son rival, l'ancien vice-président Riek Machar. La rébellion de Riek Machar contrôle, en partie, l'Etat-clé d'Unité, qui concentre les ressources pétrolières du pays, et s'est rendue maîtresse de sa capitale, Bentiu (1.000 km au nord de Juba). Selon un responsable local de Bentiu, les rues restent jonchées d'une centaine de cadavres depuis la chute de la ville, provoquée par la défection d'un commandant de l'armée régulière sud-soudanaise, la Spla. Les installations et les exportations pétrolières, vitales pour l'économie du pays dont elles assurent 95 % des revenus, ne seraient cependant pas affectées par les combats, a assuré l'ambassadeur sud-soudanais à Khartoum, Mayen Dut Wol. Le Soudan voisin est lui aussi dépendant du pétrole sud-soudanais : il tire d'importants revenus en taxant fortement l'acheminement du pétrole à travers son territoire par des oléoducs. Si ses intérêts sont menacés, Khartoum pourrait intervenir militairement, selon des experts.

Des centaines de milliers de déplacés
A travers le pays, on compte "des centaines de milliers" de déplacés, a annoncé, dimanche, le chef des opérations humanitaire de l'Onu au Soudan du Sud, Toby Lanzer.  Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a demandé, dimanche, "que tous les dirigeants politiques, militaires et des milices cessent les hostilités et mettent fin à la violence contre les civils". Samedi, le président américain, Barack Obama, avait prévenu que "toute tentative de s'emparer du pouvoir par des moyens militaires aura pour conséquence la fin du soutien de longue date des Etats-Unis et de la communauté internationale" au Soudan du Sud. La mission des Nations unies au Soudan du Sud (Minuss) va redéployer ses 4.000 soldats d'infanterie disponibles dans le pays pour envoyer des renforts à Bor, où ses forces fortifient sa base locale en prévision de nouveaux combats, et Bentiu, "pour continuer à remplir son mandat de protection des civils sud-soudanais". La Minuss a aussi annoncé qu'elle évacuait son "personnel non essentiel" de Juba.

L'armée prépare une offensive majeure contre les rebelles
JUBA - L'armée sud-soudanaise préparait, lundi, une offensive contre les forces rebelles de l'ancien vice-président Riek Machar, le pays glissant toujours plus vers la guerre civile, en dépit d'intenses efforts diplomatiques internationaux.
Des renforts de l'armée sont prévus à Bor (200 km au nord de Juba), la capitale de l'Etat du Jonglei, chroniquement instable, prise la semaine dernière par les hommes de Machar. Face à cette situation qui dégénère, des centaines de milliers de personnes risquent d'avoir très vite besoin d'aide, a mis en garde l'Onu.
Le Soudan du Sud est en proie à d'intenses combats depuis que le président Salva Kiir a accusé son ancien vice-président, limogé en juillet, de tentative de coup d'Etat il y a une semaine. Riek Machar dément, accusant Salva Kiir de vouloir éliminer ses rivaux.  Mais, outre Bor, les forces de l'ancien vice-président ont pris le contrôle de Bentiu, capitale de l'Etat stratégique d'Unité qui concentre la production pétrolière nationale.
"Les forces Spla (l'armée) et les forces loyales (au gouvernement) sont maintenant prêtes à avancer sur Bor", a déclaré le président Kiir devant les députés sud-soudanais, précisant que l'offensive a été retardée pour permettre aux Américains d'évacuer leurs ressortissants de la zone. Les Etats-Unis, mais aussi le Royaume-Uni, le Kenya ou encore l'Ouganda rapatrient leurs citoyens. Depuis une semaine, des morts par centaines ont été recensés et les civils affluent par milliers dans différents complexes de l'Onu - 20.000 à Juba seule - pour tenter d'échapper aux combats et massacres. L'Onu et des dirigeants du monde entier sont engagés dans une course diplomatique pour éviter au Soudan du Sud de plonger dans la guerre civile, deux ans et demi seulement après son indépendance du Soudan. En première ligne, les Etats-Unis, parrains de l'indépendance de juillet 2011, ont accru leur pression sur Juba et la rébellion.
Le président Barack Obama s'est exprimé trois fois, estimant que le pays était au "bord du précipice", et son émissaire pour le Soudan et le Soudan du Sud, Donald Booth, est arrivé à Juba. Lundi, Salva Kiir a accusé Riek Machar de mobiliser des miliciens nuer, connus pour leurs raids brutaux contre les communautés rivales lors de la longue guerre civile Nord-Sud (1983-2005) qui a ravagé le Soudan avant la sécession du Sud. Mais il s'est dit disposé à nouveau à discuter avec lui, "sans condition préalable". L'ex-vice président avait fait savoir qu'il n'était prêt qu'à négocier un départ du président.

Bruxelles débloque 50 millions d'euros d'aide humanitaire
BRUXELLES - La Commission européenne a annoncé, lundi, le versement de 50 millions d'euros pour répondre à la crise humanitaire au Soudan du Sud, pays qui glisse vers la guerre civile.
"Le Soudan du Sud est au bord d'une tragédie humanitaire que nous devons éviter à tout prix", a affirmé la commissaire chargée de l'aide humanitaire, Kristalina Georgieva, tout en annonçant le déblocage des fonds européens. Des "centaines de milliers de civils" ont besoin d'aide, a rappelé Mme Georgieva, alors même que la plupart des travailleurs humanitaires ont quitté ce pays, chassés par les combats. Le Soudan du Sud est en proie à d'intenses combats depuis que le président Salva Kiir a accusé son ancien vice-président, Riek Machar, limogé en juillet, de tentative de coup d'Etat il y a une semaine. La commissaire a appelé toutes les parties impliquées dans les hostilités à laisser les travailleurs humanitaires "faire leur travail". "Cela signifie leur fournir la sécurité nécessaire, cela signifie aussi leur permettre d'aider toute personne vulnérable qui a besoin d'aide, quelle que soit cette personne et quel que soit le groupe auquel elle appartient", a-t-elle insisté. Depuis une semaine, des morts par centaines ont été recensés et les civils affluent par milliers dans différents complexes de l'Onu.

(AFP)

{fcomment}

{nice1}

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.